Titre original : Eight
Auteur : Lily Elizabeth Snape
Traductrice : PetiteMary
Disclamer : Les personnages sont à J.K. Rowling, l'histoire est à Lily Elizabeth Snape. Je n'agis qu'en tant que traductrice.
Résumé : Harry, âgé de huit ans, se fait maltraiter par les Dursleys. Rogue est un sorcier particulièrement froid et distant. Severus peut-il offrir à Harry l'enfance à laquelle il n'a pas eu droit?
Chapitre 13
Me réveiller semblait plutôt comme un rêve, un rêve plus plaisant que tout ceux que j'avais pu faire dans ma vie. Les couvertures serrées autour de moi, je me sentais au chaud et détendu. Dans ce lit, dans ce pyjama à ma taille, je me sentais comme ce prince que j'avais envisagé il y a quelques jours à peine. La dernière chose dont je me souvenais était le pub, où j'étais agréablement plein, fatigué et en sueur. Mon Snape m'avait sûrement porté et mit au lit! Comme j'aurais voulu avoir ce souvenir, d'être ramené jusqu'à la maison comme le vrai fils de quelqu'un. Mais serait-il fâché contre moi ce matin? J'essayai de ne pas m'en faire.
J'avais vraiment l'intention de me lever et de commencer mes corvées, mais puisque c'était encore clairement le milieu de la nuit, je m'autorisai à somnoler encore un peu.
« Réveille-toi, mon enfant. »
Oh, non! C'était très lumineux dehors, maintenant, j'étais sûrement en retard! Il ne semblait pas ennuyé. Et bien, pas plus que ce qui semblait être normal pour mon parrain. Mes épaules s'affaissèrent un peu sous la peur.
« Vas prendre un bain et habille-toi. Nous sortons aujourd'hui.
- Oui, monsieur. » Je me levai, bravant le vertige qui montait en moi. Heureusement, devoir me lever en vitesse le matin n'était pas une sensation inconnue pour moi.
Après m'être lavé, mes lunettes flottèrent jusqu'à moi tandis que je me cognais contre lui sortant des toilettes. Il les plaça doucement sur mon nez avant que je ne puisse m'excuser.
« Pourquoi frissonnes-tu autant, Harry? » Il plissa les yeux, me dévisageant. Pourquoi s'intéressait-il autant à moi soudainement? Je n'avais vraiment aucune idée de ce qui pourrait déclencher sa fureur, contrairement à ma tante et mon oncle. C'était une réalisation plutôt troublante.
« Je– » Je m'arrêtai. Je me souvenais que mes excuses l'irritaient souvent.
Je me repris : « C'est à cause du bain, monsieur. Je vais essayer d'arrêter tout de suite. »
Je sortis les mains des longues manches de mon pull et entrepris de frictionner mon corps, aspirant mes lèvres entre mes dents pour m'empêcher de bafouiller. Serait-ce suffisant?
…
« À cause du bain? Tu n'es pas resté assez longtemps pour que l'eau refroidisse. Es-tu malade? »
Exactement ce dont j'avais besoin : un enfant malade. Les enfants étaient toujours de petites choses pleurnichardes et morveuses quand ils étaient malades. « Ce n'était pas mon cas. Je n'aurais pas osé. Harry était probablement du même genre… »
« Je… je ne suis pas malade, monsieur. »
Cette hésitation. Il ne me disait pas tout.
« Mais…? » J'attendis qu'il finisse la phrase. Il ne le fit pas. « Tellement exaspérant! »
« Dis-moi, petit! » lâchai-je.
Ça attira son attention, toutefois pas de la façon que j'aurais préférée. « Il est trop tôt pour ça. Je n'ai même pas encore pris le thé! »
« Je n'ai pas, je veux dire, je ne voulais pas utiliser d'eau chaude, monsieur. »
Ah. Ça commençait à faire du sens. Je passai mes doigts sur le bord du bain. La porcelaine état glacée. Il était aussi vêtu de ces épouvantables guenilles encore une fois. Je remis le bouchon et fis couler de l'eau tiède tout en jetant un sort sur la petite pièce afin de la réchauffer.
« Aimes-tu les vêtements que tu portes, Harry? »
…
Que devais-je répondre? Il serait stupide de dire que oui; il ne le croirait jamais. Mais je pouvais quand même être dans de beaux draps si je disais la vérité…
Je mordis mes lèvres, les mâchouillant tout en murmurant :
« Non, monsieur.
- Après ton bon bain chaud, nous allons les jeter ou – encore mieux – les brûler. Tu ne porteras que tes nouveaux vêtements à partir de maintenant. Ça sera plus approprié.
- Oui, monsieur! » m'exclamai-je trop fort. Il ne le remarqua pas; wow! « Merci, monsieur » ajoutai-je, plus modéré.
Il vérifia la température de l'eau, faisant frémir l'eau et provoquant de petites vagues dans le bain sur pattes. « Quelqu'un me fait couler un bain? Un bain, pour Prince Harry! »
« Étais-tu autorisé à utiliser l'eau chaude chez les moldus? me demanda-t-il d'une voix basse, les yeux fixés sur le robinet.
- Pour la vaisselle, la lessive, et pour faire la cuisine. Pas pour le bain, monsieur. » L'interdirait-il, alors? « S'il vous plaît, oh, s'il vous plaît, laissez-moi ressentir cette chaleur, juste une fois. »
Quand il releva les yeux, ses yeux brillaient; je reculai d'un pas, trébuchant contre le montant de la porte.
« Ne prends plus jamais de bain froid. Je vais faire couler l'eau pour toi jusqu'à ce que tu y sois habitué. Je ne voudrais pas que tu te brûles.
- Oui, monsieur. Merci, monsieur. » Je commençais à me sentir comme si j'avais brisé un record. Personne ne m'avait jamais parlé autant. Il blêmit à ma réponse, mais qu'aurais-je pu dire d'autre? Peut-être était-il fâché que je le regarde autant. Je pris note de gardant les yeux au sol. Je ne savais pas comment j'avais pu perdre mes habitudes à ce point ces derniers temps. « Méchant Harry! »
Après m'avoir invité à vérifier si la température de l'eau était confortable, il me laissa seul avec mes nouveaux vêtements et un gant de toilette duveteux qui sentait l'huile d'olive. J'entrai dans l'eau lentement, le tremblement de mes membres disparaissant merveilleusement. Je savourai cette nouvelle joie. Qui aurait cru qu'il existait autant de façons d'être cajolé? Mon Snape me les avait toutes montrées, entre tout ce qu'il m'avait apporté et les gentilles personnes qu'il m'avait présentées.
« C'est encore mieux qu'être un prince. C'est être aimé. »
…
N'importe qui se serait attendu à ce que le petit passe une éternité dans le bain, mais ce ne fut pas le cas. J'en étais reconnaissant car nous avions une grosse journée devant nous. Ça me démangeait de mettre la main sur ces moldus ignorants. Je n'avais pas réussi à dormir avant d'avoir tout comploté et planifié. Ma punition serait innovante, et pas du tout exigeante en ce qui avait trait à mes compétences particulières. J'allais détruire leur vie, comme ils avaient détruites celles d'Harry. Je présumais qu'un samedi matin serait le meilleur moment pour agir, la famille entière serait probablement à la maison.
C'était une belle journée, quoique venteuse, quand nous arrivâmes près des portes extérieures de Poudlard. Même le saule cogneur semblait heureux. Mais l'enfant à côté de moi tremblait comme si nous étions au beau milieu d'une froide nuit d'hiver.
« Harry, nous allons déjeuner dans mes quartiers. Puis tu vas rester un peu avec Poppy pendant que je m'occupe de… quelques affaires. Ça ne devrait pas être très long. » J'utilisais ma voix la plus rassurante, mais je n'étais définitivement pas habitué à dorloter un jeune enfant. Normalement, je visais plutôt à les effrayer.
Comme si c'était un instinct que j'avais toujours eu, je tendis la main pour attraper la sienne. Ce fut comme ça que nous marchâmes, main dans la main, vers la porte colossale du seul endroit que j'aie appelé chez-moi.
…
J'espérais de toutes mes forces que nous ne croiserions pas le directeur Dumbledore. M'enlèverait-il pendant que mon Snape ne serait pas là? « Poppy ne le laissera pas faire! » Mais il était son patron, et même si elle l'avait réprimandé, j'avais le sentiment qu'elle ne pouvait pas lui désobéir délibérément.
Je ne fus pas surpris de voir mon parrain me conduire aux sous-sols du château. D'une certaine façon, les donjons semblaient lui convenir. Il m'avait fait revêtir le même genre de robe qu'au pub sorcier, et mon esprit était occupé à s'imaginer que j'étais revêtu d'une cape de super héro.
Un beau jour de printemps, à l'école, un des garçons de ma classe avait jeté une bande dessinée en lambeaux : Batman. Je l'avais caché jusqu'à l'heure du midi, puis m'étais caché sous un tunnel pendant la pause déjeuner. J'avais essayé de le mémoriser autant que possible pour avoir quelque chose de spécial à quoi penser dans mon placard. Je me souvins que j'étais puni à ce moment-là, j'avais donc de nombreuses heures à passer dans cet endroit. À ce souvenir, je frissonnai et ramenai mon attention sur le nouvel environnement qui m'entourait.
Puis, une pensée atrocement dérangeante me frappa. Où devrais-je rester pendant l'année scolaire? Je ne pouvais certainement pas vivre à Spinner's End seul, si?
« Blurry! » cria Snape. Je luttai contre l'envie de me cacher sous la table. Moins de deux secondes plus tard, une fascinante créature qui semblait très âgée apparu dans un claquement sonore. Elle avait des oreilles en ailes de chauve-souris, aussi longues que mes bras, et elle était verte! Comme un extra-terrestre! Ses doigts ressemblaient à ceux d'un zombie, et ses vêtements avaient l'air de ceux que je portais pour jardiner.
« Oui, Professeur Snape, messieurs? glapit la créature.
- Blurry, apporte à manger pour Harry et moi. Peu importe ce qu'il y a.
- Blurry amène ça tout de suite, Professeur Snape, messieurs. »
Dans un autre « pop » assourdissant, elle disparut. J'essayais de calmer ma respiration. Si mon Snape n'était pas incommodé par cette… chose, je n'avais aucune raison de l'être. Mon tuteur se tourna vers moi, toutefois, un air soucieux sur le visage. De nouveau, une petite voix dans ma tête chuchota sourdement : « Pourquoi s'en fait-il? Tu n'as aucune importance! » Je lui dis de se taire.
…
« Harry, quel est le problème? »
Si l'enfant allait faire une crise à chaque fois que nous venions à Poudlard… et bien, je ne savais pas ce que je ferais, mais ça ne serait pas une situation plaisante.
Puis je remarquai qu'il fixait l'endroit où mon elfe de maison préféré était disparu.
« Les elfes de maison ne sont pas les plus belles créatures, mais ils sont parfaitement inoffensifs, je te l'assure. »
Il semblait avoir adopté le hochement de tête sec qui m'était propre et l'utilisa une fois sa concentration revenue de quelque part dans le cosmos.
Je hochai simplement la tête quand Blurry apporta les plateaux remplis de nourriture qui conviendraient très bien à notre appétit; Harry et moi étions devenus un peu trop habitués aux tartines. Il but du lait, et moi un café turc bien corsé.
Bientôt, nous grimpâmes les volées d'escaliers de pierre qui nous séparaient de l'infirmerie. À mon grand chagrin, Minerva se trouva sur notre chemin alors que nous atteignions notre but.
Elle nous appela : « Par Merlin, Severus! Je n'avais pas été informé que vous seriez au château aujourd'hui! »
Elle s'accroupit prestement pour pouvoir bien regarder Harry. « Fichu chat! » Il recula un peu, et j'eus cette idée qu'il aurait dû courir vers moi, ou du moins me regarder en quête de support. Il ne le fit pas. Il se reprit en avançant d'un pouce, et c'était comme si un esprit avait pris son corps sous son emprise. Il se tenait droit, mais en même temps, laissait sa tête un peu penchée. Il retenait aussi son souffle.
Minerva continua comme s'il agissait tout à fait normalement.
« Il est l'image même de James, n'est-ce pas, Severus? Sauf qu'il a–
- Les yeux de Lily. J'ai remarqué. » Je crachai ces mots autant que je pouvais cracher un énoncé contenant le nom de ma… ma Lily. Le chat tigré m'irritait assez rapidement ce matin. Je n'avais pas le temps pour ces bêtises de Gryffondor!
…
Elle avait dit que je ressemblais à James. Elle était grande, et vieille, et avait l'air sévère. Elle était beaucoup trop proche de moi; cependant, comme il était clair qu'elle connaissait mon parrain et qu'il la connaissait, je ne pouvais être grossier. En particulier après avoir fait un fou de moi avec cet elfe-je-ne-sais-quoi. Je me tins droit.
Mais elle avait dit que je ressemblais à ce nom par lequel le professeur Snape m'avait appelé juste avant de me frapper. Il était tellement fâché, cette fois-là!
« Je ne veux pas penser à ça. Je ne veux pas penser à ça maintenant! »
Quoi d'autre avait été dit? Oh, oui, Snape avait aussi admis que j'avais les yeux d'une lily (1)… non, d'une femme nommée Lily. Elle avait déjà été mentionnée…
C'était sûrement ma mère! Bien sûr! Et James était mon père. Je connaissais leur nom! Et c'était tellement, de connaître le nom de quelqu'un. James et Lily. Lily et James. Monsieur et madame James Potter.
La famille Potter!
Mais maintenant, c'était fini. « Maintenant c'est juste moi, juste Harry. Et ça restera toujours comme ça. »
…
« Où allais-tu avec lui, Severus? »
Pourquoi ne l'avait-elle pas demandé au garçon? Ce n'était pas un bébé! C'était probablement mieux qu'elle ne l'ait pas fait, imprévisible comme il l'était. Minerva n'était pas connu pour son instinct maternel.
« À l'infirmerie. » Je commençai à guider Harry vers l'avant, quelques marches plus haut, mais elle nous contra.
« Il n'est pas malade, tout de même? Ou blessé? Qu'est-ce que vous lui avez fait exactement, Severus Tobias Snape? »
Oui, la stridence qu'elle utilisait sur moi quand j'étais un jeune garçon restait vigoureuse quand elle commençait une diatribe. Compte tenu de la frilosité d'Harry, la grande sorcière grise s'épargna quelques gallons d'un venin bien mérité.
« Nous ne visitons pas l'infirmerie par rapport à sa santé, Minerva » sifflai-je entre mes dents, à peine plus fort qu'un murmure. « Poppy va surveiller le g– » Je me rattrapai : « … l'enfant pendant que je m'occupe d'engagements plus importants.
« Poppy? Elle a quitté pour Pré-au-Lard il y a moins d'un quart d'heure. Mais je serais ravie de passer du temps avec Harry. Après tout, dans quelques années je serai sa directrice de maison. Ne voudriez-vous pas qu'il ait une longueur d'avance? »
Tellement de répliques malveillantes et néfastes me vinrent au bout de la langue. À ce moment précis, comme un présage de la terreur moldue, la grande horloge mystique commença à sonner. Onze heures. Voulais-je vraiment me débarrasser de cette séduisante, mais coûteuse épreuve aujourd'hui? Voulais-je mettre tout ça derrière moi et, se faisant, libérer mon âme hésitante pour ce petit être nécessiteux?
Je le regardai. Tout irait bien. Après tout, que pouvait-il se passer en une heure?
« Harry?
- Oui, monsieur? » Sa voix était si petite. Il était petit, mais sa voix était… pathétiquement faible.
« Le plus tôt je pars, le plus tôt je reviens! »
« Ça va aller si tu restes avec Minerva? Elle est un autre professeur dans cette école. Elle travaille avec Poppy et moi.
- Oui, monsieur, répondit-il immédiatement, fixant le foutu plancher.
- C'est plus poli de regarder les gens quand tu leur parles, mon enfant! »
Ses yeux croisèrent les miens, puis descendirent rapidement vers ma bouche.
« Je suis désolé, monsieur! »
Maudit soit mon tempérament! Il était effarouché. Mais qu'est-ce qui avait causé cette étrange réaction – de simplement lever les yeux vers les miens rapidement avant de les éviter de nouveau? Et sa façon de parler, répétant « monsieur » aussi souvent que n'importe quel enfant rit devait cesser également. Il parlait si formellement que quiconque l'entendant penserait que tous les adultes qu'il fréquente font partie de la famille royale. Tellement de problèmes à découvrir et à travailler…
Un soupir exaspéré s'échappa de mes lèvres avant que je réussisse à feindre l'impassibilité.
« Tu n'as pas besoin de t'excuser, Harry. Sois un bon garçon et je serai de retour dans moins d'une heure.
- Oui, monsieur. »
Il était tellement empressé.
Tellement perdu.
(1) En anglais dans le texte. Le jeu de mot – qui fait référence au lis (la fleur) – n'étant pas traduisible, je vous laisse le paragraphe en anglais : What else had just been said? Oh, yes, the Snape man had also acknowledged my eyes were like a lily . . . no, a woman named Lily. She'd been mentioned before . . .
