Titre original : Eight
Auteur : Lily Elizabeth Snape
Traductrice : PetiteMary
Disclamer : Les personnages sont à J.K. Rowling, l'histoire est à Lily Elizabeth Snape. Je n'agis qu'en tant que traductrice.
Résumé : Harry, âgé de huit ans, se fait maltraiter par les Dursleys. Rogue est un sorcier particulièrement froid et distant. Severus peut-il offrir à Harry l'enfance à laquelle il n'a pas eu droit?
Précédemment, dans le Chapitre 18 :
M'installant en face du garçon avec une théière et deux tasses mal assorties, je tentai de le mettre à l'aise le plus rapidement possible.
« Harry, regarde-moi. » Je fus honoré d'un regard de petit animal devant les phares d'une voiture, mais au moins il me regarda. « Tu n'as rien fait de mal. Je ne vais pas te frapper, ni te fouetter, ni te battre, ni te punir, ni te renvoyer. Tu n'as rien faire de mal. Maintenant, dis-moi ce que j'ai dit. »
Voilà. Si ça ne couvrait pas tout, nous étions vraiment dans la merde.
….
Relâchant la respiration que j'avais retenue sans le savoir, je dis précipitamment :
« Je n'ai rien fait de mal, je ne serai pas blessé, et je… »
Pensait-il vraiment cette partie? Vraiment?
« Je peux rester avec vous?
- C'est exact. Maintenant, je veux entendre tous les détails. De quoi avait l'air le visage de ce petit imbécile quand il s'envola dans les airs? »
Soudainement, nous pouffâmes tous les deux de rire, ce qui évolua rapidement à des rires hystériques complétés par des reniflements ici et là. Je ris jusqu'à ce que je me mette à tousser et à vomir, mais parrain agita simplement sa baguette pour lancer le sort de nettoyage et continua à glousser.
« Ça doit être ça une vraie famille! Comment suis-je devenu si chanceux? »
Chapitre 19
Après un thé convenable, Harry et moi nous installâmes tous les deux pour lire. Il était très enthousiaste, et je me surpris à me concentrer davantage sur l'émerveillement qu'affichait son visage que sur ma propre sélection. En quelques instants, il fut complètement plongé dans David Copperfield, concentré, des émotions dansant sur son visage à un rythme alarmant. Je pris mentalement note de retrouver ma copie et de la relire.
Je perdis la notion du temps, et quand je levai les yeux de mon livre de potions, il s'était effondré dans les coussins, somnolant tandis que le soleil disparaissait sous notre jardin misérable. Nous allions rapidement devoir faire quelque chose de cet endroit en piteux état!
« Harry? »
Pas de réponse.
« Harry? » répétai-je un peu plus fort. Cette fois, il sursauta lamentablement, son livre claquant sur le plancher de bois franc.
« Oui, monsieur! Désolé, monsieur, je n'avais pas réalisé que je m'endormais et – »
Je levai la main pour le faire taire gentiment, supprimant ainsi le poids qui s'était formé sur ses maigres épaules. Il laissa échapper un souffle chancelant.
« Nous avons manqué le dîner, mon enfant. As-tu faim? »
Il était encore en train de se réveiller, et je pouvais presque l'entendre penser tandis qu'il cherchait la bonne réponse.
« Je – euh… o-oui, j'ai un peu faim, monsieur, euh, parrain! Désolé, parrain!
- Bien, Harry. Allons voir ce qui nous semble appétissant, d'accord? »
….
Quelle horrible manière de se réveiller! Je ne pouvais croire que je m'étais endormi ici, en face de lui. Je ne m'étais jamais endormi devant qui que ce soit – ce n'était pas prudent.
« Mais ici ça l'est, non? » J'allais devoir penser à cela plus tard.
Après avoir mangé à notre faim, parrain suggéra que nous refassions une beauté à Spinner's End.
« Commençons par ta chambre, d'accord? »
C'était assez difficile de dire ce qui pouvait être différent. C'était la meilleure chambre de ma vie! « Pourquoi se soucie-t-il de ce que je veux, ce que je pense, ce que j'aime? » Debout, au milieu de la pièce, il me regardait, haussant un sourcil recourbé, attendant. Je croyais qu'il me gronderait, mais, au lieu de ça, il dit : « Quelle est ta couleur préférée? »
J'aimais le rouge, mais je savais que lui non, pas après le tailleur.
« Euh – jaune, monsieur? » Le jaune était une couleur lumineuse, joyeuse, comme je me sentais de plus en plus maintenant.
Il eut une mine aigre et mécontente, et je sus que j'avais mal choisi! Sortant sa baguette, je savais qu'il allais me frapper avec. Je me reculai, fermant les yeux et serrant les dents.
« S'il vous plaît, s'il vous plaît » chuchotai-je.
Au même moment, il disait mon nom.
Il n'avait pas l'air fâché.
Je regardai rapidement à travers mes doigts tremblants, et la pièce était comme un rayon de soleil! Les murs et le lit était d'un jaune jonquille vif et joyeux, et de nouveaux bulbes lumineux avaient été ajoutés pour éclairer la chambre.
« Génial! » Il avait jeté un sortilège avec sa baguette. « Bien sûr, qu'il avait jeté un sort! Je suis tellement stupide! »
S'agenouillant, il m'interrogea doucement.
« Vais-je un jour te frapper… encore… Harry? »
Un test! Mieux valait dire ce qu'il avait dit, ce que je voulais tellement croire.
« N-non, monsieur?
- Exact. Passons aux escaliers, d'accord? Il faudrait plus de lumière, qu'en penses-tu? »
….
C'était comme arracher des molaires que d'essayer d'obtenir une opinion du petit. Après avoir l'effarouché avec ce qui était, pour moi, une légère grimace, je fis attention à réagir, au pire, de façon neutre à ses réponses. Je ne savais vraiment pas pourquoi j'avais négligé de re-décorer depuis si longtemps. L'habitude, peut-être. Spinner's End, dans mon esprit appartenait encore à mon connard de père.
« Plus maintenant! »
J'agrandis la misérable salle de bain ainsi que la salle à manger, échouant lamentablement à expliquer au garçon la théorie de l'enchantement des volumes. Chaque mur, plancher et meuble fut égayé et généralement transformé en quelque chose de complètement différent.
Respirer devint plus facile quand tout fut terminé.
Il n'y avait plus de fantômes se cachant dans les coins humides.
Debout devant la nouvelle porte de l'enfant, je souris presque en en voyant la touffe de cheveux noirs éparpillée sur la taie d'oreiller jaune canari. Il plissa les yeux vers moi, sans doute plus craintif sans ses lunettes.
« Ne t'inquiète pas, Harry. Je ne te ferai pas de mal, mon enfant.
- Oui, monsieur » répondit-il d'une voix pitoyable.
Cette soirée semblant l'avoir rendu inquiet. Mes pensées dérapèrent aux cajoleries de Poppy. « Je suppose que ça ferait pas de tort, et personne ne saurait. Peut-être que le petit garnement va arrêter d'agir comme un idiot minaudant si je le borde… »
….
Il venait de me dire qu'il n'avait pas l'intention de me blesser, alors pourquoi s'avançait-il vers moi? Je me maintins en place autant que possible – autant que possible tandis que je tremblais sous les couvertures.
Il me tendit mes lunettes; après les avoir mises, je pus voir l'expression perplexe sur son visage. Il tendit les bras vers moi. « Va-t-il m'étouffer? » Soulagé, je réalisai qu'il était seulement en train de remonter les couvertures jusque sous mon menton.
Après m'avoir tapoté la tête une fois, deux fois, il se racla la gorge et dit, juste un peu plus fort que nécessaire : « Dors bien, Harry. »
Les lumières s'éteignirent et mon gloussement retenu se transforma en un gigantesque sourire! « Je vais faire de beaux rêves, cette nuit! » Je m'étais inquiété de voir que je n'avais pas d'horloge à écouter dans la maison de parrain, mais soudainement rester éveillé jusqu'à minuit, jusqu'à ce que j'aie neuf ans, n'était plus si important.
…
Au réveil, l'odeur de saucisse et de café se glissa jusqu'à la chambre – ma chambre! D'abord, j'étais encore heureux, couché dans le confort de mes nouveaux vêtements. Puis je me redressai d'un coup!
« Il cuisine! Je suis en retard, en retard, en retard! » Même si je fis le lit et m'habillai aussi vite que possible, ça me parut une éternité. Hors d'haleine comme je l'étais, je ne pus même pas m'excuser dès que j'arrivai à la salle à manger.
« Harry. Je suis content que tu sois levé. J'étais sur le point de monter. »
Merci mon dieu je m'étais réveillé! J'aurais certainement été puni s'il avait eu à venir me chercher, n'est-ce pas? « Tout est si déroutant! »
« Que puis-je faire, monsieur? » Il allait sûrement avoir des tâches à me faire faire, puisqu'il avait cuisiné.
« Tu peux prendre place à table, mettre une serviette sur tes cuisses et manger ton petit-déjeuner. » Son ton coupé ne laissait aucune place à la discussion.
Quand le repas fut terminé, je réalisai que j'avais encore oublié par rapport à la magie! Il envoya la vaisselle danser avec les fourchettes dans l'évier plein de bulles. Du moins, c'est ce que j'imaginais qu'ils faisaient; danser était tellement plus intéressant que récurer!
….
Je mis un moment à obtenir l'attention du garçon. La bouche grande ouverte, dans la lune, il semblait attendre que la porcelaine attaque l'argenterie. Je retins un commentaire à propos d'avaler des mouches.
« Harry? Harry? » Finalement, je tapai la table devant lui et attirai finalement son attention, bien qu'il semblait que ça l'ait effarouché – mais juste un peu.
« Oh! Oui, monsieur! Désolé, monsieur!
- Ce n'est rien, mon enfant, soupirai-je. Sais-tu quel jour on est aujourd'hui? »
Ses yeux verts s'illuminèrent brièvement, puis il renifla et se perdit dans la contemplation du plancher de marbre luisant.
….
Il ne pouvait pas penser à la même chose que moi. Comment aurait-il pu savoir que le 31 juillet était mon anniversaire? Il n'avait probablement même pas réalisé qu'aujourd'hui était le dernier jour du mois; nous n'avions ni calendrier, ni horaire à la maison.
« Mercredi, monsieur? » C'était mercredi, je ne mentais pas.
« Oui, et… » Ses deux sourcils courbés s'élevèrent en même temps.
« Le 31 juillet, monsieur?
- Parrain, Harry.
- Désolé, parrain! »
Il patienta – je pense qu'il voulait que je dise quelque chose – puis roula les yeux.
« Ton anniversaire, Harry. C'est ton anniversaire, grogna-t-il.
- Oui, monsieur. »
Mon anniversaire! À chaque fois que les Dursley s'en souvenait, ils faisaient tout pour que ma journée soit encore pire. « Ça va être différent avec mon Snape, n'est-ce pas? »
….
La discussion ne commençait pas de la façon que j'avais souhaitée, mais qui sait ce qu'il pensait?
« J'ai des plans provisoires pour une petite fête, mais si tu préfères annuler, nous pouvons en discuter après que j'aie récapitulé les détails.
Ses yeux ne seraient pas devenus plus gros s'il avait vu un fantôme moldu!
Finalement, il réussit à bégayer : « Une f-fête? »
Secouant la tête – essayant de ne pas penser aux raisons de son adorable expression de surprise –, je répondis :
« Oui, Harry, une fête d'anniversaire, parce qu'aujourd'hui c'est ton anniversaire.
- Une fête d'anniversaire – pour – pour moi? Monsieur? »
….
Mon Snape poussa un long soupir avant qu'un sourire capture lentement ses lèvres.
« Oui, petit nigaud, une fête d'anniversaire pour toi. Maintenant, les plans provisoires sont un thé avec Poppy et Gray. Ils devraient nous rejoindre à quatre heures pour manger et faire la fête. Penses-tu que ça te plairait? »
« Pas de remarques sur les mouches, Severus! »
« Oui, monsieur! Oui, parrain, j'aimerais beaucoup ça! »
….
Le plancher menaçait de vivre, tellement le petit bondissait sur une nouvelle chaise de la salle à manger.
« Y a-t-il quelqu'un d'autre que tu aimerais inviter? »
J'espérais vraiment qu'il ne demanderait aucun des Smith d'à côté; je serai répugné d'avoir à inviter Chloé et William. La jeune Sarah était acceptable, mais comment pourrais-je inviter la fille sans inviter la mère? Merci Merlin, ce ne fut pas un problème.
« Non, parrain, il n'y a personne d'autre » gazouilla-t-il avec contentement.
J'aurais aimé pouvoir inviter d'autres enfants de son âge; j'étais frustré de ne pas pouvoir aider l'enfant au niveau social. Toutefois, vu son excitation, je savais que présentement il n'accordait pas la moindre pensée à l'absence de jeunes de son âge. Ça apaisait ma culpabilité imprévue, pour le moment.
