Coucou, comme promis, voici le chapitre d'Harry et l'homme qui murmurait… Charlie a pris un ascendant très net dans le dernier chapitre mais va-t-il pour autant pouvoir concrétiser. En tout cas, voici la suite.

J'espère que cette suite vous plaira.

Bonne lecture.

Prochain chapitre : Un été inoubliable dans 15 jours normalement mais bon, je ne l'ai pas encore fini donc cela peut encore évoluer…

Chapitre 9 : Petit-ami officiel

Harry ouvrit difficilement ses yeux. Il se retourna comme il le pouvait mais cela s'avérait d'autant plus difficile qu'un corps fort et musclé reposait sur lui. Charlie respirait fort, d'aucuns auraient pu s'ils faisaient preuve de mauvaise foi penser qu'il ronflait légèrement. Trois jours, depuis sa sortie dans le centre de dressage et tout semblait différent. Il se souvenait parfaitement de cette après-midi si particulière, du mouvement de son corps qui se laisse aller et qui tombe mollement sur la petite couverture rouge au motif écossais. Il lui revenait encore l'odeur de l'herbe fraîche et le bruit de l'eau qui coulait au milieu de cette prairie.

Après la visite du château de Dracula et surtout cette sortie, à dos de dragon, Harry était devenu de moins en moins récalcitrant aux avances de Charlie. Alors, quand le dresseur de dragons s'était allongé sur lui, il ne l'avait pas repoussé. Au contraire, une petite voix au fond de lui murmurait des mots presque obscènes, qu'il n'osa toutefois pas répéter de façon intelligible. Les mains de Charlie avaient glissé sur lui, lentement, Harry avait eu l'impression que le dresseur de dragons retraçait chacun de ses abdominaux à travers le textile. Le rouquin n'avait pas franchi la barrière des vêtements, attendant avec une patience peu coutumière que le brun accepte qu'il aille au-delà. Charlie l'avait d'abord embrassé doucement, goûtant avec langueur et plaisir la lèvre supérieure. Leurs baisers jusqu'à ce moment fatidique n'avaient été que simple effleurement par rapport à ce dernier car là, tout avait été bien différent. La langue de Charlie avait pénétré dans sa propre bouche presque de force et puis surtout son corps bougeait sur lui en cadence. Harry s'était alors dit confusément que le rouquin était clairement plus expérimenté et doué que toutes les autres jeunes filles qu'Harry avait pu déjà embrasser, pas qu'il y en ait eu beaucoup cependant. Le brun s'était senti immergé sous le poids des sensations. L'homme au catogan l'avait littéralement et tout naturellement dominé, sa langue n'avait cessé de bouger, et de tourner tout autour de la sienne tandis que ses mains allaient et venaient sur lui. Bien, peut-être trop vite, le dresseur de dragons s'était retiré. Le jeune homme ne se souvenait pas avoir dit ou fait quoi que ce soit de bizarre mais le rire cristallin de Charlie l'avait mis mal à l'aise.

Le roux avait alors répliqué :

« Je ne voudrais juste pas que tu meurs asphyxié. N'ais aucune crainte, si je pouvais, je resterai éternellement, à t'embrasser et à te...

- Mais, je n'ai rien dit, absolument rien, l'avait coupé le jeune attrapeur.

- Oui, peut-être, mais je te connais encore mieux que ce que tu penses. Je peux ? »

Charlie avait désigné du doigt le tee-shirt qui le dérangeait tellement. Harry avait acquiescé d'un simple hochement de tête et aussitôt, le dresseur de dragons l'avait envoyé au loin, avec une joie non feinte, laissant au gamin seulement son pantalon. Le brun avait rougi lamentablement. Il aurait tellement voulu se montrer sous un jour tout autre, il aurait voulu être plus volontaire, plus décisif et ne pas seulement être ce petit pantin que Charlie s'amusait à embêter. Peine perdue.

« Oh, ne t'inquiète pas, je ne vais pas te laisser seul dans cette situation. Cela ne serait pas vraiment juste. Mais c'est à toi d'agir. »

Il lui avait alors pris ses mains et les avaient plaquées contre son corps. Il lui avait alors susurré au creux de l'oreille :

« Déboutonne ma chemise. »

L'ordre ne paraissait pas compliqué et pourtant, il s'était avéré très difficile à réaliser. Les mains avaient tremblé comme des feuilles au vent et elles n'avaient plus l'air de répondre correctement et plus Harry échouait, plus il s'était senti misérable.

Charlie qui avait lu dans le regard vert émeraude cette inquiétude était gentiment venu à son aide :

« Tss, tss, tss… Voyons, Harry, nous sommes que tous les deux, il n'y a aucun problème. Et puis, tu m'as déjà vu beaucoup moins habillé. »

Harry avait rougi davantage, au rappel de sa première douche avec Charlie, au lendemain de son arrivée, en Roumanie. Le rouquin avait pénétré, dans la salle de bain, sans permission et s'était adjoint à sa douche. Il avait du mal à le reconnaître mais ce moment-là n'avait pas été aussi horrible que ce qu'il avait sous-entendu, au contraire plutôt agréable mais ce n'était absolument rien par rapport à ce qui se passait au milieu de cette clairière avec le soleil pour seul témoin. Charlie avait ainsi posé ses mains rugueuses sur celles plus fines et délicates et l'avait guidé délicatement. Bien vite, la chemise avait rejoint par terre le tee-shirt à l'effigie des canons de Chudley et Charlie était cette fois parti à la découverte du torse du plus jeune, parsemant de ci, de là une multitude de petits baisers. Harry s'était de plus en plus prêté au jeu et avait soulevé sa poitrine pour quémander plus de contact, faisant sourire le dresseur de dragons.

« Oh ! Oh ! Tu as l'air bien demandeur. »

Harry aurait aimé pouvoir répliquer à l'homme mais, à la place, il avait grommelé assez pitoyablement. Ces doux contacts s'étaient prolongés dans le temps. Parfois, Charlie délaissait le torse du gamin et repartait à la conquête de la bouche ou du visage tout entier. Le fils Weasley s'était montré attentionné. Harry était persuadé que le rouquin aurait voulu continuer et aller au-delà. Ses mains l'avaient trahi, par deux ou trois fois, elles avaient joué avec le bouton du jean d'Harry mais le dragonnier avait réussi à se contenir non sans difficulté. Après une bonne dizaine de minutes à le dorloter, Charlie s'était écarté et s'était allongé sur le dos, juste à côté.

« Tu ne voudrais pas passer aux choses sérieuse, Harry.

- Pardon ?

- Ah ! Ah ! Tu es vraiment incorrigible. Tu sursautes à la moindre de mes phrases même si je suis la gentillesse incarnée et qu'il n'y a absolument rien à craindre.

- Je… Je…

- Oh ! Pas la peine de nier, tu sais. Bon, alors, tu es prêt à déguster ces fruits qui paraissent si délicieux. »

Et alors que le rire de Charlie avait redoublé, il avait tendu une grappe de raisins juteux au garçon mais avant qu'Harry ne fasse le moindre geste, il la lui avait reprise :

« A moins, bien sûr, que tu ne préfères que je te les donne. »

L'homme s'était réinstallé aussitôt, sur le corps du plus jeune. Il avait alors détaché un précieux grain violet et lui avait mis dans la bouche de sorte qu'Harry lui embrasse les doigts.

« C'est bien mieux comme ça, n'est-ce pas ? »

Le garçon rouge de confusion avait légèrement détourné la tête, n'osant réellement acquiescer.

« Je vais prendre ça pour un oui, avait rigolé Charlie, toujours autant amusé par l'attitude du gamin. »

Ainsi, Charlie avait continué, mettant dans la bouche d'Harry, avec une lenteur et une langueur calculées, tous les grains de raisin. Lorsqu'il avait fini, le rouquin était longtemps resté, ses yeux bleus perçants, perdus dans les yeux vert émeraude, il avait alors joué avec l'une des mèches rebelles qui avait eu la mauvaise idée de se placer entre les deux visages, il l'avait fait tourner autour de son index avant de la repousser.

« Tss, quel manque de politesse de s'interposer ainsi entre nous deux ! »

Il s'était à nouveau dégagé et assis suivi par Harry. Il avait lancé un sort d'accio pour faire venir à lui la bouteille de champagne ainsi que les deux flûtes en cristal.

« Tu es bien ici, seul avec moi et la nature.

- Oui, Charlie, avait-il répondu instinctivement.

- Eh bien, champagne alors. »

D'un autre sort, il avait fait sabrer la bouteille au liquide pétillant et en avait versé une bonne quantité.

« Tu essaies de me soûler ? avait demandé Harry perplexe.

- Je n'ai pas besoin de ça, chéri, enfin, voyons. Je voulais juste célébrer ce moment. Trinquons d'abord mais avant... »

Charlie avait enroulé son bras droit autour de celui du gamin et l'avait fixé du regard :

« A notre vie future.

- Euh… oui… à notre vie future, avait répété, peu convaincu, Harry. »

Cette sortie s'était prolongée encore de longues minutes, les deux hommes s'étaient sentis tellement bien, ainsi loin du reste du monde. Puis était venu le moment fatidique, celui qui empêchait Harry de dormir encore en ce jour spécial. Tout d'un coup, Charlie s'était fait beaucoup plus sérieux, enfin aussi sérieux qu'Harry pouvait espérer.

« Hum, hum. Tu sais, nous allons devoir bientôt repartir pour le chalet même si cela me navre. Mais avant de partir, j'aurai quelque chose à te demander. Oh, ne t'inquiète pas Harry rien d'ordre sexuel, enfin pour l'instant. Tu es bien avec moi ?

- Oui.

- Vraiment bien ?

- Ou… Oui.

- Bien. Je me considère déjà comme ton petit-ami.

- Ah bon ?

- Ben, oui. Vu tout ce que nous avons fait depuis ton arrivée et cette après-midi, il est clair que oui. »

Harry avait longuement réfléchi à cette phrase et bien qu'il en fût choqué, il avait dû se rendre à l'évidence, Charlie et lui avaient passé le stade de l'amitié depuis quelque temps déjà. Il ne s'était jamais comporté ainsi avec Ron ou même avec Neville, et par Godric, heureusement mais il n'avait jamais jusqu'à ce moment pensé à cette possibilité. Charlie, son petit-ami ? Peut-être…

« Je n'y avais pas vraiment réfléchi auparavant.

- Oui mais admets que tu n'as jamais été aussi loin avec l'une des filles que tu avais pourtant appelées petites-amies.

- Euh… peut-être.

- Ne sois pas de mauvaise foi.

- Oui, avait murmuré le gamin.

- Tu vois bien que j'ai raison, enfin j'ai toujours raison. Tu es donc mon petit-ami, beauté. »

Harry avait eu l'étrange impression de se faire légèrement avoir, il ne semblait pas de toute manière qu'il puisse avoir le dernier mot avec le dresseur de dragons.

« Mais, ce n'était pas ça le point important que je voulais aborder…

- Ah bon ?

- Evidemment, avait-il répondu en balayant l'air comme pour chasser toute autre idée. Non, je voudrais juste savoir quand tu voudras annoncer la bonne nouvelle à la famille.

- Pardon ? Quelle bonne nouvelle ?

- Ben, tu pourrais un peu écouter, chéri, quand je te parle, eh bien, que nous sommes ensemble. »

Pour bien asséner le message dans la petite tête de linotte du brun, Charlie avait frappé Harry d'un petit coup sec sur le front.

« Mais, mais… avait bégayé misérablement le garçon.

- Eh bien, tu as bien reconnu que nous entretenons une relation.

- Oui, enfin…

- Méfie-toi, je ne tolérerai aucun 'mais'. »

Harry avait difficilement avalé sa salive. Il s'était déjà imaginé la réaction de Charlie se précipitant sur lui et le couvrant de baiser jusqu'à ce qu'il suffoque, s'il le contredisait.

« Bien, avait dit Charlie dans un sourire. Alors ?

- Alors quoi ?

- L'annonce, avait chantonné le dresseur de dragons.

- Je ne crois pas être prêt, avait murmuré le gamin faiblement. »

Intérieurement, il avait croisé les doigts, il ne voulait pas blesser Charlie mais il avait déjà du mal à admettre le fait d'être attiré par un homme, le frère de son meilleur ami alors le dire aux autres, cela lui avait semblé juste impensable. Charlie était resté silencieux de longues secondes, faisant encore plus paniquer le brun.

« Je vois, avait finalement déclaré laconiquement le dresseur de dragons.

- Charlie, comprends-moi.

- Je comprends. C'est moi qui a la réputation d'être un garçon volage, refusant systématiquement tout engagement mais en vérité, c'est plutôt toi. »

Harry n'avait même pas su quoi répondre à cette attaque très perfide. Charlie avait donc pu poursuivre.

« En bon gentleman que je suis, je vais te laisser un délai pour réfléchir à tout ceci, disons jusqu'à ton anniversaire.

- Mais, mais… C'est très bientôt…

- Oui, peut-être mais tu as largement le temps et ne t'inquiète pas, je vais tout faire pour que tu prennes la bonne décision. Cette fois, beauté, tous les coups sont permis. »

Harry était bien trop estomaqué pour réagir et Charlie en avait largement profité, faisant tomber de nouveau le garçon sur la couverture et l'embrassant passionnément. Le baiser avait duré longtemps. Le dresseur de dragons s'était montré encore plus passionné et entreprenant que d'habitude. Ses mains s'étaient baladées sur le corps plus petit et s'étaient passablement attardées sur l'entrejambe, envoyant des décharges électriques dans tout le corps du gamin. Après ces incroyables sensations, Charlie avait enlevé ses mains, créant un sentiment de manque. Harry avait eu une mine des plus déconfites et le rouquin avait souri avec malice avant d'ajouter :

« Tu en aurais voulu plus, Harry ?

- Je… Je…

- Pas la peine de nier, ton visage parle pour toi. Oh, mais n'aie aucune crainte, tu pourras en profiter plus tard. C'était juste pour te donner un petit aperçu, si tu acceptes ma proposition.

- Mais est-ce que ça changerait vraiment quelque chose ?

- Ben, déjà, tu ne serais plus victime des mauvaises blagues des jumeaux.

- Tu parles, ils n'arrêteront jamais de me taquiner, ils le font depuis que je suis entré à Poudlard.

- Oui, mais je serai là pour te défendre contre eux. En tout cas, ils ne pourront tout simplement plus faire de sous-entendus douteux à notre propos, comme ils en ont pris l'habitude.

- D'accord, peut-être bien mais ce n'est pas une raison valable, s'était défendu le gamin.

- Ben, la meilleure des raisons, c'est parce que ça serait bien pour nous deux et que nous en avons envie. Allez, viens. Il est temps de rentrer, les autres vont finir par nous attendre. »

Charlie s'était levé d'un coup, il avait tendu une main secourable pour aider Harry à se relever et en trois petits sorts magiques, il avait fait disparaître toute trace de leur venue.

« Harry, ne t'inquiète pas, je veillerai à te faire prendre la bonne décision, avait-il prononcé en rejoignant Norbert. Tu as jusqu'à ton anniversaire, Harry. »

Et c'était aujourd'hui son anniversaire ! Harry ne put retenir un petit soupir. Franchement, il ne pouvait pas dire à Ron et aux autres qu'il sortait avec Charlie. Non ! Si ? Il secoua la tête, mortifié. Après cette singulière demande, on ne pouvait pas vraiment dire que les deux jeunes hommes s'étaient éloignés, bien au contraire. Charlie et lui avaient même partagé le même lit, en tout bien, tout honneur, évidemment. Perdu dans ses pensées, Harry n'avait pas fait attention que les ronflements avaient cessé. Il sursauta lorsqu'il sentit un souffle le long de son cou.

« Bonjour, beauté, alors c'est le grand jour, aujourd'hui. Bon anniversaire, chéri. »

Charlie déposa juste un petit baiser sur les lèvres roses d'Harry. Le brun grommela, légèrement grognon.

« Oh, non, cher M. Potter, il est hors de question de grogner ou de se montrer ronchon, aujourd'hui car c'est le jour J, le jour de la grande annonce, le jour où enfin tous les membres de la famille seront au courant. Et je te promets qu'avant la fin de cette journée, tu m'auras embrassé devant les autres. »

Vu comment il avait lamentablement échoué lors de leur premier pari, Harry ne se sentait pas le courage de relever le défi et il se contenta d'un simple 'On verra bien, Charlie.'. Le dresseur de dragons sourit, visiblement ravi :

« Tu vois, tu ne nies même plus l'évidence. Au fait, tu vois bien que j'avais raison ?

- Pardon, de quoi tu parles ?

- Eh bien, tu as quand même mieux dormi entre mes bras. C'est plus agréable de partager le même lit. »

Harry préféra une nouvelle fois faire son bougon plutôt que reconnaître que Charlie disait vrai.

« Bon, comme je commence à bien te connaître, je vais prendre ça pour un oui.

- Mais, je n'ai rien dit, opposa le brun.

- Cela ne sert à rien, Harry, pas la peine de te fatiguer. Je commence à bien comprendre ton fonctionnement. Ainsi quand tu fais ce petit bruit si adorable, que certains nommeraient plus prosaïquement grognement c'est que tu es d'accord avec moi mais que tu n'oses pas le dire, n'est-ce pas ? »

Cette petite question rhétorique valut un nouveau petit grognement de la part d'Harry et un rire de celle de Charlie. Le rouquin se pencha vers le visage de l'autre homme et l'embrassa encore une fois très légèrement mais presque aussitôt, il se releva, enlevant avec lui le grand drap blanc qui les recouvrait :

« Tu te lèves déjà ?

- Pas le choix et même si tu te mettais à genoux, en me suppliant de rester et en me promettant la meilleure fellation de ma vie, cela ne changerait rien…

- Ch… Ch… CHARLIE ! avait bafouillé Harry, devenu instantanément rouge pivoine.

- Rrrrr, beauté, pas la peine de faire ta vierge effarouchée. De toute façon, dès ce soir, il va falloir que tu t'exerces sur ma petite personne. »

Harry était tout simplement resté coi devant Charlie, sous le choc mais très vite, une image apparut devant ses yeux, Charlie totalement nu, juste devant le lit, au bord de la jouissance et lui, à genoux, prodiguant mille et une caresses sur le sexe dressé. Harry retomba lourdement sur terre en entendant Charlie :

« Apparemment, ma petite beauté a eu une vilaine pensée. Tu fais ça juste au moment où je dois partir, je trouve cela un brin pervers et tordu… Grrr, j'aime vraiment ça. »

Charlie avait déjà revêtu un pantalon en cuir noir et une chemise blanche des plus simples mais l'ensemble était du plus bel effet aux yeux d'Harry.

« Tu ne restes donc vraiment pas ? demanda le gamin. »

Le brun semblait surpris, si ce n'est légèrement attristé, à la plus grande joie de Charlie.

« Le travail m'attend.

- Tu aurais pu prendre un jour de congé, non ?

- Malheureusement, le chef Rendell ne m'a guère laissé le choix. J'ai un travail urgent.

- C'est à propos de l'adorable créature que j'ai vue l'autre jour ?

- Ah, cette espèce de truc rose.

- Ne parle pas de lui, comme ça. Il était si mignon, s'enthousiasma Harry.

- Si tu veux, si tu veux… répondit Charlie, balayant sa phrase d'un revers de la main. En tout cas, cela n'a rien à voir. Il est, à présent et malgré mes demandes incessantes, aux mains des scientifiques. Ils l'étudient.

- Ils l'étudient ? Mais ça signifie quoi ?

- Ca, il ne vaut mieux pas le savoir.

- Mais, mais tu ne peux pas rester sans rien faire… Il faut agir, divulguer l'information dans les journaux. Je ne sais pas, moi, mais nous ne pouvons pas rester là, sans agir !

- Harry, ne t'énerve pas. Cela ne changera rien aux faits que ce ne sont pas de véritables animaux selon la loi magique.

- Mais, mais tu l'as bien vu toi aussi, je suis sûr qu'il pourrait être dressé et de bons sorciers pourraient l'adopter.

- Harry, tu as beau être le sorcier le plus puissant depuis des siècles, c'est tout simplement impossible, ce DMM, ainsi que tous les autres d'ailleurs. »

Le brun faisait clairement la tête, Charlie dut alors se résoudre, il s'approcha de son futur petit-ami officiel et déposa un léger baiser.

« Demain, on ira voir le chef Rendell pour voir si nous pouvons faire quelque chose.

- C'est vrai ?

- Mais je ne te promets rien. Alors, je veux que tu profites de ta journée avec les autres et que tu ne te tracasses plus pour cette histoire, d'accord ?

- Oui, répondit-il trop heureux. »

Harry était si content qu'il prit une initiative des plus rares, il embrassa à son tour, légèrement Charlie, contact trop éphémère qui perturba le rouquin qui n'avait pas encore l'habitude d'être pris de cours par le gamin. Il dut se frapper mentalement pour finalement ne pas repousser son départ, il avait encore tellement à faire.

« Décidément, tu es bien cruel avec moi, Harry, aujourd'hui, après la vilaine pensée, le baiser surprise. Pfff, ô monde impitoyable ! Je suis désolé mais il faut vraiment que j'y aille maintenant. Je serai de retour, dès que possible, par contre sans doute pas avant le repas. Mais, bon, ce n'est pas bien grave, tu arriveras bien à t'occuper sans moi. »

Harry hocha la tête, catégorique. Evidemment qu'il réussirait à s'amuser même en absence de Charlie.

« Alors, au revoir, à ce soir, dit le dresseur de dragons. »

Lorsque le brun entendit la porte claquer, Harry se laissa retomber sur le lit comme une poupée de chiffon.

La journée passa à la fois terriblement vite et à une lenteur exaspérante. Si, ce matin, Harry pensait s'amuser malgré l'absence de Charlie, il devait reconnaître alors que Molly servait de petits fours à la tablée que tout ne s'était pas aussi bien passé. Même s'il avait tenté par tous les moyens de s'empêcher de penser à Charlie, c'était tout l'inverse qui s'était produit. Il n'avait eu de cesse de le revoir en pensée, ce qui n'avait pas échappé aux jumeaux qui s'étaient alors largement moqués de lui.

Alors que Fred mettait dans sa bouche un énorme toast au saumon, George désigna la chaise vide, à côté d'Harry :

« Il n'est pas encore rentré.

- Charlie m'avait prévenu, ce matin. Il ne savait pas trop à quelle heure il allait rentrer mais je pensais qu'il serait déjà ici.

- Que c'est mignon, il s'inquiète pour son chéri. »

Harry rougit jusqu'à la racine de ses cheveux. L'attaque n'avait jamais été aussi franche, sans doute que les jumeaux profitaient de Charlie.

« Mais, mais, je n'ai pas dit ça, tenta de riposter Harry. »

Les rires des jumeaux lui confirmèrent qu'il n'avait pas réussi à les convaincre. Par contre, ils avaient alerté Molly qui intervint :

« Fred, cesse d'embêter Harry, c'est son anniversaire.

- C'est surtout que si Charlie l'apprend, tu risques de le payer chèrement, murmura George avant de tousser, pris d'un fou rire.

- Fais attention où tu vas finir par t'étouffer.

- Quand on parle du loup…

- Charlie ! cria presque Harry qui se mordit ses lèvres devant ce trop-plein d'enthousiasme. »

Le second fils Weasley sourit devant la petite scène d'Harry. Il se rapprocha du garçon et lui murmura au creux de l'oreille :

« Je t'ai manqué, mon cœur ? »

Charlie ne s'attendait pas à une quelconque réponse à sa petite pique et il fut totalement pris au dépourvu mais surtout ravi lorsqu'il entendit un très faible 'un peu.' de la bouche du brun. Il s'assit tranquillement à sa place. Après tout, il ne voulait rien risquer. Dans quelques heures, il n'aurait plus à jouer ce petit jeu. Harry, lui, surpris par ses crises d'honnêteté qu'il aurait dû réprimer regardait le fond de son assiette vide.

Le repas put alors reprendre ses droits, il se déroulait dans une bonne ambiance communicative. Tout le monde allait de plaisanterie en plaisanterie et les plats se succédaient à une vitesse folle, car la plupart des gens autour de cette table avaient hâte d'apprendre ce que les autres avaient acheté pour leur ami.

Alors qu'ils en étaient arrivés au fromage, Fred interpella Harry :

« M. Le Survivant a-t-il une vague idée des surprises qui t'attendent ? Après tout, tu as 18 ans aujourd'hui et ce n'est pas rien.

- Non, pas la moindre, répondit Harry avec une honnêteté toute rafraîchissante. De toute manière, quoi que je reçoive cela me ravira, j'en suis sûr.

- Nous n'en doutons pas, Harry, mais à titre personnel, j'espère que tu n'oublieras jamais mon cadeau, était intervenu Charlie. Mais, bon, il ne reste plus beaucoup de temps avant la grande révélation. »

Harry sentit une douce chaleur envahir son visage car le dresseur de dragons lui avait parlé avec une telle intensité dans le regard. L'heure du dessert arriva enfin. Comme il est de coutume, en de telles occasions, beaucoup trouvèrent de bonnes excuses pour s'absenter quelques instants, un stupide oubli, une envie pressante de fumer, que sais-je encore. Harry qui n'avait jamais eu la joie de connaître de telles joies dans son enfance en était tout ému et se sentait tellement redevable à sa famille de cœur. Bien vite, toutes les lumières s'éteignirent et il entendit des voix plus ou moins justes chantonner le traditionnel 'Happy birthday'. Molly tenait un énorme gâteau au chocolat parsemé de bougies et le posa sur la table, devant le garçon.

« Tiens, Harry, c'est pour toi. Souffle les bougies.

- Merci tout le monde. »

Il prit alors sa respiration et souffla aussi fort qu'il le put. Evidemment, il aurait pu jeter un sort de magie pour venir à bout des petites lumières plus rapidement mais il préférait très nettement cette tradition moldue. Une fois qu'il réussit à éteindre la dernière bougie, il entendit Arthur dire 'Lumos'.

« Place aux cadeaux, à présent. »

Ginny et Neville furent les premiers à s'avancer vers leur ami et lui tendirent un paquet assez volumineux. Harry l'ouvrit avec empressement.

« Wouah !

- Joyeux anniversaire, Harry. On s'est dit avec Nev que tu en aurais prochainement besoin quand les Canons de Chudley officialiseront ton recrutement. »

Harry venait de recevoir une tenue complète de quidditch pour l'entraînement. Elle était rouge, couleur officielle de sa probable, prochaine équipe.

« Elle est très jolie, effectivement. Tiens, ça te dirait un match revanche, demain pour que je puisse te voir dedans, je suis sûr qu'elle va t'aller à merveille, s'exclama Charlie.

- A notre tour, intervint Hermione avant de laisser à Harry le temps de répondre au dresseur de dragons. »

Cette fois, il y avait deux paquets, le premier était le traditionnel livre qu'Hermione ne manquait jamais de lui offrir, le second était une simple enveloppe. Il ouvrit le premier cadeau s'était effectivement un livre consacré à l'histoire des Canons de Chudley.

« J'espère qu'il te fait plaisir, Harry.

- Oh, oui, Hermione, beaucoup. »

Ron ne laissa pas à Harry le loisir de feuilleter l'ouvrage. Il supplia :

« Ouvre la suite. C'est moi qui ai insisté, je ne voulais pas seulement t'offrir un de ces foutus bouquins.

- Ron, rappela la jeune sorcière, envoyant un coup de coude dans les côtes de son petit-ami. »

L'enveloppe contenait deux billets pour le match Angleterre – Bulgarie, match d'ouverture de la prochaine coupe du monde de quidditch.

« Incroyable ! Je n'ai pas réussi à en obtenir, toutes les places avaient déjà été vendues. Merci les amis.

- Et puis tu pourras inviter la personne de ton choix. »

Charlie se mit aussitôt à tousser légèrement, les jumeaux en profitèrent et dirent :

« Ca ne va pas, grand frère ? Tu veux un verre d'eau, peut-être.

- Non, non, je me disais juste que moi aussi, j'aurai adoré assister à cette rencontre de quidditch.

- Oui, oui, on verra ça plus tard, Charlie, répondit évasivement Harry. »

Molly se racla aussi la gorge, venant à l'aide du petit brun, légèrement embarrassé.

« Tiens, Harry, ce n'est pas grand-chose, nous voulions marquer le coup, Arthur et moi et j'espère que tu t'en serviras. »

Elle tendit à son tour le cadeau. Il ne fallut guère de temps à Harry pour arracher le papier brillant qui l'entourait. Dans une petite boîte en acajou, il y avait tout le nécessaire pour l'entretien de son Eclair de feu.

« C'est très gentil de votre part, merci beaucoup.

- Poussez-vous les autres, le meilleur cadeau arrive. »

Harry déglutit difficilement, craignant 'le meilleur cadeau' version jumeaux.

« Nous ne t'avons pas offert quelque chose ayant un rapport quelconque avec le quidditch et rien que pour ça, tu devrais déjà nous remercier.

- Eh ! hurlèrent en cœur Hermione et Ginny.

- Tiens. »

A la forme du paquet, Harry pensa que c'était un livre que les jumeaux allaient lui offrir et il regarda le cadeau avec circonspection. Pourquoi, par Godric, Fred et George lui avaient-ils acheté un livre ? Lorsqu'il regarda tous les autres, il vit le même éclat de doute.

« Ne t'inquiète donc pas Harry.

- Il n'y a rien qui va t'exploser au visage.

- Au contraire, c'est juste pour t'aider. »

Harry aurait pu jurer qu'il avait entendu Hermione murmurer un inquiétant 'Oh la la.', ce qui ne l'encouragea guère. Il prit le cadeau du bout des doigts et l'ouvrit avec délicatesse. Et à la surprise de tous les convives, c'était… un livre étrange qui s'intitulait simplement 'Comment réussir ma vie…'. Hormis le titre, rien d'autre n'était mentionné. Harry le retourna pour vérifier la présence d'un quelconque sort.

« Pff, mais pour qui nous prends-tu ?

- Il n'y a absolument aucun sort, excepté…

- Ah ! Ca m'aurait étonné sinon.

- Granger, on ne t'a pas sonné.

- Bon, je reprends. Vu l'importance de cet écrit, il n'y a que toi qui pourra le lire, nous avons jeté un sort de discrétion sur le livre.

- Vas-y, Harry, ouvre-le, commanda George. »

Le garçon s'exécuta et blêmit sous le choc, en découvrant le véritable titre de l'ouvrage sur la première page : « Comment réussir ma vie… sexuelle avec le frère de mon meilleur ami (je suis gay et je l'assume !) par les brillants Frederic et George Weasley ». Le brun jeta par terre le livre comme si c'était le pire artefact de magie noire. Harry était devenu rouge de confusion et Molly hurla contre les jumeaux hilares :

« Fred ! George ! Qu'est-ce que vous avez fait encore ?

- Oh mais rien, maman. Ce n'est pas de notre faute si Harry est d'une petite nature et qu'un rien l'effraie.

- Fred ! George ! réprimanda alors Charlie. »

Le rouquin se doutait que la mauvaise blague devait le concerner, il espérait juste que tous ses efforts ne seraient pas réduits à néant par leur bêtise. Heureusement, il avait son ultime carte dans la manche. Il reprit, après s'être raclé la gorge :

« Il ne reste plus que moi, à présent. Je reviens, dans un instant. »

Tout le monde se demanda où l'homme pouvait bien partir comme ça. Et même s'il ne l'aurait pas admis, Harry était vraiment impatient de voir ce que Charlie lui avait acheté. Il ne se passa que quelques minutes avant que ne revienne le dresseur de dragons avec un énorme carton recouvert d'un bout de tissu. Charlie marchait lentement, très lentement, il savourait ce moment, le regard d'Harry intrigué l'implorant de se dépêcher lorsqu'un éternuement résonna dans la pièce :

« Aloupiou !

- Sale bête, je t'avais demandé d'attendre cinq petites minutes !

- Charlie ! hurla le gamin qui s'était aussitôt précipité vers l'autre homme. »

Harry avait enlevé le tissu, libérant ainsi le petit monstre rose qui se jeta dans les bras du brun.

« Tu as réussi ? Tu l'as sauvé !

- Joyeux anniversaire, Harry. »

Le brun, tellement soulagé de voir le petit animal en pleine forme et surtout tellement ému par ce que venait de faire Charlie se mit sur la pointe des pieds et embrassa son désormais petit-ami officiel. Evidemment, ici, en présence de toute la famille Weasley, il n'allait pas non plus se jeter sur lui, il se contenta d'un petit baiser mais pour Charlie, ce fut encore meilleur, le plus merveilleux des remerciements.

« Enfin ! poussèrent dans un soupir de soulagement les autres convives. »

Harry se recula, surpris et bredouilla tandis que le petit dragon grimpait sur le dessus de sa tête.

« Qu… quoi ? V… Vous… Vous étiez tous au courant ?

- Ben vous n'étiez pas spécialement discrets, répondit Ginny.

- C'est sûr, le sort de dissimulation n'était pas très réussi. Pour être honnête, c'était même une catastrophe, tout le monde a bien remarqué le suçon, répondit Hermione.

- Et puis, vous partiez tous les deux, pendant des heures, sans donner d'explication, renchérit Neville.

- Et les jumeaux nous avaient largement mis la puce à l'oreille, continua Molly.

- Moi, je m'en suis rendu compte, quand vous vous êtes éloignés à la fin du match de quidditch, on aurait dit une petite dispute d'amoureux. C'était adorable de voir mon fils te courir après, dit Arthur, amusé.

- Et puis, bon, Harry, mon pote, tu as vu comment tu le regardes, finit Ron. »

Ce fut le coup fatal. Harry, totalement abasourdi, s'assit sur la première chaise qui se présenta à lui. Absolument tout le monde savait et personne ne semblait choqué. La petite bestiole devinant qu'Harry n'allait pas bien lui lécha le visage. Charlie se rapprocha alors du brun :

« Alors, en tant que petit-ami, tu m'invites à la coupe du monde, beauté ? »

A suivre…

J'ai juste envie de crier 'victoire écrasante du dresseur de dragons !'