Bonjour à tous! Et bonne année 2011. Pleins de bon voeux, une bonne santé et plein de réussite. Je suis désolée de ne pas être venue poster plus tôt. La première scientifique c'est dur, et encore plus lorsqu'on étudie les sciences de l'ingénieur comme moi. Ca demande beaucoup de temps. Aussi je poste le huitième chapitre. Désolée encore. De plus, étant malade depuis début décembre, rien que le fait d'être assise me fatigue, et j'ai la tête qui tourne. Mais je suis sous traitement maintenant et je pense que ça va s'arranger.

Petite précision; Oui, j'ai écrit jusqu'au douxième chapitre mais sur des feuilles donc il me reste à les recopier et c'est très long.

Bonne lecture et encore désolée.


Cette fois-ci, Denise Nello va ne va pas s'en tirer comme ça. Elle me doit des explications, et il va bien falloir qu'elle éclaire ma lanterne une bonne fois pour toutes. Elle ne pourra pas m'éviter si je vais au devant d'elle. Sous le bruit de la pluie fine qui frappait à ma vitre, je me levais plus tôt que jamais pour ce premier jour de vacances. Il était quatre heures et demie, et je m'habillais lentement, enveloppée dans le silence humide de la maison endormie. La fraîcheur de ma chambre faisait naître de la chair de poule sur mes bras et mes cuisses. Je regardais, émue, le berceau d'Alisha prendre poussière, vide de tout enfant qui y rêverait, plongé dans les bras de Morphée. Pour une fois, l'idée qu'un autre enfant occuperai plus tard le berceau germa dans mon esprit. Un deuxième enfant, avec un père qui en prendra soin, un enfant aussi voulu, pas le fruit de rapports non protégés. Mes tennis nouées aux pieds, je m'asseyais sur le rebord de la fenêtre, prête à faire passer mes jambes par l'encadrement. La boucle de mon lacet vint s'accrocher au loquet de la vitre. Inutile de dire que j'ai perdu l'équilibre. Ah, mais je l'ai retrouvé, une fois en bas, vautrée dans les hortensias trempés. Zut, zut. Sam aurait été là, il serait en train de me faire des compliments sur mon agilité naturelle.

Denise fermait sa porte d'entrée lorsque j'arrivais sur place, avec l'idée que je ne lui laisserai pas de répit tant que je ne saurai rien à propos de son silence sur la meute. Mon jogging synthétique trempé et terreux me collait horriblement à la peau. Je lançai, pas trop fort pour éviter de lui provoquer une crise cardiaque;

- Je ne viens pas ici à cette heure pour parler de fleurs, grand-mère, tu dois t'en douter.

Denise se retourna en hurlant de stupeur, étonnée, et vit que ce n'était que moi. Elle réfléchit quelques secondes à ma phrase, observant mon allure déterminée et mon air faussement joyeux. Puis elle soupira en descendant les marches du perron.

- J'imagine que c'est arrivé.

- En effet. Et j'aimerais bien comprendre.

- Comprendre quoi? Ce que sont ces voix dans ta tête?

- Non. Je veux comprendre ce que tu en sais, et pourquoi tu ne m'en as pas parlé.

- Tu veux qu'on aille en discuter à la Push? Tes parents doivent te croire encore endormie.

- Je veux bien, oui.

Non, mes parents ne savent pas que je suis ici, ils me pensent endormie après une longue soirée de révisions pour mon diplôme. J'ai tout mon temps. Sauf s'ils s'aperçoivent que les hortensias ont méchamment souffert… Comme la personne qui est tombée dedans. Atterrir sur les fesses, ça a parfois du bon. Denise semblait calme, apte à me parler librement, et donc je décidai de mettre ma colère de côté pour ne pas faire d'esclandre. Il n'y avait personne en vue sur la plage ensommeillée, et en même temps, à cette heure, c'est un peu normal. Aucun loup dans les parages non plus, ou du moins, je n'étais pas en communication avec eux. Je proposai à ma grand-mère de s'asseoir sur la souche de bois mort humide qui reposait sur la plage. Soucieuse, elle me dit qu'en prenant place ici, j'allais salir mon jogging. Amusée, je lui montrais mon derrière tout sale, en prétextant que cela ne pouvait être pas pire que ça. Elle rit chaleureusement, puis accepta. J'avais toujours connu ce morceau de bois sur la plage, il était déjà là lorsque je suis arrivée dans la réserve.

- Bon alors, tu sais quoi sur tout ce fatras? Me demanda Denise

- Je suis l'alliée de la meute, je peux parler avec eux par télépathie, ce sont des hommes qui se transforment en loups. C'est héréditaire. Voilà.

-C'est l'essentiel, à peu de choses près. Nous deux, nous représentons les descendantes de la troisième épouse de Taha Aki. Un jour, alors que l'ennemi massacrait notre peuple déjà bien décimé, la troisième épouse vit que les efforts combinés de ses fils et de son époux ne seraient pas suffisant et que toute la réserve risquait d'y passer. Et elle fit quelque chose d'important qui les sauva tous. Taha Aki et ses fils étaient des loups, combattant sans vergogne l'ennemi, mais ils commençaient à montrer des signes de faiblesses. J'oubliais que c'était une femelle. L'épouse tira le couteau de la ceinture d'un de ses fils trop jeune pour être loup. Tous étaient des enfants, pas encore des hommes, et elle avait conscience que tous mourraient si elle ne tentait pas quelque chose. Elle se précipita vers l'ennemie, brandissant son poignard. L'ennemie ne s'attendait pas à la voir planter son arme dans son propre sein, le sang giclant des doigts de la malheureuse. Poussée par sa soif, l'ennemie se jeta sur la mourante et les crocs de Taha Aki purent se refermer sur la gorge de la créature. En voyant leur mère mourir, deux des jeunes fils se transformèrent, alors qu'ils n'étaient que des gamins. Pendant une journée entière l'époux loup resta couché près de la dépouille, grondant dès que quelqu'un tentait de l'approcher.

J'écoutais, sidérée, la légende que ma grand-mère me racontait. J'ignorai tout de cela, et Billy Black, pourtant grand amateur de ce genre de choses, m'en a jamais parlé. Je résumai à peu près ce que j'en avais compris;

- Nous servons de… Sacrifice? Au cas où cela tournerait mal?

- Oui, c'est cela. Tu es en quelque sorte la mère des loups, des vieux comme des jeunes, et l'épouse du chef de la meute, en quelque sorte, même si cela n'est pas réellement vrai. Nous sommes utilisées en cas de besoin, mais ça n'arrive jamais, par ici, et plus maintenant. Mais notre mort reviendrai à arracher une partie du cœur de chaque loup, ils seraient profondément blessés et tristes.

- Pourquoi m'as-tu dis avoir vu un immense loup l'autre jour, alors que tu étais au courant de tout?

- C'était pour voir si toi tu étais au courant, si tu communiquais déjà avec eux. C'est à ton âge qu'on se rend compte de notre faculté. Ah, encore une chose, Corah. Une chose très important. Souligna-t-elle en se levant.

- Laquelle?

- Ne t'imprègne surtout pas du mâle dominant de la meute, c'est à dire l'Alpha.

- Pourquoi?

- Car sinon c'est comme si l'épouse se retrouvait ressuscitée. Et vous vivrez immortels, pour l'éternité.

Je la rassurai en la suivant sur le sentier qui me ramenait chez moi.

- C'est Sam, le chef, et il a déjà Emily. En plus, nous ne nous entendons pas beaucoup.

- Du moment que tu en es sûre.

- Pour ça, oui, je suis sûre! Bon, ce n'est pas que je n'aime pas papoter avec toi, mais plus vite je retournerai à la maison, plus vite mes livraisons seraient terminées, et plus vite je pourrais m'attaquer au marché aux fleurs.

- Kenny et Donna ne t'accompagnent pas? Au marché, je veux dire. Demanda Denise

- Non, pas cette année. Il y a une réunion de citoyens dans la réserve.

- Oh, je vois.

Comme j'avais prévu de le faire la veille au soir, je suis repassée par la fenêtre de ma chambre, ôtant mes tennis lorsque j'étais assise sur le rebord. Non pas pour refaire la même cascade qu'à l'aller, mais plutôt pour ne pas salir mon parquet. J'enlevai aussi mon jogging et le cachai dans un sac avant de remettre mon pyjama. Je le passerai à la machine à laver plus tard. Puis j'allais prendre ma douche, tout en pensant à cette tendre nuit passée auprès de Jacob. Oh, il a tenu sa promesse, il s'est tenu à carreaux, il a seulement mêlé ses ronflements aux miens. Ou plutôt, ils couvraient les miens. Nous étions presque dans une bulle, isolées, en parfait osmose, et un courant électrique jouait avec mes nerfs, mes veines, mon corps tout entier. Jamais ça n'a été comme ça avec Tim. Jamais aussi bien. Sortie de la salle de bain en jean et col roulé mauve, j'allais manger mon petit déjeuner avec mes parents, comme si de rien était. Effectivement, ils ne pensaient pas me voir réveillée aussi tôt et je ne me perdis pas en explications. Je quittai ensuite la maison avec les clés du camion en main, prête pour la livraison de la semaine, tournée qui se finissait généralement chez Emily. Elle commandait toujours, que ce soit des fleurs, des graines, des bouquets… Je garai mon véhicule devant son cottage et sortait les jardinières de tulipes. Elle m'attendait sur le perron, les mains jointes pour montrer sa joie de me voir. Je posai la commande sur la première marche et montait les autres pour lui donner l'accolade. Sam n'était pas là, apparemment. Tant mieux.

- Corah! Ca fait plaisir de te revoir. On s'est endormi avec Sam, l'autre jour. Désolée.

- Tu n'as pas à l'être. C'est bien dur de gérer une meute de loups et de… Patrouiller en forêt.

Elle me fit un coup de coude.

- Alors comme ça, on est dans le secret, toutes les deux? Me demanda-t-elle, enjouée.

- Oui! Si j'ai bien compris, c'est Sam le chef de la meute, n'Est-ce pas?

Simple confirmation

- Oui, c'est bien ça. Dis moi… Tu sais comment organiser un mariage?

Je feignais la surprise, et la complimentai:

- Non, c'est pas vrai! Toutes mes félicitations, Emily!

- Merci. Tu veux être mon témoin? Au début, je pensai que ça pourrait être Leah, mais la cérémonie aurait été un peu tendue… Je ne vais jamais me dépêtrer avec tout ce qu'il y a à penser, à préparer…

- Compte sur moi Emily. On te fera cadeau des fleurs pour la cérémonie, et je composerai ton bouquet.

- C'est si gentil de ta part.

Elle regarda par-dessus mon épaule et fit un signe de la main tout en haussant la voix. Quelqu'un venait d'arriver.

- Jacob! Vous tombez à pics, vous deux, on dirait. Les pancakes viennent tout juste d'être posés sur la table.

Il paraissait anxieux, comme si quelque chose le perturbait. Quelque chose dont je ne connais pas l'existence, donc. Il n'y avait aucune expression dans ses yeux, ses yeux aussi noirs qu'un gouffre sans fin. Il se baissa pour que je puisse lui faire la bise. Emily lui jeta un regard affolé avant de nous signaler qu'elle allait préparer du café. Inquiètes, je lui tins le visage entre les mains et le forçai à me regarder, mais il détournait les yeux.

- Dis moi ce qui ne va pas, Jake. Tu me fais peur.

- Tu ne peux pas comprendre.

- Je peux faire un effort. Dis toujours.

- Non, tu ne sais pas ce que c'est, et c'est mieux que tu l'ignore pour l'instant.

- Ca me fait souffrir de te voir comme ça. Parle m'en.

- Je ne peux pas.

Je laissai tomber car visiblement je n'aboutissais à rien. Je me souvins du dernier sujet que nous avions abordé avec Denise ce matin et pensai que cette idée ne me déplairait pas du tout. Les mains dans les poches:

- Quoi qu'il en soit, j'aimerais te proposer de m'accompagner au marché aux fleurs de Seattle, et que tu m'aides de façon rémunérée.

- Pas la peine de me rémunérer pour que je vienne.

- Je sais crétin. Je dois tenir des comptes et si ça ne correspond pas, je vais me faire enguirlander. Dix dollar de l'heure, ça te va?

- Je travaillerai pour bien moins que ça. C'est entendu. Je viens pour quelle heure?

- Cinq heures? On petit déjeunera ensemble, et on partira ensuite. On reviendra vers… Vingt heures je pense. Ce qui fera donc 150 dollars. Marché conclu?

- C'est d'accord. Corah, tu m'excuses, mais les pancakes d'Emily vont refroidir.

Je lui fis une bourrade amicale pas trop forte, non pas pour ne pas lui faire mal, mais pour ne pas me blesser. Il rit un peu suite à ma tentative d'agir comme une bourrine.

- Allons dévorer ces pancakes, mon pote! Lançais-je en ouvrant la porte

- J'crois qu'il y a une erreur… Tu ne voulais pas plutôt dire; je vais te laisser dévorer ma part de pancakes, non? Plaisanta-t-il

- Ah mais non! C'est beau de rêver hein?

- Tu l'as dit Henri!


Des reviews même si j'ai pas été gentille?