Chapitre Trois : Les tributs

"Joyeux Hunger Games et que puisse le sort vous être favorable !" Disent-ils avec un grand sourire coloré.

Un seul mot, "tarée". On dirait plus une mise en scène qu'une moisson. Il y a de très bons acteurs dans le douze, autant y aller à fond non ? Attention les sponsors vous regardent. Je ne sais pas si je dois être choquée, amusée ou dépassée. J'ai vu tellement de pseudo héros par ici. Même si ce sont des carrières, jusqu'à preuve du contraire, la dernière fois que je les ai vus le capitole affichait leur portraits dans l'arène. C'est sa sœur, elle s'est portée volontaire pour sa sœur de douze ans. Une brave, une brave folle. Elle a déjà deux sponsors, ils adorent ce genre de coup de théâtre. Je prévois déjà les informations principales de radio trottoir. Oh puis regardez-moi ce pauvre garçon, il a presque l'air attendrissant en voyant sa tête se décomposer quand "Peeta Mellark" sors de la bouche Effie Trinket Souriez! vous êtes filmez. Quand les deux tributs furent sur scène, il se passa une chose pour le moins inattendu, la foule posa leur trois doigts centraux sur leur lèvres et les tend vers les tributs. Aucun son ne se fit entendre, ma gorge se serra.

J'éteinds ma télévision et rampe comme une larve jusqu'à mon lit.

Je me transforme en cruche du capitole. Cette fille est brave, une brave écervelée. Vous avez vu les monstres du Deux et celui du Onze ? Un tas de muscles sur pattes avec des yeux de fouine. Je ne resterais même pas trente minutes dans cette arène, le tribut du Onze m'arrachera le cœur à mains nues pour une malheureuse boite d'allumette. Regarder mourir des enfants pour le plaisir des yeux. Mourir et plaisir ne vont pas dans la même phrase. C'est irréel... Mais oui, c'est irréel ! Les jeux de la faim n'existent pas, Finnick n'a jamais survécu aux Hunger Games. D'ailleurs je ne connais pas de Finnick ! Je n'ai jamais été enlevée à Panem, papa et maman vont très bien, Milka est venue pour me donner une part de son fameux gâteau aux chocolat caramel. Elle devrait baisser la dose de sucre. Ça me donne des hallucinations.

Un grand brouhaha me réveille. Pas de gâteau mais des barreaux de prison qui couvrent ma seule et unique fenêtre. Je suis encore à Panem, dans le capitole. Les tributs seront là demain. Ici tout le monde est surexcité, nerveux, sur ressorts, impatient. Tout le monde sauf moi, ça change quoi à ma vie d'habitude ici après tout ?

Il est presque dix heures et Siris n'a pas encore fait son apparition. Ce n'est pas pour me déplaire mais c'est tout de même étrange. Je décide enfin de sortir de mon lit. Il y a deux enveloppes au pas de ma porte. Je m'empresse d'en ouvrir une. C'est une feuille avec les portraits des concurrents. La fameuse fiche de pari. La fille du Douze s'appelle Katniss et a seize ans, comme moi. Si j'étais a sa place, aurais-je fais la même chose ? Non, je ne pense pas. Je suis trop lâche pour ça. La plus jeune concurrente a douze ans, Rue, du district Onze. Quel massacre ! Entre mes mains j'ai vingt-trois cadavres et un futur marginal. Mes yeux s'arrêtent quelque instant sur Omari, le colosse du Onze. Attendez, Omari ? Il n'était pas avec moi dans le voyage pour le Capitole. Omari est vivant, Omari sera au capitole, Omari est fort, Omari est intelligent, Omari gagnera, Omari sera à mes côtés. Omari n'est pas Omari. Omari s'appelle Thresh. Je ne comprends pas, ils se ressemblent tellement. Je suis presque sûre que c'est lui, il est l'une des personnes dont je n'ai pas encore oublié le visage. J'ai besoin d'en avoir le cœur net. J'ouvre ma seconde lettre, elle est de Snow. Il souhaiterait me voir au plus vite. Très bien. Je file sous la douche et prend la première robe qui me tombe sous la main. Revoir le visage d'Omari, je veux dire de Thresh, m'a réchauffé le cœur. Je ne suis plus aussi stressée d'aller voir le Président.

"Bonjour monsieur le président. Dis-je en arrivent avec entrain dans son bureau.

- Et bien, mademoiselle quel entrain ! Retoque l'homme assis à ma place.

Non mais il se croit où celui-là.

- S'il vous plait, appelez-moi Princesse, Lâche-je, vous êtes certes plus âgé que moi mais nous sommes pas du même milieu.

- Eh bien mademoiselle Moyi, repris le présidant, cela fait bien longtemps que l'on vous pas vu dans cette état.

- La magie des Hunger Games ! Exclame l'homme.

"La magie des Hunger Games" ? Non mais quelle conneries on peut entendre sur ces terres ! Égorgez un enfant de quatorze ans, arrangez-vous pour être éclaboussé par quelques gouttes de sang sur visage et faites un vœu !

- Mettez-vous à l'aise Princesse, installez-vous. Dis le président.

- Je vous en prie, appelez-moi Nyota.

- Je vous présente Seenea Crane, Haut juge des jeux.

- Eh bien vous faites du bon travail monsieur Crane. Mais je suppose que je ne suis pas là pour vous féliciter.

- Mademoiselle Moyi, les tributs sont pour le train pour le Capitole. Je commence à m'impatienter. gémit Snow.

- J'en ai profité pour faire murir mes juteuses idées.

- Partagez vos idées avec nous. demande Crane

- Je comprends que vous souhaiteriez que ces jeunes profitent de leurs derniers jours. Mais vous n'allez pas assez loin. Ces pauvres passent leur dernière semaine dans le plus beau coin de Panem mais ça ne suffit pas. Ces quelques beaux males n'ont même pas profité de la compagnie d'une jeune femme, un simple spectacle est presque ridicule.

- Et vous dans tout cela ?

Ma gorge se sert en pensant à ce que je m'apprête à dire. J'inspire profondément et dis d'un souffle :

- Je me propose à passer quelque nuit avec un tribut. "

Ça y est. Je suis passée de stripteaseuse à putain. Pour l'amour de Thresh.

La parade des tributs :

Je suis impatiente de voir Finnick et par-dessus tout le nouveau Omari, Thresh. Je suis plus excitée que la veille. J'ai mis mes plus beaux vêtements pour ces retrouvailles. Je me suis installée à la place la plus visible qui soit, et dire que j'avais une place réservée à tous les grands évènements du Capitole et que je l'ignorais. Ça a du bon d'être kidnappée, n'est-ce pas ? J'ai l'air aussi stupide et creuse que ma voisine, pour une fois ! C'est la première fois que je vais à la parade. En général, je ne regarde qu'un petit bout dans ma chambre puis vers vingt-deux heures, je rejoins Finn' quand il en a fini avec ces tributs. Mais aujourd'hui c'est différent. Ce Thresh a ravivé l'espoir en moi. Même si Thresh était vraiment Thresh, je lui serai tout de même reconnaissante. Puis si Thresh était Omari ? Est-ce qu'il se souviendrait de moi ? Sera-t-il aussi doux et gentil avec moi ? Ou tout le contraire ? Se pourrait-il qu'il me déteste ?

Plus le temps de penser, l'hymne de Panem fait vibrer mon siège. Ils sont là sur leur char à nous faire de grands sourires presque idiots. Les stylistes ont bien fait leur travail cette année. Les tributs fiers et pimpants ressemblent à des dieux grecs venus faire une petite visite de courtoisie à nous, pauvres pécheurs. Cato, le garçon ou l'homme, peut-on dire à sa carrure, ressemble à un gladiateur. Pendant un court instant j'aurai même cru que ses yeux de fouine étaient rivés sur moi. Il me glace le sang, je suis presque heureuse de ne pas faire partie des tributs. En jetant un petit coup d'œil vers les tributs, on peut directement deviner le vainqueur. Si je le voulais je miserai sans doute sur le tribut mâle du district Deux. Carrière avant tout, ayant une allure de guerrier, de quoi faire rêver le public, de quoi faire frémir ses concurrents.

Mon cœur manque un battement, Omari, je vois de mes yeux, accompagner de cette petite poupée frisée. Il n'est plus le petit garçon qui s'amusait à me décoiffer. Il est grand et il a l'air d'un vrai homme maintenant. Revoir Omari me fait claquer mes genoux. Puis est-ce vraiment lui ? Oui il lui ressemble mais ce n'est pas sûr; Il se comporte différemment que les autres. Il reste de marbre face à l'acclamation de la foule. Il les regarde à peine. Il ne fait que regarder droit devant lui. S'il pouvait poser rien qu'une seconde les yeux sur moi … Il pourrait voir que je me souviens de chaque détail. De ses yeux qui brillaient quand il m'enlaçait pour me réconforter comme le jour de mon septième anniversaire. Où sont-ils passé ? Je ne vois qu'un homme rempli de rage. Mais qui reste toujours aussi beau qu'avant. Et si malgré qu'il soit du district Onze et surtout un simple fils de pharmacien, il pouvait remporter les jeux. Cette pensée me fait déjà frémir de joie. Il est la seule personne qui est rattachée à mon passé. Il est une partie de moi, que je le veuille ou non. Quelque chose m'attire hors de mon champ de vision : Deux personnes en feux. Les tributs du Douze. Peeta et Katniss si ma mémoire est bonne. Ils sont vraiment entrain de flamber. Ce n'est pas croyable, pas que le fait qu'ils soient du district Douze mais ces génies qui ont réussit à faire germer cette fabuleuse idée. Chapeau aux stylistes, rien qu'avec cette tenue, ils réussissent à éclipser les autres ados et à leurs voler trois sponsors. Quand ils arrivent à notre hauteur, au manoir de Snow, je me rends compte que j'ai la bouche grande ouverte.

Le vieux Snow apparait devant son estrade à faire son éternel discours qui reste inchangé d'année en année. Je suis impatiente de retrouver Finnick.

" Finnick ! Criais-je d'une voix aigüe en lui sautant dessus

- Oh doucement ! Je n'ai pas envie qu'Annie me dise un jour que je la trompe.

Ça m'est égal que l'on pense que j'ai une liaison avec Finnick. Puis ce n'est pas leur problème après tout. Et Annie me comprendra sans doute.

- Qu'est-ce que tu fais là ? Tu sais très bien que c'est dangereux, qu'est-ce que tu fous ? Me chuchote il dans mes cheveux.

- Oh ! Criais je en me défaisant de son étreinte. Où sont tes tribus ? Ils avaient l'air tout beaux sur leur char

Que je le veuille ou non, il est plus fort que moi, je me retrouve vite pressée contre son corps qui prolonge nos retrouvailles

- Tu as vendu ton corps au diable. Il me le dit d'une telle manière que mon sang se glace. Tu aurais pu m'attendre.

- Mais.. De quoi tu parles? J'essaye tant bien que mal de masquer ma surprise par des rires et faux sourire.

- Lis moi ça. "

Il me tend un papier glacé de sa poche.

Les nuits du charme et de la sensualité.

Tributs et mentors sont conviés à explorer et à goûter les corps des danseuses les plus désirées du capitole. Nourriture, boissons et femmes couleront à flot. Avec en vedette Noyata Moyi, princesse de l'hémisphère sud.

Les nouvelles circulent vite.

Fin du chapitre 3