Chapitre 3

Bâtiment C, Aile Est, 3ème étage

Vendredi 17h15

Ils s'annoncèrent. Pas de réponse. Max logeait seul. Après trois sommations, ils défoncèrent la porte. Et le spectacle qui les y attendait figea Castle.

Max, pendait, livide, en plein milieu de la pièce, rideaux fermés et toutes lumières éteintes. Castle se retint pour ne pas vomir. C'était la première fois qu'un mort avait cet effet sur lui. Il ne put s'empêcher de faire le lien avec sa fille et de s'imaginer une nouvelle fois le pire. Si Max était mort, qu'était-il arrivé à Alexis ? Et s'il s'était donné la mort après avoir commis l'irréparable ? Castle sorti à toute allure de la pièce et tenta en vain de se calmer. L'air lui manquait. Les larmes commencèrent à couler sur son visage. Il s'agita et frappa de toute son énergie le mur avec son poing droit. Il cogna encore et encore jusqu'à ne plus sentir la douleur.

Kate l'avait suivi, elle le retrouva, la main en sang, dans le couloir. Elle s'approcha de lui et tenta de l'empêcher de frapper encore au risque de se briser la main.

Beckett : Rick, calme-toi

Il avait tellement de force, aidé par toute la colère qui le dévorait pour celui qui avait pris sa fille. Elle l'encercla de ses bras et rapprocha son visage du sien pour le calmer, collant son front au sien. Il accepta l'étreinte et tenta de reprendre une respiration normale. C'est là qu'il sentit enfin la douleur qui lui parcourait toute le main.

Il avait vu ça des centaines de fois. Elle savait parfaitement ce qui lui traversait l'esprit à ce moment précis. Elle prit sa main ensanglantée dans la sienne et essaya tant bien que mal de trouver les mots justes.

Beckett : ça ne veut rien dire

Mais à cet instant précis, seule la vision de sa fille, en vie et en bonne santé pouvait le calmer. Il se dégagea finalement de l'étreinte et fit les cent pas dans le couloir, se frottant le visage avec frénésie. Il avait l'impression qu'elle ne pouvait pas le comprendre.

Castle : comment peux-tu dire ça ? Tu sais très bien que c'est faux ! Et s'il s'était suicidé après avoir violé ou tué ma fille ? Il n'y a pas d'autre explication logique et tu le sais

Beckett : tu m'a appris que les apparences ne font pas tout et que parfois, une toute autre histoire se cache derrière ce qu'on voit, pourquoi est-ce que ce serait différent cette fois ?

Castle : …

Il ne pouvait pas lui répondre. A cet instant, plus rien ne lui semblait logique ou illogique, il ne pouvait plus résonner. L'histoire, il ne pouvait pas la déchiffrer.

Beckett : viens, on devrait soigner ta main

Il ne l'écouta pas et se dirigea vers l'extérieur, tel un robot. Il lui fallait de l'air. Elle le laissa seul un moment, il en avait besoin. Il avait su la laisser respirer quand elle en avait eu besoin, elle aussi. Esposito la rejoignit alors qu'elle le regardait s'éloigner avec anxiété et ne sachant pas vraiment quel rôle prendre dans cette situation.

Esposito : comment il le prend ?

Beckett : mal

Esposito : si c'est un suicide …

Beckett : je sais … et lui aussi

Esposito : Lanie est en chemin, on sera vite fixés

Beckett : des nouvelles du portable d'Alexis ?

Esposito : il a été localisé dans une poubelle, en bas de son immeuble. Rien d'inhabituel au niveau des appels pour le moment. Max Dunton l'appelait régulièrement depuis deux semaines. On retourne analyser le portable du gamin

Ryan arriva, avec une grosse liasse d'argent dans la main.

Ryan : je crois que cette affaire est peut-être plus compliquée qu'on ne le pense

Beckett : où as tu trouvé ça ?

Ryan : sous le lit du gamin, il y plus de 2000 dollars

Beckett : … autre chose dans sa chambre ?

Ryan : rien mais la scientifique passe les lieux au peigne fin

Au poste

19H55

Esposito, Ryan et Beckett travaillaient d'arrache pied pour comprendre l'histoire de Dunton et son lien avec Alexis. Castle s'était enfermé dans un mutisme qu'on ne lui connaissait pas. Il restait assis, dans le poste, les yeux hagards et rougis, la main bandée et sursautant dès qu'un agent entrait dans la pièce. Beckett avait si mal pour lui, elle l'observait mais elle avait compris qu'il avait besoin de distance. Le mieux pour elle, pour eux, à cet instant, c'était de se concentrer sur ce dossier et de faire ce qu'elle faisait de mieux, trouver des réponses.

Beckett : si on récapitule, Dunton est un marginal, abandonné par ses parents dès son plus jeune âge, il se débrouille seul depuis des années, passe même une année entière dans la rue et il y a six mois, il décide soudain d'entamer des études…Avec quel argent ? Qui a-t-il rencontré ?

Esposito : rien à part ces 2000 euros dans sa chambre et son compte n'indique aucun gros versement …

Beckett : demandez à l'université qui a pris en charge les frais d'entrée de Max et qui payait son loyer

Esposito : je m'en occupe

Beckett : cette somme retrouvée chez lui… la disparition de l'ordinateur, je me répète mais ça n'a aucun sens. Max a du rencontrer quelqu'un qui lui a offert tout ça en échange d'un service. Quel est le lien avec Alexis dans cette histoire ?

Ryan : elle a peut-être assisté à quelque chose qu'elle ne devait pas voir …

Beckett : ou alors … quelqu'un l'a payé pour se rapprocher d'Alexis, la mettre en confiance et l'enlever plus facilement

Esposito : pourquoi se donner tant de mal ? Elle vit seule à l'université … C'était une proie facile

Beckett : on a à faire à quelqu'un d'expérimenté, qui a longuement préparé son coup

Gates les interrompit. Il y avait du nouveau.

Gates : lieutenant Beckett, on a quelque chose

Le visage de Gates en disait long. Castle accouru et rejoignit l'équipe. Gates tendit l'un des billets retrouvés chez Max à Beckett et son regard se remplit d'effroi lorsqu'elle lut les trois lignes griffonnées sur celui-ci, retrouvé glissé au milieu de la liasse.

« Je préfère généralement les blondes.

Mais s'ils meurent tous les trois,

Je ferai honneur à mon nom, quoi qu'il arrive »

Beckett : Jerry Tyson, le triple tueur

Elle se tourna vers Castle et son teint, déjà pâle, vira au livide. Elle lui agrippa le bras pour le soutenir, elle avait l'impression qu'il allait défaillir à chaque instant. Même dans les pires choses qu'il s'était imaginé, il n'avait pas pensé à Jerry Tyson. Et cette annonce dépassait de loin toutes ses craintes.

à suivre ...