Harry l'attendait assis par terre contre un pilonne de pierre.
Hermione ! Tout va bien, lui demanda-t-il avec un sourire.
Oui, répondit-elle en lui rendant son sourire.
Ils descendirent les marches de pierre de l'escalier en colimaçon. Ils passèrent rapidement par la lingerie ou Hermione changea de robe. Elle ne parvenait pas à en trouver une à sa taille, toutes étaient trop grandes. Elle choisit néanmoins elle qui semblait lui aller le mieux et sortit de la pièce.
Tu souhaites vraiment retourner finir le cours ? questionna Harry.
Pas vraiment, et toi ?
Oh.. moi non plus. J'espère que Ron s'en sortira sans nous.
Je suis certaine que oui ! Autrement, il ira avec Lavande. Il sera ravi et elle aussi, dit-elle avec un sourire malicieux.
Ils se regardèrent et sourirent tous les deux en pensant aux deux amoureux.
Ils prirent la direction du lac. Sous ce soleil toujours aussi tapant, la marche était agréable. Le soleil leur réchauffait le dos tandis que l'air ambiant était frais. Ils s'arrêtèrent sous le grand saule pleureur au bord du lac noir. Ils pouvaient distinguer parfaitement les montagnes qui leur faisaient face. Une chouette traça un sillon dans le ciel et descendit en piquer ver la berge avant de se poser.
Les deux Gryffondors s'assirent sur le sol contre l'arbre. Leur visage était caressé lui aussi par les doux rayons du soleil.
Harry…
Oui ?
Tu as vu, n'est-ce pas ?
Oui Hermione
Harry se dit qu'il valait mieux jouer franc jeu. Il ne voulait pas mentir à son amie.
Pourquoi te fais-tu du mal ainsi, Hermione ? Demanda Harry d'une voix un peu triste
Ça me fait du bien.
Du bien ?
Oui, ça me soulage.
Harry ne répondit pas. Elle semblait ne pas vouloir parler plus. Durant quelques longues minutes encore, ils observèrent le paysage. « Ce temps est vraiment agréable » songea Harry.
Harry… il faut que je te dise quelque chose.
Harry tourna la tête vers elle. Sa voix était tremblante et ses yeux humides. Il ne posa pas de questions, il l'écoutait, seulement.
Je… Mes… Cet été, mes parents… sont morts, acheva-t-elle dans un sanglot.
Que.. quoi ? Dit-il empreint d'incompréhension.
Cet été,, reprit elle d'une voix moins chevrotante, Voldemort est venu chez moi et a tué mes parents.
Harry ne savait que dire. Jamais il n'aurait pu imaginer une telle horreur.
Hermione était orpheline.
Hermione avait perdu ses parents.
Hermione avait vu ses parents mourir devant elle.
Hermione….
Mais Hermione le sortit de sa torpeur.
C'est pour cette raison que je ne suis pas au plus haut de ma forme en ce moment…
Oh Hermione.. mon dieu..
Il la prit dans ses bras. Elle se sentait bien dans ses bras, rassurée. C'est peut-être ce dont elle avait besoin ? Avoir une présence auprès d'elle.
Harry.. J'aimerais que tu gardes ça pour toi…
Oui bien entendu Hermione ! Mais.. qui est au courant ?
Dumbledore et madame Pomefresh.
D'accord. Ne t'inquiètes pas, je n'en parlerais pas. Mais Hermione, tu sais que si tu as besoin de parler, je serais toujours là pour toi, n'est-ce pas.
Je sais Harry, et je t'en remercie.
Ils se turent. Hermione prit la main d'Harry et ils restèrent là un moment. Tout à coup, Hermione entendit un bruissement, comme le pas d'une personne.
Harry, chuchota-t-elle, j'ai entendu quelque chose. Je crois qu'il y a quelqu'un.
Je n'ai rien entendu. Ne t'inquiètes pas, il n'y a personne. Tu es juste un peu sur les nerfs.
Oui peut-être, tu as raison, Harry.
D'ailleurs, pourquoi ne te reposerais-tu pas aujourd'hui ? Ça te ferait du bien, tu en as vraiment besoin.
Il faut que je suive les cours, pour ne pas prendre de retard.. Et puis cet après-midi, nous avons cours de vol, je ne suis déjà pas très douée dans cette matière…
Hermione, ne le prend pas mal, mais je pense que tu devrais cesser toute activité physique.
Je.. Pourquoi ?
Non Hermione, s'il te plait, ne t'énerve pas, dit-il en la voyant se crisper.
Elle l'observa dans les yeux et se détendit un peu.
Je disais cela parce que tu as perdu énormément de poids, tu ne manges pas et tu es très faible.
Elle ne répondit rien. Une fois de plus, elle avait les yeux embrumés de larmes.
Hermione… dit Harry d'une voix embêtée. Hermione, il faut que tu reprennes du poids, tu es très très maigre.
Je sais, dit-elle en pleurant.
Une fois de plus, Harry la prit dans ses bras.
Viens manger avec nous ce midi.
Je ne veux pas manger en public.
Pourquoi ?
Je ne sais pas, mais je ne veux pas.
Est-ce que si tu manges uniquement avec moi, tu serais d'accord de venir ?
Je…
Hermione s'il te plait…
D'accord, je vais essayer.
Les cours ne sont pas encore terminés, allons déjeuner immédiatement la Grande salle sera vide.
D'accord.
Ils se levèrent et prirent une fois de plus la direction du château.
Tu n'as pas trop mal au bras, demanda-t-il.
Si, un peu, mais ça ne me dérange pas.
Hermione, il faut que tu cesses de te faire du mal ainsi.
Je sais, Harry, mais ce n'est pas facile.
J'ai moi aussi quelque chose à t'avouer Hermione.
Elle le regarda de côté et attendit.
Moi aussi, je me scarifiais.
Pardon ?
Tu as bien comprit, Hermione. Je l'ai fait durant la quatrième année et tout l'été qui a suivi.
Comment as-tu arrêté ?
Ça n'a pas été facile, mais j'ai beaucoup parlé avec Sirius et ça m'a aidé. Puis j'ai abandonné ce comportement autodestructeur.
Alors tu comprends ce que je peux ressentir ?
Oui Hermione, je comprends.
Hermione n'en revenait pas, comment avait-elle pu passer à côté du profond mal-être de son ami ? Après réflexion, elle se remémora quelques scènes où effectivement, Harry était très mal. Jamais elle n'aurait pu imaginer cela..
Ils arrivèrent devant la Grande Salle. Hermione était extrêmement nerveuse. Elle chancela un peu, mais ne laissa rien paraître.
Conformément à ce qu'ils avaient imaginé, lorsqu'ils entrèrent dans la Grande Salle, elle était presque vide. La table des Serpentard était occupée uniquement par Malefoy, il était seul. Personne autour de lui. Hermione le remarqua immédiatement, mais Harry n'y prêta pas attention et ne le vit pas. Ils se dirigèrent vers la table des Gryffondor où un petit groupe de première année semblaient avoir une discussion animée et enjouée.
Hermione scruta la table d'un rapide coup d'œil, au repas, il y avait des brocolis, de l'écrasé de pommes de terres et du rôti.
Elle semblait paralysée sur place. Harry lui servit une assiette. Il fait attention à ne pas lui faire un plat gargantuesque mais une portion plutôt petite.
Allez Hermione, mange un peu dit-il. S'il te plait, essaie.
Elle saisit sa fourchette et la piqua dans un brocoli. Elle le mangea. Elle pâlit un peu plus.
Voilà, j'ai suffisamment mangé.
Hermione ! S'exclama Harry outré. Mange Hermione, je t'en prie, mange, je n'en peux plus de te voir comme ça, tu es tellement maigre, mange s'il te plait.
Désormais, c'était lui qui était au bord des larmes. Devant sa détresse, Hermione se força à manger.
Elle prit une bouchée de purée, puis de viande et elle finit par manger la moitié de l'assiette.
Harry l'observait. En son for intérieur, il était heureux qu'elle ait mangé.
Voilà Harry, je ne pourrais pas manger plus.
Prend au moins un fruit en dessert s'il te plait.
Elle hésita puis se décida à prendre une pomme, qu'elle mangea.
