Titre original : Eight
Auteur : Lily Elizabeth Snape
Traductrice : PetiteMary
Disclamer : Les personnages sont à J.K. Rowling, l'histoire est à Lily Elizabeth Snape. Je n'agis qu'en tant que traductrice.
Résumé : Harry, âgé de huit ans, se fait maltraiter par les Dursleys. Rogue est un sorcier particulièrement froid et distant. Severus peut-il offrir à Harry l'enfance à laquelle il n'a pas eu droit?
Chapitre 10
Je fonçai hors du château, me questionnant encore sur la magie accidentelle du garçon. Me fiant à mon instinct, je transplanai au premier endroit qui me vint à l'esprit : Spinner's End.
« Harry » appelai-je à travers la maison. Je crus entendre une bagarre en haut des escaliers. Il était là, blotti sur le sol dans ce foutu coin. J'allais devoir mettre quelque chose là pour qu'il ne puisse pas se punir à chaque méfait qu'il croyait avoir fait.
« Mon enfant, sors de là. » Puisqu'il ne s'exécuta pas, je m'approchai pour mieux le voir. Complètement paniqué, il semblait près de convulser.
« Tu t'es fait peur à ce point? gloussai-je. Tu as déjà tranplané, petit. Tu ne t'es pas désartibulé, tout de même? »
Il prit une grande inspiration ardue et commença à babiller :
« Je n'ai pas… je ne… je suis désolé, monsieur. Je n'étais pas… » Puis, ses sanglots l'envahirent.
« Calme-toi, maintenant, Harry. Sors de ce coin. » J'insistai, aussi gentiment que possible. Il se faufila dans la pièce en chancelant, puis raffermit sa prise autour de ses tibias jusqu'à ce que ses articulations virent au blanc. Poussant son front contre ses genoux noueux, ses sanglots se transformèrent en faibles gémissements.
Je pris un verre d'eau froide et un chiffon, et il me regarda comme si j'avais amené un gros sac de gallions. Toussant et crachotant en avalant l'eau, ses yeux débordaient de larmes salées et d'interrogations.
« Vas-y, mon enfant. Pose tes questions, fis-je.
- Vraiment, monsieur? J'ai le droit?
- Tu as toujours le droit de me poser des questions, Harry. Ces fichus moldus te l'interdisaient-ils?
- Oui, monsieur. » chuchota-t-il pitoyablement avant de rassembler son courage pour demander ce qu'il avait en tête. Il reprit son souffle, puis demanda rapidement :
« Pourquoi êtes-vous si gentil avec moi? »
Je ne m'attendais certainement pas à cette question-là! Étais-je gentil? Je supposai que s'il pensait que je l'étais, c'était un bon signe. Peut-être que je ne serais pas un si terrible gardien au final. « Je vais montrer à Dumbledore que je peux le faire! »
« Parce que tu mérites d'être bien traité. Prochaine question. »
Une grimace tremblotante traversa son visage avant que ses yeux d'émeraude ne s'embrument de nouveau. Sa requête suivante fut faite d'un ton pas plus énergique qu'une brise d'été.
« Est-ce que je peux rester avec vous? » demanda-t-il en retenant son souffle.
« Oui! » Je n'avais pas voulu crier, mais je l'avais fait, et après un sursaut initial qui le fit reculer, il se jeta sur moi. Je me retrouvai capturé dans la plus grande étreinte de ma vie. Je tentai de retourner l'étreinte tout en chuchotant :
« Rien ni personne ne pourra t'enlever à moi. Tu peux considérer cette maison comme tienne dorénavant, petit. Je suis ton tuteur de plein droit dans le monde des sorciers, étant ton parrain. »
Il s'éloigna brusquement, me regardant dans les yeux pour la première fois.
« Vous êtes mon parrain? »
Ne lui avait-il pas déjà dit? « Idiot! »
« Oui, je suis celui que ta mère a choisi comme parrain et tuteur pour toi. Je t'aurais amené loin de ces épouvantables gens plus tôt, mais personne n'avait réalisé que j'avais été nommé et, bon, c'est compliqué. Disons simplement que tu peux rester ici… aussi longtemps que c'est ce que tu désires. »
Il me serra encore, me coupant presque le souffle.
« Ce l'est! gazouilla-t-il joyeusement. Ce l'est, parrain! »
À ce moment, la peur revint, il se reprit, s'éloignant un peu de moi.
« Je suis désolé, monsieur. Je n'aurais pas dû dire ça sans votre permission. Je m'excuse, monsieur. »
Avant que je puisse émettre le moindre mot, Dumbledore transplana dans la pièce.
« Génial, Harry, tout simplement génial! Jamais je n'avais vu de magie accidentelle aussi puissante. Et vous, Severus? »
Mes yeux étaient seulement sur le garçon. Il reculait, une forte appréhension filtrant de son aura.
…
Il était là! J'étais déjà en peine avec Snape, et l'homme que j'avais blessé était là aussi. Je ne savais pas quoi faire, je me glissai donc aussi loin que possible jusqu'à ce que mon dos se bute au mur. Maître Dumbledore parlait et je me forçai à porter attention, mais un son paralysant résonnait dans mes oreilles, ou dans la pièce; je ne pouvais déterminer lequel des deux. Je savais seulement que je tremblais avec force, et l'air autour de moi était comme une centaine de corbeau prenant leur envol. Le son était de plus en plus fort, et je m'affalai sur le sol. Le mur était disparu! Je me trouvais dans une nouvelle pièce, sa chambre. Alors que le mur réapparaissait, je me sentais encore plus inquiet d'avoir envahi ses quartiers sans permission; comment pouvais-je vraisemblablement me mettre plus dans le pétrin que je ne l'étais déjà?
J'entendis des bruits de pas près de la porte de la chambre, quand le bout de mes doigts picota et la porte se claqua, se verrouillant au passage. Il allait penser que c'était moi! C'était certain qu'il me renverrait, maintenant. Mais peut-être, peut-être seulement, que si je me levais, que j'ouvrais la porte et que je m'excusais en acceptant la punition comme le bon garçon que j'avais toujours voulu être… Ça valait la peine d'essayer. Je serrai les dents et frappa ma tête contre le mur quelques fois pour arrêter les larmes, puis me forçai à me redresser et à ouvrir la porte. Mon Snape avait l'air très fâché; en effet, je ne l'avais pas vu fâché depuis un bon moment. Maître Dumbledore avait l'air triste. Peut-être qu'il n'aimait pas avoir à distribuer des sanctions sévères comme celle que je méritais.
« Je suis vraiment désolé, monsieur Professeur Snape et Maître Dumbledore, monsieur. » dis-je, la tête basse pointant vers leurs bottes. Je me souvins de mon premier jour ici, quand j'étais tombé et que j'avais eu peur d'être giflé, tandis que Maître Dumbledore se mit à rire. Je n'osai pas lever les yeux, et avant que je comprenne ce qui m'arrivait, j'étais emprisonné dans ses bras, soulevé dans les airs. Je grinçai des dents, mais ne luttai pas. Je méritais ce qui m'arrivait. Peu importe ce qu'il allait faire, je savais que je méritais le pire.
Il m'éloigna de lui pour regarder mon visage, et parla comme s'il était amusé.
« N'as-tu pas entendu ce que j'ai dit, petit? »
Je ne pouvais le regarder alors que je m'excusais pour encore une autre erreur que j'avais faite dans le dernier quart d'heure.
« J'ai essayé, monsieur, mais je ne pouvais pas vous entendre. Je suis désolé, monsieur! »
Il gloussa de nouveau. « Gloussa? »
« Peu importe, Harry, peu importe. Je disais seulement que ta magie accidentelle était géniale, vraiment impressionnante et puissante. Je me sens privilégié d'avoir pu en être témoin, même si mon arrière-train ne partage pas mon opinion. »
Il gloussa encore. Je hasardai un regard vacillant dans sa direction, puis dans celle de mon Snpae, et le vieux sorcier semblait, et bien, à l'opposé de fâché, vraiment. Mon Snape avait la même expression ennuyée qu'il portait souvent.
« Maître Dumbledore, monsieur?
- Directeur Dumbledore, Harry, me corrigea mon Snape – mon parrain – d'une voix pleine de compassion.
- Allons, allons, Severus, je pensais que ce surnom était plutôt prétentieux. »
Parrain renifla à cette phrase!
Directeur Dumbledore continua :
« Oui, Harry?
- Donc vous n'êtes pas blessé, monsieur?
- Non, mon enfant. C'est très gentil de ta part de demander.
- Et vous n'êtes pas – vous n'êtes pas, hem, fâché contre moi, alors, monsieur? »
Je ne pouvais croire que j'avais osé demander cela carrément, mais j'avais le sentiment que je ne serais pas réprimandé.
« Bien sûr que non! » Il tourna autour de moi, me chatouillant les côtes jusqu'à ce que je pouffe de rire, avant de continuer :
« Harry, viendrais-tu avec moi dans la cuisine, un moment? »
Parrain semblait livide, mais il hocha la tête quand je le regardai en quête d'approbation. Une fois là-bas, le vieux directeur s'agenouilla devant moi, me regardant dans les yeux.
« Veux-tu vraiment rester ici, mon enfant? Beaucoup de gentils sorciers et sorcières seraient ravis de te prendre dans leur famille. Plusieurs d'entre eux ont d'autres enfants de ton âge. »
Que cherchait-il à lire dans mon visage? Il voulait que j'accepte de partir, mais pourquoi? Je ne dis rien; j'avais appris il y a bien longtemps que si tes mots n'allaient pas être bien accueillis, il valait mieux les garder pour soi. Mais il cherchait toujours.
« Harry, veux-tu rester avec Severus? » Une question directe. Je ne pouvais l'ignorer.
« Oui, monsieur.
- Pourquoi? »
Comment pouvais-je répondre à ça? Je devais commencer quelque part.
« Parce qu'il m'a enlever de chez les Dursley, et il est indulgent, et gentil, et il est mon parrain, et ma mère voulait que je reste avec lui, et s'il vous plaît, ne me faites pas partir! » À ma grande horreur, ma voix s'était encore élevée en une lamentation, et des larmes coulaient de mes yeux. Je haletai quand la grande silhouette de mon tuteur approcha.
« Vous pouvez partir, Albus » dit-il, ou plutôt commanda-t-il.
Dumbledore se releva difficilement en commençant :
« Severus, mon garçon, j'étais simplement–
- Au revoir, Albus » gronda mon Snape.
En un pop, nous fûmes seuls.
…
Tous ce mal de tête, ces inquiétudes, ces larmes, juste pour que le grand et puissant directeur Albus Dumbledore, Président du Magenmagot, Manitou suprême de la Confédération internationale des mages et sorciers, Ordre de Merlin, première classe puisse se mêler encore plus de ma vie! « Première classe mon cul, oui! »
Alors que je fulminais, Harry se glissa derrière moi et monta les marches à pas feutrés. Que Merlin vienne en aide à ce foutu Dumbledore s'il allait encore se coller dans ce coin.
Il y était. Merde.
Je l'entendais renifler, et le vis se raidir quand il sentit ma présence. Il commença à cogner sa tête contre le maudit mur! Je mis un moment à réaliser que c'était, évidemment, ce qu'il faisait. Je le pris et le fit s'asseoir sur mes cuisses dans la chaise berçante que je fis apparaître pour bloquer temporairement le coin droit de la chambre.
« Pourquoi frappais-tu ta tête, ridicule enfant? » dis-je sévèrement.
Il se déroba. Merde, merde, merde!
« Je suis désolé, monsieur! J'étais mauvais et je pleurais et frapper ma tête me fait arrêter, mais je ne le ferai plus si c'est ce que vous souhaitez et je suis prêt pour ma punition, monsieur. »
Toutes ces sottises déversées, il se tortilla au sol piteusement, les yeux baissés. Je relevai doucement son menton, faisant basculer son regard du plancher à mon visage. Résolu, j'étais déterminé à rester calme et serein pendant cet échange.
« Pourquoi penses-tu être sur le point d'être puni? »
Il s'agita et bredouilla une douzaine d'actions supposément atroces. « Cet enfant pense-t-il que tout ce qu'il fait est maléfique? »
Quand il eut finit, je répondis simplement :
« Harry, tu ne seras puni pour rien de tout ça. Honnêtement, tous les jeunes sorciers ont des attaques de grabuge de magie accidentelle.
- Tous les jeunes sorciers… voulez-vous dire… que… je suis un sorcier? » cria-t-il, avant de mettre rapidement ses mains sur sa bouche.
Je me questionnai amèrement quant à mon esprit amnésique et inconscient de ces derniers temps.
« Ne te l'ai-je pas dit? Tu es, très probablement, l'enfant sorcier le plus puissant jamais né. »
Notant qu'il avait toujours les doigts pressés sur ses lèvres, j'ajoutai, après réflexion :
« Cher enfant, tu ne sera pas puni pour avoir crié! »
