Bonjour à tous ! Je vous poste la suite qui est un point de vue Corah et que vous pouvez considérer un peu comme une " Partie 2". C'est là que les choses vont devenir intéressantes ! J'espère plein de reviews pour m'aider à écrire la suite!
Quel jour nous sommes, combien de temps s'est passé depuis, je n'en sais trop rien. Les yeux fatigués, je suis éblouie par la lumière pâle filtrée par la fenêtre. La maison est vide, à part moi, assise dans la cuisine, assise dans le silence du deuil. Il fait beau dehors, mais pas trop. Je n'entends pas d'oiseaux chanter. Sur la table, une photo de ma grand-mère me regarde. Elle est partie, emmenant avec elle les bons moments ou j'allais chez elle manger une part de tarte, la bonne odeur de rose qui flottait dans son salon et ses intuitions presque toutes vraies sur la météo. Comment a-t-elle pu partir si tôt? Elle se portait très bien et du jour au lendemain les anges la rappellent près d'eux. Je ne me souviens pas avoir vraiment dormi entre deux. Je ne pouvais pas, non, je ne pouvais pas fermer les yeux sans penser à elle, sans rêver d'elle.
Le crissement des pneus sur mon allée de gravier se fait entendre. Je ne me précipite pas vers la porte d'entrée, elle est ouverte de toute façon. Pâle et triste, je rangeai la photo de Denise dans mon sac de velours noir et attendais que Jake ouvre la porte. Depuis combien de temps ne l'avais-je pas vu? Depuis combien de temps j'ignore ses appels? S'inquiétait il lui aussi pour moi, tout comme mes parents? Il ne semblait pas fâché, non. Après avoir ouvert la porte doucement, il me serra dans ses bras en me caressant les cheveux. Les larmes commencèrent à couler, doucement, puis de plus en plus rapidement, et les sanglots arrivèrent.
- Chut, mon ange. Ne pleure pas. Tu vas enlever ton maquillage. Tenta-t-il de plaisanter
C'était plus fort que moi, dès que je suis triste et que quelqu'un me console, je fonds en larmes.
- As-tu mangé? Tu me sembles blanche.
- Du thé oui. Répondis je en essuyant d'un revers de main mes yeux.
- Non, je te demande si tu as mangé. Peu importe, nous devons y aller. Tu es sure que ca va aller?
- Je n'ai pas le choix.
Il me prit par les épaules et m'aida à marcher, tâchant de ne pas abîmer ma robe de dentelle noire. La même robe que l'enterrement de ma fille. J'esperais ne pas la porter avant un long moment. Jacob avait juste revêtu une chemise noire pour l'occasion. Il n'était pas obligé de m'accompagner, il n'avait pas forcément envie d'être là aujourd'hui et pourtant c'était bien lui qui conduisait la golf dans la route sinueuse qui menait à l'Eglise. Nous n'avons pas une famille particulièrement grande. C'est pourquoi je n'étais pas surprise de voir uniquement mes parents, Billy, et les Uley se tenir devant l' église. Le lierre grimpait sur les vieilles pierres prêtes à tomber, au milieu de la foret dense. Il n'y avait pas de pelouse, ni même une touffe d'herbe au sol, seulement quelques cailloux et une mousse épaisse qui ne pousse que dans les régions humides comme la notre. Chancelante, je m'avançais vers ma famille, tenue par la taille par mon petit ami. Mon père restait grave, lui aussi touché par la mort de sa mère. Tous enfin réunis, nous entrâmes dans la chapelle pour la cérémonie religieuse. Je me souviens avoir déjà été assise ici, sur ce vieux banc bancal du premier rang, pleurant à chaudes larmes devant un petit cercueil d'ébène. Une larme roula sur ma joue et tomba sur le livre de prières. Un an à peine après sa mort. La vie est injuste. Une autre larme tomba. Le pasteur annonça la fin de la cérémonie et les porteurs de cercueil le soulevèrent pour la marche funèbre vers le cimetière.
Je lâchais Jacob pour serrer la main de ma mère ainsi que celle de mon père pour marcher derrière le cercueil de ma grand-mère. Le cimetière n'était pas très grand et malgré la semaine sans pluie que nous venions d'avoir, la mousse au sol restait verte et les buissons et arbres verts comme en pleine saison de pluie. Peu de personnes ont été enterrées ici ces dernières années. Les tombes étaient vielles, verdâtres et fissurées. Seule cette tombe de marbre noir choquait parmi les autres. La tombe de ma fille. Près d'elle une autre de même aspect, le trou creusé encore frais. Le cercueil fut posé au fond, délicatement, et je saisis une rose blanche posée au sol parmi tant d'autres pour la jeter sur le coffre d'ébène. Tous firent comme moi, puis les employés saisirent leurs pelles.
Une première pelletée tomba sur le bois noir.
« -Mamie ! Mamie! J'ai appris à compter jusqu'à vingt aujourd'hui !
- C'est très bien ça ma puce, tu pourras bientôt venir m'aider à faire la vendeuse avec ta maman. Allez monte dans la voiture, il fait froid.
Mes petits souliers rouges étaient loin de toucher le sol de la voiture à l'époque, et, assise dans mon siège enfant, je contemplai avec fierté ma mamie me ramener chez elle. J'adorais quand elle venait me chercher, devant tous les enfants, et qu'elle m'emmenait dans sa vieille voiture comme on en fait plus.
- Je t'ai préparé un bon chocolat chaud et il y a des muffins qui sont en train de cuire. Tu vas m'aider à faire des décorations en pâte à sel pour mettre dans le sapin?
- Oui ! »
Une seconde pelletée rejoignit la première dans un bruit sourd.
« - Ma chérie ce n'est rien, juste une égratignure. Ca sera guéri avec un pansement et un peu d'amour.
- Ca fait mal, mamie…
- T'en fais pas. Viens dans la cuisine, je vais te mettre un pansement et te donner un biscuit.
Ma bicyclette rose renversée sur le côté, une petite roue tournant dans le vide, j'étais assise par terre avec une patte de pantalon retroussée. Une vilaine égratignure saignant un peu décorait mon genou. Mes yeux encore humides, je tendais la main à ma grand-mère pour aller dans la cuisine. »
Une troisième pelletée vint avec les premières et mes larmes roulèrent sur mes joues et des sanglots étranglèrent ma gorge. Jacob vint m'encercler aussitôt de ses bras. Je m'y laissai aller un instant, sentant les regards de mes proches sur moi. Je n'avais pas dormi depuis des jours, je ne pouvais pas faire face sans lâcher quelques larmes. Ses mains caressant mes cheveux, je ne jetai plus un regard vers ce trou qui peu à peu s'emplissait de terre. Blottie contre lui, je laissai éclater mon chagrin, enveloppée dans la chaleur de nos corps. Mes yeux ne pouvant plus pleurer, je relevai la tête. Je n'étais plus dans le cimetière, mais près de la voiture. Comment diable ai-je pu ne pas me rendre compte qu'il me déplaçait ?
- Corah, je sais que ça n'a rien à voir avec l'enterrement et que ça casse un peu tout, mais j'ai des courses à faire pour mon père. Tu m'accompagnes?
Je ne servais pas à grand-chose, dans le supermarché. J'étais un poids lourd traîné par le chariot. Je m'accrochai tant bien que mal au guidon tandis que Jake tirait le cadis, passant d'un rayon à un autre, une liste à la main. Pourquoi Est-ce que je me sens si faible et à la fois je sens comme une poussée d'adrénaline en moi? Curieux mélange. C'était comme ci mon chagrin me forçait à baisser la tête et les yeux alors qu'une force en moi me disait de me redresser et d'être forte. Que se passe t'il? Mon petit ami me proposa d'aller boire un café au salon de thé à coté histoire de se changer les idées. Pourquoi pas. Je n'étais pas très café, alors j'ai préféré commander milkshake poire chocolat. Le sang bouillonnait dans mes veines, je me sentais brûler et ça devenait désagréable. Mon corps tremblait et des gouttes de sueur perlaient dans mon dos. Je ne comprends pas. Je me sens si mal. Fiévreuse, je rejoignis ensuite la vieille golf rouillée avec Jake. Lui aussi ne semblait pas dans son assiette. J'accrochai ma ceinture de sécurité et Jake laissa passer un couple en sortant du parking. La jeune adolescente aux cheveux caramel me regarda de ses profonds yeux noisettes.
Attendez. Cette adolescente c'est… C'est Alisha. C'est sûre que c'est elle, elle lui ressemble tellement ! Oui oui elle est plus vieille, mais c'est elle j'en suis certaine ! Ma fille n'est pas morte, non ! Elle est là, devant mes yeux ! Je débouclais ma ceinture de sécurité et ouvrit la portière. Un bras puissant me retint à l'intérieur. Jacob me secouait et me tenait fermement.
- Corah reste là ! N'y vas pas!
- Lâche moi ! Laisse moi ! Laisse moi aller voir ma fille, lâche moi !
Prise d'une force surhumaine, je parvins à m'échapper et à courir comme une dératée vers le couple. Je me heurtais à une surface aussi dure que le marbre. Je levai les yeux, l'homme me barrait le passage. Il avait les cheveux cuivré, le teint pâle et les yeux dorés. Une expression haineuse se dessinait sur son visage. La femme, au visage très pâle elle aussi, mais une très belle femme me regardait d'un air désolé. Une odeur nauséabonde emplit mes narines et me chamboula encore plus. Excédée, je tombais au sol, hurlant, pleurant, griffant le macadam. Deux mains puissantes m'empoignèrent et me tirèrent en arrière malgré mes protestations. Mon sang bouillonnait dans mes veines, c'était insupportable. Puis d'un coup un vent glacial souffla dans mes muscles et je m'évanouis, étourdie.
Le vieux rouge du canapé de Billy fut la première chose que je vis en me réveillant. Les yeux rouges, j'essayais de me remémorer ma journée. L'enterrement, Alisha... Alisha. Une larme coula sur le chemin tracé sur ma joue par tant d'autres larmes. Les pneus crissant du fauteuil de mon beau père se rapprochèrent et je sentis une main frotter ma joue.
-Tout va bien, Corah, ne pleure pas.
-Où est Jacob?
Une main brûlante se posa sur ma cuisse et la frotta. Il était assis à mes pieds, sur le canapé, et n'avait pas du bouger pendant un long moment. Je vis ses yeux inquiets me regarder et je compris qu'il se passait quelque chose.
-Ce n'était pas Alisha, n'est ce pas?
-Non, ce n'était pas elle.
-Pourquoi elle lui ressemble, alors?
-Je ne peux pas l'expliquer.
-Pourquoi ont-ils la peau si dure? Pourquoi sentaient ils mauvais?
Aucune réponse. Le silence envahit le salon , baigné dans la triste lumière des jours pluvieux. Billy et Jacob se regardèrent tous les deux et je devinais qu'ils savaient la réponse.
-Dites moi! Je sais que vous savez la réponse!
- Ce sont des vampires. Et tu vas devoir les rencontrer.
