POST TENEBRAS, LUX ("After Darkness, Light" ; Après l'Obscurité, la Lumière)

DISCLAIMER DE L'AUTEUR : Si les personnages m'appartenaient, croyez-moi, les choses se seraient terminées plutôt différemment. Je les ai juste emprunté pendant quelques temps ; Malheureusement, je vais devoir les rendre à la fin.

DISCLAIMER DE LA TRADUCTRICE : L'histoire ne m'appartient pas, elle est l'oeuvre magnifique de "LOTEN".

WARNING : C'est une histoire de romance entre HG/SR. C'est du rating M et il y aura des lemons dans les chapitres à venir. Si vous n'aimez pas, ne venez pas lire. Mais le mot clé, c'est que ce sera une longue histoire. Elle prévoit aux alentour de 300 000 mots et 43 chapitres.

NOTE DE L'AUTEUR : Cette fiction commence dix ans après la fin des Mangemorts. C'est pratiquement conforme à l'histoire originelle sauf pour la mort de Rogue et la plupart de l'épilogue qui-ne-doit-pas-être-connu. Les longueurs de chapitre varieront ; J'écris avec un style nouveau donc les parties ne se lieront pas aussi facilement entre les chapitres.

NOTE DE LA TRADUCTRICE : Désolée pour le retard, en vous souhaitant une bonne année !

Chapitre 7

NOTE DE L'AUTEUR POUR CE CHAPITRE : Hey, vous entendez ça ? C'est le son qui indique que les choses se compliquent.


« Il y a une malédiction qui dit 'Puisses-tu vivres des moments passionnants.'» … Terry Pratchett.


La première réunion du personnel de l'année se déroula une semaine avant le début des cours, donnant le temps aux enseignants de se réinstaller dans leur routine, d'organiser les emplois du temps et enfin d'anticiper les mille et une taches administratives nécessaires pour garder l'établissement en état de marche sans problèmes. Hermione n'avait eu aucune idée quant à la réaction qu'auraient ses collègues. Finalement, ils avaient tous, sans exception, ignorés superbement Rogue, ce qui semblait lui convenir. Il avait choisi une chaise dans la salle des professeurs qui était dissimulée dans un coin, là où il ne ferait pas parti de la conversation à moins qu'il ne le veuille, et il paraissait heureux d'être ignoré. Etant donné ce qu'il aurait pu arriver, elle supposait que c'était le meilleur choix à faire. Pourtant, elle le vit clairement se toucher l'avant-bras gauche une ou deux fois pendant la réunion. Il y avait quelque chose de choquant dans le fait de voir Rogue de nouveau habillé de sa robe noire de professeur.

Après la réunion, elle mit de l'ordre dans ses affaires et permis à Pattenrond de sortir de ses appartements pour vagabonder et reprendre son bon droit sur son territoire, car comme la plupart des chats de Poudlard, son animal de compagnie considérait que le château entier était sien. Mais contrairement aux autres chats, le demi-Fléreur était prêt à mettre en pratique ses intentions. Une fois que cela fut fait, elle se rendit jusqu'aux donjons.

L'air était épais de poussière, et la porte de la classe de Potions était restée ouverte. En scrutant l'intérieur, elle remarqua avec amusement que toutes les modifications apportées par Slughorn avaient été supprimées et que la classe était maintenant redevenue celle de son enfance, même l'atmosphère et l'odeur de la pièce étaient déjà subtilement différentes.

Les appartements de Rogue n'étaient pas conçus de la même manière que la plupart des appartements des autres professeurs. La seule possibilité pour atteindre son bureau était de passer par la classe de Potions, et la seule façon d'accéder à ses appartements personnels c'était de passer par son bureau. Hermione n'avait absolument aucun doute sur le fait qu'il y avait une autre sortie, une qu'il gardait secrète, mais pour les personnes extérieures, il n'y en avait qu'une pour entrer et sortir. En tant que membre du personnel elle avait accès à son bureau, et quand elle rentra, elle remarqua que cette pièce aussi avait été décorée comme avant, les meubles plutôt voyants de Slughorn remplacés par de simples meubles, noirs et élégants, ceux dont elle se souvenait, tout comme son infâme collection de choses mises en bocaux sur les étagères derrière le bureau. Secouant sa tête avec ironie (il n'avait pas perdu son temps), elle approcha de la porte qui menait à ses appartements personnels et toqua. Après un moment, elle entendit un bruit et ouvrit la porte.

« N'auriez-vous pas dû vérifier qui était derrière la porte avant d'ouvrir ? » Demanda-t-elle sur le ton de la plaisanterie, éventant d'une main l'air devant elle pour essayer de disperser la poussière. Evidemment, ses appartements personnels aussi avaient été transformés à sa convenance. Ou purifiés.

« Personne d'autre que vous ne rêverait de venir descendre ici. » Répondit-il d'un ton absent, en étudiant une sculpture de chérubin extrêmement laide sur un bas-relief qui était accroché sur le mur. Il la regardait d'un air renfrogné.

« Sortilège de Glue Perpétuelle ? » Demanda-t-elle doucement, se déplaçant pour se tenir derrière lui et pour regarder la sculpture. La partie inconsciente de son esprit nota qu'à cette distance, il ne paraissait pas si grand qu'elle le pensait, pas plus d'un mètre quatre-vingt-cinq, mais évidemment partant de cette perspective d'enfance due à son habileté à menacer les gens, doublée de sa personnalité abrupte, il lui avait parut toujours considérablement plus grand qu'elle.

« Non, mais quelque chose qui y ressemble. » Il secoua la tête et grimaça vaguement. « Slughorn n'a jamais eu de goût. »

« C'est vrai que vous êtes rudement connu pour votre goût pour la décoration d'intérieur, vous aussi. » Releva-t-elle innocemment, récoltant un grognement de son homologue. En regardant autour d'elle, elle fronça les sourcils, puisqu'elle réalisa que même ici il y avait de la musique, du Led Zeppelin, à moins qu'elle ne se soit trompée, que l'on ne pouvait définitivement pas entendre sur les radios du monde sorcier. La pièce où ils se tenaient actuellement était pratiquement vide, les meubles ayant été démantelés et entassés contre un mur. Une petite table à battant dans un coin était l'exception, sur laquelle était un ordinateur portable, source de la musique. « Comment avez-vous trouvé le moyen de faire fonctionner l'ordinateur ? » Demanda-t-elle, incrédule.

Il eut un petit sourire suffisant. « Je suis un sorcier, après tout. »

« Vous devez m'apprendre ça. »

« Je ne suis pas dans l'obligation de le faire, en fait. » Dit-il d'un ton traînant, arquant un sourcil. « Mais si vous le souhaitez, je le ferais. Le sortilège est en réalité incroyablement simple. » Son regard se détourna d'elle pour revenir sur la sculpture sur le mur, puis il dit d'un air songeur : « Pensez-vous que si Slughorn voulait cela, il l'aurait retiré et pris avec lui ? »

« Quoi ? Oh oui, je suppose. Pourquoi ? »

Pour toute réponse, il leva sa baguette et, avec une faible expression de satisfaction sur son visage, il réduit en miettes la sculpture d'un sortilège de Réduction bien placé.

« Vous prenez apparemment un trop grand plaisir à faire ça. » Dit Hermione en retenant difficilement un sourire. Elle retourna vers l'ordinateur portable et commença curieusement à faire dérouler la bibliothèque musicale. « C'est le plus étrange mélange de musiques que j'ai jamais vu » L'informa-t-elle.

« A quoi vous attendiez-vous ? Le Fantôme de l'Opéra, ou la musique organique Transylvanienne tout droit sortie de la bande originale d'un film d'horreur de la Hammer production ? »

« Pas tout à fait. Mais il y a un peu de tout. » La plupart des musiques semblait être du vieux rock du même genre que celui qu'écoutait ses parents, mais il y avait aussi une quantité surprenante de pop plus moderne et même un peu de jazz et de reggae, ainsi que quelques morceaux de classique. « Ce n'est que de la musique Moldue. » Remarqua-t-elle. Vraiment très impressionnant, puisque la musique des sorciers n'avait bénéficié d'aucun progrès au-delà de l'enregistrement avec gramophone et qu'elle ne pouvait pas être réellement informatisée, mais sa réponse la surprit.

« Oui. Je suis certain que vous êtes capable de vous rendre compte, en tant que Née-Moldue, que la musique sorcière laisse à désirer. Selon moi, le Monde Sorcier dans son intégralité est largement incapable de produire la moindre création de qualité, que ça soit dans le domaine de la musique, ou dans celui de l'art, de la poésie et de la prose. »

« Je n'avais pas pensé à ça. » Admit-elle. Maintenant qu'elle y réfléchissait, il marquait un point. « C'est une attitude très éclairée pour un Serpentard. »

« Sang-Mêlé, n'oubliez pas. » Répondit-il distraitement, en faisant un mouvement complexe de sa baguette qui élimina la poussière dans l'air et qui lui permit de voir la pièce vide. « J'ai vécu selon la manière Moldue pendant un temps considérable de ma vie. » Apparemment satisfait, il tapota brusquement le mur de sa baguette, et la faible teinte pêche qu'elle avait remarquée quand elle était entrée s'effaça pour laisser paraître la couleur naturelle de la pierre s'offrir à la vue. « Vous devriez vous écarter du passage. ».

Elle se retira dans son bureau et se jucha dessus en regardant avec intérêt de quelle manière il s'en sortait. Quelques meubles originaux requéraient apparemment d'insignifiantes modifications pour atteindre un état standard et désiré. D'autres meubles étaient complètement transfigurés. Une fois qu'il eut fini, la pièce était complètement transformée en une confortable, et en outre, élégante pièce à vivre : un sofa et un fauteuil se tenaient de chaque côté de la cheminée, une table et des chaises occupaient un coin de la pièce, un long buffet contre un mur soutenait son ordinateur et enfin il y avait un antique cabinet où était l'alcool, la plupart de la place restante au mur étant comblée par des étagères. Tout comme son bureau, les autres meubles étaient noirs et simples, les murs n'étaient que pierre, sans ornements, et le plancher aussi avait été gardé à l'état d'origine, simplement agrémenté d'un tapis oriental en peau de mouton.

Elle traversa la pièce, et regarda aussi loin que possible par la porte ouverte qui donnait sur un petit couloir avec trois portes entrouvertes. « Où mènent celles-ci ? » Demanda-t-elle curieusement, en remarquant que même le couloir aurait besoin d'être remeublé car Horace avait été trop friand de meubles à dorure.

Rogue pointa chaque porte l'une après l'autre. « Celle sur la gauche est la salle de bain. Je frissonne à l'idée de découvrir ce que Slughorn y a fait. Au bout se trouve la chambre, qui sera peut-être bien pire. Et celle de droite mène au laboratoire, qui nécessite une réorganisation complète. »

« Au moins vous ne vous ennuierez pas avant le début des cours. » Lui dit-elle ironiquement. Il renifla bruyamment.

« De tous les sorts possibles qui m'attendent ici, l'ennui n'a probablement jamais été le premier sur la liste. » Il se retourna pour avoir un regard critique sur le salon maintenant achevé, et ne la regarda pas quand il continua. « Il se passera sans doute plusieurs semaines avant que je ne puisse commencer à travailler sérieusement. Quand ce moment arrivera, le mot de passe de mes appartements sera 'Janus'. Je suppose que je n'ai pas besoin de vous dire que celui-ci doit rester strictement confidentiel. »

« Janus. » Répéta-t-elle doucement. « Le dieu romain à double visage. » Comme c'est extraordinairement bien approprié. Et si elle se rappelait bien, son anniversaire était le jour du Festival de Janus. « J'aurai besoin de votre mot de passe ? » Demanda-t-elle d'un ton moqueur. Apparemment, ça lui semblait saugrenu à lui, étant donné son caractère, de lui donner librement l'accès à ses appartements.

« Il est probable que je serai en train de travailler quand vous viendrez. » Lui signala-t-il. « Je préfèrerais ne pas avoir à arrêter sans arrêt ce que je suis en train de faire pour aller ouvrir la porte. Ce n'est pas comme ci je prévoyais d'avoir beaucoup de visiteurs, à part vous. »

« En parlant de mot de passe… » Dit-elle maladroitement, « Voulez-vous celui du bureau de Minerva ? Je ne vois pas pourquoi elle ne permettrait pas que vous l'ayez. »

« Parce qu'elle ne me veut pas en train de fouiner dans ses affaires. » Répliqua-t-il en ricanant. « Comme si je n'avais rien de mieux à faire de mon temps. Et parce que quand je serai convoqué, elle aura un sentiment de supériorité si je dois attendre pour qu'elle me laisse entrer, tel un chien geignard grattant à la porte. Dans tous les cas, je n'ai pas besoin du mot de passe. »

Hermione lui adressa une œillade mécontente. Il paraissait insinuer qu'il pourrait accéder à son bureau sans le mot de passe… « Pourquoi pas ? » Demanda-t-elle suspicieusement.

Il lui répondit d'un regard aiguisé, sans expression notable sur le visage. « Je ne crois pas que je serai convoqué à son bureau très souvent. »

Il lui vint à l'esprit que le regard morne et privé d'émotions qu'il utilisait en ce moment était l'équivalent « roguien » d'un regard que l'on utiliserait pour paraître innocent, sauf que c'était une action pour laquelle il était spectaculairement mal préparé s'il voulait la réaliser d'une manière convaincante. « Ce n'est pas ce que je voulais dire. Vous pouvez accéder au bureau de Minerva sans mot de passe ? »

« Oui. » Admit-il candidement.

« Comment ? »

Une faible lueur d'amusement brilla dans ses yeux noirs. « Vraiment, Professeur Granger, vous n'imaginez sûrement pas que je vais vous révéler tous mes secrets ? De plus, celui-ci en particulier n'en est pas réellement un : c'est simplement que personne n'en a encore pris conscience. »

« Et qu'est-ce qui m'empêche de dire ça à Minerva ? Elle serait heureuse de croire au pire venant de vous, après tout. »

Il eut un rictus, le plus furieux qui soit. « Parce que si vous faites cela, vous ne découvrirez jamais comment j'y accède. »

Exaspérée, elle lui lança un regard empli de colère. « Vous êtes un homme vraiment insupportable. »

« Et vous êtes loin d'être la première à me dire ça. » Répliqua-t-il avec un sourire moqueur.

« Je n'ai aucun mal à le croire, oui. » Ronchonna-t-elle en croisant les bras. « Vous n'allez pas me le dire ? »

« Vous êtes supposée être intelligente. Trouvez la solution par vous-même. Je vous assure, ce n'est pas un secret. »

A sa manière, supposa-t-elle, Rogue lui faisait un compliment – bien qu'il soit déguisé. Il était également en train de l'agacer délibérément. Comme c'était Serpentard de combiner les deux ! Toutefois, sa fierté ne lui permettrait pas de céder et elle accepta le challenge d'un brusque hochement de tête, les yeux remplis d'éclairs, ce qui accentua seulement la lueur d'amusement sur son visage à lui.

Tu y es. Cela prendrait des années, si ce n'est plus, pour percer tous les secrets de cet homme exaspérant et complexe, mais ce n'était certainement que le début.

Oo°oO

Le banquet de début d'année fut embarrassant. Hermione ne fut pas du tout surprise quand elle arriva pour trouver Rogue assis à la toute fin de la Grande Table, le plus proche possible de la porte, et elle ne l'était toujours pas en remarquant que la seule chaise vacante était celle à côté de lui. Personne ne voulait s'asseoir près de lui une part d'elle, qui n'était d'aucun secours, pensa que c'était vraiment puéril comme réaction. Ne grandissons-nous pas assez pour nous comporter en adulte et accepter que les gens que nous connaissions enfants peuvent changer ? Apparemment pas.

L'annonce du retour de Rogue comme professeur fut accueillie par un silence étouffant. D'ordinaire, même pour une nouvelle recrue impopulaire, le personnel au moins applaudissait et invitait du regard les élèves à en faire autant, mais pas cette fois. Il n'y eut absolument aucune réaction. Brièvement Hermione se demanda ce qu'il se passerait si elle commençait à applaudir mais elle décida que personne ne l'imiterait, qu'elle passerait pour une idiote et que Rogue penserait qu'elle se moquait de lui. Lui jetant des coups d'œil furtifs, elle le vit, un sinistre demi-sourire affiché sur son visage, qui semblait traduire de l'auto-répugnance tandis qu'il regardait fixement son verre à pied.

Quand cela devint douloureusement évident que personne n'allait réagir, Minerva s'éclaircit difficilement la gorge et passa à d'autres nouvelles.

Oo°oO

Severus retint sa respiration et leva une main devant la porte de la tour des Serpentards. En tant que Directeur de Maison, il n'avait pas besoin du mot de passe. La salle commune était remplie d'élèves. Au début, aucun d'entre eux ne remarqua son entrée, mais un demi-silence où l'on ne pouvait entendre que des murmures se répandit peu à peu depuis la porte jusqu'à ce qu'ils le regardent tous fixement et silencieusement. Il scanna la foule jusqu'à ce qu'il eut repéré les deux préfets. « Allez chercher tous les élèves dans les dortoirs. Je souhaite m'adresser à vous tous. »

Quand la Maison entière fut réunie, il parcourut l'assemblée du regard. Il en reconnaissait de moins en moins depuis qu'il avait eu pour la première fois ce travail au début des années quatre-vingt, et la plupart de ceux qui restaient dans sa mémoire avaient ces ombres bien trop familières dans leurs yeux. Bon, ça n'avait jamais été un travail facile, et au moins, il avait manqué les pires années – ils les avaient passées sur un autre continent, luttant contre ses propres démons intérieurs. Il avait planifié ce discours depuis des semaines car c'était probablement sa seule chance d'atteindre les élèves les plus âgés.

« C'est la seule fois où je m'adresserai à vous, en tant qu'élèves de cette Maison, à moins que quelques litiges surviennent, alors écoutez-moi attentivement. Je suis conscient que ce groupe, ceux présents dans cette pièce, sont presque universellement détestés. Je suis conscient que maintenant que je suis votre Directeur de Maison, vous allez être détestés encore plus. Je suis également conscient que certains d'entre vous – pour ne pas dire tous – me haïssent.

« Etre Serpentard, c'est être détesté. C'est l'héritage que Salazar Serpentard, par sa sagesse, nous a légué. Il nous a divisés, séparés des autres. Nous sommes devenus différents, et ceux qui sont différents sont méprisés. Haïssez-moi si vous le souhaitez, mais je suis le seul membre du corps enseignant qui sera de votre côté. Cela paraît mélodramatique, mais je suis votre seul espoir, la plupart d'entre vous sont certainement déjà conscients que personne d'autre ne se préoccupe de votre sort.

« A la différence de mon prédécesseur, je me fiche de votre origine familiale. Sans doute que beaucoup d'entre vous ont du entendre parler de moi par des élucubrations d'élèves plus âgés, mais cela m'importe peu. Contrairement à la majorité des Serpentards, je ne me soucie pas de la pureté de sang de votre lignée. Je suis moi-même un Sang-Mêlé. Vous pouvez prendre ce que je viens de vous dire comme vous le voulez.

« J'étais un Serpentard J'ai été Directeur des Serpentard pendant des années. Je n'étais certainement pas le premier ni le dernier étudiant à choisir le côté sombre. Ceux parmi nous qui assument le fait qu'ils soient Serpentards parce qu'ils sont mauvais ne se rendent pas compte qu'ils sont mauvais parce qu'ils sont Serpentards. Les actions des autres façonnent une grande partie de nos vies. Pour tous les étudiants de cette Maison qui joignirent les Mangemorts pour la gloire et la supériorité du sang pur, la moitié d'une douzaine d'entre eux le firent pour être membre d'un groupe ou parce qu'ils sentaient qu'on attendait cela d'eux, qu'ils n'avaient pas d'autre choix.

« Etre Serpentard, c'est être détesté. Etre un vrai Serpentard, c'est refuser que cela puisse arriver. Un Moldu a dit : 'Vivre est la meilleure des vengeances'. La meilleure chose que vous puissiez faire face à ceux qui vous haïssent, c'est de leur prouver qu'ils ont tords. Faites en sorte que le temps passé ici vous soit profitable. Prenez les matières que vous voulez, obtenez les meilleurs résultats possibles, et allez vous épanouir dans la carrière que vous avez choisie. Ne gaspillez pas votre temps à essayer de vous venger, car cela sera insignifiant et ça n'aboutira probablement pas. Vivez votre vie du mieux que vous pouvez en dépit de tous ceux qui essayent de vous en empêcher.

« Cette Maison a toujours eut une plus grande part d'ennuis que prévu. Je suppose qu'au moins un quart d'entre vous ont couramment, ou bien récemment, subit des brimades. Je suis en train de lire le rapport laissé par mon prédécesseur. Je vais faire en sorte que cela cesse. Je vous l'assure, je n'ai pas de répugnance à confronter les autres enseignants pour défendre ma Maison. Cependant, je ne tolérerai pas non plus les persécutions de la part de Serpentards. Je sais qu'il y a des étudiants ici qui sont en conflits avec d'autres et qui occasionnellement n'agissent pas purement en état de légitime défense lors de combats. Cela cesse maintenant. Je ne permettrai pas à ma Maison de s'abaisser au niveau de nos ennemis.

« Il y a aussi sans aucun doute des conflits internes qui se sont crées dans notre Maison. Cela doit cesser dès maintenant. Tout le monde en dehors de cette tour est, si ce n'est ouvertement hostile, au moins totalement désintéressé du sort des Serpentard. Tout ce que nous avons c'est la solidarité et l'assurance que nous nous soutenons les uns et les autres, ici. Il n'y a pas de sens à se battre entre nous, vous êtes en train de leur faciliter les choses.

« Vous êtes réalistes. La naïveté ne vous aurait pas permis de rentrer dans cette maison. Je ne vous mentirai pas et je n'édulcorerais pas la vérité Nous sommes détestés. Ceux qui sont en deuxième année ou plus, vous savez ce qu'il se passe pendant une quelconque altercation entre un Serpentard et un autre élève, car ce sera votre parole contre la leur et malheureusement, vous aurez toujours tords. Je ne peux pas changer cela. Rappelez-vous que la Directrice était une Gryffondor et qu'elle n'avait aucune sympathie pour moi. Je vous défendrais – à moins que je ne pense que vous soyez en faute – mais cela pourrait ne pas faire de différence.

« Apprenez à vous défendre par vous-même. Ne permettez pas que de tels conflits apparaissent car de toute façon Serpentard perdra. Vous pouvez trouver un puissant plaisir dans le fait de réussir à avoir le dessus sur un ennemi et de l'attaquer en premier, mais c'est en fin de compte un leurre. Vous comprendrez que de telles actions vous porteront préjudice à vous davantage qu'à celui que vous visiez. Je ne parle pas de vagues principes moraux mais plutôt d'intérêts pratiques : Ce sera vous, et pas celui en face de vous, qui sera puni, et cela sans que des preuves soient clairement établies de votre culpabilité. Ne provoquez pas de combats. Je n'attends pas de vous que vous vous résigniez avec humilité, nous sommes des Serpentards, pas des Poufsouffles, mais ne cherchez pas les ennuis – vous découvrirez bien assez tôt qu'ils viendront à vous sans que vous n'ayez besoin de les provoquer. Si vous savez que vous n'êtes pas apprécié par vos camarades, ne leur permettez pas de vous mettre de côté. Ne restez pas seul, isolé dans un coin.

« Il vaut mieux prévenir que guérir. Ne leur donnez pas la chance de vous atteindre. Acceptez dès le départ que ceux qui vous entourent essayeront de vous rendre la vie difficile, et consacrez votre temps libre à ce que leurs efforts ne vous atteignent pas. Vous vous rendrez compte que permettre à vos ennemis d'essayer de vous faire du mal et les regarder échouer est éminemment plus satisfaisant que chercher activement à les en empêcher tout en étant puni. Les Serpentards sont sensés être fourbes, alors soyez-le. Et ayez confiance en les uns et les autres, deux têtes valent mieux qu'une. Une attaque contre l'un d'entre nous est une attaque contre nous tous.

« Ici se termine mon discours. A propos d'un sujet plus pratique, si l'un d'entre vous souhaite discuter de quelque chose avec moi, vous pouvez venir me voir après un cours de Potions, pour que nous nous mettions d'accord sur un éventuel rendez-vous. Tout ce qui me sera dit sera complètement confidentiel et si possible je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour vous aider, à propos de n'importe quel problème. La semaine prochaine ou la suivante, je souhaite m'entretenir avec les préfets et le capitaine de l'équipe de Quidditch. Je comprends que nous ayons finis en quatrième place pour la Coupe des Quatre Maisons et la coupe de Quidditch tous les ans depuis que la guerre est finie. Cependant, je n'ai pas l'intention de consentir à ce que cela continue. Nous sommes des Serpentards et nous ne méritons pas la dernière place. Veillez à ce que nous ne l'obtenions pas cette année. Je vous verrai en classe. »

Oo°oO

L'un dans l'autre, jusqu'ici Severus était très surpris de la facilité de son retour. C'était suspect, naturellement, mais malgré tout, cela avait été remarquablement indolore. Aucun des autres professeurs ne semblait enclin à lui parler, jamais, et tandis que cela aurait pu être déplaisant pour la majorité des gens, il était plus soulagé qu'autre chose, puisqu'il n'avait aucune intention de leur parler non plus. Granger était une exception, mais il n'y avait apparemment pas moyen de la persuader de le laisser seul, et, s'il était honnête envers lui-même, il ne le souhaitait pas réellement davantage. Le peu de contact humain qu'elle représentait le gardait sain d'esprit et prêt à l'emploi : C'était suffisant.

Les élèves le haïssaient et le craignaient vraisemblablement. Il n'y faisait pas plus attention que cela. Ils l'avaient toujours fait, la seule différence était que maintenant ils avaient une meilleure raison que sa personnalité délibérément désagréable. En fait, il y avait eu d'autres changements : il avait toujours une petite raison pour les tourmenter. Cela ne lui apportait pas la vague satisfaction malicieuse d'autrefois, et sa réputation était plus que suffisante pour garder la distance dont il avait besoin. Il avait aussi découvert que les problèmes auxquels faisaient face la Maison Serpentard étaient bien pires que ce qu'il avait imaginé à l'origine.

Par rapport à cela, Severus était en train d'entreprendre à lui tout seul la réforme du système. La première partie de son plan avait été mis en œuvre la semaine dernière, il avait modifié les plans de table dans chaque cours. Avec ce nouveau système, aucun élève ne pouvait travailler avec un camarade de sa propre Maison à moins que leur nombres soit impair, ni travailler avec le même élève pour plus d'un cours. Les élèves étaient forcés à travailler avec les membres d'autres Maisons, et il avait fait en sorte d'assigner des potions qui requéraient qu'ils communiquent avec leurs partenaires. Pour toute paire qui finissait par se battre, les deux avaient une retenue, même si l'un des deux était un Serpentard – les commentaires de Granger à propos de son favoritisme envers sa propre maison s'étaient taris. Sans surprise, les cours Gryffondors-Serpentards étaient les pires, mais aucun des élèves n'était satisfait de ce système. Ironiquement, il fonctionnait à la faveur de Severus : dans bien des cas pour l'instant, il avait observé cette répulsion mutuelle pour lui, ce qui avait donné aux partenaires résignés un point commun.

Cela prendrait du temps pour que cela marche, mais les élèves cesseraient finalement de se focaliser sur les moyens de tuer l'autre et commenceraient à réaliser que les membres des autres Maisons n'étaient pas des Aliens. Si ce système montrait des signes de bon fonctionnement, il attendait de Granger qu'elle s'en inspire car si elle implantait la même approche et que cela commençait à fonctionner, les autres professeurs suivraient. Une fois que les élèves auraient interagis dans la plupart de leurs cours, ils seront moins hostiles en dehors de ceux-ci.

Les petits ruisseaux font… qu'importe la suite du diction, songea-t-il. Sa priorité principale était de commencer à montrer au reste de l'école que ses Serpentards n'étaient pas des Mangemorts, et que si à long terme quelque chose de valable et de positif apparaissait grâce à cela … Et bien, franchement, ce serait stupéfiant, puisque d'habitude tout ce qu'il touchait se transformait en poussière, mais ce serait bien d'achever quelque chose de positif. Cette fois, il voulait laisser derrière lui une meilleure impression.

Sa propre Maison ne lui faisait pas confiance, ne serait-ce qu'une infime seconde, mais il avait toujours su que cela prendrait du temps pour qu'il leur prouve qu'il n'était pas Slughorn et qu'il n'avait pas honte d'eux. Tôt ou tard, il y aura un accident, et il défendrait ses élèves en espérant que le choc d'avoir quelqu'un de leur côté n'en tuerait aucun d'entre eux. Comme il l'avait dit avant que Granger ne fasse naître cette idée folle, s'il s'engageait à le faire, il avait tout autant intérêt à le faire bien cette fois-ci.

Concernant ses raisons plus personnelles quant à son retour, il avait finalement réussi à avoir la possibilité de travailler dans le laboratoire pour sa plus grande satisfaction et forçait son corps à accepter un rythme de sommeil plus ou moins régulier pour se préparer au traitement médicale auquelle il allait être soumit. Il savait ce qu'il faisait, cela ne nécessiterait pas des mois de recherche mais seulement quelques semaines le temps qu'il se prépare lui-même et qu'il prépare aussi les ingrédients. Il était sorti de sa cachette dans le souci d'avoir une douzaine d'ingrédients et assez de place pour les préparer. Typique. De plus, échanger l'espace restreint de sa caravane contre celui des donjons n'était pas un changement dramatique. En quelque sorte, il était toujours en train de se cacher.

Oo°oO

Hermione avança à pas feutrés dans la salle de classe de Potions vide, de manière silencieuse, jusqu'au bureau de Rogue. Elle avait commencé à penser qu'il n'avait pas l'intention de respecter sa promesse de la laisser l'aider quand la brève note était arrivée sur son bureau ce matin. Comme toujours avec lui, c'était court en allant droit au but : « Ce soir, 20 heures. » En traversant le sombre bureau, elle tendit la main pour toucher la porte derrière le secrétaire et murmura. « Janus. » Un faible rougeoiement apparut sur le bois sous sa main et la porte s'ouvrit silencieusement. Elle se demanda quel sortilège il utilisait, puisqu'elle n'avait jamais vu cette réaction.

Elle marcha dans le salon, et rien ne manquait à part son ordinateur portable. En écoutant un moment, elle ne fut pas surprise d'entendre une faible musique venant de derrière la porte. Secouant la tête ironiquement, elle avança dans le couloir suivant – à présent dépourvu des modifications de Slughorn – et hésita, en regardant fixement les trois portes, combattant soudainement le désir de jeter un coup d'œil aux alentours. L'impulsion ne dura pas, car pour un homme comme Rogue, son laboratoire serait plus personnel que sa chambre, une théorie confortée par ce qu'elle avait vu dans sa caravane, et lui en apprendrait probablement plus sur lui. Souriant intérieurement, elle ouvrit la porte sur sa droite et trouva un escalier qui menait à un étage inférieur.

Quand elle ouvrit la dernière porte et vit son laboratoire pour la première fois, elle y trouva tout ce qu'elle aurait pu espérer. C'était immense, pour un début, comme une grande caverne, en pierre mais plus pâle que le reste du château, pour faire en sorte que même à cette profondeur, elle soit bien éclairée. Le bout de la pièce était froid et sombre, sans doute pour le rangement ou peut-être simplement pour l'ambiance, mais ce coin où elle se tenait était chaud et vivement éclairé. La pièce en elle-même était un curieux mélange Moldu et sorcier : elle était illuminée par une assez bonne copie d'un néon fluorescent et les lavabos étaient en acier inoxydable agrémenté de carreaux blancs, mais les bancs étaient faits de pierre solide ou de lourd bois sculpté et tous les autres équipements – tels les chaudrons – étaient définitivement d'origine sorcière. Quelques instruments le long d'un banc semblaient peut-être être du matériel scientifique Moldu ou éventuellement d'anciens détecteurs de Magie Noire, elle n'était pas sûre. L'image que lui renvoyait le meuble avec les équipements était légèrement irréelle, un effet intensifié par le fait que son ordinateur portable – posé sur ce banc près d'elle – était en train d'émettre du Guns'N'Roses.

Rogue lui-même se tenait dans une partie où le sol était clair, en lui souriant narquoisement, les bras croisés sur sa poitrine. « Et bien ? »

« A quoi ressemblait le laboratoire d'Horace ? » Demanda-t-elle en regardant toujours autour d'elle avec fascination. « Je ne peux pas imaginer qu'il ait eu des points communs avec celui-là. »

« Bien sûr que non. Sincèrement, il me rappelait pratiquement de façon exacte le laboratoire du Dr. Frankenstein dans d'horribles films de série B. Bien trop inutilement théâtral – surtout car je doute vraiment qu'il ne soit jamais descendu pour l'utiliser. »

« Des torches à la lueur vacillante dans des fixations murales couvertes de suie, des toiles d'araignée au plafond et des bruits suspicieux qui se faufilent dans l'ombre ? » Supposa-t-elle en retenant difficilement un sourire, et il approuva d'un signe de tête en faisant une moue dédaigneuse.

« Exactement. »

En s'approchant de lui, elle retira un tabouret d'en-dessous d'un banc et s'y percha en mettant paresseusement un pied sur un barreau. « Donc, qu'allons-nous faire maintenant que nous pouvons enfin commencer ? »

« N'essayez pas de me réprimander dans mon propre laboratoire. » Lui dit-il, bien que son ton était plus sarcastique qu'agacé – il fut un temps où elle se demandait si ces deux émotions étaient les deux seules qu'il possédait. « J'ai été occupé, et cela a pris un peu de temps pour que je m'habitue de nouveau à une routine régulière. » Tirant lui aussi son tabouret, il s'assit en face d'elle, un pied enroulé de la même façon qu'elle au barreau, son pied droit à terre pour garder sa jambe malade droite. « Premièrement, il faut que vous compreniez le fond. Avez-vous des connaissances en médecine et biologie Moldue ? »

« J'en sais assez pour savoir que vous allez devoir être plus précis. »

« A propos des maladies auto-immunes. » Lui expliqua-t-il.

« Le corps le déclenche essentiellement lui-même. Ca peut affecter différentes zones, et il y en a beaucoup de types différents, mais elles fonctionnent toutes sur le même principe – le système immunitaire n'est plus capable de reconnaître ce qui est 'sain' et attaque ses propres organes. »

« Oui. J'ai contrôlé moi-même mes symptômes pendant des années – en réalité, depuis la première guerre, quand j'étais plus jeune que vous. Je crois que, malgré toute la chance inopinée que j'ai eue, les effets secondaires de tous les sortilèges et les malédictions que j'ai reçus ont d'une façon ou d'une autre fait subir une mutation à l'une des maladies auto-immunes les plus connues – la sclérose en plaques. »

« Vous avez une sclérose en plaques ? » S'étrangla-t-elle, complètement abasourdie.

« Pas vraiment, puisqu'elle a été causée par des dégâts magiques – bien que les véritables causes de la sclérose en plaques ne soient pas précisément connues, cela n'a donc peut-être rien à voir. Et la sclérose en plaques n'est pas fatale. Dans tous les cas, appelez-la comme vous voulez, la façon dont je souffre confirme qu'il y a de grandes similarités avec la sclérose en plaques, c'est donc sur cela que je baserai mon travail. Le sortilège du Doloris a de manière évidente lentement détruit ou au moins affaiblit la myéline enrobant mes nerfs, exactement comme peut le provoquer la sclérose en plaques. »

« Il n'y a pas de remède pour la sclérose en plaques. » Dit-elle catégoriquement.

« Pas pour les Moldus, non. » Répondit-il. « Et probablement pas non plus pour les sorciers, mais ce que j'ai, ce n'est pas une maladie. En réparant les dégâts à partir des sortilèges originaux, je serais, théoriquement, soigné. Ou dans un état qui s'en rapproche le plus possible. »

« Mais … »

« Arrêtez de faire cette tête, Granger, » Grommela-t-il. « Je ne vais certainement pas vous laisser m'aider pour que vous tourniez tout au mélodramatique. Je n'ai pas de sclérose en plaques, j'utilise simplement cette maladie comme une référence puisque les symptômes sont très similaires. Si ça peut vous rassurer, pensez-y sous un autre nom. »

« Je n'ai pas beaucoup de connaissance à propre de la sclérose en plaques. » Dit-elle d'une voix lente, se sentant inconfortablement intimidée telle l'élève effrayée de onze ans qu'elle avait été. En dépit de sa familiarité actuelle, Rogue pouvait toujours l'intimider aussi facilement, et plus encore dans un laboratoire de Potions.

« Alors ce doit être votre première démarche, si vous êtes toujours déterminée à m'aider. »

« Dans ce cas, vous devrez m'enseigner comment faire fonctionner des objets électriques à Poudlard. » Riposta-t-elle. « Ainsi, je pourrais utiliser mon propre ordinateur – à moins que vous ne préféreriez que je reste ici et que j'utilise le vôtre pendant plusieurs jours ? »

« Loin de moi cette pensée. » Dit-il d'une voix traînante. « Bien. »

Une pensée vraiment horrible lui vint à l'esprit, et elle sentit son visage pâlir. « Est-ce que c'est ce qui est en train de m'arriver ? Est-ce que j'ai … » Elle ne pouvait pas le dire elle-même.

« Non. » Répondit-il immédiatement, quelque chose d'innommable vacillant dans ses yeux, lueur qui aurait pu ressembler à une tentative de réconfort. « Non, vos propres symptômes ne sont rien de plus que les effets secondaires habituels du Doloris, et le léger mal dont vous souffrez n'a rien de grave. A moins que vous n'ayez l'intention d'être exposée à celui-ci et à d'autres sortilèges de magie noire extrêmement fréquemment pendant les quelques prochaines années, ces effets seront toujours identiques. Et le travail que nous allons faire ici vous procurera un moyen de guérir vos douleurs. C'est tout ce que je peux vous garantir. »

Le soulagement menaça de la combler de joie, avant que ce sentiment ne soit remplacé rapidement par de la culpabilité. Elle le regarda misérablement, et il lui lança un regard noir. « Ne dites rien. »

« Dire quoi ? » Demanda-t-elle faiblement.

« Vous étiez prête à vous excuser une fois de plus. »

« Je n'allais pas m'excuser. » Dit-elle sur la défensive, et il renifla bruyamment.

« Si, vous alliez le faire. Comme je l'ai dit, vous êtes toujours très Gryffondor. Ne vous excusez pas, et si vous devez vous sentir coupable pour une raison quelconque, faites-le en silence. Vous ne serez absolument d'aucune aide si vous insistez à transformer cela en tragédie. Maintenant, commençons. Le sort pour rendre fonctionnel le matériel électrique. »

En essuyant hâtivement et furtivement ses yeux sur sa manche – une action qui lui fit rouler des yeux même s'il ne fit aucun commentaires piteux – Hermione approuva d'un signe de tête et retira sa baguette de sa manche, en se forçant à prêter attention à l'homme plutôt qu'à ressasser ce qu'elle avait appris. « Bien. »

Il tira sa propre baguette de sa ceinture et jeta un sort à son ordinateur portable pour faire une démonstration. Un petit mouvement de sa baguette coupa Don McLean au milieu d'un accord et l'écran devint noir. « Regardez. » Dit-il doucement, en tapotant l'ordinateur trois fois. « Vox illustro. »

La machine se ralluma et la musique se fit entendre de nouveau. « Vox illustro. » Répéta-t-elle doucement, articulant chaque syllabe exagérément. « Voix de l'illumination ? »

« Plus ou moins. Ou, traduit très grossièrement, 'Pleure pour t'allumer.' Direct, mais suffisant. »

« C'est votre propre sortilège, n'est-ce pas ? » Devina-t-elle.

« Oui. »

C'était vraiment un homme brillant, songea-t-elle pour elle-même, même s'il était totalement exaspérant parfois. « Merci. Je lirais des livres à propos des scléroses en plaques dès que possible. Sans rendre cela tragique. » Ajouta-t-elle avec aigreur. Personnellement, elle pensait que c'était une tragédie, mais à l'évidence il ne ressentait pas la même chose. « Est-ce que ce sort marche pour tout le matériel électrique ? »

« Qu'avez-vous à l'esprit ? »

« Pour un téléphone portable. » Confessa-t-elle. Les hiboux prenaient trop de temps, et parler à travers un feu était toujours légèrement perturbant. Beaucoup de ses amis avaient des téléphones, même les Sang-Purs, il serait bien plus simple de discuter si elle pouvait les appeler ou inversement.

« J'en doute. Le téléphone fonctionnera, mais nous sommes dans une zone très éloignée de l'Écosse, vous n'aurez pas de réseau. »

« Mais vous arrivez à vous connecter à Internet ? »

« Pas fréquemment, et très faiblement. »

« Mince ! Enfin, ce n'était qu'une idée. »

Rogue souriait d'un air narquois, clairement amusé. Tenter de lui lancer un regard de colère ne fit qu'empirer la chose. Il demanda suavement. « Avez-vous fait des progrès par rapport au problème duquel nous avions discuté ? »

« Pas vraiment. » Admit-elle à regret, plus contrariée que jamais. « Je suppose que ce n'est pas parce que le mot de passe est identique à celui du temps où vous étiez Directeur ? »

Il leva un sourcil. « Avez-vous réellement pensé que c'était cela, après toutes ces années ? Il a changé sûrement plusieurs fois depuis que vous avez commencé à enseigner ici. »

« Oui, mais j'ai pensé que quoi qu'il en soit ça valait la peine de demander. J'ai vu plus de coïncidences improbables se réaliser que le contraire. » Et vous me manquiez tellement, vous et votre façon de me faire sentir comme une idiote de première.

« Il est intéressant de noter qu'aussi stupide que soit l'idée en elle-même, vous êtes sur la bonne voie. » Lui dit-il. « Pensez-y. »

« Très bien. » Murmura-t-elle en rangeant sa baguette dans sa poche. Il était temps de partir faire quelques recherches. Tandis qu'elle atteignait la porte, elle fit un arrêt, la main sur la poignée et le considéra, amusée par une soudaine pensée. « Vous savez, Severus, quand je pensais à vous retournant à Poudlard, je ne m'attendais pas à ce que vous voudriez toujours me donnez des devoirs. »

Elle fut récompensée par un surprenant rire venant de lui, ce rire chaud et rouillé qu'elle avait seulement entendu une fois auparavant, et qui la suivit alors qu'elle montait les escaliers pour partir.


NOTE DE L'AUTEUR : Okay, ce n'est pas 'ensorceler l'esprit et emprisonner les sens', mais c'est difficile d'écrire un discours. Je suis intéressée de voir si quelqu'un va deviner le secret de Rogue avant qu'Hermione ne le fasse ...