Note : Bonsoir à toutes et tous ! Ce dernier chapitre a été très difficile à écrire, et je n'en comprenais pas la raison jusqu'à ce que je réalise que c'était le dernier chapitre. Enfin, presque. Le suivant sera un chapitre bonus qui vous plaira je l'espère. En attendant, bonne lecture du chapitre 22 !


Lorsque Tony et Bruce reçurent en même temps le sms les informant que l'avion rapatriait Clint d'urgence, ils étaient tous deux installés dans le laboratoire à se disputer quant à la nécessité, ou non, de faire des expériences sur le graphène. Aucun des deux hommes ne cacha son inquiétude. Ils en avaient entendu parler par Fury, tout s'était mal déroulé en Serbie, Natasha avait échappé à ses ravisseurs tandis que Barton restait introuvable. L'homme était un roc, un vrai, sa dramatique histoire et la façon dont il avait remonté la pente suffisait comme preuve. Mais toujours était-il qu'il avait disparu une semaine, une putain de semaine où ni Natasha, ni Bruce, ni Steve, ni Tony ne cessèrent de penser à lui. Ils le retrouveraient, cela était certain – mais dans quel état ?

Le manque d'information avait cloué les trois hommes sur place à New York, tandis que Natasha était prise en charge en Italie par une équipe médicale du SHIELD. Finalement, l'organisation avait retrouvé Hawkeye et le ramenait. Pas d'information quant à son état de santé – était-il seulement vivant ? Bruce et l'ingénieur se ruèrent dans l'ascenseur qui les guiderait au dernier étage, où l'hélicoptère médical allait se poser, leurs souffles courts, bruyants, rendant l'air encore plus irrespirable qu'il ne l'était déjà dans cette cage de fer. Bruce tourna légèrement la tête vers son aîné, remarqua ses yeux levés vers les chiffres lumineux qui défilaient, son visage pâle trahissant sa peur qui lui bouffait le ventre. Il n'ouvrit pas les lèvres et du bout des doigts effleura la main de son ami qui les attrapa bien vite pour les serrer aussi fort que possible. Il ne réussit pas à le rassurer car incapable de se rassurer lui-même.

Ils rompirent néanmoins leur contact en arrivant sur le toit terrasse où l'hélicoptère venait de se poser, et se rapprochant recroquevillés pour ne pas subir les bourrasques causées par l'hélice, Tony reconnut un médecin qu'il avait déjà rencontré un an plus tôt lors des attaques de New York. Un médecin, pas un médecin légiste nota-t-il.

"Comment va-t-il ?", demanda Stark en haussant la voix pour être entendu par l'homme face à lui.

"Il est vivant."

"C'est la seule bonne nouvelle que vous pouvez nous apprendre ?"

"Il va s'en sortir."

L'homme n'avait pas fini sa phrase que l'équipe médicale sortait déjà le brancard, transportant sous un drap blanc le corps inanimé de Barton. Tony pressé par un besoin primitif de le voir, de le sentir, se rapprocha et sourit malgré lui en retrouvant ces cheveux blonds coupés bien trop courts, son nez retroussés, sa légère cicatrice sur la tempe. Mais le bandage qui cachait la moitié gauche de son visage le glaça sur place. Merde. Comme cela faisait mal de voir un ami touché. Il se jura tout bas de le venger, l'inquiétude laissant place à une haine indescriptible qui se solderait sans aucun doute par un meurtre dès qu'il en aurait l'occasion, et ne pensant à rien d'autre qu'à protéger son ami, il prit sa main dans la sienne et ne le quitta plus.

Bruce l'avait observé, de loin, l'avait suivi sans un mot, touché par cette improbable amitié. Ils s'étaient retrouvés tous les trois dans une salle de l'infirmerie, une fois Clint passé par les mains des chirurgiens les plus doués du continent. Banner, debout près de la fenêtre, regardait Tony assis aux côtés du lit et de la présence fantomatique de l'espion. Il repensa avec émotion à février, il y avait deux mois de ça, lorsque Tony, après sa très grosse connerie, l'avait rejoint dans l'infirmerie du SHIELD, et lui avait promis qu'il ne le lâcherait plus, et qu'il se reprendrait en main. Et l'ingénieur avait parfaitement rempli ses deux promesses.

"Je vais les tuer."

"Tony…"

"Je suis sérieux Bruce, je ne sais pas qui ils sont, mais je les retrouverai, et je les butterai. Et je filmerai tout pour que Barton ait un aperçu du carnage – je suis sûr qu'il trouvera l'attention adorable."

Pas bon ça, Bruce savait d'expérience que Tony tenait à ses engagements post-traumatiques.

"J'ai eu Fury au téléphone. Natasha arrivera demain."

"Bien. J'espère qu'ils ont au moins consommé."

"Pardon… ?"

"Barton est fou amoureux d'elle. Tu n'as pas remarqué ça doc' ?", sourit faiblement Tony en le regardant par dessus son épaule, sa main toujours posée amicalement sur celle de son ami inconscient.

"Je ne te savais pas si proche de lui.", murmura Banner, profondément touché de découvrir une si belle et imprévisible relation.

"Il ne me l'a jamais dit. Je l'ai senti, voilà tout."

Bruce quitta enfin le mur, se rapprocha de son ami assis, et posa ses mains sur le dossier de la chaise avant de pencher sa tête vers la sienne.

"Tu sens ce genre de chose toi ?"

"Bien sûr."

Le physicien sourit ; non, il savait d'expérience que Tony ne sentait pas tout à fait ce genre de chose, sinon, ils auraient eu la fameuse conversation depuis longtemps. Il embrassa sa tempe, gardant ses lèvres scellées à sa peau douce quelques secondes, s'enivra de son parfum et se redressa.

"Je vais demander à ce qu'on nous apporte à manger ici."

Tony sourit, heureux de voir que Bruce comprenait son besoin de ne pas quitter la pièce et reporta son attention sur le visage tuméfié de Clint.


Il fallut deux jours à Clint pour sortir de son coma artificiel. Il avait mis quelques heures à retrouver une diction normale et lorsqu'il reprenait trop conscience de son environnement, il suppliait qu'on le gave de morphine ou qu'on le tue sur place pour qu'il ne ressente plus la terrible pression dans son cerveau et la brûlure intense de son poumon perforé. Comme promis, Tony ne le quitta que très rarement, assistant à sa rémission avec autant de plaisir que de douleur. Puis ils furent enfin en mesure de parler, de rire, de se jeter des fleurs – et comme cela leur importait, à tous les deux !

"Tu me passes du yaourt s'il te plaît ?"

"Crève, je ne suis pas ton infirmière."

"J'ai faim."

"Et bien tu attendras de retrouver l'usage de ta main."

"Je vais mourir si je ne mange pas."

"Ça ne fera que la deuxième fois cette semaine."

Et leurs fausses engueulades, comme elles avaient pu leur manquer. Clint se redressa difficilement, Tony approcha le pot de yaourt de son ami et, arrêtant ses caprices, l'aida à se nourrir en tenant sa cuillère.

"Qu'est-ce que j'ai manqué durant tout ce temps ?"

"La finale du Superbowl."

"Tue moi, qu'on en finisse."

"Je te l'ai enregistrée."

"Mouais, ça n'a pas la même saveur…"

"Et j'ai enregistré les pubs avec."

"Je t'aime."

"Wow, wow, doucement blondie, dois-je te rappeler qu'une jolie rousse est déjà dans ta ligne de mire ?" Il sourit, fit une pause, et ne tint pas plus longtemps : "Et je suis moi-même un homme pris."

"Pitié, dis moi que ..."

"Que le docteur Banner n'est plus célibataire non plus ? Mh, je crois qu'on peut dire ça comme ça."

Le sourire de l'espion se fit aussi heureux que légèrement mal à l'aise – comme il était étrange d'imaginer deux amis ensemble. Et ils étaient des hommes n'oublions pas, et même si Clint n'avait rien contre l'homosexualité, cela restait tout de même légèrement inédit. Surtout au sein des super-héros.

"Vous êtes ensemble alors ? Un couple, un vrai ?"

Il n'obtint qu'un sourire crispé comme réponse. Car, que répondre à ça ? Certes, ils passaient leurs journées ensemble, travaillaient ensemble, se caressaient ou se suçaient à l'occasion, mais pouvait-il affirmer qu'ils étaient ensemble, comme un couple ? Clint comprit immédiatement la tempête qui se préparait sous le crâne de son ami, au vu de son air paniqué et arrêta son supplice.

"Quoi qu'il se passe, j'espère que tu es heureux."

"T'inquiète Brokeback, tu auras toujours une place à part dans mon cœur."

"Je n'en doute pas. Tony ? Juste, mh – " Il se mordit sa lèvre inférieure, jeta un coup d'œil vers la porte pour vérifier qu'elle était bien fermée et le regarda à nouveau de ses yeux bleus avant de murmurer, plus sérieusement : "Ne merde pas cette fois, ok ? Je veux dire, ce n'est pas n'importe qui, c'est Banner. Et, bien que je suis sûr que tu ne veuilles pas l'entendre, c'est aussi, quelque part, Hulk. Et toi tu es… toi. Est-ce que tu es sûr de savoir dans quoi tu t'engages ?"

"Oui."

Son regard était aussi sérieux que celui de son cadet était inquiet.

"Tony, réfléchis bien à..."

"Clint, fais moi confiance, je sais très bien dans quoi je m'engage. Et c'est drôle que tu parles d'engagement…"

Il ne finit pas sa phrase, se leva en souriant mystérieusement, et agita sous son nez un large dossier enfoui dans une chemise bleue avant de se diriger vers la sortie.

"Qu'est-ce que c'est Tony ?"

"La preuve de mon engagement."

"Wow, doucement Tony, tu ne penses pas que tu vas un peu trop vite ?"

"Dors bien Clint."

L'ingénieur lui sourit en faisant une petite référence et quitta la pièce, il attendit la voix de son ami résonner dans les couloirs :

"Et je ne serai pas témoin ! Je ne cautionne pas tes décisions hâtives Tony !"


Le message avait été clair bien que subtilement caché dans la poche du physicien : une carte signée de la main de Tony, lui demandant de bien vouloir se rendre sur la terrasse du dernier étage à 21h. Bruce en soi n'était pas très inquiet, si ce n'était à cause du sms de Clint le prévenant que "Tony jouait encore au con, et qu'il devait faire preuve de clémence et ne pas le juger trop vite". Bon sang, quelle nouvelle lubie avait encore touché le milliardaire ? Il arriva sur la terrasse, vit Tony assis sur un de ses canapés, à côté de lui un sceau de champagne vide sur la table basse et un dossier épais.

"Mystérieuse invitation."

"Tu connais mon amour pour les mystères."

L'ingénieur se leva, attrapa doucement la nuque de Bruce pour le coller à lui et l'embrassa avec une passion inégalable, avant de le faire s'asseoir à côté de lui.

"J'ai quelque chose à te dire Bruce."

"Je suis là, je t'écoute."

Et Dieu merci, Stark n'était pas Sherlock Holmes, sans cela il aurait tout de suite deviné l'inconfort flagrant de Banner, ses pupilles dilatées, ses mains tremblantes – qu'est-ce qu'il avait bien pu manigancer encore ?!

"Je – j'ai fait – non. J'ai décidé – je voulais te demander – te proposer. Non, attends –" balbutiait Tony, en en rajoutant, pour faire craquer son ami.

"Tony je gère très mal le stress, alors viens-en aux faits."

Stark fit un large oui de la tête, ouvrit la chemise et poussa de deux doigts le dossier jusqu'à Bruce.

"Lis-le."

Le physicien se pencha, écarquilla les yeux, essayant de deviner ce que signifiait cette mascarade et releva son visage sur celui lumineux de son amant, lisant tout haut :

"Banner Laboratories ?"

"Très précisément."

"Qu'est-ce que c'est que cette blague de mauvais goût ?", pesta Bruce d'un rire faux avant que Tony ne se rapproche un peu plus, levant son index pour lui demander toute son attention.

"Ce n'est pas une blague Bruce, je suis très sérieux. Ça fait des mois que je travaille dessus, j'ai tout prévu, le budget est validé, Pepper est d'accord sur le principe, j'ai fini les plans de réhabilitation de la tour la semaine dernière, j'ai... "

"Que tu travailles sur quoi Tony ?", demanda le cadet perdu.

"Sur ça ! Sur toi.", ponctua-t-il en le pointant du doigt.

Il ferma les yeux, inspira, excité par ce projet qu'il préparait depuis trop longtemps déjà, et reprit, une fois légèrement calmée.

"Je te l'ai dit Bruce, tu es doué, tu es foutrement doué et pour la première fois de ma vie, il m'arrive d'être jaloux, de toi, de ton intelligence. Mais j'ai compris que je n'avais pas à être jaloux. Le temps qu'on passe ensemble, ce qu'on a développé, c'est génial, c'est parfaitement génial et je ne veux pas que ça s'arrête."

Parlait-il de travail ou de leur relation, Bruce n'en savait rien.

"Alors, j'ai pensé monter ton propre labo. Tu en serais le directeur de recherches, tu travaillerais sur ce que tu veux, et je t'épaulerais, je m'occuperais de l'aspect technique, financier, légal, tu n'auras rien à faire de ce côté là."

"Attends, attends…", interrompit Bruce en secouant légèrement. sa tête – il s'attendait à beaucoup de chose (à une demande en mariage même, aux dires de Clint), mais pas à ça. Il rit, amèrement et regarda durement son aîné, touché qu'il le connaisse si mal. "Je ne peux pas. Je ne peux pas Tony, tu vas comprendre ça ? Je ne peux pas m'engager, je ne peux pas avoir de responsabilités."

"Pourquoi ?", demanda Tony en haussant la voix.

"Tu sais très bien pourquoi !", aboya Bruce, dégoûté qu'ils en arrivent là, qu'il lui propose ça.

"Dis moi pourquoi !", ordonna son aîné sans douceur.

"À cause de l'Autre !"

"Non ! Non Bruce !"

Et pour la première fois de la soirée, la voix de Tony éclata plus fort que celle de Bruce qui avait tremblé sous sa colère imminente.

"Le Hulk t'empêche de faire bien des choses mais tu ne comprends pas qu'entre toi et lui, tu es celui à maîtriser. Tu ne fuis pas à cause de lui, tu fuis à cause de toi. Et crois-moi, te cacher en Inde, à Chicago, en Alaska ou même à Asgard n'y changera strictement rien tant que tu n'accepteras pas ceci : le Hulk ne peut plus te servir d'excuse. Tu le maîtrises, je le sais, je t'ai observé depuis 5 mois, qu'est-ce que je dis, ça fait des années que je suis obnubilé par toi. Et crois-moi, j'ai vu tes efforts, des efforts incroyables que tu ne remarques même pas. Tu n'as plus rien à voir avec celui que tu étais il y a 10 ans, ni même il y a 5ans, tu fais plus de transformations choisies que non-désirées. Alors, maintenant qu'on en est là, dis-moi de quoi tu as peur."

"Je n'ai pas peur.", aboya Bruce qui avait écouté le monologue de Tony, la gorge sèche, le cœur tambourinant douloureusement contre sa poitrine serrée.

"Tu as peur de t'engager avec le SHIELD ?"

"Je n'ai pas peur.", répéta-t-il en faisant 'non' de la tête.

"Tu as peur de t'engager dans ce projet de laboratoires ?"

"Je n'ai pas peur je t'ai dis Tony !", répéta-t-il les dents serrés, son regard dur et ses mains tremblantes.

"Tu as peur de t'engager avec moi ?"

Cette fois, le physicien ne répondit pas, il repoussa violemment Tony sur le canapé, surplombant son corps de sa présence menaçante, serrant dans ses mains le tee-shirt de son ami. Il tremblait, de rage, de tristesse, comment Tony pouvait penser de telles choses aussi horribles alors que lui-même l'avait aimé dès leur premier regard ? Et comment pouvait-il rester aussi calme alors que lui-même était presque prêt à le frapper ? Et comment se faisait-il que malgré son état de colère défiant toute logique, sa peau restait indéniablement la sienne, sans aucun fourmillement vert dans ses avants bras ? Il releva son regard profondément troublé vers celui si serein de Tony et bégaya :

"Pourquoi – comment – comment peux-tu le savoir ?"

"Je te l'avais dis Bruce, tu étais mon affaire, mon mystère. Les rapports du SHIELD, les nuits à penser à toi, à analyser tes transformations..."

"Mais, la nuit – à la base du SHIELD, dans la forêt…"

"Je t'ai poussé à bout. Et tu as décidé de te transformer. Tu savais aussi bien que moi que c'était la seule solution. Même inconsciemment."

"Ça ne peut pas être aussi simple que ça…"

"Ce n'est peut-être pas simple, mais c'est vrai. Et c'est tout ce que tu es. Et c'est tout ce dont je ne pourrai jamais me passer."

Bruce fronça légèrement des sourcils, comme triste, comme s'il attendait quelque chose de Tony, qu'il ne réussissait pas à découvrir.

"Est-ce que tu penses vraiment ce que tu dis ?"

"J'en suis persuadé. Alors, fais-moi confiance. S'il te plaît. Et sois honnête, ne fuis plus."

"… Bien. Je lirai le dossier."

Tony sourit, soupira de bonheur et se permit enfin à caresser de ses deux mains le visage anguleux de son ami. Ils se redressèrent, Bruce prit le lourd dossier entre ses mains et tous deux retournèrent vers la chambre du milliardaire sans même se concerter.

"Le sceau de champagne vide, c'est pour… ?"

"Avoir un côté un peu festif.", répondit l'ingénieur en haussant une épaule, bien conscient que de toute façon ils n'auraient pas bu une seule goutte, et que cela était donc légèrement idiot de sa part. Bruce sourit tendrement et caressa de sa main libre la nuque de Tony.


Il était tôt ce matin-là lorsque l'ingénieur ouvrit un œil, et pourtant, il n'était pas le premier réveillé dans son immense lit. À sa droite, Bruce torse nu, le dos appuyé contre la tête de lit, feuilletait le dossier décrivant le nouveau projet un peu fou de l'ingénieur. Un peu fou certes, mais diablement bien mené. La Stark Tower, 93 étages de merveilles technologiques, passait ainsi de 20 étages de laboratoires au nombre de 55. Banner serait alors nommé directeur de recherche – prenant également place dans le conseil d'administration de la Stark Industries dont les Banner Laboratories seraient une filiale. Logé, nourri, blanchi, payé une somme absolument outrageuse, avec la certitude d'avoir carte blanche, plus un Anthony Edward Stark comme partenaire.

Partenaire.

Le mot était écrit noir sur blanc.

"Tu n'arrives pas à dormir ?", demanda Tony en se redressant sur ses avants-bras, toujours allongé sur le ventre.

"Je voulais le lire d'abord."

Le milliardaire jeta un coup d'œil au dossier largement entamé et osa demander, un léger pincement dans la poitrine :

"Alors… ?"

"C'est – parfait."

"Mais… ?"

"Mais j'aimerais que l'on en parle maintenant."

"Tout ce que tu veux…"

Tony se redressa pour s'asseoir en tailleurs face à son amant, plus sérieux et concerné que jamais.

"C'est un projet pharaonique. Qu'est-ce qui te fait croire que ça marchera ?"

"Bruce, tu as remarqué que depuis qu'on se connaît, depuis qu'on parle vraiment de toi, on ne parle que de toi, après 2003 ?"

"Ce n'est pas comme s'il était facile d'oublier ce qu'il s'est passé cette année là…"

"Bien sûr, mais je veux qu'on arrête de penser au Hulk et qu'on se concentre sur Bruce Banner, le physicien, tu veux bien ?"

Bruce posa ses lunettes sur le dossier qu'il venait de refermer et plongea son regard attentif dans celui de ton ami.

"Je me répète, mais bon sang, je crois que je ne me lasserai jamais de le dire, tu es doué, tu es né pour faire ça. Et je veux monter ce projet avec toi parce que je ne peux pas laisser passer un physicien aussi doué. On travaillera pour la Stark Industries, pour le SHIELD à l'occasion ou même sur n'importe quel projet quelconque qui nous plaira."

"Alors, ce n'est qu'une question de travail ?", demanda Bruce, un léger sourire aux lèvres, appuyant ses avant-bras sur ses genoux redressés.

"Pas seulement non, j'ai envie que tu restes aussi. Science bros."

Cette fois, le physicien ne put s'empêcher de rire doucement.

"Toi non plus tu n'es pas honnête Tony. Tu fuis."

"De quoi tu parles ?"

Le cadet sourit, glissa sa main sur la barbe de l'ingénieur et se rapprocha de lui pour capturer ses lèvres des siennes.

"Avec ce projet, je m'installe définitivement à la tour, n'est-ce pas ?"

"Affirmatif.", soupira Tony en sentant les lèvres de son amant glisser tout contre son cou.

"Et je n'aurai plus aucune raison de quitter New York ?"

"Bingo."

Stark ne savait pas exactement à quoi jouait Bruce à énoncer l'évidence – comme s'il attendait que l'aîné réalise quelque chose – mais cela ne l'empêcha pas de profiter de ses douces caresses.

"Et nous serons... partenaires ?"

Oh.

Ça.

Tony leva les yeux vers le plafond, secouant sa tête dans de légers 'oui' inconscients. Il avait écrit le mot sans vraiment y réfléchir, et même s'il ne l'avait jamais stipulé dans un contrat auparavant, cette fois-là, accoler 'Tony Stark – Bruce Banner' sur un dossier avait semblé d'une évidence désarmante.

"On pourrait écrire 'Banner' en lettres lumineuses à côté de mon nom sur la tour.", proposa-t-il en haussant une épaule, provoquant un rire sonore de la part de son cadet.

"Oh non Tony, je préfère être discret."

"Pas moi."

"Il va falloir qu'on trouve un entre-deux alors."

"On peut écrire 'Stark – Ban'."

"C'est idiot."

"Mais ça peut se faire."

Ils se regardèrent, sourirent et Tony n'y tenant plus, vint se rallonger sous les draps, une main posée sur le torse de son amant, qui d'une voix douce lui demanda :

"Où est-ce que je signe ?"


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