Voilà la suite ! Comme je vous l'ai promis, je vais essayer de finir l'histoire dans l'été. Bonne lecture !


Au contact de sa peau de marbre sur mon corps, un feu s'alluma peu à peu en moi. De simple étincelle, il passa à un immense brasier. Les gouttes de sueurs dégoulinaient sur mon visage, de plus en plus nombreuses. Je vis une dernière fois Jake à mes côtés, me tenant la main, et tout devint flou. La chair de poule parcourut tout mon corps et je sentis mes muscles se tendre, se tendre jusqu'à un point que je n'aurais jamais cru possible. Je veux crier, hurler de douleur, mais aucun son ne sort de ma gorge sèche.

- Carlisle, ça recommence, marmonna Jake, les dents serrées.

- Je sais Jacob, mais je ne peux pas empêcher cette réaction, à par arrêter l'examen, et nous ne pouvons pas faire ça.

- Mais elle souffre ! On ne va pas répéter ça chaque semaine ! Arrêtez de la toucher, elle va se calmer !

Mais je n'étais déjà plus là. Je n'entendais, ne voyais plus rien. Seuls les battements de mon cœur, lents et lourds parvenaient à mes oreilles. Puis je vis une fôret, une fôret dense aux arbres montant à l'infini vers le ciel invisible, traversant même les nuages. Il venait de pleuvoir et l'air était chargée d'humidité. Le sol mousseux semblait gorgé d'eau , recouvert de flaques éparses. Je m'approchais de l'une d'elle en vacillant. Je me penchais au dessus d'elle pour voir mon reflet.

Mais à la place de mon visage et de mes cheveux blonds, je vis une énorme tête de loup.

Le loup était aussi blanc que la neige fraîche en hiver et je savais par habitude que c'était un loup garou. Ses yeux n'étaient pas assortis, non, l'un était aussi bleu que le ciel et l'autre aussi doré que de l'or. Je ne sais pas combien de temps je restais la à le contempler avant qu'un gémissement retentisse devant moi. Le reflet disparut de la flaque et je me retournais vers ce petit cri perçant.

Deux louveteaux avançaient d'un pas encore incertain vers moi, se bousculant et trébuchant. Le plus gros des deux avait une fourrure chocolat et des yeux bleu azur tandis que l'autre, plus chétif, arborait un pelage noir et des yeux ambrés. Pas à pas, je m'approchais d'eux pour pouvoir les toucher. Mais alors que je tendis la main, je revins à moi en un hurlement de douleur.

- Des jumeaux… Soufflai-je entre deux respirations

- Qu'est ce que tu racontes, Corah ? Tu as mal quelque part ? Demanda Jake en serrant encore plus fort ma main

- Non tout va bien. Est-ce que c'est terminé, Carlisle ?

- Oui, j'aimerais en parler à un collègue, pour que mon diagnostic soit sur. Je vous rappellerai dans la journée.

Je suis à présent sure de moi qu'il n'y a pas un, mais deux cœurs qui battent en moi. Epuisée, je ne me sentais pas la force de me redresser dans le lit, ni de bouger quoi que ce soit.

- Ta vie quotidienne se passe bien en ce moment Corah ?

- Oui, je dors beaucoup et je suis le régime protéiné que vous m'avez prescrit, même si la viande crue n'est pas ce que je préfère. Mais, si je suis immortelle et Jake aussi, comment ai-je pu faire pour tomber enceinte ?

- Peut être que la grossesse a commencé avant le processus. Ton enfant sera surement mortel, mais il y a une chance qu'avec ton sang génétiquement modifié, le sien possède aussi le gène.

- Vous avez une idée de la date du terme ? demanda Jake

- Oui et non, ça sera en décembre je pense. Mais je n'ai pas de date exacte. Je ne vais pas rester plus longtemps. De toute façon, on se voit après demain pour le mariage. Repose toi bien Corah, autant que tu peux .

Sur ce, Carlisle rangea son matériel médical et partit sans même qu'on l'accompagne. Jacob n'avait pas bougé. De son autre main, il caressait la naissance de mon ventre. J'étais épuisée. Chaque partie de mon corps réclamait la même chose : que tout ceci s'arrête et que je puisse dormir. C'était trop pour moi, une humaine, de porter un enfant loup, ou deux. Ma grossesse sera plus tranquille, dans le sens que le ou les bébés n'essaieront pas de me manger tout cru. De ce que j'avais vu de l'accouchement de Bella, je pense que je n'ai pas à me plaindre de ma situation.

- Dors un peu, bébé. Je vais finir les sacs et les cartons pour partir. Je te réveillerai quand tout sera dans la voiture. Tu es sûre de vouloir aller seule à ton essayage ?

Ah oui, c'est vrai, j'essayai ma robe de mariée aujourd'hui.

- Tu as pas tord, je vais appeler maman et Emily.

- Laisse, je m'en occupe, dit il en me souriant et en fourrant des fringues dans les sacs.

Mes paupières lourdes n'attendirent pas plus d'une seconde supplémentaire pour se fermer et je dormis d'un sommeil sans rêve. Je n'ai plus pensé à rien, ni au bébé, ni à la cérémonie de mariage qui se prépare. Nous avions prévu que la fête se déroulerait à notre cottage de vacances, à deux heures de route. Nous ne serons pas plus d'une cinquantaine, et Alice tenait à ce que je ne m'occupe de rien, à part les choix de couleurs, le plan de table et les compositions de fleurs. Etant donné que j'étais fleuriste, je me serais sentie vexée si Alice avait acheté des compositions dans d'autres magasins. Et quand Jake se mettait du coté d'Alice pour m'empêcher de faire trop de choses, il était clair que rien ne pouvait les arrêter.

Lorsque j'ai ouvert les yeux, j'étais dans la voiture, en route pour le cottage. Enveloppée dans une couverture, mon siège était incliné pour que je puisse continuer ma sieste.

- Coucou toi, il y a un thermos de café à tes pieds.

- Merci, j'ai dormi longtemps ?

- Pas loin de deux heures, oui. Qu'est ce que tu racontais ce matin ?

- Oh, c'est rien, j'ai fait un rêve ou je me suis vue avec deux petits loups.

- Qui sait ? Peut être que tu attends des jumeaux. Mais tu dois te reposer.

La, c'était le mot « reposer » de trop qui fit déborder le vase. Depuis le début de ma grossesse, je n'entendais que ce mot, et il commençait vraiment à me taper sur les nerfs.

- Jacob, on est immortels .Je ne vais pas mourir. Me reposer ne changera au problème actuel ! M'énervais-je

- Je ne supporte pas de te voir souffrir Corah ! Ca me brise le cœur de te voir endurer tout ça par ma simple faute. Depuis qu'on est immortels et que tu attends un enfant, tu es triste et énervée. Cet enfant, c'est un cadeau qu'on nous offre. Nous n'en aurons surement pas d'autres ! Depuis que je t'ai rencontrée, tu es malheureuse de tout ce qui nous arrive. Avant, tu avais au moins le sourire. Je t'ai apporté que des malheurs et si je ne t'avais pas parlé, à l'heure qu'il est, tu serais bien plus heureuse.

Mes yeux se fixèrent sur Jacob. En quoi serait il responsable de tout ce qui nous est arrivé depuis ? Il n'a pas choisi d'être un loup garou, je n'ai pas choisi d'être l'Alliée de la meute. Et même si nous nous sommes imprégnés, je ressens pour lui un amour profond et sincère. Il ne se passe pas une minute sans que je ne pense à lui.

- Jake, on a pas choisi d'être ce qu'on est, tu n'as pas à te blamer pour quelque chose qu'on ne contrôle pas . Je ne regrette pas un seul moment avec toi. Enfin si, le jour ou j'ai refusé que tu m'embrasses, alors qu'on répétait ta pièce de théatre.

- C'est vrai ça, tu m'avais repoussé ! Je puais pas pourtant, plaisanta t'il en oubliant notre dispute

- Mon corps disait oui, ma tête disait non. Mais tu l'as eu quand même, ton baiser !

- Ah, qu'est ce que je regrette que tu aies un cerveau ! se lamenta t'il en descendant de la voiture.

- Au fait, tu as appelé ma mère pour l'essayage ?

- Mieux que ça. Le magasin se déplace ici même. Je préfère que tu ne fasses pas plus de route aujourd'hui.

- D'accord, mais je te previens, si je te vois à l'une des fenêtre ou traîner dans les parages, c'est en peau de loup que je me marierai !

- Tu serais sexy en peau de loup ! Dit il en m'attrappant et en me couvrant de baisers.

- Toi beaucoup moins si je te surprends.

- De toute façon, je dois aller en ville, chercher les tables et les chaises pour commencer la déco. Tu as besoin de quelque chose en ville ?

- Non, rien, mes parents arriveront demain soir avec les fleurs.

- Nos amis arrivent ce soir, ils nous ont prévu une petite Fête.

- Une fête, mais je n'ai rien de prêt !

- Juste un enterrement de vie de jeune fille et garçon. Et pendant que tu dormais comme une marmotte, j'ai fait les courses.

- Je fais bien de t'épouser, c'est ça ? résumais-je

- Oui ! Je suis l'homme parfait ! s'exclama Jacob pendant que ses chevilles gonflaient à vue d'œil.

En attendant la couturière pour l'essayage, j'ai pris le temps de ranger nos bagages et de cuire deux fournées de sablés. J'étais anxieuse de découvrir la robe qu'Alice a demandé pour moi, avec les restes de la robe de grand-mère. La couturière était déjà venue prendre mes mensurations, sans pour autant me montrer des croquis. Jacob vint me signaler qu'il partait pour la ville juste avant que la jeune femme débarque. Nous nous installâmes dans le salon, ou j'avais servi le thé et les gâteaux. Debout au milieu du salon, je la laissais m'enfiler la robe qui, je pense, aurait été trop complexe à mettre seule.

- Je vois que votre ventre s'arrondit bien ! C'est pour quand ?

- Pour le mois de Décembre, si tout se passe bien.

- Voila, c'est fini ! Je vous laisse vous admirer dans le miroir.

Le souffle coupé, je m'observais dans le miroir, vêtue de la merveilleuse robe blanche. De la tête au pied, le satin blanc était surmonté de dentelle.

- C'est….

- La dentelle de Bayeux de la robe de votre grand-mère. Vous avez de la chance, la robe était comme neuve ! Vous connaissez déjà le sexe du bébé ?

Mon téléphone sonna et fébrile, je décrochai après avoir reconnu le numéro de Carlisle.

- Corah, il n'y a pas un, mais deux bébés.