Eh vouii… Coucou tout le monde, vous ne rêvez pas, c'est bien un nouveau chapitre de l'homme qui murmurait à l'oreille des dragons. Je sais ça faisait longtemps et j'en suis navrée mais c'était difficile de faire autrement.
La dernière fois, Charlie avait gagné et avait obtenu le droit de se promener avec Harry mais est-ce que cela a fonctionné…
Bonne lecture et encore merci pour toutes les reviews dont les anonymes à qui je ne peux répondre.
P.S : Pour celles ou ceux qui la suivent, le prochain chapitre devrait être 'un été inoubliable' au mieux dans deux semaines. Merci de votre compréhension.
Chapitre 6 : A la recherche du vampire
Charlie descendait les escaliers en bois avec bruit, il grommelait dans sa barbe rousse, naissante. Ce n'était pas encore pour ce matin. Qu'est-ce qui avait bien pu lui passer par la tête pour promettre à Harry de ne plus entrer dans la salle de bain tant que le garçon ne le souhaiterait pas ? Il secoua la tête d'un air dépité, décidément Harry le rendait totalement stupide. Arrivé dans la salle à manger, il était toujours aussi morose. Il se contenta de foncer directement à sa place habituelle sans même prendre le temps d'aller se verser un verre de jus d'orange, pourtant le pichet l'attendait bien sagement sur le bar en bois. Enfin assis, il se prit la tête entre ses mains. Personne n'était encore arrivé. Il aurait donc très bien pu rester un peu plus là-haut, en tête-à-tête avec Harry. Il n'aurait jamais dû abdiquer aussi facilement.
Au grand dam de Charlie, les jumeaux furent les premiers à faire leur apparition dans la salle à manger. A sa vue légèrement déconfite, les directeurs du plus grand magasin de farces et attrapes du monde sorcier ricanèrent. Ils s'approchèrent à grands pas et s'assirent des deux côtés de Charlie :
« Hello, frangin. Tout va bien ? dit d'un air nonchalant George. Tu m'as l'air un peu… Fred aide-moi à trouver le bon terme…
- Je dirais… frustré.
- C'est exactement ça, tu as totalement raison, Fred. Cher grand frère, tu m'as l'air bien frustré, notre petit survivant se rebifferait-il à ton autorité ?
- Vous deux, je ne vous ai pas sonné.
- Rhoo, il ne faut pas dire de telles méchancetés à ses frères adorés, ce n'est pas gentil.
- Nous ne souhaitons que la réussite de ton plan.
- Si vous croyez que je vais tout vous raconter, n'y comptez même pas.
- Eh bien… Eh bien, tu me sembles bien susceptible ce matin.
- Non, j'en ai juste assez de vos sempiternels sarcasmes.
- Nous, sarcastiques ? Voyons, loin de nous cette idée, nous nous inquiétons seulement pour toi ! Il ne te reste plus que 11 jours, 6 heures, 24 minutes, on te fait grâce des quelques secondes, avant le départ d'Harry vers l'Angleterre et nous avons l'impression que ton opération séduction a pour l'instant échoué sur toute la ligne !
- Pas du tout ! se rembrunit le garçon au catogan.
- Ah bon ? Vous seriez enfin passé à plus d'action la nuit dernière ? Etrange… Tu as entendu des bruits suspects provenant de leur chambre, Georges car pour ma part, je n'ai absolument rien entendu. Le calme plat, le désert, le néant… »
Fred finit sa phrase dans un ricanement. Il joua alors de sa baguette et prononça un tonitruant 'Accio jus d'orange.' Le pichet se souleva du bar et s'envola précautionneusement en direction de la table.
« Frérot, plus sérieusement, dis-nous tout, je suis sûr que nous pouvons t'aider.
Charlie hésita de longues secondes mais finit tout de même par se lancer :
« Eh bien, depuis deux jours, nous parlons beaucoup, de tout et de rien. Je peux vous assurer que nous nous entendons très bien mais dès que j'essaie de me rapprocher de lui. Il fuit tel un animal apeuré.
- Tu n'as toujours pas compris. On parle d'Harry Potter, notre Survivant adoré. Il est certes le meilleur sorcier vivant, il n'en est pas moins un gamin de dix-sept ans, totalement paumé. »
Charlie regarda Georges comme s'il le voyait pour la première fois. Depuis quand pouvait-il tenir un raisonnement sensé ? Charlie venait-il de tomber dans la quatrième dimension ?
« Je suis sérieux, Charlie. Ginny a dû en tout et pour tout, sortir quatre, cinq fois avec lui et encore et ce fut compliqué, crois-nous.
- Mais justement, il est quand même sorti avec Ginny, il n'est pas… totalement novice. »
Fred faillit s'étouffer lorsqu'il entendit le dresseur de dragons. Ne pouvant encore s'exprimer correctement, Georges continua à sa place :
« Mais bien sûr et au final, c'est pour ça que Ginny a choisi le plus gentil mais surtout le plus godichon de tous les Gryffondors. Cela ne te met pas la puce à l'oreille. »
Charlie souffla :
« Tu veux dire que… »
George et Fred se contentèrent d'hocher la tête de haut en bas, silencieusement.
« Vous plaisantez ?
- Nous, plaisanter sur notre Harry chou ? Tu nous connais mieux que ça, grand frère. »
Charlie enfonça un peu plus sa tête entre ses mains.
« Voyons grand frère, ne te décourage pas. Nous sommes là et nous allons t'aider. »
Ces quelques mots sensés le réconforter ne l'en inquiétait que davantage.
« Après tout ce que ce gamin a fait pour nous, nous pouvons bien l'aider dans sa vie à trouver l'amour, surenchérit George. Si tu veux, nous pouvons jeter un sort de rejet sur son lit et comme ça il sera obligé de partager ta couche. N'est-ce pas une bonne idée ?
- Ou alors il demandera asile dans la chambre de Neville et Ron ! Ne faites surtout rien de la sorte, je vous en conjure, sinon vous risquez de tout faire rater !
- C'est vrai que cela a l'air tellement bien engagé, soupira Fred qui but avec bruit une nouvelle gorgée de jus d'orange. Et au fait, tu t'y es pris comment pour l'instant avec Harry ? »
Charlie murmura tout bas 'Suis-je donc maudit ?' En effet c'était à cette seconde précise que son brun décida de faire son apparition. Harry s'arrêta dans l'encadrement de la porte lorsqu'il vit les trois autres le fixer étrangement. Il n'avait heureusement pour les frères Weasley rien entendu de compromettant mais il avait l'impression très désagréable d'arriver au plus mauvais moment, enfin un peu comme d'habitude. Que pouvaient bien tramer les trois frères ? Il se racla la gorge avant de prendre place en face du dresseur de dragons, il était assurément embarrassé mais il était hors de question qui le laisse paraître.
« Fred, Georges, bonjour. »
La voix s'était voulue sûre et pleine d'allant mais apparemment, au regard goguenard que lui lançaient les jumeaux, Harry avait lamentablement échoué.
« Hello, Harry-chou. Bien reposé ?
Oui, très bien, merci. »
Le regard du brun passait sans cesse d'un Weasley à un autre. Sa gorge était totalement desséchée et résigné, il finit par siroter silencieusement la limonade qu'il venait d'invoquer. Fred lui sourit et s'adressa au brun, l'air toujours aussi taquin et ironique :
« Tu commences à prendre tes marques ici ? Tu pourrais peut-être envisager de rester un peu plus longtemps pour t'éloigner de tous ces vautours de journalistes et tout particulièrement de notre chère Rita Skeeter. Je suis persuadé que Charlie n'attend que ça. »
Le clin d'œil peu discret que Fred décocha à Charlie fit rire à gorge déployée Georges mais nettement moins les deux autres garçons qui subissaient les blagues idiotes des jumeaux. Harry décida de ne pas s'en laisser compter pour une fois et répondit assez froidement :
« Je ne crois pas. A vrai dire, j'ai d'autres projets que je compte bien réaliser dès mon retour en Angleterre. »
Harry avait parlé tout en regardant bien en face Charlie. Il ne comprenait pas l'entêtement de Fred et George à faire sans arrêt, ce type de réflexion devant lui. Enfin, pas totalement. Harry savait que ce harcèlement n'était rien d'autre qu'un moyen pour aider leur grand frère. Dans un sens, il trouvait ça vraiment touchant que les jumeaux veuillent aider le plus grand et cela expliquait aussi en grande partie pourquoi il ne leur en tenait pas rigueur mais d'un autre côté, ils étaient tellement lourds que la chance qu'il voie d'un autre œil Charlie grâce à eux était des plus ténues. Ce cheminement d'esprit était bien au-dessus des capacités des deux frères qui reprirent aussitôt :
« Et c'est quoi ces 'projets' ? Avoir enfin une relation plus qu'amicale avec une fille ? Tu te rends compte des dizaines de milliers de jeunes filles et garçons que tu vas plonger dans le plus vif désespoir.
- Fred, George, je crois que ça suffit à présent. »
Charlie était sorti de son mutisme et tenait ses poings serrés. Il reconnaissait qu'il était parti un peu la fleur au fusil, sans doute trop heureux de pouvoir enfin avouer ses sentiments tus depuis tellement de temps mais là, après le premier refus qu'il avait essuyé, il était hors de question que quelque chose vienne se mettre en travers de son chemin et du but qu'il s'est fixé. Et pour l'instant, son premier problème était les jumeaux qui voulaient l'aider. Charlie mettait, bien sûr, à leur décharge qu'ils avaient dû supporter ses questions intempestives sur Harry, tellement souvent qu'ils ne devaient souhaiter qu'une seule chose qu'il arrive enfin, à ses fins pour mettre un terme à ses interrogatoires.
« Tu n'es pas d'accord avec nous, frérot ? Tu ne trouverais pas ça décevant si NOTRE Harry sortait avec une greluche quelconque, sans aucun intérêt, au détriment d'autres personnes plus…
- Intéressantes, finit George. »
Charlie regardait Harry, droit dans les yeux. Le brun en faisait tout autant, il semblait plonger au fond du regard bleu électrique. Il se demandait ce que le dresseur de dragons allait répondre et il n'était pas le seul à attendre. Le Survivant fut néanmoins plus que surpris de la réponse.
« Je n'ai pas non plus trop le choix. Harry fera bien ce qu'il souhaitera et s'il se découvre une passion pour une parfaite jeune fille anglaise et bien soit, je n'ai aucunement l'intention de faire quoi que ce soit pour m'opposer à son choix.
- Et tu penses que nous allons te croire. Nous t'avons…
- Pff... Arrêtez à présent, rétorqua sèchement le rouquin. Vous pourrez continuer de vous moquer de moi tout à loisir mais après le petit-déjeuner. Pour l'instant, j'entends des bruits ; je pense que les autres ne vont pas tarder à arriver et je ne crois pas qu'Harry veuille que nous continuions cette conversation devant le reste de la famille. »
Effectivement, les autres habitants du chalet débarquèrent tous ensemble quelques secondes plus tard. Ils apportaient avec eux la joie de vivre et la bonne humeur qui faisait alors tant défaut à Charlie et à Harry. Ginny et Hermione bavardaient joyeusement, elles étaient toutes les deux, dans tous leurs états. Aujourd'hui, ils allaient visiter le château du Comte Dracula et elles avaient le vain espoir de l'entrapercevoir. Après tout, personne ne savait exactement ce que le vampire était devenu et elles comptaient bien résoudre ce mystère en visitant le château.
« … Tu crois que nous le verrons ?
- Evidemment, j'ai emprunté à la bibliothèque un ouvrage très sérieux, sur le mythe de Dracula et les auteurs sont persuadés qu'il est encore vivant et qu'il habite dans une pièce cachée du château.
- Ce ne sont que des idioties pour des jeunes filles en mal de sensation forte, répondirent les jumeaux.
- Non, c'est très sérieux. Ils ont même donné des pistes pour toute personne qui voudrait le retrouver.
- Hein ? s'inquiéta Ron. Tu plaisantes, j'espère, tu ne veux tout de même pas qu'on parte à la recherche de Dracula.
- Et pourquoi pas ? demanda Ginny.
- C'est, c'est… un vampire. Nous n'avons rien à lui dire. »
Le rouquin avait légèrement verdi lorsqu'il avait entendu sa petite-amie tellement enthousiaste et persuadée de pouvoir croiser le vampire le plus célèbre du monde.
« Voyons, Ron, n'es pas peur. Ta charmante Hermione te sauvera toujours, en cas de besoin. rigola George.
- Le prince charmant sauvé par la princesse… Tu ne te sens pas diminué dans ta virilité et ton amour-propre, Ronnynouchet. »
Les jumeaux avaient enfin changé de proie, revenant sur l'une de leur cible préférée. Si la plupart des invités s'étaient amusés devant l'intervention de Fred et George, Harry et Charlie n'y prêtaient guère attention. Le Survivant n'avait toujours pas quitté des yeux l'autre jeune homme et ne semblait pas enclin à s'arrêter comme s'ils étaient seuls, dans un autre espace-temps. Le brun était toujours aussi perdu et perplexe, Charlie lui paraissait être une véritable énigme qu'il avait le plus grand mal à déchiffrer. Il était borné et têtu, qualités propres à tout membre de la famille Weasley mais également intrigant et espiègle. Cependant, il avait été froid, presque distant quand il avait répondu qu'Harry pourrait finir avec qui bon lui semblerait. Il avait tenu jusqu'à présent des propos très exactement à l'opposé, sûr du fait qu'Harry n'était fait que pour lui et pour personne d'autre. Malgré l'interrogation muette dans les yeux d'Harry, Charlie n'en desserra pas pour autant la mâchoire, toujours aussi renfrogné. Il resta ainsi, ne répondant que d'un air distrait et le plus souvent par simples onomatopées lorsqu'on le questionnait.
Bien vite, arriva le moment de se rendre au château. Toute la famille à l'exceptée de Molly et Arthur qui préféraient profiter de la campagne avoisinante se rendirent au portoloin local, le plus proche. Il était à environ deux kilomètres du chalet et durant le trajet, Harry était plus que surpris, Charlie ne lui prêtait aucune attention. Même s'il aurait dû s'en réjouir, le brun n'était pas satisfait, ne comprenant pas le changement soudain d'attitude du dresseur de dragons à son égard.
La nuit dernière, tout s'était bien passé, ils avaient longuement parlé de choses et d'autres, un peu comme ils avaient pris l'habitude de le faire au cours de leur ballade quotidienne qu'Harry commençait à apprécier. Mais ce matin, Charlie s'était levé et tout avait été de travers. Alors qu'il s'était dirigé vers la salle de bain, Charlie l'avait rattrapé et l'avait serré dans ses bras puissants. Le Survivant avait eu l'impression qu'il ne pourrait jamais se libérer et lorsque Charlie lui avait demandé au creux de l'oreille s'il acceptait qu'il puisse venir avec lui, il s'était détaché et avait refusé catégoriquement, prétextant qu'il ne se sentait pas encore prêt. Lorsqu'il était sorti finalement de la salle de bain, il s'était retrouvé seul dans la chambre, Charlie était déjà parti rejoindre les autres, sans lui adresser le moindre mot et depuis lors, le dresseur de dragons faisait clairement la tête.
Harry frappa du pied une touffe d'herbe un peu plus consistante, de colère. Pour qui se prenait ce foutu dresseur de dragons à la fin ?
« Ca va, vieux ? demanda Ron visiblement inquiet.
- Euh, oui, Ron. Excuse-moi, je me suis juste laissé emporter mais il n'y a aucun problème. »
Le rouquin qui tenait avec force la main de sa petite-amie soupira visiblement soulagé.
« Tu es vraiment sûr ? Non, car tu as l'air de ne pas aller très bien et si tu veux, on peut remettre la visite du château à demain, si tu préfères.
- Non, non. Je t'assure, tout va très bien. »
Harry avait dû légèrement détourner la tête lorsqu'il avait senti le regard d'Hermione l'examinant de la tête aux pieds mais il fit sa tête de mule et préféra faire comme Charlie et s'enfermait dans un silence salvateur. Le portoloin était un vieux téléphone moldu à cadran. Il n'avait pas dû être utilisé pour sa fonction première depuis environ cinquante ans, tellement il paraissait rouillé et hors d'usage. Ginny courait littéralement, impatiente de découvrir ce haut lieu magique.
« Vite, vite, dépêchez-vous, sinon, on risque de manquer le prochain départ, il est annoncé pour dans une minute ! »
Tous s'approchèrent de l'objet si misérable. Harry était persuadé que Charlie profiterait de cette occasion et se mettrait à ses côtés. Lorsqu'il vit le rouquin prendre place entre Ginny et Ron, ce sentiment de colère envers le fils cadet des Weasley se renforça, d'autant plus qu'Harry crut voir un scintillement dans les yeux bleus durant une fraction de seconde quand leurs regards se croisèrent. L'atterrissage d'Harry fut tout aussi pitoyable et douloureux que lors de son arrivée en Roumanie mais cette fois personne ne vint l'aider à se relever, le Survivant jeta un regard des plus incrédules au dresseur de dragons qui haussa simplement les épaules, d'un air impuissant.
Malheureusement, le garçon n'eut pas l'occasion de se rapprocher de Charlie, il fut interrompu par la voix très lugubre d'une femme, qui résonna alors dans ses oreilles :
« Les différents groupes de sorciers sont priés de rejoindre le point de départ en suivant les flèches bleues. Veuillez faire très attention, à ne pas vous perdre malgré le brouillard. Sachez qu'en cas de blessure ou morsure d'un membre visiteur les dirigeants du parc ne pourront être tenus pour responsables.
- Comment ? gémirent ensemble Ron et Neville. »
Les jumeaux ricanèrent et crièrent « poules mouillées » de façon peu discrète, ce qui leur valut deux baguettes menaçantes de la part d'Hermione et Ginny, juste en face de leur visage.
« Au moins, on sait qui porte la culotte dans vos couples.
- Chauvinus…
- Arrête, Ginny, ces deux balourds n'en valent même la peine. »
Le dresseur de dragons étaitenfin sorti de son mutisme. Il avait levé la baguette de son unique sœur qui semblait prête à en découdre avec Fred et George. Charlie après avoir souri à Ginny fusilla du regard les jumeaux puis poursuivit son chemin, suivant la flèche bleue apparue au milieu du ciel gris. Heureusement, le petit incident à l'arrivée n'avait pas laissé de trace durable, tous les autres membres de la famille Weasley savait à quoi s'en tenir avec les jumeaux et c'était ainsi que quelques minutes plus tard, toute la joyeuse équipée se parlait chaleureusement tandis qu'ils s'approchaient aux bords d'un château des plus lugubres, entouré d'une brume blanche, persistante. Charlie quant à lui semblait toujours avoir l'esprit ailleurs.
La température s'était nettement rafraîchie à l'approche du château. Harry avait alors frissonné, lui valant une remontrance d'Hermione :
« Je t'avais pourtant prévenu de faire attention, nous sommes dans les Carpates et pas à la plage.
- Je sais, pas la peine d'en rajouter.
- Peut-être, mais, si tu as le malheur d'attraper ne serait-ce qu'un léger rhume, Molly risque de nous en tenir pour responsable Ginny et moi car c'est nous qui avons insisté pour visiter le château.
- Je vais me jeter un sort de réchauffement. Ca ira comme ça ? »
Cette dernière réplique valut à ce cher Survivant un reniflement peu aimable de la part de sa meilleure amie. Quand ils traversèrent le pont-levis qui permettait d'accéder au château, en plus de leur petit groupe, on pouvait dénombrer une dizaine d'autres sorciers partis à la recherche du mystérieux vampire et qui heureusement pour Harry ne prêtait aucune attention à leur groupe. Ils finirent toutefois par arriver dans le hall d'entrée, après plus d'un quart d'heure à marcher dans le froid et l'humidité et la plupart en était soulagée. Ce n'était pas le cas d'Harry qui comme la première fois où il était entré dans Poudlard, se sentait gêné, embarrassé. Pour être tout à fait honnête, cependant, l'endroit n'était peut-être pas la seule explication, il était totalement obnubilé par la froideur de Charlie à son égard.
Alors que la plupart des sorciers regardait les tableaux immenses qui représentaient les heures de gloire du vampire, Hermione fit apparaître magiquement un plan du site qu'elle avait déjà étudié. Elle retroussa ses manches, commença alors à parler comme si elle entrait à nouveau en guerre :
« Alors, voilà, d'après Gallinium, l'auteur du livre, l'une des pièces principales permet d'atteindre une cachette où résiderait Dracula. »
La jeune femme désigna à ses amis les endroits susceptibles d'être les portes d'entrée vers le vampire. Il y avait en tout quatre salles, une en direction de l'est, une tournée vers l'ouest, une vers le nord et enfin, une vers le sud.
« Je me demande si cela ne serait pas judicieux de se séparer pour fouiller minutieusement chacune de ces pièces, sinon nous n'aurons jamais le temps de faire tout le château, il est tellement immense.
- Mais, chérie, on s'en fiche de retrouver le Comte Dracula. On pourrait rester en groupe et s'amuser tous ensemble. Je… »
Le pauvre Ron n'eut pas le temps de poursuivre sa démonstration. Les jumeaux s'étaient regardés et de ce regard muet, ils venaient d'ourdir un plan génial que eux seuls étaient capables d'imaginer. Ils interrompirent donc tout net leur petit frère, leur indicible sourire vissé aux lèvres.
« Mais, non, Hermione a tout à fait raison. Nous sommes huit et il y a quatre pièces à visiter soit quatre groupes de deux. T'es d'accord avec moi, George ?
- Tout à fait, Fred et logiquement, nous n'allons pas séparer nos petits couples… Donc naturellement, Hermione avec Ronnynouchet, Ginny avec Neville et comme tout le monde sait bien qu'il ne faut jamais séparer des jumeaux, Harry devra fouiller le château avec… Charlie. »
Les deux dernières personnes désignées faisaient clairement la moue. Harry n'avait aucune intention de partir à la chasse au dahu, il n'en voyait aucun intérêt. Mais avant qu'il puisse protester, Fred reprit :
« Bon, comme apparemment, tout le monde est d'accord. Je propose que nos petits couples s'occupent du bureau et de la salle à vivre de ce cher Draculito. Nous nous chargerons de la bibliothèque et cela laisse donc la chambre à coucher pour Harry et Charlie. »
Le Survivant avait l'impression d'être devenu plus rouge qu'une tomate sous les regards goguenards que lui lançaient les jumeaux. Hermione ravie que pour une fois les jumeaux ne se moquent pas de l'une de ses idées approuva instantanément ce plan de bataille sans prêter attention à Harry.
Pendant quelques minutes, les jeunes gens marchèrent ensemble le long d'un immense couloir qui aboutissait à un autre hall. Ainsi, ils purent tous ensemble admirés la magnificence des tableaux, Ginny et Hermione avaient même été jusqu'à pousser quelques cris d'excitation. Harry n'avait pu résister et avait passé sa main sur le riche velours bordeaux qui tapissait les murs. Il n'avait eu de cesse de jeter des regards furtifs à Charlie pour y voir un changement mais apparemment ce n'était pas encore à l'ordre du jour. Harry avait d'ailleurs ralenti son pas, il avait le vœu pieu de retarder au maximum le moment où il se retrouverait seul face au dresseur de dragons. Enfin le petit groupe pénétra dans une petite pièce circulaire d'où partaient quatre couloirs lugubres qui amenaient vers les pièces principales du château. La même voix qu'à leur arrivée leur indiqua d'un ton toujours aussi monotone :
« Vous êtes ici, dans la salle dite la pièce étoilée, carrefour qui permet d'accéder aux différentes salles du château. Vous pouvez voir sur les murs les portraits des plus hauts représentants de la lignée. »
Et de fait, Harry frissonna à la vue de tous ces hommes glaciaux, cruels, à la peau aussi pâle que celle de Malefoy. Il se demandait vraiment comment les filles pouvaient trouver charmant ce type de personne. L'âme féminine lui serait à jamais hermétique. Après avoir passé encore quelques minutes à flâner dans cette salle et à s'imprégner de l'environnement, les différents couples se séparèrent, prenant chacun un couloir différent, suivant avec précision les ordres d'Hermione qui leur avait fixé rendez-vous dans une heure au plus tard dans cette fameuse pièce étoilée.
La chambre était située en direction du nord. Le rouge du mur s'estompait peu à peu pour laisser la place à du gris foncé. Harry soupira, les lieux étaient vraiment des plus sombres et froids, les fenêtres pouvant laisser passer la lumière du jour se faisant à juste titre plutôt rare. Il se demandait sérieusement, s'il n'aurait pas mieux fait de rester en compagnie de Molly et Arthur lorsqu'il arriva dans la pièce. Il n'y avait personne d'autre à l'intérieur de la chambre du vampire, seule LA voix leur rappela les règles d'usage à leur entrée. Charlie ne semblait pas prêter la moindre attention à Harry. Il passait sa main sur les murs comme s'il espérait trouver un mécanisme ou une porte secrète. Le Survivant en avait plus qu'assez et se lança :
« Tu crois vraiment que nous allons trouver quelque chose ?
- Non, mais je dois bien m'occuper…
- Je… Je ne comprends pas.
- Il faut vérifier si nous ne trouvons pas de passage secret, pouvant nous amener à faire la découverte du siècle.
- Ce n'est pas ce que je voulais dire. Tu sais bien…
- Non. »
Charlie faisait le tour scrutant le moindre recoin. Il ne prêtait absolument aucune attention au brun qui étrangement ne savait pas composer avec ce changement d'attitude. Harry se balançait d'une jambe sur l'autre, l'air penaud.
« Pourquoi es-tu en colère contre moi ?
- Je ne suis pas en colère, je cherche.
- Depuis que je suis descendu, tu fais la tête. »
L'homme au catogan daigna enfin se tourner vers le Survivant.
« Et quel est le problème ?
- Je… Je ne sais pas. »
Comme pour calmer sa nervosité, Harry remonta ses lunettes qui glissaient sur son nez. Sincèrement, il ne comprenait vraiment pas pourquoi cela le gênait à présent que Charlie ne s'intéresse plus à lui. Charlie sourit à la vue du gamin.
« Que ressens-tu, Harry ? Enfin, je veux dire, que ressens-tu vraiment pour moi ?
- Euh…
- Corrige-moi si je me trompe. J'ai l'impression qu'on s'entend bien. J'ai adoré parler dressage et magie avec toi, durant des heures mais dès que je me rapproche, tu fuis. Ce matin, tu m'as clairement rejeté lorsque je t'ai pris dans mes bras. Après tu as répondu assez froidement lorsque les jumeaux t'ont interrogé à mon propos et tu t'étonnes que je fasse la tête.
- Je…
- Moi aussi, il y a une chose que je ne comprends pas, tu devrais plutôt être content que je te laisse tranquille. Alors quel est le problème, dis-moi ? »
Le regard bleu lançait comme des éclairs. Harry l'avait cherché mais à présent, il regrettait d'avoir lancé le sujet. Il avait ouvert la boite de Pandore et il n'avait aucune idée du moyen pour la refermer. Le Survivant ne put supporter le regard chaud de Charlie très longtemps et baissa rapidement les yeux, vaincu.
« Harry ! Réponds-moi. Si tu m'as parlé de ma mauvaise humeur, admets que c'est parce que je ne te suis pas indifférent. Je t'ai bien regardé de toute manière, depuis ce matin et tu ne m'as pas lâché des yeux, alors…
- Quoi ? Je tiens à toi. C'est normal, tu es le frère de mon meilleur ami, je vis pour ainsi dire vingt-quatre heures sur vingt-quatre avec toi, depuis plusieurs jours déjà.
- Enfin tu le reconnais.
- Pardon ?
- Tu viens de le dire, tu tiens à moi.
- Non… Ce n'est pas…
- Si, tu tiens à moi, tu apprécies que je m'intéresse à toi, tu apprécies les moments que nous passons ensemble. Et puis, je sais déjà que tu me trouves beau.
- Mais je n'ai jamais pensé ça, s'entêta le Survivant. »
Le regard sarcastique que lui lança Charlie fit rougir Harry jusqu'à la pointe de ses cheveux.
« Pp... Peut-être, une fois, finit par reconnaître à voix basse le brun, quelques secondes plus tard. »
Charlie sourit. Il avait réussi, ENFIN. Il avait l'impression d'avancer et pourtant il n'aurait pas cru cela possible encore quelques heures plus tôt. Harry était un tel mystère pour lui, il était mignon, charmant mais aussi tellement versatile, timide et peu sûr de lui. Lorsque le roux avait boudé, ne lui adressant plus la parole, il avait vraiment vu le brun douter. Cela avait été la preuve que Charlie attendait depuis des jours, Harry n'était pas indifférent, il avait alors décidé de jouer le tout pour le tout, d'attendre que le brun l'interroge, ce qu'il ne manquerait pas de faire puis de forcer un peu le destin pour obtenir une réponse.
Le garçon paraissait ébahi par ce qu'il venait de reconnaître à mi-mot depuis quelques minutes.
« Tu es fier de toi ? demanda Harry avec une virulence que Charlie ne lui savait pas capable.
- Pas totalement, répondit avec bonne humeur le dresseur de dragons. Quand une personne se déclare intéressée par une autre, souvent elle tente une approche plus physique.
- Qu… Quoi ?
- Eh bien, oui, un baiser. Oh, Chéri, ne me dis pas que le soir dans ton lit depuis que je t'ai avoué mes sentiments, tu n'y as jamais pensé, savoir ce que ça te ferait de m'embrasser, même qu'une seule fois. Je ne te croirais pas.
- Tu m'avais dit que tu attendrais que je sois prêt… Une fois de plus, tu t'es foutu de moi.
- Mais tu es prêt… Tu viens bien de le reconnaître. Qu'est-ce qu'il te faut de plus ? Tu sais, je ne vais pas te coucher là sur ce lit et te faire l'amour. Je n'aimerais pas être interrompu dans un moment pareil. A moins que… »
Une idée farfelue vint à son esprit, alors Charlie attrapa durement le poignet droit d'Harry sans attendre, il baissa sa tête et souffla au creux de l'oreille du brun.
« Promis, je ne t'embrasserai pas sur la bouche mais dans ce lieu, après ce que tu viens de m'avouer, il faut 'marquer' l'événement… »
Charlie posa sa bouche contre la jugulaire qui battait rapidement puis il commença par lécher la veine lentement, comme tout bon vampire le faisait dans les livres. Harry balbutia quelques syllabes mais aucun mot intelligible ne franchit ses lèvres. Dans ce lieu, Harry avait réellement l'impression d'avoir à faire à un véritable vampire. La bouche de Charlie créait un effet de succion douloureux et à la fois des plus agréables. La langue chaude et humide du dresseur de dragons passait et repassait sur sa peau meurtrie. Harry était sûr qu'il aurait pu tout arrêter mais il ne voulait pas, c'était si bon. Il sentit progressivement la main du rouquin ne plus tenir son poignet et glisser le long de son bras légèrement, c'était à peine une sensation, à tel point qu'Harry se demandait s'il ne rêvait pas. De même, les lèvres du roux commençaient à naviguer le long de la mâchoire prudemment mais avec certitude. Il finit au grand dam d'Harry par s'arrêter lorsque les deux visages se retrouvèrent enfin, face à face.
« Merci, prononça faiblement Charlie. »
Harry mû par la vision du regard bleu électrique de Charlie enjôleur et ravi prit une initiative des plus surprenantes, dont il ne savait pas capable. Il posa juste une fraction de secondes ses lèvres sur celles de l'autre garçon. Cela ne dura pas mais le contact fut des plus agréables. Charlie passa sa main sur ses lèvres, comme un automate. Harry réagit en premier, il passa à côté du dresseur de dragons et se dirigea alors vers la sortie :
« Tu viens, je crois qu'il est temps de retrouver les autres. »
Charlie sourit au brun à qui il découvrait un côté espiègle des plus charmants. Il courut à la suite d'Harry, il n'avait aucune envie de le laisser partir, vraiment aucune.
A suivre…
