Titre original : Eight

Auteur : Lily Elizabeth Snape

Traductrice : PetiteMary

Disclamer : Les personnages sont à J.K. Rowling, l'histoire est à Lily Elizabeth Snape. Je n'agis qu'en tant que traductrice.

Résumé : Harry, âgé de huit ans, se fait maltraiter par les Dursleys. Rogue est un sorcier particulièrement froid et distant. Severus peut-il offrir à Harry l'enfance à laquelle il n'a pas eu droit?

Chapitre 14

Puis il était parti. Pourquoi ne pouvait-il pas m'amener avec lui? « Il est probablement déjà fatigué de toi. » J'allais devoir essayer plus fort de demeurer silencieuse, invisible. Je n'avais besoin de rien de plus de sa part. Ne voyait-il pas qu'il pouvait me laisser seul à faire mes corvées et que je serais un bon garçon? Et tout cet argent qu'il dépensait. La nourriture, et les vêtements – je n'en avais pas besoin non plus. Il valait mieux n'avoir besoin de rien. Ça faisait trop mal d'être déçu.

« Allez, viens, Harry » demanda la dame appelée Minerva. Je devais presque courir pour réussir à suivre son rythme tandis que nous faisions plusieurs détours dans le labyrinthe du premier étage.

Elle me fit pénétrer une salle qui était à mi-chemin entre un parloir et un bureau. Un bureau en bois de cerisier finement sculpté trônait dans un coin de la pièce, jonché de nombreux papiers épais. Un sceau était étampé sur chacun d'eux, et plusieurs étaient pliés, comme s'ils attendaient d'être envoyés.

Il y avait des étagères de livres allant du sol au plafond à ma droite, et une grande cheminée crasseuse à ma gauche. Une chaise longue et des fauteuils étaient installés tout autour du foyer et les meubles semblaient très confortables. Sur une tablette plus basse tout près du feu étaient posés plusieurs petits bibelots poussiéreux qui semblaient me supplier de les nettoyer.

En face des chaises se trouvait une table basse du même bois foncé que l'énorme bureau. Il contenait davantage de papiers, ainsi que de petites bouteilles noires et un pot rempli de plumes. Un plumeau? Tante Pétunia en avait un; il avait brûlé d'un coup dans mes mains et elle s'était élancée pour me frapper. « C'était probablement de la magie accidentelle! »Après j'avais dû utiliser des torchons pour épousseter. Ça prenait beaucoup plus de temps de cette manière.

La dame Minerva indiqua une table de la main et dit :

« Je crois que tu peux te tenir occupé pendant un moment, Harry? Je vais juste me rafraîchir.

- Oui, m'dame. »

Je mis plusieurs minutes à réussir à réunir toutes les petites plumes dans ma main. Ça me paraissait complètement stupide qu'elles ne soient pas attachées ensemble comme celles de tante Pétunia. Je commençais à peine à déplacer les petits contenants sales quand elle revint, sentant la poudre et le parfum de vieille dame.

« Que penses-tu que tu es en train de faire, Harry James Potter? » demanda-t-elle. Si ce n'était pas de son accent particulier, elle aurait pu être la mère de tante Pétunia ou un truc du genre.

Je sursautai et échappa les plumes à son cri. Elle était manifestement très fâché contre moi. Je m'excusai frénétiquement en me penchant pour ramasser les plumes éparpillées.

« Je suis désolé n'est pas une réponse! » Mon Snape l'avait dit aussi. « Il ne m'avait pas battu après. Il ne m'avait pas battu après! »

Je me redressai, déplaçant les plumes sales et recourbées dans le pot.

« Je nettoyais, m'dame. » Je savais qu'il ne fallait pas la regarder.

« C'est visiblement un mensonge, mon garçon. Tu pourrais au moins me regarder dans les yeux en le disant! »

Je commençai à protester. Je ne savais pas ce qui me prenait – ne jamais, jamais répondre! « Méchant Harry, méchant! Tu l'as vraiment cherché, cette fois! »

« Inepties! » me réprimanda-t-elle d'un ton imposant en rejetant mes objections désespérées.

« Où est mon Snape? »

Ils furent terrifiés quand je lançai un Bombarda sur la porte noire du numéro 4. Ils furent pétrifiés, dans les deux sens du terme, en une fraction de seconde.

Je scannai l'esprit du gros éléphant de fils à la recherche de souvenirs d'Harry et en trouvai un assez grand nombre où il se faisait un malin plaisir à l'intimider. Ça endormit ma conscience qui s'était faite trop active au cours des dernières minutes. L'enfant allait être affecté par le malheur très prochain de ses parents.

D'un coup de baguette, j'envoyai l'enfant grotesque à sa chambre par lévitation, prêt à être touché d'un sortilège d'Amnésie.

Je me tournai vers l'horrible sœur de Lily. Comment avait-elle pu traiter son propre sang de cette manière? C'était elle qui aurait dû avoir protégé et materné le petit; au lieu de ça, il semblait qu'elle avait fait l'oreille sourde pendant toute la procédure – les coups et tout.

Comme Harry faisaient des cauchemars, ce serait aussi son cas. Je lui fis boire de force une potion de Pervigilo Insomnium, ce qui correspondait à peu près à avoir un détraqueur envahissant ses rêves.

En plus effrayant.

Parfait.

Bientôt, la punition de son mari aggraverait également sa vie éveillée.

Quant à « Oncle Vernon », quelque chose d'encore plus ravageur l'attendait. La légimencie était mon arme de choix pour cette tâche. Je me projetai dans son esprit, réduisant en lambeaux chacun de ses souvenirs heureux; les attirant grâce à l'incantation Recordatio Ereptor. Ma volonté d'enlever tout ce qu'il y avait de bien me permit de siphonner toute sa joie et sa lumière.

Je manipulai ce qui restait en des souvenirs encore plus effrayants et abusifs. Je laissai Vernon avec le souvenir d'Harry durant son flashback, cette nuit-là dans le pub; terrifié de tout le monde et de toutes les choses, s'attendant constamment au pire. Dursley ne serait jamais le même.

Je lançai un Oubliettes aux trois moldus après avoir administré aux adultes une potion de sort inversé. S'il étaient placés en garde magique, c'était comme si tout ce que je venais fait cette nuit-là ne se serait jamais déroulé. Nos charmants fonctionnaires du ministère ne pourraient m'accuser d'absolument rien.

Quand Harry allait être prêt à témoigner, leur véritable emprisonnement allait pouvoir commencer.

Jusque là, nous en étions déjà libérés.

Il était de retour. Je remerciai les étoiles, la lune et tous les astres du cosmos dont je pouvais me rappeler. Devais-je me sentir soulagé? Et s'il me laissait ici? Et s'il avait réalisé que j'étais une trop grosse charge et qu'il m'avait donné à Dumbledore? Professeur Snape allait certainement me punir, mais comment?

Je n'osai pas détourner la tête du coin où elle m'avait ordonné d'aller, mais je pouvais entendre le bruissement de sa cap tandis qu'il se précipitait dans la pièce.

« Par la barbe de Merlin, que s'est-il passé, Minerva? » demanda-t-il avec emphase. Il semblait livide et féroce!

Elle prit son temps pour répondre. Posant doucement ses lunettes en demi-lunes sur le bureau, elle expliqua comment j'avais osé déranger ses précieux artefacts, détruisant trente pennes, et mentant à ce sujet. « Qu'est-ce c'est pennes? »

La respiration du Professeur Snape était comme le souffle d'un train à vapeur.

« Vous dites qu'il a menti. Quelle était l'explication du garçon? »

« Garçon! » On non, oh non, oh non!

« Il a dit qu'il nettoyait! Pouvez-vous l'imaginer, Severus? » couina-t-elle.

Immédiatement, mon tuteur mugit : « Évidemment qu'il nettoyait! C'est ce que le g– merde! l'enfant fait : nettoyer, vieille harpie ignorante! »

Quoi – il la traitait de noms. Était-ce possible qu'il soit furieux contre elle et non contre moi? Il me croyait?

« Sors de ce foutu coin, Harry. Nous allons à la maison. »

Tandis que j'obéissais, je sentis son regard sur nous.

« Comment osez-vous, Snape! M'insulter, puis usurper mon autorité! Je croyais que vous seriez reconnaissant que j'aie inculqué un peu de discipline à ce petit garnement! »

Les yeux de mon parrain s'enflammèrent.

Si elle avait fait ce que je croyais…

Au cours de ma première année à Poudlard, la canne était encore utilisée. Étant à la tête de ma maison rivale, Minerva avait saisi de nombreuses opportunités pour administrer sa « discipline » à des étudiants insolents, principalement de Serpentard.

« Avez. Vous. Frappé. Harry? » (1) C'était comme un chuchotement entre ses dents serrés.

La féline factieuse agita hautainement sa patte plissée, faisant dos à moi.

« Calmez-vous avant d'avoir un anévrisme, Severus. La fessée n'a eu aucun effet sur lui, il n'a même pas bronché. Je suis vieille, comme vous me l'avez agréablement fait remarquer, j'ai perdu la main. Avec la canne, douze et même pas un gémissement. »

Douze! Je savais que ça avait fait mal à Harry; j'imaginais bien qu'il était simplement habitué à rester silencieux pendant ces excès de violence. « Tout comme moi. » Je savais par expérience que les coups de Minerva devenaient encore plus forts quand on restait silencieux; elle voulait s'assurer de laisser l'impression souhaitée.

« McGonagall, maudite bourique! Je ne vous laisserai plus jamais seul avec Harry! »

Je laissai très peu du vieux bureau de McGonagall, utilisant le moindre débris de maîtrise de moi que je possédais pour me retenir de lui jeter un sort d'amnésie. Ça pouvait attendre.

Le pauvre enfant tremblant violemment; je voulais le ramener à la maison. Mais je pensai que transplaner risquait d'être trop éprouvant vu son état. Nous fîmes un détour par les cachots.

Nous descendîmes de nouveau dans les profondeurs du château. Il était tellement fâché que je pouvais presque sentir la chaleur de sa rage irradier. Quand nous fûmes enfermés dans ses quartiers, il marcha à grands pas jusqu'à la cheminée et s'y appuya, la tête baissée, comme s'il avait besoin d'être soutenu. Après quelques respirations profondes, il se retourna et me contempla. Je n'aurais pas dû le faire, mais je reculai instinctivement, me retrouvant emmailloté dans une grande tapisserie. Un sifflement s'échappa de mes lèvres quand mon dos rencontra la surface de pière derrière le morceau de tissu.

Me raidissant contre l'envie de prendre la fuite, je me tins droit tandis qu'il s'approchait de moi. Mais je me crispai involontairement et la panique m'envahit, déversant en moi les eaux sales de souvenirs trop récents.

M'abaissant au sol, accroupi et fermement recouvert par la cape étrangère, je voyais des flashs de terreur, de cris, de coups piétinant l'intérieur de mon esprit. Ma gorge s'asséchait tandis que j'essayais de m'excuser.

« 'suis désolé, monsieur. Désolé, monsieur. » fut tout ce qui s'échappa avant que ma poitrine se resserre sur moi et que mon environnement actuel disparaisse. Le placard. J'étais dans le placard! Non, non, non!

« Espèce de petit monstre arrogant! Tu aurais dû mourir avec tes bons à rien de parents! »

« Je vais être gentil, oncle Vernon! C'est promis! S'il vous plaît, s'il vous plaît, monsieur. S'il vous plaît! »

Mais avec oncle Vernon, ça n'arrêtait jamais.

Jamais.

Il ne répondit pas à son nom quand je l'appelai.

Il n'entendait pas, ne voyait pas.

Je savais qu'il ressentirait une terreur absolue si je le touchais. Il murmura le nom du dégoûtant moldu obèse.

Je jetai des charmes de chaleur autour de nous, les donjons étant naturellement plutôt froid. Gardant le feu ardent, j'écoutai ses respirations rapides et ses gémissements sourds. Aussitôt que ses épaules voûtées commencèrent à se relaxer, je me remis à lui parler, le rassurant qu'il était en sécurité et qu'il ne serait pas blessé ici.

Ça prit plus de trois heures, mais il se calma finalement assez pour suivre les conseils que je lui donnais pour respirer profondément et garder les pieds pressés au plancher. Mais il bronchait toujours au toucher. Je lui donnai une potion contre la douleur à boire plutôt qu'une crème apaisante à appliquer.

Après un breuvage calmant, il s'endormit, enroulé sur le canapé qui faisait face au feu.

J'avais vraiment besoin de prendre un verre. Je devais me calmer. Mais je ne me tournerais pas vers cette solution de nouveau, ni ne prendrait de potion; il risquait d'avoir désespérément besoin de moi à son réveil. J'arpentai mes appartements pendant une éternité, ne sachant que faire. Je repris une habitude que j'avais perdue des années auparavant.

Assis dans un fauteuil auprès du feu, surveillant le petit enfant endormi, je conjurai une cigarette. Mes lèvres prirent la forme d'un rond de fumée tout en imaginant le 4 Privet Drive. J'effaçai l'odeur du tabac tandis que le feu s'affaiblissait.

Finalement, je m'assoupis, mais d'horribles cris inondèrent mes rêves épars.

(1) Ça sonne beaucoup mieux en anglais : « Did. You. canne. Him? »