Bonjour à toutes et à tous. Je suis vraiment désolée de ne pas avoir posté la suite, j'imagine que certain l'ont attendue et ce depuis plus d'un an mais je n'avais pas particulièrement le temps ni l'envie d'écrire. Je suis vraiment impardonnable mais je promets de m'y remettre avec plus d'assiduité et de sérieux.
C'est parce qu'entre temps j'ai réussi à m'approcher du garçon que j'aimais en secret et que je croisais tous les jours, et, depuis six mois, nous sortons ensemble. Et comme dans chaque cas ou l'on réalise un rêve, il nous est difficile d'en avoir d'autres. Pour ma part il m'est impossible d'imaginer une seule histoire depuis que j'ai accompli mon rêve.
Donc voici ce nouveau chapitre point de vue Jacob. J'espère qu'il vous plaira =) le dixème est écrit dejà et sera posté la semaine prochaine.
Je n'avais pas pour habitude et pour préférence, surtout pendant les vacances, de me lever aux aurores. J'aimais de loin passer mes longues matinées à rêvasser dans mon lit, jusqu'à ce que Billy me demande de me lever sous peine de gouter à son fusil de chasse. Là, c'est Corah qui me demande de faire ça pour elle. Et me lever tôt pour passer du temps auprès d'elle vaut toutes les meilleures grasses matinées du monde entier. Donc, après un réveil très pénible et un habillage difficile, car, lorsqu'on est mal réveillé, il est de notoriété qu'on oublie facilement l'ordre dans lequel il nous faut enfiler les vêtements, je me retrouve donc sur le chemin de sa maison, uniquement guidé par l'odeur de la brioche sortant du four provenant de sa cuisine. Corah a dû se lever bien plus tôt que moi pour préparer tout ce qu'il ya sur la table lorsque j'entrai dans la maison inondée d'odeurs exquises. Je la serrai dans mes bras et humai son parfum, le plus enivrant de toute la pièce;
- Comment vas-tu aujourd'hui? Me demanda-t-elle alors qu'assis, elle plaça devant moi un bol de café serré en me faisant signe de me servir. Je crains ne pas être aussi bonne aux fourneaux qu'Emily.
- Je suis d'humeur à soulever des montagnes! Non en effet, tu ne cuisines pas aussi bien qu'elle, mais j'aime mieux ta cuisine quand même.
- Oh, merci Jacob.
- C'est vrai, tu t'es donnée du mal, et tu y a mis de l'amour. C'Est-ce que j'aime chez toi. J'espère que tu as pensé à moi lorsque tu préparais tout ça.
- Non. Même pas.
- Vraiment? Demandais-je, sérieux.
- Mais je plaisante! Donc, voilà le déroulement de la journée; on charge le camion direction Portland. Arrivés sur place, on s'occupe du stand, et ensuite on reçoit les clients jusqu'à six heures ce soir. On range tout et on rentre.
- C'est enregistré ma belle.
Corah rit, aux anges que je ne sois plus de mauvaise humeur. En effet, le retour des Cullen m'a pas mal contrarié, mais l'imprégnation a effacé ce que je ressentais. D'un même homme, nous bûmes notre café en même temps, les yeux dans les yeux. Les siens ce matin étaient pétillants, et j'y voyais un signe pour cette journée. Elle débarrassa la table puis me donna une tape sur l'épaule alors que j'étais encore assis. « Allez viens, Musclor, je vais avoir besoin de toi. »
L'essentiel des choses à charger dans le camion étaient des plants en tout genre; tomates, salades… Des compositions florales et des plantes vertes. Ce n'était pas lourd, mais nombreux, et quatre bras valaient toujours mieux que deux. La toile du stand ne prenait pas vraiment de place, et nous pouvions ajouter deux chaises bon marché qui je pense sembleront très confortables en fin de journée, lorsque la fatigue se fera ressentir. Corah me tendit les clés du camion. Elle savait pertinemment que laisser conduire une femme à ma place me laissait perplexe. Non pas par machisme, mais par galanterie. J'allumais radio, chauffage et contact, et nous étions sur la route de Portland.
Je n'avais pas spécialement remarqué à quel point Corah était plutôt bien vêtue aujourd'hui. Un jean délavé lui moulait outrageusement les jambes et les hanches, accompagné d'une fine chemise de Vichy à carreaux bleus et blanc, aux longues manches retroussées et aux deux premiers boutons détachés. Ses cheveux blonds étaient rassemblés en une queue de cheval haut perchée, tenus par un ruban de satin bleu foncé noué en un nœud papillon. Elle s'était maquillée, mais de façon discrète, et je trouvais que Bella, même vampire, a tout à lui envier. Ma parka que je lui ai offerte est pliée soigneusement sur ses genoux, et ses mains la pressaient doucement, comme pour qu'elle ne tombe pas. Corah fixait de ses yeux la ligne d'horizon, son esprit bien au-delà de cette route, au milieu de la forêt, bien au-delà des ennuis que pourra nous apporter le retour des Cullen. D'ailleurs, reconnaîtra-t-elle la femme sur la photo encadrée de ma chambre? Reconnaîtra-t-elle celle que j'ai fait passer pour morte? Les vampires auront' ils un impact sur elle comme sur nous? Se transformera-t-elle elle aussi en loup? Tant de questions auxquelles j'aimerais bien répondre avant d'y être confrontés.
- Jacob? Tu m'as l'air un peu dans les nuages. Tout va bien? Demanda-t-elle sans détourner les yeux de sa ligne imaginaire.
- Ah, c'est vrai? J'ai l'air tant dans la lune que ça? Non, ça roule. Je me disais juste qu'on va passer une chouette journée.
- Moi aussi, je pense. Ca va être cool de passer un peu de temps ensemble. Tiens, nous sommes arrivés. Gare toi ici, je vais chercher les formulaires. Tu sais quoi, Jake?
- Non, qu'y a-t-il?
- Je t'apprécie beaucoup.
- Moi de même.
Non, pour tout te dire Corah, je ne t'apprécie pas, je t'aime, voilà tout. Mais comment te le dire sans te brusquer et que tu t'envoles comme une colombe apeurée? Je ne pus la quitter des yeux le temps qu'elle traverse la route pour s'engouffrer dans le petit bâtiment de la mairie. La bague que je compte lui passer au doigt d'ici peu repose bien sagement sur mon bureau, dans ma chambre. Mais le bracelet que j'ai confectionné pour elle se baladait dans ma poche, attendant le bon moment de la journée pour être sien. Je ne vous en ai pas parlé, hein? Il est semblable à celui de Bella, sauf pour une petite breloque représentant une fleur que j'y ai ajouté. La porte passagère du camion claqua et Corah boucla sa ceinture avant même que je puisse me rendre compte de sa présence.
- Emplacement 198, chauffeur! En route! Plaisanta-t-elle
- Bien mademoiselle! Votre chauffeur, qui vous est fidèle corps et âme vous conduira où bon vous semble d'aller, y compris à l'autre bout du monde!
- La place du marché, c'est déjà un bon début, non?
Ah, si les rayons du soleil pouvaient apparaître dans le ciel comme le sourire de Corah sur son visage! Comme vous l'avez deviné, le beau temps n'était pas dans le chargement du camion, et passer la journée sous la pluie, même protégé d'une parka et d'une bâche allait être pénible. Très pénible. Mais supportable puisqu'elle est à mes côtés. Nos voisins d'emplacement commençaient eux aussi tout juste à s'installer, alors que s'élevaient déjà sur la place du marché les toiles imperméables de marchands. Je ris intérieurement en apercevant Corah tenter de porter la longue planche de bois destinée à être posée sur tréteaux. Au début, elle semblait s'empêtrer dans ses mouvements, ne sachant pas trop comment prendre la planche, mais ensuite elle la saisit avec deux mains puissantes et la leva d'un coup sans hésiter, et sans effort. Apparemment, Corah semblait tout aussi étonnée que moi de sa force nouvelle. Peut-être le fait de fréquenter des loups déclenchait en elle des gênes jusqu'à présent profondément enfouis? C'est possible, mais seul le temps nous donnera la réponse. Nous étions les seuls à posséder dans les environs une toile de stand rouge vermeille, et des tréteaux joliment peints en jaune poussin. Coté originalité, les autres pouvaient aller se rhabiller. Elle m'intima de séparer plants des fleurs coupées et compositions.
- Je vais m'occuper des fleurs coupées et des compos. Toi, tu prends le côté jardin, et si tu as un souci, tu demandes, hein? Expliqua-t-elle en fermant sa parka jusqu'au cou
- Pourquoi? Je suis capable de reconnaître une carotte d'une salade, et aussi de faire un bouquet.
- Je n'en doute pas, mon chou, mais il y a faire un bouquet et faire un bouquet. Quant aux carottes, elles ne se vendent jamais en plants. Et connais-tu toutes les variétés de salade?
- Tu critiques mes gouts en matière de composition florale? Là, pour les salades, tu marques un point.
- Oui, et pas qu'un peu! C'est plus judicieux que ce soit moi la bouquettiste.
- Bien chef!
Bien sûr, il est inutile de dire que vendre des salades est bien moins évident qu'il n'y paraît. Les clients que j'ai pu servir ont tous réussi à me poser une colle et Corah fut obligée de venir à ma rescousse plus d'une fois. La pluie ne nous amenait pas grand monde, mais la caisse se remplissait peu à peu, et lorsque j'avais un peu de mon temps, je la regardait offrir des brioches aux timides enfants accrochés aux mains de leurs parents, un sourire maternel sur ses lèvres. Tout l'amour qu'elle n'a pas pu offrir à Alisha, elle le donne aux autres, et au centuple. Et elle mérite qu'on le lui rende, cet amour, autant que Tim de se faire écrabouiller par un camion sur une autoroute.
- Euh… Corah?
Elle leva la tête du compartiment où elle piquait des morceaux de pommes de terre avec sa fourchette.
- Je peux aller faire un tour? Je n'en peux plus de rester derrière des espèces de mottes de gazon à vendre.
- Ne t'inquiètes pas, je comprends très bien. Va y, de toute façon, je pense me débrouiller seule.
La couverture polaire du camion couvrait ses genoux depuis une bonne heure déjà, après que je l'ai vue frissonner. Pourquoi souffre t'elle du froid, contrairement à nous? Peut-être que ça lui viendra ensuite. Un marché aux fleurs n'a rien de particulièrement folichon pour un mécanicien, qui plus est, un mécanicien habitué à vivre très près de la nature sous une apparence terrifiante et poilue. Un autre auvent carmin attira mon attention. Des guirlandes de cœurs en polystyrène pendaient comme des rideaux des deux cotés d'un table couverte de roses. Une bannière derrière la vendeuse… Une jolie vendeuse, quoiqu'elle me dérangeait pour lire ladite banderole. Elle vendait des roses éternelles. Elles sont réputées pour ne faner qu'au bout de plusieurs années grâce à un produit de conservation qui remplace leur essence naturelle. Le prix était plutôt dérisoire, et la vendeuse m'observait hésiter avec un sourire enjôleur.
- Alors, jeune homme, un renseignement? Roucoula-t-elle
- Oui, j'aimerais une de ces roses.
- C'est pour offrir?
-Oui.
Evidemment. Je ne suis pas narcissique au point de m'offrir des roses.
- Pour une maman? C'est bientôt la fête des mères et c'est une jolie…
- Non.
Ma mère est au cimetière et ne remarquerait même pas la longévité de cette rose, elle-même figée dans un sommeil éternel.
- Pour une amie alors? C'est bien courant de voir un garçon offrir une rose à sa meilleur amie.
Bella est aussi froide qu'un cadavre et passe son temps à sucer le sang d'animaux en foret, elle-même beaucoup plus éternelle que cette rose.
- Non. Pour une petite amie.
Une future petite amie.
- Ah. Elle a bien de la chance de recevoir cette rose et de vous avoir… J'espère qu'elle le mérite bien.
Mériter quoi? Moi ou la rose? Elle vaut largement les deux.
-Bien sûr.
Lorsque je revins, Corah finalisait un joli bouquet de fleurs blanches pour une dame plutôt âgée, le sourire aux lèvres et la couverture sur ses épaules. La vendeuse et la cliente discutaient joyeusement sous ce temps gris et humide. Je passais derrière la table improvisée et brandissait sous le nez de la visage pâle la rose éternelle.
- Oh Jacob, il ne fallait pas! S'exclama-t-elle en joignant ses deux mains.
- Bien sûr que si. Cette rose te durera longtemps, mais ce n'est rien comparé à l'amour que je ressens pour toi Corah. Tu resteras toujours dans mon cœur.
Elle me regarda, puis gênée, regarda la cliente.
- Je ne sais pas quoi dire je… Crois que je t'aime aussi.
Ses joues commencèrent à rosir.
- Ah, c'est beau l'amour, à votre âge. Commenta la vieille dame.
On lui sourit tous les deux en agitant la main en guise d'au revoir. Mon amie attendit qu'elle disparaisse de notre champ de vision pour venir se nicher dans mes bras. J'eus l'impression que pour une fois elle était mienne et rien ni personne ne pouvait me la prendre. J'enfouis mon visage dans ses cheveux blonds pour à nouveau sentir son odeur de lilas fraîchement éclos.
Le silence nous enveloppait dans le camion, comme la nuit qui tombait sur la péninsule. C'est sur la pluie que nous avons plié bagages, bien moins chargés qu'à l'aller, a part une lourde fatigue pesant sur nos paupières. Sur ses paupières, car des journées fatigantes, j'en ai connu des bien plus rudes que celle-ci. Les genoux repliés contre son corps, emmitouflée dans la couverture et la parka, sa poitrine se soulevait doucement aux rythmes des faibles respirations endormies. Corah fait partie des gens dont le visage pâlit durant le sommeil. Ah, ce que j'aime la voir dormir! Je l'aurais bien contemplée pendant tout le trajet mais mes yeux avaient déjà trop à faire avec la route. J'aurais tout mon temps de la regarder lorsqu'elle aura ma bague au doigt. On vivra dans la réserve, chez Billy, ou bien chez elle. Peut-être construirai-je un cottage pour nous et nos enfants. Un, deux, ou trois? Tous des enfants lune. Car l'imprégnée est la femme la plus apte à perpétuer la meute. Je me garai dans mon allée et hésitai un peu avant de réveiller ma Belle au Bois Dormant. Je posai une main brûlante sur son genoux en murmurant son prénom. Corah ouvrit les yeux sans problème, bailla longuement et me regarda d'un air de chien battu.
- Oh, nous sommes arrivés! Je suis désolée d'avoir dormi pendant le trajet. T'as du t'ennuyer, je m'excuse c'est…
- Ne te mine pas pour ça. Tu étais fatiguée, c'est normal. Je vais te laisser reprendre le volant jusque chez toi. Fais attention sur la route.
- Merci Jacob, merci pour tout. Je te donnerai ton salaire demain, chez les Uley.
- D'accord. A demain.
Corah commença à se dépêtrer de la couverture pour passer du côté conducteur. Je ne sais pas si l'idée qui vient de me traverser l'esprit est bonne mais je ne saurais pas si je ne tente pas le coup. Peut-être me détestera-t-elle, comme Bella, mais après tout, c'est le bon moment. Alors qu'elle repliait le polaire pour le mettre dans la boîte à gants, je lançai, debout à l'extérieur du véhicule, la main sur la portière pour la refermer;
- Corah?
- Oui?
Je n'attendis pas qu'elle se rende compte de ce que j'allais faire et je fondis sur elle. Nos lèvres se heurtèrent dans que mes mains tenaient son visage pour ne pas rompre ce moment si attendu. Pendant un instant, je crus qu'elle levait ses mains pour me rejeter mais elle les crocheta autour de mon cou et chercha avidement ma bouche. Je laissai son doux visage pour parcourir sa colonne vertébrale, nos deux souffles chauds se mêlant dans un drôle de ballet. Je clipsai délicatement le bracelet que j'avais prévu pour elle à son poignet, sans qu'elle ne le remarque. Le baiser échangé avec Bella ne vaut rien, rien comparé à celui là. Avec Corah, tout est plus passionnel, plus fort, on ne fait qu'un, elle et moi, unis par un lien mystérieux et magique. Elle sépara nos lèvres de ses doigts fins et glacés. J'aimerais tant qu'elle ait notre température!
- Ton père va encore s'imaginer des choses, en voyant mon camion dans l'allée, et en te voyant pas arriver. Tiens, ce n'est pas lui qui vient de bouger les rideaux? Me fit remarquer Corah, essoufflée.
Je lui piquai encore un baiser.
- Je file. Laisse ta fenêtre ouverte, ce soir…
- Je t'attendrais.
Je n'étais plus le même homme. Je ne suis plus cet homme détruit par le chagrin d'avoir perdu celle qu'il aimait, de l'avoir perdue au profit de son rival, et en attente d'une imprégnée qui ne montrait pas ses sentiments. Je suis un homme heureux, à présent. Mon père n'attendit même pas que je lui demande la permission. « Va rejoindre ta dulcinée, jeune imbécile! » m'a-t-il dit en ajoutant que ce n'est pas beau de se jeter sur une demoiselle et de l'embrasser à pleine bouche sans la laisser respirer. Corah avait raison. Il nous épiait, encore. Je filai me changer avant de partir. La demande en mariage ne sera pas pour ce soir. Autant laisser la bague à la maison. Une poignée de secondes plus tard, je claquai la porte de la maison avant de courir vers celle des Nello. Une voiture inconnue était garée près de la porte d'entrée, un beau 4X4 noir rutilant. La pluie se mit à tomber drue sur la réserve. Je me faufilai par l'arrière de la maison pour me mettre l'abri dans la chambre de Corah. La fenêtre était fermée, la chambre plongée dans l'obscurité et inoccupée. La lumière du couloir passait par la porte entrouverte et je parvins à distinguer sans aucun mal la rose traînant sur le lit, comme un objet délaissé.
Reviews?
