Chapitre 3 : Prom'nons nous dans les bois
La nuit avait recouvert la forêt de son manteau sombre, donnant à la végétation environnante un aspect sinistre. Le silence profond qui régnait sur ce paysage inquiétant, entrecoupé de temps en tant par des bruits de branches cassées ou des hurlements de loup, participait à l'ambiance glauque de l'endroit. La main crispée sur ma baguette, je maudis mentalement pour la cinquantième fois de suite notre bien aimé professeur de potion et l'ensemble de ses descendants sur soixante générations.
Avec la chance que j'ai, il n'aura même pas d'enfants ce batard …
- On ne panique pas, on ne panique pas, on ne panique pas … murmurai-je comme une prière. Et on cherche cette plante pourrav pour pouvoir se barrer illico presto ensuite.
En effet, en punition de notre précèdent exploit en potion, Orwell nous avait donné une retenue avec Hagrid, le garde-chasse, qui s'était empressé de nous mener dans la Forêt interdite à la recherche d'une plante rarissime au nom incompréhensible, mais qui, d'après notre guide « était le met favori des Scroutts à pétard ».
Ils ne peuvent pas manger de l'herbe, comme tout le monde ?
Quelques mètres plus loin, Catherine, accroupie, scrutait le sol à la lumière de sa baguette, en crachant une litanie de jurons plus originaux les uns que les autres.
Tiens je le connaissais pas celui la … A noter …
Hagrid était parti chercher de son côté, en compagnie de Black et Lupin (en retenue lui aussi sous prétexte qu'étant le partenaire de Black, il aurait pu l'empêcher de faire exploser le chaudron de Rogue s'il l'avait voulu) et nous avait laissé son fidèle chien de garde Crockdur en guise de protection, qui nous avait semé au bout de 5 minutes.
Un craquement se fit entendre un peu plus loin, m'arrachant un sursaut. Je balayai mon entourage du regard. Tout était trop sombre. Je n'y voyais rien. Poussant un grand soupir pour me calmer, je retournai à mes recherches, sans pouvoir me départir de la désagréable sensation de me sentir observée.
- Cat, appelai-je doucement au bout d'un moment.
- QUOI ? cria-t-elle, d'une humeur massacrante.
- T'as pas l'impression qu'on est observé ? chuchotai-je en faisant fi de son état d'âme.
- Tu dois rêver, opposa-t-elle en se relevant. Merde, regarde mon jean, Emma ! Complètement ruiné ! Il m'avait couté une blinde ! Yen a marre des idées pourris du géant !
- En même temps il n'y a que toi pour mettre du Prada quand on part en expédition dans la Forêt interdite …
- Du Pra-quoi ?
- Laisse tomber. T'as trouvé cette plante sinon ? demandai-je pleine d'espoir.
- Non. Je ne suis même pas sure qu'elle existe, sa merveille. Ca fait quoi, 3 heures qu'on cherche ?
- Je n'ai pas de montre.
Silence. Je dirigeai ma baguette vers mes pieds et remarquai qu'un espèce de brouillard semblait ramper lentement sur le sol, tel un immense serpent.
- Je vais t'avouer un truc, repris-je d'une voix un peu moins assurée, je crève de trouille. Je ne sais pas à quoi pensait le Choixpeau en m'envoyant à Gryffondor, mais il ne devait clairement pas être sobre.
- Euh … J'avoue que l'ambiance est assez sympathique, répondit Catherine après qu'un énième hurlement de loup résonna à l'horizon. Mais bon soyons logique, on risque rien. Il y a un minimum de sécurité, le directeur n'accepterait jamais de mettre ses élèves en danger !
Un grognement se fit entendre à quelques mètres de nous.
- Ah ouai ? raillai-je morbidement, en pointant ma baguette vers la source du bruit.
- Si on sort vivante de ce truc, j'assassine le garde-chasse !
Je retins ma respiration, tandis que le feuillage s'agitait devant nous, laissant la place à … un gros chien noir, qui semblait bizarrement mort de rire. Catherine le fixa un bon moment, la bouche ouverte.
- Je rêve ou ce chien se fout de nous ? s'exclama-t-elle, visiblement estomaquée de se faire ridiculiser par un canidé.
- Tu ne rêves pas. Il se fout de nous.
J'attrapai une pomme de pin et lui lançai dessus.
- Allez ouste !
Le chien ne bougea pas d'un poil et nous observa, une lueur agacée dans ses prunelles grises.
- Au fait, Emma …
- Ouep ?
- On fait comment pour rentrer ?
Nous échangeâmes un regard horrifié. Puis d'un même mouvement, nous nous tournâmes vers le chien .
- Petit, petit, petit …
- Bah alors vous étiez ou ? S'étonna Lupin, qui visiblement nous attendait, au moment où nous atteignîmes la sortie de la forêt.
- En train de cueillir des champignons, répliqua Catherine, exaspérée. T'es tout seul à nous attendre ?
- Oui.
- Où est Hagrid ?
- Parti se coucher, répondit-t-il en désignant la cabane du doigt.
Catherine et moi nous regardâmes, désespérées.
- « Il y a un minimum de sécurité » ? citai-je en secouant la tête.
- Okay, j'avoue.
Je me souvins enfin du fait qu'une deuxième personne manquait à l'appel.
- Et Black ? interrogeai-je.
- Euh … aussi parti dormir, informa Lupin en jetant un coup d'œil vers le chien qui nous accompagnait.
- T'en fait pas pour Poulet, il est un peu bizarre mais pas méchant, le rassura Catherine en désignant le canidé du doigt.
- Poulet ? Releva Lupin, apparemment hilare.
- Ouai on l'a rencontré en chemin et on a décidé de le nommer comme ça. Ça lui va bien je trouve, continua ma meilleure amie, visiblement fière d'elle. T'es pas d'accord, Poulet ?
Je jetai un coup d'œil à l'animal. Ce n'était visiblement pas de son avis.
- Bon allez Emma, on va se coucher. Au revoir Poulet ! conclut-elle en m'attrapant par le bras, sans prêter attention aux aboiements énervés du chien.
Lupin se tourna à son tour vers le canidé.
- Au revoir … Poulet, susurra-t-il.
J'ai réellement cru que le chien allait lui sauter dessus.
Le coffre trembla une nouvelle fois. Le professeur Zell nous lança un regard d'avertissement puis, d'un coup de baguette, déverrouilla la boite. Sirius Black sortit de la caisse, le visage dur, portant la tenue traditionnelle des mangemorts. Il observa son double avec un mépris évident et une sorte d'ironie fataliste : « tu ne peux pas y échapper, voilà ce que tu deviendras » semblaient dire ses yeux. Le véritable Black, quelques pas devant moi, rougit de colère et crispa la main sur sa baguette.
- Riddikulus ! prononca-t-il d'une voix clair.
CRAC ! Sirius Black se métamorphosa en une scène d'un tout autre ordre. Lily Evans, un peu plus âgée, faisait face à un homme du ministère, qui tenait entre ses mains les restes de la baguette de la jeune fille, en désignant un panneau « Seul les Sang Purs peuvent prétendre au rang de sorcier ». Nous avions perdu la guerre.
- Bande de nazis … murmura un né moldu Serdaigle derrière moi.
- Ridikulus, cria Lily, mettant toute sa hargne dans ce simple mot.
CRAC ! L'Epouvantard devint une pleine lune. Arrêt sur image. Une pleine lune ? Je balayai la classe du regard, à la recherche de l'individu à la plus grande peur si … absurde. Lupin avait blêmi. Mon incompréhension allait croissante. Je jetai un coup d'œil à Black, Pettigrow et Potter qui échangeaient un regard de connivence. Convaincue que quelque chose extrêmement important m'échappait, je reportai mon attention sur Lupin.
- Ridikulus ! dit-il finalement d'une voix qui s'efforçait de rester calme.
CRAC ! Indifférente à L'Epouvantard qui se transformait de nouveau, je cherchai à croiser le regard de Lupin pour y découvrir peut être une quelconque explication. Il releva la tête, se sentant observé, plongea un court instant ses yeux dans les miens, et secoua la tête, gêné, dans un geste qui signifiait clairement : « Ne tente pas de comprendre ».
Bah ca … Ça se voit que tu me connais très mal mon cher …
Je reportai mon attention sur la créature et me figeai. Un nœud serra douloureusement ma gorge. Une jeune fille de 5 ans bien connue m'observait, couverte de sang. Derrière elle, finissait de se consumer les derniers reste de ma maison. La marque des ténèbres luisait dans le ciel.
- Alice … chuchotai-je à ma petite sœur.
Ses yeux brillaient de larmes. Un éclat déçu habitait ses prunelles. « Pourquoi tu n'étais pas là ? » signifiait son regard. « C'est de ta faute ! ».
- Non je … Ridikulus ! dis-je d'une voix défaillante.
CRAC ! L'Epouvantard s'intéressa à quelqu'un d'autre, pendant que je respirais profondément, tentant de refouler les larmes qui menaçaient de déborder. Catherine caressa mon épaule doucement et je lui adressai un sourire d'excuse. Un murmure parcourut soudain la classe, et je reportai mon attention sur la scène. A terre, criant de réalisme, gisait le cadavre de Lily. Si la véritable Lily n'était pas juste à côté de moi, j'aurai douté de la véracité de la scène.
Mais Lily est déjà passée ! Qui …
La réponse me sembla soudain évidente et je me tournai vers James, que tout le monde fixait les yeux écarquillés. Imperturbable, celui-ci prit une grande inspiration et prononça le sort.
- Quoi ? demanda-t-il, agressif à la classe qui l'observait toujours.
Tout le monde détourna les yeux. Lily était rouge tomate et ne savait visiblement pas comment réagir, perturbée aussi par le fait d'avoir vu son propre cadavre gisant au sol. James ne lui adressa pas un seul regard. Tout en me promettant de repenser à tout ça un peu plus tard, je me tournai de nouveau vers l'Epouvantard. Les peurs des autres élèves furent sans grande surprise. Du classique. Araignées, serpents, symboles de mort plus ou moins variés. Néanmoins, la créature finit par se tourner vers Catherine.
Merde ! pensai-je une fraction de seconde avant que l'Epouvantard ne se transforme.
La salle fut plongée dans le noir complet. Catherine hurla.
