Bonjour à tous et à toutes qui me liraient. Je ne m'attends pas à ce que beaucoup d'entre vous se souviennent de mon texte après tout ce temps. Sachez juste que l'écriture n'a pas été pendant de longs mois le plus important dans ma vie et surtout pas la publication. Si vous suivez Harry et l'héritier de Dumbledore, j'ai aussi un chapitre que je posterai le mois prochain si tout se passe bien.

Bref, vous n'êtes pas arrivé(e)s jusque là pour lire mes états d'âme. J'espère très sincèrement que cette fin vous plaira, je l'ai toujours imaginée ainsi et si vous pouviez me laisser un petit message d'encouragement, je vous en serai plus que redevable.

Bonne lecture et merci encore d'avoir lu mon histoire.

Chapitre 11 : … la fin.

Harry était allongé sur le nouveau sofa qu'il venait de s'acheter. Il s'amusait à lancer en l'air Aloupiou qui crachotait des petites volutes de fumée, de joie. Il était vrai que depuis plus de dix jours, depuis son retour de Roumanie, il avait fait un maximum d'achat. Hermione avait évoqué une théorie des plus farfelues, elle avait parlé du fait qu'il se sentait stressé par sa toute nouvelle relation avec Charlie et qu'il compensait le fait que le dresseur de dragons ne lui ait pas encore donné signe de vie, en dépensant larga manu tout l'héritage que ses parents lui avait légué. Et à ce rythme, entre le canapé en cuir, le fauteuil masseur magique, la collection entière de robes de sorcier Channel magique, il risquait bien de se retrouver endetté dans très peu de temps.

Alors qu'il lançait une énième fois son petit dragon, il laissa s'échapper ses pensées et devant ses yeux, se déroulèrent de façon plus que précise, les événements qui étaient advenus ce jour-là, lorsqu'il avait quitté la Roumanie laissant derrière lui sa vertu et celui qu'il croyait être son petit-ami 'à long terme'.

Crétin ! Crétin !, se morigénait-il. Il était tellement focalisé sur ses problèmes avec Charlie qu'il ne prêta aucune attention au regard meurtrier que lui lança Aloupiou, lorsqu'il ne rattrapa pas le petit animal aux poils roses, retombé lamentablement sur le sofa en cuir.

Il n'avait pourtant rien fait de mal ce jour-là et même, d'après ce que lui avait dit Charlie, il avait même été plutôt bon. Il venait de masturber l'autre homme, pour en quelque sorte le remercier du traitement qu'il venait de lui prodiguer. Il se souvenait encore, parfaitement des gémissements qui émanaient de la bouche de Charlie tandis que sa main allait et venait sur le sexe érigé et dur du dresseur de dragon et des frissons qui le parcouraient alors. Une fois que Charlie s'était libéré, il l'avait remercié, ce qui l'avait perturbé bien plus que tout ce qu'il aurait pu imaginer. Il se souvenait encore des milliers des papillons qui volaient partout, dans son corps. Ils étaient alors restés de longues minutes, allongés l'un à côté de l'autre, sans rien dire. Ils se faisaient face et s'observaient avec grande minutie, comme s'ils se rencontraient pour la toute première fois. Ce fut Charlie qui avait réagi en premier. Il avait passé son index le long de la joue rose et douce du jeune homme.

« Tu ne veux pas en rester là, tout de même ? »

Charlie avait posé la question avec une sincérité non feinte, qui l'avait pris totalement au dépourvu. Harry qui ne se connaissait pas une âme des plus entreprenantes, s'était alors redressé sur ses coudes et avait répondu, les sourcils froncés :

« Tu me prends pour qui exactement, M. le dresseur de dragons. Quelqu'un sans aucune parole !

- Bien sûr que non ! Mais je sais aussi que ce n'est pas rien, c'est un moment important, unique dans une vie et tu as donc, parfaitement le droit de changer d'avis. Je veux juste que tu saches que je le comprendrais parfaitement, si tu ne voulais pas poursuivre et que je n'en prendrais absolument pas ombrage.

- Je… euh…, s'était contenté de bafouiller Harry, le plus élégamment du monde. »

Il eut quelques secondes d'un silence baigné d'une atmosphère étrange. Harry était partagé entre l'excitation et une appréhension toute légitime et le dresseur de dragons voulait laisser un dernier instant de réflexion au brun.

Charlie avait fini par réagir devant l'absence de réprobation d'Harry. Il s'était alors, légèrement relevé et attrapé sa baguette magique, posée sur la table de nuit et avait lancé un sort pour dévêtir totalement les deux hommes.

« Ce n'est pas mieux ainsi… plaisanta Charlie qui nicha son visage dans le cou gracile. »

Harry avait senti le rouquin mordiller légèrement la peau de son cou et s'était contenté de geindre assez pitoyablement. Lorsqu'il s'était entendu pousser des petits cris, il s'était demandé s'il lui serait possible de se comporter comme ce que tous les autres croyaient qu'il était, un héros, un être sûr de lui. Mais lorsque les mains de l'autre homme avaient glissé sur son torse imberbe, il avait repoussé très loin ses petites préoccupations, sans grand intérêt. Les doigts de Charlie passaient et repassaient dans un mouvement lent et hypnotique. Le contact délicat du bout des doigts de Charlie avait électrisé sa peau pâle et Harry avait senti des fourmillements irradier dans tout son corps. Ils étaient restés ainsi un certain moment, couchés l'un à côté de l'autre, nus et de plus en plus excités. Harry n'arrivait plus à se souvenir de ce qui avait décidé le dresseur de dragons à bouger, il se rappelait seulement que le rouquin s'était un moment, retrouvé au bout du lit et qu'il tenait entre ses mains viriles son oreiller en plume d'oie. Il lui avait alors souri de son sourire tellement éclatant et si intimidant.

« Je crois que ce sera plus agréable pour toi, enfin… moins douloureux, si… »

Il avait laissé sa phrase en suspens et à la place, il avait glissé l'oreiller sous les fesses d'Harry qui s'était mordu les lèvres jusqu'au sang, d'anticipation et de crainte. Lorsque l'index de Charlie avait effleuré ses fesses, Harry n'avait pu empêcher un mouvement de recul.

« SSShh…, avait murmuré dans un souffle Charlie dans l'oreille du jeune homme presque terrorisé. C'est normal que tu appréhendes mais n'aie aucune crainte. Alors détends-toi et carpe diem. »

Harry avait hésité quelques secondes mais lorsque son regard s'était confronté aux grands yeux bleus du dresseur de dragons, il avait fini par se coucher en s'installant un peu plus confortablement et écartant les jambes. Lorsque, finalement, un premier doigt lubrifié, qui s'était révélé être plus timide que ce qu'il aurait pu croire, avait pénétré en lui, il lui avait fallu un certain temps pour qu'il se fasse à cette sensation des plus étranges et des plus perturbantes qui se transforma même en douleur lorsque Charlie avait fait de petits mouvements brusques, en lui. Harry avait cependant, préféré s'accrocher un peu plus aux draps du lit qu'arrêter une nouvelle fois son amant. Alors que la douleur était toujours lancinante, Harry avait alors senti une étrange et toute nouvelle sensation, une vague de plaisir qui l'avait fait suffoquer :

« Je crois bien que j'ai trouvé quelque chose d'intéressant, avait susurré Charlie, souriant. »

Pour renforcer ses dires, le rouquin avait poursuivi et même accéléré son traitement sur le plus jeune. L'esprit d'Harry était de plus en plus troublé par ce contact qui lui était si nouveau, si perturbant et en même temps, si incroyablement bon. Après plusieurs minutes à passer et repasser, Charlie avait décidé de pousser plus loin l'exploration du corps d'Harry et avait inséré un second doigt en lui. Lorsque Charlie avait effectué des mouvements de ciseaux, le brun avait ressenti alors une douleur vive qui l'avait fait grimacer d'une façon peu élégante. La voix suave du rouquin s'était faite encore plus chaude devant la nouvelle crispation de son petit-ami.

« Toute cette douleur va bientôt s'estomper, tu vas voir et après, tu ne voudras plus jamais que je m'arrête, plus jamais. Alors ravale tes larmes que je sens poindre aux bords de tes magnifiques yeux, Harry. »

Il s'était avéré que cette fois encore, le dresseur de dragons avait eu raison et, petit à petit, la douleur qui avait paru presque insupportable au jeune homme s'était progressivement atténuée.

« Je crois que tu es prêt à présent. C'est la dernière étape… »

Lorsque les deux doigts s'étaient rapidement enlevés, Harry s'était surpris à regretter ce contact qui le perturbait encore tellement quelques secondes auparavant et qui lui avait fait ressentir des sensations, jusqu'à ce jour encore inconnues. Toutefois, il ne s'était pas attendu à cela, lorsque le sexe de Charlie avait pénétré en lui. Le dresseur de dragons, ne pouvant plus résister plus longtemps, à cette impérieuse envie, s'était enfoncé en lui, en une seule poussée faisant hurler Harry.

« Arrête ! Arrête ! Ca fait trop mal !

- Oh ! Mais c'est si bon, s'était contenté de répondre Charlie qui avait dit cela plus pour lui même que pour le brun. »

Le rouquin n'avait rien fait pour se retirer de son amant, sans doute pour qu'Harry s'habitue à sa présence en lui. Le brun n'avait donc pas insisté plus longtemps, même si au fond de lui, il se demandait de plus en plus s'il avait eu raison d'accepter la proposition de Charlie. Les ultimes doutes s'étaient définitivement estompés, lorsque l'homme s'était enfin décidé à bouger en lui. Après, tout juste deux allers-retours, Harry avait perdu le fil de ses pensées et lorsque, à nouveau, Charlie effleura la prostate du jeune homme, Harry aurait bien été incapable de savoir où il était, il profitait seulement de l'instant présent. Carpe diem comme avait dit le roux.

Son amant le dominait de toute sa puissance, il avait joint ses mains aux siennes et Harry les serrait fortement, victime d'une peur incompréhensible et irrépressible que Charlie ne décide de tout arrêter et de s'enfuir au loin. Le dresseur de dragons le fixait de ses grands yeux bleus d'habitude si moqueurs, il paraissait si concentré, des gouttes de sueur coulaient le long de son visage. Harry ne l'avait jamais trouvé aussi beau qu'en cet instant. Petit à petit, et ne voulant pas rester cet être passif et inoffensif qu'il avait l'habitude d'être, le brun alla à l'encontre de son amant et cela avait été encore plus intense et prodigieux. Leurs corps s'accordaient parfaitement, dans cette danse sensuelle qu'il aurait souhaitée éternelle. L'intensité et le rythme des à-coups si incroyablement bon s'étaient nettement accrus. Harry sentait tout son corps se tendre vers une ultime extase. Il n'allait plus tarder à venir dans un ultime soupir et c'était effectivement ce qui s'était produit, lorsque le visage de Charlie s'était progressivement baissé en direction du sien et qu'il l'avait embrassé avec passion, avec presque de la déraison. Il s'était répandu, sa semence formant un lien entre leurs deux corps. L'autre homme l'avait suivi quelques instants plus tard, dans un ultime cri de jouissance. Charlie s'était allongé, après sa libération, le corps encore moite, sur celui d'Harry, encore tremblant. Il avait une nouvelle fois embrassé son partenaire mais cette fois, avec une tendresse peu coutumière.

Ils étaient restés plusieurs minutes, allongés l'un contre l'autre, somnolant, profitant d'un repos plus que mérité. Harry, timidement avait entamé la conversation :

« Je… Je… Est-ce que ? »

Harry avait regardé le plafond de la chambre sans oser terminer sa question, de peur de passer pour un total imbécile. Pour avoir été taraudé par les mêmes doutes que son jeune amant, Charlie qui attrapait sa baguette magique afin d'effacer les traces de leurs ébats lui avait répondu sur un ton goguenard, ce même ton qu'il prenait pour taquiner Harry et qui avait tant de fois donné envie au brun d'étrangler Charlie.

« N'aie aucune crainte de ce côté-là, tout a été parfait… Tu es parfait… La seule chose qui me perturbe, c'est comment tu peux encore en douter ! Surtout après tout ce que je n'ai cessé de te répéter ! Bon, ce n'est rien, je vais te le dire une énième, et j'espère, dernière fois : tu es un être exceptionnel et pas seulement car tu as hérité malgré toi du titre de Survivant, tu es beau, adorable, tu penses toujours aux autres avant tes propres désirs et aspirations. Lorsque je te vois ainsi, encore légèrement essoufflé et en sueur, suite à nos ébats, je me dis qu'une seule chose, c'est que j'adorerais remettre ça tout de suite, encore une fois mais mon corps ne s'en remettrait pas je pense, tu m'as littéralement épuisé. »

Charlie s'était installé plus confortablement et tout comme Harry, une douce torpeur l'avait envahi. Les deux hommes s'était doucement assoupis, dans les bras l'un de l'autre. Quand le brun s'était enfin réveillé, il avait surpris Charlie qui l'observait avec attention.

« Moi aussi, je t'ai épuisé, apparemment, mais il va falloir te lever, Belle aux bois dormants, cela va bientôt être de l'heure du retour, le portoloin ne va pas tarder à s'enclencher et ce serait dommage que tu le loupes… Enfin... »

Charlie avait levé les yeux au ciel, l'air pensif et cela lui avait valu un coup de coude dans les côtes de la part de son petit-ami.

« Ce n'est pas drôle, tu sais. J'ai hâte de retourner à Square Grimmaurd et de commencer les entraînements de quidditch mais en même temps, je me sens si bien ici… avec toi. »

Harry avait baissé le son de sa voix au fur et à mesure qu'il lui avait répondu et à la fin, ce n'était plus qu'un murmure. Le dresseur de dragons avait alors passé sa main le long du dos nu du brun et dans un geste de réconfort, il l'avait lentement caressé :

« Ne t'inquiète pas, tu vas voir, tout va s'arranger et dans une semaine, tu te demanderas ce que tu me trouvais exactement, quand tu verras dans les vestiaires de Canons de Chudley, tous tes partenaires, à commencer par Olivier Dubois.

- Olivier Dubois ? Tu… »

Les iris verts d'Harry avaient posé un regard suspect sur son partenaire qui s'était contenté d'un simple :

« Il n'y a pas que ce cher Snape que l'on peut croiser, seul, dans des vestiaires de quidditch.

- Tu n'arrêtes donc jamais, tu es incroyable.

- Il fallait bien que je m'exerce avant de découvrir celui qui me conviendrait. »

Et Charlie s'était contenté d'un petit mouvement de bassin, pour désigner 'celui qui lui conviendrait'.

« CELUI QUI LUI CONVIENDRAIT !, cria Harry qui sortait de son rêve. Tu parles d'un mensonge, Aloupiou. Il est tout le temps resté avec moi, jusqu'à ce que j'effleure le vieux téléphone rose qui nous a servis pour le retour. Tu m'entends, tout le temps, chaque fichue seconde… »

Le pseudo-dragon rose avait crachoté des petites volutes de fumée qui selon Harry marquait sans aucun doute possible son intérêt et son approbation à ce qu'il disait.

« Et lorsque j'ai commencé à pleurer… Il m'a serré dans ses bras pour me réconforter, il a pourtant été si gentil. Pfff. »

Il prit l'un des coussins au ton pastel et y enfouit son visage comme pour y disparaître à tout jamais.

« Et je l'ai cru ce menteur, je ne suis bien qu'un crétin ! Comme s'il pouvait s'être réellement attaché à moi, en aussi peu de temps, ce coureur de pantalon, ce Gilderoy Lockhart de pacotille ! »

Et ne retenant plus sa rage, il envoya un grand coup de pied contre l'accoudoir de son tout nouveau canapé, ce qui l'avait fait pousser un cri de douleur que toutes les personnes aux alentours avaient dû entendre sur deux kilomètres.

Et c'est précisément à cet instant qu'une fumée verte apparue dans l'âtre de la cheminée, suivie du plus fameux dresseur de dragons de son état, toujours aussi sûr de lui, et toujours sourire aux lèvres. Véritable scène digne de la pire des comédies romantiques !

Harry se contenta pour l'accueillir d'un « Connard ! ».

Charlie regarda celui qu'il pensait être encore son petit-ami, cinq secondes auparavant, avec incompréhension mais il en fallait plus pour qu'il se laisse démonter.

« Bonjour à toi aussi, chéri, tu m'as manqué, répondit-il, son éternel sourire ironique, vissé à ses lèvres. C'est comme cela que tu m'accueilles, c'est charmant. Moi qui te pensais plus romantique. J'étais pourtant tellement persuadé que tu me recevrais un petit bouquet de fleurs à la main, les yeux embués de larmes, obstinément fixés au sol, au temps pour moi. Ceci ne se réalisera que dans mes rêves, tant pis, finit-il, haussant les épaules.

- Tu rêvais de quoi ? Que je t'attende avec un petit bouquet. Encore fallait-il savoir l'heure de ton arrivée, stupide dresseur de dragons ! Et tiens ça remplacera les fleurs ! »

Harry lança le coussin le plus proche dans la direction de Charlie. Il avait visé le visage et il ne manqua sa cible qu'à cause du réveil des anciens réflexes d'attrapeur de Charlie.

« Holà ! Holà ! Calme-toi, petit. Je sais bien que tu as toujours au moins un temps d'avance sur tout le monde, tu n'es pas le meilleur attrapeur que le monde de la sorcellerie ait connu pour rien mais là, je dois admettre que je comprends rien à rien.

- Rien à rien ! Sans cœur ! Triple Idiot ! Après tout ce qui s'est passé, tes beaux et longs discours, rien, rien de rien, pas le moindre message par cheminée ou par hibou, depuis plus de dix jours !

- Pas le moindre message… Oh… »

Charlie ne put retenir un grand éclat de rire de retentir dans le vaste manoir magique.

« Ce n'est pas drôle ! »

Harry le fusillait du regard et croisa les bras, boudeur. Le roux eut des difficultés à répliquer entre deux éclats de rire

« Oh que si, car je comprends tout à présent ! Quelle bande d'idiots ! Ah ! Ah ! Ah ! D'ailleurs dis-moi, tu as bien une chouette à ce que je sache, elle aurait pu servir à m'envoyer des messages remplis d'amour mais il me semble que toi non plus, tu n'as pas fait grand-chose et vu sous cet angle, je pourrais en prendre ombrage. »

Harry resta coi, l'espace d'un moment, ne sachant plus comment s'opposer à l'assertion de Charlie. Il devait admettre que le roux avait également raison. Lui non plus, n'avait pas adressé le moindre petit message à son petit-ami mais il avait eu une très bonne raison de ne pas le faire. Il n'avait pas osé de peur que Charlie ne se décide à le repousser, cette croyance étant confortée par l'absence totale de nouvelles du dresseur de dragons. Il apparaissait comme impensable à Harry que Charlie ait eu les mêmes craintes, il était bien trop sûr de lui et il avait bien trop d'expérience pour douter de son succès et de son emprise sur un homme tel qu'Harry. Toutefois, face au rouquin, ce raisonnement ne lui paraissait plus aussi logique lorsqu'il devait faire face aux grands yeux bleus de Charlie. Il n'osa lui en faire part, craignant une nouvelle salve de moqueries, qui seraient probablement méritées et se contenta de botter en touche :

« Peut-être bien. Mais il me semble que visiblement et contrairement à toi, je suis bien le seul qui soit perturbé par le fait que personne ne se soit envoyé de messages. Tu n'as pas l'air très chagriné par toute cette histoire.

- Et pourquoi le saurai-je ? Si j'avais encore des doutes sur tes sentiments à mon égard, ce qui était loin d'être le cas, je serais totalement rassuré. Même pas deux semaines sans nouvelles et tu es prêt à détruire tout sur ton passage. Je suis au contraire, le plus heureux des hommes, me voilà aimé par l'être le plus adorable de la planète. »

A pas de velours, Charlie s'était rapproché de sa proie. Il n'était plus qu'à un mètre du canapé. Même si le brun avait rougi, il refusa de se laisser amadouer aussi facilement. Le dresseur de dragons restait plus qu'évasif il ne lui avait encore donné aucune explication à son absence de message.

« Tu crois t'en sortir aussi facilement…

- Et pourquoi pas ? Après tout, je n'ai rien fait de mal. Je ne sais pas ce que tu t'imagines sur mon compte mais cela ne m'est jamais, par Gryffondor, jamais, arrivé de ne pas prévenir un homme lorsque je le quittais et de le laisser attendre ainsi des jours sans donner de nouvelles. Crois-moi si tu veux mais je ne suis pas aussi goujat. Et je vais couper court tout de suite, à ton imagination débridée, je ne suis pas venu ici, aujourd'hui, dans le but de rompre avec toi. »

Le brun croisa les bras, légèrement boudeur.

« Alors pourquoi tu arrives ainsi, sans crier gare ?

- Je ne suis pas venu sans crier gare. Tu aurais dû être au courant de mon arrivée, on devait te prévenir…

- Et qui donc ? Car franchement, personne, je dis bien personne ne m'a fait une quelconque commission.

- Les jumeaux, se contenta de répondre brièvement Charlie.

- Les jumeaux ! Oh, je vois ! Il faut bien être bête pour demander aux jumeaux pour transmettre un message, quel qu'il soit.

- Ce n'est pas ça, ils étaient chez toi, dans le salon, quand j'ai essayé de te joindre par cheminette et toi, je ne sais plus trop, dans la cuisine, il me semble. Je n'ai malheureusement pas pu attendre, j'ai été appelé en urgence. Nous avons découvert une nouvelle cargaison de D.M.M. dans un entrepôt à Bucarest. Bref, je les ai laissés en charge de te prévenir mais, fidèles à eux-mêmes, ils ont voulu faire une farce, voilà tout. Il n'y a rien de bien méchant. »

Harry avait posé sa main devant sa bouche. C'était donc ça. Samedi dernier, les jumeaux étaient venus lui rendre une petite visite amicale, pour le féliciter de son engagement chez les Canons de Chudleys. Il était parti à la cuisine, chercher des rafraîchissements. Il avait entendu un énorme chambardement à un moment mais quand il était revenu dans le salon, il n'avait trouvé que les jumeaux hilares, comme à leur habitude. Longtemps, après leur départ, il avait cherché ce qu'ils avaient fait dans le manoir mais il n'avait rien trouvé, pas la moindre trace d'un quelconque sort farceur ou d'objets ensorcelés. A présent, tout lui paraissait plus clair.

« Quelle bande d'idiots ! Je me suis fait un sang d'encre tous ces derniers jours et ils n'ont absolument rien dit. Ils devaient bien rigoler.

- Mais tout cela n'est pas très grave. Nous aussi, on ne va pas tarder à en rire de cette stupide plaisanterie, une fois que ta petite colère sera passée. »

Charlie l'avait finalement rejoint sur le canapé et tenait entre ses mains le menton qu'il leva afin de l'embrasser. Le baiser était doux et léger. L'homme essayait de calmer l'énervement d'Harry mais pour l'instant, les résultats n'étaient guère probants.

« Comment cela se fait-il que tu aies eu le temps d'organiser ce voyage par cheminette, depuis la Roumanie, si tu n'as pu rester plus de dix minutes en communication la semaine dernière ?

- C'est une longue histoire et j'espère que tu vas adorer la fin. »

Cette phrase énigmatique fit lever un sourcil interrogateur à Harry.

« Qu'est-ce que tu entends par là exactement ?

- Je t'ai parlé tout à l'heure de la découverte d'une nouvelle cargaison de D.M.M.

- Oui, répondit simplement Harry qui jeta un coup d'œil en direction de son petit Aloupiou qui mâchouillait un petit morceau de tissu. »

Heureusement qu'ils avaient pu arriver à temps et le sauver et Harry espérait que les responsables de ces horreurs paieraient chèrement leur cruauté.

Charlie se racla légèrement la gorge avant de reprendre :

« Nous avons une piste sérieuse, le responsable du trafic de D.M.M. est ici en Angleterre.

- Mais comment ?

- Nous en avons la certitude, nous avons découvert une preuve, une lettre.

- Qui est-ce ? Et quand allez-vous l'arrêter ?

- Malheureusement, ce n'est pas aussi simple. Le réseau est tentaculaire et il est probable que des personnes de haut rang soient concernées. Et c'est pourquoi… »

Charlie s'interrompit, faisant trépigner d'impatience son petit-ami.

« Et c'est pourquoi, quoi ?

- Nous allons mener une enquête, ici, pour que tous les maillons de la chaîne tombent, je ne veux pas qu'une seule de ces pourritures puissent s'en sortir et je me suis porté volontaire pour travailler ici.

- Pardon ?

- Julian surveillera les dragons en mon absence, lui qui rêvait de devenir chef, je plains les autres.

- Tu veux dire que tu vas rester ici ? Pour longtemps ? »

Harry avait du mal à cacher sa joie, ses yeux pétillaient de mille feux. Charlie hocha positivement la tête.

« D'ailleurs, j'ai un souci…

- Quoi ?

- Tu sais les loyers sont très cher à Londres, beaucoup plus qu'en Roumanie, c'est une certitude. Alors je me suis dit que je pourrai peut-être emménager ici.

- Pardon ? »

Harry avait failli s'étouffer lorsqu'il avait entendu Charlie parler aussi naturellement d'emménager ensemble. Pourtant c'était un grand cap, un cap qu'il n'avait jamais pensé franchir avant une très, très longue période.

« Ne t'inquiète pas, je sais bien qu'ici, c'est chez toi et je te dédommagerai en conséquence, évidemment. Alors, tu es d'accord ?

- Je… Je dois y réfléchir.

- Tu ne veux pas ? Nous pourrions refaire encore et encore, l'amour jusqu'à épuisement. Ce ne serait pas bien ? »

La voix du rouquin s'était faite plus sensuelle. Il avait susurré sa dernière phrase, tout contre le visage d'Harry, son souffle chaud dirigé vers les lèvres rouges du brun. Charlie avait légèrement bougé des hanches qui frottèrent contre l'entrejambe de son amant.

« Et puis, ces quinze premiers jours se sont révélés plus que concluants pour la cohabitation. Je te promets que tu connais la plupart de mes défauts, tu ne risques pas d'avoir de mauvaise surprise. Alors, à toi de décider, je me plierai à ton choix, beau gosse.

- Pour une telle demande, tu aurais pu, je ne sais pas, apporter des fleurs, par exemple.

- Si ce n'est que cela, accio fleurs. »

De la cheminée, voleta un petit bouquet de muguet qui avait été préparé magiquement, avec grande minutie. Charlie l'attrapa et le tendit au jeune homme :

« Tu crois que je ne te connais pas, M. Harry Potter.

- Tu penses vraiment à tout.

- Oh que oui ! Et tu sais à quoi je pense en cet instant précis… A ce qu'on va faire une fois que tu auras accepté ma proposition de vivre ensemble. »

Comme un avant-goût, sa langue sortit rapidement de sa bouche et vint lécher une seconde les fines lèvres d'Harry. Le brun sourit et répondit :

« Je suis bien resté en vacances, chez toi, deux semaines, je peux au moins t'accueillir quinze jours.

- Seulement quinze jours ?

- A toi de me persuader de te garder avec moi.

- Ne t'inquiète pas pour ça, Harry. Je saurai bien te convaincre. Après tout, je suis capable de dresser des dragons rien qu'en leur murmurant à l'oreille. »

Et pour commencer, il l'allongea sur le canapé…

FIN