Bonjour tout le monde! Je m'excuse de ce retard impardonnable, mais pendant tout ce temps ou je flanais à droite à gauche, je vous ai écrit un chapitre digne de ce nom, deux fois plus long que les autres, et où les révélations commencent à apparaitre, j'ai aussi prévu la suite qui risque de fort vous plaire. Je remercie tous mes reviewers qui me font plaisir et qui me permettent de ne pas laisser tomber cette fiction. Merci beaucoup. Et pour ceux qui lisent the way of the another world, une suite est en cours. Encore un merci pour votre patience. C'est un point de vue Jacob. Pour ce qui est des pensées entre parenthèses, lorsqu'il y a juste deux personnes qui communiquent par téléphatie, je mets juste quelques espaces entres les deux répliques, car sinon si je passe des lignes, ça devient long. Dites moi si vous préférez que je passe des lignes.


La pluie était, en ce moment, toujours au rendez vous. Elle cachait le beau soleil parmi ces vilains nuages gris, humides et tristes. Ils annoncent du renouveau pour la semaine prochaine. Du beau temps, enfin, celui qui peut être le plus beau dans la péninsule d'Olympic, avec des températures à peu près agréables. « M'enfin, murmurais je en posant mon sac sur la banquette arrière de la Golf, la pluie peut passer pour un avantage .»

Pendant le temps que je longeais la petite route sinueuse qui menait à la boutique Nello, je repensai aux questions que Billy m'avait posées lorsqu'en rentrant, il avait croisé Corah, les cheveux en bataille et la mine un peu fatiguée. Lui faire assimiler qu'elle était juste passée pour me rendre mon parka et que l'orage l'a surprise et qu'elle s'est endormie dans le canapé a été plus difficile que prévu. Quoi? Ce n'était pas dans le canapé, mais dans mon lit? Oui je sais, mais là, ça aurait été mettre les pieds dans le plat, et même sans avoir avoué cela, Billy m'a tout de même indiqué que le canapé n'était pas assez confortable pour CE genre de choses, aux dires de Paul, mon beau frère. J'ai dû lui répéter que non, elle s'est juste endormie, il n'a rien voulu savoir. En effet, j'ai été un peu vexé qu'elle détourne mon attention au moment où j'allais l'embrasser, mais je ne me ferai pas avoir deux fois.

Corah marchait tranquillement, enveloppée dans ma parka, une des lanières de son sac à l'épaule. Elle avait enfilé des petites bottes de caoutchouc bleues marine, qui lui donnait un air de petit canard. Je fis demi tour et ouvris la fenêtre passager pour lui parler.

- Monte, je t'emmènes.

- Non, je vais salir ta voiture de boue. Répondit elle en continuant sa route.

- Et alors, ce n'est pas grave. Monte.

- Ca ne te dérange donc pas que tout le monde nous voie ensemble au lycée?

- Ils pensent ce qu'ils veulent, moi, je t'aime bien.

Enfin, il est sûr que je vais bien rigoler en voyant les têtes décomposées de Quil et Embry à l'entrée du lycée. Nous sommes un peu fâchés, mais cela ne va pas durer longtemps. Alors que nous marchions côte à côte, je passai mon bras autour des épaules frêles de Corah, qui se dégagea furtivement et sauvagement. J'ai passé pour un con, devant une bonne partie du lycée. Chouette. Seth vint à notre rencontre, le sourire aux lèvres, et les yeux brillants. Il fit la bise à Corah, deux baisers humides et clinquants sur chaque joue, ce que jamais je n'avais osé faire. Il m'épatera toujours, ce gamin. Ce que je me borne à faire depuis des jours, il le fait comme ça, spontanément, comme si elle était une vieille connaissance.

- Bonjour, tu vas bien? Demanda-t-il en premièrement à mon amie. Et toi mec, ça roule?

Corah ne répondit pas, gênée par cette complicité trop soudaine que Seth lui accordait. Eh oui, mon pote, ton altruisme n'est pas une qualité qui fait défaut à tout le monde. Pour éviter que le silence s'installe, je lâchai lamentablement;

- Oui, ça va. Nous allons bien. Corah, voici Seth. Seth, je te présente Corah.

Et tout à coup, une jalousie haineuse asphyxiait mon corps, étouffait un à un mes muscles, en finissant par mon cœur. Seth, qui a toujours été un ami précieux devenait un ennemi, un adversaire dans la course du Trophée. Un ennemi qui veut tout ce que je possède, c'est-à-dire Corah. Je crus qu'il voulait me la prendre, me l'arracher des mains pour me rendre malheureux. Mais si elle s'est imprégnée, elle ne me laissera pas, hein? Pour la première fois depuis que nous avons échangé nos premières paroles, j'éprouvai la crainte de la perdre, sans l'avoir vraiment gagnée.

- Enchantée Seth. Tenta-t-elle sur un faux ton joyeux.

- Moi de même, Miss. Au fait Jake, Sam passe à la pause, il a la solution à… Enfin, tu vois quoi.

- Ah, ok. Je vous rejoindrai.

L'idée que le chef ait trouvé ce qu'il se passait ces derniers temps au sein de la meute me ragaillardit un peu, même si les quelques cours de la matinée ont été pénibles et longs. Chaque minute de cours semblait s'écouler comme une heure et pleins de questions, au fil du temps qui s'égrenait lentement, germaient dans ma tête comme des pousses de haricots. Peut-être nous attendait-il avec une seule hypothèse, ou bien l'identité de cette personne. Dans les deux cas, peut-être cela nous aidera à comprendre la chose. La douleur de cette personne commençait à nous peser et l'on ressentait au fond de nous un mal-être intense qui nous rongeait de l'intérieur. Il est temps que ça cesse. Je m'étonne même de m'avoir vu dans ses pensées, même si au fond cela ne me dérangeait pas. Seulement, cette personne me connait, ce qui rallonge le périmètre jusqu'à Forks, et je n'avais pas le temps de faire la liste de mes connaissances. Ce serait bien trop long. Je sortai enfin de cours, somnolent et le crâne rempli de questions. Même la simple vue de Corah n'a pas pu faire s'écouler les heures plus rapidement. Et cela m'inquiétait. Je rejoignis celle-ci à sa table de cours, essayant en vain d'esquisser un sourire.

- Je t'accompagnes à la cantine, et je vais devoir m'absenter par la suite, mais je reviendrai.

- Tu n'es pas obligé de rester avec moi, tu sais.

- Non non, j'aime bien passer du temps avec toi.

Et j'aimerais passer le reste de ma vie avec toi, Corah, mais après cet échec de tentative de t'embrasser, je vais garder cela pour moi. Du moins pour le moment. Nombreuses sont les personnes qui nous on dévisagés lors du chemin vers le self, excitées par la curiosité de savoir ce qu'un Indien pouvait bien faire avec elle, Corah. J'avoue que le don d'Edward de lire dans les pensées des gens alentours aurait été bien utile et intéressant. Non, maintenant qu'il a réussi à vampiriser Bella il est… Il est… Bella… Je dois l'oublier, elle est morte. Aussi froide qu'un cadavre. Mais vivante. Comme le cadavre qu'à joué Corah dans la pièce de théâtre que je répète pour les examens. Je m'engageai derrière elle dans la rampe de la cantine, découvrant avec horreur le plat du jour. Oui, la purée maison de la cantine ressemblait davantage à une colle pour papier peint qu'à une véritable purée. Et elle n'avait absolument rien de maison. Je posai mon plateau en face du sien, sur la table qu'elle avait choisie et je lui demandai;

- Tu veux bien m'attendre? J'en ai pas pour longtemps.

- Oui, pas de soucis. Passe le bonjour à Sam

- Tu ne bouges pas, hein?

- Mais Jacob, ou veux tu que j'ailles?

- Tu as raison, je me fais du mouron pour rien.

Rejoindre Sam a été plus difficile que je ne le pensais. Plus je passais de temps avec elle, et moins c'était facile de la quitter, ne serait ce que quelques secondes. Peut -être les effets de l'imprégnation? J'espère bien. Quil et Embry me suivaient de près, tandis que j'arrivais en vue de Sam, Seth et Leah, sans oublier Paul et Jared. Les principaux loups étaient présents et, pressé, je demandai à Sam de faire court.

- Pourquoi, pour aller retrouver ta pâlichonne? Cracha la louve.

- Tais toi, Leah. Bon alors, commença Sam. Une meute du Canada a répondu à notre appel, et nous a fait part de son expérience dans ce domaine. Nos parents se souviennent d'avoir connu un phénomène similaire. Il semblerait que l'alliée de la meute cherche inconsciemment à nous contacter.

- Comment ça, inconsciemment? Et c'est quoi, l'alliée de la meute? Questionna Seth, lisant apparemment dans mes pensées.

- Elle ne le sait pas qu'elle nous parle, c'est son instinct qui le demande. Je dis elle car c'est forcément une femel… Une femme. C'est un peu comme l'Alpha, mais en féminin. Elles sont considérées comme les mères de la meute. C'est un don héréditaire et de plus en plus rare.

- Donc, résumais je, si on a connu ça avant, on doit avoir son nom quelque part, et il nous restera plus qu'à trouver ses descendantes.

- Exactement, ton père cherche encore, mais il a le nom sur le bout de la langue.

- Attends un peu, je vais la lui dénouer, moi, la langue, et pas au sens figuré du terme, hein. Grognais-je d'un ton peut amène.

- Du calme, ton père est un peu lent, mais on y peut… C'est quoi tout ce boucan? Demanda Seth.

En effet, un vacarme assourdissant provenant de la cantine nous vrillait les tympans, comme un long roulement de tambour d'un batteur. Des rires comme des crissements de pneus de moto. Comme lorsque Bella, par souci d'avoir perdu son cher et tendre, avait tenté de se mettre à la moto, que la position des freins lui avait échappée et qu'elle avait heurté la première pierre rencontrée sur le chemin. D'ailleurs, pourquoi pensais-je à elle alors qu'elle n'a rien à voir avec tout ça? Et, tout d'un coup, une colère dévastatrice monta en moi, suivie d'un angoisse grandissante, et un sentiment d'être humilié. Ces sentiments n'avaient pas raison d'être sauf si… Mon imprégnée les ressentait aussi. Je courus à grandes enjambées vers la cantine. Bon sang, j'avais raison de me faire du mouron, mais à quel point?

Lorsque je dépassai la porte de verre de la cantine avec fracas, je surpris Tyler et ses disciples le bras levés, prêts à lacer la poignée de purée qu'ils avaient dans la main. Corah, assise, tremblait de rage, ou de tristesse, j'avais du mal à le définir. Les épaules de son pull, et ses cheveux filandreux étaient couverts de nourriture en tout genre. Tyler, me regardant avec une lueur de défi dans le regard, osa lancer la dernière poignée sur son bouc émissaire. Apparemment, ce fut le geste de trop, la goutte qui fit déborder le vase. Corah se leva d'un bon, renversant sa chaise de fer, tremblante comme si la température de la pièce avait brusquement chutée, les yeux rouges et humides, le teint horriblement pâle. J'étais tellement stupéfait par son allure de fantôme et par le cri rauque et enroué poussé par sa voix sanglotant que je n'avais pas vu en premier temps le couteau qu'elle pressait fermement contre la chair blanche de sa gorge. Doux dieu, capable d'un geste stupide pour un imbécile! Le silence s'éleva comme une brume dans la cantine, tout le monde attendait un dénouement, qu'il soit heureux, ou funeste. Corah suffoquait, pleurait, serrait les dents, puis tint plus fermement le couteau. La peau commença à rougir. Croyant que jamais elle se résignerait d'elle-même, j'hurlais « Non! » dans la quiétude inquiétante de la cantine, plus fort que je ne l'aurais pensé. Toutes les têtes se retournèrent vers moi, y compris celle de Corah. Ses yeux chocolats apeurés d'en finir avec la vie cherchaient une bénédiction dans les miens, mais ils n'y trouvèrent que dureté et tristesse. Désarmée par le fait que quelqu'un ici tienne à elle, elle jeta le couteau et courut vers les couloirs.

J'aurais pu la rejoindre bien plus tôt en utilisant ma rapidité d'enfant lune, mais cela aurait paru suspect aux yeux de plus d'un lycéen. Corah s'était réfugiée dans une des cabines des toilettes pour femmes, se bouclant à double tour au moment même où j'arrivais. J'y croisai Leah, qui se rinçait les mains. Elle me dit calmement en voyant ma présence dans ces lieux interdits aux hommes;

- C'est pour les femmes, ici, et apparemment, tu n'en est pas une.

Enervé, je ne me rendis pas trop compte de ce que je lui lançais;

- Et toi? T'en es une?

Et je m'en mordis les lèvres, je vous jure, car elle partit sans piper mot. Il ne restait qu'une seule porte fermée et je devinai que c'était dans cette cabine qu'elle s'était réfugiée. Ses battements de cœur tapaient dans mes oreilles, et ses sanglots aussi. Il fallait la convaincre de sortir, avant que ce ne soit l'assistante sociale, ou la conseillère qui viennent pour lui poser tout un tas de questions sur un geste que Corah aurait regretté après. Ils la changeront de lycée, la mettront sous antidépresseurs et il en était hors de question. Je devais m'en occuper avant que quelqu'un d'autre ne le fasse. Je me laissai tomber contre le carrelage froid du mur, enclin à attendre des heures, du moment qu'elle sorte. J'essayai tout de même d'établir la conversation, pour lui montrer que j'étais présent et que je n'étais pas très patient.

- Corah, je suis seul, il n'y a personne d'autre. Tu peux sortir. Promis, je ne reviendrais pas sur ce qu'il vient de se passer.

- Va t'en, moi je ne bougerai pas.

- Tu ne comptes pas passer ta vie la dedans quand même?

- Justement, c'est une excellente idée.

- Dans ce cas, j'attendrais. Mais s'il te plaît Corah, ne m'oblige pas à défoncer la porte.

Le déclic du verrou sonna dans ma tête comme une victoire. Ne voulant pas la brusquer, je ne bougeai pas d'un poil, attendant qu'elle sorte d'elle-même. Mais je le regrettais amèrement en la voyant avancer, appuyée contre le mur, un bras en travers de son corps, pantelante, avec le teint transparent des gens malades n'ayant pas dormi de la nuit. Je la regardai se passer un peu d'eau sur le visage.

- L'hôpital de Forks n'est pas si loin, je peux t'y conduire, si tu veux.

- Non ça va. J'ai juste des vertiges, rien de grave. Ca m'arrive lorsque je parle… Très souvent. M'avoua-t-elle avec un sourire qui se fit grimace.

- Denise a dit à mon père qu'ils t'ont retrouvée inanimée au cimetière. Que foutais tu dans un endroit pareil?

En attendant sa réponse, je me rappelais l'affolement des Nello lorsqu'ils ont appelé à la maison, la voix sèche et serrée, recherchant activement leur fille depuis cinq heures de l'après midi. La sonnerie du téléphone sonnant comme un S.O.S, et me tirant du lit en pleine nuit. Il devait être deux heures trente. Je me rappelle lorsque j'ai cru que mon cœur s'était arrêté de battre, et que j'allais faire un arrêt cardiaque si on ne la retrouvait pas vivante et en bonne santé. Puis je me souvenais qu'elle était partie vers cinq heures moins le quart. « Lui as-tu fait quelque chose Jacob, pour qu'elle disparaisse dans la nature? Que lui as-tu fait? » m'incendiait mon père du haut de son fauteuil roulant. Il ne fallait pas s'étonner de voir peu d'étudiants se lancer à sa battue, et si Tyler y aurait participé, je suis sûr que même si elle était vivante, il l'aurait achevée à coups de pierre. S'il y aurait participé, j'aurais fait équipe avec lui, le surveillant étroitement, et en profitant pour régler mes compte avec lui. Sam et moi, nous y avons participé. Lui, surtout parce que Emily lui demandait, car il ne connaissait que très peu Corah et ne la fréquentait pas vraiment. J'avais peur, peur qu'elle ait eu un accident, qu'elle soit blessée, et qu'on l'emmène loin de moi. Tout comme Bella. Malheureusement pour nous, nous n'étions pas de ceux qui l'on trouvée. Mais lorsque Seth, que je n'avais pas vu lors du début de la battue, l'a ramenée, dans ses bras, inanimée, les cheveux mouillés collant à son visage, je fus soulagé. Et maintenant, elle est devant moi, vivante, en chair et en os.

- Mes parents sont fleuristes, et il est parfois normal que je livre quelques commandes, même si c'est à des morts.

- Pour te croire disparue, tes parents ne devaient pas être au courant de tes livraisons.

- J'ai informé ma grand-mère que je me rendais au cimetière. Ecoute, Jacob, tu as ta vie, j'ai la mienne.

Je haussai le ton;

- Oui, une vie que tu as osé essayer de gâcher pour un con pareil!

- La gâcher comme perdre mon temps à te parler, peut-être? C'est la vie, et je n'ai pas besoin de bon samaritain. On ne peut rien y changer, il y a des prédateurs et des proies. Le poisson n'essayera…

- Jamais d'attaquer l'aigle qui le traque. Je…

- Fous le camp! Hurla-t-elle en montrant la porte de sortie du doigt.

Sa voix étranglée se confondit presque immédiatement en sanglots et elle camoufla son visage plein de larmes de ses deux mains. Corah, pour me parler sur ce ton, devait vraiment être à bout de nerfs, et épuisée. Aussi je ne l'écoutais pas et je me mis juste debout. Voyant que je ne cillais même pas, et par un drôle d'accès de coquetterie, elle commença à démêler ses cheveux collants de purée, ne sachant pas vraiment trop par où commencer. Ses doigts fins étaient tremblant; nerveux comme les cordes d'une guitare qu'une musicien grattait. Corah s'était un peu ragaillardie, même si elle hoquetait encore par moment. Je m'approchai un peu, et commençai à tendre les mains vers sa tignasse. Ma jeune amie s'écarta vivement mais je l'attrapai par la taille avant qu'elle ne soit hors d'atteinte et la serrait fort dans mes bras. Je m'attendais à ce qu'elle me repousse tendrement, ou qu'elle change de sujet, ou tente de détourner mon attention mais non, elle ne fit rien de cela. Bien au contraire, ses petites paluches blanches parcoururent mon dos avant de froisser mes épaules, et elle étouffa contre moi ses derniers sanglots.

- Et si on tentait de démêler tout cela? Demandai-je en l'écartant de moi pour qu'elle voie mon sourire.

La purée, entre temps, a séché et formait une masse compacte dans les cheveux de Corah, j'essayai de démêler, mais rien à faire. Je ne voulais pas trop lui tirer les cheveux, et de ne pas lui faire mal, mais c'était carrément impossible. Je laissai retomber mollement mes mains.

- Euh… Tu vas rentrer chez toi et prendre une bonne douche et…

- Et les cours?

- Au diable les cours, je suis sûr que monsieur Fitzpatrick est déjà au courant et comprendra très bien. Tu vas te reposer et je passerai te voir en soirée.

- Mes parents ne sont pas là. Je n'ai pas les clés.

- Et bien, ma maison t'es grande ouverte. Mets ton parka et ta capuche, on sort de ce foutu lycée.

Traverser le couloir a été long et énervant. Mon bras autour des épaules de Corah pour la protéger contre moi, je jetai un regard noir à toutes ces têtes qui se retournaient sur notre passage. Tout le monde devait déjà être informé, j'imagine. Bon nombre de lycéens ont vu la scène et le lycée n'est pas si grand. Seth vint se poster de l'autre coté de Corah dont seuls le visage ressortait du parka, et il lui prit la main pour la réconforter. Je me retins de lui dire qu'elle était tout à moi, et à personne d'autre.

- Tous des nigauds. Il ne faut pas leur prêter attention. Nous on t'aile bien, et Leah aussi, si elle te connaissait un peu mieux.

Je secouai violement la tête en signe de négation.

- Merci Seth, c'est gentil. Retourne avec tes amis, je ne veux pas te créer d'ennuis. Murmura-t-elle sans même le regarder.

- Hey, Miss, mes ennuis, je me les crée tout seul. Et vous êtes mes amis, non? Je vous accompagne jusqu'à la voiture. Billy est chez le père de Bella.

- Bella, ton amie décédée?

- Oui, celle qui est morte. Lâchais-je en insistant sur le dernier mot, regardant le louveteau pour qu'il saisisse.

- Triste Destin, tout de même, de se suicider par amour. Commenta Seth.

- Suicidée? Mais pourquoi tu ne l'as pas aidée?

- J'ai essayé, c'était son choix, et c'était perdu d'avance.

- Tout de même, pauvre fille. Finalisa-t-elle en s'asseyant sur le siège passager.

Seth, qui lui avait tenu galamment la portière, la referma d'un coup sec et lui fit signe d'ouvrir sa fenêtre, ce que Corah fit sans hésiter.

- Je serais toi, Miss, je ferais attention à ne pas rester seule avec ce bourrin. Il sera capable de te manger, même avec ta purée dans les cheveux.

- J'y veillerai.

Et je démarrai avant même qu'il n'ait retiré les coudes du rebord de la vitre de Corah. Mentir sur la mort de Bella s'avérait risqué, surtout si le mensonge enflait et éclatait au grand jour. Si elle pouvait enfin se comporter comme une véritable imprégnée pour que je puisse lui révéler tout ce que je brûle de lui dire! Heureusement que Seth a joué le jeu, il n'est pas bête ce môme. Ma jeune amie restait recroquevillée dans son coin, comme si elle éprouvait de la crainte envers moi. Ses yeux fatigués erraient dans le vide comme deux fantômes. La pluie venait de cesser pour la toute première fois de la journée.

- Je trouve Seth un peu bizarre dans son comportement, à m'appeler Miss sans cesse. Lâcha-t-elle pour meubler le silence.

Voilà donc une occasion en or que je ne raterai pour rien un monde; éliminer mon ennemi de la course.

- Tu ne sais pas? Pourtant je croyais que tout le lycée était au courant.

- Au courant de quoi? Me demanda-t-elle. Je n'ai pas l'habitude d'écouter les potins.

- C'est délicat à dire, tout de même… Eh bien Seth il est… Il est…

- Malade mental? Il se sent rejeté? Mal aimé? Il n'a pas confiance en soi? Il prend râteau sur râteau?

Intérieurement, je m'étouffais de rire.

- Non, non. Rien de tout ça.. Il est… Voilà, Seth n'aime pas les filles.

Corah éteignit la radio pour résumer:

- Quoi? Seth est gay?

- Oui je sais, c'est difficile à croire. Tu devais penser qu'il te tournait autour, mais en fait non. Il cherche juste à se rapprocher de moi. C'est moi qu'il veut et…

- Attends, ne me dis pas que tu es gay! S'indigna-t-elle

- Non! J'ai déjà refusé ses avances, mais il persiste à me harceler. On pense que c'est Leah qui l'a changé. C'est dur tu, sais, et il fait ce coup là à tous les mecs de la bande. On n'en peut plus, c'est vraiment lourd. Il doit être bien malheureux.

- Oui, j'imagine. Répondit t'elle en me devançant sur le perron.

Dommage que Corah ne soit pas du genre à colporter les ragots. Ca aurait pu être horripilant. Seth ne m'en voudra pas pour cette petite blague, du moins, je l'espère. Je plaquai mes deux paumes contre le bois de la porte, coinçant entre mes deux bras musclés la jeune femme. J'approchais mon visage du sien, et je lui soufflai;

- Qu'elle aurait été ta réaction, si j'aurais répondu que j'étais gay? Tu aurais été déçue?

- Bonne question. Admis Corah en tournant la poignée de la porte avant de plonger à l'intérieur de la maison. Je perdis mon équilibre un instant puis je la suivis.

Ce fut dur pour moi de ne pas jeter un œil dans la salle de bain, le temps qu'elle prenait sa douche. C'était comme poser un travers de porc cuit comme il fait avec des pommes frites encore fumantes devant une personne mourant de faim. Extrêmement tentant, non? Et le pire, c'est que cette personne, par principe, refuse de manger ce plat. Ce n'est plus une tentation, mais un supplice. Vous pouvez donc maintenant me plaindre. Je ne sais pas si Corah apprécierait de savoir que je la compare à un travers avec pommes frites. Mon calvaire pris tout de même fin lorsqu'elle entra dans la cuisine, les cheveux mouillés et affublée d'un jean et d'un pull de ma sœur. Alors qu'elle fourrait ses vêtements dans la machine à laver, je me suis approché d'elle au moment où elle se relevait, et je l'attrapai par les coudes. Nos yeux dansèrent juste quelques instants et elle se dégagea en se confondant en excuses.

- Je ne peux pas, Jacob, je ne suis prête à rien. Je ne veux plus m'engager. Un premier échec, ça suffit. Je n'en veux pas de deuxième.

- Qui te dit qu'avec moi, ce sera un échec?

- Non Jacob. S'il te plaît. On change de sujet, hein? Dit-elle en étouffant un bâillement.

- Tu es fatiguée. Va dormir dans mon lit, tu as plusieurs heures devant toi.

Alors que je bordais Corah avec ma propre couverture, dans mon propre lit, dans ma propre chambre, je me suis mise à éprouver une colère dévastatrice envers Tyler, ce con qui a osé sans le savoir provoquer un loup garou. Mes mains tremblèrent. Je m'imaginais en train de lui arracher tripes et boyaux, de l'éviscérer vivant à l'aide de mon museau. Les frissons se répandirent à chacun de mes membres. Je sortis à l'extérieur, et je me mis à courir vite. Très vite. Je l'imaginais, le visage maculé de sang, me supplier et demander pardon à Corah, avec ce qui pourrait rester de ses deux mains jointes comme en signe de prière. Les frissons se transformèrent en spasmes, et je n'eus pas le temps de me déshabiller avant de muter.

En passant mon temps à courir entre les cimes à une vitesse au dessus de la normale, j'essayais d'éponger cette haine qui m'imbibait, cette envie féroce de meurtre qui me trempait jusqu'aux os. Passer mon temps à courir, c'était le seul et unique moyen de me faire oublier tout cela. Cependant un bourdonnement intense me stoppa dans mon élan, et de douleur, j'émis un couinement, le museau coincé entre mes pattes. L'alliée de la meute, viens là je t'attends. Les images ne mirent pas longtemps à se pixelliser dans ma tête. Rien de triste ou de malheureux, oh bien au contraire. Dans ses rêves, il n'y avait rien d'autre que moi. Non, je ne suis pas narcissique, c'est la réalité. Le bourdonnement s'atténuant un peu, je relevai ma tête et tentai une communication, sachant que j'étais le seul de la meute à être transformé.

- « Eh, tu m'entends? », - « … », - « Désolé de te réveiller, mais je dois te parler », - « Pour me dire quoi ? », - « Tu n'as pas envie de comprendre ce qu'il se passe, toi aussi? », - « Si, bien sur. Où sont tes grands copains? », - « Ils n sont pas là, j'en profite », - « En quoi puis-je t'aider? », - « On va se donner rendez vous, sur la plage de la Push », - « C'est trop loin pour moi », - « Tu es dans la réserve? Trouves toi une voiture, rends toi y », - « Je crois que je vais pouvoir m'arranger, j'arrive », - « Ah, encore une chose », - « Quoi? », - « Apporte moi un short»

Il n'y aura personne à la Push en fin d'après midi, surtout avec le vent froid qui vient de se lever en foret. J'allais enfin savoir qui est cette jeune indienne qui rêve de moi et qui est liée à notre meute. Si elle vit dans la réserve, elle est forcément indienne. C'était marée basse et un large banc de sable était découvert, laissant une zone de rencontre assez vaste. Il ne faut pas plus de cinq minutes pour se rendre à la Push, elle ne devrait pas tarder. De mes grosses pattes, je me rendis sur le sable découvert. Des mares peuplaient la zone bien humide. A l'entrée de la plage, je vis une petite silhouette ballotée par le vent avancer doucement. Elle était trop loin, je ne pouvais pas la distinguer.

- « Bon dieu, un loup, je suis devenue complètement folle», - « Approche, je veux te voir, moi aussi », - « Qui me dit que tu ne vas pas me sauter dessus?», - « Crois moi, même si tu étais à l'entrée de la plage, je n'aurais pas de mal à t'avoir. Et si cela était dans mes intentions, je ne serais pas là à bavarder. Tu ne serais plus de ce monde. », - « T'as raison, après tout. J'ai rien à perdre. »

Ses petites pieds clapotaient dans le sable trempé par l'eau salée de la mer. Je me retins de lui dire de se dépêcher. Trente mètres, l'ombre commença à prendre des couleurs. Vingt mètre, et je remarquai qu'elle était toute petite, emmitouflée dans son grand manteau. Dix mètres et…

- « Bon sang Corah, qu'est que tu fous ici? »

Elle s'arrêta à cinq mètres, visiblement irritée. Pas de doute, c'est bien Corah Nello, devant moi. L'alliée de la meute. Je ne vis pas ce qui m'empêchait de lui révéler mon identité. Je voulu lui faire un sourire. Mes dents se dévoilèrent, énormes et aiguisées comme des lames de rasoir. Elle recula.

- « Hein, tu me connais? Pourquoi je suis là? Tu ne m'as pas demandée de venir? Crétin! » - « Je suis surpris. Tu devrais être en train e dormir chez moi, dans mon lit. »

Corah me regarda, incrédule.

- « Jacob? » - « Qui d'autre? » - « Ah, c'est de plus en plus burlesque » - « Tu ne me crois pas? » - « Non, pas même un peu. » - « Je voudrais bien te le prouver mais par pudeur, retourne toi. » - « Je ne suis pas assez folle pour ça. Le Jacob que je connais n'est pas pudique » - « Tu vas être obligée de me voir dans mon plus simple appareil » - « C'est toi qui veillait à ma fenêtre? » - « Oui » - « Je t'interdis de t'approcher de chez moi! » - « Ne me donne pas d'ordres! »

Corah ne put répliquer. Les deux mains sur la tête, elle s'affala à genoux sur le sable, à demi consciente. Je profitai de ce moment de léthargie pour muter et enfiler vite fait le short qu'elle avait fait tomber auprès d'elle. Dans mes bras elle avait l'air d'une poupée de chiffon. Ses deux yeux me cherchaient, perdus, et elle marmonna quelque chose avant de s'endormir à nouveau. Nous sommes restés là, dans le froid de la brise, seuls. Et depuis ce moment là j'ai su que, imprégnation ou pas, c'est avec elle que je veux passer ma vie.

De la plage de la Push, j'entendis la messagerie de mon téléphone se déclencher, et la voix de Sam retentit.

- Mec, c'était Denise Nello, l'alliée! Trouve nous vite Corah!

C'est déjà fait.


Merci de m'avoir lue à nouveau! Je vous attends toujours aussi nombreux pour les reviews. Prochain chapitre, Corah se livre à Jacob. Ce sera pour la fin de la semaine. A pluuuus! =D Comment avez vous trouvé twilight 3? Je ne suis pas encore allée le voir, car personne ne peut m'accompagner, snif, je suis à l'agonie de ne pas pouvoir voir les résultats d'une attente de six mois. XD