Titre original : Eight

Auteur : Lily Elizabeth Snape

Traductrice : PetiteMary

Disclamer : Les personnages sont à J.K. Rowling, l'histoire est à Lily Elizabeth Snape. Je n'agis qu'en tant que traductrice.

Résumé : Harry, âgé de huit ans, se fait maltraiter par les Dursleys. Rogue est un sorcier particulièrement froid et distant. Severus peut-il offrir à Harry l'enfance à laquelle il n'a pas eu droit?

Note de la traductrice

Hop, un autre chapitre pour vous! Bonne lecture!

Chapitre 9

Dumbledore gravit l'escalier et entra dans l'infirmerie, foutument calme et supérieur comme toujours. Toutefois, à ma surprise, Poppy ne se lança pas immédiatement dans la liste de mes transgressions; elle commença à le réprimander pour son manque d'attention pour les difficultés de nos étudiants en général.

Apparemment, elle et Dumbledore s'étaient déjà querellés quant aux actions à poser dans un cas d'enfant abusé dans le passé. Elle le trouvait horriblement négligeant, et cita notamment mon cas en exemple. Je n'avais jamais entendu parler de ça avant; évidemment, il était rare que quiconque parmi le personnel questionne les décisions d'Albus.

Après une bonne dizaine de minutes à déverser sa rage, elle termina par :

« Vous et moi savez qu'aucun autre guérisseur ne serait à l'entière disposition de vos élèves ainsi que de votre personnel 24 heures par jour tous les jours de l'année, et je serai forcée de démissionner si vous continuez à traiter les cas d'abus avec autant d'aveuglement et de naïveté. Donc, Albus, allez-vous me laisser décider des gestes appropriés à poser quand je vois un étudiant en danger? »

Dumbledore était passé par sept nuances de rose. Je contemplais le plancher dans une tentative de faire comme si je n'avais pas entendu toutes ces réprimandes. Son visage était rempli de fausse confiance, il glissa à la formidable médicomage :

« Devrions-nous poursuivre cette discussion à un moment plus approprié, alors, madame Pomfrey? »

Avec un regard d'acier, elle se détourna de lui, seulement pour mettre la pensine juste en face de lui.

« Jetez un coup d'œil, et ensuite dites-moi que j'ai tort » le défia Poppy.

Je me fondis au décor. Non seulement voulais-je éviter de penser aux marques de Harry, je voulais aussi éviter de penser à ma grave erreur. Je n'avais aucune idée de ce qu'Albus dirait à propos de ce que j'avais fait à Harry. Mais je ne pouvais y échapper; Poppy faisait la narration pour le directeur.

…..

Poppy semblait vraiment inquiète pour moi. La situation était-elle si terrible? Si j'étais aussi blessé qu'elle le disait, je devais avoir été très mauvais pour mériter tout cela. Toute cette expérience était effrayante. J'attendis qu'ils aient le dos tourné, puis me glissai hors du grand lit, m'emparant de mes vêtements et me faufilant dans un coin. C'était probablement là que Snape voudrait que je sois, de toute façon, pour avoir causé une telle scène.

« Cet enfant a été battu et affamé pendant plusieurs années, Albus! Minerva, Hagrid et moi n'avions-nous pas exprimé nos réserves quant à cette foutue famille de moldus dès le premier jour? Vous aviez dit que vous veilleriez au grain; était-ce un mensonge? » Le visage de la dame s'empourprait davantage à chaque phrase.

Dumbledore soupira. « J'ai vraiment veillé à ce qu'il aille bien… toutefois avec le recul peut-être pas avoir autant de profondeur ni aussi régulièrement qu'il l'aurait fallu.

- Peut-être? Peut-être! Albus Dumbledore, quand allez-vous sortir votre foutue tête de votre cul et réaliser que votre optimiste aveugle est ridicule? Ne vous souciez-vous donc de rien? »

Finalement, il déclara : « Les enfants doivent être avec leur famille. »

« Oh non, oh non, oh non! Il va me renvoyer chez les Dursley! »

Soudainement, Poppy se retourna et sortit, les fenêtres de l'infirmerie se éclatant alors qu'elle claquait la porte derrière elle. Je sursautai d'effroi; elle allait le laisser m'emmener! Elle avait abandonné.

…..

« Il ne va tout de même pas essayer de m'enlever le garçon! » Je réalisais pour la première fois que je voulais garder le petit. Je ne pensais pas que je pourrais supporter l'idée de m'occuper de lui, mais maintenant c'était clair dans ma tête, très peu de gens pourraient comprendre ses réactions et ses besoins particuliers. Et Albus venait de dire quelque chose par rapport à la famille… il ne voulait tout de même pas renvoyer le gamin à ses « parents » de sang? « Je ne le permettrai pas! »

« Severus, avez-vous frappé l'enfant? » demanda-t-il d'une voix sourde que je ne lui avais jamais entendue.

« Oui, monsieur le Directeur. » Il était inutile de m'étendre davantage; je ne prétendais pas avoir une excuse valable, et il avait déjà entendu mes explications par le biais de Poppy.

« Ça ne semble pas très bien fonctionner, mon garçon. » Comme je le détestais quand il prenait ce ton condescendant!

« Ça n'arrivera jamais plus, Albus. Je me le suis promis, ainsi qu'à Harry. » Je ne manquerais pas à cette promesse!

« Malgré cela, ne seriez-vous pas heureux que nous fassions d'autres arrangements? Honnêtement, je m'attendais à vous voir crier à ma gargouille dès minuit la première nuit. »

Quand je commençai à rétorquer, il balaya ma voix d'un geste de la main.

« Laissez-moi parler avec le garçon, Severus. Je suis certain que vous avez de quoi vous occuper dans vos donjons? Après tout, vous avez été absents plusieurs jours. »

Je jetai un coup d'œil au lit; que pensait Harry de tout cela? Mais l'enfant n'était pas là. Il se cachait sur le plancher, dans un coin. Je voulus m'avancer vers lui, mais Albus le prit dans ses bras.

« Il a déjà l'air assez effrayé comme ça, Severus. Il vaut mieux me le laisser, n'est-ce pas? » Il haussa les sourcils comme lui seul savait le faire.

Peut-être avait-il raison. Je semblais constamment effrayer l'enfant. Si Dumbledore n'avait jamais pensé que je pourrais m'en tirer, pourquoi le ferais-je? Mais le garçon semblait commencer à me faire confiance et, que Merlin me vienne en aide, je ne voulais pas qu'on l'amène loin de moi! Je me retirai dans mes appartements, les idées bien confuses.

…..

Il semblait que Snape n'avait pas l'intention de me supporter non plus. Je repoussai la nausée qui s'emparait de moi à mesure que je réalisais la situation dans laquelle je me retrouvais.

« Harry? » chuchota le vieil homme. Je relevai la tête contre mon gré. « Tu n'as pas à avoir peur, mon enfant. Je ne te ferai pas de mal. »

Il n'approcha pas d'avantage; c'était prometteur. Je pensais bien que ma tête allait exploser s'il venait plus près.

« De quoi as-tu peur, mon enfant? » Comme si c'était si facile!

« Que vous me renvoyiez. Que je doive quitter Snape! »

Mais « Je suis désolé, monsieur! » furent les seuls mots qui sortirent de mes dents serrées.

« Tu n'as pas à être désolé de quoi que ce soit, Harry. Je sais que Severus a été méchant avec toi, mais tu ne seras pas forcé à supporter son mauvais tempérament plus longtemps.

Je ne pus m'en empêcher, je parlai sans qu'on m'y invite. « S'il vous plaît, s'il vous plaît, monsieur, je vais être gentil, je vous le promets! »

Il sembla confus, comme s'il ne comprenait pas le français.

« Oui, et bien, j'attends de toi que tu sois un bon garçon, Harry. Mais là n'est pas la question. Maintenant, viens, lève-toi de ce plancher glacé et nous discuterons de l'endroit où tu iras. »

Il s'approcha de moi et je paniquai. J'eus l'impression que des étincelles sortaient de chaque follicule de mon corps, et Dumbledore fut rejetté loin de moi. Il atterrit sur le dos, sa tête frappant le plancher vernis de l'infirmerie.

Qu'avais-je fait? Mon cœur battait si vite que j'avais du mal à respirer; ma peau était brûlante et me démangeait. J'entendis un vague gloussement provenant d'une certaine distance, mais mes oreilles étaient martelées de telle façon que je ne pouvais en être certain. Comme à travers un épais brouillard, je le vis se relever péniblement. Je voulais seulement être quelque part… en sécurité. Alors qu'il s'approchait à nouveau de moi, baguette pointée, je fus écrasé comme une mouche et propulsé dans une pièce poussiéreuse et familière… à Ashton-Under-Lyne.

…..

Ça m'énerva autant que toujours quand Albus fit son apparition dans mes quartiers. Au moins, cette fois, il ne m'avait pas fait bousiller une potion. Il semblait particulièrement agité.

« Bon, Severus, je dois dire que c'est plutôt clair que l'enfant souhaite rester avec vous. » dit-il avec doute. Ne me ferait-il jamais confiance? « Ça ne semblait pas probable! »

« Le permettrez-vous? » Ma voix transmettait beaucoup plus de désespoir que je le montrais.

« Vous êtes son tuteur, mon garçon, vous le savez. » Comme si la loi importait quand il s'agissait d'Albus Dumbledore! S'il était convaincu que Harry devait être remis aux bons soins de quelqu'un d'autre, tout le monde au Ministère le serait aussi.

« C'est un oui ou un non? » Je me retournai. Il n'avait pas besoin de voir ce qu'il pouvait clairement entendre.

« Voulez-vous seulement garder l'enfant, Severus? »

Je pivotai de nouveau, plongeant mes yeux dans les siens. « Oui! » grognai-je, plus fortement que je l'aurais souhaité.

« Ah. Et bien, dans ce cas, vous devrez le trouver. » Tellement calme et exaspérant…

Il me fit connaître les détails de la situation. J'étais plutôt impressionné de la force que révélait l'accident magique de ma nouvelle charge. Et transplaner? À l'âge de huit ans? De l'intérieur du lieu où il était le plus difficile de le faire? Rien de plus près de l'impossible… « Tout comme un bébé d'à peine un an survivant à un Avada Kedevra et tuant l'être le plus mauvais connu de ce monde! »

…..

« Qui est là? » Le gentil tailleur semblait inquiet. M'avait-il vu apparaître? Je réalisai que j'étais sous la table, et il venait de de descendre les escaliers, donc il ne m'avait probablement pas aperçu. Je me relevai, me cognant volontairement la tête contre le dessous du comptoir pour m'aider à retenir mes larmes. Que devais-je dire?

« Oui, m-monsieur. C'est j-juste Harry, monsieur. Je – euh je me suis perdu. »

« Petit? »

Je me montrai, content d'avoir pris le temps de me dévêtir de la tunique d'hôpital.

« P-pourriez vous me montrer la direction de la maison de m-monsieur Snape, s'il vous plaît, monsieur? » Je ne savais pas du tout combien de temps mettraient les sorciers à trouver où je m'étais retrouvé, mais je savais qu'il valait mieux que je sois à la maison quand Snape arriverait.

« Bien sûr, petit. Mais… es-tu certain que tout va bien là-bas, maintenant? »

J'hésitai. Je n'aurais pas dû hésiter. « Oui, monsieur. Tout a été… très bien, monsieur. »

Il me détailla avec attention. « Ton visage a l'air mieux. »

« Oui, monsieur. Il m'a donné de la p-pommade pour ça. » Ça sembla le convaincre que je n'étais pas maltraité.

« Aussi bien prendre tes nouveaux vêtements avec toi. J'attendais une dernière expédition avant de les amener jusqu'à Spinner's End. » Il me présenta les petits paquets bruns.

« Tu veux que je marche avec toi?

- Non, n-non merci, monsieur. Juste me p-pointer le chemin, s'il vous plaît. »

Je voulais désespérément rester avec lui; le voir me montrer des gestes gentils et me parler aimablement comme il l'avait fait l'autre jour. Mais ce n'était pas le temps; et je ne le méritais pas de toute façon.

Il me conduit à la porte et pointa vers la droite, comme je savais qu'il le ferait.

Il m'interpella : « Ne sois pas timide, petit. Reviens me voir bientôt! »

Je souris presque. Je courus le long du chemin pavé, souhaitant plus que tout être de retour. Je ne savais pas quel bien ça pourrait faire; j'imaginais à peine quel genre de punition je recevrais pour tout ça. J'avais littéralement attaqué quelqu'un de plus âgé et m'étais enfui! Au moment où je trébuchais en remontant le perron, je pleurais encore plus fort que dans les bras de madame Poppy. Je fus soulagé de voir que la porte n'était pas verrouillée et je gravis les marches jusqu'à ma chambre. Ce qui avait, jusqu'à maintenant, été ma chambre, du moins. Qui sait où j'allais être envoyé? Les Dursleys me tueraient probablement s'ils découvraient tout ça. « Peut-être qu'il se contentera de me battre et de m'enfermer dans le placard à balais » espérai-je avec ferveur. Je savais que je méritais bien pire!

Après avoir placé les paquets dans le tiroir de la commode, je me jetai dans le coin et tentai d'arrêter mes pleurs infernaux. Planter mes ongles dans ma chair ne fonctionnait pas, pas plus que mordre ma langue et mes lèvres. Je fis ce que j'avais fait tant de fois dans mon placard; je frappai ma tête sur le mur répétitivement jusqu'à ce que mes larmes se tarissent. C'était drôle de constater à quel point se faire mal à l'extérieur permettait de se débarrasser de la douleur à l'intérieur.

Une réelle panique s'installa en moi quand j'entendis le « pop » d'un transplanage provenant du rez-de-chaussée. Ils m'avaient trouvé! Au moins je ne pouvais pas respirer assez bien pour pleurer.