Titre original : Eight

Auteur : Lily Elizabeth Snape

Traductrice : PetiteMary

Disclamer : Les personnages sont à J.K. Rowling, l'histoire est à Lily Elizabeth Snape. Je n'agis qu'en tant que traductrice.

Résumé : Harry, âgé de huit ans, se fait maltraiter par les Dursleys. Rogue est un sorcier particulièrement froid et distant. Severus peut-il offrir à Harry l'enfance à laquelle il n'a pas eu droit?

Note de la traductrice

Et un autre chapitre pour vous!

Chapitre 5

Je me traînai hors de la chambre aussi vite que je pus. J'avais peur qu'il me donne un coup de pied pendant que je rampais; oncle Vernon l'avait fait plusieurs fois et j'avais mal à la poitrine pendant des siècles après. Mais il ne le fit pas, il me laissait me laver d'abord. Quand on m'avait laissé dans le placard trop longtemps (et ça arrivait), oncle Vernon ne me laissait jamais cette chance. Il commençait sur le champ.

Je fis couler de l'eau froide dans la baignoire. Pendant qu'elle se remplissait, j'essayai de lever les jambes; je les sentais bourdonnantes, picotantes. C'était difficile de grimper dans la baignoire; je glissai et fis un véritable vacarme quand ma tête vint frapper les tuiles. N'importe lequel des Dursley m'aurait hurlé une injure, mais Snape ne dit rien. Il était vraiment gentil avec moi, et je me sentais coupable d'avoir eu de tels cauchemars à son sujet.

Je restai dans l'eau un peu trop long, et mes dents claquaient quand j'en sorti. Je me séchai à l'aide de mon t-shirt sale et le passai autour de ma taille puisque toutes les serviettes avaient été utilisées pour nettoyer du vomis. Puis, je retournai en courant dans la chambre où j'avais dormi. Après m'être habillé, je pris une grande respiration, puis saisit l'objet que je détestais le plus au monde du dos du tirroir le plus bas de la commode. Je savais que je devais le faire; il aurait été insolent de tenter d'esquiver.

Il était assis à la table de la cuisine quand je suis entré. Il avait l'air malade et fixait le vide. Ça lui prit un moment avant de sortir de sa bulle, et aussitôt que ce fut le cas je baissai la tête et lui présentai l'objet pour qu'il s'en saisisse.

Il se transforma instantanément en furie; ses yeux étaient rouges et il n'aurait pas pu avoir l'air plus contrarié.

« Où as-tu trouvé cette… chose? » bouillona-t-il, me crachant presque au visage en prononçant le son « ch » entre ses dents.

« C'est un… cadeau, monsieur » dit-il à contrecoeur. Même moi, je savais que Oncle Vernon avait été carrément malfaisant en me la donnant pour Noël, deux ans plus tôt.

« C'est un foutu mensonge! » Il m'empoigna les épaules et commença à me secouer, répétant « Où l'as-tu trouvée? »

Je savais que tout ce que j'allais dire rendrait la situation encore pire, donc je me tins droit et pris sur moi pour endurer ce que je méritais, ma tête commençant à tourner à force d'être secouée. Il arrêta, s'emparra de la ceinture et la tint près de mon visage.

« Tu sais à quoi ça sert, n'est-ce pas? » déclara-t-il d'un ton calme et menaçant.

Je déglutis. « Oui, monsieur. »

Il émit un grondement et commença à trembler, sa respiration étant courte et rapide.

« Vas-y alors, James! Dis-moi à quoi ça sert, parce que je sais très bien pourquoi tu l'as apporté. »

Pourquoi m'avait-il appelé James? Qui était James? Je savais que je devais répondre, malgré tout.

« C'est… c'est pour f... fouetter, monsieur. »

Il chancela, sa tête ballotait comme si elle avait été attachée à une ficelle. L'homme jetait des coups d'œil aux alentours frénétiquement, comme s'il s'attendait à voir du sang jaillir des murs ou pire encore. Devenait-il fou sous mes yeux?

Aussi soudainement que ça avait commencé, il arrêta de se démener et se tourna vers moi à nouveau.

« Pourquoi as-tu… pourquoi… espèce d'horrible petit monstre! »

Il donna un coup de ceinture, m'attrapant par le bras. Je me tenais toujours droit; comme j'avais été soigneusement formé à le faire à chaque fois que je me faisais battre. Mais il ne continua pas et la ceinture sur le sol, rapidement suivie par l'homme qui s'effrondra par terre.

« Va-t-en » dit-il dans un gémissement. J'étais choqué; pourquoi voulait-il que je parte alors que ma punition venait à peine de commencer? Il n'apprécia pas mon hésitation.

« Va-ten! » répéta-t-il avec plus de conviction. Je fis demi-tour et courru à ma chambre, retournant au coin.

J'avais fait une autre énorme erreur. Je ne pouvais croire que j'avais frappé le garçon. Le faire m'avait rappelé mes plus anciens cauchemars. Je croyais avoir écarté de ma mémoire cette maudite ceinture il y a longtemps, avec tous les autres effets de mon détestable père. Ce que Harry avait fait était définitivement le genre de coup que l'illustre James Potter aurait manigancé. Voilà que j'étais prêt pour une discussion rationnelle avec le garçon, et il avait profité de cette opportunité pour me donner un coup de poignard en plein coeur en me ramenant cet objet qui me retournait l'âme. Était-ce resté tout ce temps dans le placard? Ou alors il l'avait pris dans ma chambre…

Mais peu importe ce qu'il avait fait, il ne méritait pas d'être frappé.

La gravité de mon action me coupait le souffle. Je l'avais frappé avec cette ceinture, dans cette maison d'entre toutes les maisons. Dans la maison de mon père. Où mon père m'avait battu avec cette ceinture jusqu'à ce que ma voix s'éraille à force de crier.

« Je ne suis pas mon père! Je ne deviendrai pas mon père! »

Je pris l'horrible instrument pour le jeter aux ordures quand je remarquai la boucle. Au lieu d'être ternie et marquée, elle était d'un argent luisant. Ce n'était pas la ceinture qui avait frappé ma peau nue des milliers et des milliers de fois. Mais alors, où l'avait-il trouvée? Et pourquoi me l'avait-il tendue?

« Je vais rester calme. Je vais parler à cet enfant. Je ne vais pas laisser mon tempérament m'empêcher de m'occuper du fils de Lily. »

« Petit! Reviens ici maintenant » l'appelai-je, ramassant la ceinture sur le sol.

Il redescendit promptement avec ses yeux verts scintillants plongé vers le sol. Quand il me vit tenant la chose, il plaça ses mains sur le dessus de la table. Se tenant à distance des meubles et arquant le dos, il était parfaitement positionné pour une rossée dans les règles de l'art.

« Il m'a donné la ceinture parce qu'il pensait que j'allais le battre! »

J'avais décidément beaucoup à apprendre sur le rôle d'un parent. Avais-je vraiment été si horrible avec lui?

« Redresse-toi, petit. Pas besoin de ça.»

Lentement, il fit comme demandé, me regardant avec un mélange d'espoir et de confusion. Je fis un geste vers la ceinture, m'apprêtant à lui demander de m'en dire plus à ce sujet, et la confusion fut immédiatement remplacée par la peur. Il présenta ses mains, les paumes vers le plafond, et ferma les yeux de toutes ses forces. Mes excuses ne commençaient pas très bien.

Le prenant dans mes bras, je remarquai qu'il était vraiment très léger et osseux. Je lui posai sur la table pour pouvoir lui parler les yeux dans les yeux, et il glapit au contact du bois avec le bas de son corps.

« Qu'est-ce qu'il y a, Harry? C'a fait mal?

- Je suis désolé, monsieur. Je vais être silencieux, je le jure!» he whimpered pitifully.

Il se tortillait sur la surface dure, je savais qu'il avait mal. Le canapé serait un endroit plus confortable et surtout plus approprié pour une telle discussion. Je le posai sur le sol, pris sa petite main maladroitement et lui fis faire quelques pas vers le salon. Peut-être ne devrait-il pas s'asseoir du tout… Je devais vérifier l'étendue de ses blessures rapidement; s'il avait eu une telle réaction, c'est qu'il avait probablement besoin d'un traitement.

Je l'installai à mes côtés, et il se jeta sur mes cuisses. Maintenant il pensait qu'il allait avoir droit à une fessée. Par Merlin, qu'avait-on bien pu faire à cet enfant?

« Je suis tellement chanceux! Je vais seulement recevoir une fessée! »

Il était en train de baisser mon pantalon, mais c'était à s'y attendre. Aussitôt qu'il fut baissé, toutefois, il fit quelque chose d'étrange. Il déglutit. Il enleva mon t-shirt aussi. Allait-il me frapper là aussi?

« Ça ne serait pas la première fois que quelqu'un le ferait. »

Mais ensuite il me prit à nouveau, me tenant comme un bébé en pleurs, et m'allongea sur le dos du divan. Il s'éloigna, et j'entendis la porte de la cave s'ouvrir. Peut-être que j'allais finalement avoir ma fessée. Qu'allait-il chercher? Il n'était pas à la cuisine, ça ne pouvait donc pas être ma ceinture. Une canne, peut-être? « Je déteste la canne! » Ça fait saigner plus rapidement que n'importe quoi d'autre. Avant d'avoir eu le temps de vraiment commencer à paniquer, il était de retour, et un liquide froid était appliqué sur ma peau avec un bout de tissu.

« Oh non, pas ça! » Oncle Vernon l'avait fait une fois! Il m'avait mis une crème qui sentait comme tante Marge sur mes blessures et c'était rafraïchissant au début. Puis, c'était devenu chaud et j'avais l'impression que ma peau était en feu. Je me souviens à quel point mes blessures étaient douloureuses et que cette horrible sensation était restée des heures.

Je commençai à crier; je ne pouvais m'en empêcher. L'homme arrêta en m'entendant, et il me parla tout bas.

« Chut maintenant, petit. Ça va seulement prendre une minute avant de faire effet. »

Est-ce que c'était supposé me faire du bien? J'arrêtai de crier parce qu'il m'avait dit de me taire. Après qu'il eut enduit la substance sur mon dos, mes fesses et mes jambes, il remonta mon slip et me tourna face à lui.

« Tu n'as pas besoin de pleurer, petit. »

Il sortit un mouchoir et me le donna.

« Essuie ton visage, maintenant, et mouche ton nez. »

Quand j'eue terminé, il me mit du produit sur le visage, le torse, les bras et les jambes, aussi. Après coup, il me tendit une petite bouteille en verre.

« Bois au complet. »

« Ça doit être l'huile que tante Pétunia m'avait fait prendre quand j'allais mal. » Je ne voulais vraiment pas l'avaler. À chaque fois que j'en avais pris, mon estomac avait été douloureux et le goût de poisson était resté toute la nuit. Je n'allais pas argumenter, cependant, et je fus agréablement surpris. Ça goûtait les chaussettes humides et les cendres brûlées, beaucoup mieux que l'huile de castor!

Il me regarda gentiment.

« Bon garçon. Maintenant, allons te trouver un pyjama pour que tu puisses te reposer un peu avant le déjeuner. »

J'étais confus. Mes bleus et mes coupures ne me faisaient plus mal, et la sentation de chaleur n'était pas venue. Mes douleurs musculaires disparaissaient et je me sentais bien, même aux endroits où j'avais des os cassés; normalement ils palpitaient quand le temps était mauvais. Qu'avait-il fait?

Je commença à relaxer malgré ma peur que n'importe quand tout mon corps se mette à me faire mal. Il me porta jusqu'au haut des escaliers et m'habilla comme un petit enfant. Ça lui prit un bon moment avant de trouver comment fonctionnait les boutons, et il me tira les cheveux en essayant de passer le t-shirt au-dessus de ma tête, mais je n'allais pas me plaindre. Je ne pouvais me souvenir de la dernière fois que quelqu'un m'avait porté, m'avait tenu contre lui ou m'avait habillé. Est-ce que je rêvais à nouveau?

Le pyjama était merveilleusement doux. En dessous, ma peau était un peu bizarre et, quand je regardai, mes cicatrices étaient parties et ma peau était redevenue toute blanche! Il avait utilisé une sorte de magie pour enlever toutes mes blessures. Je voulais le remercier, mais je savais qu'il valait mieux ne pas parler quand on ne me le demandait pas.

« Es-tu prêt à te coucher? » demanda-t-il. Faisant le bilan de la matinée, je décidai que j'étais définitivement en train de rêver. Je m'étais mis dans une situation fâcheuse deux fois, j'avais fait un horrible désordre, et je n'avais pas eu de corvées à faire depuis le jour précédent. Et maintenant l'homme guérissait mes ecchymoses et me laissait dormir en plein jour?

« Oui, monsieur.» répondis-je. Que pouvais-je dire d'autre?

J'allai à ma place près de la cheminée et posai la tête sur l'oreiller de pierre.

« Que fais-tu, petit? » demanda-t-il. Oh, oh… qu'avais-je fait?

« Je suis désolé, monsieur! Voulez-vous que je dorme dans le coin? »

Je me levai rapidement et me dirigeai vers l'endroit où j'avais eu droit à ma punition.

« Non! » lança-t-il, et je m'arrêtai en chemin, me recroquevillant un peu. Il soupira longuement, puis me demanda plus doucement :

« C'est ici que tu as dormi?

- Oui, monsieur.»

Je fixai mes pieds. Je ne pouvais même pas être un bon garçon quand j'étais endormi.

« Viens ici, petit. »

Je m'avançai vers lui; je ne pensais pas m'en tirer à si bon compte, cette fois. Il mit ses mains sur mes épaules, et pendant un bref moment je crus que je serais secoué à nouveau. Il se contenta de me regarder dans les yeux, la tristesse l'enveloppant comme le manteau qu'il portait toujours.

« Harry, commença-t-il. Pourquoi ne dors-tu pas dans le lit?

- Le lit, monsieur? Je – eum, je sais que le lit n'est pas pour moi. »

Il se gratta le front.

« Pourquoi penses-tu cela?»

« Je – je n'ai jamais dormi dans un lit, monsieur.»