Hey ! Comme vous l'avez peut être remarqué je publie demi chapitre par demi chapitre, avec une moyenne d'environ un chapitre par jour depuis que j'ai commencé cette histoire. Malheureusement, les cours reprennent donc je vais sans aucun doute ralentir la cadence ... :( Je vais quand même essayer de publier environ un chapitre par semaine ! Voili voilou, c'était à titre d'info :) Bonne lecture !
Chapitre 5 : Altercations sportives
- Stupéfix !
- Protego ! réagis-je instantanément en courant vers l'armure la plus proche derrière laquelle je m'abritai.
- Stanne. Me salua un sixième année Poufsouffle, ayant apparemment lui aussi compris la merveilleuse protection qu'offrait la majestueuse sculpture de fer.
- McBell, répondis-je tout aussi solennellement. Tout baigne ?
- Super !
Le couloir du 5ème étage de l'aile ouest du château était devenu un champ de bataille. Personne ne savait réellement comment cela avait commencé. Certains avançaient qu'une dispute avait éclaté entre les Maraudeurs et quelques Serpentards, d'autres prétendaient qu'un Serdaigle avait voulu venger Williams en s'attaquant à quelques serpents … Quoiqu'il en soit, le résultat était là : l'intégralité des 7 ème années Gryffondors et Serpentards, et quelques Serdaigles et Poufsouffle se battaient avec acharnement depuis 8 bonnes minutes, détruisant petit à petit l'intégralité du mobilier du couloir.
Mais que foutent les profs ? Pensai-je en jetant un prudent coup d'œil derrière mon armure.
Potter, n'ayant visiblement pas été informé que le rôle de préfet en chef était entre autres celui de mettre un terme aux conflits, se battait rageusement contre Rosier, Nott et Black junior Black senior à ses côtés. Un peu plus loin, Lily, qui avait d'abord voulu éviter de rentrer dans la bagarre, s'acharnait maintenant sur Malefoy, depuis que ce dernier l'avait traité de « Sang de Bourbe toute bonne à se trainer aux pieds de ses supérieurs » (les Sangs purs). Pendant ce temps, Lestrange mâle s'obstinait à mitrailler mon armure, tentant de la faire basculer sur moi, tandis que sa sœur, Lestrange femelle, s'était engagée dans un féroce combat avec Catherine. Autour de nous, les restes des protagonistes n'étaient pas en reste, jetant des sorts de plus en plus violents les uns sur les autres.
- Sors de ta cachette, Stanne ! Depuis quand les Gryffondors refusent le combat ? ricana Lestrange.
Ben voyons … Facile à dire quand papa-maman t'enseignent la magie noire depuis que t'as appris à parler !
Un sort plus violent que les autres heurta le bras de l'armure, qui se détacha pour tomber avec un bruit sourd à quelques centimètres de mes pieds.
Bon bah, quand faut y aller, faut y aller …
- Impedimenta ! lançai-je en quittant brusquement le couvert de l'armure.
Lestrange évita mon attaque en effectuant un pas sur le côté.
- Bloclang ! répliqua-t-il aussitôt. Confringo !
- Protego !
Mon bouclier arrêta facilement le premier sort mais je ne me rendis compte que trop tard que le second ne me visait pas. L'armure derrière moi explosa et un des débris heurta violemment mon bras, déchirant le tissu et entaillant ma peau.
Aïeuuuuuh !
- Expulso ! m'exclamai-je, folle de rage.
Lestrange fit un vol plané de 5 mètres et heurta violemment le mur d'en face. J'en profitai pour courir me réfugier derrière une autre sculpture afin d'examiner ma blessure. Je saignais mais pas de manière démesurée. Sortant un mouchoir de ma poche, je me fis un bandage de fortune.
- Hey ! me salua soudain Catherine qui s'accroupit à côté de moi, tandis qu'un sort heurta le marbre à l'endroit où s'était trouvé sa tête une fraction de seconde plus tôt.
- Hey !
- Chouette bagarre hein ? se réjouit-elle, enthousiaste. Ça va ? T'es blessée ?
- Ce n'est rien, la rassurai-je rapidement.
- Salut les filles ! s'incrusta Black, tout joyeux en lançant un Stupéfix vers Rosier. Dis-moi, White (il attrapa ma nuque et me tira en arrière tandis qu'un rayon rouge s'écrasait sur la sculpture) …
Wow, je ne l'avais pas vu venir celui-là …
Je lui adressai un signe de tête en guise de remerciement et renvoyait un maléfice de Folloreille dans la direction de Lestrange femelle, à l'origine du sort qui avait failli me toucher.
- … ça te dirait qu'on aille prendre un verre un jour ou l'autre ?
Un ricanement franchit la barrière de mes lèvres tandis que Catherine s'étouffait à côté de moi. Je lui tapai ironiquement le dos.
- Sérieux, Black, tu trouves vraiment que c'est le moment idéal pour ce genre de question ? s'indigna-t-elle.
- Bah franchement … (Il déploya un charme du bouclier autour de Potter qui se faisait attaquer dans le dos) Maintenant ou après, la question reste la même …
- C'est vous qui avez causé cette bagarre ? interrogeai-je, décidant de donner un moment de répit à Catherine.
- Si je te dis oui tu vas me donner une retenue ? railla Black, une lueur de moquerie dans ses prunelles.
- Je n'ai pas l'autorité pour ça, crétin, lui rappelai-je en lançant un sort vers Malfoy qui commençait à prendre l'avantage sur Lily.
- Quoiqu'il en soit t'as pas répondu à ma question, rappela Black en se tournant de nouveau vers Catherine qui jetait des coups d'œil affolés autour d'elle, appelant silencieusement à l'aide.
- Euh … dit-elle ne sachant visiblement que répondre.
- MAIS QU'EST-CE QUE C'EST QUE CE BORDEL ? hurla McGonagall, qui venait d'arriver.
Bah c'est pas trop tôt !
- … COMPLETEMENT IRRESPONSABLE, VOUS ETES LA HONTE DE CETTE MAISON !
- « Irresponsable », 14. « Honte », 9, me chuchota discrètement Catherine.
- J'ai compté 15 pour « Irresponsable », protestai-je sur le même ton.
- Bah tu sais pas compter.
- … ET ARRETEZ DE RICANER MR BLACK OU JE VOUS METS EN RETENUE TOUS LES SOIRS JUSQU'A LA FIN DE L'ANNEE !
Le dénommé se recomposa instantanément une mine sérieuse, même si ses lèvres crispées traduisaient ses efforts pour s'empêcher de sourire. Depuis maintenant bien vingt bonnes minutes, notre directrice de maison, le professeur McGonagall hurlait sur l'intégralité des septièmes années Gryffondors alignés devant elle. Après le mémorable carnage du matin dans le couloir du cinquième étage de l'aile ouest, la totalité des participants avaient été convoqués chez leur directeur de maison respectif, pour un sermon en bonne et due forme. Néanmoins, il m'était d'avis que nous étions les seuls à réellement subir cette réprimande, car les Serdaigles avaient eu l'intelligence de s'éclipser discrètement juste avant l'arrivée de McGonagall (comment ils étaient parvenus à prévoir le moment exact, cela restait un mystère), le directeur de maison des Poufsouffles était le professeur Binns, qui, en considérant l'expression de son visage à sa venue sur la scène de la bataille, semblait s'en moquer comme de l'an 40, et le professeur Orwell était très probablement en train de déplorer le fait que ses très chers élèves n'aient pas expédié plus d'entre nous à l'infirmerie.
- … ET VOUS MR POTTER, VOUS ETES PREFET EN CHEF, ENFIN, IL NE VOUS EST PAS VENU A L'IDEE DE STOPPER CES GAMINERIES ….
Je jetai un coup d'œil au concerné. Un grand air coupable sur le visage, qui ne lui allait pas du tout, Potter avait baissé la tête, optant pour l'attitude honteuse. Personne ne s'y laissa prendre et Black explosa de rire à nouveau, étouffant tant bien que mal son hilarité en plaquant son poing sur sa bouche. Lily lui fit les gros yeux et Pettigrow éternua un peu trop fort, tentant d'englober le son des éclats de rire de son ami dans sa toux factice.
- BLACK, DEHOOOOOOOORS !
Black sortit du bureau du professeur de métamorphose, plié en deux. Je vérifiai discrètement ma montre. Il avait réussi à se faire virer en exactement 22 minutes et 40 secondes. Cela donnait environ 2 minutes de plus que la prédiction de Catherine, et 6 minutes de moins que la mienne.
Mais ce n'est pas possible j'ai la poisse !
- Tu me dois deux Gallions, murmura Catherine, une touche de sadisme dans sa voix.
- La ferme.
- … IRRESPONSABLES CRETINS, UN NIVEAU DE MATURITE DEPLORABLE …
- Maintenant 15, releva ma meilleure amie. Tu vois, ce n'est pas si compliqué !
Je poussai un énorme soupir.
- Lui parti, j'ai retrouvé le calme. J'étais épuisé et je me suis jeté sur ma couchette. Je crois que j'ai dormi parce que je me suis réveillé avec des étoiles sur le visage. Des bruits de campagne montaient jusqu'à moi. Des odeurs de nuit, de terre et de sel rafraîchissaient mes tempes.
Allongée sur le ventre dans l'herbe verte illuminée par les derniers rayons de soleil de l'après-midi, les joues rougies par le froid, je lisais à voix haute la fin de L'Etranger, une habitude que j'avais prise depuis que l'on m'avait appris qu'un des grands auteurs classiques, dont je ne me souviens plus du nom, prononçait ses phrases à voix haute avant de les coucher sur papier, pour vérifier si elles sonnaient bien. Au début, cela avait été un caprice d'enfant, je voulais faire comme si, copier ces grands écrivains décédés dont les livres, situés tout en haut de la bibliothèque familiale, hors de ma portée, me fascinaient justement parce qu'ils m'étaient inaccessibles. Puis cela avait finalement cessé d'être une volonté d'imitation, pour tout simplement devenir une habitude agréable que je suivais lorsque j'étais toute seule. Le son de ma propre voix, neutre, dénuée d'intonation, me détendait.
- La merveilleuse paix de cet été endormi entrait en moi comme une marée. A ce moment, et à la limite de la nuit, des sirènes ont hurlé.
- Elles annonçaient des départs pour un monde qui maintenant m'était à jamais indifférent.
Je sursautai et relevai la tête, surprise. Lupin était accroupi devant moi. Je ne l'avais pas entendu arriver.
- Tu connais Camus ? interrogeai-je, surprise.
- Je suis un sang mêlé, répondit-il, amusé par ma surprise. Pourquoi lis-tu à voix haute ?
- Pourquoi pas ?
Un silence s'installa un instant. Lupin s'installa à côté de moi tandis que mon regard se perdait sur le lac qui s'étendait de la ligne d'horizon jusqu'à quelques mètres en dessous de là où nous nous trouvions.
- Vous cachez quelque chose, prononçai-je soudain, incapable de me retenir.
Je sentis Lupin se tendre à côté de moi puis se détendre en prenant une grande inspiration.
Il va nier …
- Oui, répondit-il enfin.
Surprise, je me tournai brusquement la tête vers lui, et me retrouvai à une vingtaine de centimètres de son visage. Je rougis, n'ayant pas remarqué qu'il était si proche.
- Pourquoi me réponds-tu sincèrement ? m'étonnai-je à voix haute.
Il sourit.
- Tu préfères que je te mente ? questionna-t-il d'une voix douce.
- Non, bien sûr que non, mais ça aurait été la solution de facilité …
- Peut-être que je n'aime pas la facilité, soupira-t-il en s'allongeant sur le dos.
J'eus l'impression qu'il y avait un sous-entendu dans cette phrase qu'il m'était impossible de saisir. Nous restâmes silencieux un petit moment.
- Tu vas me dire ce que c'est ?
- Non, désolée, s'excusa-t-il dans un souffle.
- Il ne me reste plus qu'à deviner alors.
- Je préfère que tu n'essayes pas, m'informa-t-il en se raidissant de nouveau.
- Tu ne me penses pas capable de trouver ?
- C'est exactement le contraire. C'est pour ça que ça m'arrangerais que tu ne cherches pas.
- Pourquoi ? Tu ne me fais pas confiance ? interrogeai-je, bizarrement triste.
Il remarqua surement la déception dans ma voix, car un joli sourire vint de nouveau s'accrocher sur ses lèvres. Mes yeux se fixèrent inconsciemment sur ces dernières.
- A quoi penses-tu ? s'enquit-il, joyeux.
La ? Franchement ? Vaut mieux pas que tu saches ….
- Tu n'as pas répondu à ma question, éludai-je.
- Je te fais confiance, répondit-il après un instant de réflexion.
- Alors quoi ? répliquai-je en fermant les yeux et en me retournant à mon tour sur le dos.
Il y eut de nouveau un temps de silence. Je le sentis bouger à côté de moi. Son souffle caressa ma joue. Je me raidis. Je devinais sa proximité, percevais son corps quelques centimètres au-dessus du mien.
- Alors laisse tomber. S'il te plait, supplia-t-il à mon oreille.
J'ouvris les yeux quelques secondes plus tard. Il était parti.
