Mille excuses à tous ceux qui avaient remarqué l'incohérence dans ce chapitre à propos du "professeur Rogue" ! Je suis désolée c'est une vieille habitude ... Sur ce, bonne lecture ! ;)
Chapitre 1 : La première erreur
Quelques mois plus tôt …
- Emma … Emma …
Les appels résonnaient dans ma tête, écho gênant que je tentai machinalement d'étouffer en enfonçant mon visage dans mon oreiller. Oreiller qui disparut de dessous ma tête une fraction de seconde plus tard.
- Emma ! EMMA !
Effrayée, j'ouvris brusquement les yeux, pour tomber sur l'expression désapprobatrice de ma meilleure amie. Je les refermai illico presto. Mon oreiller disparu frappa brutalement mon ventre.
- Debout ! ordonna sévèrement Catherine. T'as 20 min pour te préparer et petit déjeuner avant le début des cours.
- Ouai, bah ça fait toujours 10 min de sommeil en plus, marmonnai-je en saisissant mon oreiller pour le replacer confortablement sous ma joue.
- Okaaaay …Pour les cas désespérés, recourrons à des méthodes désespérées …
Je l'entendis s'éloigner. Trop contente d'être laissée enfin tranquille, je ne réalisai que trop tard la signification de ses dernières paroles.
- Attend, comment ça « méthodes …
Un jet d'eau glacial me heurta le visage. Poussant un cri de surprise, je tentai rapidement de sortir du lit, m'emmêlai accidentellement dans mes draps et m'étalai par terre.
- Je te hais … grommelai-je, le nez contre la moquette.
- Je m'en fous ! répondit Catherine en toute sincérité. Habille-toi !
Avec une démarche de zombie ayant abusé d'alcool le soir d'un 31 décembre, je me trainai jusqu'à mon armoire de laquelle j'extrais mon uniforme de Poudlard que j'enfilai rapidement.
- Ta chemise est à l'envers, ricana mon amie.
Je lui lançai un regard supposé signifier « Je vais t'étouffer avec ladite chemise », mais apparemment le message dut se perdre en cours de route parce que cela ne fit qu'accentuer ses rires. Je fis face au grand miroir qui orne l'un des murs du dortoir des filles de 7ème année de Gryffondor. Des cernes s'étalaient sous mes yeux noisette. J'adressai une grimace au reflet, et passai machinalement une main dans mes cheveux bruns.
- Let's go ! lançai-je plus pour moi-même qu'autre chose en saisissant mon sac.
- I don't wanna work today maybe I just wanna stay … chantonna Catherine à mon oreille.
- Oh toi la ferme !
- Emma, tu es supposé manger ce muffin, pas t'assurer que si le Petit Poucet passe par là, il ait assez de miette pour faire trois fois le tour de la forêt avant de rentrer chez lui !
- Le pauvre, ses parents ne veulent pas de lui, j'essaye de retarder la dure révélation le plus possible !
Catherine me fixa d'un air résigné avec une pointe de pitié, comme on observerait un fou pour lequel la tragique maladie mentale serait incurable. Autour de nous, l'ensemble des élèves dans le même cas que nous, c'est-à-dire complétement à la bourre, finissaient rapidement de terminer leur petit déjeuner. Je jetai un rapide coup d'œil à la table des professeurs. Elle était presque vide. La majorité du corps enseignant était probablement déjà parti préparer les cours de la matinée. Ne restait que Flitwick, dont je ne distinguais que le haut du crane dépassant fièrement du haut de la table surélevée et notre bien aimé directeur, le professeur Dumbledore, qui portait aujourd'hui une robe jaune canari parsemée d'éléphants bleus nuit barrissant la trompe dressé vers le ciel.
Complétement fêlé le pauvre … Ça doit être l'âge, ou peut-être qu'il a été bercé trop près du mur, qui sait ?
- Emma ! s'exclama Catherine, d'une voix plaintive.
Euh … Pourquoi tout le monde me regarde ?
- Zut, j'ai pensé tout haut ?
- Je vous remercie de votre préoccupation, mademoiselle Stanne, me lança le directeur d'une voix amusée. J'ai eu en effet ouï-dire de quelques négligences de ma chère mère dans ma tendre enfance si cela peut vous rassurer.
Ah … Bah non ce n'est pas trop rassurant, t'es un peu sensé nous protéger de la plus grosse menace que le monde sorcier ait jamais connu, et je suis ravie d'apprendre que nous avons mis notre sort entre les mains d'un dingue fini …
Cette fois, mes pensées n'avaient pas quitté mon esprit, j'en étais certaine. Néanmoins l'expression de mon visage devait être suffisamment évocatrice car Dumbledore laissa échapper un léger rire tandis que Catherine mimait l'action de taper son front contre le bois de la table.
- Mais comment j'ai choisi mes potes moi ? se plaignit-elle, d'un air tragique.
- Je sais pas. Toi aussi t'es felée … conclus-je en saisissant un second muffin.
- Gurmf le gobelin, suivi de ses troupes, déclencha alors la 154ème révolution gobeline de l'Histoire, qui tout comme les précédentes, échoua, cette fois parce que les rivalités entre les clans locaux furent la cause de distorsions dans les rangs, handicapant Gurmf au moment ou …
Le cours d'Histoire de la magie que nous partagions avec les Poufsouffle ce Vendredi matin s'inscrivait dans la monotonie habituelle de la semaine. Les mêmes personnes, les mêmes places, les mêmes activités. Au premier rang, assise droite sur sa chaise, Lily Evans faisait partie des rares personnes attentive au monologue soporifique du professeur Binns. A sa droite, sa meilleure amie, Mary Moon, dormait à poings fermés, la joue sur son manuel. Un peu plus loin, au centre droit, un groupe masculin de Poufsouffles avaient organisé un poker endiablé et de nombreuses exclamations plus ou moins discrètes de joie ou de colère se faisaient entendre en provenance de ce côté. Vers le fond de la classe, enfin, se trouvaient les Maraudeurs et leur basse-cour. Les Maraudeurs étaient un groupe de 4 garçons réputés pour leur tendance à accumuler des retenues et des conquêtes, et à jouer des tours, principalement aux Serpentards. James Potter, capitaine de l'équipe de Quidditch et préfet en chef (pour des raisons obscures que je n'ai jamais comprises) était celui que l'on pouvait le plus associer au rôle de leader. Fou amoureux de Lily depuis sa troisième année, le jeune homme était actuellement en train de contempler le dos de sa bien-aimée, un air béat sur le visage. A sa gauche, son inséparable meilleur ami, Sirius Black, particulièrement connu pour son attitude Don Juan et sa divergence d'opinion concernant les principes extrémistes « Sang pur » de sa famille, avait fait basculé sa chaise contre le mur, et les pieds sur la tables, jouait avec une balle rebondissante, portrait vivant de l'attitude « je m'en foutiste » qui semblait si bien charmer ses prétendantes. Un peu plus loin, Remus Lupin tentait tant bien que mal d'expliquer un aspect du cours au dernier de la bande, Peter Pettigrow, qui observait son ami avec un regard confus. Si la personnalité des trois autres était un modèle de transparence même, Remus Lupin demeurait un mystère. Studieux, intelligent et foncièrement gentil, il évitait néanmoins visiblement de se lier avec qui que ce soit en dehors des Maraudeurs, et dressait constamment une barrière avec les autres derrière son attitude serviable. Pour avoir discuté avec lui à de nombreuses reprises je le savais réservé et fuyant dès qu'il s'agissait d'un sujet personnel. Il avait eu quelques petites amies bien sûr, mais s'en séparait rapidement au bout du premier mois généralement, et paradoxalement, aucune ne semblait lui en porter rancune.
En tant que Gryffondors de la même année, Catherine et moi fréquentions régulièrement les Maraudeurs, mais nous avions convenu assez tôt de maintenir une distance de sécurité, au vu des nombreuses histoires mélodramatiques féminines de vengeance et de rivalité qui semblait entourer ce groupe renommé de Poudlard. Néanmoins, cette paix semblait toucher à sa fin. Sirius Black avait visiblement trouvé un certain charme à ma meilleure amie depuis quelques semaines, et cette dernière tentait le plus possible de retarder cette attention qui se tournait inexorablement vers elle, tel un immense projecteur, en faisant celle qui n'avait rien remarqué. A propos …
- Black te mate … lui soufflai-je d'un ton sarcastique.
- Non, non tu dois te gourrer il doit fixer quelqu'un devant moi … supplia presque Catherine.
Je tournai mes yeux vers l'individu en question, évaluai la direction de son regard en dépassant Catherine et tombai sur …
- Ouai t'as raison, il doit fantasmer sur Binns, c'est plus plausible, raillai-je en levant les yeux au ciel. Euh … je rigolais, continuai-je en la voyant aborder un sourire satisfait.
- Ma vie sociale est définitivement foutue ! geignit-elle en enfouissant son visage dans ses paumes
- Mais noooon …
- Tout le monde va me regarder super mal …
- Mais noooon ….
- J'aurai une sale réputation sur le dos …
- Mais noooon …
- Toutes ses groupies vont me massacrer …
- Eh bien …
Catherine releva brusquement la tête.
- Comment ca « eh bien » ?
- Bah sans te mentir, tu vas peut être … euh … devoir éviter ces charmantes demoiselles pendant quelques temps.
Catherine me lança un regard horrifié. Puis, apparemment prise d'un instant de folie, elle fit volte-face, attrapa la première chose qui lui tomba sous la main, à savoir ma trousse, et ignorant mon cri de protestation, la lança sur Black en disant :
- Arrête ça, merde !
J'explosai de rire. L'expression de Black etait magique et une de mes réserves d'encre avait dû exploser dans la pochette car il avait le visage maculé de la substance bleue. Son meilleur ami s'était arraché à la contemplation de l'objet de ses pensées et nous observait, estomaqué. Lupin ricanait discrètement. J'avais l'impression qu'il avait tout entendu. Puis je tombai sur la mine psychopathe des filles qui les entouraient et mon rire s'étrangla dans ma gorge.
- Oops, lâcha Catherine, revenu de sa crise colère.
La situation s'avérait critique.
- « Une famille de moldue, habitant le nord du quartier de Greenwich, a été retrouvée morte dans la nuit du 16 au 17 octobre, suite à un appel vers les urgences d'un des voisins, signalant avoir entendu des cris. Le crime est sans aucun doute l'œuvre de sorciers. Le meurtre a été, semble-t-il, exécuté sans raison apparente, et le choix de cette famille apparait comme un complet hasard. Le ministère penche pour l'éventualité d'un tueur en série opérant en solitaire et conseille à la population de Londres de conserver une prudence extrême. Bla bla bla … Si vous voyez quelqu'un agir de manière anormale … bla bla bla … » résumai-je en posant la Gazette à coté de mon verre.
- C'était la famille de Williams, me chuchota Catherine, en pointant du menton une place vide du côté de la table des Serdaigles.
- Une née moldue ?
- De toute évidence.
Je gardai un instant le silence en songeant à ma propre famille et à l'horrible éventualité de la perdre. Une boule se forma au creux de ma gorge, et je secouai la tête, chassant ces pensées insupportables. Je refusais de l'imaginer. Jamais cela ne se produirait.
- Tu crois que c'est vraiment l'œuvre d'un simple fou ? murmurai-je en me penchant vers elle.
Catherine réfléchit un instant, enroulant inconsciemment ses boucles blondes autour de son index.
- Non. Pas dans cette période. Ce serait vraiment trop gros. Je pense juste que les sbires de Tu-Sais-Qui s'amusent et que le ministère cherche à étouffer l'affaire.
- Dans quel but ?
- Eviter un vent de panique. Garder l'illusion que ce sont eux qui mènent la danse. Faire semblant que « tout va bien, vous n'avez rien à craindre, le bien gagne toujours ».
J'hésitais à poser la question qui me brulait les lèvres. Peut-être ne voulais-je pas connaitre son opinion, qui me paraissait toujours si proche de la vérité. Catherine devina mon dilemme.
- Dis toujours.
- Tu crois qu'on va gagner cette guerre ? lâchai-je finalement.
- Qui ça « on » ?
Je tournai vers elle un regard choquée.
- Emma, le monde n'est pas blanc ou noir. Tu as une vision franchement manichéenne, soupira-t-elle.
- Tu veux dire que tu approuves ça ? l'accusai-je en pointant le doigt vers le journal.
- Non, ce n'est pas du tout ce que j'ai dit. Je déteste la violence comme moyen d'imposer ses idées, c'est une arme de faible. Mais regarde autour de toi ! Tu crois que les préjugés ne marchent que d'un seul côté ? A onze ans, onze ans Emma !, tu arrives dans cette école, et ta qualité prédominante est la ruse. Tu es reparti à Serpentard. Tu peux avoir toutes les vertus du monde en plus, être altruiste, gentil, généreux, tu seras toujours classifié comme un Serpentard par les autres maisons. Un « méchant » par excellence. Observe les Maraudeurs, notre grand symbole du « Bien ». En humiliant les Serpentard régulièrement, ils créent les ennemis qu'ils combattront plus tard. Ils poussent les autres vers l'autre bord, là où ils se sentiront tout d'abord plus acceptés, plus aimés même. Et quand ils réaliseront vraiment ce que cela signifie, il sera trop tard pour changer de camp.
- …
- Ferme la bouche.
Obéissant comme un automate, je détournai les yeux et me mis à réfléchir. Je n'avais jamais considéré les choses de ce point de vue. Et si Catherine avait raison ? Si les Serpentard ne devenaient que des serviteurs du mage noir par notre faute ? Je dirigeai mon regard vers la table en question, m'attardant principalement sur les premières années, qui entamaient leur second mois dans l'école. Certains paraissaient tristes, déçus. Etait-ce réellement de notre ressort ? Je passai ensuite aux Maraudeurs qui, à quelques places de nous, riaient entre eux, symbole visible du bonheur quotidien. Curieusement, le contraste entre ces tableaux causa en moi une vague de tristesse. J'étais déçue, comme une enfant à qui l'on vient d'annoncer que le Père Noel n'existait pas. Désireuse de faire disparaitre ce sentiment de mal être je me tournai de nouveau vers ma meilleure amie dont l'expression sérieuse avait laissée place à une profonde colère. Les prunelles emplies d'un feu dangereux, elle fixait néanmoins son interlocutrice sans dire un mot, attendant visiblement que cette dernière ait fini son long monologue.
- … vraiment qu'une sale pimbêche, attaquer Sirius comme ça sans raison. T'as un problème ? Ce doit être génétique ce n'est pas très étonnant.
Autour de nous, les conversations se turent brutalement tandis que je fixais Elizabeth Wallace, estomaquée par son audace. Tout le monde était conscient que tout sujet relatif à la famille de Catherine White se situait à mille lieux derrière la ligne jaune à ne pas franchir. Catherine était une sang pur dont la mère était internée depuis quelques années dans le service psychiatrique de St Mangouste, suite à un sortilège ayant mal tourné, sa fille étant présente au moment du drame. Catherine n'avait jamais voulu raconter les détails de ce qui s'était passé. A personne, même pas moi. Ce sujet demeurait tabou, et je ne m'étais jamais aventuré à l'aborder de ma propre initiative. A chaque fois qu'il était mentionné, c'était parce que Catherine l'avait décidé et Catherine uniquement. Cette dernière bondit sur ses pieds et leva sa baguette :
- Volatilors ! cria-t-elle, les larmes aux yeux, néanmoins d'une voix qui parvint à rester ferme.
Le sortilège heurta Elizabeth qui se transforma instantanément en volatile, piaillant sur le sol de la Grande Salle.
- Mademoiselle White ! s'indigna le professeur McGonagall depuis la table des professeurs.
Indifférente au possible, Catherine saisit son sac et quitta la Grande Salle sans plus de cérémonie. Je me levai à mon tour.
- T'es vraiment qu'une sale conne, crachai-je au poulet, méprisante.
Attrapant à mon tour ma baguette, je murmurai rapidement une succession de sorts, et l'oiseau se vit dépossédé de ses pattes et posé au milieu du plat de cuisses de volaille servi pour le déjeuner, une pomme sur le dos. Une grande partie de la salle se mit à rire.
- Mademoiselle Stanne c'en est assez ! Retenue ! cria notre professeur de métamorphose, outragé.
- Ça valait le coup, de toute façon, répondis-je à voix basse en quittant à mon tour la Grande Salle.
- Cat, ouvre moi, s'il te plait, ne pense pas à ce qu'elle a dit, elle n'y comprend rien à rien cette idiote ! Allez ouvre !
Cela faisait bien 15 minutes que je tambourinais à la porte du dortoir, sans aucun succès. Catherine restait inexorablement silencieuse, et la porte était verrouillée de l'intérieur. Heureusement, Lily et Mary, qui partageaient notre chambre n'avaient visiblement pas eu envie de repasser par la durant l'heure du déjeuner et j'étais la seule à m'escrimer devant le panneau de bois. Un raclement de gorge se fit entendre derrière moi. Je fis volte-face et tombai nez à nez avec Remus Lupin.
- Lupin ? m'exclamai-je avec un ton qui ne laissait aucun doute sur le « qu'est-ce que tu fous la ? » implicite qui suivait.
Il grimaça.
- Je préfère Remus, m'informa-t-il avec un sourire gentil. En fait le professeur McGonagall voulait t'informer que ta retenue aura lieu ce soir à 20h30 dans la salle des potions avec le professeur Orwell.
Super, vraiment. A tous les coups je vais devoir récurer des fonds de chaudron pendant une heure …
- Ok. Acquiesçai-je d'une voix sèche. Autre chose ?
Je n'étais réellement pas d'humeur à la politesse et le merci qui semblait de convenance m'écorchait trop la gorge pour franchir mes lèvres.
- Non pas vraiment, poursuivit-il, sans relever mon impolitesse. Je voulais juste aussi te dire que tu as eu raison pour Wallace. Elle le méritait.
Pardon ? Ou était passé le gentil préfet, serviable et qui ne ferait pas de mal à une mouche ?
Je l'observai descendre les marches, réellement étonnée. Arrêt sur image. Les marches.
- Lupin ? l'appelai-je, n'en revenant pas.
- Oui ? me répondit-il en se retournant.
- T'es dans le dortoir des filles, en désignant les marches du menton, qui ne remplissaient pas du tout leur fonction principale, à savoir se transformer en toboggan lorsqu'un individu du sexe masculin tentait de monter.
Il éclata de rire en comprenant où je voulais en venir.
- Je suis un Maraudeur, avança-t-il, comme si cela valait toute explication.
Je le suivis du regard pendant qu'il quittait la salle commune, réfléchissant au pourquoi du comment justifiant un tel exploit. A ma connaissance, personne n'avait jamais réussi à contourner le sortilège des escaliers, instauré par Rowena Serdaigle elle-même selon la légende. Catherine sortit à ce moment-là de la chambre, visiblement calmée, ce qui stoppa net mes cogitations. Je la pris dans mes bras. Elle me rendit la pareil puis s'écarta.
- Ça va, t'inquiètes, souris-t-elle bravement.
- C'est une idiote.
- Je sais.
- Elle sait même pas de quoi elle parle !
- Je sais.
- Tu vaux 10 fois mieux qu'elle !
- Je sais.
- Super alors ! On va faire un tour dans le parc pour se relaxer ? Il reste 20 min avant le prochain cours.
Les yeux de Catherine brillèrent. Je ne la connaissais que trop bien.
Au cours suivant, qui s'avéra être celui de Défense Contre les Forces du Mal, partagé avec les Serdaigles, Black cessa d'observer Catherine, visiblement gêné de l'épisode du midi. Lupin, pardon Remus, m'adressa un sourire à mon entrée dans la classe, que je ne lui rendis qu'à moitié, suspicieuse de ses motivations, lui qui d'ordinaire évitait tout rapprochement. Je posai mon sac sur une table et Catherine s'assit à ma droite. Le professeur entra peu de temps après.
- Aujourd'hui, au regard des Aspics qui ne tarderont pas à arriver, nous allons effectuer des révisions pratiques des sortilèges appris lors de votre 6ème année. Levez vous !
La classe obéit comme un seul homme. Le professeur Zell repoussa les tables contre le mur d'un coup de baguette et annonça que nous allions commencer par le sort du Patronus. Sifflant doucement en songeant qu'il ne commençait pas par les plus simples, je tirai ma baguette de ma poche et me concentrai sur un souvenir heureux. Les « expecto patronum » résonnèrent en sourdine autour de moi tandis que devant mes paupières fermées défilait le souvenir choisi.
Ma petite sœur de 5 ans saute sur mon lit, surexcitée. C'est le jour de mes 17 ans, j'ai enfin le droit d'utiliser ma magie quand bon me semble.
- Encore la neige ! Fais encore la neige, Emma ! gazouille-t-elle de sa voix adorable.
- D'accord. Tu es prête ? Attention …
Je murmure le sort en agitant ma baguette et des millions de flocons apparaissent dans ma chambre, tombant doucement sur le sol tandis que ma sœur sautille en criant de joie, brandissant ses petites menottes vers le ciel pour les attraper avant qu'ils ne s'écrasent au sol. Elle trébuche soudain et s'effondre dans mes bras vigilants.
- Attention à toi pitchoune, tu vas finir par te faire mal.
- T'es la meilleure sœur, chuchote-t-elle comme un secret.
- Expecto patronum ! prononçai-je a mi-voix.
Un chevreuil argenté jaillit de ma baguette et gambada tout heureux dans la salle, dressant fièrement ses petites cornes vers le plafond. Je souris et portai mon attention sur mes camarades. De nombreux élèves peinaient à faire apparaitre un patronus corporel, se limitant au bouclier temporaire. La panthère de Catherine était assise dignement à côté de sa maitresse qui m'adressa un clin d'œil. Le cerf de James tentait visiblement de faire du charme à la biche de Lily, qui semblait, comme la jeune fille, exaspéré de l'attitude arrogante de l'animal. Le louveteau de Remus jouait avec sa queue tandis que le gros chien de Black regardait sagement son maitre qui s'adressait à lui à voix basse, d'un air conspirateur. Mon chevreuil revint vers moi, et m'observa avec de grands yeux de chat botté, attendant visiblement une caresse.
- T'es aussi la meilleure sœur, murmurai-je au chevreuil, attendrie.
