Titre original : Eight

Auteur : Lily Elizabeth Snape

Traductrice : PetiteMary

Disclamer : Les personnages sont à J.K. Rowling, l'histoire est à Lily Elizabeth Snape. Je n'agis qu'en tant que traductrice.

Résumé : Harry, âgé de huit ans, se fait maltraiter par les Dursleys. Rogue est un sorcier particulièrement froid et distant. Severus peut-il offrir à Harry l'enfance à laquelle il n'a pas eu droit?


Note de la traductrice

Je ne m'excuserai pas pour le retard, rendu là on ne parle plus de retard, mais bien d'abandon pour cause de trop-de-choses-plus-importantes-que-cette-fic-à-faire. J'ai traduit ce chapitre d'un coup pour compenser un peu, je m'attaque au suivant immédiatement, mais je ne fais pas de fausses promesses, je ne garantie pas qu'il sera posté rapidement. La suite viendra donc comme elle viendra.


Chapitre 3

« Vas ranger tes nouveaux effets » lançai-je au garçon dès que nous fûmes de retour à l'intérieur.

Peut-être était-il plus obéissant que je ne l'avais pensé à prime abord; il monta les escaliers sur-le-champ et j'entendis les tiroirs craquer. Je lançai un sort au congélateur afin qu'il reste à la bonne température et je jetai un coup d'oeil aux quelques aliments que j'avais achetés.

« Fichu petit village, fichu petites boutiques… Fichue maison en ruine! » grondai-je à voix haute, tandis que le garçon se pointait le bout du nez dans la cuisine. Il me prit le sac et le lait des mains et commença à ranger les choses comme s'il était le maître des lieux. Sur le coup, ça me contraria, mais au moins comme ça il était occupé. Je me retirai à la cave pour préparer un élixir.

Je nettoyai les étagères afin de pouvoir déposer la nourriture proprement. Mon estomac grondait bruyamment et de fortes vagues de douleur se succédaient au niveau de mes côtes. Ça faisait bien trois jours que je n'avais pas avalé un morceau. Je bus autant d'eau que je pus sans vomir. J'avais appris ce truc il y a longtemps : ton estomac est beaucoup moins douloureux quand il est plein de quelque chose, peu importe quoi. Je nettoyai quelques ustensiles que je trouvai dans une armoire supérieure, espérant que le savon à lessive ferait l'affaire.

Le jour allait bientôt toucher à sa fin, et je remarquai que mes vêtements étaient en train de reprendre leur apparence d'origine. Le polo blanc tournait au bleu et le tissu commençait à s'effilocher. Quelques secondes plus tard, les vêtements s'élargirent, la paire de pantalons tomba dans un état lamentable. Ils étaient encore relativement propre, cependant. C'était au moins ça. Je remontais mes manches et enlevai mes énormes chaussures, préférant être pieds nus pour aller chercher l'eau pour frotter la table et le plancher.

Je repensai à une histoire que j'avais entendue à mon école. La petite Cendrillon, avec ses méchantes demi-soeurs et sa méchante belle-mère.

« Ses parents sont probablement morts eux aussi. » pensai-je, et ça me réconforta un peu.

Elle était bien devenue une princesse ou un truc du genre, non? Elle n'avait eu qu'à attendre d'être grande. Je m'imaginai que je deviendrais un prince avec un cheval blanc et une magnifique couronne en or.

Le temps passait, et j'étais certain que c'était l'heure de manger la collation, ou de prendre le thé. L'homme n'avait pas montré le bout de son nez, et je ne savais absolument pas où il était depuis tout ce temps. Peut-être était-il parti? Je décidai qu'il valait mieux que je lui prépare quelque chose, juste au cas. Tout ce qu'il avait acheté était du beurre, du lait, du pain et du fromage. Je coupai de minces tranches de pain et de fromage, et les disposai sur une assiette fraîchement nettoyée. J'ajoutai une noisette de beurre, un couteau et un verre de lait, puis réfléchis à ce qu'il convenait de faire ensuite. Je décidai que je n'irais pas le chercher en haut; j'avais peur de le réveiller s'il dormait. Je me mis à arracher les mauvaises herbes dans le jardin. Je faisais de bons progrès, compte tenu que je n'avais aucun outil à part un vieux manche à balai, quand il arriva par la porte arrière.

« Ne touche pas au jardin! » aboya-t-il, comme un possédé. Je laissai tomber ce que je faisais et tentai de m'enfuir, me retrouvant acculé contre le tronc d'un des saules.

« Je suis désolé, monsieur. Je suis désolé! Je vous en pris, monsieur, je ne le ferai plus. Je suis désolé! » Je cachai mon visage derrière mes bras, attendant les coups qui ne tarderaient pas à pleuvoir. Mais encore une fois, rien ne vint.

« Arrête de geindre, tu ne pouvais pas deviner » dit-il, un tantinet plus calme. Je commençais à vraiment apprécier ma nouvelle maison!

« Mais ne recommence pas! cracha-t-il. Je préfère que tu restes à l'intérieur. » Je savais bien que je ne pourrais pas compter longtemps sur cette soudaine gentillesse. Mais je me souviendrais longtemps de ce moment où il avait cédé, me parlant presque comme si j'étais important, pour une quelconque raison.

J'enlevai autant de terre possible de mes vêtements et je le suivis. Il s'assit pour manger, et j'attendis devant l'évier qu'il me donne de nouvelles instructions, ou que je puisse laver la vaisselle lorsqu'il aurait terminé s'il ne m'en donnait pas. Je devais me retenir à deux mains de ne pas baver d'envie; je voulais boire plus d'eau au robinet, mais ça devait attendre encore. Je voyais bien qu'il me regardait, mais je ne levai pas les yeux; ça ne se faisait pas du tout.

« Alors? dit-il.

- Oui, monsieur? » répondis-je silencieusement. Je parlais toujours silencieusement.

« Ne reste pas là sur le sol! Vas t'occuper! me dicta-t-il d'un ton bourru.

- Oui monsieur » répondis-je.

J'allai chercher le seau, le chiffon et la brosse dans le placard fraîchement nettoyé puis montai les escaliers en direction de la salle de bain. Je nettoyai la baignoire et le lavabo d'abord, enlevant les moisissures aussi bien que possible sans véritables produits nettoyants. Le froid et les tuiles brisés du plancher vinrent à bout de mes genoux, qui commencèrent à saigner alors que j'avais fait la moitié de la pièce. Je roulai mes jambes de pantalons pour les protéger davantage, puis continuai ma besogne. J'attaquai les toilettes à la toute fin, vomissant dedans alors que je finissais. Je nettoyai la brosse, mes mains et, finalement, ma bouche qui goûtait horriblement mauvais. Je continuai ensuite avec le corridor et les escaliers.

Snape monta à l'étage et me regarda pendant un moment, roulant des yeux, avant de prendre un énorme livre sur une étagère et de se retirer derrière une petite porte derrière les escaliers. Comme je l'enviais! J'avais envie de lire un de ces livres, n'importe lequel. Mes plus beaux moments chez les Dursley était après qu'ils se soient couchés, quand je pouvais lire mes livres d'école encore et encore. Le livre d'histoire était mon préféré, je pouvais en apprendre davantage sur des gens très loin, d'une autre époque, et m'imaginer vivant avec eux. J'avais tendance à imaginer un grand champ de pommes de terre, baignant dans la douce lumière de soleil, puis mes dix frères et soeurs et moi qui fêtions toute la nuit. J'avais voyagé en Chine, achetant de merveilleux objets que je pourrais échanger pour gagner de l'argent et acheter de luxueux cadeaux pour ma mère et mon père que j'aimais beaucoup. Je m'étais aussi battu avec d'autres esclaves pour me libérer du joug de mon cruel maître; je revenais souvent à cette histoire.

Mais je n'avais plus mes livres d'école. Ça ne faisait qu'une semaine que l'école était commencée, je ne pouvais donc pas espérer avoir de nouveaux livres à moi avant des mois. Je revins à la réalité et frottai encore plus fort, tentant d'évacuer la boule que je sentais dans mon ventre.

…..

L'enfant me tapait vraiment sur les nerfs. J'avais été surpris de voir qu'il avait préparé une assiette pour moi, mais c'était probablement juste pour m'apaiser et éviter une réprimande après qu'il ait pris son propre repas sans avoir demandé la permission. Pas qu'il ait vraiment à demander… Et maintenant il me prenait encore plus de temps car je devais préparer une foutue potion pour son apparence!

« Je devrais en préparer une autre, pendant que j'y suis. »

Je me rendis à la cave à moitié en ruines pour récupérer le parchemin contenant les instructions.

Il jouait à travailler très fort quand je me rendis dans la pièce, prétendant qu'il était un très gentil garçon. Il avait probablement joué dans le foyer de la cheminée pendant que je mangeais, pour être si sale. Mais n'importe quel autre enfant aurait tendu les yeux vers moi avec un air de chien battu, pour se faire féliciter. Il me regarda, mais reporta aussitôt son regard au sol. Étrange. Mais il n'y avait jamais rien de normal, avec un Potter.

Quand la potion fut prête à être mise sur le feu, je remontai pour trouver le garçon en train de jouer à nettoyer la cheminée.

« Il a probablement vu cette scandaleuse Mary Poppins montrer cela à la télévision moldue. »

« Petit! » lançai-je, déterminée à mettre fin à ce désordre.

Il sauta et se cogna la tête contre la cheminée, tombant sur la grille. Il plissa les yeux, ses lunettes pendant lamentablement sur l'une de ses oreilles, et tout ce que je pouvais voir était ses yeux d'un vert crystallin flottant dans une mer de noir. Les yeux de Lily.

« Donne-les-moi » dis-je, tendant la main pour saisir ses lunettes.

Il se laissa tomber vers l'arrière alors que je tendais le bras pour les lui arracher de son visage.

« Vas en haut et lave-toi. Et mets tes nouveaux vêtements, sale mioche! »

« Je n'aurais pas dû dire ça, réalisai-je alors qu'il détalait loin de moi, se précipitant dans l'escalier. Merde! Mais ses yeux… ils m'ont fait baisser ma garde. »

Je me rendis à la cuisine et vis qu'il avait déjà lavé la vaisselle et l'avait également rangée encore une fois. Sortant le pain farineux et à peine comestible ainsi que le fromage presque déjà moisi, je versai un verre de lait au garçon et optai pour de l'eau pour moi-même.

« Lily m'a toujours grondé pour ma mauvaise humeur » pensai-je avec regret. « Si au moins elle était là pour prendre soin de l'enfant, je ne serais pas dans cet état. »

« Petit! » l'appelai-je encore une fois.

Il arriva dans la pièce, très bien de sa personne dans son nouvel habit beaucoup plus approprié.

« Tout comme son père! »

« Assis-toi » commandai-je, tirant dans sa direction un siège minable. Il hésita, mais s'exécuta. Je lui remis ses lunettes réparées et commença à manger, puis remarqua qu'il se contentait de fixer son assiette, assis sur le bord de sa chaise.

« Mange! » grognai-je, et il me regarda fixement, un sourire plaqué sur son visage sale.

« Exactement comme je l'avais imaginé, la raillerie à son meilleur. Du fromage et du pain ne sont pas assez bien pour sa grandeur. »

« Ce n'est pas ce à quoi tu es habitué, han? » demandai-je, utilisant le type de conversation que je préfère : le sarcasme.

« Non, monsieur! » répondit-il en riant, avec un énorme morceau de fromage suisse à moitié mastiqué sortant de sa bouche.

Cela marqua la fin du repas. Je pris nos deux assiettes et les jetai à la poubelle, savourant le fracas satisfaisant qu'elles firent lorsqu'elles se brisèrent.

….

Il m'envoya au lit, et je regrettai de ne pas avoir mangé plus rapidement. Juste quelques bouchées de plus ou quelques gorgées de lait et j'aurais été plutôt rassasié. Je me demandai ce que j'avais fait de mal cette fois. C'était inutile, probablement. Oncle Vernon n'avait certainement jamais eu besoin d'une raison pour faire ce qu'il faisait. En fait, j'étais plutôt content d'être autorisé à aller dormir après avoir travaillé si fort. Je remis les moins sales de mes vieux vêtements et pliai les nouveaux, les replaçant avec soin dans le tiroir du haut. J'aurais voulu porter les nouveaux vêtements de nuit, mais je décidai que je ne devrais pas à moins qu'il me le demande. Après tout, j'étais puni, même si je ne savais pas pourquoi. Pas besoin de le fâcher encore plus.

Mes muscles étaient endoloris de toute cette dure besogne. J'étais habitué à faire de nombreuses corvées, mais les tâches que tante Pétunia me donnait à faire n'étaient pas si difficiles car la maison était bien entretenue. La chambre était mal ventilée et très chaude, donc j'ouvris la fenêtre et je tombai endormi sur le bord, écoutant les hululements des hiboux au loin.

Le lendemain matin, je me réveillai avant le lever du soleil. J'étais plus endolori que jamais, et la marque de coup que j'arborais s'était aggravée avec la transpiration de la veille. J'attendis que le soleil se pointe à l'horizon, puis je m'aventurai dans le corridor. La porte de la chambre de l'homme était ouverte, et il n'était pas là. Je ne l'avais pas entendu, pourtant. Peut-être était-il parti durant la nuit?

« J'espère qu'il ne reviendra pas à la maison complètement saoul! » frémis-je.

Oncle Vernon ne buvait pas souvent, mais quand c'était le cas ça rendait toujours les choses dix fois pires. Décidant qu'il valait mieux que je ne sois pas surpris en train de paresser, je me mis au travail et attaquai le dalles de pierre sous la grille. Par inadvertance, j'avais répandu beaucoup de suie la veille.

L'homme remonta de ce que je pensais être la cave, il semblait ne pas avoir dormi du tout. Est-ce qu'il avait bu? Je n'aurais pas pu le dire. Il oscillait comme si c'était le cas, mais la fatigue pouvait aussi en être la cause, évidemment.

Je retins mon souffle, attendant de voir ce qui m'attendait ce jour-là.