chap. 1: Un problème à trois mains

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Tout a commencé avec une potion. L'une connue par les sorcières et les sorciers à travers les siècles; cependant, seuls quelques-uns possédaient la capacité de la préparer et encore moins avaient le courage de la boire. Une potion qui devait être avalée volontairement, sans être forcée et ayant comme conséquence de faire de votre journée entière un moment de pure joie. Vingt-quatre heures à exister sans peur ni inhibition, à oser des choix que nous nous sommes abstenus de faire auparavant, vivant rien que le présent intensément. Ramenant vos désirs les plus enfouis à la surface, avalant vos doutes, libératrice.

Par contre, une contre indication demeurait: avoir à vivre avec ce qui s'est passé durant le plaisant instant… le lendemain.

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Severus Snape se réveille avec un énorme mal à la tête, ses mains se posent dessus machinalement. Il a l'horrible sensation que de nombreux tambours jouent à son oreille. Quand il ouvre ses paupières, une lumière vive et brûlante comme le soleil les traverse, les clos aussitôt. Un désagréable arrière-goût se trouve dans sa bouche sèche, lorsqu'il humecte ses lèvres, il sent une coupure fraîche, le goût du sang. Il veut en apprendre davantage en la touchant mais son bras pèse tellement lourd. L'ensemble de ses muscles est douloureux.

Les choses se clarifient progressivement dans son esprit. D'abord, il constate qu'il n'est pas dans son lit puis, pas un lit du tout. Il gît sur le sol dur et glacé.

Sa large paume parvient à atteindre le torse de son haut corps… dénudé. Pourquoi est-ce le cas? Où est le pyjama qu'il a l'habitude de porter à chaque nuit? Il laisse ses doigts sveltes descendre avec lenteur afin de vérifier jusqu'où il l'est. Et soulagé de constater qu'il porte au moins toujours ses boxers.

À quel endroit peut-il être? Pour le moment, il ne conserve aucun souvenir et provenant de lui, c'est un fait très curieux. Quelque chose s'est produit forcément de différent mais quoi?

Sa migraine reprend de plus belle alors il décide d'attendre avant de se lever, de se reposer davantage. Il change pour une position plus confortable, sur son ventre puis se sert de ses avant-bras comme appuie tête. Une main tiède se dépose également sur son derrière, le bout des doigts frôle ensuite le bas de sa colonne exposée avant de rejoindre ses cheveux noirs. Enfin, il recommence son parcours. Trois mains? Il se crispe mais c'est une impossibilité mathématique. Il vérifie de nouveau: celles se trouvant son crâne sont bien à lui. Alors qui tripote son cul maintenant? Qui se permet de plonger sous le tissu de son sous-vêtement? S'il n'était dans un si pitoyable état, cela aurait été déjà fait, lui lancé un Impardonnable pour son impertinence.

Il grognasse bruyamment tandis qu'il se met debout et s'éloigne de la caresse non souhaitée. Cette fois, il se réveille vraiment, ouvre ses yeux sombres, furibonds. Un bref instant se passe sans voir grand-chose, avant que cela ne revienne à la normale. À cet instant, ses iris s'agrandissent, ses sourcils se froncent et il voudrait être toujours aveugle, faire un cauchemar.

- Qu'est-ce que vous foutez ici, Potter? demande-t-il au jeune homme toujours allongé au sol, au sourire moqueur, revêtu de rien.

- Réfléchissez, Severus. Ensuite, il patiente.

- Severus, depuis quand m'appelez vous par mon prénom?

- Ha! oui, Severus… s'il vous plaît… plus vite… mmm… c'est tellement b… hhhaaa bon…, résume le Héros National, avec précision et amusement.

Une voix rauque, enfiévrée, ainsi que plein de gémissements lâchés avec enthousiasme perce le brouillard des souvenirs de Snape. Elle correspond en tout point à celle qui lui parle. Non… par Serpentard songe-t-il. Soudain, son visage pâli, dépeint de la terreur quand il comprend que les deux voix sont identiques, réfère au même individu: Harry Potter.

- Votre expression semble me dire que cela vous revient, enfin, s'esclaffe le jeune. - Vous vous rappelez cette bouteille? Il la fait glisser jusqu'à lui.

Le sorcier s'en saisit, il s'agit d'une bouteille de potion bleue portant une inscription sur du vieux parchemin, Arbitrium Liberum. Et après l'avoir lu, tout lui revient. L'entièreté de ce qu'il a fait au cours des dernières vingt-quatre heures tandis que les maux de tête reprennent avec plus de force.

Le Héros National se rapproche de lui, l'observe avec sérieux.

- Je vous avais averti que c'était une mauvaise idée de la boire, Monsieur, chuchote-t-il.