Encore
merci pour vos reviews.
Ce chapitre là a eu du mal à sortir…
Sponsorisé par Eastpack et Mentos, voilà le chapitre 6 !
Les dialogues en Sindarin ne seront plus mis en italique, be aware !
Chapitre 6 : Pas au pays des merveilles
Alice émergea petit à petit d'un brouillard sombre et épais, au fil des gouttes de pluie qui s'abattaient sur elle. Elle était allongée face contre terre, le visage dans la boue. Au bout d'un moment, elle réussit à rassemble assez de courage et de force pour tenter de s'asseoir.
Elle prit une grande inspiration et elle se redressa. Elle n'avait pas de vertige, et sa vision n'était pas troublée, mais sa tête la faisait souffrir. Précautionneusement elle porta sa main à son front, elle sentit une énorme bosse. Quand elle regarda sa main, elle vit que ses doigts étaient recouverts de sang. Elle regarda l'endroit où elle était atterrie. Sa tête avait cogné contre une pierre.
Elle était trempée, la pluie avait gagné en intensité. Lorsqu'ils étaient « partis », il faisait nuit et le temps était glacial, laissant la forêt blanche de givre. Alice regarda autour d'elle. Elle n'était plus dans une clairière, le soleil se coucherait probablement d'ici une ou deux heures d'après la luminosité, et la végétation était différente. Les arbres, sombres et gigantesques, ne lui étaient pas familiers. Elle n'aurait pas pu dire à quelles espèces ils appartenaient.
Son esprit refusait de tirer les conclusions qui se présentaient. D'abord, trouver un abri. Son instinct de survie prenait le contrôle, tandis que la jeune femme essayait d'étouffer la peur qui l'envahissait. Elle se leva doucement, et resserra son manteau contre elle. Elle scruta les environs, à la recherche d'un endroit qui pourrait la protéger. Elle songea un instant à appeler Galoriand et Aristide, puis décida que ce ne serait peut être pas judicieux. Après tout, elle n'était pas du tout sûre de l'endroit où elle avait atterri – ou plutôt, elle n'était pas du tout sûre de vouloir le savoir dans l'immédiat, car elle pressentait que la réponse ne lui plairait pas – et elle ne voulait pas attirer l'attention de créatures hostiles. Comme des orques par exemple. Ou encore des araignées géantes. A cette pensée, elle frissonna. Puis, elle se remémora que les araignées géantes sévissaient plutôt dans le coin de la Forêt Noire, du côté de chez Legolas.
Legolas.
Haha.
Non, parce que si ça se trouvait elle était…
Alice eut envie de hurler. Pourquoi s'était-elle mise dans une situation pareille ? Là, tout de suite, ce qu'elle aurait aimé c'était de regarder un épisode de South Park en buvant un chocolat chaud, sur son canapé défoncé, emmitouflée dans le plaid tricoté par sa grand-mère. Elle n'avait jamais été une aventurière.
Elle s'empêcha de réfléchir. Trouver un abri, déjà.
Au bout d'une demi-heure de marche, en sursautant à chaque bruit un peu suspect, elle trouva un endroit couvert, une espèce de petite caverne à la base un immense rocher qui saillait d'une colline à boisée. Elle avait juste de la place pour s'y asseoir, mais c'était mieux que rien. Là, elle put commencer à étudier les possibilités.
Elle n'était plus chez elle, de ça elle était sûre. Mais elle se demandait où étaient passés Galoriand et Aristide. Et s'ils avaient atterri à un autre endroit qu'elle ? Et si elle était arrivée à un tout autre endroit que la Terre du Milieu ? Elle se força à respirer lentement, et se remémora les évènements qui l'avaient conduite jusqu'ici. Lorsque Galoriand et Aristide étaient allés au centre de la clairière, rien ne s'était passé. Ce ne fut que lorsqu'elle avait touché le centre que le « voyage » s'était produit. De plus, aucun des deux n'avait eu l'air d'entendre les horribles bourdonnements incessants qui tourmentaient les oreilles de la jeune femme, et ils n'avaient pas eu l'air non plus d'avoir perçu la chaleur qui émanait du sol. A ce souvenir, Alice regarda ses mains. La douleur avait été immense, comme si ses mains avaient été brûlées vives, pourtant celles-ci ne portaient aucune marque qui aurait pu rappeler l'incident. Elle se demanda combien de temps elle était restée inconsciente. Elle était trempée lorsqu'elle était revenue à elle-même, ce qui laissait penser qu'elle était restée un certain temps sous la pluie.
Elle frissonna, elle était gelée. Ce ne fut que lorsqu'elle serra ses genoux contre elle qu'Alice se rendit compte qu'elle avait son sac avec elle. C'était une vieille besace Eastpack qui avait jadis servi de sac de cours et qu'elle portait en bandoulière quand elle avait accompagné Galoriand et Aristide à la clairière. Alice l'ouvrit et vérifia son contenu. Il y avait à l'intérieur son portefeuille, une bouteille d'eau, sa lampe de poche, ses clefs, son téléphone portable ses papiers, un paquet de mouchoirs, un briquet, le troisième tome de Millenium qu'elle avait à peine commencé, son kit brosse à dents / dentifrice pour ses gardes, et un paquet de Mentos. Elle regarda son portable : pas de réseau. Elle l'éteignit.
Quelque peu refroidie par l'incapacité de la femme moderne à mettre dans son sac de quoi survivre une semaine en cas de voyage dans une autre dimension / monde / époque / planète vers une terre sauvage, Alice mangea un Mentos, et enleva son manteau trempé.
Qu'allait-elle faire à présent ?
Elle regarda dehors.
Le soleil n'allait pas tarder à se coucher, et elle ne se sentait pas assez courageuse pour tenter de regagner l'endroit où elle avait repris conscience. D'ailleurs, elle n'était même pas sûre de retrouver le chemin. Elle s'insulta.
Le plus sage serait de rester là où elle était pour la nuit. Elle songea un instant à allumer un feu, mais elle avait peur de se faire repérer, et de toute façon elle doutait de la possibilité à trouver du bois sec dans les environs. Alice sortit de sa caverne et examina les alentours. Elle jugea que sa cachette était relativement à l'abri des regards, mais elle traîna néanmoins une immense branche d'arbre devant l'entrée. L'arbre auquel appartenait la branche gisait non loin de la caverne, juste assez près pour que la branche dissimule l'entrée sans éveiller les soupçons.
La nuit tomba. Alice n'osait pas allumer sa lampe de poche pour lire un peu, même si elle s'ennuyait ferme. Au bout de quelques temps, elle s'habitua aux bruits de la forêt et cessa de sursauter à chaque fois qu'elle entendait quelque chose. Elle finit par s'endormir, terrassée par la fatigue.
Quand elle se réveilla, le dos endolori d'avoir dormi sur de la pierre, elle ne se souvenait plus de là où elle était. Elle mit quelques instants à réaliser. « Oh non… » se dit-elle. Elle s'étira, puis resta allongée quelques minutes, ne sachant que faire. Elle décida au bout de moult tergiversations d'essayer de retrouver son point de départ. Si elle ne trouvait rien, ou si rien ne se passait lorsqu'elle le trouverait, elle devrait essayer de rentrer avec une civilisation, elfe de préférence, vu qu'elle parlait Sindarin. Une civilisation humaine serait aussi acceptée. Une civilisation orque le serait légèrement, voire beaucoup moins.
Le tout serait d'éviter de tourner en rond et de bien suivre une direction, et vu le sens de l'orientation d'Alice, ce n'était pas gagné. Elle n'avait jamais rien compris à l'histoire d'étoile polaire - d'ailleurs, y'avait-il une étoile polaire pour la Terre du Milieu ? Et de toute façon, elle ne se sentait pas capable de marcher la nuit - et de mousse autour des troncs d'arbre, une vaste blague selon elle car ladite mousse poussait partout.
Elle commençait à imaginer une stratégie consistant à marcher d'arbre en arbre en fonction d'un certain axe, quand une ombre passa devant sa cachette. Elle cessa de remuer, aux aguets. Elle essaya de respirer en faisant le moins de bruit possible.
Quelques secondes s'écoulèrent, lui paraissant une éternité. Puis, une voix chaleureuse et familière se fit entendre.
-Alice, je sais que tu es là. Tu peux sortir, tout va bien.
Galoriand !
Alice bondit en dehors de sa cachette. Galoriand était là, en chair et en os devant elle. Sans réfléchir, elle se jeta dans ses bras, emportée par le soulagement. Galoriand lui rendit son étreinte. Puis il lui prit ses mains, qu'il observa intensément.
- Tu n'as rien, fit Galoriand, stupéfait.
- Non je n'ai rien, je ne comprends pas non plus. Qu'est ce qui s'est passé ?
- Je ne sais pas réellement. Tu as crié, tes mains semblaient brûler… Et tout est devenu noir.
- Où est Aristide ?
- Je ne l'ai pas retrouvé, malheureusement.
- Tu ne l'as pas retrouvé ? Mais… Comment va-t-il faire ? Il est vieux, il est malade…
- Alice, je le sais bien. Je vous aie cherché partout, je n'ai retrouvé que tes traces. D'ailleurs, c'était plutôt bien vu l'idée de mettre la branche devant ta caverne, mais tu as laissé tes traces partout dans la boue…
Et merde, se dit Alice, vexée, pour la logique, on repassera.
- Galoriand, tu as vu là où j'étais arrivée ?
- Oui… Il y avait ton sang.
- Et tu es arrivé loin de là où je suis arrivée ?
- A environ 100 lieux.
- Pardon ?
- On va dire que j'ai du marcher trois bonne heure pour trouver l'endroit. Si j'avais pris la bonne direction depuis le début, ça m'aurait pris 3 fois moins de temps.
- Et tu ne m'as trouvé que ce matin ?
- Non, je t'ai trouvé hier soir. Je t'ai laissé dormir et j'ai surveillé les environs.
-Oh… fit-Alice. Merci. Merci beaucoup Galoriand.
- C'est le moins que je puisse faire.
Elle dévisagea Galoriand un long moment. Il avait quelque chose de changé. Il se tenait plus droit, mais surtout…
- Tu as les oreilles pointues !
- Toi aussi, Alice !
La jeune femme porta ses mains à ses oreilles, horrifiée. Non, ses oreilles étaient normales. Le sourire narquois de Galoriand prouva une fois de plus à Alice qu'il avait un humour… Différent.
- Tu n'aimes pas les oreilles pointues, apparemment.
- C'est juste que je n'ai pas l'habitude, marmonna Alice.
Elle détestait les oreilles pointues, pour être honnête. Elle reprit :
-Alors, nous sommes chez toi…
- Je le crois fermement, Alice.
- Tu le crois ? Tu n'en es pas sûr, Galoriand ?
- Je ne reconnais que vaguement. Les choses ont changé. L'ombre a gagné du terrain.
Le silence se fût.
- Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? demanda Alice d'une voix hésitante.
4
