Titre original : Eight
Auteur : Lily Elizabeth Snape
Traductrice : PetiteMary
Disclamer : Les personnages sont à J.K. Rowling, l'histoire est à Lily Elizabeth Snape. Je n'agis qu'en tant que traductrice.
Résumé : Harry, âgé de huit ans, se fait maltraiter par les Dursleys. Rogue est un sorcier particulièrement froid et distant. Severus peut-il offrir à Harry l'enfance à laquelle il n'a pas eu droit?
Note de la traductrice
Je me déçois un peu dans ce chapitre. J'ai l'impression de ne pas avoir réussi à vous livrer le texte aussi bien qu'il l'était en anglais. Honnêtement, l'auteur (Lily Elizabeth Snape) écrit de façon superbe, ça faisait longtemps que je n'avais pas lu quelque chose d'aussi bien écrit en anglais. S'il y en a parmi vous qui savent lire l'anglais, ça vaut vraiment la peine de prendre le temps de lire la version originale de cette fic!
Chapitre 16
Puis, après que Blurry nous ait amené un goûter pour emporter, nous prîmes la direction de la maison. Comment avait-il su que j'avais faim? « Ça faisait déjà un moment. Sûrement qu'il avait faim lui-même! Comme si qui que ce soit se souciait que tu aies envie de manger! » On aurait dit Dudley! Je tentai de dire à mon gros cousin qu'il avait tort… que mon Snape s'en souciait; c'était le cas, non? Mais les cris et les chuchotements sifflants dans ma tête renflouaient et se répandaient; j'avais à peine remarqué que nous montions des marches jusqu'à ce que je tombe, de nouveau.
« Stupide con! » Mais mon Snape ne dit rien; il me redressa en un clin d'œil! Je frappai ma tête quelques fois pour faire taire les cris; ainsi je pourrais me concentrer davantage.
Je mis un moment à remettre après qu'il m'ait relevé en me prenant par les épaules. Même si je me sentais encore un peu nauséeux, je mangeai tout ce qui était placé devant moi. Je n'avais pas mangé tout mon déjeuner et j'en avais souffert, n'est-ce pas? Il m'envoyer au lit d'un air étonnamment déconfit.
Après m'être préparé, j'ouvris la petite fenêtre, espérant que les sons apaisants de la nuit calment mes tremblements. Je me berçai pendant quelques temps, me demandant ce qui dérangeait mon parrain. Était-il fâché contre moi? Que lui avait dit Professeur McGonagall? Ou essayait-il de décider ce qu'il allait faire de moi quand l'année scolaire commencerait?
Les Dursley! Oh non, oh non, oh non! Je ne pensais pas qu'il me renverrait chez eux. « Il ne le fera pas, il ne le fera pas, il ne le fera pas! » Je me propulsai hors du lit et bondis à la fenêtre. Me balançant d'avant en arrière si violement que j'en aurais des hématomes dans le dos, j'essayais de distraire mon esprit du petit monde du 4 Privet Drive. Tandis que je me battais contre le passé, j'entendis pleurer. Était-ce moi?
Je me recroquevillai, préoccupé par cette nouvelle question. La dernière pensée que j'enregistrai avant de tomber dans le piège des rêves profonds fut : « Si c'est moi, pourquoi ma bouche est-elle fermée? »
Je me réveillai plusieurs heures plus tard, froid et barbouillé d'avoir dormi comme un rat. C'était le moment où les couleurs du matin s'infiltraient doucement à travers la brume grise; le temps le plus sûr : assez lumineux pour ne pas être effrayé, mais avant que tout le monde se réveille et sillonne les chemins.
Je savais que j'avais assez paressé. Ça ne m'avait pas échappé, la nuit précédente, à quel point la petite maison était crasseuse. Je débutai par les surfaces, puis je m'attaquai aux planchers. Je décidai que les tapis et la cheminée pouvaient attendre. J'allais tout juste commencer à nettoyer le bain quand mon Snape trébucha presque sur moi en voulant aller aux toilettes. Il avait l'air à moitié endormi, et je me ruai hors de la pièce en un éclair, me confondant en excuses. « J'aurais dû commencer par la cheminée pour lui donner le temps de se lever et de se préparer convenablement! »
J'attendais avec mes outils de nettoyage dans l'ombre de l'escalier. Je remarquai que les murs avaient besoin d'être lavés ici. Ça aussi, j'aurais dû m'en occuper avant.
Il quitta la salle de bain et s'arrêta net en m'apercevant. Je ne pus m'en empêcher, je reculai visiblement et m'enfonçai en tremblant dans le coin.
« Harry… » Il poussa un long soupir, ses mains frottant son visage et ébouriffant ses cheveux foncés. Le moment était-il venu? Allait-il me demander de partir? Je retins mon souffle jusqu'à ce qu'il reprenne.
« Mon enfant, range ces choses, vas faire ta toilette, et viens discuter avec moi dans le salon. »
Il passa à côté de moi et descendis les escaliers; j'attendis un moment avant de me diriger vers le placard à balai. Il n'aurait pas fallu que j'aie l'air de le suivre.
Après m'être lavé, je fus pris d'une frénésie : je ne savais pas quoi mettre! Il avait dit que nous brûlerions mes vieux habits, mais ce n'était pas encore fait… et s'il s'apprêtait à se débarrasser de moi…
Non, je n'allais pas penser cela. Si ça allait arriver, ça arriverait. Il m'autoriserait probablement à conserver mes nouveaux vêtements de toute façon, non? Qu'est-ce que parrain ferait avec une commode remplie de défroques d'enfant?
Je revêtis une de ces merveilleuses robes parfaitement ajustées et trébuchai rapidement, déboulant les escaliers la tête première.
…
Encore une fois, il se blessa, mais n'émit pas le moindre son. Évidemment, l'enfant semblait s'inquiéter davantage de ses vêtements froissés que de son menton ensanglanté. Nous nous en occupâmes sans tarder et quelques minutes plus tard nous étions assis au salon pour une conversation que nous aurions dû avoir ensemble dès le premier matin,
« Harry, écoute-moi bien. Tu n'as plus besoin de nettoyer. »
On aurait pu croire que n'importe quel enfant, surtout un garçon, aurait tapé de ses mains potelées avec délice à une telle nouvelle. Toutefois, Harry n'avait certainement pas les mains potelées, et il ne semblait pas ravi de cette déclaration. Et encore une fois, il se refusait à me regarder, ce qui ne manquait pas de m'irriter!
« Regarde-moi, g– » Ah! Je m'étais retenu juste à temps! Mais un coup d'œil me permit de constater qu'il avait déjà entendu ce que j'allais dire. Merde.
« Harry – » Pas de réaction, seulement ses petits doigts nerveux qui jouait avec ses peaux mortes. « Harry, regarde-moi. »
Il s'exécuta, en un sans; il fixa son regard dans ma direction tout en se crispant et en se penchant le plus loin de moi possible. Rivalisant avec l'embrasement colérique qui s'installait dans mon plexus solaire, j'avais du mal à rester calme. Par où commencer?
« Veux-tu nettoyer la maison, petit? » Me dirait-il la vérité, ou tenterait-il de m'appaiser? Et c'était parti pour une autre conversation frustrante, si je le connaissais à moitié aussi bien que je le craignais…
« Je vais faire tout ce que vous me demandez, monsieur » répondit-il doucement, mais sans pleurnicher. C'était passable.
« Je ne t'ai pas demandé de nettoyer la maison, mon enfant, et avant que tu ne dises que tu es désolé, je voudrais que tu saches qu'il n'y a pas de raison de l'être. Tu as fait un travail remarquable dans ce taudis, mais avec la magie les tâches sont beaucoup plus rapides et plus simples. Voudrais-tu m'aider à lancer les sorts? » J'espérai tellement que l'appât de la magie lui enlèverait son anxiété!
Il y eut un moment de silence avant qu'il saisisse mon offre.
Soudainement, il s'exclama avec excitation : « Oui! Oui, s'il vous plaît, monsieur! »
Allais-je oser le corriger? Oui.
« Oui, s'il vous plaît, parrain, Harry. » Et tandis que l'inquiétude refaisait surface dans ses yeux, je le coupai, lâchant : « Et les « Je suis désolé » ne sont pas autorisés, monsieur Potter! »
Que Merlin soit damné si je n'avais pas souri comme un étudiant; et bien, comme le type d'étudiant anti-Serpentard.
Son expression suivante aurait suffit à illuminer la Grande Salle toute entière par une nuit sans lune.
« Oui, s'il vous plaît, monsieur – euh – parrain! Oui, s'il vous plaît, parrain! »
…
Il n'était pas fâché que je ne l'aie pas bien dit la première fois! Évidemment qu'il ne l'était pas, avec toute la gentillesse dont il avait déjà fait preuve envers moi! J'allais devoir me rappeler de ça à chaque fois que de mauvaises pensées m'envahiraient l'esprit.
Il avait définitivement raison quant à la magie! Le nettoyage ne dura que quelques minutes! Il commença où je m'étais arrêté – dans la salle de bain. Je déplaçai le rideau en lambeaux pour que le sort puisse être bien lancé. Récurvite était un véritable miracle! Je me demandais si je serais capable de faire tout ça, un jour. Aurais-je un bâton, une baguette, comme lui? Pourrais-je utiliser la sienne?
Pendant qu'il nettoyait, il dit « répare-oh » à différentes choses qui étaient brisées et elles se réparèrent d'elles-mêmes! Avant de nettoyer la cheminée, il m'envoya chercher les vieux vêtements de Dudley. Il m'aida à faire un feu de la façon normale, sauf qu'il appelait ça « moldu ». Nous utilisions des bûches qu'il avait fait apparaître, par contre. Puis j'eus à jeter les guenilles malodorantes dans le feu et à les déplacer à l'aide du tisonnier.
Je me sentis étrangement nouveau alors que je regardais mon ancienne tenue se désintégrer en cendres. J'avais désespérément besoin de lui poser une question qui me brûlait les lèvres. « Tu as toujours le droit de me poser des questions, Harry. » J'avalai de travers pour éviter de demander la permission de poser une question; je me souvenais à quel point ça l'avait énervé la dernière fois.
« Monsieur? Euh, je veux dire, parrain? »
…
Très bien. Parler de lui-même était un pas dans la bonne direction.
« Oui, Harry? répondis-je dans l'expectative.
- Est-ce que, je veux dire, est-ce que ça signifie que je… » Il s'arrêta, marmonnant en direction des cendres crépitantes.
« Tourne-toi vers moi et répète, plus clairement cette fois.
- Oui, monsieur. 'suis désolé, monsieur. Parrain. Euh, c'est juste que, est-ce que ça signifie que je peux rester avec vous… pour – pour toujours-toujours? »
Il leva les yeux vers moi cette fois, et je fis de mon mieux pour ne pas invectiver et hurler que nous étions déjà passé par ce point. Au fond de moi, je savais néanmoins qu'il ne s'en sentirait que plus mal, plus anxieux, et que ça ne ferait qu'aggraver la situation à ma plus grande frustration.
Donc je dis simplement :
« Oui, mon enfant, tu ne seras pas débarrassé de moi tant que tu ne seras pas toi-même devenu un adulte. Et encore là, je suis certain que je vais te harceler assez souvent.
- Merci, parrain… mais… qu'est-ce qui va se passer quand vous allez retourner au travail? » demanda-t-il en se mordillant les lèvres.
« Bien entendu, si je retourne à Poudlard, tu vas rester avec moi dans mes quartiers. J'organiserai du tutorat et des soins pour toi pendant le jour, quand je serai occupé à enseigner. Toutefois, nous ne ferons cela que si tu te sens prêt à le faire. J'ai d'autres façons de gagner ma vie. »
Une fois de plus, le soleil brillait sur un maître des potions anciennement renfrogné.
…
Nous prîmes un petit-déjeuner très simple, des tartines beurrées, comme nous les aimions tous les deux, puis il m'amena trottiner le long de la voie caillouteuse. Je ne tomba pas une fois, mais c'était probablement parce qu'il me tenait la main bien serrée dans la sienne. Quand il bifurqua pour entrer dans une petite boutique de jouets, je sentis tout mon corps frémir d'excitation!
Une petite cloche tinta au-dessus de notre tête quand nous entrâmes, et tout autour de nous étaient disposés les jouets les plus beaux, les plus joyeux que j'aie vus. Au milieu trônait un ensemble de train à vapeur rouge et doré. Toutes sortes de poupées et d'animaux en peluche étaient flanqués d'un côté, tandis que l'autre était recouvert de camions, de voitures et de jouets de guerre.
Une petite fille d'à peu près quinze ans courut à travers la porte arrière et vint rejoindre sa mère, qui essuyait ses mains sur un tablier. Elle sentait le gras de lave-vaisselle et de bacon.
« Comment j'peux vous aider aujourd'hui, chers? demanda-t-elle, à moitié contente, mais à moitié éteinte aussi.
« Nous n'avons pas besoin d'aide » coupa mon Snape, et la femme se détourna, exhortant sa fille de bien surveiller la boutique. La fille se hissa sur un petit tabouret et braqua son regard sur ses mains. Elle devait travailler pendant les vacances, comme moi! Ou plutôt comme je le devais. Je me sentis soudainement désolé pour elle, et vraiment gâté en même temps.
Parrain grogna brusquement et m'ordonna de regarder les jouets. Tout était si brillant et si neuf! L'odeur du plastique et de la résine saisit mon nez. Je n'osais pas toucher quoi que ce soit, bien qu'un ours en peluche soyeux ait attiré mon attention. Si je pouvais le prendre dans mes bras, l'amener à la maison et dormir avec lui, ce serait tellement merveilleux! C'était tellement gentil de la part de mon Snape de me laisser regarder toutes ces choses! Un regard volé dans sa direction m'indiqua qu'il était mal à l'aise ici, et impatient.
Je retournai près de lui et lui tendit la main pour qu'il me guide vers l'extérieur, mais il me cria presque : « Et bien, choisis quelque chose, alors! »
Oh! Je pouvais choisir un jouet! Quelle joie! Mais pourquoi? Je ne le méritais pas! « Petit mendiant crasseux. Les mauvais garçons ne reçoivent rien, rien du tout! » J'entendais tante Pétunia me siffler à l'oreille.
Je cherchai l'item le moins cher. Tout ici était incroyablement dispendieux! L'ourson qui me plaisait coûtait plus que l'ensemble complet que je portais! Et je n'en avais pas besoin; j'avais une couverture douce et confortable, un vrai lit, et même un oreiller en duvet d'oie contre lequel me pelotonner pendant la nuit. Finalement, je vis des bacs de petits jouets près de la caisse; ils coûtaient moins d'une livre. Je pris une toupie en bois et la présenta, mon cœur battant avec peur d'être frappé, que ce soit une farce.
« C'est tout ce que tu veux?
- Oui, monsieur. Vous – vous n'avez pas à m'acheter quoi que ce soit, parrain. J'ai beaucoup aimé regarder tous ces jouets, je n'ai besoin de rien. » Dire tout cela en fixant le plancher était infiniment plus facile qu'en regardant son expression pincée.
« Harry, dit-il en s'agenouillant, si j'étais forcé à t'acheter quelque chose, je ne le ferais probablement pas. Dis-moi seulement : avec quoi vas-tu te tenir occupé toute la journée, hum? »
Oh, c'était donc pour ça que nous étions ici. Je ne pouvais plus nettoyer, et il ne me voulait pas dans ses jambes.
« Je pourrais j-jouer dans la cour, monsieur. Ou si je n'ai pas le droit d'aller dehors, je pourrais inventer des histoires dans ma tête. Je peux rester assis et ne pas causer d'ennui, monsieur » promis-je véhément.
Son expression changea.
« Tu aimes les histoires, alors?
- Oh, oui, m–. Oui, parrain!
- Comment passais-tu le temps à la maison de ta famille pourrie quand tu ne travaillais pas? » Visiblement, il retenait son souffle. Il n'y avait qu'une bonne réponse à cette question. Pouvais-je deviner?
« Je lisais, monsieur. » Ça le ravit! « J'adore lire, parrain! C'est ce que je préfère, vraiment.
Il acheta la toupie à la pauvre fille délaissée et me tendit le petit sac de papier. Je dus courir pour le suivre tandis que nous foncions vers la librairie.
