Bonjour à tous et à toutes pour ce troisième chapitre qui sera sous le point de vue de Jacob. Merci à mes reviewer sans qui je ne posterai pas la suite aussi vite. Merci à
Djianara; "Oui, ce sont bien leurs pensées qu'elle entend"
Noleme; " Les voix entendues sont bien celles des loups, l'imprégnation... Bien on verra dans la suite, je ne veux pas tout gacher. Et pareil pour Alisha, son identité sera révélée dans les chapitres suivants"
Coline B. " Merci d'avoir insisté sur le fait que tu voulais vite vite la suite, ça m'a aidé à avancer. Et merci de ton avis sur les points de vue."
Merci encore, j'espère vous retrouver pour le quatrième chapitre. Enjoy!
J'ai dormi chez Sam et Emily, cette nuit, faute de ne pas avoir pu rentrer chez moi. En effet, mon père a trouvé hilarant de fermer portes et fenêtres à double tour. Moi, ça ne me fait pas vraiment marrer. D'ailleurs, je ne pense pas que nous partageons le même humour. Enfin, il a dû oublier que c'est moi qui m'occupe de l'entretien de son fauteuil... Billy n'est plus le même depuis... Qu'ils sont partis. Je pointe mon nez dans la cuisine, alléché par les effluves d'une brioche chaude qui n'attendait que moi pour la dévorer. Les Uley sont tout de même chics de m'avoir laissé dormir chez eux, et de se lever de bonne heure pour moi, où alors est-ce là leur habitude, je n'en sais rien. Je nomme déjà Emily comme une Uley, même s'ils attendent la belle saison pour se marier. De toute façon mon estomac a pris le contrôle de mon cerveau et ne veut rien savoir sur mes réflexions personnelles, tant qu'il n'aura pas mangé de tout son content.
Je m'asseyais en face de Sam qui buvait à lentes gorgées un café que je présume brûlant. Ces derniers temps, il se laisse pousser une barbe de trois jours qui – je l'avoue à regret – lui va plutôt bien. Emily, toujours aussi bonne cuisinière, plaça devant moi la brioche tant attendue, en me signalant qu'il y en avait d'autres dans le four. L'image envoyée par l'émetteur cette nuit ne m'a pas coupé l'appétit, même si elle m'a tout de même chamboulée. De plus, le fait qu'elle, - ou il- ait pu communiquer avec nous relevait de l'étrangeté. La voix était neutre, bouleversante, déchirante, et presque aussi puissante que l'Alpha. Nous avons même dû obéir à ses ordres, tant nous étions en sa possession. Ce qui me fait penser que c'est une femme, c'est que jamais un homme ne serait troublé par ces rêves. Nous ne partageons pas la douleur d'un homme, mais d'une femme.
-Toi aussi, Jake, cette histoire te laisse perplexe? Me demanda Sam en ouvrant son journal
-Rien ne tourne rond, en ce moment. Admis avec un ton de regret dans la voix.
-Ah, et que se passe t'il d'autre? A moins que tu ne m'en ai parlé avant.
-Je crois m'être imprégné.
-C'est une bonne chose. Intervint la fiancée
-Sauf qu'elle n'a rien ressenti.
-Rien? Répéta Sam
-Rien.
-Regarde de plus près sa réaction, quant à moi, je vais aller réunir le conseil pour voir s'ils peuvent nous donner des renseignements complémentaires sur ces deux affaires.
Aussi, pendant le cours d'économie, je me surpris à reluquer Corah. Une petite tête entourée de cheveux blonds, une couleur claire et rayonnante. Elle n'était ni belle, ni moche, elle était originale dans son genre. Sa peau, parsemée de tâches de rousseur, était d'un teint diaphane, comme si jamais elle n'a été exposée au soleil. Ses yeux marrons rehaussaient le tout. Quant à son corps, ses vêtements amples m'y refusaient la vue, même si mes mains mourraient d'envie de le toucher. Ses mains à elles, n'étaient pas très féminines; les ongles sont coupés courts, sans doute par mesure d'hygiène et abritent des particules de terre sèche. Sont-elles douces? Je n'en sais rien, mais j'aimerais savoir. Son sac sent le gâteau tout juste sorti du four, et je me demande pourquoi. Je ne sais pas comment, mais elle a senti mon regard planté sur elle, et décida de me rendre la pareil. Ses yeux dansèrent avec les miens, le temps de quelques minutes.
Le peu de temps que cela a duré, ce fut merveilleux. Les nœuds que contenaient mon corps se dénouèrent peu à peu, un par un, pour me laisser aussi mou qu'une guimauve. J'ai oublié tous mes soucis, y compris Bella, et Corah était la seule qui comptait pour moi. Corah, Corah Nello. Gênée, elle détourna son regard pour suivre à nouveau le cours, et ma vie repris son sens normal, comme ranger mes affaires de cours, sous le son de la cloche, dans mon sac.
-Ah, j'oubliais, intervint le professeur. Pour le module 1, vous n'avez pas cours de mécanique. Il semble que les carottes de ce midi n'aient pas plu à l'estomac de votre professeur.
Chouette, j'ai fini les cours une heure plus tôt. Corah, elle, ne semblait pas apprécier, au contraire. Elle jurait pendant qu'elle luttait avec la fermeture de son sac, sans savoir que Tyler plantait des punaises dans la manche droite de sa veste noire. Il risque d'avoir du souci à se faire, lui plus tard. Nous sortons à pas lents, tandis que Corah pressait le pas pour aller retrouver son vélo.
Les nuages s'amoncèlent dans le ciel de la réserve. La météo nous a annoncé que la fin de semaine ne serait pas folichonne. Tant pis, on fera avec. Je dépasse l'entrée du lycée, ne sachant pas trop quoi faire de cette heure gagnée. Rentrer directement chez moi ne m'intéresse pas trop, mais je passerai volontiers chez les Uley pour avoir des nouvelles. Oui, ce serait cool. Faisons comme ça, alors. Je suis doublé par Corah, son sac accroché au porte bagage par un tendeur, anxieuse et pressée. Je vois aussi Tyler préparer son coup comme si de rien n'était. Il la pousse, elle tombe de côté, se protégeant du sol avec son bras droit, mordant la poussière devant la foule de lycéens ayant eux aussi fini les cours. Un hurlement de douleur, les punaises, la chute. Un hurlement qui me dit vaguement quelque chose. Je sens tous les muscles de mon corps se révolter, trembler. Corah se relève et enfourche de nouveau son vélo. Moi aussi, je dois m'en aller, vite, ou je vais faire un carnage.
Je cours dans la forêt, la rage au cœur, la haine dans l'âme. Le crétin! Il aurait pu la blesser, lui crever un œil.. Mais elle est blessée! J'en suis sûr. Le cottage Emily et San apparaît entre les arbres. De jolies jardinières bien assorties et fleuries sont accrochées à la balustrade qui entoure la terrasse, distillant dans l'air un parfum sucré. Je monte les marches du perron, une à une, appréciant encore et toujours l'odeur sortant de la cuisine. Sam m'entend arriver et ouvre la porte. J'entre en silence, sans un mot à dire, et je me tiens debout dans la cuisine, à attendre ce qu'il peu m'apprendre de nouveau.
-Ça peut prendre du temps Jake, nous faisons des recherches dans toute l'Amérique, et l'Europe, s'il le faut. Nous n'avons rien, pour l'instant.
-Ça nous aide à rien! Tout ça pour rien! Ça n'en vaut vraiment pas la peine!
-Ne te mets pas en colère pour si peu Jake. Ajouta Emily en cherchant les bons mots pour me calmer.
-Tyler vient de blesser Corah, et maintenant il risque de...
-Oh! Corah Nello, c'est elle, ton imprégnée, demanda t'elle, visiblement aux anges.
-Oui, c'est elle, ou pas.
-Ses parents vendent de belles fleurs. Mais Sam a raison, prends patience, elle est bouleversée. D'ailleurs, Denise m'a dit qu'elle devait passer chez toi, pour aider ton vieux père, aujourd'hui, je crois.
Mon cœur s'envole à l'idée de la voir chez moi. Je n'ai même pas cherché à comprendre ce qu'Emily entendait par bouleversée, et je courais déjà vers ma maison. Mon père réquisitionnait parfois de l'aide aux tâches ménagères, mais j'ignorais que c'était Corah qui se chargeait de préparer la cuisine, laver nos vêtements, nettoyer notre maison. L'idée que c'était elle qui lavait mes caleçons et qu'elle ait pu les avoir entre ses mains me fit frissonner. La place de ma mère si longtemps vacante lui a été proposée. Sans le savoir, elle orchestrait depuis un bon moment ma vie. Je mangeais sa nourriture, vivais dans une maison qu'elle nettoyait et portais les vêtements qu'elle lavait. En arrivant aux abords de chez moi, je senti comme une odeur de gâteau sorti du four. Le gâteau de Corah. Je vois son vieux vélo bleu glacier, à la peinture rouillée et écaillée, tenant en équilibre contre un des pans de la maison, et sa silhouette derrière les rideaux de la cuisine. J'entre à pas de loup, et surprend mon père en pleine discussion
- Tu es sûre que tu ne veux pas? Lui demande t'il, sûrement pour la centième fois.
-C'est à y réfléchir. Lui répondit t'elle d'un ton amusé.
Je me racle la gorge, Corah sursaute, lâche l'assiette qu'elle nettoyait, et éclaboussa son pull d'une gerbe d'eau magnifique.
- Ah, tu tombes biens, Jake. Dit mon père. Elle dit qu'elle réfléchit, mais je suis sûre qu'elle va refuser mes avances.
Ah, c'est donc de ça qu'ils parlaient. J'ajoutais:
- Personnellement, avoir un radin en chaise roulante pour mari ne me plairait pas.
- Mais bien sur que j'accepte d'être votre femme! S'élança t'elle en se mettant à genoux devant mon père, ses mains mates dans les siennes. Nous vivrons d'amour et d'eau fraîche!
Et ils partirent tous deux dans un grand fou rire. Appuyé contre le chambranle de la porte, seule une chose importait pour moi; la faon dont cette visage pâle bougeait son bras droit, évitant le produit vaisselle, les gestes brusques et les mains de mon père. Je sentais le sang séchait émaner de sa personne. Et pourtant, elle s'occupait de notre maison comme ci de rien n'était. J'eus enfin une idée pour en savoir plus.
- Dis, Corah, il y a une tâche sur mon rideau, et je voudrais bien la faire partir. Si seulement tu pouvais venir y jeter un coup d'œil.
Comme je vis qu'elle restait devant moi, décontenancée, les bras ballants, je faillis l'entraîner vers ma chambre par le bras droit, mais je me ravisai; je pris celui de gauche. Mon père me regardait comme si j'étais aliéné, -la seule chose que je pouvais bien tenir de lui- mais me laissa faire. Comme Corah, qui savait que je savais. La porte claque derrière nous, et je m'excusai du désordre de l'endroit que je n'avais pas rangé depuis belle lurette. Enivré par la perspective d'être seule dans la même pièce qu'elle, j'osai m'approcher brusquement d'elle pour prendre son visage entre mes mains, pour plonger mon regard dans le sien. Mais celui ci ne savait pas où regarder, et j'y lisais à la fois peur et affolement. Son pouls s'accélérait, pris de panique, et elle essoufflait. Corah essaya de se dégager, mais je ne voulais pas.
- Lâche moi, enfin!
Elle réussit à se dégager en une secousse, mais mes deux mains atterrirent sur son avant bras droit avant qu'elle n'ai pu ouvrir la porte. En effet, une vilaine éraflure s'étendait sur une bonne partie de sa peau, saignant encore par endroits. Un vilaine cicatrice gravera ce bras, à la suite. Si seulement elle pouvait guérir comme nous! Corah restait muette pendant que j'observais la plaie, puis profita d'un de mes moments d'inattention pour reprendre possession de son bras.
-Ça ne fait pas mal, de toute...
- Ne bouge pas, je vais chercher de quoi te soigner.
Dans la cuisine, mon père me demanda alors que je sortais la trousse de secours:
- Alors, cette tâche?
- Elle partira avec un peu d'alcool. Annonçais-je en brandissant la trousse devant son nez.
Dans la chambre, Corah s'était assise sur le lit, les yeux égarés dans le vide. Je me mis à genoux devant elle, comme pour une demande en mariage, et je tendais ma main pour avoir de nouveau accès à la blessure. Je préférais la prévenir en ouvrant la bouteille d'alcool.
- Attention, ça pique.
- Je sais.
Pendant tout le temps où je soignais sa blessure, elle me regardait, silencieuse, essayant presque de sonder mon esprit. Elle me mettait presque mal à l'aise, à l'étroit, dans ma petite chambre. Je ne remarquais plus la couverture froissée de mon lit, ni les vitres embuées, ni le tic-tac de mon réveil. Nous étions seuls, elle et moi, dans un espèce d'espace temps parallèle à celui de notre monde, à la fois perdus et retrouvés, à la fois heureux et mélancoliques. Mais pourtant si biens.
-Tu n'es pas obligé de... Faire ça pour moi. Murmura t'elle,sans prendre conscience que sa voix n'était qu'un souffle.
- Si, pour tout ce que tu fais dans cette maison. J'ignorais que c'était toi qui tenait à ce que tout soit propre.
-Je ne viens que de temps en temps, ce n'est pas vraiment moi qui... Oh, c'est ta petite amie, sur la photo? Me demanda t'elle en pointant du doigt le cadre accroché au mur.
Belle et moi, dans mon garage, quelques mois après son anniversaire, et le départ d'Edward. Charlie lui avait offert un appareil photo et Renée un album, dans lequel elle tenait à m'avoir en photo. Nous avions pris toute une après midi avant d'avoir la photo parfaite. Elle m'en a offert une copie soigneusement emprisonnée dans un petit cadre. Bella a t'elle toujours son album? Regarde t'elle notre photo avec un goût de regret dans la bouche?
- Non, c'était une amie. Elle est décédée.
- Ah, désolée.
- Et toi, ton cœur est pris?
- Non, plaqua t'elle en retirant sa main de la mienne. Je dois y aller. Tu sais bien que les devoirs pour demain ne vont as se faire tout seuls. A demain.
- Oui, à demain.
Et elle me planta là, plus seul que jamais, face à cette photo ou Bella souriait de toutes ses dents, aujourd'hui utilisées pour sucer le sang d'un animal, plantées dans sa chair vivante. Ou d'un humain. A cette idée, je frissonnai. Mais Corah est là, elle. C'est mon antidote, mon contre-poison. Mon anti-douleur.
Ce n'est que lorsque j'ai repris conscience d'être dans ma chambre que je vis les trombes d'eau qui tapaient furieusement contre ma vitre. Ah, au moins, ça la lavera. J'attrapai furtivement ma vieille parka épaisse qui me protégeait du froid et de la pluie, avant ma loup-garisation. Elle le lui serait bien trop grande, mais bon, si ça peut lui permettre de rentrer au sec. Corah était sur la terrasse, copieusement remerciée par mon père mon le cake aux pommes qu'elle avait cuisiné rien que pour lui. Rien que pour nous, rectifiais-je. A sa grande surprise, je lui retirai son manteau garni de punaises et lui enfilait la parka comme un majordome à la sortie d'un restaurant.
-Tu auras bien plus chaud avec ça. Confirmais je en scratchant la capuche.
-Euh, merci.
Et Corah disparu sur son vieux vélo, sous la pluie battante et la brume qui commençait à s'élever. Je la regardai, jusqu'à la perdre des yeux, seul, sous le porche.
Alors, ça vous a plu? Je répondrai aux questions en début du quatrième chapitre, s'il y en a éventuellement. Le quatrième chapitre sera posté dans une semaine, car ce sera pour moi la fin des cours et j'aurai plus de temps à m'y consacrer. En attendant, je vous invite à aller lire les 100 drabbles vampiriques, ou alors the way of the another world. Oui oui, un peu de pub ne fait pas de mal. Reviews?
