Titre original : Eight
Auteur : Lily Elizabeth Snape
Traductrice : PetiteMary
Disclamer : Les personnages sont à J.K. Rowling, l'histoire est à Lily Elizabeth Snape. Je n'agis qu'en tant que traductrice.
Résumé : Harry, âgé de huit ans, se fait maltraiter par les Dursleys. Rogue est un sorcier particulièrement froid et distant. Severus peut-il offrir à Harry l'enfance à laquelle il n'a pas eu droit?
Note de la traductrice
Pas de commentaire sur le délai (ça se compte en années!) depuis le dernier chapitre. Ma vie est pas mal mouvementée ces temps-ci. Là j'ai profité d'un trou de quelques heures à l'aéroport pour finir se chapitre. Le prochain sera peut-être la semaine prochaine, peut-être dans dix ans, qui sait? Désolée pour ceux que ça importune.
Chapitre 4
Snape trébucha sur moi, et je compris qu'il avait définitivement bu; et pas qu'un peu, en fait.
« Es-tu encore en train de nettoyer cette chose? Ça ne sert à rien. Récurvite. »
Il donna un petit coup de son étrange bâton et le foyer fut automatiquement nettoyé. Brillant!
« Tu as mangé? demanda-t-il.
Non, monsieur.
- Viens, alors. » dit-il en souriant.
Il me souriait! C'était un sourire vague causé par la boisson, mais je me plus à imaginer qu'il aurait pu me sourire même sans alcool. Je commençai à sortir la nourriture, mais il me tassa d'un geste fatigué de la main et coupa une énorme tranche de fromage et un morceau de pain. Il essaya d'y étendre un peu de beurre, mais ça ne fut pas très concluant; presque tout tomba sur le plancher. Après m'avoir tendu l'assiette, il sortit le lait et en but la moitié directement à la bouteille, en renversant sur sa cape sale. Je n'avais pas été invité à m'asseoir à la table, je m'assis donc sur le plancher et attendit qu'il m'autorise à manger.
Il regarda dans ma direction, et pendant un moment je pensai qu'il allait tomber raide mort. Au lieu de ça, il rit et se laissa tomber sur le sol juste à côté de moi, me tendant le contenant de lait glacé.
« Finis ça » m'ordonna-t-il d'une voix pâteuse. Mon estomac commença à protester, mais je n'en tins pas compte. Qui aurait pu dire quand j'allais avoir la chance de manger à nouveau?
Il s'emparra de la tranche de pain et pris une grosse bouchée; je restai crispé pendant un moment, me demandait s'il avait préparer la nourriture juste pour lui. Mais il me tendit le pain entamé.
« Mange le reste. 'vais être malade. »
Il se releva tant bien que mal et essaya de courir jusqu'à la salle debain, mais ne réussit qu'à se rendre jusqu'à un fauteuil décrépi. J'allai chercher les quelques serviettes encore utilisables qui se trouvaient dans une armoire et j'entrepris de le nettoyer aussi bien que possible. Il se contentait de me regarder, pendant ce temps, ses yeux flottant dans le vide, tentant de se fixer sur quelque chose. Il m'attrapa la main et la caressa quand j'eue terminé.
« Bon garçon. Finis ton d'jeuner, ou diner, ou peu importe c'que c'est, pis vas jouer dehors. Besoin de… »
Et il s'évanouit sur le plancher de bois.
J'avalai ce qu'il restait dans l'assiette, nettoyai les restes du déjeuner, et contemplai la situation en me demandant ce que je devais faire maintenant. Il m'avait dit de retourner jouer, mais la veille il m'avait dit que je n'étais pas autorisé à aller dans le jardin. J'en vins à la conclusion que ça irait si je me tenais près des arbres; ils étaient éloignés des autres plantes, tout en étant quand même dans la cour.
Je m'assis sur une branche basse du plus petit saule pleureur; le balancement et le bruissement de l'arbre me berçant, je tombai dans une sorte de transe. Je me posais des questions sur les choses que cet homme pouvait faire. Il devait bien être un sorcier ou quelque chose du genre, non? Que pouvait-il bien faire d'autre? Je me pris à souhaiter qu'il puisse voyager dans le temps et m'emmener voir mes parents. Peut-être pourrait-il les ramener à la vie! Sûrement qu'il serait content de pouvoir se débarasser de moi. Mais je supposai que s'il pouvait le faire, il l'aurait déjà fait. Pouvait-il hyponothiser les gens et leur faire faire tout ce qu'il voulait? C'était assez effrayant, en fait. Je m'appuyai contre l'arbre, regardant mélancoliquement les nuages gris, tentant de mettre de faire le vide dans mon esprit.
Je tombai endormi et rêvai que Snape était un vampire qui suçait le sang du gentil tailleur dans un champ de coquelicots. Il se transforma en chauve-souris et fit un son nid dans mes cheveux, puis il me saisit de ses griffes et me ramena à la maison en volant. Il me lâcha au-dessus de la cheminée puis disparut dans la nuit.
Je me réveillai brutalement juste après avoir être tombé dans l'âtre de la cheminée. Il faisait de plus en plus noir dehors, et la lune luisante n'était visible qu'à travers les branches feuillues. J'étais troublé; devais-je retourner à l'intérieur? La plupart des enfants devaient aller à l'intérieur lorsque la nuit tombait, non? Mais j'avais dormi dans les buissons chez les Dursley de nombreuses fois; parfois Oncle Vernon ne m'autorisait pas à entrer. Il disait que je ressemblais à un chat de gouttière, donc que je pouvais dormir dehors avec les chats. J'estimai que puisqu'on m'avait dit d'aller dehors, le mieux était de rester dehors jusqu'à ce qu'on me dise de rentrer.
Pour passer le temps, je prétendis que j'étais sur une île déserte, assis sous un cocotier. J'étais complètement seul alors je pouvais faire tout ce que je voulais, où je le souhaitais, et il y avait toujours des noix de coco fraîches, des bananes, et du poisson à manger. Les croassements des corbeaux étaient en fait les couinements des oiseaux de mer qui volaient au-dessus de ma tête; le bruit des rafales de vent étaient les vagues dans l'océan. Je pouvais presque sentir la bruine fraîche de l'eau sur mon visage.
Après un moment, toutefois, je réalisai que ce que je sentais réellement de l'humidité; il commençait à pleuvoir. Après quelques minutes, mes vêtements étaient saturés d'eau et le temps devenait glacial. Je sorti mes bras de mes manches et les frottai contre ma poitrine pour les réchauffer, me blottissant contre l'arbre pour être un peu plus à l'abris de l'eau. Je m'étais presque rendormi quand la porte arrière s'ouvrit brutalement.
…
Je me réveillai avec un horrible mal de tête et réalisai que j'étais étendu sur le plancher du parloir. Je reniflai mes vêtements; je sentais l'alcool et le vomis. C'était probablement la plus déplaisante des façons de se réveiller, sauf peut-être se réveiller avec une douleur cuisante à mon avant-bras ignoblement marqué. La marque était d'un noir intense, et je jetai un coup d'oeil aux alentours à la recherche d'une bougie jusqu'à ce que mon cerveau embrouillé me fasse me saisir de ma baguette et raviver le feu dans la cheminée. Soudainement, je me demandai où était le garçon. Je n'étais même pas certain du jour de la semaine. Les derniers souvenirs qui me revenaient étaient d'avoir préparé une potion de sommeil sans rêve et une potion calmante tout en avalant une quantité plutôt copieuse de Whisky pur feu. Il devait être près de quatre heures du matin quand j'avais commencé tout ça. Comment avais-je réussi à monter les escaliers depuis le donjon?
J'esperai trouver le garçon en boule dans son lit, mais, sans surprise, ce n'était pas le cas. Je le cherchai dans toute la maison, de plus en plus frustré à chaque pas, avant de penser à regarder dehors. « Ce serait tout à fait le genre de ce garnement d'aller exactement à l'endroit où je lui ai dit de ne pas aller. »
Et le voilà. Dans le jardin.
« Petit! » l'appelai-je, et il vint en courant, trempé jusqu'aux os. Jusqu'où irait cet enfant juste pour me désobéir! Je le pris par la nuque et le propulsai au haut des escaliers, lui collant le nez dans le coin de sa chambre.
« Je t'ai dit plutôt clairement de ne jamais traîner dans le jardin, petit! Tu vas rester ici jusqu'à ce que je te dise de bouger. Tu comprends? »
« Oui, monsieur » dit-il d'une irritable petite voix.
Je le laissai donc là. Je pensai qu'une demie-heure au coin dans ses vêtements mouillés serait un bon rappel qu'il ne faut pas me défier. Je pris une rasade de potion calmante. Lui crier après ne le faisait pas bien agir, je songeai qu'il fallait peut-être essayer une vieille méthode de Dumbledore et tenter de raisonner avec l'enfant. Après tout, qu'avais-je à y perdre? La potion calmante ne semblait pas au point, par contre.
« Je suis tellement stupide! Je devrais savoir mieux que tout le monde les effets que peuvent avoir les mélanges de potions et alcool! Pourquoi ai-je fait cela? »
…
J'avais pris la mauvaise décision, comme d'habitude. J'aurais dû rentrer à l'intérieur quand la nuit avait enveloppé Spinner's End. J'étais tellement stupide! Pourquoi ne pouvais-je jamais rien faire comme il le faut?
Je restai dans le coin, content d'être à l'intérieur au moins. Le plus lentement du monde, mes vêtements complètement trempés séchèrent un peu, et je me réchauffai. Si furieux que l'homme était, j'étais surpris qu'il ne m'ait pas frappé. Peut-être qu'il le ferait à son retour. Mon estomac se contracta et mes mains commencèrent à trembler à l'idée d'être battu. Je les tendis le long de mon corps pour les faire cesser, mais ça ne fit que répandre le tremblement dans tout mon corps. Je n'avais rien pour me changer les idées et dans ma tête s'activa un genre de projecteur de cinéma. Je repassai les souvenirs des punitions d'oncle Vernon, et pendant un long moment j'eue l'impression d'y être à nouveau.
Après un certain temps, mes pieds commencèrent à être très douloureux, et cette douleur remonta mes jambes jusqu'à mon dos. Ce n'était pas si terrible, j'avais ressenti des douleurs plus terribles de nombreuses fois. Et la douleur physique vint à bout de ma conscience, me libérant de mon passé.
Le noir devant mes yeux tourna au violet, puis au bleu, et je réalisai que je n'étais pas allé aux toilettes depuis la veille au matin. Je tendis l'oreille et priai silencieusement M. Snape de revenir. Même s'il revenait pour me battre, au moins ce ne serait que pour l'offense de la nuit dernière. S'il attendait plus longtemps avant de revenir, c'est pour deux transgressions qu'il aurait à sévir; et la dernière serait incommensurablement embarassante. Mais il ne vint pas.
La lumière du soleil disparut peu à peu et j'eue peur d'halluciner; ça ne pouvait pas déjà être la tombée de la nuit, si? Un coup de tonnerre me fit sursauter, et pendant un moment je me sentis soulagé à plusieurs niveaux : je n'hallucinais pas, mais mon pantalon devenait chaud et humide.
Comme une ultime indignation déferlant sur moi, je me mis à pleurer. J'étais tellement fatigué et meurtri, et maintenant honteux comme un foutu bambin. J'étais maintenant sûr et certain que j'aurais droit à une vraie punition.
…
Je me réveillai en sursaut au son du tonnerre qui battant Ashton-Sous-Lyne. J'avais l'impression d'être encastré dans le marbre. La potion calmante que j'avais bue était beaucoup trop forte. Ça me frappa : Harry! Où serait-il rendu, après tout ce temps où j'étais dans les limbes? Je bondis dans les escaliers menant à sa chambre dans l'espoir qu'il était en train de jouer ou de dormir ou n'importe laquelle des occupations des garçons gâtés.
Mon coeur manqua un battement quand je le vis debout dans le coin. Peut-être qu'il m'avait entendu grimper les escaliers et qu'il s'était précipité au coin pour me tromper. Je posai ma main sur son épaule et il sursauta. Alors que je le retournais, je vis des larmes couler sur ses joues; était-ce une ruse aussi?
J'eue ma réponse quand je sentis l'odeur âcre et vis le devant de son pantalon. Le lit n'avait pas été touché, non plus. Il devait être resté là pendant au moins… dix heures! Si Lily avait assisté à ça de là haut, je savais qu'elle ne me pardonnerait jamais d'avoir négligé son fils. Il était vraiment resté là toute la nuit. Qu'est-ce qui lui avait donné la force ou la volonté de le faire?
« Petit, va te laver et changer de vêtements. Quand tu auras terminé, viens me rejoindre en bas. Nous devons parler. »
Il hocha la tête et fit un pas vers la porte, mais tomba en pleine face. Je m'apprêtais à l'aider à se relever quand il se redressa de lui-même et rampa jusqu'à la salle de bain, hoquetant de sanglots.
