Eh hop, je vous poste le chapitre 10 pendant ma petite semaine de bac blanc qui s'achève demain ! Bonne lecture =)
« Je vais te laisser reprendre le volant jusque chez toi. Fais attention sur la route ». J'aurais pu conduire correctement, si tu ne m'avais pas embrassée, Jacob Black. C'était magique, bien plus fort que ce que j'avais pu vivre avec Tim. Comme si l'éternité s'offrait devant nous. « Ne t'imprègne surtout pas de l'Alpha », avait dit grand-mère en précisant que si cela arrivait, nous serions tous deux figés dans le temps, deux etres immortels qui ne connaitront jamais la mort. Tout cela me parait irréel, dans ce monde. Combien de personnes sont-elles au courant, elles aussi, de la présence de ces êtres imaginaires parmi nous?
Un 4X4 rutilant noir, garé dans l'allée de ma maison me tira de mes rêveries. Il est bien trop tard pour recevoir un client et cette voiture est bien trop voyante pour qu'elle appartienne à un ami ou un membre de la famille. Une pointe d'inquiétude naquit au creux de mon ventre et je précipitai ma descente de voiture, rose dans une main, la parka dans l'autre. Ce n'est pas normal, il doit se passer quelque chose. Les sourcils froncés, prise d'angoisse en passant le seuil de la porte, j'essayai d'annoncer a voix haute mon retour. Peine perdue, ce ne fut qu'une voix fluette et aigue qui sortit de ma gorge. Mon père m'avait entendue .
« Ma puce, tu veux bien nous rejoindre dans le salon? C'est important. »
De plus en plus étrange. La porte était légèrement entrouverte, laissant passer un maigre filet de lumière dans le couloir sombre où je me trouvais, jambes tremblantes. Je jetai un œil dans l'entrebaillement de la porte et mon cœur manqua de me lacher. Tim était assis sur le canapé, le visage livide, son regard morne contemplant notre tapis aux motifs norvégiens, ses deux mains pendant entre ses genoux. Depuis combien de temps était il ici? Je jurais intérieurement avant de me précipiter vers ma chambre. J'avais promis à Jacob de laisser ma fenêtre ce soir, mais comment l'honorer alors que le père de ma defunte fille est sous mon toit? Pressée par un second appel de mon père, je ne pus trouver de solution et je jetai vite la rose sur mon lit. Je m'en occuperai plus tard. Lorsque je fis mon entrée dans le salon, les deux yeux bleus que j'avais tant aimé autrefois se sont levés vers moi. Ce n'était pas Tim. Ce n'était plus Tim, mais un homme rongé par le remod et le chagrin.
- Hey, Corah, tu vas bien? Tu peux me consacrer un peu de ton temps? J'ai à te parler.
- Il est tard Tim, je ne sais pas si je…
- Il est là depuis notre retour de la réunion citoyenne, à 14h30, et il avait déjà l'air d'attendre depuis longtemps. Intervint ma mère qui se tenait près de la fenêtre, se fâchant quelque peu de mon impolitesse.
- D'accord. Papa, Maman, vous voulez bien nous laisser seuls?
- Tu es sure ma cherie? On peut laisser la porte ouverte. Demanda mon père.
- Certaine, c'est inutile.
Nous attendîmes qu'ils eurent claqué la porte derrière eux et lorsque ce fut fait, un silence gênant envahit la pièce. Je n'avais rien à lui dire. Rien de plus depuis notre passage au tribunal. Comme je me sentais un peu nouille, debout en plein milieu de la pièce, les bras ballant, je pris place dans le vieux fauteuil de mon père, usé jusqu'à la corde et où il venait boire un café tous les soirs. Tim se lança enfin, après un long moment de réflexion encore.
- Je m'excuse, Corah. Je regrette. Je sais que j'aurais dû être plus prudent, prendre plus de responsabilité.
Oui Tim, mais c'est trop tard. Trop tard pour une prise de conscience, avoir des remords et devenir mature. Trop tard pour venir me parler, trop tard pour s'excuser.
- Arrête. Tu crois que me dire ça maintenant va changer quelque chose? C'est ça que tu crois? Que notre fille va revenir d'entre les morts tout ça parce que tu as avoué tes fautes? On ne la reverra plus jamais, on ne pourra plus la tenir dans nos bras, la voir grandir et devenir quelqu'un, Tim, Alisha est morte et ce n'est plus qu'un cadavre en décomposition au fond d'un cercueil !
Je ne disais pas ça pour lui faire comprendre, mais plutôt pour voir moi même la réalité en face.
- Je sais que ce n'est pas possible pour Alisha, Corah. Je parlais de nous deux. J'ai ouvert les yeux, j'ai compris que je ne pouvais pas vivre loin de toi plus longtemps.
- Tu aurais peut être dû y penser avant de fermer les yeux de ma fille définitivement. C'est ton 4X4 qui te donne bonne conscience? Tu vas bien m'écouter maintenant Tim, car je ne le répeterai pas deux fois. On ne vivra plus jamais ensemble, plus jamais.
- Mais après …
- Maintenant je te prie de quitter ma maison, de monter dans ta foutue bagnole et d'aller où bon te semble, mais ne remets jamais les pied ici.
Il ne pipa mot pendant quelques instants, peut être surpris de cette hardiesse nouvelle chez moi, puis se leva d'un bond et rapprocha son visage à quelques centimètres du mien, furieux. Il ne s'attendait probablement pas à ce que je le rejette. J'eus peur de la réaction depuis la première fois depuis que je l'ai rencontré. Que serait il capable de me faire, maintenant que plus rien ne nous liait? Impossible de le calculer comme avant. Il avait changé. Et dire que si tu étais venu plus tôt, Tim, j'aurais été prête a te pardonner, à ramper à tes pieds comme un être pitoyable pour avoir à nouveau ton amour. Tout serait redevenu comme avant, car une infime partie de mon cœur t'aimait encore. Mais c'était avant que je ne croise Jacob, avant qu'il ne ramasse ces crayons tombés de ma trousse. Il a effacé l'ardoise, a reparé mon cœur pour le garder rien que pour lui.
- Sors de chez moi ! Lachais-je, les dents serrées, voyant qu'il ne bougeait pas d'un iota.
- Tu fais une grave erreur, Corah! Lança-t-il en claquant la porte du salon.
Tout en fermant les paupières, quelques instants après dans mon lit, je songeais aux excuses que j'allais devoir fournir au loup garou pour ne pas lui avoir ouvert la fenêtre. Je l'avais ouverte avant de me mettre au lit, mais pas de Jacob. Il est trop tard pour l'attendre maintenant.
La meilleure façon de me faire pardonner était selon moi d'aller chez les Uley en portant le joli bracelet a breloques de bois quil m'avait offert la veille. C'Est-ce que je fis, et le bijoux tintinnabulait à chacun de mes pas qui m'approchaient du cottage. Aujourd'hui, la meute au grand complet devait être présente, afin qu'on accorde nos violons, si je puis dire. Je pourrais m'avérer utile si je ne leur broyais pas les oreilles et leur cerveau. Je ne m'étais pas habillée avec mes plus beaux vêtements, et mes cheveux très peu coiffés partaient dans tous les sens. Je ne sais pas trop à quoi m'attendre aujourd'hui. C'est donc en survêtement, un bracelet au poignet et une tête de tombée du lit que je sonnais à la porte avec un peu de retard. Ce fut Sam qui ouvrit;
- Salut Corah. Tu es en retard. Entre les autres sont dans le salon.
- Bah, que veux tu, on est pas tous doué de votre super vitesse de loup garou.
Effectivement, tous étaient attablés devant une brioche, sauf Leah qui bras croisés, me dardait de son regard. Elle me reprochait surement la même chose que son supérieur… Jacob lui semblait contempler seulement son assiette sens la toucher et ne daigna même pas venir me voir.
- Ca fait une demie heure qu'on t'attend. Lacha Quil en reprenant de la confiture.
- Pense à être à l'heure la prochaine fois. Completa Embry.
Ah, mes deux copains de toujours. Apparement, bon nombre de la meute n'apprécie toujours pas ma présence. Et moi non plus.
- Ah oui, vous m'attendiez? A ce que je vois, vous vous baffrez plutôt. Nuance.
- Elle n'a pas tort les gars, dites pas que son retard vous dérange. Lachez Miss un peu, sinon vous aurez affaire à moi. Ordonna Seth en se levant pour me donner l'accolade. Content de te voir.
Je pensais à Jacob qui ne m'avait pas adressé la parole depuis que j'avais franchi la porte. Avait il mal pris la fenêtre fermée d'hier? Sam nous demanda de sortir dehors pour nous enfoncer un peu dans les bois. Nous marchions tous en ligne, comme une petite armée. Entre le chef de la meute et Jacob, il m'arrivait de froler l'épaule nue de celui-ci sans qu'il ne me regarde. Je me rattrapais à lui parfois, quand une branche de bois ou un terrier avait décidé qu'il était temps pour moi de trébucher. Puis, voyant que je peinais vraiment à suivre et à marcher sans risque de me tordre la cheville, il me porta dans ses bras, le regard toujours perdu vers l'horizon. Ceci fait, tous se mirent à courir, Jacob y compris. J'avais l'impression de voler, dans ses bras, lancée à cette vitesse folle parmi les arbres. A la vue d'une petite clairière, tous ralentirent puis Paul me dit;
- Retourne toi. On doit se déshabiller avant de se transformer. Sinon nous explosons nos vêtements.
- Non non, je ne me retourne pas, qu'Est-ce qui pourrait bien m'arriver, une fois que j'aurais le dos touné? Puisque je suis un fardeau pour vous, ce serait un grand avantage de m'éliminer.
- Ne t'inquiète pas, Corah tu risque rien, je te l'ai déjà dit sur la côte. Dit Jacob en jetant un regard terrifiant à chacun des membres de la meute, tour à tour.
Si Jacob le dit…
- Bon tant pis. Après tout, je m'en fous. Commenta Leah en commençant à retirer son T shirt.
- D'accord, je me retourne, c'est bon! Hurlais je en tournant vivement les talons.
Leah avait un bien plus fort caracère que je ne me l'étais imaginé. En meme temps cela ne doit pas être facile d'être la seule fille dans ce monde de garçons, à se transformer comme eux. Ils ne mirent pas longtemps à muter et un sifflement de boulloire emplit mes tympans, que je bouchais de mes mains même si je savais très bien que ce bruit venait de ma tête. Ne pas s'évanouir, cette fois ci, même si je me sens déjà vaciller. Tenir bon. Apprendre à vivre avec, avec cette télépathie et ces loups qui, d'un coup de patte, peuvent me…
- Ah! M'exclamaisje en sentant une queue me taper dans le dos.
Casser trois côtes et même me tuer.
« Détends toi Corah, Zen! » Lança télépathiquement Jacob. « Parce que je n'ai pas l'air zen, là? » « as l'air aussi raide qu'une souris qui a avalé de la mort au rat. Retournes toi, n'aies pas peur, je te protège, tu sais bien. » « Moi aussi » pensa Seth
Je comprends mieux pourquoi c'est dur pour les gars de la meute que Seth soit gay. C'est vrai que se déshabiller devant lui, pour eux ça doit être…
« Eh Miss! Je ne suis pas de ce bord là ! » se Justifia l'interessé
Oups. J'oubliais qu'ils étaient dans mes pensées. Jacob devait plaisanter.
« Ah d'accord, Jake, tu vas me le payer »
Re-oups. Décidement, c'est une habitude à prendre.
« Ca va venir naturellement Corah. Apres deux ou trois de tes plus grands secrets revelés, apres deux ou trois bourdes tu y parviendras » M'expliqua le chef de la meute. « Eh mec, pourquoi tu as dit ça? » reprit Seth. « C'est simple, je voulais l'avoir pour moi tout seul. Retourne toi Corah, ce n'est pas si terrible que tu peux l'imaginer »
Après tout, il avait raison. S'ils avaient voulu me tuer, je pense que ce serait déjà fait depuis longtemps et que nous ne serions pas actuellement en train de parler des tendances de Seth. Ce que je pensais terrifiant était en fait magique; sept immenses loups, hauts comme des cheveux, au pelage chatoyant sous le soleil, se tenaient droits devant moi, imposants. Une léchouille de Jacob me tira de ma contemplation et je ris en lui ébouriffant les poils de sa crinière, puis en le serrant aussi fort que me le permettaient mes pauvres bras. Après quelques gamineries échangées avec lui, Sam nous demanda de nous asseoir en cercle, moi y compris.
« Assis toi entre mes deux pattes avant, tu t'y sentiras plus en sécurité » m'intima celui que j'aimais. « Est-ce vraiment nécéssaire? » « Je préfère prendre des risques inutiles ».
Je n'ai pas cherché à comprendre pourquoi et je m'éxécutai, me lovant dans sa douce fourrure chaude. Lui ronronnait, heureux lui aussi. Sam, le loup noir, prit la parole de cette étrange voix neutre qu'est celle de l'Alpha, cette voix qui me faisait courber la tête mais me donnait aussi l'envie de contester.
« Comme vous le savez tous, ils sont de retour » « De qui? » demandais -je , mal informée de leurs histoires. « Les Cullen » répondit Seth . « Des créatures aux dents longues » proposa Quil « Des buveurs de sang » cracha Leah « Des vampires… » résumais-je
L'existence des loups ne pouvaient tenir s'ils n'avaient pas une espèce contre qui lutter. Des vampires.. Jamais mon raisonnement ne m'aurait poussée jusque là. Il y a tant de choses surnaturelles dans ce monde, et plus précisément à Forks!
« Il est de notre devoir de leur rappeler le pacte qui stipule qu'ils ne doivent pas tuer un humain dans notre périmètre. Mais nous devons rajouter une nouvelle close suite à cette année mouvementée; qu'ils ne s'entichent pas d'une humaine ou d'un humain, et dans le cas où ce serait une femme, qu'ils ne l'engrossent pas. »
Soudain, des images défilèrent dans ma tête. Des souvenirs. De Jacob. D'une femme nue aux yeux injectés de sang, au ventre arraché et saignant. Tout était chez elle une irruption de douleur. Ma tête devint lourde et prise d'un haut le cœur, je me levai et mécartai du cercle pour vomir. Deux mains chaudes attrapèrent mes mèches blondes qui trainaient.
- Désolé d'avoir pensé à ça.
Jamais je n'oubleirai ces yeux révulsés.
- C'est rien, rejoins les autres, j'arrive.
Le reste de la confrontation se passa normalement et la nuit commença à tomber. Tous regagnèrent forme humaine et piochèrent dans le tas de vêtements que j'avais amassé. Nous refîmes le chemin à l'envers, Jacob et moi traînant un peu à l'arrière, silencieux. a-t-il tout oublié de ce moment magique que nous avons passé tous les deux, dans mon camion? a-t-il tout oublié de ce baiser aussi fulgurant qu'une chute d'étoiles? Aussi puissant et doux qu'une drogue? Je lui pris la main et la serrai fort. Ne ressentait'il plus ce sentiment doux de sécurité lorsque nos deux peaux se frôlent?
- Désolée, je n'ai pas pu t'ouvrir hier soir.
Pas de réponse.
- Mais viens ce soir, tu ne la trouveras pas fermée cette fois ci.
Toujours rien. Je me mis sur la pointe des pieds et réussis tout de même à lui frôler les lèvres avant qu'il ne détourne la tête.
- Pas ce soir.
