Voici déjà le chapitre suivant. Un peut plus long que le précédent vous remarquerez, à croire que le lemon m'a inspirée XD Eh oui, c'est que les choses sérieuse commencent enfin.
Merci pour tous vos adorables commentaires, je vous adores tous :)
Brian, suivant ton conseil j'ai tenté de raccourcir les paragraphes, quoi que c'est pas toujours facile pour moi de revenir à la ligne au bon moment, j'espère que ça facilitera un peu la lecture ;)
ooOoo
Holmes était fier de lui. Tellement fier de lui qu'il jouait présentement du violon avec une ardeur décuplée, ne songeant plus un instant à sombrer dans l'abattement le plus total. Après les dernières semaines passées à se morfondre il savourait cette renaissance avec délectation. A se demander pourquoi il n'avait pas eu cette idée de génie plus tôt. Se faire photographier nu, écouter les conseils du professionnel pour avoir le meilleur résultat possible, et le plus aguichant tant qu'à faire, avait été une expérience qu'il envisageait déjà de renouveler dans un avenir proche. Et pourquoi pas poser avec John tant qu'à faire ? Voilà qui pourrait avoir un effet des plus intéressants sur leur relation. Parce que pour lui il n'y avait aucun doute possible, par cette initiative il s'assurait de retrouver les bonnes grâces du médecin, il ne pouvait en être autrement. Watson avait toujours montré son approbation à chaque nouvelle proposition qu'il lançait pour pimenter leur vie sexuelle. Vie sexuelle désormais réduite à néant et qu'il fallait donc remettre en selle, mais avec la bonne façon d'agir il n'était pas inquiet quant à ses chances de réussite.
Bien sûr il n'avait pas vu la réaction de l'ancien soldat en découvrant sa photographie, mais il lui était aisé de déduire chacun de ses actes. Après tout il connaissait John mieux que quiconque. Celui-ci avait dû être étonné, puis émoustillé par l'audace de son ami avait de s'interroger sur le bienfondé de son mariage. Parce que le détective n'était pas dupe, Watson n'avait jamais semblé véritable à sa place dans cette vie rangée qu'il avait pourtant adopté de plein gré. S'il était aussi frustré que prévu il était tout à fait envisageable que John se soit même accordé une petite gâterie avec l'aide du portrait. Ce qui ne pouvait que l'aider à prendre conscience de l'ennui de sa vie actuelle. Il allait se remémorer ainsi les bons moments passés à Baker Street, sans contrainte, sans comptes à rendre et très vite il saurait où était sa place. Il ne lui avait manqué qu'un petit coup de pouce pour qu'il se lance dans l'introspection et Sherlock était certain de le lui avoir offert. Il avait déposé lui-même l'enveloppe dans la boîte aux lettres la veille – certaines choses ne devaient être confiées à qui que ce soit – et escomptait voir son ami arriver ici même dès aujourd'hui, ou le lendemain au plus tard. Watson s'était toujours montré terriblement prévisible, il n'y avait aucune raison que cela change.
La seule véritable inconnue dans l'équation était Mary. Le détective la connaissait trop peu pour prévoir ses réactions et il y avait fort à parier qu'elle tente, même si cela n'avait aucun sens, de retenir son époux envers et contre tout. Dans ces conditions il ignorait comment agir avec elle. Peut-être que si Watson était négligeant au point qu'elle tombe sur le cliché le problème serait réglé, mais cela était présumer de sa chance. Il n'était cependant pas plus inquiet que cela, avec John ils sauraient gérer cette situation.
Il cessa de jouer lorsqu'il entendit des bruits de pas dans l'escalier. Le bruit caractéristique d'une démarche soutenue par une canne. Il avait fait encore plus vite que prévu, songea Holmes avec un sourire de circonstance, effectivement le voir débarquer en plaine matinée était encore mieux que prévu. Satisfait il alla s'asseoir dans son fauteuil et déposa soigneusement son violon sur l'accoudoir. C'était maintenant que tout allait se jouer mais il était fin prêt.
Watson entra dans la pièce l'air passablement sur les nerfs et lui lança un regard sombre qui ne l'intimida pas pour autant.
« Bien le bonjour mon vieux, dit-il d'un ton badin. Quel bon vent vous emmène ?
- Comme si vous l'ignoriez !
- Eh bien, vous semblez particulièrement remonté. Aurais-je fait quelque chose qui vous aurait déplu ? » Le médecin s'immobilisa au beau milieu de la pièce, continuant à le fixer avec véhémence.
« Vous êtes ignoble Holmes ! Agir de la sorte...
- Si mon geste vous touche autant c'est que j'avais bien toutes les raisons du monde d'agir de la sorte. Parce que vous avez apprécié, n'est-ce pas ?
- Oh que non ! En fait je vous en veux comme je ne vous en ai jamais voulu ! Vous jouer ainsi de moi, profiter de ma faiblesse…. A cet instant je ne sais pas si je dois vous frapper, ou simplement vous prendre brutalement contre votre bureau.
- Vous me connaissez, la seconde option m'agréé bien davantage.
- Veuillez cesser Sherlock, ce n'est pas un jeu !
- Qui a dit que je jouais ? Je tente simplement de récupérer ce qui m'appartient de droit !
- Moi ?
- Bien sûr vous. Il s'agit toujours de vous. Et j'opère à la loyale. Tout comme Mary en son temps quand elle vous a enlevé à moi pour ces épousailles absurdes. Elle vous a volé à moi il est grand temps que je réagisse.
- Je ne vous appartiens pas, plaida le cadet d'une petite voix qui avait perdu tout son mordant. Pas plus que je n'appartiens à Mary.
- Pourtant vous êtes là. Votre présence ici justement aujourd'hui prouve bien l'attachement que vous me portez encore, malgré toutes vos belles paroles, tout votre déni. Le même attachement que celui que j'ai à votre égard.
- Sherlock… »
Mais le détective n'avait plus l'intention de se montrer raisonnable désormais. Il se leva d'un bond souple et marcha vers son compagnon de la démarche assurée du félin qui se dirige vers sa proie.
« Qu'avez-vous pensé de mon cadeau ? s'enquit-il langoureusement, s'arrêtant à seulement quelques centimètres du médecin, qui n'en menait plus très large.
« C'était indécent. Je suis un homme marié.
- Cette réponse n'est en rien pertinente. Qu'avez-vous ressenti en découvrant la photographie ? Et je vous demande de répondre avec sincérité. »
Watson garda bravement le silence mais l'autre ne se démonta pas pour autant, continuant à poser les questions qui n'en étaient pas vraiment.
« Avez-vous été excité ? »
Cette fois John se contenta de se pincer les lèvres, ce qui parut grandement amuser l'aîné.
« Votre attitude répond pour vous, remarqua-t-il effectivement, goguenard. Et j'en suis fort aise. C'était le but de la manœuvre, vous exciter pour vous faire prendre conscience que je vous manquais.
- L'excitation physique n'a rien à voir avec les sentiments, tenta Watson, déconcerté de voir qu'il perdait si aisément du terrain.
- Dans votre cas pourtant si. Vous êtes trop romantique pour que l'un fonctionne sans l'autre. La raison pour laquelle vous n'avez eu d'autre amant que moi malgré votre attachement notable pour la gente masculine. Avant moi vous étiez attiré physiquement sans sentiment et vous ne pouviez passer à l'acte dans ces conditions. Mais puisque vous m'aimez, être excité par moi n'est pas bien difficile. Surtout après toutes ces années de frustration. »
Watson aurait voulu les envoyer au diable lui et ses belles théories. Mais ce que sa tête voulait n'avait rien à voir avec ce que son cœur désirait. Sans prononcer un mot il s'approcha de son ami et le prit dans ses bras, s'accrochant à lui comme si sa vie en dépendait. Le genre d'étreintes désespérées pour lesquelles il s'était toujours retenu, y compris alors qu'ils étaient ensemble, parce qu'il ne voulait pas provoquer de la pitié. Alors il prenait sur lui, dissimulant ses failles, se prétendant plus fort qu'il ne l'était vraiment. Mais à cet instant il ne voulait plus mentir, se mentir et tant pis si Holmes avait honte de ses actes. Le détective contre toute attente sembla tout à fait réceptif, l'entourant de ses bras, posant ses lèvres sur sa tempe. Et par-dessus tout il lui laissa du temps, le gardant contre lui sans prononcer un mot, tout ce dont le bon docteur avait besoin. Et lorsqu'il se sentit mieux celui-ci s'écarta, un petit sourire sur les lèvres.
« Merci Sherlock. Bien que j'ignore les raisons d'une telle conduite de ma part.
- C'est pourtant facile, vous m'aimez.
- Ne recommencez pas, pour l'amour du ciel.
- Bien alors laissez-moi vous poser une seule question.
- J'écoute, soupira le cadet.
- De quoi avez-vous envie à cet instant précis ? »
John ferma les yeux en secouant la tête. Voilà très exactement la question à laquelle il ne voulait pas répondre, parce qu'il avait peur de ce que cela impliquerait.
« Si je vous disais ce dont j'ai réellement envie, et pire encore si je me laissais aller à une telle bassesse alors je ne pourrais plus me considérer comme l'époux respectable que je suis.
- La respectabilité, la frustration les mensonges… Vous n'êtes pas las de cette vie faite d'apparences ?
- Bien sûr que si ! s'écria le médecin comme s'il découvrait lui-même cette vérité. Mais c'est ainsi. J'ai épousé Mary et me dois de la respecter, lui être fidèle… Et dois-je vous rappeler que le mode de vie qui fut le notre si longtemps aurait pu nous envoyer l'un et l'autre droit au pénitencier ? Je n'avais plus la force d'assumer cela.
- Et aujourd'hui ? »
Watson eut un profond soupir tout en laissant l'autre homme lui saisir la main.
« Aujourd'hui, reprit-il d'une toute petite voix, je n'ai plus la force d'assumer cette existence si ennuyeuse que j'ai pourtant choisi tout seul.
- En ce cas, insista Holmes d'un ton léger, je me permets de répéter ma question. De quoi avez-vous envie à cet instant précis ? »
L'interpellé eut un sourire triste accompagné d'un bref haussement d'épaules. Au point où il en était, entre ces pensées impures qu'il nourrissait depuis si longtemps et l'acte contre-nature auquel il s'était prêté la veille devant cette satanée photographie il était de toute façon déjà très certainement damné. Dans ces conditions assumer et aller jusqu'au bout ne semblait plus aussi inapproprié.
« J'ai envie de vous Holmes. Je veux faire l'amour avec vous et retrouver du même coup toutes les sensations que je n'ai jamais connu qu'avec vous. »
S'interrompant, l'ancien soldat se mordit vivement la lèvre, comme s'il avait conscience d'en avoir bien trop dit. Mais cette franchise plu au limier, comme en témoigna son sourire satisfait.
« Soit, lança-t-il tranquillement. Je suis tout à vous. Où voulez-vous faire cela ? Contre mon bureau comme proposé plus tôt ? Sur le sofa plutôt ? Nous pouvons également rejoindre ma chambre, je sais combien vous appréciez votre confort. »
Un petit rire anima le médecin, qui comprit du même coup que malgré ce qu'il avait tenté de faire croire, à lui-même le premier, c'était bien ici qu'était sa place.
« Vous voulez la vérité ? s'enquit-il en s'écartant de quelques pas du corps tentateur.
- Vous savez bien que oui, cher John.
- Soit. Comme vous l'aviez prémédité, cette photographie m'a fait le plus grand effet. Et dieu sait si j'ai pourtant essayé de lutter… Bref, dans ces conditions je voudrais que vous y repreniez la même pose. Et dans la même tenue cela va de soit.
- Et ensuite ? interrogea Sherlock sans être choqué le moins du monde par une telle demande.
- Nous aviserons en temps voulu. Pour l'instant je veux juste pouvoir vous admirer. »
Avec un clin d'œil, l'aîné s'empressa de déboutonner sa chemise. Puis il retira pantalon et sous-vêtement comme demandé, le tout sous le regard avide du médecin qui ne le lâchait pas. D'un pas nonchalant il rejoignit ensuite son fauteuil, sur lequel il s'installa, un bras sur le dossier derrière lui tandis qu'il ramenait l'autre main à son entrejambe.
« Je peux me caresser, proposa-t-il. Je suis certain que cela saurait nous exciter tous les deux.
- Shtt ! souffla Watson. Plus un mot ! Et ne bougez pas. » ordonna-t-il avant de passer une langue nerveuse sur ses lèvres sèches.
Il s'approcha de son compagnon, fasciné par la vision de luxure que celui-ci offrait. Il le contempla quelques minutes sans prononcer le moindre mot, sentant la morsure délicieusement douloureuse du désir monter en lui. Et Holmes qui ne le lâchait pas de son regard de prédateur n'était pas pour aider à faire baisser la pression.
« Oh Sherlock, vous êtes si beau, si… excitant.
- Et je suis à vous, dit Holmes en écartant les jambes. Tout à vous, offert… Saurez-vous seulement en profiter ? »
Plus tard Watson se rassurerait en songeant qu'il avait vraiment tout fait pour résister à l'envie qui le dévorait de l'intérieur, parce que c'est ce qu'il aurait voulu, de toutes ses forces. Mais il n'était qu'un homme, avec ses faiblesses. Holmes était justement la plus grande d'entre elles.
« Oh pour l'amour du ciel, marmonna le médecin en tombant à genoux entre les jambes ouvertes. Vous allez me conduire à ma perte et que je sois damner si j'y vois une quelconque objection.
- Fort bien. »
Watson se sentait si bien qu'il en aurait presque ronronné lorsque les doigts de son compagnon migrèrent dans ses cheveux. Dans un geste hésitant, il posa les deux mains sur les cuisses de son ami, se demandant encore s'il pouvait faire ceci, si ce n'était pas trop déplacé dans leur situation. Mais l'intensité du plaisir qu'il éprouva quand il toucha la peau délicieusement chaude régla la question. Il n'y avait en fait rien d'indécent dans ce geste, qui n'aurait pu au contraire apparaître plus naturel. Alors il caressa lentement l'épiderme qui frissonnait sous son passage, traçant quelques formes géométriques obscures au gré de son envie. Il réapprenait lentement l'intimité avec Holmes et il aimait cela.
« Sherlock, dit-il tout à coup d'une voix sourde sans quitter des yeux ces jambes ouvertes pour lui. Dites-moi que ce que nous sommes en train de faire n'aura aucune conséquence.
- C'est une promesse que je ne peux pas faire mon vieux, et vous le savez parfaitement.
- Bon dieu ! grogna le cadet en pinçant vivement la cuisse douce. Pour une fois Sherlock, pour une seule fois, j'ai besoin que vous me rassuriez, alors cessez pour quelques secondes de jouer au salaud froid et terre à terre.
- John ? »
L'appel était si intense que l'interpellé ne put que lever la tête, pour tomber sur le visage impénétrable du détective.
« Vous avez raison, dit-celui-ci. Cela n'aura aucune conséquence. A l'époque de notre liaison personne n'a jamais rien soupçonné, il en sera de même si nous recommençons. Vous pourrez demeurer auprès de votre épouse, continuer cette mascarade pour préserver les apparences. »
Watson eut un bref sursaut en entendant mentionner son épouse, le seul vrai problème qui demeurerait et qui le ferait toujours culpabiliser. Pour le reste en revanche c'était un soulagement. Malgré ses supplications Holmes n'était pas homme à prononcer des mots qu'il ne pensait pas juste pour faire plaisir à autrui, du moins c'était rassurant de s'en persuader. Alors s'il disait ceci c'était effectivement que tout se passerait bien. John, tout lâche qu'il fut, préféra se concentrer là-dessus pour ne surtout pas songer aux conséquences potentiellement terribles de ses actes. Après tout c'était pour cela qu'il était venu.
« Merci », lança-t-il d'une toute petite voix qu'il eut lui-même du mal à reconnaître.
L'instant d'après il reprit sa contemplation du corps tant aimé tandis que ses mains à nouveau en mouvement en redécouvrait chaque détail. Un grognement appréciateur de Sherlock lui donna finalement l'audace nécessaire pour aller plus loin. Alors il posa les doigts sur le sexe tout juste érigé si près de son visage. Et il aima ce contact. S'enhardissant davantage, il entreprit d'aller et venir lentement autour de la hampe, savourant la sensation des chairs qui se tendaient peu à peu. Donner du plaisir à Sherlock, voilà tout ce à quoi c'était résumer son existence durant tant d'années et il était fin prêt à recommencer.
Et lorsque cette simple caresse ne lui suffit plus il reprit dans sa bouche ce membre qui n'aurait pu être plus dur désormais. Holmes se cambra légèrement, s'enfonçant davantage dans l'antre chaud et vorace. Watson se fit l'impression de savourer la plus exquise des gourmandises, dont il aimait tout à la fois le goût et la texture. Dans cette position qui aurait pu apparaître avilissante il savait au contraire qu'il avait toute la main mise sur l'autre homme, le soumettant tout entier à son bon vouloir. Perdu dans son plaisir Sherlock n'était effectivement plus que grognements et frissons, un être de luxure n'attendant que sa délivrance. Ce qui était très exactement ce que John voulait également, l'amener à jouir dans sa bouche, pouvoir se délecter de sa semence tout autant que la fierté d'avoir su l'emmener jusque-là. Mais il désirait également prendre son temps, y mettre les formes en se réappropriant le corps qu'il avait si bien connu par le passé. Alors il relâcha le sexe à la saveur si particulière, ne pouvant retenir un sourire à l'entente du gémissement désespéré de son amant. Il n'eut pas un mot pour autant pour le rassurer, ses gestes parleraient pour lui. Et ce fut effectivement le cas lorsque sa langue s'amusa à titiller les bourses frémissantes. Le limier approuva l'attention avec un couinement confirmant qu'il y avait bien longtemps qu'il ne contrôlait plus rien dans cet échange.
L'ancien soldat s'écarta ensuite très légèrement, portant à sa bouche son index qu'il suça avec application. Index qu'il fit ensuite disparaître entre les fesses de l'aîné. Celui-ci glissa au bord du fauteuil pour lui donner un meilleur accès et ferma les yeux, s'abandonnant à ce qui apparaissait de la torture pour son corps en demande. Pourtant, lorsque John, fouillant son intimité avec une application proche de la vénération, le reprit dans sa bouche il le sentit se tendre. C'était un changement presque imperceptible mais qui ne pouvait échapper au médecin, pas après qu'ils aient été si intimes par le passé. Il comprit également ce que cela signifiait, que la situation allait bien vite s'inverser. Pourtant il choisit de ne pas en tenir compte pour profiter encore un instant du pouvoir qu'il avait. Ce fut néanmoins sans surprise que la voix de l'aîné raisonna finalement, plus maîtrisée qu'elle n'aurait dû l'être étant donné la situation.
« Il suffit John. »
L'interpellé s'écarta à contrecœur, trop bien conscient pourtant qu'il avait pu donner bien plus que dans ses souvenirs. Car Holmes fonctionnait ainsi, il voulait tout maîtriser et donner davantage de plaisir qu'il n'en recevait. Watson laissait faire bien volontiers, savourant les attentions et ravi de lui donner ce privilège de tout contrôler. Cette fois ne dérogea pas à la règle.
Le détective se laissa glisser au sol, rejoignant ainsi son compagnon, qu'il s'empressa de prendre dans ses bras.
« Vous êtes à moi John, n'est-ce pas ? »
Seul un hochement de tête lui répondit mais cela ne lui suffit pas.
« Alors dites-le ! ordonna-t-il.
- Je suis tout à vous, confirma le cadet avec appréciation.
- Bien. »
Satisfaisait, Holmes l'attira à lui jusqu'à capturer voracement ses lèvres tandis que de ses mains agiles il ouvrait sa veste. C'était parfait ! John était de retour à ses côtés, dans ses bras, exactement comme cela aurait toujours dû être et cette fois dieu lui était témoin qu'il ne le laisserait plus s'échapper. Parce que cette union, leur union, était dans l'ordre des choses. A lui de faire en sorte que le médecin ne l'oublie pas cette fois. Or pour se faire quelle meilleure façon que de l'aimer, d'honorer son corps et surtout le faire crier de plaisir jusqu'à ce qu'il demande grâce ? Exactement ce à quoi il avait l'intention de s'employer dans les minutes à venir.
Comme si son propre corps n'avait pas oublié les vieux réflexes, il ne lui fallut que quelques instants pour dévêtir son amant. Et malgré son désir cette fois de conserver tout contrôle, il fut saisit par la vision qui s'offrait à lui. Ces dernières années il n'avait vu John nu que sur cette photo qui s'abimait peu à peu, alors l'avoir à présent devant lui, en chair et en os… Il avait oublié avec le temps combien c'était intense et dut se faire violence pour calmer son palpitant, qui battait désormais la chamade. Il s'en était longtemps défendu pour se préserver, mais il aimait cet homme. Y faire face n'était pas aisé pour quelqu'un comme lui tellement habitué à n'avoir aucun sentiment, mais c'était ainsi. Alors tant pis si cela devait le rendre vulnérable ou même humain, John lui avait donné une raison de se lever le matin, d'utiliser d'autres de ses capacités que celles purement intellectuelles, et il avait aimé cela. Il avait aimé chaque conversation purement ludique, chaque soirée au coin du feu à ne rien faire, chaque sortie, même si ce n'était pas pour une enquête, et bien sûr chaque étreinte physique. Il avait bien cru mourir quand ensuite John, après l'avoir rendu tellement normal, l'avait abandonné pour se marier. Mais cette fois c'était différent, il en était persuadé. Le médecin ne partirait plus, parce que malgré ses démentis il avait souffert autant que lui, il n'hésitait donc pas à replonger dans l'instant corps et âme dans cette relation.
Sous son impulsion John se retrouva à genoux, appuyé de ses avant-bras sur l'assise du fauteuil qu'il venait lui-même de quitter. C'était grisant de voir cet homme si doux ainsi offert, nu, en demande. Il lui avait tant manqué que le détective mit toute son ardeur à la tâche, savourant ce moment hors du temps. Il s'agenouilla à son tour derrière lui, entre ses jambes ouvertes et embrassa sa nuque, ses omoplates puis parsema tout son dos de baisers en suivant sa colonne vertébrale, s'amusant à sentir Watson frissonner sous ses lèvres. Parce que c'était exactement ainsi qu'il l'aimait, offert, à sa merci, éprouvant un plaisir que lui seul savait lui donner. Parce que s'il voulait l'asservir ce n'était certainement pas pour lui manquer de respect, il tenait bien trop à lui pour cela, mais bien pour l'honorer comme il le méritait. C'était ainsi que cela fonctionnait entre eux depuis le début et aucun n'avait jamais eu matière à s'en plaindre.
Il eut un petit grognement de satisfaction lorsqu'il arriva à hauteur des fesses du médecin. Parce que c'était ce qu'il avait voulu dès le départ, n'est-ce pas ? La tendresse c'était bien, idem pour les sentiments, mais le sexe… Rien n'était meilleur que le sexe avec John ! Certes il n'avait guère matière à comparer concernant l'identité de son camarade de jeu puisqu'il n'avait eu d'autre amant, mais il était certain que sa théorie était la bonne. Parce que trouver et surtout pratiquer une activité plus jouissive aurait été signé son arrêt de mort, ni plus ni moins.
Quand il plongea la langue profondément entre les fesses, titillant sans vergogne l'entrée de l'intimité qui se faisait accueillante, il se persuada que c'était pour la bonne cause. N'ayant pas de lubrifiant sous la main sa salive saurait faire l'affaire, et quel meilleur moyen pour la déposer… là ? Mais bien vite il ne vit plus l'intérêt de se mentir quant à l'utilité de ce qu'il faisait. La vérité était ainsi, il aimait cette caresse, il aimait le posséder, le fouiller de sa langue, de ses lèvres. C'était parfaitement indécent, totalement excitant, à l'image de leur relation elle-même. Et sentir le corps de John se tendre, entendre ses gémissements de plaisir, n'aidait certainement pas à lui faire garder sa maîtrise. Alors il le fit sien de sa bouche, le fouillant, léchant cette entrée étroite qu'il avait possédé si souvent avec le même intérêt autant de sa langue que de son sexe. De toute façon si intime il illustrait ce qu'ils savaient tous les deux. Si le médecin lui apporterait corps et bien, la réciproque était également vraie. Jamais il n'aurait pu se prêter à un acte qui pouvait apparaître si dégradant avec un autre que John. Avec lui tout était naturel, à l'image des sentiments qu'il nourrissait à son égard.
Quand il s'écarta finalement de son amant, le détective ressenti un immense vide en lui, plus intense encore que celui éprouvé quand John s'était marié. Parce que l'avoir aussi proche, à sa merci, avait décuplé son besoin de lui. C'était effrayant quelque part. Pour se sortir de ce moment de doute, il fit ce qu'il savait faire de plus efficace, il s'accrocha à Watson. L'enserrant de ses bras, il taquina son cou de son nez, autant par jeu que pour se repaître de son odeur.
« Sherlock, s'enquit tout à coup le cadet d'une voix alanguie, depuis quand êtes vous aussi tendre ?
- Depuis quand êtes vous aussi addictif ? Vous et moi dans ce salon pour l'éternité, ce ne serait pas l'idéal ?
- Ce serait parfait, confirma John sans une pensée pour son épouse. Mais pour l'instant ce que je j'apprécierais surtout c'est que vous me fassiez l'amour et me débarrassiez ainsi de ce désir qui me consume.
- Et si je vous abandonnais plutôt pour me consacrer à une expérience chimique prévue de longue date ?
- Si vous faites le moindre geste pour me laisser seul dans cette position je vous abats sans sommation.
- Comme si vous cachiez une arme avec la tenue que vous portez. Ou plutôt que vous ne portez pas justement.
- Pour l'amour du ciel, pourquoi même dans un moment pareil vous ne pouvez pas vous empêcher de parler, me défier ? »
Holmes eut un petit rire et porta la main vers l'entrejambe du cadet, qu'il saisit brusquement, arrachant un cri au principal intéressé.
« Vous préférez ceci peut-être ?
- Oui, souffla John avec difficulté.
- J'ai compris ! »
Et sur ces bonnes paroles il lâcha la virilité tendue, offrit plutôt sa main au médecin, qui suça ses doigts avec délectation.
« John mon tout bon, dans un instant je vais vous rappeler combien vous aimez faire l'amour avec moi. »
Aucune réponse mais rien d'étonnant là-dedans, de sa main libre il titillait un téton, exactement comme son compagnon aimait, dans ses conditions il ne pouvait espérer que celui-ci enregistre une quelconque information. Et cela n'alla pas en s'arrangeant. Watson effectivement se cambra, creusant davantage le dos lorsqu'un doigt mouillé de sa salive le pénétra. Holmes était bon à ce jeu là et savait exactement quoi faire pour faire monter leur plaisir à tous deux. Parce que lui-même ne trouvait rien de plus excitant que cette situation.
Faisant abstraction de sa propre érection qui était douloureuse à ce stade, de son gland d'où coulaient déjà quelques marques de son désir, il fit aller et venir ses phalanges, mimant l'acte qu'il reproduirait bientôt avec cette autre partie de son anatomie. John gémissait, grognait, s'accrochant tant bien que mal au fauteuil tandis qu'il tentait d'écarter davantage ses cuisses tremblantes.
Leur position n'était pas forcément idéale, leurs genoux les faisaient déjà souffrir, pourtant l'un comme l'autre n'en n'avait cure. Ce qu'ils faisaient, qu'ils n'avaient pas fait depuis tellement longtemps sans pour autant n'avoir rien oublié, était trop bon. Et si le détective avait parlé un peu plus tôt du plaisir éprouvé à ne jamais quitter ce salon, mourir dans l'instant, entre ce brasier qui dévorait ses reins et Watson ainsi tendu contre lui, était également une option qui lui apparaissait intéressante. Tout pour que cela ne s'arrête jamais, parce que rien ne serait jamais mieux que cet instant.
Reprenant vaguement ses esprits il inséra un second doigt, grognant de concert avec son compagnon, comme s'il ressentait le plaisir de l'intrusion lui aussi. Il fit une nouvelle fois quelques va-et-vient tandis que sa bouche avait repris sa place dans le cou de son compagnon, mordillant la peau devenue moite. S'enhardissant il tenta quelques mouvements de ciseau, arrachant un juron au médecin habituellement si réservé. L'un comme l'autre se révélaient sous leur vrai jour dans ces moments, ce qui n'en rendait les étreintes que plus précieuses. Alors il répéta plusieurs fois l'opération avant de titiller la prostate d'un Watson qui semblait à peine capable de respirer. Mais Holmes n'était-il pas dans le même état ? Ah, quelle belle paire ils formaient là, l'Angleterre aurait pu s'effondrer qu'ils ne se seraient aperçus de rien.
Lorsqu'il reprit le membre de son amant dans sa main libre, celui-ci eut un cri de protestation.
« Pas cela Sherlock ! Ou je vais venir trop prématurément. Contentez-vous de me préparer. »
Holmes eut un petit rire, ou ce qui y ressemblait, mais fit comme demandé, quoi qu'à contrecœur. Il se contenta plutôt de faire entrer un troisième doigt, ce qui ne se fit pas sans difficulté. Mais après tout l'ancien soldat manquait de pratique, ce qu'il ne se priverait pas de corriger. Mais c'était aussi bien, se concentrer sur cette phase critique permettait de faire baisser légèrement la tension, ce qui était bienvenu autant pour l'un que pour l'autre. C'était leurs retrouvailles bon sang, ils auraient eu l'air idiot à jouir trop rapidement, avant d'être réellement passés aux choses sérieuses. Lorsque ce fut confortable pour John, celui-ci soupira et s'empressa de l'encourager. Le détective fit à nouveau quelques mouvements, se délectant de sentir les chairs s'écarter sans guère de difficulté pour lui. C'était quelque chose qu'il savait depuis le temps, le corps de Watson avait été façonné pour l'accueillir au plus intime. Ne pas en profiter aurait été indécent. Quand il l'estima tout à fait prêt, il se retira, n'appréciant que modérément la sensation.
« John, appela-t-il en caressant tranquillement les fesses offertes. Je veux vous entendre me supplier.
- Pour l'amour du ciel, grogna l'interpellé.
- Oh allez, vous savez comme cela me fait de l'effet. »
Le médecin garda le silence un instant, donnant l'impression de peser le pour et le contre de la requête de son amant. Comme s'il pouvait vraiment refuser et les priver du même coup de ce qui déboucherait d'une telle demande. Si Holmes l'avait faite c'est qu'il était excité comme il ne l'avait pas été depuis bien longtemps. Aujourd'hui il fallait que tout soit mémorable, pour que le cadet n'envisage plus jamais de vivre loin d'ici.
« John ?
- Sherlock, plus une parole. Et davantage d'action !
- John !
- Je vous en prie, capitula finalement le cadet dans un soupir. Faites-moi l'amour ! Je ne suis venu que pour cela aujourd'hui ! Alors faites-moi oublier que ce que nous faisons est mal. Et quelle meilleure façon pour cela que vous avoir en moi ? Alors oui, je vous en supplie !
- Vous n'auriez pu me faire plus plaisir. »
Il frotta son sexe raide contre les fesses de son amant, retenant de justesse un gémissement tant c'était bon. Mais la tension était à présent à son comble, alors mieux valait cesser ce genre de torture désormais.
Il se mordit la lèvre tandis qu'il pénétrait son compagnon d'une lenteur désespérante, se forçant à ce rythme qu'il jugeait comme nécessaire. John après tout n'avait pas fait cela depuis aussi longtemps que lui, autant donc éviter le blesser inutilement. Et puis toutes ces précautions étaient aussi bien finalement. Agissant trop vite, Holmes ne serait pas parvenu à se contrôler suffisamment. De la même manière il pouvait ainsi redécouvrir toutes les délicieuses sensations que lui provoquaient le corps du médecin. Sa peau moite et brûlante sous ses paumes, son intimité étroite malgré la préparation soigneuse qui se refermait peu à peu sur lui, la cambrure parfaite de son dos alors qu'il était tendu à se rompre…
Nul le fréquentant n'en n'avait certainement conscience, mais si John Watson était fait pour être aimé, vénéré, il était également fait pour l'acte charnel. Tout son être semblant façonné pour recevoir cet amant tout dévoué. Et Sherlock s'y entendait pour ce qui était de lui donner du plaisir. Enfin tout entier enfoui en lui, il cessa tout geste, savourant la délectable impression de ne faire qu'un avec l'être aimé. Ainsi en osmose, peau contre peau aucun n'aurait pu dire où l'un finissait et l'autre commençait. D'aucun trouvait cette union des corps, à plus forte raison qu'elle concernait ici deux hommes, répugnante, mais les deux amants connaissaient quant à eux la vérité. Il n'y avait rien de plus beau que ce moment hors du temps. La fusion la plus parfaite, la plus absolue. Nul acte n'aurait pu être plus naturel.
Se penchant en avant, son torse épousant le dos couvert d'une fine couche de sueur, le détective promena les lèvres sur la nuque puis dans les cheveux de son compagnon. John était tout entier à lui pour les minutes à venir et il entendait bien en profiter. Le corps sous le sien était frissonnant et la voix de Watson réduite à un simple murmure flattant ses oreilles.
« Pitié, gémit tout à coup le cadet. Pitié… Sherlock, faites moi votre… Aimez-moi jusqu'à ce que je ne sois plus même capable de crier. »
Le logicien serait-il demeuré immobile longtemps, les frustrant tous les deux, si son John n'avait pas supplié à nouveau ? Lui-même n'en n'avait pas la moindre idée. Mais c'était comme s'il avait attendu un dernier assentiment afin d'être sûr qu'il agissait au mieux, qu'il n'y aurait ensuite aucun regret de part et d'autre. Après tout lui n'était pas un homme marié en plein adultère, il ne pouvait donc connaître les tourments de son amant. Celui-ci venait de confirmer qu'il s'accommodait plutôt bien de sa situation, doublement amorale certes, mais il était bien décidé à aller jusqu'au bout, buvant le calice jusqu'à la lie, remettant l'examen de conscience à plus tard, lorsque les corps seraient enfin apaisés.
Répondant favorablement à la requête quoi qu'à peine murmurée, Sherlock s'accrocha aux hanches fines et commença un mouvement lent, allant et venant dans l'intimité qui s'ouvrait délicatement pour lui. Rapidement le rythme s'accéléra, se faisant entêtant, enivrant même pour les deux partis concernés. Tout n'était plus que décadence, la pièce s'emplissait de l'odeur de sexe et des bruits des corps se heurtant toujours plus vite et des gémissements comblés.
Inspiré, l'aîné s'amusa à varier la cadence, accélérant, ralentissant, puis recommençant à nouveau, faisant ainsi baisser la tension chaque fois qu'elle devenait trop insupportable et s'assurer ainsi que cela dure aussi longtemps que possible. Et Holmes était fort à cela, quittant l'intimité de son amant pour mieux la réinvestir aussitôt. Mais tout manqua de basculer lorsque, bien plus tôt qu'il ne l'avait prévu, il percuta la prostate d'un mouvement ample. John cria en manquant de jouir, s'accrochant si fort au fauteuil devant lui qu'il leur sembla qu'il allait le briser sans mal, tandis que tous ses muscles se contractaient violemment. Douloureusement enserré dans l'antre chaud, Holmes eut toutes les peines du monde lui aussi à garder son sang froid. Ils s'immobilisèrent de concert, reprenant laborieusement leur respiration.
« Mon dieu, grogna l'ancien soldat quand il fut capable de parler.
- Appelez-moi Sherlock, pas de manières entre nous, s'amusa l'aîné. Encore capable de crier ?
- Nous n'en n'avons pas fini il me semble. »
Une nouvelle fois ils étaient parfaitement au diapason. Ce fut donc bien volontiers que Holmes reprit ses mouvements, parvenant à conserver encore un peu de maîtrise. L'extase était proche, il la désirait ardemment, mais voulait profiter encore de cet état de grâce qui était présentement le sien. Il posséda John avec ses dernières forces, se modérant en heurtant sa prostate tout en lui donnant suffisamment de plaisir, composant au mieux avec la frontière ténue qui séparait frustration et orgasme. Quand il sut qu'il était au but, il se saisit du membre de son compagnon, le caressant avec une vigueur tout nouvelle. Les cris du cadet allaient crescendo, plus intenses à chaque fois, jusqu'à ce qu'il ne parvienne plus qu'à articuler un mot, juste un.
« Sherlock ! »
Le son était étranglé, ressemblait à une lente agonie, puis ce fut le silence comme si même simplement crier des propos incohérents était au-dessus de ses forces. Dans ce parfait silence, tel le calme avant la tempête, la jouissance le cueillit enfin, le faisant frissonner, trembler, transpirer tout en même temps. Fier du devoir accompli, et quel devoir !, le détective, la main humide de la semence de son amant, le sexe à la torture entre les chairs resserrées, s'autorisa à lâcher prise à son tour. Dans un grognement rauque il se répandit longuement, marquant ainsi ce corps qu'il ne put s'empêcher de considérer comme lui appartenant bel et bien.
Ils mirent longtemps à reprendre ensuite leurs esprits, John avachi sans aucune grâce contre le fauteuil, Sherlock alangui contre son dos, toujours enfoui en lui, leurs cœurs battant la chamade de concert, leurs respirations haletantes se faisant écho.
« Incapable de crier, hum ? taquina l'aîné dès qu'il en fut capable. C'était presque trop facile.
- Je savais que ce que je demandais n'était pas au-dessus de vos moyens », plaida le cadet avec un petit rire.
Sherlock venait de se retirer de son corps enfin détendu et il put se tourner vers lui, avec un sourire beau comme son compagnon n'en n'avait pas vu depuis une éternité.
« Alors, oubliée cette Mary ? s'enquit celui-ci d'un ton léger.
- Qui ça ? »
Mais malgré l'humour dont il fit preuve dans sa réponse, John se crispa en même temps, son regard se voilant comme en proie à mille tourments. Holmes s'en voulu de l'avoir taquiné de la sorte avec un sujet si difficile. Voulant à tout prix le ramener à de meilleures dispositions, il l'embrassa longuement, appréciant de ne pas sentir l'autre se dérober lorsque sa langue fouilla sa bouche avec vigueur. Quand il se sentit rassasié, il l'attira dans ses bras et tous deux s'allongèrent de concert à même le sol, emmêlant leurs jambes. Sherlock sourit au contact humide de la semence de son amant contre son ventre. Encore un détail intime qu'il était heureux qu'on n'ait pu lui retirer pour toujours.
« Je vais tout faire pour vous rendre heureux », dit-il d'une voix douce qu'il n'avait que trop rarement.
Le médecin hocha la tête en silence. Une ébauche de sourire adoucit du même coup ses traits redevenus graves. Ainsi blottis l'un contre l'autre ils se contentèrent de se caresser et se murmurer des mots d'amour.
A suivre…
