Hey ! Tout d'abord, de nouveau un grand merci pour tous ceux qui laissent des reviews c'est super gentil ! Ensuite pour ceux qui n'auraient pas remarqué (on sait jamais), j'ai publié la deuxième moitié du chapitre précédent la semaine dernière, et ça serait dommage si vous commenciez ce chapitre sans avoir fini celui d'avant !
Si vous êtes parvenus jusque là, j'espère que c'est parce que l'histoire vous plait (oui je sais le contraire serait assez peu logique, mais bon on sait jamais ;) ) N'hésitez pas à me faire part de vos attentes ou de vos critiques, bonnes ou mauvaises ! Juste une petite information pour ceux qui suivent cette histoire : je suis désolée mais après ce chapitre je ne pourrai malheureusement plus publier pendant 3 semaines, études obligent :( J'espère que ce chapitre vous plaira ! Bonne lecture !
Chapitre 8 : Résoudre le puzzle
Je suis immobile au milieu d'une forêt. Il fait nuit, la pleine lune illumine le ciel, éclairant par quelques rayons blanchâtres mes environs. Je distingue quelques lumières au loin vers ma droite, preuve que je ne suis pas loin de la lisière. Je tente de bouger mais mes pieds refusent d'obéir, collés au sol. L'atmosphère est oppressante, le cadre inquiétant. La panique commence lentement à m'envahir.
- Il y a quelqu'un ?! je hurle.
Seul le silence me répond. J'essaye une nouvelle fois de libérer mes jambes, sans succès. Des rires d'enfant se font soudain entendre à ma droite. Un jeune garçon, 5 ans tout au plus, débouche derrière moi et me dépasse en riant, poursuivant un chat qu'il parvient à rattraper quelques mètres devant moi.
- Je t'ai eu, je t'ai eu ! se réjouit-il en caressant la fourrure de l'animal.
Il ne se tourne vers moi, mais son regard me survole et se fixe sur un point un peu plus éloigné. Il ne me voit pas. Les premiers instants de surprise passés, je scrute son visage, tentant de reconnaitre ces traits qui me semblent si familiers. Je connais ce garçon, j'en suis presque certaine.
- Allez on rentre, reprend-t-il de sa voix adorable, un air sérieux sur sa petite frimousse.
Il s'apprête à partir et moi, vainement, à tenter de le retenir, quand le chat qu'il tient dans les bras hérisse soudain le poil et se met à feuler, puis à se débattre entre les bras de l'enfant.
- Qu'est-ce qu'il y a Citrouille ? s'étonne ce dernier, luttant pour retenir l'animal.
Quelqu'un m'avait un jour dit que l'instinct des animaux était beaucoup plus élevé que le nôtre. Ils sentent le danger bien avant qu'il n'arrive. Un mauvais pressentiment s'introduit dans mon esprit. Mon entourage m'apparait dès lors beaucoup plus dangereux, beaucoup plus menaçant. La peur m'envahit lentement.
- Vas-t-en ! je crie au garçon, oubliant un instant qu'il ne pouvait pas m'entendre.
L'enfant a apparemment lui aussi saisi la menace car une expression inquiète se peint sur son visage, tandis qu'il balaye les environs du regard, serrant le chat contre son cœur.
- Je ne suis pas peureux, s'encourage-t-il lui-même d'une voix incertaine, il n'y a rien.
Un hurlement de loup résonne soudain non loin de nous, suivi par un grondement bestial, cruel. Nous nous tournons en même temps vers la source du bruit. Le garçon est tétanisé. Les yeux écarquillés, il jette des coups d'œil rapides et affolés du côté de la lisière, mais ne semble pas parvenir à sortir de sa paralysie. Les branches s'agitent non loin de nous. Un nouveau grognement animal se fait entendre et un énorme loup sort des buissons, les babines retroussées dans une attitude menaçante, les yeux dorés emplis d'une joie perverse trop peu animale, presque humaine. Son regard se fixe sur le petit enfant à mes côtés et il dévoile un peu plus ses canines acérées. Il n'attaque pourtant pas tout de suite. Des larmes roulent silencieusement sur les joues du gamin qui n'a pas bougé, abandonnant même jusqu'à l'idée de s'enfuir. Il sait peut être que cela est inutile. Le loup se met à décrire des cercles autour de lui, se réjouissant visiblement de sa peur dans un sadisme inhabituel pour son espèce. Tandis que la lueur meurtrière de ses yeux s'accentue, le déclic se fait dans mon esprit.
- Loup garou …. Je murmure, terrifiée.
Je me débats furieusement contre les liens qui me retiennent au sol. Un regain de courage m'enflamme. Je sais d'instinct que je ne peux pas empêcher ce qui va suivre, mais je m'acharne quand même, luttant comme une folle contre ma paralysie. Je veux protéger cet enfant.
- Laisse le tranquille ! je hurle vainement au loup. Laisse-le !
Cela ne sert à rien. Aucun des deux ne m'entend. Spectatrice impuissante, je suis réduite à observer passivement la suite des évènements. Refusant néanmoins d'abandonner, je continue à m'agiter inutilement tandis que les cercles de l'animal se resserrent autour du garçon, représentation métaphorique et franchement ironique d'un destin que je ne pourrai modifier. Alors que le loup s'arrête à quelques mètres de l'enfant et se prépare à bondir, le gamin se tourne soudain vers moi et plantant son regard dans le mien, prononce d'une voix beaucoup plus mature, adulte :
- Ne me juge pas.
Le loup se jette alors sur lui.
- Noooooooon !
- Emma ! Emma ! Réveille-toi !
J'ouvris brusquement les yeux. Catherine, Lily et Mary étaient penchées au-dessus de moi, visiblement inquiètes. Catherine posa une main sur mon front.
- Que … Qu'est-ce qu'il s'est passé ? interrogeai-je, l'esprit encore embrumé.
- Tu as fait un cauchemar, répondit Mary d'une voix douce.
- Tu criais dans ton sommeil, enchaina Lily, préoccupée.
- Ton front est brulant, tu devrais aller à l'infirmerie, finit Catherine sur un ton qui ne laissait place à aucune contradiction.
- Non, ne vous inquiétez pas, ça va passer, les rassurai-je automatiquement.
Mon rêve était encore présent dans mon esprit, avec une incroyable clarté. L'enfant, le loup garou, je me souvenais de tout, dans les moindres détails.
- Tu es sure ? demanda Catherine, désapprobatrice.
- Ouep ! Il est quelle heure ?
- 7h30 du matin. Tu as encore beaucoup de temps pour te préparer avant le début des cours, t'inquiètes.
- Ça m'a jamais inquiété, souris-je tandis que Catherine et Lily levaient les yeux au ciel. Je vais prendre une douche !
- Ok, bah cette fois met un peu moins de 3 heures et dem… me lança ma meilleure amie tandis que je lui claquais la porte de la salle de bain au nez.
L'eau brulante sur mon corps me fit du bien. Rejetant mon visage en arrière je posai l'arrière de mon crane sur le mur de la douche et me massai les tempes, tentant de dissiper l'affreux mal de tête qui assaillait mon cerveau. Je n'avais pas fait de cauchemar depuis au moins deux ans et demi et la sensation ne m'avait absolument pas manqué, c'était le moins que l'on puisse dire. Poussant un gros soupir, je passai une main dans mes cheveux mouillés et attrapai une serviette que j'enroulai autour de ma taille et me plantai devant le miroir. D'immenses cernes s'étalaient sous mes yeux marrons et j'avais du taper ma tête contre le sommier du lit pendant que je dormais car un bleu discret colorait le dessous de ma tempe gauche.
- T'as vraiment une tête de zombie, ricana Catherine seule dans la chambre lorsque je sortis de la salle de bain.
- Cimer la compassion, grommelai-je en fouillant mon armoire à la recherche d'une des chemises acceptées par l'uniforme. Ou sont les deux autres ?
- Parties petit déjeuner. C'était quoi ton rêve ? interrogea-t-elle, une mine plus sérieuse sur le visage.
- Pourquoi tu veux savoir ?
Elle haussa les épaules. N'insistant pas, je lui racontai les grandes lignes, sans m'attarder plus que nécessaire sur les détails que je jugeais plus personnels. A la fin de mon récit, elle ne bougea pas, semblant plongée dans une réflexion intense.
- Catherine ? appelai-je, étonnée de son mutisme.
Elle leva l'index, m'intimant le silence. Je me détournai donc de nouveau vers mon armoire, attendant la fin de son raisonnement, et pour cette raison, je ne vis pas la lumière de compréhension qui s'alluma dans les yeux de ma meilleure amie, suivie, quelques secondes plus tard, par une lueur de panique.
- Il ressemblait à quoi le garçon ? m'interrogea-t-elle dans un débit un peu plus rapide que la normale.
- Cheveux châtain clair, taille moyenne pour son âge, yeux verts, répondis-je sans me retourner.
- Et le loup avait les yeux dorés ?
- Ouep, pourquoi ?
Pas de réponse. Surprise, je fis à nouveau demi-tour, et tombai sur l'expression horrifiée de Catherine, qui disparut une fraction de seconde plus tard, pour laisser place à un visage neutre.
- Ça va ? questionnai-je, ayant l'impression d'avoir imaginé son épouvante tellement elle avait été rapide.
- Tranquille, me rassura-t-elle avec un sourire. On descend ?
Le petit déjeuner se déroula dans un presque silence. Catherine semblait perdue dans ses pensées et jetait de fréquents coups d'œil vers la place habituelle des Maraudeurs, vide à cette heure-là et j'étais pour ma part trop fatiguée par ma nuit agitée pour tenter de faire la conversation ou bien m'intriguer de son attitude étrange. Elle me quitta immédiatement à la fin du repas, prétextant devoir parler à Black de leur prochaine sortie au Pré au lard. Tandis qu'elle se dirigeait vers la salle commune des Gryffondors, je partis faire un tour dans le parc, notre premier cours n'ayant lieu que 30 minutes plus tard.
A cette heure de la journée, le paysage du parc de Poudlard était magnifique. Luttant contre mon permanent mal de crane je descendis vers le lac, au bord duquel je m'assis, contemplant le panorama qui s'offrait à moi. Les images de mon cauchemar s'accrochaient à mon esprit. Le désagréable sentiment que je manquais quelque chose persistait, comme si tout cela avait un caractère extrêmement important que je n'arrivais pas à saisir.
Ce n'était qu'un cauchemar, m'agaçai-je mentalement en secouant la tête.
Je n'avais pas les idées claires. Mon cerveau me paraissait embrumé, paralysé par la fatigue et par cet espèce de marteau qui tapait l'intérieur de mon crane. Je me massai les tempes en gémissant légèrement.
Ne me juge pas.
Cette phrase tournait dans ma tête, presque dénuée de sens maintenant. Ne restait que l'intonation, le ténor de la voix, et le regard qui l'accompagnait, dur, résigné, avec une pointe de supplication à peine perceptible. Je ne comprenais pas, ne parvenais même pas à la lier à son contexte. Pourquoi aurais-je jugé un enfant innocent pour un évènement traumatisant qu'il aurait vécu et auquel il n'aurait probablement pas survécu ? Toute cette histoire me paraissait absurde, incompréhensible. Je faisais peu de cauchemars, et lorsque j'en faisais, il n'arrivait que très rarement qu'il me reste comme souvenir autre chose que la pénible impression du réveil.
Ce n'est qu'un rêve, lâche l'affaire, m'insurgeai-je, irritée contre moi-même.
Je jetai un coup d'œil à ma montre. Il me restait 10 minutes avant le cours de Métamorphose et je n'avais pas mes affaires avec moi. Pestant contre mon manque de timing, je me relevai brusquement et me dirigeai d'un pas rapide vers les portes du château. Devant, le soleil finissait finalement par pointer le bout de son nez, m'éblouissant.
Ne me juge pas.
Le souffle court, je finis de monter la pente qui reliait le château au lac. L'herbe imbibée de la rosée du matin trempait mes chaussures, la brise légère jouait avec mes cheveux, les faisant virevolter librement autour de mon visage. Le mal de tête avait presque disparu maintenant. Je me sentais bien, apaisée par la douce atmosphère de la nature qui m'entourait.
Ne me juge pas.
Les portes du château se dressèrent devant moi et je les franchis en deux trois enjambées rapides. J'aperçus soudain Catherine, suivie de Black, qui descendait à toute vitesse le grand escalier un peu plus loin à droite, une expression préoccupée sur le visage.
- Emma ! appela-t-elle dès qu'elle m'aperçut.
- Hey Emma, salua joyeusement une voix masculine à ma droite, en même temps.
Les traits de Catherine devinrent paniqués, tandis que je me tournais vers Lupin.
- Salut Lu… Remus ! répondis-je, un sourire sur le visage, en croisant son regard doré.
Mon sourire se figea. Des yeux dorés. Un flot de souvenir submergea mon cerveau.
Et le loup avait les yeux dorés ?
L'épouvantard devint pleine lune.
Vous cachez quelque chose.
On est le 22 octobre. Et alors ? Et alors c'est la pleine lune.
Représentation métaphorique et franchement ironique d'un destin que je ne pourrai modifier.
Il ressemblait à quoi le garçon ?
Laisse le tranquille ! Laisse-le !
Ne me juge pas.
Toutes les pièces du puzzle s'assemblèrent les unes après les autres, pour ne plus former que deux mots, tout simples, évidents maintenant.
Loup garou …
- Oh putain.
En réponse à une demande que l'on m'a faite, je tiens à préciser que dans le rêve d'Emma, Remus est bien le garçon et non pas le loup :) Le loup est Greyback, le fou complétement sadique ! Voili voilou !
