Titre original : Eight
Auteur : Lily Elizabeth Snape
Traductrice : PetiteMary
Disclamer : Les personnages sont à J.K. Rowling, l'histoire est à Lily Elizabeth Snape. Je n'agis qu'en tant que traductrice.
Résumé : Harry, âgé de huit ans, se fait maltraiter par les Dursleys. Rogue est un sorcier particulièrement froid et distant. Severus peut-il offrir à Harry l'enfance à laquelle il n'a pas eu droit?
Note de la traductrice
Je vous annonce fièrement que je viens de terminer la traduction de cette fic! Je continuerai à poster les chapitres restants au même rythme que ces derniers temps, soit à raison d'une fois par jour. Bonne lecture!
Chapitre 17
Comme Lily! Un lecteur, et un conteur en plus. Puis, une pensée me fit ralentir le pas. Avait-il senti mon approbation? Essayait-il simplement de m'apaiser? Je me souvins de ce jour dans le pub – savait-il seulement lire? Pour quelle autre raison m'aurait-il demandé de commander pour lui? Une voix mesquine me disait qu'il ne se sentait tout simplement pas confortable avec l'aspect monétaire, sans parler de son acclimatation à être affamé. Peut-être que je m'enfonçais dans le cynisme… mais avant que je lui achète quoi que ce soit chez Blighe, il allait passer un test de lecture!
…
La librairie rabaissait la bibliothèque de mon ancienne école au rang d'étagère défraîchie! La section pour enfants contenait des tonnes de livres à la couverture colorée et brillante. J'étais habitué aux couvertures de livres tâchées et grisonnantes de la bibliothèque.
Évidemment, après que Dudley ait déchiré le premier livre que j'avais emprunté, je n'avais pas été autorisé à faire sortir ni même à parcourir les pages des livres sous la responsabilité de madame Warnette. Chaque petit morceau de moi espérait, souhaitait que mon Snape m'achète un livre. Il semblait excité d'être là lui aussi, pas comme dans la boutique de jouets. Il y avait même une joyeuse dame à l'avant qui s'anima à notre arrivée. Elle portait de drôles de lunettes et avait les cheveux désordonnés. J'aurais juré qu'elle aurait pu être le double modlu de Professeur McGonagall! Mais elle était beaucoup plus aimable que ce professeur.
J'attendis, retenant mon souffle à ses côtés, qu'il me dise de regarder tout autour. Mais rien ne vint. Au lieu de ça, il prit un livre d'image puéril et me le tendit, l'ouvrant à la première page avec des mots. J'espérai pouvoir lui prouver que je n'étais pas stupide. Me détesterait-il si j'étais médiocre?
« J'aime courir. Tom aime courir. Nous courrons à la maison. Nous courrons à l'école. » Je lisais aussi vite que possible, m'arrêtant à tous les bons moments.
Le livre me fut arraché, un autre – à chapitres, cette fois – le remplaçant rapidement.
« Quand, après une longue et dure journée, pendant laquelle on l'avait envoyée en courses de-ci et de-là, quelquefois bien loin, malgré froid, vent et pluie, qu'elle rentrait mouillée et affamée, et qu'il fallait repartir encore, parce que personne ne daignait se souvenir qu'elle n'était qu'une faible enfant, que ses pauvres jambes pourraient être fatiguées et son petit corps souffrir du froid; quand elle n'avait reçu, en guise de remerciements, que des rebuffades et des regards méprisants… » Je voulais continuer à lire celui-là, mais il me l'enleva. (1)
« Maintenant, dis-moi ce que tu as lu » dit-il vivement, me regardant de près. Un autre test; serais-je assez bon pour qu'il veuille bien de moi?
« Et bien, monsieur, commençai-je doucement. C'est à propos d'une fille qui avait beaucoup de corvées et commissions à faire. Elle devait aller dehors et courir d'un endroit à l'autre même s'il faisait très froid et très mauvais dehors. Elle était fatiguée, elle avait froid et faim, mais personne… »
C'était tellement triste. Je mordis l'intérieur de mes joues pour libérer mon esprit de la tristesse jusqu'à ce que ma tâche soit terminée.
« Personne ne s'en souciait, monsieur. »
…
Il était tellement affecté. « Probablement un bon signe. Il a besoin de raisonner tout cela. »
Ensuite, je lui donnai une version classique condensée d'un de mes livres préférés. Même si je le nierais véhément dans le monde sorcier, une version en lambeaux de l'œuvre complète de Charles Dickens était présente depuis toujours dans ma bibliothèque.
Il ajusta ses lunettes et plaça son visage à quelques pouces des caractères plus petits. Nous allions devoir visiter un opticien sorcier, ainsi qu'une boutique de chaussures vu l'état des siennes. D'une voix timide, mais éloquente, il lut encore une fois rapidement et fidèlement.
…
David Copperfield. Je pensai que j'avais déjà entendu parler de cette histoire auparavant; peut-être à la télé?
« Je me relevai péniblement et j'allai me mettre devant la glace ; je fus effrayé de me voir, le visage rouge, enflé, affreux. Les coups de M. Murdstone m'avaient déchiré la peau, je me sentais tout endolori ; à chaque mouvement que je faisais, je me remettais à pleurer ; mais ce n'était rien en comparaison du sentiment de ma faute. Je crois que je me trouvais plus coupable que si j'avais été le plus atroce criminel.
Il commençait à faire nuit, je fermai la fenêtre (longtemps j'étais resté étendu, la tête appuyée contre l'embrasure, pleurant, dormant, écoutant tour à tour), quand j'entendis tourner la clef, et que miss Murdstone entra avec un peu de pain et de viande et un bol de lait. Elle les posa sur la table sans dire un mot, me regarda un instant avec une fermeté exemplaire, puis se retira en fermant la porte après elle.
Il faisait nuit depuis longtemps que j'étais toujours assis près de la fenêtre, me demandant s'il ne viendrait plus personne. Quand j'en eus perdu l'espérance, je me déshabillai et me couchai, puis je commençai à songer avec terreur à ce que j'allais devenir. L'acte que j'avais commis ne constituait-il pas un crime légal? Ne serais-je pas emmené en prison? N'y avait-il pas pour moi quelque danger d'être pendu? »
Ce livre aussi fut enlevé de mes mains tremblantes, et je fus enjoint à le résumer aussi.
« Un garçon, David Copperfield, il a été battu puis enfermé dans sa chambre pendant cinq jours. Pour lui, ça semblait être une éternité et la seule personne qu'il a vu était miss Murdstone. Mais il a eu du lait et du pain, et il avait une fenêtre par laquelle regarder. C'était gentil de leur part. »
Maintenant je lui avais déplu! Je ne savais pas comment, mais il avait l'air fâché et triste en même temps. Il remit soigneusement le livre sur son étagère en se raclant la gorge.
« Est-ce que… est-ce que nous partons maintenant, monsieur?
- Pourquoi cette question? » contra-t-il, les sourcils haussés. Il était doué pour répondre aux questions par des questions.
« Euh, je ne, je veux dire, vous avez posé le livre, monsieur – parrain.
- Nous ne partons pas tout de suite. Tu m'as surpris, mon enfant, dit-il sur un ton de voix que je n'avais jamais entendu.
- Je suis désolé, monsieur!
- Arrête de t'excuser. Tu m'as surpris en te révélant bien meilleur lecteur que je ne m'y étais attendu.
- Oh. »
« J'ai fait quelque chose de bien? J'ai fait quelque chose de bien! »
« Merci, parrain!
- Quels genres de livres aimes-tu lire, alors? »
Une meilleure question aurait été quel genre de livre je n'aimais pas lire!
« J'aime lire n'importe quoi, monsieur. »
« Oh-oh, je ne veux pas qu'il croit que j'ai lu ses livres! »
« N'importe quoi d'autorisé, ajoutai-je rapidement.
- Ça ne nous aide pas à trouver un livre approprié, petit! »
Je ne voulais pas le faire fâcher. Pas du tout. J'étais juste exceptionnellement bon à ça!
Hâtivement, j'ajoutai : « J'ai aimé ces deux derniers que vous m'avez fait lire, monsieur. »
Un regard.
« Je veux dire, parrain.
- Très bien. »
Il acheta les deux pour moi! J'obtins même deux marque-pages gratuits, un avec un dragon épineux et l'autre avec une licorne encore plus pâle que la lune.
« Le prochain arrêt sera chez l'épicier, Harry. » lança mon parrain par-dessus son épaule alors que je serrais mes livres contre moi en courant après lui. Il ne me vint même pas à l'esprit de trébucher et de tomber.
…
Descendant la colline vers notre petite masure, alourdis par des horribles sacs en papier moldus, une voix de mon passé me tira de mes rêveries mélancoliques.
« M'man! Il descende la route maintenant! » cria un garçon en bottant un ballon de football.
Puis la voix de la mère, Chloé, retentit : « Et bien invite les pour le thé, William. »
Le jeune homme arrogant le ne prit même pas la peine d'attendre que nous atteignions la fin de la route et nous cria : « M'man veut que vous veniez prendre le thé, Monsieur Snape. Et c'est qui, lui? Elle veut savoir ça aussi. »
Aussitôt ces mots sortis de ses lèvres, il fut appelé et grondé, comme il le méritait. Je remarquai qu'Harry me regardait, attendant ma réaction.
« Voudrais-tu aller prendre le thé chez les voisins, Harry? fis-je en essayant d'empêcher mes mots de sortir avec dédain.
- J'en serais très heureux, monsieur! » répondit-il avec plus de confiance qu'il n'en avait jamais eu. Comment pouvais-je refuser?
…
Parrain rangea la nourriture pour nous pendant que je nettoyai mes mains et mon visage, même si je n'étais pas sale. Il avait pris des sacs et de sacs de choses chez l'épicier, et j'étais presque certain que j'allais pouvoir goûter à tout. Et j'allais lire des livres, et jouer avec un nouveau jouet. Mais tout d'abord, j'étais invité à prendre le thé, avec un garçon juste un peu plus vieux que moi, pensais-je. J'avais beaucoup de mal à résister à l'envie de sauter sur place en attendant l'heure du thé. C'était seulement dans quelques minutes, mais ça me paraissait une éternité. Mes chaussures de sport avaient même été métamorphosées en beaux souliers d'un noir lustré, et à ma taille en plus. Je jetai un coup d'œil au miroir, et à part mes cheveux, j'avais l'air d'un pensionnaire d'une école privée.
Parrain n'avait pas l'air aussi excité que moi, par contre. En fait, son visage semblait plus pâle que je ne l'avais jamais vu. Ce garçon, William, non? Il connaissait parrain par son nom. Bien sûr! C'était ici que mon Snape avait grandi, donc ils connaissaient sa famille. Et son père.
« Parrain? » Il posa ses yeux suspicieux sur moi. « Si vous préférez ne pas y aller… »
Sa bouche s'étira en une ligne mince et il dit qu'il avait déjà pris sa décision. Il tendit sa main, et nous sommes partis. J'avais l'étrange sentiment qu'à ce moment précis il avait plus besoin que moi que sa main soit tenue.
…
Chloé Smith était plutôt mal fagotée, avec les cheveux en désordre, quand elle ouvrit la porte de son élégante petite maison. C'était la même disposition que la nôtre, mais bien entretenue et bien éclairée. « La seule raison pour laquelle Harry et moi ne vivons pas dans l'encrassement total est due à son travail éreintant. J'allais devoir re-décorer ce soir – magiquement.
À ma grande déception, les enfants – incluant Sarah, la fille de Chloé – furent envoyés dehors avec des gâteaux secs, du concombre, des sandwiches au beurre et du lait. Pendant ce temps, j'étais piégé avec l'inélégante Chloé, avec qui j'avais passé d'oppression à l'école primaire.
Inévitablement, ses premières questions furent à propos du garçon. Consciencieusement, et plus heureux que je ne l'aurais jamais imaginé, je partageai l'histoire de mon acquisition. Après avoir vérifié que j'étais, en effet, un professeur, elle demanda, ou plutôt déclara, quelque chose de plutôt extraordinaire.
« Alors, quelle classe enseignez-vous à Poudlard? » questionna-t-elle autour d'un biscuit au chocolat.
J'échappai ma tasse de thé, la laissant se fracasser sur les planches de bois; une grande agitation avait débuté dans le jardin.
…
Note de l'auteur : Le premier livre qu'Harry lit est inventé. Le deuxième extrait vient de La petite princesse de Frances Hodgson Burnette. Le troisième est, évidemment, de Dickens.
(1) J'ai adoré ce livre, je le recommande vivement à ceux et celles qui n'ont pas encore eu le plaisir de le découvrir!
(2) Je n'ai pas réussi à trouver une version du livre en français qui reprenait ce passage tel qu'il est écrit dans la version anglaise de ce chapitre.
Voici l'extrait en anglais :
« I crawled up from the floor, and saw my face in the glass, so swollen, red, and ugly that it almost frightened me. My stripes were sore and stiff, and made me cry afresh, when I moved. The key was turned, and Miss Murdstone came in with some bread and milk. These she put down upon the table without a word, glaring at me the while with exemplary firmness, and then retired, locking the door after her. Long after it was dark I sat by the window sill, wondering whether anybody else would come. My imprisonment lasted five days and I saw no one, Miss Murdstone excepted. The length of those five days I can convey no idea of to any one. They occupy the place of years in my remembrance. »
Pour couvrir toute cette partie condensée de l'histoire, il aurait fallu poursuivre l'extrait que j'ai choisi, mais je le trouvais déjà bien assez long. Je n'ai gardé que le minimum pour que le résumé que Harry en fait convienne. Voici la suite, pour ceux que ça intéresse :
« Je n'oublierai jamais mon réveil le lendemain matin ; comment je me sentis d'abord gai et reposé, puis bientôt accablé par mes cruels souvenirs. Miss Murdstone parut avant que je fusse levé ; elle me dit, en peu de mots, que je pouvais aller au jardin et m'y promener une demi-heure, pas plus longtemps ; puis elle se retira en laissant la porte ouverte, pour que je pusse profiter de la permission.
C'est ce que je fis ce jour-là, et tout le temps que dura mon emprisonnement, qui se prolongea cinq jours. Si j'avais pu voir ma mère seule, je me serais jeté à ses genoux et je l'aurais suppliée de me pardonner ; mais je ne voyais absolument que miss Murdstone, excepté le soir, au moment de la prière : miss Murdstone venait alors me chercher quand tout le monde était déjà à sa place ; elle me mettait, comme un jeune bandit, tout seul près de la porte ; puis ma geôlière m'emmenait solennellement, avant que personne eût pu se relever. Je voyais seulement que ma mère était aussi loin de moi que faire se pouvait, et tournait la tête d'un autre côté, en sorte que jamais je ne pus voir son visage ; M. Murdstone avait la main enveloppée dans un grand mouchoir de batiste.
Il me serait impossible de donner une idée de la longueur de ces cinq jours. Dans mon souvenir, ce sont des années. »
