Coucou et avec près de deux semaines de retard, je vous livre ce chapitre qui je l'espère vous plaira. En tout cas, je vais m'atteler normalement à un chapitre de l'héritier sauf si une idée géniale me traverse pour mes autres fics.

En tout cas, un grand merci pour continuer à me suivre.

Biz et à bientôt…

Chapitre 3 : Incroyable confession

Harry avait fini de ranger toutes ses affaires et il pouvait encore entendre l'eau de la douche couler, le jeune homme ne savait pas s'il devait attendre Charlie ou s'il pouvait tout de suite descendre et rejoindre ses meilleurs amis. Harry à défaut de choisir se leva de son lit et se dirigea vers le perchoir de sa chère Hedwige, il prit dans sa paume quelques graines et sa chouette vint les picorer délicatement.

« Et toi, tu crois qu'il vaut mieux quoi… Ce n'est pas très poli de ne pas attendre Charlie, n'est-ce pas ? »

En guise de réponse, l'animal à la blancheur parfaite vint couler sa tête au creux de la main du garçon.

« C'est bien ce que je pensais… Je suis d'accord avec toi…

- Et quelle est sa réponse alors ? »

Le Survivant se retourna en direction de la salle de bain, il n'avait pas fait attention que l'eau ne coulait plus. Il vit alors, dans l'encadrement de la porte le rouquin qui ne portait en tout et pour tout qu'une minuscule petite serviette de bain attachée à la taille, des gouttes ruisselant sur le corps musclé, enfin d'après ce que pouvait voir Harry.

« Oh, Charlie ! Tu as entendu ?

- Que tu parles à ton animal de compagnie ? Oui. »

La réponse avait été prononcée de façon si coupante, si sarcastique que le brun à la cicatrice se sentit rougir jusqu'à la pointe de ses cheveux. Le dresseur de dragons allait le prendre pour le dernier des crétins mais bon, il avait une excuse. Durant tous ces étés passés à Privet Drive, Hedwige avait été sa seule compagne et souvent pour rompre le silence de sa chambre, Harry avait pris l'habitude de lui parler.

« Je… je… »

Le trouble d'Harry fit rire le rouquin qui décida qu'il valait mieux rassurer le jeune homme.

« Ne t'inquiète pas, je parle moi aussi aux animaux, à mes dragons. »

Au dernier mot, le regard franc de Charlie s'illumina comme un enfant qui parlerait de ses cadeaux de Noël.

« Tes dragons ?

- C'est un peu stupide, je sais, mais je les considère comme si c'étaient des membres de ma famille, mes… bébés.

- Non, ce n'est pas stupide... C'est…

- Etrange ?

- Euh… Non.

- Alors quoi ? »

Que pouvait bien répondre le jeune homme ? Il avait toujours cru que les dresseurs de dragons ne faisaient que se servir de ces animaux, comme les gobelins. Et puis des dragons… des bébés. Définitivement, il trouvait cela surprenant mais aussi…

« Adora…Euh… Hedwige fait partie de ma famille alors je comprends tout à fait, pas de problème pour moi. »

Charlie sourit légèrement et se rapprocha du jeune homme.

« Tiens, j'ai une idée, Harry, cela te tenterait-il que je t'amène au centre de dressage. Tu pourras t'approcher des dragons et les voir évoluer dans leur milieu naturel.

- Oui, enfin… »

Harry repensait à Norbert, au tournoi des trois sorciers et à l'attaque de Gringotts et franchement, il n'avait pas très envie de côtoyer à nouveau ses animaux maudits. Charlie était à présent tout contre le garçon et passa sa main encore humide dans les cheveux indomptables. Puis il lui sourit cette fois, franchement avant de rajouter :

« N'aie pas peur, je serai là pour te protéger, tu ne risqueras absolument rien. »

Harry se rembrunit, il n'avait absolument pas peur, il avait déjà réussi à survivre aux attaques de ces animaux effrayants et il y réussirait une fois de plus sans l'aide de personne. Il n'était pas un lâche !

« Je n'ai pas peur, je me suis déjà frotté aux dragons et j'ai toujours gagné et si ça devait se reproduire, je ne perdrai pas.

- Je ne voulais pas te vexer, Harry, je sais parfaitement que ton courage n'a d'égal que ta puissance et que tu n'as pas vraiment besoin de moi. Par contre, mon offre tient toujours et si tu veux venir voir où je travaille, je serai plus qu'enchanté. »

Charlie était si chaleureux et si gentil qu'honnêtement le brun ne pouvait refuser cette proposition. A son tour, il fit son plus beau sourire au dresseur de dragons et répondit :

« J'en serai ravi vraiment mais à une seule condition que cela ne te dérange pas.

- Tu plaisantes, au contraire, savoir que tu regardes comment je m'y prends, je te promets que cela va encore plus me stimuler à me surpasser. »

Le regard bleu de Charlie se posa sur le doux visage de son vis-à-vis et Harry se sentit, une nouvelle fois, extrêmement gêné. Ce sentiment se renforça lorsque l'autre jeune homme posa sa main sur l'épaule du Survivant. C'était comme si des milliers de petites décharges électriques irradiaient de son épaule. Harry avait l'impression que la bouche du roux frôlait presque ses cheveux, il chercha alors à détourner la conversation et tourna sa tête de droite et gauche avant de finir par ajouter :

« Je pense que tous les autres vont avoir finir de ranger leurs affaires, je ferais bien de voir s'ils sont déjà descendus.

- Pas de problème, fais comme tu veux. Si tu me permets cependant, je vais me dépêcher pour me changer et je vous rejoindrai ensuite à moins que tu ne préfères que je ne descende comme ça.

- Euh… »

Le dresseur de dragons avait posé sa main sur le haut de sa serviette. Sans rien ajouter, Harry partit sous l'éclat de rire de Charlie. Au moment d'ouvrir la porte, il ne put s'empêcher de tressaillir lorsqu'il entendit un bruit. Charlie avait détaché sa serviette alors qu'il avait juste le dos tourné. Le brun n'osa se retourner et ne répondit même pas au frère aîné de Ron quand il lui lança gaiement 'A tout à l'heure'.

Lorsque Harry fut enfin de retour dans la salle à manger, il soupira de soulagement. Il se sentait étrange. Depuis qu'il connaissait la famille Weasley, le nombre de fois jusqu'à aujourd'hui où il avait parlé à Charlie pouvait se compter aisément sur les doigts d'une main et en l'espace d'une petite heure, il avait comme une drôle d'impression, comme si... Harry fut, malheureusement pour lui, sorti de ses réflexions sans ménagement, lorsque George arriva sans crier gare et enserra la taille fine du brun.

« Mais que fait notre héros national tout seul ?

- Tu n'es pas resté avec Charlie ?

- Euh, non, il est en train de se changer.

- De se changer ? Merlin, il est encore plus rapide et doué que ce que je pensais. J'aurais cru que tu aurais montré plus de résistance. »

George pour encore mieux se faire comprendre empoigna la taille du jeune homme plus fermement et colla son corps contre le sien. Le brun se dégagea effrayé, il devait ressembler à un lapin pris dans les phares.

« Eh ? Plus de résistance ?

- Oh, Harry, voyons, c'est ton droit, après tout, tu es majeur, tu n'es plus un enfant. »

Les jumeaux se tenaient les côtes à force de rire devant le désarroi du brun. Il était tellement naïf.

« Arrêtez-vous deux !

- Tiens, Charlie, on parlait justement de toi avec Harry. »

Le deuxième de la fratrie Weasley leva les yeux en signe d'impuissance. Il se mit d'instinct entre George et Harry et parla en direction du brun :

« Ce ne sont que deux crétins, surtout ne tiens pas compte de ce qu'ils ont dit. Et toi, George, tiens-toi à carreau ! »

Harry hocha fébrilement la tête, il pouvait toujours entendre le rire lourd des jumeaux et ne voulait pas imaginer ce qu'avaient voulu sous-entendre les deux têtes brûlées. Il devait paraître totalement perdu car ils finirent par s'arrêter :

« On plaisantait, Harry, on sait bien que tu ne ferais rien que la morale pourrait réprouver avec notre frère, tu es trop pur. Même s'il n'attend…

- Hum, hum. Je crois que ça suffit, Fred, tu ne vas pas continuer ainsi, encore longtemps.

- Mais évidemment, grand frère, nous ne voudrions pas t'embarrasser. »

Le brun préféra faire comme s'il n'avait rien entendu, ni même vu le regard sombre que lançait Charlie à son cadet. En outre, s'il s'était écouté, il aurait presque été tenté de remercier Charlie d'être venu à son secours et quelque chose lui soufflait que ce n'était pas forcément une bonne idée. Mais qu'avaient donc bien pu prendre les jumeaux au petit-déjeuner ce matin pour se comporter comme ça ? Ils avaient toujours aimé taquiner Harry mais là, cela frôlait le harcèlement. Tandis que les jumeaux machiavéliques s'étaient écartés probablement pour préparer une nouvelle plaisanterie d'un goût douteux, Charlie s'était encore arrêté juste devant le plus jeune, comme s'il avait voulu le prendre dans ses bras. Ce n'était pas que cela gênait le plus jeune mais Harry n'était pas non plus totalement à l'aise avec le dresseur de dragons et se tortillait légèrement. Le rouquin finit par s'adresser à nouveau au survivant qui semblait vouloir regarder uniquement le bout de ses chaussures.

« Harry, ça va ?

- Euh, oui. Pourquoi ?

- Tu n'as pas l'air. Ce n'est pas moi quand même !

- N… non, je trouve les jumeaux étranges aujourd'hui.

- Ne fais pas attention à ce qu'ils ont dit, tu les connais, ils aiment appuyer là où ça fait mal.

- Je ne comprends pas.

- Ce ne sont que des idiots, ils profitent de ce que je leur ai avoué, un peu avant ton arrivée, ici.

- Tu leur as dit quoi ?

- Euh...

- Harry ! »

Alors que le roux s'approchait lentement d'Harry pour lui souffler doucement la réponse à l'oreille, le meilleur ami du survivant accompagné d'Hermione venait de débarquer à son tour, dans la salle à manger.

« Je croyais que tu viendrais nous retrouver dans la chambre que je partage avec Neville.

- Oh, je croyais que tu étais déjà descendu, c'est pour ça et je n'ai pas eu le temps de retourner à l'étage quand je me suis rendu compte que ce n'était pas le cas.

- Au fait, Charlie, je ne t'ai pas encore remercié pour avoir accepté Harry dans ta chambre, j'espère que tu vas bien t'occuper de lui.

- Il n'y a vraiment aucun problème pour moi, je peux t'assurer que je préfère mille fois partager ma chambre avec Harry qu'avec toi... Je suis sûr qu'il ronfle beaucoup moins fort ! »

A l'inverse des garçons qui riaient de bon cœur à la plaisanterie de Charlie, Hermione haussa un sourcil, intriguée, son esprit semblait analyser les dernières paroles de son presque beau-frère. Elle donnait l'impression d'avoir compris quelque chose que son meilleur ami et son petit ami étaient encore loin de soupçonner. Il faut reconnaître que ce n'est pas pour rien qu'elle avait été major de sa promotion avec les meilleurs résultats depuis Albus Dumbledore lui-même. Les jumeaux reprirent de plus bel.

« Charlie, te rends-tu compte du privilège, dormir avec le plus grand sorcier de tous les temps.

J'espère juste que tu sauras bien profiter de la situation et que pour une fois, tu ne contenteras pas de parler de quidditch ou pire de tes 'bébés'. C'est tellement fatigant.

- Barbant, ouais !

- Fred, George, je ne vous permets pas, vous me devez le respect, je suis l'aîné de cette famille en l'absence de Bill.

- Tu parles. »

Charlie fit comme s'il n'avait pas entendu le deuxième jumeau et continua sur un ton badin, fixant Harry de ses grands yeux.

« Harry lui n'avait pas l'air de s'ennuyer quand je lui ai parlé de mes bébés et a même accepté de m'accompagner pour les voir.

- Parce que vous avez vraiment parlé de dragon ?

- Georges !

- Tu me déçois beaucoup, grand frère, je t'aurais cru plus imaginatif. Tu as face à toi, le héros du monde sorcier et tu lui parles dragon. Ridicule ! Je tiens quand même à te rappeler au cas où tu aurais oublié qu'Harry a déjà affronté ces charmantes bestioles et a su s'en sortir par trois fois déjà, je ne crois pas que tu puisses d'une façon ou d'une autre lui apprendre quelque chose dans ce domaine. Tu ne fais vraiment pas honneur à ta réputation franchement. Tu as été le capitaine de l'équipe des Gryffondors trois ans de suite, tu as été le sex-symbol de Poudlard, une sorte de Harry Potter avant l'heure, tu aurais pu lui donner des conseils plus avisés, comme sur les moyens de draguer une fille et de la garder car notre cher 'Ry n'a pas l'air des plus doués pour ça, sauveur ou pas de l'humanité… »

Harry aurait dû être vexé de faire encore l'objet des sarcasmes des Weasley, mais au contraire, il sentit au fond de lui, un poids s'en aller, Charlie draguait des filles, il venait bien de comprendre ça… Fred avait dit 'fille', les trois le faisaient donc marcher, ce n'était rien qu'une autre plaisanterie de mauvais goût. Alors qu'un grand sourire franc s'affichait enfin sur le visage du garçon aux yeux verts, une voix basse et un regard bien trop bleu le fixant avec force le firent tressaillir et à nouveau douter:

« Ne t'inquiète pas pour les conseils, à la fin de ses vacances, Harry saura ABSOLUMENT tout ce que j'aurais jugé bon de lui apprendre. Bien, si vous le souhaitez les jumeaux, je peux vous dire tout ce que je désire enseigner à Harry mais je pense que ce serait peut-être un peu fastidieux alors je préférerai prendre un apéritif en attendant les parents et avant que maman ne nous refasse la morale. »

Toutes les personnes déjà présentes dans cette pièce s'attablèrent alors. Si les jumeaux, Ron et Charlie le faisaient de gaieté de cœur, le brun semblait plus réticent, encore un verre, à ce rythme-là, il risquait de finir légèrement ivre. Fred fit alors apparaître une bouteille contenant un liquide de couleur mauve. Harry n'avait jamais vu un tel liquide auparavant et il craignait le pire lorsqu'il entendit le second jumeau indiquait que c'était une de leurs créations.

« Nous avons envie de diversifier notre entreprise.

- Vous allez vendre de l'alcool ?

- Oui et encore mieux, nous voulons créer nos propres boissons. Voici d'ailleurs, le premier résultat.

- Mais, Molly va être folle de rage.

- Oh toi, Madame la rabat-joie, on te demande rien. Nous avons réussi à faire accepter à maman l'idée des sorciers facétieux, nous arriverons bien avec les sorciers fêtards.

- Elle va vous tuer…

- Ron, s'il te plaît, embrasse ta miss future-ministre de la magie, on ne veut plus l'entendre… »

Contre toute attente, le rouquin, soutien de toujours pour le héros du monde sorcier attrapa le visage de sa dulcinée et l'embrassa fougueusement. Hermione mit quelques secondes pour reprendre son souffle alors que les garçons riaient aux éclats.

« Eh bien, petit frère, merci et au moins, à présent, nous saurons ce que nous aurons à faire pour la faire taire. Après toutes ces années de remontrances, c'était presque temps.

- Ron… Ron, pourquoi tu as fait ça ?

- Tu ne vas pas te plaindre en plus ! Pour une fois qu'il a agi en homme et pas comme… papa ! »

Les yeux foncés d'Hermione lançaient des éclairs meurtriers aux jumeaux. Harry ne les savait pas kamikazes à ce point, la baguette que la jeune surdouée serrait nerveusement lançait des petites étincelles. Charlie ne semblait, quant à lui, guère prêter attention aux joutes entre Hermione et les jumeaux, déjà, il servait un verre de ce liquide inconnu à Harry :

« Ne t'en mêle pas, Harry. Bois, je viens d'y goûter, c'est un peu fort mais ce n'est pas mauvais, en tout cas.

- Euh… Je.

- Tu ne veux même pas un verre ? »

Pourquoi Charlie devait toujours lancer ce regard si droit, si franc ? Harry avait surtout l'habitude de faire face à des regards flagorneurs, trop admiratifs pour être honnête et même parfois de certains de ses proches et il ne savait comment faire. Il se laissa donc tenter et le rouquin versa une bonne rasade de l'alcool. Lorsque le brun frôla de ses lèvres le liquide inconnu, il crut qu'il allait s'étouffer. Charlie avait menti, ce n'était pas qu'un peu fort mais littéralement un tord-boyaux, quelques gouttes avaient suffi à brûler la gorge du petit brun. S'il buvait le verre entier, jamais plus il ne pourrait se relever. En son for intérieur, il priait d'ailleurs pour ne pas avoir à le faire. Le dresseur de dragon lui souffla doucement : 'Alors ?' Harry se rendit compte qu'il avait perdu la capacité à parler, sa langue était bien trop pâteuse alors il se contenta de secouer sa tête, espérant que cela suffirait à l'autre homme. Le clignement d'œil du rouquin le crispa légèrement et au moment où il allait avaler une seconde gorgée, le liquide devint subitement transparent, il avait le goût du jus de mélisse. Hermione se leva brusquement de sa chaise, devant les cinq autres presque choqués, elle hurla presque :

« Ah, vous voilà, tous, on ne vous avait pas entendus. On vous attendait avec impatience, les jumeaux n'ont qu'une hâte, de commencer le repas…

- Vraiment ? »

Molly se demandait ce que sa future bru voulait dire mais n'insista pas. Elle avait éduqué ces garnements et elle savait parfaitement comment ils agissaient. S'ils voulaient manger rapidement, c'était sans doute pour aller s'amuser par la suite. Les quatre nouveaux arrivants se joignirent donc de suite à la tablée. Heureusement, Charlie était prévoyant et il n'avait eu qu'à claquer des doigts pour que le repas apparaisse magiquement. Qu'est-ce qu'il pouvait aimer l'elfe, Médigor que le ministère lui avait laissé gracieusement le temps des vacances de sa famille en Roumanie.

Les conversations reprirent là où elles avaient été arrêtées plutôt dans l'après-midi, les thèmes se succédèrent dans la joie, Kingsley Shakelbolt nommé à la tête du ministère de la magie, le classement du championnat de quidditch avec une équipe bien surprenante, la Magestique du Sussex. Ron avait du mal à cacher son enthousiasme.

« Ils sont incroyables, Charlie. J'espère que tu pourras venir lorsqu'ils affronteront les Canons.

- Pourquoi pas ? Cela fait tellement longtemps que je n'ai pas assisté à un match ! Tu nous accompagnerais, Harry !

- Malheureusement, il ne peut pas, chacune de ses apparitions créent de véritables émeutes, toutes les filles de ce pays rêvent de l'épouser. »

Harry regardait honteusement le fond de son assiette. Charlie dit alors le plus sérieusement du monde :

« Eh bien, tu n'as plus qu'à trouver une moitié et tous tes problèmes seront résolus !

- Tu es fou, Charlie, au contraire il devrait profiter de sa notoriété pour séduire et sortir avec le plus de filles possibles. »

Harry rougissait furieusement tandis que Molly, Hermione hurlèrent le prénom du dernier fils Weasley, dans un même écho. Charlie reprit alors :

« Si tu veux, Ron mais notre petit Harry lui-même n'a pas l'air convaincu, n'est-ce pas ?

- Je…

- Nous te l'avons dit plus tôt grand frère, il ne sait pas s'y prendre avec les filles. Dès qu'il parle à une fille plus de dix minutes, il l'a fait fuir…

- Il a donc une autre possibilité, parler à toutes les filles qui se présentent à lui et hop en trois jours, il redeviendra un simple gamin de dix-sept ans et plus le célibataire le plus prisé de toute l'Angleterre. »

Harry souffla tandis que les jumeaux ricanaient. Pourquoi, depuis un mois, tout le monde, et notamment Ron et les jumeaux, le harcelait sur le fait qu'il soit célibataire ? Ce n'était pas drôle, le problème était que dès qu'il voyait quelqu'un le draguait ouvertement, il se demandait toujours si c'était sincère et malheureusement, la réponse jusqu'à aujourd'hui était toujours 'non'. Le brun avait envie d'étrangler les jumeaux, de les faire souffrir tel une Bellatrix Lestrange.

« Je crois Fred et George que vous devriez vous arrêter à présent sinon vous allez bientôt le regretter. »

Harry fixa de ses grands yeux verts l'homme au catogan qui était à ses côtés. Il paraissait tellement posé par rapport aux jumeaux ou à Ron, il est vrai qu'il avait près de sept ans de plus que lui et que dès ses dix-huit ans, il avait quitté l'Angleterre pour devenir dresseur de dragons, cela devait forger le caractère. Le reste du repas se déroula dans une ambiance bonne enfant tout comme le premier toast durant l'après-midi. Fred et George formaient déjà les équipes de quidditch pour demain. Ginny et Hermione n'avaient qu'une hâte découvrir le château du Comte Dracula, premier vampire connu des moldus.

« Et toi, Harry, tu veux faire quelque chose de particulier, autre que venir au centre de dressage, bien sûr. »

Charlie avait eu le mérite de sortir le brun de sa rêverie, celui-ci ne s'en était pas réellement rendu compte mais au fur et à mesure, il s'était enfermé dans un doux silence, préférant observer ses différents proches, Ron, Hermione, Neville… Charlie.

« Moi ? Je ne sais pas vraiment. Aller au château du comte Dracula ou jouer au quidditch, peu m'importe du moment que je me repose. »

Charlie tiqua légèrement quand il écouta le brun et ceci n'échappa pas à Harry qui avait l'impression que le roux était désappointé par sa réponse. Le plus jeune souffla alors à l'intention du dresseur de dragons, de sorte que seul ce dernier puisse comprendre.

« Il y a quelque chose qui ne va pas ?

- Non, rien, c'est juste que je me demande vraiment ce que tu veux. Tu n'as fait que répéter ce que les autres ont déjà dit. Tu me le dirais si tu ne voulais pas aller au centre de dressage ? »

Personne ne faisait attention à ce que se murmuraient Harry et Charlie, sauf peut-être les jumeaux mais pour l'instant ils étaient trop occupés à persuader leur père de participer au match.

« Je… je le souhaite vraiment. C'est que jusqu'à encore un mois, je n'ai jamais eu vraiment de vie à moi, j'avais un rôle, une mission à accomplir et pour l'instant, tout est un peu flou et même pour les trucs les plus faciles de la terre, comment savoir si on veut jouer au quidditch, j'ai parfois du mal à me décider.

- Je comprends… Tu dois te rassurer, prendre du recul et je serai là. Ne t'inquiète pas. »

Après ces quelques paroles réconfortantes, Harry sourit et se mit lui aussi en devoir de persuader Mr Weasley de participer au match. Quand onze heures sonnèrent à l'horloge magique, le brun avait été le premier à dire qu'il retournait dans la chambre, la journée avait été longue et le transplanage sur plusieurs fuseaux horaires l'avait littéralement épuisé. Alors qu'il pensait que Charlie resterait à parler avec les autres, il annonça de suite :

« Désolé tout le monde mais je crois que je vais y aller moi aussi. Je ne veux pas déranger notre héros.

- Non, reste avec ta famille.

- Pas de problème, vraiment. »

Tandis qu'ils remontaient l'escalier, Harry se frotta les yeux comme un enfant sur le point de voir le marchand de sable, cela n'échappa pas au dresseur de dragons qui sourit tendrement.

« Effectivement, tu as vraiment besoin de te reposer.

- J'ai parfois du mal à dormir, c'est pour ça. »

Charlie eut le tact de ne rien rajouter, il savait déjà que le héros national souffrait de cauchemars récurrents, il l'avait appris après l'attaque du serpent de Voldemort contre son père et apparemment sa victoire contre ce dernier n'avait pas changé cet état de fait. Leur arrivée dans la chambre se fit dans un silence tout relatif, les piaillements suraigus de la chouette furent assez douloureux pour les pauvres oreilles des deux garçons. Harry s'était en effet aussitôt précipité vers le perchoir du volatile et caressait doucement la tête de son animal pour la calmer.

« Hedwige, oh, je suis désolé, j'ai oublié, je vais t'ouvrir la fenêtre. »

Hedwige se mit à voltiger autour du corps de son propriétaire qui à son tour riait, le roux observait cette scène des plus surprenantes et charmantes. Lorsque enfin Harry ouvrit la fenêtre, son coup de fatigue semblait nettement plus lointain, il regardait avec toujours autant de plaisir l'oiseau voler en toute liberté, vers l'horizon et partir à la recherche de nourriture. Et puis, il imaginait déjà quand Hedwige reviendrait aux premières heures du jour demain, frappant contre le carreau. Tout d'un coup, Harry fut pris d'un doute, il devrait peut-être prévenir Charlie, il se retourna vivement et rentra en contact avec le frère de son meilleur ami qui en vérité s'était approché tout doucement du brun.

« Aïe… Oups, Charlie, je… je suis…

- Si tu t'excuses pour ça, je te jette par la fenêtre, compris ?

- Je… Oui.

- Pourquoi tu t'es retourné aussi brusquement ? Ce n'est pas que je regrette ce contact des plus agréables. »

Harry continua sur sa lancée sans prêter réellement attention aux dernières paroles.

« Je viens de me dire… Hedwige, j'aurai dû la laisser ailleurs, elle risque de te déranger demain matin.

- Cesse donc de te faire du souci pour rien. Je travaille avec des animaux et je savais les désagréments quand tu as installé le perchoir ici mais je m'en fiche et tu devrais en faire autant. Et surtout ne me réponds rien. »

Harry tout perdu se contenta donc de baisser les yeux avant d'ajouter qu'il devait aller à la salle de bain, sous le regard intrigué du rouquin. Il ne revint que vingt minutes plus tard, il portait un tee-shirt et un caleçon, les deux vestiges de ses années chez les Dursley étaient bien trop grands. Lorsqu'il ouvrit la porte, il vit Charlie qui était sur son lit non défait, le dresseur de dragons n'était vêtu que d'un boxer rouge et lisait un épais livre dont il ne pouvait lire le titre. Par contre, Harry vit très nettement le regard bleu s'égarait sur la portion de peau de ses jambes ainsi dévoilées. Il devait en avoir le cœur, depuis son arrivée, il avait vraiment l'impression que Charlie le draguait. Harry respira à fond puis finit après avoir fermé les yeux par se lancer.

« Tu n'as pas fini tout à l'heure…

- Quoi, Harry ? Je ne comprends pas.

- Tu allais me dire ce que tu as raconté aux jumeaux mais Ron est arrivé…

- Ah ! Ca… »

Le brun avait gardé obstinément les yeux fermés mais il avait entendu les ressorts du lit, il savait que l'autre homme s'était levé. Le dresseur de dragons était à présent, tout contre lui, le plus jeune pouvait sentir la chaleur du corps de Charlie. Il se rendit compte qu'il tremblait légèrement de peur de savoir le fond de la pensée du rouquin. La voix de Charlie était chaude, il sentait sa bouche tout contre son oreille.

« Je leur ai dit que j'étais très intéressé par toi, Harry. »

Le brun ouvrit les yeux sous le choc et cela provoqua le rire de Charlie.

« Quoi ? Mais on se connaît à peine.

- Disons que la première fois que je t'ai vu, j'ai tout de suite été attiré.

- J'avais quinze ans !

- Et moi, 22, cela ne change rien.

- Mais je suis un homme et les jumeaux ont dit que tu sortais avec des filles !

- Disons qu'en t'attendant, j'ai papillonné un peu partout. »

Toutes ces révélations d'un coup étaient trop pour Harry, il était soufflé.

« Pourquoi je ne m'en suis pas rendu compte avant ?

- Je ne voulais pas être un poids pour toi, tant que tu n'avais pas vaincu Voldemort et puis tu sortais avec ma petite sœur ! Mais, à présent tout est différent, tu es célibataire et tu n'as plus Voldemort à tuer.

- Je…

- Tu es trop mignon quand tu te poses mille questions, tu sais ça ? »

Devant le manque de réaction du brun, l'autre continua comme si de rien n'était.

« Ne t'inquiète pas, je ne te ferais rien ce soir, mais ma mission est de te faire accepter l'idée d'une relation en quinze jours. Et c'est toi qui me demanderas à ce que je t'embrasse et même plus et j'y arriverai, crois-moi. »

Et sans crier gare, il posa ses lèvres, sur le bout du nez du charmant brun avant de s'en aller hilare. Une fois, dans son lit, il prononça un simple 'nox' alors qu'Harry était encore, au milieu de la chambre, hagard, se demandant comment allait se dérouler les quinze prochains jours.

A suivre…