Titre original : Eight
Auteur : Lily Elizabeth Snape
Traductrice : PetiteMary
Disclamer : Les personnages sont à J.K. Rowling, l'histoire est à Lily Elizabeth Snape. Je n'agis qu'en tant que traductrice.
Résumé : Harry, âgé de huit ans, se fait maltraiter par les Dursleys. Rogue est un sorcier particulièrement froid et distant. Severus peut-il offrir à Harry l'enfance à laquelle il n'a pas eu droit?
Note de la traductrice
Je poste déjà la suite pour une seule et bonne raison : j'ai passé la journée d'hier à attendre à l'urgence. J'avais mon ordinateur portatif, mais pas d'accès internet, alors j'en ai profité pour m'avancer dans ma traduction. Les chapitres suivants viendront sans doute une fois par semaine, ou au plus tard aux deux semaines. Pour répondre rapidement aux reviews :
1. Oui, la fic originale est terminée (je ne traduis que des fics terminées, pour être sûre de ne pas devoir arrêter en cours de traduction).
2. Elle est composée de 21 chapitres.
3. Pour les accents, c'est noté (enfin, le prénom de Rogue n'est pas nommé dans ce chapitre, mais je tâcherai de m'en rappeler pour plus tard).
Merci à ceux qui ont ajouté la fic dans leurs favoris, ça fait toujours plaisir, et un merci tout spécial à ceux qui ont laissé des reviews. Bonne lecture!
Chapitre 2
Le garçon trébucha alors que nous atteignions les premières marches menant à la maison. Je m'arrêtai, m'attendant à des lamentations et des pleurnicheries. Mais il se releva de lui-même et me lança un regard dédaigneux.
« Arrogant Gryffondor trop fier! » pensai-je. Mais je dus admettre que j'étais un peu impressionné. J'avais observé moins de stoïcisme de la part de Crabbe durant les réunions de Mangemorts.
« Suis-je vraiment en train de le comparer à Crabbe? James serait furieux! »
Je ricanai à cette pensée.
…
J'essuyai le sang sur mes mains pendant que l'homme riait de moi. J'étais certain qu'il me frapperait, mais il s'est contenté de se remettre à marcher. Je m'assurai de bien étaler le rouge sur mon chandail pour ne rien tacher. Il nous fit entrer dans la maison et je ne pus m'empêcher de tousser. C'était tellement sale et poussièreux! Tout était couvert d'une couche de cendre, comme si la cheminée avait explosé. Visiblement, personne n'avait mis les pieds là depuis très très longtemps.
La nuit était tombée, et il alluma quelques chandelles. Il m'envoya un sourire méprisant, puis monta les escaliers. Je refermai la porte du cottage derrière moi et la verrouillai, espérant que ce soit la bonne chose à faire. Quand il redescendit, il semblait presque embarrassé. Peut-être qu'il n'avait pas envie que quiconque voit sa maison en si mauvais état; tante Pétunia serait morte de honte!
Il avait changé de vêtements, et portait quelque chose qui ressemblait à une large robe de femme noire. Et il portait un long manteau, ce que je trouvai vraiment étrange pour cette époque de l'année.
« As-tu faim? » demanda-t-il.
Je savais que c'était une question piège. S'il avait voulu que je mange, il m'aurait donné quelque chose.
« Non, monsieur » croassai-je. Je n'avais pas parlé depuis plusieurs heures, et je constatai que ma voix était enrouée par la poussière.
« Et bien, alors, suis-moi. »
Il remonta les escaliers, grommelant dans sa barbe. Je le suivis jusqu'à une jolie petite chambre qui était miraculeusement propre. Il y avait aussi un foyer en pierre et une petite cheminée. Il y avait un lit de taille moyenne recouvert d'une literie légère, et une armoire dans un coin. Je pouvais voir la pleine lune par la petite fenêtre; il y avait même une banquette pour s'asseoir sous la fenêtre. Je me demandai pourquoi il m'avait emmené là; il ne pouvait pas vouloir que je nettoie cette chambre en premier. Le reste de la maison en avait bien plus besoin!
« Range tes choses et vas dormir. »
Il ferma la porte brusquement et s'en alla.
Je réussis à faire entrer tous mes effets dans le tiroir du bas de l'armoire. Je tendis l'oreille pour m'assurer qu'il n'était pas resté tout près, puis j'osai toucher le couvre-lit. C'était comme de la soie; comme des ailes de fée et de la poussière de lutin. Je prétendis que j'étais sur une expédition et que je venais de trouver le royaume de la reine des fées. D'une minute à l'autre, toute sa cour débarquerait dans la chambre en dansant sur la soie tissée. Ils se prosterneraient tous, et elle demanderait à me voir, et elle me ferait chevalier, et elle me donnerait des dangereuses missions à accomplir.
« Arrête de rêver éveillé! Tu vas te faire prendre! » pensai-je en soupirant.
Je savais que le lit n'était pas pour moi. Peut-être l'homme reviendrait-il plus tard et se coucherait-il là. Je regardai tout autour, et décidai que le meilleur endroit pour m'installer était probablement le coin. Je lançai un regard insistant à la lune timide, posai ma tête sur la dernière pierre de la cheminée, et tombai dans un profond sommeil, les dents serrées. Parfois, quand je faisais ça en m'endormant, je ne pleurais pas quand des cauchemars venaient envahir mes rêves.
….
Je lui avais offert les deux seules choses auxquelles j'avais pu penser : manger et dormir. J'espérais qu'il resterait dans sa chambre toute la nuit; s'il se relevait pour se plaindre, j'allais devenir fou. Il avait juste quelques années de moins que mes premières années, à l'école, mais il était si petit, si délicat! À le voir, je ne lui donnais pas plus de quatre ou cinq ans. Je réalisai alors qu'il n'avait dit que deux mots depuis que nous avions quitté les Dursley.
Redonnant à mes malles leur taille normale d'un coup de baguette, j'essayai de penser à comment j'allais occuper son temps, jour après jour, pendant trois mois. Que faisaient les enfants?
« Et bien, quand j'étais enfant, je me cachais dans un coin, j'essayais de protéger ma mère, et j'endurais les coups. »
Je ne voulais pas cela pour Harry, peu importe à quel point il me rappelait James. À Poudlard, les enfants jouaient au Quidditch, avaient des animaux de compagnie et des amis. Enfin, la plupart d'entre eux avaient des amis. Je n'avais jamais fait quoi que ce soit de tout cela, mais la plupart des étudiants si.
Je n'avais pas d'amis à l'époque, et ça n'avait pas changé depuis, alors je savais que je ne pouvais introduire le garçon à d'autres camarades de jeu. Un balai était hors de question dans un quartier moldu.
« Je vais devoir l'amener à Poudlard, décidai-je. Je me demande s'il aime lire? Lily adorait lire… »
Je me forçai à l'éloigner mes pensées d'elle, et me préparai une potion de sommeil sans rêves. Après une bonne dose, le poussiéreux lit de la chambre des maîtres m'entraîna dans les limbes.
…
Je me réveillai aux premières lueurs de l'aube, et entendu un coq chanter dans le lointain. Des chats se battaient dans le jardin défraîchi, et j'entendais d'autres bruits matinaux qui ne m'étaient pas familiers. Après avoir vécu dans un petit quartier de la classe moyenne du Surrey, il allait me falloir un peu de temps pour m'acclimater.
Je m'étirai et passai par les toilettes, priant pour ne pas le réveiller; je ne pouvais tout simplement plus me réveiller. Je me rendis dans la cuisine pour me laver, attendant que l'eau tourne du brun au clair. Je me contentais d'un jaune pâle. Je cherchai un peu de nourriture pour me faire un déjeuner, mais il n'y avait rien.
Il ne m'avait pas laissé une liste de tâches à faire, comme tante Pétunia le faisait toujours, alors j'essayai de deviner où il voulait que je commence. Je trouvai tout ce dont j'avais besoin dans un placard à balais, et fut soudainement très reconnaissant de ne pas avoir eu à dormir là. C'était rempli de toiles d'araignées et d'insectes morts.
Je pris un chiffon humide et commençai à frotter toutes les surfaces du gigantesque parloir, devant rincer le morceau de tissu à chaque fois à cause de l'ampleur de la saleté. Je roulai le vieux tapis à motif et entrepris d'astiquer le plancher. Il était à peu près propre quand j'eus terminé cette tâche, et j'espérai que l'homme ne serait pas fâché du peu de progrès que j'avais faits. Je me demandai si j'allais finir par connaître son nom.
Je sortis le tapis dans le jardin. Les chatons se précipitèrent vers moi et se chamaillèrent dans la poussière, tellement que la poussière me brûla les yeux. Je fus heureux de constater qu'il y avait une corde à linge, tendue entre deux saules à l'air maladif. Le tapis était vraiment lourd, et il me fallut un certain temps pour le ramener après l'avoir nettoyer. Décidant que je ne pouvais rien faire de plus pour le parloir, je me dirigeai vers la cuisine. Je venais de finir d'essuyer les comptoirs quand il arriva, regardant dans le vide comme s'il était encore à moitié endormi. Nous portions encore tous les deux nos vêtements de la veille.
« Par la barbe de Merlin, qu'est-ce que tu es en train de faire? » cria-t-il, semblant se réveiller soudainement. Cet homme avait-il déjà ouvert la bouche sans crier?
Je sautai de la chaise sur laquelle j'étais et m'éloignai aussi loin que possible de lui. « Je suis désolé, monsieur. » Qu'est-ce que je pouvais bien dire d'autre?
…...
« Il essaye de m'amadouer? La sale petit morveux! Tout à fait comme ces idiots de Maraudeurs, comme ils se surnommaient, le faisaient avec Dumbledore. »
Le parloir avait repris une apparence tout à fait acceptable, mais seule l'intention comptait vraiment. Il n'allait pas m'avoir aussi facilement, même s'il avait l'air d'un pathétique petit gamin des rues.
« Va te laver et mettre tes plus beaux vêtements. Nous sortons. » Nous devions aller au marché; je savais qu'il aurait faim éventuellement.
Il courut en haut des escaliers et je passai une main dans mes cheveux. « Lily a toujours dit que les cheveux longs m'allaient bien. » Mais merde! Je détestais qu'il me fasse tant penser à sa mère! Mon plus grand regret était d'avoir perdu son amitié. Je n'avais jamais cherché à savoir s'il pouvait y avoir quelque chose d'autre entre nous; l'attrait du pouvoir m'avait consumé au lieu de ça.
Je sentis son regard dans mon dos, et je me tournai pour le voir, se tenant debout dans l'entrée. Il avait encore l'air pouilleux; il n'avait donc pas écouté ce que je lui avais dit?
« Je t'ai dit de mettre tes plus beaux vêtements! Tu n'écoutes rien? Et la moitié de ton visage est encore aussi noire que de la suie! Retourne en haut, et ne reviens pas tant que tu ne m'auras pas obéi! »
J'attendis, devenant de plus en plus furieux de secondes en secondes. Je tentai de rester moi-même en regardant du côté du jardin que j'avais aménagé quand j'étais étudiant, mais il avait été envahi par les mauvaises herbes; toutes les plantes décentes avaient été mangées par la vermine depuis longtemps.
Inébranlable, je me frayai un chemin dans les escaliers. Le garçon était assis à la fenêtre, rêvant éveillé. J'allais lui crier après à nouveau, mais il sursauta. S'il ne voulait pas écouter ce que j'avais à lui dire, je lui montrerais par des actions. J'ouvris le premier tiroir de l'armoire, puis le suivant, et encore le suivant. Ils étaient vides.
« Tu ne m'as pas obéi, je t'ai dit de ranger tes – oh. »
Il y avait quelques choses dans le tiroir du bas, des jouets brisés et des vêtements sales.
Je repris. « Je t'ai dit de prendre tout ce que tu avais chez ton oncle et ta tante. Tu ne pouvais même pas suivre cette simple consigne? »
Il ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais je ne voulais pas entendre de fausses excuses. « Silence! » demandai-je. Au moins, il pouvait obéir à une commande simple comme celle-ci.
Je sortis ma baguette et métamorphosai ses vêtements en quelque chose de plus portable. Il passa tout près de la crise cardiaque! J'aurais mis le feu à ses vêtements que je ne me serais pas attendu à une réaction pareille. Ces nés moldus! Enfin, élevé moldu, mais ce n'était pas mieux.
« C'est juste un sort. Maintenant, va nettoyer ta figure! » J'aurais pu le faire d'un coup de baguette, mais je n'allais pas encourager sa désobéissance.
…..
Wow! C'était tout simplement magique! Je m'inquiétais pour mon visage, cependant. La saleté à laquelle il faisait référence était en fait une gale. Je l'arrachai quand même, fermant les yeux à cause de la douleur. Ça ne fit qu'empirer les choses. Je laissai la plaie à l'air libre pour qu'il puisse voir que j'avais essayé; espérant que ce soit suffisant. Je retournai dans la chambre, mais il me prit par le bras comme il l'avait fait dans le train. Nous retournâmes dans la salle de bain et il essuya mon visage avec une serviette. Je ne dis rien; il aurait été furieux si je l'avais contredit ou si j'avais poussé un cri. Il arrêta soudainement, et déposa le bout de tissu sur le sol. Je m'accroupis et la repris pour la lui redonner.
« Comment est-ce arrivé? demanda-t-il, sans crier pour la première fois.
- Je suis tombé » répondis-je automatiquement.
C'était ce que je disais toujours quand quelqu'un me questionnait à propos d'une blessure. Je le regrettai, toutefois. Je ne pouvais plus me mettre dans le trouble avec oncle Vernon en disant la vérité maintenant, non? Mais je ne pouvais plus reculer et ainsi avouer que j'avais menti.
« Quand tu es tombé hier soir? me pressa-t-il.
- Oui, monsieur.
- Est-ce que tu t'es fait mal ailleurs quand tu es tombé? »
Je lui montrai mes mains. Les frapperait-il, sachant qu'elles étaient blessées? C'est ce qu'oncle Vernon avait toujours fait. L'homme ne fit rien, pourtant. Une expression indéchiffrable passa sur son visage tandis qu'il quittait la petite pièce.
« Viens » dit-il en me faisant signe d'avancer, et nous sortîmes.
Il me laissa dans une petite boutique de tailleur, sortant de sa poche une longue liste qu'il lu à l'intention du vieux propriétaire.
« Cinq t-shirts : trois blancs, un noir et un vert foncé. Cinq paires de pantalons : trois noires, deux grises. Sept sous-vêtements et bas noirs. Deux pyjamas : ce que vous avez sous la main. Deux ensembles de jeu. N'importe quelle couleur sauf rouge. » Et il sortit, la porte claquant derrière lui.
La tailleur me regarda. Il me regardait comme s'il me voyait vraiment. Il avait des yeux d'un bleu très profond, et il toucha doucement mon visage tuméfié, puis me fit signe de monter sur le tabouret.
« Je vais devoir te mesurer, petit. Tiens toi debout et droit, maintenant. »
Il fit tout avec le plus grand soin, comme s'il savait que j'étais blessé. Quand il eut terminé, il me tint près de lui et me demanda tout bas.
« Depuis quand vis-tu ici avec Rogue? »
C'était donc son nom, Rogue.
« Il m'amené ici la nuit dernière, monsieur.
- Donc ce n'est pas lui qui t'a fait ça? demanda-t-il, pointant mon visage.
- N—Non, monsieur.
- Et bien, s'il le fait, tu n'as qu'à courir jusqu'ici et je vais m'occuper de toi. Je vis en haut, la nuit. »
Mes yeux sortirent de leurs orbites lorsqu'il dit cela. Personne ne m'avait jamais dit quelque chose d'aussi merveilleux de toute ma vie.
« Merci, monsieur! Merci beaucoup beaucoup! »
Il prit quelques chandails et pantalons pour que je puisse les essayer, mais il n'en avait pas autant que Rogue avait demandé. L'homme, Rogue, revint, transportant un sac de nourriture et un contenant de lait.
Le vieil homme s'approcha de lui, comme pour m'éloigner de lui.
« J'ai trois t-shirts blancs et deux paires de pantalons noirs qui lui font. Un pyjama dans lequel il sera à l'aise quand il aura grandi un peu, des vêtements de jeu, et et toutes les chaussettes et les sous-vêtements que vous avez demandés.
- Bien » dit l'homme sombre, avant de payer le vendeur avec une extraordinaire somme d'argent.
Je voulus descendre six pieds sous terre; comment allais-je pouvoir un jour le rembourser?
"Voudriez-vous avoir le reste fait sur mesure, our commandé de Manchester? demanda le vendeur.
- Peu importe. Viens, petit » m'ordonna-t-il vivement.
Je pris les paquets que tendait le vieil homme et lui sourit avant de courir rejoindre M. Rogue.
