Titre original : Eight

Auteur : Lily Elizabeth Snape

Traductrice : PetiteMary

Disclamer : Les personnages sont à J.K. Rowling, l'histoire est à Lily Elizabeth Snape. Je n'agis qu'en tant que traductrice.

Résumé : Harry, âgé de huit ans, se fait maltraiter par les Dursleys. Rogue est un sorcier particulièrement froid et distant. Severus peut-il offrir à Harry l'enfance à laquelle il n'a pas eu droit?

Note de la traductrice

Plusieurs chapitres à la suite, ces temps-ci! En fait mon objectif est de finir cette traduction d'ici à la mi-juin car je retournerai aux études, et entre le travail et l'école je n'aurai plus vraiment le temps de m'en occuper.

Chapitre 11

« Je suis un sorcier? Je suis un sorcier! Harry Potter, le sorcier… »

« Puis-je vous poser une question, monsieur? » J'avais besoin que ça soit clair. Je voulais croire qu'il y avait une raison pour laquelle je faisais toujours tout de travers, pourquoi j'étais bizarre et que je me mettais toujours les pieds dans les plats; autre que j'étais tout simplement né comme ça.

Un mince sourire apparut sur son visage alors qu'il répondait :

« Tu n'as pas besoin de demander la permission. En fait, le fait de demander est une question. »

Génial! Encore une fois, j'essayais de bien faire, mais ça ne fonctionnait tout simplement pas.

« Je suis désolé, monsieur! Je n'avais pas réalisé… je ne… je suis désolé. Comme d'habitude dans de telles circonstances, ma voix trahissait la panique, mais à mesure que je m'excusais elle faiblissait jusqu'à ne devenir qu'un murmure. J'étais prêt à affronter ce qui viendrait. J'espérais que ce ne serait pas trop terrible. Mon Snape venait de me montrer à quel point il serait tolérant et ne me battrait pas. Mais peut-être que c'était juste parce que le Directeur venait de me parler. Peut-être qu'il ne voulait pas être embarrassé par le fait qu'on lui enlève un enfant dont il avait la charge, étant un professeur et tout ça.

« Je crois que tu avais une autre question, mon enfant. Tu peux la poser. » Il semblait exaspéré, mais se contenait. « Il travaille très fort sur lui-même pour ne pas exploser. » Je lui étais déjà tellement redevable, pour les vêtements, la nourriture, la… maison! Si j'étais mauvais et que ça le frustrait, il serait bien normal qu'il se défoule sur moi!

« Je ne le dirai pas, monsieur. » Comprendrait-il ce que je voulais dire, ou allais-je devoir dire ces horribles mots?

« Tu n'obtiendras pas de réponse si tu ne poses pas la question, petit. » grogna-t-il alors que je me crispais.

Il n'avait visiblement pas compris. Il me regarda me tortiller pendant un moment jusqu'à ce que j'ose dire ces mots :

« Je veux dire que je ne le dirai pas si vous me frappez encore, monsieur. »

Encore. Ah, oui. Je méritais cette suspicion. Ce foutu tempérament que j'avais!

« Je ne te frapperai plus, Harry. Tu as ma parole. » Je fis une pause, espérant que cette déclaration se graverait dans son petit esprit confus. Après un moment à croiser mon regard, il expira fortement l'air qu'il ne semblait pas avoir réalisé qu'il retenait, et sourit.

« Quant aux questions, continuai-je, j'imagine que tu en as beaucoup. Tu peux les poser quand tu le souhaites sans avoir peur d'être puni pour cela. C'est clair?

- Oui, monsieur. Merci, monsieur. »

J'attendis la grande demande, mais elle ne semblait pas venir. « Patience, Severus. »

« Et bien? » fis-je sur un ton sarcastique. Était-ce mieux qu'un ton bourru? Il sursauta. « Je suppose que non. »

J'allais devoir travailler là-dessus également. Je devais vraiment commencer une foutue liste!

« Hem… » Tellement bas que je pouvais à peine l'entendre. « Attends qu'il se lance, respire, idiot! »

Il y parvint finalement :

« Est-ce que je fais toutes ces mauvaises choses parce que je suis un sorcier? »

Et bien, c'était une question plutôt importante. Cette simple interrogation démontrait l'ampleur de ses fausses idées. « Peut-être que quelqu'un au château pourrait le surveiller pendant que je m'occuperai de ces moldus dégoûtants. »

Je l'interrogeai du regard tandis qu'il oscillait avec anticipation aussi ébranlé par l'autorité qu'un saule pleureur par un coup de vent. Pourtant, je sentais aussi qu'il aurait la ténacité de plier en deux avant de se briser.

« Petit, la réponse courte est oui. Ces mauvaises choses dont tu parles, le transplanage, la disparition du mur, le verrouillage de la porte… tout cela est de la magie accidentelle. Mais j'espère que tu finiras par comprendre que ce n'est pas mal. C'est juste un accident. Les accidents ne sont la faute de personne. »

Il n'était pas convaincu.

Soudainement, le foyer s'illumina de vert et le visage de Poppy apparut. C'était un peu effrayant, comme quelque chose qu'on aurait pu voir à la télé le soir d'Halloween, mais ça ne semblait pas lui faire mal. « Ça doit être magique. »

« Severus, chuchota-t-elle.

- Il est parti, Poppy. » railla-t-il tout en ricanant.

Elle fit un pas hors de la cheminée, toute couverte de suie. Mon nez piquait avec toute cette poussière, mais je n'osai pas éternuer. C'était ma faute si le foyer était si malpropre. Je jetai un rapide coup d'œil. Tout devait être balayé et lavé de nouveau. Mes bras me faisaient mal juste à la pensée de tout ce travail qui m'attendait. « Méchant Harry! Ne pense pas comme ça! »

Mon Snape et Poppy parlaient, lisant une épaisse feuille de papier qui aurait pu avoir été déchirée à même un sac de course en papier. Je profitai de cette opportunité pour ramasser un torchon et de l'eau savonneuse et commencer à me débarasser de la cendre étalée sur le sol.

Poppy s'arrêta et le remarqua.

« Harry, mon chéri, qu'est-ce que tu fais? » demanda-t-elle en jetant à mon parrain un regard rempli de reproches. « Oh-oh… Aurais-je dû attendre qu'elle soit partie? Était-ce impoli? »

Parrain leva les sourcils vers moi et je bégayai :

« Je, euh…

- Il aime jouer au ramoneur, n'est-ce pas, Harry? » Son mouvement de menton m'incitait à acquiescer.

Troublé, je croassai :

« Oui, monsieur.

- Harry, monte à l'étage, vas te rafraîchir, dit-il pour me chasser.

- Oui, monsieur. »

J'étais déjà à mi-chemin de ma chambre, je savais ce qu'il voulait dire.

Les informations que Poppy amenait n'étaient pas inattendues, mais de les voir écrites sur ce fragile parchemin faisaient remonter de la bile jusqu'à mes dents. M'étranglant à moitié, je m'enfonçai dans le fauteuil le plus près. Elle raconta les confidences qu'il avait émises quant à ses traitements et me tendit une liste de potions.

« Je vous ai amené les baumes et toniques nécessaires, Severus. Avant que vous ne vous écriiez : oui, je sais que vous pouvez les préparer vous-même. Je voulais vous sauver du temps. Je savais que le jeune Harry se sentirait égaré, et… Avez-vous entendu ne serait-ce un mot de ce que j'ai dit? »

Me gratifiant d'une sorte de demi-sourire, le genre où la personne relève les lèvres et sourcille un peu, elle me prit au dépourvu. Depuis quand mon visage révélait-il mes émotions?

« Oui, merci, Poppy. J'apprécie pour les potions. » Elle eut assez de tact pour ne pas mentionner les coûts prohibitifs de plusieurs d'entre elles. « Je voudrais vous offrir une tasse de thé, mais mon garde-manger est vide pour le moment. »

« Pas de problème, Severus. » Elle voulait en dire davantage. L'intonation avec laquelle elle avait prononcé les derniers mots, sa grande inspiration, le mordillage de sa lèvre du bas… Allait-elle cracher ce qu'elle avait sur le cœur?

Bien sûr qu'elle le ferait. « Si vous avez besoin d'une nounou, pour quelques heures ou plus, n'hésitez pas. Faites simplement un saut au château. Le jeune Harry est un cadeau précieux; vous le réalisez, n'est-ce pas? »

Oui.

Étant le bâtard râleur que j'étais, je me contentai de marmonner une réponse évasive et de lui tendre le pot de poudre de cheminette.

Je me nettoyai, comme il l'avait demandé, et me dépêchai d'utiliser la toilette et de boire au lavabo suintant. Monsieur le Professeur Snape semblait toujours fâché quand il me trouvait dan le coin, donc même si j'étais sûre que c'était l'endroit où j'aurais dû être, je cherchai un autre endroit où attendre son arrivée.

Je choisis la fenêtre, où je pourrais occuper mon esprit en m'imaginant volant au dessus des arbres comme Peter Pan. Je m'étais toujours senti perdu, ballotté ici et là. J'aimais à penser que Clochette viendrait me trouver et me saupoudrerait de poussière de fée. « Hey! Je suis un sorcier! » Les sorciers pouvaient-ils voler jusqu'au Pays Imaginaire? Mais je devrais alors avoir huit ans pour toujours, et je ne voulais rien aussi désespérément que grandir et ne plus être à la merci de qui que ce soit. « Les autres garçons perdus penseraient probablement que je suis bizarre et stupide, de toute façon. »

Alors que mon coin de ciel d'un bleu acier se veinait rapidement de flammes rougissantes, je me perdis un moment dans la beauté saisissante qui s'affichait sous mes yeux. Mon monde serait-il toujours en noir et blanc? Ma vue serait-elle toujours limitée à la saleté encrée d'un vieux torchon et à un arc-en-ciel de bleus se décolorants avec le temps?

Quand j'entendis le bruit de la chasse d'eau et le clic-clac des chaussures sur le plancher de bois, je ne gardai en tête que la brume qui vint vitrer l'intérieur de mes paupières.

« Prêt, Harry? » J'ouvris les yeux et clignai. Il n'avait pas l'air fâché, plutôt lugubre et triste.

Je descendis du bord de la fenêtre, passant proche de perdre l'équilibre. « Merci mon dieu! Il déteste quand je tombe! »

« Oui, monsieur » fis-je, hésitant. J'attendis, me questionnant.

Il sortit sa baguette et j'eus peine à m'empêcher de reculer. Je devais me contrôler. J'attendis la prochaine commande. Mais tout ce qu'il fit fut changer ses vêtements sorciers en des vêtements de tous les jours.

« Déshabille-toi, mon enfant. »

« Nous y voilà. » Je me conformai, naturellement, et baissai mes pantalons.

« Qu'est-ce que tu fais? » croassa-t-il.

« C'est le moment de confesser. »

« Je n'aurais pas dû nettoyer le plancher pendant que madame Poppy était là, monsieur. Je suis désolé, et je suis prêt à être puni pour… »

Qu'est-ce qui était mal là-dedans? Je ne savais pas.

« … pour avoir fait ça. »

Il serra les dents et se racla la gorge. Nous restâmes ainsi debout pendant un moment; moi à moitié habillé et lui dans ces vêtements qui lui semblaient aussi étrangers qu'un iris fleurissant au cœur de l'hiver.

« Très bien, cracha-t-il. Avec quoi penses-tu que je vais le faire? »

Après tout ce temps, et tout ce que j'avais fait, il n'y avait qu'une réponse possible.

« Une cane, monsieur. » Ma voix ne tremblait pas; je m'y refusais.

« Prépare-toi, alors. » aboya-t-il à travers ses dents toujours serrées tandis qu'il faisait un pas hors de la pièce.

Étendu sur le lit, je fixai mes bras croisés sous ma poitrine. Du coin de l'œil, je le vis revenir avec l'instrument. Combien de temps l'avait-il caché? Pourquoi avait-il attendu si longtemps avant de l'utiliser?

Il se dressa au-dessus de moi, déclarant catégoriquement :

« Il va s'agir de la pire raclée que tu recevras de moi, Harry Potter. Est-ce que tu comprends? »