Titre original : Eight

Auteur : Lily Elizabeth Snape

Traductrice : PetiteMary

Disclamer : Les personnages sont à J.K. Rowling, l'histoire est à Lily Elizabeth Snape. Je n'agis qu'en tant que traductrice.

Résumé : Harry, âgé de huit ans, se fait maltraiter par les Dursleys. Rogue est un sorcier particulièrement froid et distant. Severus peut-il offrir à Harry l'enfance à laquelle il n'a pas eu droit?

Note de la traductrice

J'ai commencé à traduire une fic, un one-shot d'environ 20 000 mots, cette fois. J'y prends un malin plaisir, j'espère que vous l'apprécierez autant que moi. Je n'en suis qu'à quelques pages, mais ça devrait venir assez vite, je ne vois pas le temps passer. C'est d'un tout autre genre et le seul personnage principal est Harry. Je ne vous en dis pas plus pour le moment!

Chapitre 18

Dès que je fus installé à l'extérieur, en faisant attention à ne pas échapper ma soucoupe en porcelaine décorée de pétales de rose, William s'approcha et s'assit très proche – trop proche – de moi.

« William, souviens-toi de ce que m'man t'as dit. Tu veux pas te faire gronder deux fois dans la même journée, si? chuchota sa sœur aux cheveux d'un blond vénitien.

- Ta gueule, Sarah! Je veux apprendre à connaître Harry un peu mieux. Tu aimerais ça, n'est-ce pas, Harry? » demanda William.

J'avais pris une bouchée de biscuit sec; je ne pouvais rien dire. Le garçon plus âgé, avec ses cheveux blonds et sa grande carrure, était plutôt effrayant, mais si je courais à l'intérieur pour voir Monsieur Snape, tout irait de travers. William ne serait jamais mon ami si je lui attirais des ennuis ou s'il pensait que j'étais trop jeune et énervé. Monsieur Snape serait fâché que je les aie interrompus, lui et cette gentille dame, et il ne me laisserait plus jamais venir prendre le thé. Non, j'avais déjà fait face à beaucoup de gens plus effrayants que William. Je pouvais m'en tirer seul.

« Je suis sûr que tu aimerais ça. Tu es timide, n'est-ce pas? Qu'est-ce que tu caches? » Ce garçon pouvait-il lire en moi? Il se contenta de continuer sur un ton soit-disant aimable.

« Alors, comment c'est de vivre avec le vieux Snape, là-bas? J'ai entendu en ville que tu avais été tabassé quand tu es arrivé la première fois. Il te bat? »

Quand le tailleur Gray avait dit ça, je m'étais senti enveloppé d'une douce chaleur à l'idée que quelqu'un se soucie de moi. Mais la façon dont William l'avait dit… c'était comme s'il voulait que ce soit vrai. Comme quand tante Pétunia commérait au téléphone avec ses amies indiscrètes et curieuses.

« Non » parvins-je à dire, mais ensuite je songeai à ce jour avec la ceinture, et mon visage montra probablement ma pensée.

« C'est un mensonge. Il t'a battu! Qu'est-ce qu'il fait d'autre? Pourquoi t'a-t-il pris avec lui de toute façon?

- Il connaissait ma maman. C'est mon parrain. Il est vraiment bon avec moi, et gentil, et il m'a acheté ces nouveaux vêtements. » Ma voix retomba après ces mots. »

Nous mangeâmes tous les trois en silence pendant un moment, mais William me fixait avec un sourire diabolique. Je n'avais jamais pris aussi peu de plaisir à manger de toute ma vie.

Il reprit.

« Tu sais tout le monde en ville pense qu'il est brutal. Ils disent qu'il n'est pas normal. Jamais marié, tu sais? Détestais son père aussi, d'après m'man. »

Où voulait-il en venir? Je pouvais sentir l'air autour de moi commencer à crépiter tandis que je m'échauffais de colère.

« Il te fait polir son nœud, pas vrai?

- Qu'est-ce que tu racontes? » Ça ne pouvait pas être ce que je pensais!

« De quelle grosseur est son zizi, dis-moi? »

Sarah essaya de l'interrompre, mais son frère la repoussa brusquement.

« T'es un peu bête, non? Est-ce qu'il aime les petits garçons maigrichons? » dit-il finalement, à deux centimètres de mon visage.

« Non! Bien sûr que non! » C'était un garçon très, très grossier et je ne pouvais lui permettre de dire toutes ces choses à propos de mon Snape!

Les événements suivants se produirent en un éclair.

Sarah flanqua une claque à son frère en sifflant : « William! Maudit branleur! »

William dit : « Harry, tu protestes trop pour que ce ne soit pas vrai! Il s'occupe probablement de toi tous les soirs! »

William s'envola dans les airs comme une fusée, tournoyant et se tordant. Il s'effondra à quelques pieds de Sarah, atterrissant solidement sur son derrière. Il cria comme si ça l'avait tué. Et je courus.

….

Chloé fut à la porte arrière un pas derrière moi. Harry n'était pas en vue.

« M'man! appela Sarah souriant comme une folle. Will s'est finalement fait régler son compte!

- 'taquinait le p'tit, han? »

Pendant ce temps, le crétin dégingandé s'était relevé du sol du jardin.

« Ben sûr que non, m'man. Tu m'as dit de ne pas faire ça, non?

- M'man! Harry est une sorcière, comme cousine Hannah! »

Je suis certain que mon visage afficha une rare expression de surprise quand Chloé me regarda par-dessus son épaule, me fit un clin d'œil, et dit :

« Ne sois pas bête, Sarah, Harry n'est pas une sorcière! Les garçons sont des sorciers, n'est-ce pas, Severus? »

Après quelques secondes à être resté bouche bée, je me retirai de cette situation hasardeuse tout bonnement surréelle.

« Merci pour… le thé, Chloé. Je dois y aller. »

Alors que je m'éloignais, elle rit et claqua William derrière la tête.

….

Je savais qu'ils n'étaient pas supposés voir ça. C'était comme enlever sa cape. Comme monsieur Professeur Snape – non, Parrain! Comme quand parrain mettait des vêtements normaux. Ils étaient normaux, mais nous étions sorciers. Nous devions le cacher.

Et j'avais échoué. Misérablement.

Je voulais aller voir Grey, voir ses sourires. Il m'aimerait quand même, n'est-ce pas?

Mais non, ce n'était pas possible. S'il savait que j'étais un monstre, il ne m'aimerait pas lui non plus. Seuls les autres sorciers toléreraient…

« Harry! »

Monsieur Snape venait de passer la porte d'entrée. M'emmènerait-il à un orphelinat au lieu de chez les Dursley? Je m'étais mis en tête que ça serait mieux, un orphelinat. Au moins il y aurait d'autres enfants qui prendraient quelques coups au lieu de juste moi.

« Oui, monsieur » appelai-je de la salle de bain. J'essayais d'effacer les traces de larmes de mon visage.

Il jura, puis monta les escaliers.

« Il semble que nous n'arrivons pas à nous entendre avec qui que ce soit, qu'en penses-tu? » demanda-t-il avec ce qui pouvait être un demi-sourire.

Jouait-il avec moi? Décidant qu'il valait mieux continuer sur sa lancée, je dis : « Non, monsieur? »

Il rit!

« A-t-il volé en arrière comme Albus? »

Un air malicieux traversa son regard. Ça commençait à être effrayant. J'étais coincé ici, dans les toilettes. Monsieur Professeur Snape se tenait devant la porte, si grand, avec un air malicieux dans les yeux. Oncle Vernon avait toujours cet air juste avant de faire quelque chose de nouveau, quelque chose d'inattendu, quelque chose de… douloureux.

Et maintenant – mon souffle s'accélérait – maintenant, monsieur Professeur Snape parlait de Dumbledure, un aîné, que j'avais blessé, qui voulait m'emmener au loin.

Mais Directeur Dumbledore voulait me donner à une autre famille, pas aux Dursley. Une autre famille magique qui ne penserait pas que je suis un monstre.

D'une certaine façon, cette pensée ne fit qu'augmenter la douleur dans ma poitrine.

« Harry? Tout va bien, gamin? » chuchota mon Snape en s'agenouillant et en me regardant, me voyant vraiment.

Dans un souffle cassant, je parvins à dire : « Je suis désolé, monsieur. C'était un accident, encore. Je ne voulais pas, je me sentais si fâché et les picotements ont commencé, et l'énergie s'est rassemblée en moi, puis William a juste… décollé. »

Snape s'esclaffa à nouveau, et je le regardai juste à temps pour voir une expression semblable à la joie se transformer en haine.

« Qu'est-ce que William a dit? cracha monsieur Snape.

- Je ne… je ne crois pas que je peux… » Comment pouvais-je répéter ces mots dégoûter, en particulier à lui! J'avalai de travers. « Des choses affreuses, monsieur, à propos – à propos de vous. »

….

La magie accidentelle du garçon s'était manifestée pour moi? Moi? Un enfant, un Potter, faisant face pour moi à de l'intimidation, d'une façon tellement élémentaire, tellement primaire qu'un mauvais garçon comme William s'étit fait jeter sur le cul? Merlin, était-ce la fin du monde?

Être sur la corde raide entre la colère et l'amusement était plutôt étrange.

Harry, toutefois, n'était pas sensible au comique de la situation. Ma première pensée fut de le distraire en faisant des plans pour son anniversaire qui approchaient à grand pas, mais changer de sujet n'avait pas très bien fonctionné la dernière fois.

« As-tu fini ta toilette, mon enfant?

- Oui, monsieur. »

J'étais redevenu « monsieur », pour l'instant. Je voulus remédier à ça rapidement.

« Nous n'avons pas vraiment eu de thé, au final, n'est-ce pas? Allons à la cuisine. »

Il suivit silencieusement. J'étais content de le connaître assez bien pour savoir qu'il ne boudait pas; ç'aurait été vraiment exaspérant d'avoir un petit garçon faisant la moue me suivant dans la maison.

Il s'assit, figé comme un mort, perché sur le bord d'une des chaises chancelantes de la cuisine, respirant à peine; attendant.

Gloussant, je dus secouer la tête à cette expérience. J'avais l'impression d'avoir à nouveau cinq ans, seulement cette fois, j'avais un ami! N'importe qui me jetant un regard à ce moment serait persuadé que je venais de tomber sur la tête.

M'installant en face du garçon avec une théière et deux tasses mal assorties, je tentai de le mettre à l'aise le plus rapidement possible.

« Harry, regarde-moi. » Je fus honoré d'un regard de petit animal devant les phares d'une voiture, mais au moins il me regarda. « Tu n'as rien fait de mal. Je ne vais pas te frapper, ni te fouetter, ni te battre, ni te punir, ni te renvoyer. Tu n'as rien faire de mal. Maintenant, dis-moi ce que j'ai dit. »

Voilà. Si ça ne couvrait pas tout, nous étions vraiment dans la merde.

….

Relâchant la respiration que j'avais retenue sans le savoir, je dis précipitamment :

« Je n'ai rien fait de mal, je ne serai pas blessé, et je… »

Pensait-il vraiment cette partie? Vraiment?

« Je peux rester avec vous?

- C'est exact. Maintenant, je veux entendre tous les détails. De quoi avait l'air le visage de ce petit imbécile quand il s'envola dans les airs? »

Soudainement, nous pouffâmes tous les deux de rire, ce qui évolua rapidement à des rires hystériques complétés par des reniflements ici et là. Je ris jusqu'à ce que je me mette à tousser et à vomir, mais parrain agita simplement sa baguette pour lancer le sort de nettoyage et continua à glousser.

« Ça doit être ça une vraie famille! Comment suis-je devenu si chanceux? »