Coucou !
En voulant revoir ma présentation, je me suis aperçue que j'avais juste tout supprimé. Voilà mon ancienne histoire Une septième année pas comme les autres revue et corrigée. Mes concours et le Covid oblige, je me suis aperçue que je n'aimais pas la tournure qu'avait prise mon histoire, commencée en 2010. J'avais originellement pensé faire une fanfiction sur Lily et James avant de m'apercevoir au tournant du chapitre 8 que je voulais inclure d'autres points de vue de personnages qu'on connaît ou dont on a pu entendre le nom sans avoir plus d'explications sur leur vie, leurs aventures et leur fin. Comme ça ne collait pas avec tous les chapitres précédents, et qu'entre-temps j'ai grandi et ai lu un certain nombre de fanfictions qui m'ont permis d'affiner mes goûts et ce que j'attendais d'une histoire qui se passerait à l'époque des Maraudeurs, j'ai décidé en 2020 de réécrire cette histoire en tenant compte de ces nouvelles perspectives, de ces nouveaux points de vue ce qui a allongé cette histoire et lui a donné plus de maturité également. Dites-moi donc ce que vous en pensez.
Tout l'univers appartient bien évidemment à JK Rowling, je ne suis qu'un modeste champignon qui reprend sa trame en approfondissant certains éléments.
Bonne lecture !
« Les autres lui diront pourquoi son père et sa mère sont morts. Un jour, il comprendra. » Remus Lupin à Harry Potter, Harry Potter et les Reliques de la Mort, partie 2
« On me dit de me souvenir de l'idée et non de l'homme, parce que l'homme peut échouer, il peut être arrêté, il peut être exécuté et tomber dans l'oubli alors qu'après 400 ans, une idée peut encore changer le monde. Je connais d'expérience le pouvoir des idées. J'ai vu des hommes tués en leurs noms… et mourir en les défendant. Mais on ne peut embrasser une idée. On ne peut la toucher ou la serrer contre soi. Les idées ne saignent pas, elles ne ressentent pas la douleur… et elles ne peuvent aimer. » Evey, V pour Vendetta
« Les hommes sont hantés par l'immensité de l'éternité. C'est pourquoi nous nous demandons : Le récit de nos actes trouvera-t-il un écho à travers les siècles ? Des étrangers entendront-ils notre nom longtemps après notre disparition ? Se demanderont-ils qui nous étions, si nous avons combattu avec courage et aimé avec ardeur ? » Ulysse, Troie
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L'été, promesse de vacances et de liberté, touchait à sa fin. Les jours raccourcissaient et un on ne savait quoi dans l'air semblait annoncer l'arrivée prochaine de l'automne et de la rentrée scolaire.
À la fenêtre d'une maison particulièrement ordinaire à Carbone-les-Mines, une jeune fille assistait la mort dans l'âme à ce spectacle en évitant de songer à l'anticipation qui ne manquait jamais de suivre. Sur son bureau, à côté de la fenêtre, se trouvait sa lettre de rentrée de l'école de sorcellerie de Poudlard. Dans deux semaines, elle reprendrait le chemin de l'école et entamerait sa septième et dernière année. Elle reviendrait dans le monde qui était désormais le sien et elle ne parvenait toujours pas à croire en sa chance.
Six ans auparavant sa vie avait complètement changé lorsqu'elle avait rencontré un jeune garçon qui lui avait révélé son secret et fait découvrir ses capacités extraordinaires.
Six ans, c'était ce qu'il avait fallu pour que Lily Evans embrasse sa véritable identité et franchisse les portes d'un nouveau monde avec la ferme intention de tout connaître et de tout apprendre de lui. Bien sûr, elle avait pu compter sur l'aide de ses amis, Severus Rogue et Alice Fawley, et sur le soutien et l'amour inconditionnels de ses parents dans sa tâche. Pourtant, si elle devait être honnête avec elle-même, elle ne pouvait pas s'empêcher d'être meurtrie par l'indifférence teintée de mépris avec laquelle la traitait désormais sa sœur.
Si Petunia Evans partageait jadis tout avec sa petite sœur, personne n'aurait pu à présent se douter que l'aînée des filles Evans avait une sœur tant cette dernière s'était employée à effacer toute trace de sa présence dans la maison familiale, et évitait de mentionner la cadette quand elle le pouvait. Son nouveau, et premier, petit-ami ne connaissait d'ailleurs toujours pas son existence.
Vernon Dursley avait tout pour lui et constituait un parti enviable sinon idéal pour la plupart des femmes, c'était du moins ce dont il était fermement convaincu. Il avait quitté le domicile familial à un âge convenable, avait achevé ses études, avait terminé de rembourser ses parents et disposait désormais d'un travail, d'une épargne, d'un logement et d'une voiture. Mais plus que tout, il ne débordait pas de rêves et d'imagination. En réalité, son esprit était bien trop étriqué pour cela. C'est d'ailleurs ce qui avait séduit Petunia Evans.
Si elle devait être honnête avec elle-même, elle aurait reconnu la jalousie qui sommeillait en elle et qui n'avait eu de cesse de grandir depuis que sa sœur avait reçu sa lettre d'acceptation à l'école de sorcellerie de Poudlard.
Le refus qu'elle avait essuyé de la part d'Albus Dumbledore n'avait pas éteint son envie mais l'avait couplée à un terrible sentiment d'humiliation, qu'elle s'était jurée de faire payer à sa sœur.
Déterminée cependant à ne rien laisser paraître de son tourment intérieur, Petunia s'était activement employée à être l'exacte opposée de sa sœur en menant une vie excessivement banale, dépourvue de la moindre trace de magie et d'extraordinaire.
Tandis que Lily avait passé l'été de sa cinquième et sixième année à examiner des brochures décrivant des métiers tous plus exigeants et prometteurs les uns que les autres, Petunia s'était dégotée une place de secrétaire dans une entreprise où elle fit la connaissance de Vernon Dursley. Son physique n'avait pourtant rien d'extraordinaire au contraire. Son visage rose et bouffi, délimité par une moustache déjà imposante, contrastait avec son absence de cou et ses petits yeux humides. Cela n'avait pas empêché Petunia de tomber presque immédiatement sous son charme. Se rendant compte qu'elle l'observait, lorsqu'ils se retrouvèrent pour la première fois dans la même pièce, il vint se présenter à elle et lui proposa de manger ensemble.
Durant ce repas, une étrange dynamique se mit en place. Elle devait se maintenir pendant tous les rendez-vous qui s'ensuivirent. Alors que Petunia demeurait silencieuse, trop honorée d'avoir su obtenir l'intérêt du jeune homme, celui-ci monopolisait la parole, trop content d'avoir un public attentif, pour exposer son opinion.
Si quelqu'un les avait accompagnés, il aurait pu jurer que Vernon Dursley n'avait pas repris son souffle depuis leur première conversation. Ce dernier ne manquait en même temps pas de sujets pour alimenter leurs discussions ou plutôt ses monologues animés. Depuis les motocyclettes qu'il abhorrait jusqu'aux chômeurs, tous les aspects de la société dans ses plus infimes détails furent passés en revue pour le plus grand bonheur de la jeune femme, désormais certaine d'avoir ses faveurs.
Pourtant, d'aucun aurait pu jurer la surprise teintée de choc avec laquelle elle reçut le premier baiser de son petit-ami. Ayant terminé plus tôt son travail, Vernon se permit un détour dans le secteur où travaillait Petunia. Il voulait la surprendre en lui proposant d'aller voir un film au cinéma. Il devait bien reconnaître que l'idée de l'embrasser lui occupait l'esprit depuis un certain temps déjà. L'endroit et le moment restaient les deux seules inconnues dans la mesure où Vernon savait que son initiative serait bien reçue par la jeune femme.
Il savait qu'il devait prendre les choses en main car enfin, il était l'homme, que c'était toujours aux hommes d'agir en la matière et qu'il était dans tous les cas un parti enviable. S'il avait été quelqu'un d'autre, il aurait pris le temps d'imaginer les différents scenarii possibles afin de se préparer psychologiquement à un moment qui, il en était sûr, allait changer sa vie à jamais. Mais il ne croyait ni à l'imagination ni à la psychologie. Cela ne l'empêcha pas pour autant d'avoir la gorge serrée et de passer la majorité de leur sortie à la suivre comme un automate, parlant pour une fois moins qu'il en avait l'habitude en sa compagnie.
Profitant du silence exceptionnel de son compagnon, Petunia put enfin s'exprimer à loisir. Contrairement à son petit-ami, la jeune femme pouvait se targuer d'avoir un cou extraordinairement long, ce qui était particulièrement utile pour observer ses collègues par-dessus son bureau et glaner des ragots croustillants.
Après leur séance, Petunia l'avait invité à poursuivre leur soirée le long de la Tamise dans une promenade qu'elle espérait suffisamment longue pour lui permettre de raconter tout ce qu'elle avait appris au cours de la journée. Oublieuse de tout ce qui n'était pas son patron, dont elle avait entendu l'appel à sa maîtresse, elle sursauta lorsqu'il la ramena à la réalité en lui saisissant fermement les épaules et en l'entraînant dans ce qu'il considérait être une étreinte passionnée.
Elle aurait menti si elle avait affirmé n'avoir jamais pensé à leur premier baiser mais elle s'était attendue à quelque chose de dépassionné et de planifié puisque son petit-ami prévoyait tout depuis ses placements jusqu'à ses tenues de travail (sur cinq jours consécutifs). Lorsqu'il se sépara d'elle, rouge et haletant, dans l'espoir de recouvrer son souffle, Vernon put certifier n'avoir jamais vu la jeune femme aussi épanouie tant son sourire, quoique choqué, était grand.
Lorsqu'il la raccompagna, en parfait gentleman, chez elle, Petunia Evans malgré son physique peu avantageux, était toujours aussi rayonnante. Une fois seule, elle se dit qu'elle ne pouvait pas garder ce secret pour elle. C'est pourquoi elle se jeta sur son journal intime avant de se raviser. Comme elle aurait eu besoin de sa sœur en un moment pareil ! Leur relation n'était plus aussi forte qu'auparavant, en grande partie à cause d'elle et de sa fierté, et elle le regretta amèrement. Jusqu'à ce que sa petite sœur reçoive sa lettre de Poudlard, elle avait été sa meilleure amie et confidente. Puis il était apparu et tout avait changé. Elle ne se doutait pas que, loin de Londres, sa sœur se disait exactement la même chose, et s'endormit dans un sommeil agité rempli de magie et de taffetas.
La semaine comme à chaque fois en vacances avait filé à une vitesse incroyable et Lily se réveilla la mort dans l'âme ce samedi-là, comprenant qu'elle reverrait sa sœur qui avait pris pour habitude de rentrer chez leurs parents le week-end. Elle ne fut pas déçue en rejoignant la cuisine familiale. Sa mère et sa sœur étaient plongées dans une conversation et ne lui accordèrent qu'un sourire pour la première et une expression pincée pour la seconde.
- … il voudrait vous rencontrer maman et vous présenter ses respects.
- Je n'y vois pas d'inconvénient ma chérie. Il faut juste que nous nous accordions sur le jour.
- Pourquoi pas le samedi soir de la semaine prochaine ?
- Oui, ça me laisserait le temps d'établir le menu et cela permettrait à ta sœur d'être présente.
- Qui dois-je rencontrer ? Lily avait du mal à émerger, s'étant couchée tard la veille au soir pour répondre à son amie Alice.
- Maman, ce n'est pas nécessaire voyons. Il doit vous rencontrer vous.
- Tunie chérie, il n'est pas n'importe quel garçon. Il est le premier que tu désires nous présenter. Tu veux qu'il fasse partie de ta vie et j'en suis heureuse, seulement ta vie inclut également ta sœur.
- Mais…
- Il n'y a pas de mais, ce sera la semaine prochaine et ta sœur sera présente. C'est non négociable.
Anne Evans faisait rarement preuve de fermeté, ce qui la rendait d'autant plus impressionnante lorsqu'elle en usait. Le conflit qui opposait ses deux filles commençait à avoir raison de son caractère et de sa patience.
- Super…
- De qui vous parlez à la fin ?
- Du petit-ami de ta sœur. Il veut nous rencontrer et je veux que tu sois présente.
- Je ne vois pas pourquoi. Tunie m'a bien fait comprendre que j'étais de trop.
- Pour une fois le monstre, je suis d'accord avec toi, concéda Petunia en lui accordant un rare regard, empli de condescendance.
- PETUNIA EVANS ! C'est la dernière fois que je t'entends parler à ta sœur comme ça, tu m'entends ?
- …
- Je ne t'ai pas entendue !
- D'accord…
- Bien. Lily, j'expliquais à ta sœur avant que tu n'arrives, que je pensais me rendre en ville. Dans la mesure où nous ne sommes toujours pas allées chercher tes fournitures, on pourrait tout aussi bien passer par le Chemin de Traverse en allant à Londres, qu'en dis-tu ?
- C'est une très bonne idée maman.
- Tunie, tu viens avec nous, je pense que tu ne seras pas contre une nouvelle tenue pour samedi prochain.
Les laissant finir leur petit-déjeuner, elle partit se préparer, sachant que ses filles reprendraient leur dispute là où elles l'avaient laissée.
Anne Evans était loin d'être naïve. Elle savait que la promesse qu'elle avait réussi à obtenir de sa fille aînée n'était qu'une trêve destinée à sauver les apparences en sa présence et celle de son mari.
John et Anne Evans étaient fiers de leurs deux filles, malgré ce que pouvait en dire Petunia. Toutefois, ils devaient bien reconnaître qu'ils auraient tout donné pour que Lily ne devienne jamais une sorcière. Ils l'avaient toujours soutenue et avaient été rassurés en rencontrant le professeur McGonagall et en voyant à quel point elle excellait dans le monde magique. Pourtant, l'entrée à Poudlard de leur fille cadette avait également marqué la fin de la relation fusionnelle qui unissait auparavant les deux sœurs et par la même occasion, la fin du calme à Carbone-les-Mines.
Jadis unis en dépit d'une situation financière qui allait en empirant à mesure que les mines fermaient dans la région, la famille Evans faisait désormais face à un dilemme. Souhaitant que Lily s'intègre dans le monde qui était le sien, Anne et John n'en oubliaient pas pour autant leur aînée et son désir de mener une vie normale.
Anne doutait que ce Vernon soit l'homme idéal pour cette dernière. De ce que sa fille lui avait raconté, il semblait être un jeune homme opiniâtre, fier, intolérant, avec des idées désuètes. Le fait que sa fille ne lui ait toujours pas révélé les capacités magiques de sa sœur en disait long. Si elle avait pu, elle aurait tout donné pour leur éviter ce qui s'annonçait comme une véritable épreuve tout en préservant sa fille.
Achevant sa toilette en priant pour que sa seconde fille soit plus judicieuse dans ses choix amoureux, elle se dit qu'elle ne pouvait être plus opposée à sa sœur si elle se fiait au petit Rogue. Certes il n'avait été qu'un ami pour Lily et Anne convenait volontiers qu'il était déjà trop marqué par la vie. Pourtant, elle devait également reconnaître son exceptionnelle intelligence, sa prévenance et sa gentillesse lorsqu'il acceptait de laisser tomber son masque. Elle avait été navrée d'apprendre la fin de l'amitié entre sa fille et lui mais se rassura en songeant au fait que sa cadette se respectait trop pour être amie ou sortir avec quelqu'un qui ne la méritait pas.
Elle sourit en se remémorant la ténacité dont elle avait fait preuve en refusant l'une après l'autre chacune des demandes de James Potter depuis qu'il l'avait rencontrée à Poudlard. Des rares fois où elle l'avait vu sur le quai 9 ¾, Anne Evans ne pouvait nier qu'il était beau garçon même s'il en avait sans doute un peu trop conscience. Son sourire s'élargit quand elle réalisa qu'il y avait un an que Lily avait cessé d'employer le ton plein de morgue qu'elle réservait aux mentions du jeune homme. Elle avait aussi remarqué les rares mais non négligeables compliments que la jeune femme avait su concéder à son camarade qui paraissait disposer d'un talent naturel en matière de magie.
Redescendant à la cuisine, son sourire disparut rapidement quand elle entendit la fin de la conversation entre ses filles.
- Moi au moins j'ai un petit-ami, ce qui n'est pas le cas de tout le monde !
- Je préfère être seule que mal accompagnée. Et puis d'ailleurs qui te dit que je n'en ai pas ?
- Je l'aurais su si tu en avais un !
- Ce n'est pas parce que je ne m'en vante pas comme toi que je n'en ai pas pour autant !
- Tu ne vois plus cet horrible garçon. C'était plus une affirmation qu'une question.
- Cela ne te regarde pas qui je vois. Severus est mon ami et je le vois, dans tous les cas, toute l'année à Poudlard, acheva-t-elle avec regret et tristesse.
- Je n'ose imaginer la tête que feraient les voisins s'ils apprenaient avec qui tu traînes.
- Je ne te permets pas de parler de Severus sur ce ton ! Tu penses être mieux placée pour me juger ? Tu crois que ton Vernonouchet est mieux peut-être ?!
Les deux sœurs s'étaient levées et se faisaient face, les yeux emplis de fureur
- Bien sûr que oui !
- Bien sûr que non !
- Si !
- Non !
- Si !
- Non, tu sors avec lui uniquement parce que tu ne veux pas être seule !
- C'est pas vrai ! Je l'aime et il m'aime et grâce à lui, je serai respectée !
- Écoute-toi Tunie, je te parle d'amour et toi tu te soucies uniquement du qu'en dira-t-on ! la railla Lily.
- Je m'en soucie uniquement depuis que tu es devenue bizarre !
- Moi ? Bizarre ? Et toi alors ? Au lieu d'être heureuse pour moi, tu m'en veux depuis que je suis entrée à Poudlard !
- C'est pas vrai ! Pourquoi je voudrais être aussi bizarre que vous ?
- Tu ne tenais pas le même discours quand tu as envoyé une lettre à Dumbledore !
- Tu ne peux rien prouver !
- Bien sûr que si, j'ai vu le refus qu'il t'a adressé !
- Et même si je lui avais envoyé une lettre, c'était uniquement pour toi, pour ton bien ! Tu crois que j'ai envie d'avoir une sœur bizarre, un monstre qui prend plaisir à transformer des tasses de thé en crapauds ?
- Menteuse !
- Mais bon, au moins, maintenant, cet horrible garçon n'est plus là pour te gâcher la vie ! Et tu es malheureuse parce que tu n'as plus personne pour te regarder !
- Menteuse !
- Tu sais que c'est vrai !
Anne jugea préférable d'intervenir. Elle en avait l'habitude depuis six ans déjà.
- Les filles ! Qu'est-ce que j'avais dit ?! Je ne veux plus vous entendre ! Je veux que vous vous excusiez l'une l'autre parce que vous êtes allées trop loin, toutes les deux ! C'est clair ?
- Limpide, répondirent-elles de concert.
- Pardon, ajoutèrent-elles à nouveau en chœur en prenant bien soin de ne pas se regarder
- Filez vous préparer et on y va !
Profitant de se trouver seule dans sa chambre, Lily essuya rageusement les larmes qu'elle avait contenues pendant la dispute d'un revers de la main.
La jeune femme devait reconnaître le don qu'avait sa sœur de la blesser en lui renvoyant au visage ses doutes et ses craintes. Comment elle avait su qu'elle ne parlait plus à Rogue, elle se le demandait bien. Elle s'était sans doute rendue compte que Rogue ne venait plus chez les Evans.
Elle regrettait d'avoir tourné le dos à Severus. Bien sûr, il l'avait traitée de Sang-de-Bourbe mais elle ne pouvait que constater le remords sincère qui habitait son visage chaque fois que leurs regards se croisaient. Elle avait par ailleurs remarqué qu'il n'avait plus insulté aucun né-moldu après cet épisode et qu'il avait pris soin de ne plus chercher querelle auprès des Maraudeurs, preuve qu'il avait tenu compte de ses reproches.
Elle ne savait pas si elle pourrait lui pardonner un jour tout en se disant qu'il était néanmoins sur la bonne voie. D'un autre côté, elle songea qu'elle-même devait faire amende honorable aussi bien auprès de lui que de sa sœur et de James. Si elle avait dû être complètement honnête avec elle-même, Lily aurait reconnu avoir été choquée de constater que les Maraudeurs avaient cessé leurs enfantillages et ne prenaient plus pour cible Severus et les autres Serpentards. Un accord tacite semblait par ailleurs avoir été conclu entre James et Severus qui se haïssaient toujours mais en silence, prenant soin de s'éviter dès qu'ils le pouvaient. Une fois débarrassés de la fourberie teintée de méchanceté qui les caractérisait auparavant, les tours des Maraudeurs constituaient la meilleure démonstration de leurs talents magiques de même qu'un rempart à la morosité ambiante de ces derniers temps.
Elle avait d'autant plus noté leurs prouesses non dénuées d'humour qu'elle s'était également aperçue que James avait cessé de la harceler. Si elle avait dû être complètement franche avec elle-même, elle aurait admis une pointe de déception à cette simple pensée. Sa sœur n'avait pas eu tort de lui cracher cette vérité au visage. À présent qu'elle ne parlait plus à Severus et que James ne la poursuivait plus de ses assiduités, elle se sentait plus seule que d'ordinaire. Non qu'elle ne pût se plaindre d'être abandonnée mais Severus et James avaient toujours été des certitudes dans sa vie de sorcière. Son équilibre fragilisé depuis la fin de sa cinquième année avait été totalement déstabilisé par la nouvelle indifférence du Maraudeur l'année dernière et peinait à trouver de nouvelles bases.
Comme à de nombreuses reprises au cours de ces vacances, elle se demanda ce que faisaient son ex-meilleur ami et James au même moment. Non sans un frisson, elle imagina Severus dans l'Allée des Embrumes avant de se le figurer dans un salon de l'un de ses chers camarades au sang pur, participer à une cérémonie lugubre et faire des choses que se plaisaient à conter les auteurs moldus dont elle raffolait auparavant.
Quant à James, elle ne pouvait songer à lui sans visualiser le Vif d'Or, qu'il emmenait partout avec lui, et son balai. À vrai dire, elle s'imaginait le jeune homme sur son balai, occupé à disputer une partie de Quidditch avec ses amis. Si son esprit ne rendait sans doute pas justice à ses traits, les souvenirs qu'elle avait de lui l'obligeaient néanmoins à reconnaître sa beauté virile et son charme. Si elle avait pris l'habitude de lever les yeux au ciel à chaque fois qu'il s'ébouriffait les cheveux en sa présence et jouait avec son Vif d'Or, elle ne pouvait nier que les séances de Quidditch avaient amélioré son physique déjà sans défaut et que son manège savait le souligner, mettant en avant sa musculature et ses cheveux fous dans lesquels bon nombre de ses camarades rêvaient de s'y perdre. Son soupir la fit sortir de son tumulte intérieur. Se levant de son lit, sur lequel elle ne se rappelait pas s'être assise, elle partit se préparer.
Tandis que Lily parcourait sa chambre de long en large afin de trouver tout ce dont elle avait besoin pour leur escapade, Severus Rogue restait volontairement dans l'ombre d'une ruelle qui faisait face à la maison des Evans. Regardant son ancienne meilleure amie, le jeune homme ne put retenir un soupir.
Plus d'un an s'était écoulé depuis leur dernière conversation et Severus en avait assez. S'il s'était écouté, il aurait sonné à la porte de chez elle, prêt à tout lui dire et à tout faire pour obtenir son pardon. Mais il savait qu'il avait perdu ce droit depuis le fameux après-midi de leur cinquième année. Trois mots avaient suffi pour mettre fin à une amitié de cinq ans. Trois mots qu'il avait immédiatement regrettés sitôt qu'ils les avait prononcés.
Il savait que, tout en étant abusifs, ces trois mots pouvaient s'appliquer à certains moldus qu'il connaissait, effaçant leur identité et les conduisant dans l'oubli. Certes son père avait largement contribué à ses préjugés vis-à-vis des moldus. D'apparence semblable, Severus ne pouvait pas être plus différent de lui autrement. Il faut dire qu'ayant vu les dommages causés par les excès d'alcool, le jeune homme avait toujours mis un point d'honneur à mettre en pratique le prénom qu'on lui avait donné. Strict avec lui-même, il l'était aussi avec les autres, n'accordant sa confiance qu'aux personnes qu'il jugeait dignes. Or, jusqu'à présent, il n'en comptait qu'une. Lily. Que n'aurait-il pas fait pour obtenir son pardon ? Serrant les poings jusqu'à ce que ses jointures blanchissent, Severus jeta un dernier regard vers celle qui avait su se frayer un chemin vers un cœur dont il ne soupçonnait jusqu'alors pas l'existence, et transplana.
Ayant l'habitude de se rendre dans l'Allée des Embrumes, Severus en profita pour laisser son esprit vagabonder vers la rousse. Il savait qu'elle avait ses nouveaux amis en horreur et, si elle avait été au courant de ses activités extrascolaires, elle l'aurait certainement étripé, prenant soin de lui envoyer un sort dont elle seule avait le secret. S'ils étaient encore amis. Là demeurait toute la différence. Il ne voulait pas la décevoir mais éprouvait un plaisir malsain à la faire s'inquiéter pour lui, comme s'il comptait encore pour elle.
En outre, il n'oubliait pas que les Serpentards, sans l'apprécier, avaient été les seuls à l'accepter. Loin d'être un naïf Poufsouffle cependant, il savait qu'il ne bénéficiait de leur tolérance qu'en raison de ses capacités. Dans la mesure où elles avaient constitué sa seule arme face aux brimades, Severus avait pris soin de les développer dès qu'il l'avait pu. Sa mère ayant décidé d'épouser un moldu, qui éprouvait une véritable aversion pour tout ce qui sortait un tant soit peu de l'ordinaire, il avait dû cacher ses pouvoirs et n'embrassait sa véritable identité qu'en l'absence de ce dernier. Il en allait de même pour sa mère.
En présence de son mari, nul n'aurait pu soupçonner la moindre trace de magie chez elle tant elle s'était employée à être la femme effacée qu'il voulait qu'elle soit. L'ensemble des tâches domestiques étaient faites manuellement par elle et les problèmes financiers et de boisson aidant, les Rogue ne comptaient que peu d'amis parmi leurs connaissances.
Severus en avait assez de la pitié des autres. Il n'en pouvait plus de revenir dans la demeure familiale. Il avait beau aimer profondément sa mère, il ne pouvait s'empêcher de lui en vouloir pour rester mariée à ce vaurien, dont il connaissait davantage les coups de sang que les élans d'affection, et l'obliger à revenir à chaque congé. Il avait en outre la nette impression que son père partageait ce regret sur lequel sa femme ne transigeait jamais.
Depuis qu'il avait gagné en assurance et en âge et qu'il pouvait répondre aux attaques de son père, ce dernier avait pris le parti de l'ignorer. Ne supportant plus cette indifférence en plus de son absence de fortune, Severus avait cherché un emploi dans le monde magique.
Par la fabrication de potions à titre officieux, le jeune homme avait goûté à une liberté à laquelle il n'était pas près de renoncer. Sans compter qu'elle lui laissait suffisamment de temps libre pour se consacrer à ses autres activités. Grinçant instinctivement des dents comme s'il se rappelait du caractère discutable de celles-ci, Severus refocalisa ses pensées sur l'objet de l'entrevue du jour et adopta une expression d'indifférence empreinte de condescendance, celle qu'il portait à la manière d'un masque en public et surtout en leur présence.
Il semblait être le dernier à arriver dans l'allée qui pourtant était encore relativement déserte. Il passa rapidement en revue les personnes en présence. Comme à l'accoutumée, seuls des Serpentards l'attendaient. « Et dire que les Gryffondors se vantent de leur courage », pensa-t-il avec ironie.
- Tiens, content de te revoir Severus, je ne pensais pas que tu viendrais aujourd'hui, commença Marcus Avery avec un sourire sincère.
- Oui, j'ai pu me libérer.
- Ravie de voir que tu nous honores de ta présence Rogue ! Comme d'habitude, Bellatrix ne pouvait s'empêcher de l'attaquer. Décidément, certaines choses ne changeraient jamais.
- Je peux te retourner le compliment Bella, je te croyais en train de roucouler avec ce cher Rodolphus, répliqua-t-il avec son désormais légendaire ton douceureux, content d'avoir touché un point sensible en remarquant que son sourire avait disparu.
- Il n'est pas si mal Severus, s'il est capable de supporter Bella, ajouta Adrian Mulciber sur un ton de fausse révérence.
- On n'a pas tous des penchants discutables, Mulciber. Comment va cette infâme sang-mêlé de MacDonald ?
- Bien, merci pour elle. Moi au moins, je n'ai pas à rougir de devoir tailler la plume de Rod !
- Qu'est-ce que tu viens de dire ?
- Tu aimes mon expression ? demanda-t-il en feignant la surprise. Elle est française.
- Tout comme la devise de ma famille, qui doit t'être étrangère vu ce que tu te permets de faire dans tout Poudlard…
- Oh pardon, j'avais oublié que c'était mieux d'astiquer la baguette d'un Lestrange. Toujours pur, mon œil.
- Tu peux dire ce que tu veux Mulciber, mais j'amènerai toujours plus de prestige à la maison Black que tu ne pourras jamais t'en vanter. Mais en même temps, à quoi je m'attendais venant d'une famille aux origines aussi douteuses…
- Retire tout de suite ce que tu viens de dire !
- Certainement pas !
- Si nous conservions notre calme, hum ? lança Rogue
- Je n'ai pas d'ordre à recevoir de toi, le sang-mêlé !
Rogue jeta un coup d'œil à Avery et Black, espérant qu'ils fassent cesser ces enfantillages qui les détournaient du motif de leur réunion. Regulus, qui n'avait jusqu'alors pas pris la parole, tenta de raisonner sa cousine.
- Bella, loin de moi la volonté de t'arrêter mais nous ne sommes pas là pour défendre l'honneur notre maison. Nous sommes là pour autre chose…
- Rien qui ne peut attendre Reg. La mission n'est pas importante. Tu n'as qu'à regarder les personnes présentes, lui répondit-elle en désignant d'un air dédaigneux les hommes qui l'entouraient.
- Parle pour toi… murmura Mulciber mais apparemment pas suffisamment bas si Severus se fiait au regard assassin qu'elle lui adressa.
- Je suis là pour vous encadrer. Aucun d'entre vous n'a reçu la marque. Vous êtes encore aux yeux du Seigneur des Ténèbres et aux miens les chiots de Dumbledore…
- Oh je t'en prie, tu n'as que quelques années de plus que nous ! l'interrompit Avery. Le Seigneur des Ténèbres t'a envoyée pour se débarrasser de toi, ni plus ni moins…
Il ne termina jamais sa phrase. Projeté à terre par une force invisible, il semblait subir la pire des tortures mais prenait soin de ne pas hurler, ne voulant pas faire ce plaisir à sa tortionnaire, qui arborait un sourire de démente quoiqu'un peu déçu. Il avait l'air d'être un habitué du sort.
- Autre chose à ajouter Mulciber ? Quelqu'un d'autre ? Parfait. Arrêtez vos enfantillages et allons-y.
Et ils transplanèrent, ledit Mulciber en dernier, profitant de l'absence de la femme pour jurer en bonne et due forme contre elle. Ils arrivèrent dans une ruelle adjacente d'une rue très fréquentée de la capitale. Bellatrix Black observait attentivement un magasin qui s'y trouvait en fronçant les sourcils.
- Vous savez ce que vous avez à faire, au travail !
Grognant plus pour la forme que pour s'opposer à son ordre, les jeunes hommes se tournèrent vers le magasin qui occupait toute l'attention de Bellatrix. Regulus et Severus soufflèrent discrètement de soulagement. Le magasin était fermé. Jetant un sort de silence suivi d'un autre de désillusion, Mulciber et Avery furent les premiers à bouger.
Faisant désormais face à la vitrine du magasin, ils pointèrent leur baguette sur l'enseigne. Des lettres rouges apparurent, formant progressivement des mots. On aurait dit qu'ils avaient toujours été là. Sang-de-Bourbe. Un autre coup de baguette et la vitrine se brisa. Prenant le temps d'admirer leur œuvre, Bellatrix adressa un sourire large et malsain, que seuls ses accompagnateurs purent voir avant de claquer ses doigts, signifiant la fin de leur rassemblement. Tous disparurent dans un enchevêtrement de capes avant d'être vus.
Loin de la capitale, dans l'une des demeures des Potter, quatre garçons disputaient ce qui semblait être la partie la plus difficile et la plus féroce jamais jouée dans l'histoire du Quidditch. Trois des quatre joueurs maniaient leurs balais avec une étonnante facilité, louvoyant, zigzaguant, feintant à l'envi au-dessus de la parcelle spécialement dédiée au Quidditch des Potter.
Cachée par des haies immenses, agrandies magiquement, la parcelle était autant un témoin de l'histoire de la famille que la maison elle-même. Elle avait vu d'abord un jeune garçon aux cheveux particulièrement ébouriffés venir jouer au sport magique dès qu'il avait su marcher. Plus tard, elle avait fait la connaissance d'un nouveau garçon qui, quoiqu'un peu perdu, avait toujours eu les traits aristocratiques et distinctifs de la famille Black. Elle avait constaté que sa présence leur avait été mutuellement bénéfique.
Ayant trop l'habitude d'être choyé, James Potter avait besoin de quelqu'un pour lui remettre les pieds sur terre, souvent littéralement. De son côté, Sirius Black avait découvert grâce à son nouvel ami, les joies d'une famille aimante et bienveillante.
Un an plus tard, elle avait enfin fait la connaissance de deux autres garçons qui n'auraient pas pu être plus différents des deux premiers. Si trois d'entre eux possédaient un charme dont nul ne pouvait douter, il était assuré et assumé par seulement deux d'entre eux. Le troisième marchait sur la parcelle et plus généralement partout comme s'il avait peur de déranger et s'attendait à ce qu'on lui demande de partir à tout moment. Il aurait pourtant dû savoir que sa musculature plus affirmée encore que celle de ses amis, ses cheveux châtains lui tombant négligemment dans les yeux, ses cicatrices au visage et son air perpétuellement mystérieux et torturé, lui avaient valu l'attention avide de la plupart de ses condisciples féminins, parfois même masculins, à Poudlard. L'invitation, qu'il avait reçue de son ami une semaine auparavant, lui avait cependant donné un de ses seuls, et rares, sourires sincères.
Le quatrième comparse, pièce manquante de leur groupe en formation dès leur première rencontre au sein du Poudlard Express, trottinait derrière eux. N'ayant pas perdu ses rondeurs d'enfant, Peter Pettigrow était certainement le plus défavorisé des quatre, ce que venaient souligner ses petits yeux humides. Malgré tout, ses traits demeuraient réguliers et son sourire quelque peu béat, comme s'il n'en revenait toujours pas de faire partie d'un groupe, lui attirait la sympathie, sinon la pitié, des gens qui le rencontraient. Même en plein match de Quidditch, alors qu'il tentait de s'accrocher à son balai qui refusait, une fois de plus, de lui obéir, il avait su capter une partie de l'attention de ses amis qui le surveillaient d'un œil, adoptant à chaque fois un air mi-amusé mi-protecteur.
Soudain, un bruit léger parvint aux oreilles de James qui délaissa sa surveillance de Peter et plongea en piquet pour rattraper le Vif d'Or. Il ne se doutait pas que ses amis avaient eu la même idée. Au fur et à mesure qu'il se rapprochait du sol, James entendit les vrombissements des balais de ses deux amis, Peter rivalisant au même moment d'agilité en exécutant un parfait cochon-pendu sur son balai. Plus attentif à la minuscule balle dorée qu'à ses adversaires, James redressa le manche de son balai afin de reprendre de l'altitude. Rapidement, Sirius le talonna à sa droite et Remus à sa gauche. Le nouveau trio formait désormais un étrange sandwich dans lequel chaque morceau tentait de désarçonner les autres.
- Nerveux Potter ? demanda Black. Il avait beau être engagé dans une course poursuite effrénée, ce dernier donnait l'impression d'effectuer une promenade de santé.
- Pétrifié Black ? rétorqua le jeune homme.
- Tu aimerais bien ! lui répondit-il, un sourire amusé aux lèvres. Feignant de bailler, il reprit sa quête en prenant bien soin de bousculer son ami.
- Ma parole James, tu es plus enthousiaste que d'habitude. Aussi, je me demande : à quoi doit-on cela ? Même s'il accompagnait sa question d'une moue concentrée et d'un doigt posé sur son menton, Remus parvenait à conserver sa vitesse et sa direction. À ton avis Sirius ?
- Hum, question délicate, ça ne peut être une soudaine envie de briller à l'école. Jamesie est au-dessus de besoins aussi bas. Maintenant que j'y pense, l'école doit quand même être la réponse à sa montée d'adrénaline et d'énergie…
- L'école ou les élèves qui y vont ?
- Hum, dans la mesure où je lui suis indispensable et que j'habite avec lui, ça ne doit pas être moi qui lui fais cet effet-là…
- Je ne pense pas que ce soit Rogue ou les Serpentards non plus…
- Encore moins son fan-club, qui est après tout, beaucoup plus restreint que le mien ou le tien Lunard… ce dernier ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel à la fin de sa phrase
- Maintenant que tu le dis Patmol, il me semble avoir vaguement entendu Cornedrue mentionner quelqu'un…
- Une fille je crois…
- Rousse mais je ne m'avancerai pas plus…
- Des rumeurs prétendent qu'elle s'appellerait Lily…
- Mais après tout, qu'est-ce qu'on en sait ? Ce n'est pas comme si James nous en avait parlé…
- Au moins deux cents fois…
- J'aurais plutôt dit mille huit cent vingt-cinq fois, à plus ou moins quelque fois près bien sûr…
- Ce n'est pas comme si on avait compté…
- Les baffes qu'il a reçues de la demoiselle par contre…
- J'aurais dit à vue de nez, au moins vingt…
- Vingt-cinq pour être précis mais ceci ne nous regarde pas…
- Même si, passée la surprise de la première, Jamesie a toujours arboré une joie perverse…
- Ceci ne nous regarde pas mon cher Patmol…
- Bien sûr que non, pas plus que le nombre de soupirs ou le nombre de fois où notre Jamesie a eu sa tête de dépressif « romantique », ajouta Sirius en prenant bien soin de mimer les guillemets, tenant sur son balai au seul moyen de ses cuisses.
- Bien sûr que non…
- Vous avez fini ? James ne put s'empêcher d'être amusé par les faux débats de ses deux amis, tout en ne perdant pas de vue le Vif d'Or.
- À peine Corn', où en étions-nous mon cher Pat' ?
- Tant de questions qui demeurent sans réponse mon cher Lunard… Pas étonnant que Jamesie n'arrête pas de s'ébouriffer les cheveux, il y a de quoi être dingue…
- Certainement, la dame va-t-elle lui retourner ses faveurs ?
- Il y a quelques années, je n'aurais pas osé parier, confia-t-il en fonçant brusquement vers le sol, suivant le Vif d'Or.
- Mais depuis que Jamesie a arrêté de lui demander si elle voulait sortir avec lui, ça se complique…
- Sans compter que la dame ne parle plus à Snivellus, concéda-t-il en jetant un coup d'œil amusé à Peter toujours en plein combat avec son balai. Ça va Pete ?
- Au poil Pat' ! La tête de Peter avait beau être rouge tomate, le jeune homme donnait l'impression de prendre le thé.
- Mum, ce n'est pas comme si, la dame était populaire… continua Remus
- Et qu'elle avait reçu je ne sais combien d'invitations de la part de sorciers tous plus respectables et charmants les uns que les autres…
- J'avoue que j'ai perdu le compte, combien en a-t-elle reçues l'année dernière James ?
- Six, répondit-il au tac au tac, en feignant l'indifférence.
- Et ça n'était que l'année dernière. Pas étonnant que notre Jamesie soit désemparé. Mais, maintenant que j'y pense Lunard, il doit y avoir plus que ça…
- Ce ne serait pas parce qu'il a reçu un insigne de préfet-en-chef quand même ?
- Merlin non, Morgane seule sait qu'il a tout fait depuis le début de sa scolarité pour ne jamais, J-A-M-A-I-S, recevoir ce genre de récompense.
- Certes mais pour le citer, quoi de meilleur que de voir la joie sur les visages de tous ?
- Quoi en effet mon cher Lunard ? Peut-être, mais cela ne reste qu'une supposition, est-ce parce que son homologue féminin n'est autre que cette chère Lily ?
- Maintenant que tu en parles Pat', il me semble en avoir entendu parler…
- Une vingtaine de fois…
- Maintenant que tu le dis, je crois qu'il en a parlé pendant toutes les vacances…
James était un habitué des conversations de ses amis, si bien qu'elles n'arrivaient plus à le distraire. Seule une certaine rousse accaparait ses pensées. Il sourit en reconnaissant qu'effectivement l'idée d'être préfet-en-chef avec Lily l'avait réjoui au-delà des mots.
Sa mère avait été aux anges le matin où il lui avait brandi son insigne sous ses yeux. Tandis qu'elle pleurait de joie, son père lui avait donné une tape dans le dos, le félicitant plus discrètement tout en se disant que Dumbledore n'aurait pu choisir quelqu'un de plus apte pour ce poste.
Il savait pertinemment, pour lui avoir donné sa propre cape d'invisibilité, que son fils connaissait tous les passages secrets de Poudlard. Toutefois, il ne put s'empêcher de rire en pensant au divertissement que son fils procurerait à toute de l'école lui qui, pour son plus grand bonheur, avait appris que son homologue féminin ne serait nulle autre que la jeune fille dont il était amoureux depuis sa première année.
Dumbledore l'avait confié à Fleamont lorsqu'il l'avait rencontré sur le Chemin de Traverse. Tout au long de leur conversation, les yeux de Dumbledore avaient brillé d'une lueur malicieuse. Les sentiments du jeune homme étaient connus de tous, y compris du directeur qui avait décidé de lui donner un coup de pouce.
Lorsqu'il revint ce soir-là et qu'il annonça la nouvelle à son fils, il eut l'impression de lui offrir plusieurs cadeaux de Noël en avance. Son visage déjà sans défauts, avait rayonné avant que James n'entame une danse de la joie improvisée dans le salon et que Sirius ne lève les yeux au ciel, jurant contre les puissances célestes qu'il n'entendrait jamais la fin de cette histoire, pour être finalement entraîné par son ami, pour son plus grand amusement et déplaisir.
Il savait qu'il ne devait pas abandonner tout ce qu'il avait entrepris l'année précédente avec la rousse. Il avait bien remarqué que son absence d'attentions à son égard l'avait surprise et un peu déçue. Il voulait qu'elle se rende compte qu'il avait mûri tout en restant sérieux à son égard. Il savait que cette année serait son année. Il ne pouvait en aller autrement.
Lily avait espéré se tromper. Non, Lily avait espéré une intervention divine ou magique. Tout, pourvu qu'elle parvienne à échapper au pensum qu'elle s'apprêtait à vivre. Si elle avait été proche de sa sœur, peut-être qu'elle aurait été ravie de rencontrer celui qui faisait battre son cœur. « Si tant est qu'elle en ait un », ne put s'empêcher de penser la jeune femme avec amertume.
Depuis qu'elle avait intégré Poudlard, sa sœur était devenue infecte, la faisant remettre en cause l'existence de ce précieux organe chez elle. Pourquoi sa mère avait tant insisté pour qu'elle soit présente, elle se le demandait bien. Vêtue de pied en cap, elle avait l'impression d'attendre le Premier ministre et non cet obscur personnage. Elle avait beau savoir que son ancien ami Severus pouvait faire peur de prime abord, elle le connaissait suffisamment pour savoir qu'il devenait tout à fait agréable à mesure qu'il passait du temps en dehors de chez ses parents. Vernon Dursley semblait être un autre genre de personnage. Il n'avait pas seulement l'air désagréable, il l'était. Lily s'en était rendue compte dès qu'il avait posé un pied chez eux.
Ses parents l'avaient pourtant accueilli de manière chaleureuse et l'avaient invité à les suivre dans le salon. Malgré tout, il garda un sourire pincé toute la soirée. Se repassant les événements de l'apéritif et du dîner lorsqu'elle fut couchée, Lily ne trouva rien à reprocher à ses parents. Ils avaient traité Vernon Dursley comme le petit-ami de leur fille aînée.
Pour être honnête, la jeune femme avait senti que le véritable problème au cours de la soirée avait été sa simple présence. Les rares fois où l'homme aux yeux porcins l'avait regardée, elle avait perçu sa suspicion. Pareille à une énigme dont il attendait d'avoir la réponse, Vernon Dursley lui jetait des regards en coin, s'attendant visiblement à ce qu'elle fasse quelque chose de fou ou de dangereux.
Certes, il avait apporté des fleurs à sa mère et à sa petite-amie mais il avait aussi pris le temps d'observer l'intérieur de leur maison. En le voyant faire, Lily ne put s'empêcher de le comparer à un prince qui aurait décidé d'observer la populace à travers la fenêtre de son carrosse. Il renvoyait l'image de quelqu'un qui croyait en sa propre supériorité et avait conscience de leur offrir un incroyable privilège en consentant à venir chez eux.
Non sans un amusement certain, la rousse se dit qu'il avait dû prendre son temps avant de sonner à leur porte afin d'observer les voitures de la famille.
Jamais la jeune femme n'avait eu honte de ses origines. Son père, contrairement à Tobias Rogue, ne dépendait pas directement des mines mais gérait un cabinet d'assurances qui leur était en partie dédié. Combiné au travail de secrétaire de sa mère, les Evans étaient loin de rouler sur l'or mais restaient moins à plaindre que leurs voisins qui suivaient avec inquiétude les fermetures d'usines et des mines dans la région. Or, Vernon l'obligeait à tout reconsidérer.
Une fois assis et après avoir servi tout le monde, Anne et John entreprirent d'en savoir plus sur l'heureux élu de leur fille.
- À part savoir que vous travaillez avec Tunie, nous en savons relativement peu sur vous. Que font vos parents ? demanda Anne avec un sourire
- Mon père est à la tête d'une entreprise de logistique qu'il a lui-même créée, ma mère est à la maison.
- Par goût ou pour une raison particulière ?
- Parce que mon père gagne suffisamment d'argent et qu'il considère que le rôle d'une femme n'est pas au travail mais à la maison.
- Ah, hum, c'est un avis… intéressant. Vous avez une sœur aussi je crois ? continua Anne sans se départir de son sourire, déjà mis à rude épreuve.
- Oui Marjorie, elle a deux ans de moins que moi.
- Et que fait-elle ? Tunie nous a dit qu'elle tenait un élevage.
- Tout à fait, un élevage de bouledogues, elle en est très fière.
- Vous aimez ?
- Les bouledogues ? Je ne suis pas particulièrement friand des chiens, pas plus que des chats d'ailleurs.
- Je suis d'accord avec toi Vernon. Je dois avouer que je ne sais pas comme fait ta sœur pour supporter tout le bazar qu'ils laissent derrière eux, avoua Pétunia d'un air dégoûté.
Lily s'ennuyait déjà. Elle admirait ses parents qui parvenaient à conserver un air intéressé. Elle essaya de se faire remarquer le moins possible, ne sachant pas ce que sa sœur lui avait révélé, ou caché.
Dans une tentative pour détendre l'atmosphère, Vernon Dursley s'essaya à une blague à propos d'un golfeur japonais et fut très satisfait lorsqu'il obtint quelques gloussements d'Anne et de John. Pétunia n'aimant pas les blagues et l'ayant dans tous les cas déjà entendue, ne laissa rien paraître sinon un extrême contentement. Sa sœur de son côté laissa vagabonder son esprit. Elle se promit d'écrire à son amie Alice pour lui raconter ce dîner mémorable.
Au moment du dîner, Vernon semblait avoir gagné en confiance. Assise à côté de son père, Lily ne put s'empêcher de se demander ce que sa sœur lui avait trouvé. La beauté était assurément une affaire de goûts. La sorcière estima cependant que Vernon Dursley ne devait pas être l'affaire de beaucoup de monde, tant il mettait d'efforts à laisser une impression désagréable avec sa cravate sinistre et sa moustache de dictateur. Son visage rond ne renvoyait pas la même chaleur que celui de Franck Londubat. Avec son absence de cou et ses yeux humides, il ressemblait à un cochon effarouché. Il devait être particulièrement amusant d'énerver cet homme, véritable représentation du spectre des couleurs à lui seul. Lily se plut à l'imaginer passer du rose au violet puis du blanc au vert, plus vite que n'importe quel feu de circulation.
Ne prêtant qu'une oreille distraite à ce qu'il disait, elle en vint à penser que le petit-ami de sa sœur avait beau en imposer physiquement, il n'en demeurait pas moins étroit d'esprit. Il ne faisait pas partie de ces gens qui s'intéressaient à l'avis des autres. Lancé dans un discours dont sa petite-amie avait maintenant l'habitude, son teint désormais rose soutenu, il ne regardait plus ses auditeurs.
Ses parents s'efforcèrent de l'écouter tout en alimentant son verre d'eau, se disant qu'il en aurait besoin à la fin de sa tirade, et en maintenant un sourire convenu. En croisant le regard de sa fille cadette alors qu'il cherchait du pain, John Evans ne tint plus et gloussa silencieusement. Lily qui n'avait pas l'entraînement des soirées passées en désagréable compagnie de ses parents, rigola plus franchement.
Semblant s'apercevoir de la présence ses hôtes, Vernon rougit un peu plus et se risqua à s'intéresser à la sœur de Pétunia. Jusqu'à la semaine dernière, il croyait que sa petite-amie était fille unique. Lorsqu'elle était venue l'inviter à cette soirée, Pétunia, non sans grimace, lui avait révélé l'existence de sa sœur. Le jeune homme avait été choqué et embêté. Les rencontres familiales étaient déjà assez déplaisantes comme cela sans avoir à rajouter une sœur sinon limitée d'esprit du moins suffisamment étrange pour que personne ne la mentionne.
- Petunia n'a pas mentionné ce que vous faites quand elle m'a parlé de vous, Lily.
- Oh, je suis encore au lycée. Je suis dans un pensionnat en Écosse. Son histoire avait tellement été répétée au fil des années, qu'on ne sentait plus la moindre hésitation dans la voix de la jeune femme.
- Pour quelle raison ?
- Euh… parce qu'ils proposent une formation en lien avec ce que je souhaite faire plus tard.
- Qui serait ?
- Je désire m'orienter vers les professions de la santé, être médecin. En soi, se dit-elle, elle ne mentait pas vraiment puisqu'elle avait porté un intérêt particulier au prospectus de Sainte-Mangouste. Son futur beau-frère n'avait pas besoin de connaître tous les détails. Elle évita de croiser le regard de sa sœur qui était de toute façon trop occupée à lever les yeux au ciel pour lui adresser le « humpf » qu'elle lui réservait habituellement.
- Et vos cours se passent bien ? Vous arrivez à suivre ?
- Oh oui, je… j'ai plutôt bien réussi les derniers examens qui étaient déterminants pour la suite de nos études et notre projet d'avenir.
- Lily est trop modeste, ajouta sa mère, elle est la meilleure de sa classe.
- On ne s'est jamais inquiété avec sa mère, confirma son père, en souriant fièrement à sa cadette.
- Ah oui ? Je ne… savais pas, le ton emprunté par Vernon Dursley laissa entendre qu'il doutait encore des capacités de la sorc… jeune femme. Petunia ne m'a pas non plus dit si vous aviez un petit-ami.
- Ah, euh… ma formation est tellement prenante que je n'ai pas le temps de penser à ce genre de choses. Elle le trouvait bien indiscret de poser cette question mais s'efforça de rester calme. La famille de sa sœur devait faire bonne impression.
- Avec une sœur comme la vôtre, je ne pense pas que vous laissez les hommes de votre pensionnat indifférents… il ponctua sa déclaration d'un regard approbateur à sa sœur. Lily se retint de vomir.
- Lily fait sa modeste. Elle sait pourtant qu'elle a tapé dans l'œil de ce garçon, n'est-ce pas petite sœur ? Visiblement Petunia n'avait pas terminé leur conversation de la semaine précédente et n'avait pas trouvé mieux que de la remettre sur le tapis ce soir-là.
- Si tu parles de Severus, on est juste amis Tunie.
- Severus, ce n'est pas commun comme nom… murmura Vernon comme s'il se parlait à lui-même.
- On a l'impression qu'il serait capable de se jeter d'un pont pour toi, ajouta Petunia sur un ton qui oscillait entre la condamnation et la jalousie.
- Parce que c'est mon ami. Je ferais la même chose pour lui.
- Oh vraiment ? Encore maintenant ?
- Oui Tunie, encore maintenant.
- Ce n'est pas plus mal que vous ne vous parliez plus. Il est tellement bizarre… D'un autre côté, cet autre garçon est tout aussi bizarre… glissa-t-elle l'air de rien.
- De qui tu parles ? Cela ne lui disait rien qui vaille.
- De ce Potter bien entendu, lui répondit-elle sur un ton d'évidence.
- Qui je vois ou ne vois pas, ne te regarde pas Tunie ! Continue de mener ta vie parfaite et laisse-moi vivre la mienne comme je l'entends !
- Je ne vois pas pourquoi tu en rougirais Lily. J'ai cru comprendre qu'il était très beau, pas vraiment maman ?
- Oh, oui… répondit Anne, regrettant d'avoir été mêlée à la conversation. Elle se demandait comment son aînée avait appris l'existence de James.
- Tu vois Lily ! la coupa Petunia. Tu n'as pas de quoi rougir. Après avoir couru après le petit Rogue, c'est inespéré, continua-t-elle, presque impressionnée.
- Je ne courais pas après lui et je ne cours pas après James, non plus ! Laisse Severus et James où ils sont et occupe-toi de tes affaires ! Je ne vois de toute façon pas en quoi cela te concerne puisqu'on a tous vu que tes goûts ne pouvaient pas être plus différents des miens !
Vernon et les parents Evans donnaient l'impression d'assister à une partie de tennis, tournant la tête pour suivre la discussion pour le moins animée des deux sœurs.
Vernon se dit qu'il lui restait des facettes à découvrir chez sa petite-amie. De la même façon qu'il l'avait vue rayonner pour la première fois quand il s'était enfin décidé à l'embrasser, il constata qu'elle pouvait aussi rougeoyer, littéralement.
Le teint rouge l'une comme l'autre, les sœurs Evans étaient impressionnantes. Toutefois, le jeune homme devait bien reconnaître que des deux, Lily était celle qui incarnait le plus la puissance avec ses cheveux rouges, pour une fois en continuité avec son visage, qui paraissaient crépiter et la faisaient ressembler à une torche humaine. Son père lui avait appris que les femmes étaient des créatures fragiles qu'il fallait protéger. Ayant toujours pris pour argent comptant ce que son père lui disait, Vernon dut admettre ce soir-là son erreur.
Trop occupé à contempler les deux jeunes femmes, Vernon ne comprit pas comment le verre de sa petite-amie avait réussi à la fois à déverser son contenu au visage de sa propriétaire et à se briser en mille morceaux, sans aucun autre dommage. N'ayant aucune imagination, il se persuada que Petunia avait dû le casser dans sa fureur. Il ne parvint en revanche pas à s'expliquer la colère des Evans.
Lily quitta la table sans échanger un mot de plus, semblant répondre à la requête silencieuse de ses parents, tandis que Petunia, sur le point d'exploser, se contenta de s'essuyer le visage avant d'envoyer un sourire d'excuse à son petit-ami. Il ne vit plus Lily du reste de la soirée.
Montant les marches quatre à quatre avant de claquer la porte de sa chambre pour exprimer sa colère, Lily tenta de se calmer. Le front appuyé à la fenêtre de sa chambre, elle prit des inspirations plus profondes et laissa son regard vagabonder sur la rue qu'elle avait toujours connue. Envahie par les ombres de la nuit, cette dernière ne dévoilait que peu de choses. Ne parvenant pas à voir jusqu'à l'Impasse du Tisseur, la sorcière se consola en constatant que le noir ambiant faisait écho à son humeur du moment.
La nouvelle année scolaire n'arriverait décidément jamais assez vite.
J'espère que ce premier chapitre vous a plu. Vos commentaires et corrections éventuels sont plus que les bienvenus. À bientôt !
