Titre original : Eight
Auteur : Lily Elizabeth Snape
Traductrice : PetiteMary
Disclamer : Les personnages sont à J.K. Rowling, l'histoire est à Lily Elizabeth Snape. Je n'agis qu'en tant que traductrice.
Résumé : Harry, âgé de huit ans, se fait maltraiter par les Dursleys. Rogue est un sorcier particulièrement froid et distant. Severus peut-il offrir à Harry l'enfance à laquelle il n'a pas eu droit?
Note de la traductrice
Hop, un autre petit chapitre pendant que je suis motivée! C'est un plaisir de lire vos encouragements =).
Chapitre 8
Nous utilisâmes à nouveau le « transplanage » et soudain nous nous retrouvâmes à l'extérieur d'un grand château, tout près d'un lac. C'était comme un château de contes pour enfants! Peut-être des fées et des lutins dansaient-ils sur les landes entourant l'étendue d'eau. Y avait-il des sirènes voltigeant dans les profondeurs?
Une énorme noire porte en fer forgé s'ouvrit devant nous et je me dépêchai de rejoindre Snape. Pourquoi étions-nous ici? Il avait dit qu'on « s'occuperait de moi ». Est-ce que c'était une sorte de test pour voir si j'étais assez bien pour vivre parmi les sorciers? Et si j'échouais?
J'avais l'estomac dans les talons; si je n'étais pas assez bien pour vivre avec le Professeur Snape, je devrais retourner à Privet Drive… Je voulais désespérément rester loin de cet endroit, loin de mon placard, loin d'oncle Vernon! Je trébuchai sur les grandes marches de pierres, me redressant en un éclair. Mais l'homme m'avait vu.
« Ne peux-tu pas passer une seule journée sans tomber, petit? » ironisa-t-il.
« Désolé, monsieur » répondis-je tristement; et si le test était déjà entamé?
« Oui, bon, viens maintenant » dit-il, semblant exaspéré.
Nous entrâmes dans le château; il était décoré avec luxe et semblant très confortable. On s'y sentait… chez-soi. J'avais l'impression que je pourrais me sentir bien en ces lieux. Ce qui me poussait à penser cela, je ne savais pas, mais c'était une sensation merveilleuse. C'était comme si des yeux me voulant du bien étaient posés sur moi. Il y avait beaucoup de portraits sur les mus, mais je me concentrais sur le sol de pierres, essayant de garder le rythme.
Je me sentis de plus en plus étourdi et hors d'haleine à mesure que nous grimpions les escaliers sans fin. Finalement, nous arrivâmes sur un palier et entrâmes dans une pièce d'un blanc lumineux remplies de lits.
« Poppy! » cria l'homme. Je reculai d'un pas; je détestais quand quelqu'un criait. Je me battis contre le besoin urgent de courir hors de la pièce.
« Severus? Qu'est-ce que vous– » Une femme dans un étrange uniforme blanc accourut. Aussitôt qu'elle posa les yeux sur moi, elle s'arrêta dans sa lancée.
« Est-ce… ce ne peut-être… Mais, Severus, il est si petit! » J'étais plutôt petit, je savais cela. J'avais été intimidé et harcelé à propos de ça à l'école.
« Manifestement, Poppy. C'est en partie la raison pour laquelle nous sommes ici. Pourriez-vous l'examiner pour moi? » Snape paraissait soucieux. Je me sentis soulagé; ça semblait être un examen médical, et non un test.
Elle me tendit une grande chemise avec des cordes là où les boutons auraient dû être.
« C'est ce que j'ai de plus petit, mon chéri. » Mon chéri? C'était comme ça que tante Pétunia m'appelait… mais cette femme semblait sincèrement gentille. Ou c'était ce qu'elle voulait me faire croire? Elle tira les rideaux autour d'un des lits et me laissa me changer en privé. Je pouvais clairement entendre la conversation silencieuse entre Snape et la dame.
« Croyez-vous qu'il est malade, Severus? demanda-t-elle, la voix teintée d'inquiétude.
- Non, je crois qu'il a été à moitié affamé depuis le décès de Lily. Les moldus l'ont traité horriblement, Poppy.
- Non! Albus m'a assuré qu'il les surveillait! » Elle hésita un moment, puis repris : « Pourquoi est-il si tremblotant?
- Et bien, il a vomi son petit-déjeuner. Il prend aussi facilement peur. Cet enfant est assez difficile, devrais-je dire. »
- Vous connaissez mieux que quiconque les répercussions de mauvais traitements, Severus. » On aurait dit qu'elle parlait à un petit enfant.
« Je n'apprécie pas que vous fassiez référence à mes vieilles affaires personnelles, madame. »
Elle souffla, mais changea de sujet.
« Donc il n'a pas pu garder son petit-déjeuner. Que lui avez-vous donné à manger?
- Des œufs, du pain grillé, de la saucisse et du jus de citrouille.
- Et bien, voilà votre problème! Par Merlin, pourquoi donneriez-vous à un enfant malade tous ces aliments gras? »
…
Je ne savais pourquoi Pomfrey avait ressenti le besoin de souligner mes lacunes en tant que tuteur. J'ajoutai « idiotie nutritive » à la longue liste de mes transgressions. Il y avait plus de choses qu'elle devait savoir pour examiner Harry de façon satisfaisante, donc je retardai le moment où je lui dirais ma façon de penser.
« Il m'arriva aussi avec plusieurs blessures et contusions. Le petit était battu, Poppy.
- Non! À quel point, Severus?
- Vous vous souvenez de ma troisième année? Dans quel état je suis arrivé des vacances de Noël?
- Évidemment. Ça ne pouvait pas être aussi terrible que ça! Je vous en pris, dites-moi que ce n'était pas le cas, Severus.
- C'était pire. » À partir de la deuxième année, je conservais un large éventail de potions guérissantes dans mon sac d'école à chaque fois que je devais aller à la maison. Cet été-là, je les avais presque toutes utilisées sur ma mère.
« J'aurais voulu voir les blessures par moi-même. Je suppose qu'elles ont été correctement guéries, depuis?
- Bien entendu, madame. » Pensait-elle que j'étais cruel en plus d'être incompétent.
« Amenez-moi votre pensine, alors. »
Elle se détourna, se dirigeant vers le rideau les yeux pleins d'eau.
« Harry, mon chéri? Est-tu habillé? »
…
J'étais aussi habillé que je pouvais l'être. Cette chose était encore plus grande que les vieux vêtements de Dudley!
« Oui, euh… » Comment l'avait-il appelé? « Madame. »
Elle me souleva et m'installa sur le grand lit, pointant sa baguette sur différentes parties de mon corps et fronçant des sourcils. Peu importe ce qu'elle découvrait, elle n'aimait pas ça. Je me tenais aussi droit que possible, prenant de grandes respirations, espérant faire aussi bien qu'elle le souhaitait. Puis les questions arrivèrent.
« Quel âge as-tu, Harry?
- Huit ans, madame.
- Qu'as-tu l'habitude de manger chaque jour? » demanda-t-elle. Allait-il être grondé pour ne pas avoir mangé tout son déjeuner?
« Chez ma tante, je mangeais du pain et de l'eau parfois. Avec le professeur Snape, je mangeais du fromage, du lait et du beurre aussi. » Elle gloussa aux derniers mots. « Oh non… va-t-elle lui dire de ne pas me nourrir autant? »
« Maintenant, Harry, tu as dit que tu avais du pain et de l'eau parfois. Qu'avais-tu les autres fois?
- Des restes ou rien, madame. »
Si j'avais mangé une fois au cours de la journée, je me considérais chanceux, même si ce n'était qu'une croûte ou deux. J'avais l'habitude de faire comme si c'était beaucoup plus en prétendant que j'étais une souris. Juste une toute petite souris qui avait trouvé un morceau de pain dix fois plus gros que sa tête! Je prenais de grosses bouchées d'air avec quelques miettes, et je mâchais comme si ma bouche débordait. Je rotais toujours beaucoup après, à cause de la quantité d'air que j'avalais, mais c'était comme si j'avais vraiment eu un copieux repas.
« Des restes ou rien, murmura-t-elle, écrivant des notes avec une grande plume sur un bout de papier brûlé.
- À quelle fréquence mangeais-tu? » Elle semblait hésitante à l'idée même de poser la question.
« À peu près tous les jours, tant que je n'étais pas puni.
- Et si tu étais puni, mon chéri? » Elle retint sa respiration. Jamais quelqu'un ne m'avait écouté si attentivement!
« Ça pouvait durer quelques jours, peut-être une semaine.
- As-tu déjà eu un os cassé, mon chéri? » Elle me releva les yeux, me gratifiant d'un sourire pincé.
« Oui, madame. » Plusieurs, en fait. Quand Dudley en eut un, tante Pétunia l'amena à l'hôpital et il revint avec un gros plâtre épais que tout le monde avait signé. Je n'en avais jamais eu.
« Couche-toi et reste immobile, maintenant. »
Elle agita sa baguette lentement au-dessus de tout mon corps, et des secousses se propagèrent dans le bout de bois à mesure qu'il approchait mes vieilles blessures. Quand elle atteignit finalement mes pieds, des larmes commençaient à couler le long de ses joues. Qu'avais-je fait pour la bouleverser autant?
« Je suis désolé, madame! Je vais être gentil, promis! » Si Snape revenait et voyait que je l'avais fait pleurer, j'allais en manger toute une!
Elle fit alors la chose la plus étrange. Elle s'étouffa, s'écria « Oh, mon chéri » me prit dans ses bras et me cajola comme un ours en peluche. Elle toucha de sa baguette les endroits qui l'avaient faite tressaillir et chuchota des mots inintelligibles. Parfois, mon corps bougeait un peu alors qu'elle poursuivait, et c'était une sensation plutôt déconcertante. Elle me donna plusieurs petites bouteilles de liquide à boire; l'une d'entre elles goûtait le gazon et la fumée. Elle me versa un jus de citrouille pour me débarrasser du goût. Elle était tellement gentille! Je me sentais vraiment coupable de l'avoir rendue si triste.
Après que tout fut terminé, elle m'installa sur ses genoux alors qu'elle s'assoyait sur une chaise berçante et se mit à fredonner doucement. « Donc c'est ça que ça fait que quelqu'un nous prenne dans ses bras! » La couverture et la cape était merveilleuses, mais ça… c'était indescriptible. Mon cœur se sentait entouré de soleil et battait plus fort que jamais. Cette belle sensation ne dura pas, toutefois, quand je réalisai que des larmes commençaient à couler sur mes joues. Je me crispai et les essuyai, me recroquevillant. Je priai pour qu'elle n'ait rien vu.
Mais elle murmura ces merveilleux mots! « Harry, mon chéri, tu as le droit de pleurer. Ces fichus moldus t'empêchaient-ils de faire cela, aussi? Tu as beaucoup à pleurer, petit. Laisse ça sortir. »
Et c'est ce que je fis. Une fois lancé, je pleurai plus fort et plus fort. Elle continuait de me dire que c'était correct, alors j'arrêtai de me contenir. Jusqu'à ce que j'entendis la porte s'ouvrir de nouveau. Je me mordis les lèvres, retenant ma respiration, et j'enfonçai mes ongles dans mes paumes aussi fort que je le pouvais. La dame avait toléré mes plaintes, mais je savais que ce ne serait pas le cas de Snape.
…
J'avais monté les dernières marches trois par trois. Le garçon se lamentait; certains enfants étaient de telles mauviettes chez les médicomages. J'avais toujours eu horreur de voir un guérisseur en raison des insupportables petites terreurs gémissantes. Aussitôt que j'entrai, il arrêta, merci Merlin! Mais je contemplai une curieuse scène. Poppy le berçait, chantonnant un peu. Était-ce ainsi qu'une mère était supposée agir? Je la regardais le tenir tendrement d'une façon si naturelle, si aimante. C'était ce dont l'enfant avait besoin. Pouvais-je vraiment le lui apporter? J'essayai de me souvenir d'un moment dans ma vie où quelqu'un avait pris soin de moi de cette façon… Poppy l'avait fait! Comment avais-je pu l'oublier? Quand j'étais arrivé à Poudlard la première fois, j'étais dans un état désastreux. Un préfet m'avait conduit directement à elle en sortant du train et elle avait pleuré à ma vue. Après que j'aie été réparti chez les Serpentards, elle avait toutefois gardé plus de distance. Peut-être que c'était pour cette raison que ces souvenirs avaient été enfouis au fin fond de ma mémoire. Je détestais tellement voir ma maison méprisée!
Je me raclai la gorge. « La pensine, madame. » Sélectionnant le souvenir pertinent, je l'extirpai de ma tête et le jetai dans les profondeurs argentées.
Elle parla vraiment doucement à l'enfant. « Harry, je vais te coucher dans un de ces lits maintenant pour faire une petite sieste. » Après l'avoir allongé, elle tira les couvertures, les enroula autour de ses épaules, replaça son oreiller et le gratifia d'un baiser sur le front. Devais-je vraiment faire cela? Ça semblait beaucoup trop sentimental…
Elle pris une grande respiration, puis regarda comment j'avais découvert les blessures d'Harry et les avais aspergées de Subtusum.
Une expression sinistre sur le visage, elle ne releva pas les yeux après avoir terminé. « Je dirais que votre comparaison était appropriée. » Elle darda alors ses yeux dans les miens. « Mais d'où viennent les marques fraîches? »
« Merde! » J'avais oublié ça. Je pataugeai dans des explications vaseuses, la voyant devenir de plus en plus fâchée à chaque mot sortant de ma bouche.
…
Poppy était furieuse contre mon Snape parce qu'il m'avait frappé. Mais il ne m'avait même pas battu suffisamment, ne comprenait-elle pas? Après qu'il ait expliqué toute cette journée, je compris comme jamais auparavant. Il pensait que j'avais amené la ceinture de son père? Ça voulait dire que son père l'avait battu comme oncle Vernon l'avait fait sur moi! Était-il anormal comme moi? Il semblait désolé de m'avoir frappé; c'était déroutant. Il avait été tellement clément depuis mon arrivée, pourquoi se sentait-il désolé pour le peu de discipline qu'il m'avait imposé?
Dès qu'il eut fini de tout raconter à Madame Poppy, elle le gifla en pleine face. Il semblait connaître les règles, lui aussi, car il ne bougea pas d'un poil.
« Je suis certain que vous pouvez faire mieux que ça, Poppy » dit-il avec sarcasme. Elle lui lança un regard mauvais, prit de la poudre et la lança dans la cheminée.
« Dumbledore! » cria-t-elle aux flammes vertes qui l'engloutirent.
