POST TENEBRAS, LUX ("After Darkness, Light" ; Après l'Obscurité, la Lumière)
DISCLAIMER DE L'AUTEUR : Si les personnages m'appartenaient, croyez-moi, les choses se seraient terminées plutôt différemment. Je les ai juste emprunté pendant quelques temps ; Malheureusement, je vais devoir les rendre à la fin.
DISCLAIMER DE LA TRADUCTRICE : L'histoire ne m'appartient pas, elle est l'oeuvre magnifique de "LOTEN".
WARNING : C'est une histoire de romance entre HG/SR. C'est du rating M et il y aura des lemons dans les chapitres à venir. Si vous n'aimez pas, ne venez pas lire. Mais le mot clé, c'est que ce sera une longue histoire. Elle prévoit aux alentour de 300 000 mots et 43 chapitres.
NOTE DE L'AUTEUR : Cette fiction commence dix ans après la fin des Mangemorts. C'est pratiquement conforme à l'histoire originelle sauf pour la mort de Rogue et la plupart de l'épilogue qui-ne-doit-pas-être-connu. Les longueurs de chapitre varieront ; J'écris avec un style nouveau donc les parties ne se lieront pas aussi facilement entre les chapitres.
NOTE DE LA TRADUCTRICE : Bonjour à tous! Pour x raisons, comme indiqué sur la publication des chapitres précédents de cette fic magnifique : s/7355516/7/Post_Tenebrax_Lux j'ai repris la traduction de manelor de la fic originale en anglais de Loten. La première partie étant là: s/7355516/1/bPost_b_bTenebrax_b_Lux
Chapitre 10
NOTE DE L'AUTEUR : Merveilleuses nouvelles, les gens : après deux ans et demi de chômage, j'ai maintenant un travail. Ca ne devrait affecter mon écriture en aucune manière. Soyez contents pour moi !
« Je ne sais pas ce que je cherche,
Je n'ai jamais ouvert la porte,
Demain pourrait enfin me trouver
Tournant mon dos au passé. »
- The Moody Blues, 'You Can Never Go Home'
Neuf jours plus tard, Hermione repéra Severus en utilisant la Carte du Maraudeur et le trouva devant les grandes portes, en train de regarder la neige tomber. « Bonjour. » Le salua-t-elle doucement.
« Bonjour à vous. » Répondit-il. « Encore venue me gronder ? »
« Non, à moins que vous ne pensiez le mériter. » Répondit-elle, surprise par son ton moqueur. C'était une de ses autres facettes qu'elle n'avait jamais aperçues auparavant, cet homme en avait plus qu'un diamant. « Je pensais à notre dernière petite conversation. » Ajouta-t-elle impulsivement. Ce n'était pas ce pourquoi elle voulait lui parler, mais c'était un début de conversation.
« Et vous avez, sans aucun doute, des questions. » Dit-il d'une vois traînante.
« Quelques unes, dont celle à propos de votre goût déplorable pour le whisky, mais je voulais vous en poser une par rapport au surnom que vous avez employé pour désigner le Seigneur des Ténèbres. Celui-Qui-Etait-Un-Anagramme ? »
Il se décontracta un peu et lui adressa un petit sourire. « Quoi, vous pensiez que les Mangemorts ne pouvaient pas se moquer de lui ? La Marque m'empêchait de dire son nom, c'est tout. Elle ne m'empêchait pas de dire qu'il était idiot et pompeux. Je le tournais tout le temps en ridicule : l'une des joies d'être un Occlumens. »
« Quels autres noms aviez-vous pour lui ? »
« La plupart sont inappropriés, et par la même occasion, je m'excuse pour mon langage l'autre nuit. » Lui dit-il, en continuant doucement avant qu'elle ne puisse répondre. « L'un de mes meilleurs trucs était de fredonner la Marche Impériale de Star Wars dans ma tête quand il marchait. »
Elle se mit à rire. « Vraiment ? »
« Vraiment. J'étais en sécurité, car il ne savait pas que je le faisais, et il n'aurait pas reconnu l'air s'il avait su. C'est l'un des inconvénients des sociétés de sang-purs, personne ne comprend les références à la culture populaire. Je faisais la même sorte de chose à Dumbledore, seulement plus directement. Il pouvait voir que je me moquais de lui en général, mais il ne comprenait pas la plaisanterie. Ça le faisait rager plus que n'importe qui d'autre, je crois. »
Elle le regarda en riant. « J'ai raté ce genre de choses depuis que j'ai appris que j'étais sorcière. Harry en sait plus que d'autres, mais il s'est détourné de son éducation moldue. Tout comme les autres Nés-Moldus que je connais. C'est étrange de parler de choses comme Dark Vador ici, parmi tous les endroits où j'aurais pu le faire. »
« Cela peut être utile pourtant. Parfois, c'est comme avoir un langage codé. J'apprécie de pouvoir faire des blagues au dépend des gens, en sachant qu'ils ne peuvent pas prouver que je me moquais d'eux parce qu'ils ne comprennent pas ce que je dis. »
« Nous ne somme pas tous des cons de Serpentards désobligeants. » Lui dit-elle d'un ton guindé, essayant d'avoir un air supérieur.
« Le monde ne pourrait pas s'en sortir si vous étiez l'un d'eux. » Affirma-t-il, en tirant ses cigarettes de sa poche. Elle remarqua qu'il utilisait le nouveau briquet qu'elle lui avait donné et réprima un sourire, satisfaite qu'il l'apprécie. « Qu'est-ce que vous faites dehors, sinon ? Il gèle. »
« Je voulais juste vous voir un moment et être sûre que vous alliez bien. »
« Arrêtez de me materner. » Ronchonna-t-il. « J'allais parfaitement bien avant que vous n'arriviez, vous savez. »
« C'est pour ça que vous étiez d'une si belle humeur ? » Demanda-t-elle gentiment, et elle sourit en grimaçant quand il grogna. « Je voulais également vous donner un cadeau d'anniversaire. Je ne vous dérangerai pas en vous demandant si quelqu'un d'autre s'en est rappelé, puisqu'ils ne l'ont clairement pas fait. » Elle sortit le petit paquet de sa poche et le lui tendit.
Il paraissait partagé entre la surprise, la méfiance et l'amusement, tout en l'acceptant. « Quelques personnes n'ont pas besoin qu'on leur rappelle qu'elles vieillissent. »
« Vous avez quarante-neuf ans, Severus. Vous n'êtes pas décrépi, même pour un Moldu, et pour un sorcier c'est loin d'être l'âge mûr. » Elle le regarda enlever précautionneusement la couche de papier pour révéler un pendentif rond accroché à un cordon. Il le leva devant son visage, en se renfrognant légèrement alors qu'il étudiait les larmes intimement emboîtées.
« Un yin-yang ? »
« L'équilibre entre la lumière et l'obscurité. » Lui dit-elle doucement. « J'ai pensé que ça pouvait faire office de rappel. » De bien des façons, c'était une représentation de Severus lui-même, un équilibre parfait entre la lumière et l'obscurité. Après un long moment, il abaissa le collier jusqu'à sa paume, le ramassa par le cordon et le mit dans sa poche sans commentaire. Son expression était distante, il était pensif, songeur.
Ils se tinrent dans un silence confortable pendant quelques minutes avant qu'elle ne frissonne et demande : « Pourquoi est-ce que vous êtes là ? Il fait vraiment très froid. »
« C'est interdit de fumer dans le château, même dans mes propres appartements. J'aurais pu briser le sortilège qui empêche cela, mais honnêtement ce n'est pas gênant. Ça me donne une excuse pour prendre l'air frais. »
« Et vous ne pouviez pas attendre jusqu'à ce que la neige arrête de tomber ? »
« Nous sommes en Écosse. Il ne s'arrêtera pas de neiger jusqu'en avril. De toute manière, j'aime regarder la neige tomber. J'ai passé plus d'un an des les Rocheuses Canadiennes parce que la vraie neige me manquait, dans un véritable chalet en rondins de bois. C'était comme si j'étais dans un film. »
« C'était comment ? » Demanda-t-elle curieusement.
« Vous auriez estimé que c'était isolé au bout d'un moment, je pense. Il n'y avait littéralement personne d'autre que moi dans les quatre-vingt kilomètres à la ronde, au moins. C'était si calme que vous pouviez entendre les flocons de neige tomber. D'habitude je n'apprécie pas le silence, comme vous le savez, mais c'était différent. C'était paisible, une vraie paix, et c'était magnifique. » Le choix des mots semblait bizarre venant d'un homme comme Severus, mais elle pouvait presque imaginer ce qu'il décrivait.
« Oui, apparemment. » Dit-elle doucement. « Ne vous êtes-vous pas senti seul ? »
« Pas là-bas, non. Je m'attendais à l'être, j'ai trouvé cela difficile d'être seul tout au long de mes autres voyages. Mais l'atmosphère n'avait rien de comparable avec ce que j'avais connu auparavant, et l'isolement me… convenait. J'en avais besoin, je pense, mais je n'aurais pas pu y rester plus longtemps que je ne l'ai fait. C'était vraiment la profonde respiration avant le plongeon, le repos final avant que je ne retourne en Angleterre. »
« Vous avez dû voir des choses incroyables, en voyageant ainsi. »
« Oui. » Acquiesça-t-il calmement. « J'ai vu plus de choses que la plupart des voyageurs le voudraient, parce que je n'avais pas d'emploi du temps. J'ai marché presque partout, j'ai seulement transplané pour traverser les océans. J'ai marché sur toute la longueur de l'Amérique du Nord, de Mexico aux Rocheuses Canadiennes. »
« Vraiment ? Comme dans Le Jour d'Après ? »
Il grogna. « Presque. Ça m'a prit plus de deux jours. C'était un épouvantable film. »
« C'est vrai. »
« Ça m'a prit peut-être neuf ou dix mois. J'ai perdu la notion du temps. Jusqu'à ce que je retourne en Angleterre et que je fasse un effort pour prêter attention à la date, je ne savais pas combien de temps j'étais parti. Cela était aussi d'une certaine façon étrangement libérateur, de vivre presque comme un animal selon l'horloge interne de mon corps et pas par ce que le mouvement du soleil imposait. C'est curieusement rédempteur. »
« Et pourtant vous êtes là, dans une école, une des institutions les plus strictement régentées de la planète. » Observa-t-elle sèchement.
« Une des ironies de la vie. » Convint-il sardoniquement. « Je peux quand même vivre en dehors du régime dans une certaine mesure, mes cours sont la seule chose permanente. Et j'ai des avantages que les autres professeurs – dont vous – n'ont pas. »
« Ah, oui, votre mystérieuse capacité à venir et partir comme bon vous semble. » Répondit Hermione. « Je n'ai pas oublié votre petit défi, mais j'admets que je n'ai pas fait beaucoup de progrès. »
Severus leva ses sourcils dans ce qui semblait être une authentique surprise. « J'aurais pensé que vous l'auriez résolu depuis un moment. Peut-être que je vous ai accordé trop de crédit. »
« Ou peut-être que j'ai d'autres choses en tête. » Frappa-t-elle. « Vous ne m'avez pas donné grand-chose pour continuer. Vous n'avez pas besoin de mot de passe pour vous introduire dans les espaces privés, vous n'êtes pas le seul à pouvoir le faire mais tout le monde ne peut pas le faire… » Elle fit une pause, cligna des yeux alors qu'une pensée qui avait été en développement pendant des semaines fit finalement surface dans un coin de sa tête, et ses yeux s'écarquillèrent. « C'est pour ça que vous n'êtes jamais surpris quand j'arrive, que vous semblez toujours savoir quand quelqu'un vient. J'ai toujours pensé que c'était troublant quand Albus le faisait. Minerva fait pareil. C'est ça, n'est-ce pas ? Je suppose que j'ai pensé à ça quand j'ai mentionné Ombrage l'autre nuit. »
« Vraiment, Miss Granger, n'importe qui penserait que vous n'avez jamais appris à présenter vos conclusions de façon scientifique. » Dit-il d'une voix traînante. « Vous appelez cette pagaille une explication ? »
Elle secoua la tête, en essayant de mettre ses pensées en ordre. Cela ne lui était jamais arrivé. « C'est parce que vous êtes toujours Directeur techniquement, non ? Vous n'êtes pas mort en service, vous n'avez pas démissionné, et vous n'avez pas été formellement mis à la porte parce que tout le monde supposait que vous étiez mort. » Elle le regarda avec incrédulité.
Ses yeux scintillèrent d'approbation. « Dix points pour Gryffondor. » Dit-il doucement.
« Mais… Vous avez fui le château. »
« Le château, oui, mais pas le poste. J'ai choisi de partir parce que l'autre option était de tuer trois de mes collègues. Contrairement à leur opinion par rapport à l'incident, ils ne m'ont pas repoussé. J'aurais pu gagner, si j'étais resté, bien que c'aurait été une bataille très difficile. J'ai quitté le château de mon plein gré et je n'ai pas démissionné. »
« Mon Dieu, Severus. C'est… extraordinaire. Qu'est-ce que ça signifie en réalité ? »
S'avachissant plus confortablement contre le mur, il cligna des yeux pour enlever la neige de ses cils et les baissa d'un air songeur vers la blancheur tourbillonnante. « Poudlard est une entité à demi-consciente. Il répond à ceux qui l'habitent. La Salle sur Demande et les escaliers en mouvement en sont les preuves les plus flagrantes. Le bureau du Directeur en est un autre exemple. Vous avez mentionné Dolores Ombrage. Je suis sûr que vous vous en rappelez : le bureau s'était scellé de lui-même contre elle, et ses appartements n'étaient jamais complètement protégés. L'école refusait de la reconnaître en tant que Directrice. Il y a eu des cas dans le passé où les directeurs furent rejetés par Poudlard. A la déception et à la confusion de mes collègues, je ne fus pas l'un d'eux. »
« Quels pouvoirs cela vous donne-t-il ? » Demanda-t-elle vaguement.
« Je peux accéder à n'importe quel endroit dans le château, sans tenir compte des mesures de sécurité mises en place – à l'exception de la Chambre des Secrets, qui n'est pas comptée comme faisant parti de Poudlard. Je connais tous les passages secrets – vous avez appris quand vous êtes devenue un professeur qu'il y en a plus que ceux qu'avaient trouvés les Maraudeurs. Il y en a encore plus qui sont seulement connus du Directeur ou de la Directrice. Je peux commander aux elfes de maison, aux portraits, aux fantômes, aux statues et aux armures. Je peux rendre actifs les gardes de l'alarme de haut niveau qui protègent Poudlard. Je peux marcher librement sur les terrains ce qui inclut la Forêt Interdite, sans risque de dommage. Je peux sceller n'importe quelle partie du château contre n'importe qui, à part McGonagall. Je peux contrôler le plafond enchanté dans la Grande Salle – une petite chose, mais ça peut être amusant. Et, comme vous l'avez observé, je sais toujours qui est à proximité. »
« Mon Dieu. » Répéta-t-elle doucement, stupéfaite.
« Incroyable. Hermione Granger est officiellement à cours de mots. Ce doit vraiment être mon anniversaire. » Commenta-t-il avec amusement.
« Oh, taisez-vous. » Lui dit-elle. « C'est fantastique. Mais pourquoi Poudlard voudrait deux maîtres ? »
« Ça s'est déjà vu auparavant, quand un directeur est très malade – dans ce cas-là, ils ne sont pas morts, ils ne peuvent pas exprimer une démission et ils ne peuvent pas être mis à la porte pour être malade. Ou quand la personne en fonction doit être absente pendant une longue période. L'école choisit de répondre ou non, dans de tels cas. La semi-conscience de Poudlard est l'une des raisons pour lesquelles le Ministre a de petits pouvoirs ici. »
« Et personne d'autre ne le sait ? »
« Oh, non. Tout le monde sait. Mais personne n'a réalisé qu'ils le savent. Toutes les informations sont là. Mais même vous, vous avez eu besoin de quelques allusions pour tout assembler, je ne suis donc pas du tout inquiet à propos d'autres qui pourraient résoudre l'affaire. »
C'était un compliment, en fait. C'est surréaliste. Hermione tentait de rassembler ses pensées brouillées. « Et s'ils trouvaient des informations ? »
Il se raidit. Rien qu'un peu, mais c'était visible. Une once de défiance se glissa dans ses yeux noirs comme il répondait avec précaution : « Ca ne serait pas bon du tout. »
Elle lui sourit lentement. « Et bien alors, Severus, vous feriez mieux de vous assurer que je garde le silence, n'est-ce pas ? »
Il se détendit un tout petit peu à son ton, mais ses yeux restaient circonspects. « Qu'aviez-vous à l'esprit ? »
« Un marché, quelque chose qu'un Serpentard peut apprécier. Le silence en échange de la connaissance et de l'intimité. »
« Continuez. »
« Assurez-vous que mes appartements soient privés, et enseignez-moi les secrets de Poudlard, et je garderai votre secrets. »
Il se détendit un peu plus et considéra son offre, ses yeux à demi fermés. « Brave petite Gryffondor, qui essaye de marchander avec un Serpentard… » Murmura-t-il. « Très bien. Marché conclu. »
Le samedi suivant, Hermione n'avait pas de vrai travail à faire, et partit chercher Severus. Elle s'était attendue à ce qu'il soit dans son laboratoire en train de travailler, mais il n'y avait aucun signe de lui. Il n'était pas non plus sur la Carte du Marauder, ce qui voulait dire qu'il n'était pas davantage dans l'une des zones secrètes que les Marauder n'avaient pas trouvées. Il était donc dehors sur les terres, ou bien il n'était pas à Poudlard du tout. Elle choisit de le chercher dehors, partant sur la base que parmi les trois options qu'elle avait, c'était la seule qui lui prodiguait une chance de le trouver.
L'endroit où il demeurait, quand elle le trouva finalement, l'étonna – elle le dénicha assis sur un arbre mort à côté de la tombe de Dumbledore, regardant fixement la surface de marbre blanc sans réelle expression sur le visage. Elle s'assit à ses côtés sans dire un mot, en serrant ses robes contre le froid, et après un long moment il observa calmement : « Je ne suis jamais venu ici auparavant. Je ne pouvais pas me rendre ici, lors de cette dernière année. Je ne l'avais jamais vue. »
« Il y a un obélisque de l'autre côté, où tous les noms de l'Ordre sont sculptés. » Répondit-elle doucement.
« Je l'ai vu. » Son propre nom n'y était pas, et c'était un fait, elle en était certaine, qu'il avait remarqué. Elle étudia l'expression de son visage, essayant sans succès de lire les émotions inexprimables dans ses yeux, et se demanda ce qu'il pensait tandis qu'il fixait la tombe de son maître.
« Ce qu'il réclamait de vous était abusif. » Dit-elle finalement.
« Vous ne savez pas tout ce qu'il m'a demandé de faire, ou vous n'auriez pas dit quelque chose de si banal. » Répondit-il sans réelle malice au-delà des mots, mais plutôt d'un ton froid, fatigué et sinistre qui la fit frissonner, et conclure qu'elle ne voulait probablement pas savoir ce qu'il voulait dire. Il ajouta doucement : « Ab amicis honesta petamus. »
« Qu'est-ce que ça signifie ? »
« 'On ne devrait demander à un ami que ce dont il est capable de faire'. Pas que Dumbledore et moi étions de véritables amis. »
Son courage de Gryffondor l'abandonna et elle se déroba du sujet pour approcher la vraie raison pour laquelle elle était venue le trouver. « Je m'attendais à ce que vous travailliez dans votre laboratoire. » Il haussa légèrement les épaules en réponse, et après un moment elle continua lentement : « En fait, vous ne semblez pas beaucoup travailler du tout… » Il ne réagit d'aucune façon, et c'était en soi une confirmation, mais elle souhaitait l'entendre de sa bouche. « Severus, est-ce que c'est possible que votre problème de santé ne soit pas aussi sérieux que ce que vous me laissiez croire ? »
Après une longue pause, il hocha la tête une fois, d'un brusque mouvement de tête. Ses yeux étaient éteints.
« Pourquoi m'avez-vous menti ? » Demanda-t-elle, un peu surprise que cela la blesse.
« Vous ne pouvez pas être surprise que je l'ai fait, ce n'est pas possible. » Dit-il sardoniquement, mais son cœur n'y était évidemment pas. Après un moment il dit d'un ton catégorique : « Vous ne m'auriez pas aidé si vous n'aviez pas ressenti de culpabilité ou de sens de l'obligation. »
« Si, je l'aurais fait. Tout ce que vous aviez à faire était de demander. »
Il grogna. « Même si je vous croyais, je n'avais aucun moyen de le savoir. » Souligna-t-il avec une sombre et parfaite logique. « Vous me détestiez quand vous étiez enfant, à juste titre peut-être. Vous me détestiez encore plus pendant la guerre, en ayant moins de raisons de le faire. Vous me détestiez ensuite malgré le fait que vous sachiez la vérité. Comment étais-je censé savoir que deux ou trois rencontres auraient été assez pour changer cela ? » Son ton était lourd de scepticisme, et il n'y croyait clairement pas. « J'ai joué avec vos émotions parce que je n'ai pas vu d'autre moyen pour vous persuader de m'aider. »
« Non. » Lui aboya-t-elle dessus, d'une colère irrationnelle. « Vous avez fait cela parce que c'est toujours comme ça que vous agissez. Vous êtes incapable d'être simplement honnête. »
« Peut-être. » Répondit-il, indifférent, fixant encore le marbre blanc de la tombe de Dumbledore. Son manque de réponse ne la mit que plus en colère.
« Alors quelle était la vraie raison, à ce moment-là ? Vous me devez au moins ça ! »
« Je ne vous dois rien. » Siffla-t-il. « J'ai payé toutes mes dettes il y a longtemps, autant que je le pouvais. »
« Non, Rogue, vous ne l'avez pas fait. J'ai risqué beaucoup de choses en vous amenant ici. J'aurais pu perdre mon travail et mes amis. Et vous m'avez menti pour que je le fasse. Vous me devez au minimum une explication. »
Il frissonna, un geste qui n'avait que peu à voir avec la température, en se frottant nerveusement les bras. L'ennui maussade dans ses yeux était devenu plus prononcé jusqu'à ce que ses profonds yeux noirs soient complètement éteints, reflétant la blancheur brute de la tombe devant lui. Il dit enfin péniblement : « Il n'y avait pas de raison. Pas de grande intrigue, ni de recherche, ni de motif inavoué. Je voulais juste rentrer chez moi. »
De toutes les réponses auxquelles elle s'attendait, celle-ci n'en faisait pas partie. Elle le fixa, incrédule. « Et c'est tout ? » Demanda-t-elle aussi sarcastiquement qu'elle pouvait le faire.
« C'est tout. » Répondit-il avec lassitude. « Est-ce si difficile à croire ? »
« Oui. » Dit-elle franchement. « Vous avez toujours un motif inavoué. Vous ne faites jamais rien simplement pour le plaisir de le faire dans votre vie. Et vous avez menti si souvent que personne ne peut dire quand vous êtes honnête. »
Il la regarda avec une expression résignée, comme s'il s'était attendu à cette réaction depuis le début, puis haussa légèrement les épaules et se tourna de nouveau vers le mémorial.
« Bordel, Rogue, vous n'en avez rien à faire ? Ça ne vous gêne pas du tout, ce que vous faites aux gens ? » Il y avait une part d'elle qui souhaitait provoquer sa colère, qui souhaitait qu'il argumente et qu'il se défende, et ainsi ils pourraient se crier dessus et par conséquent évacuer leurs émotions. Cette sombre acceptation la troublait et la maintenait difficilement furieuse.
« Qu'importe la réponse que je donne, vous croirez ce que vous, vous voulez bien croire et rien de plus. » Elle avait le sentiment qu'il ne répondait pas seulement à sa question mais qu'il parlait carrément de quelque chose d'autre. Lentement, il se souleva sur ses pieds et repoussa la neige de ses robes, en évitant ses yeux. Se retournant, il fit une pause, ses yeux dirigés vers le bas, et quand les mots sortirent de sa bouche, sa voix était si basse qu'elle pu à peine l'entendre.
« Pour ce que ça vaut… Je suis désolé. » L'instant d'après, il était parti, s'éloignant en boitant entre les arbres.
Je voulais juste rentrer chez moi.
Ce n'était certainement pas si difficile à croire ? Misanthrope comme il était, il pouvait tout de même se sentir seul, et il avait été seul pendant si longtemps. La forêt enneigée se transforma en un brouillard blanc alors qu'il trébuchait sur les arbres. Dix ans, dix années désespérément longues passées à ne parler à presque personne, à éviter toute forme de contact. Ce qu'il faisait depuis bien longtemps, en réalité. Il avait été seul pendant la plus grande partie de sa vie. Il en savait plus que Luna à propos de la psychologie du toucher, car il avait su ce que l'isolement lui faisait, mais il avait été trop effrayé et trop honteux pour essayer de revenir ou de former de nouvelles relations.
Il y a trois ans, il avait abandonné et était retourné en Angleterre, en déduisant qu'être de nouveau dans son pays natal pourrait l'aider à se sentir moins seul – il connaissait les coutumes, la langue, la géographie. Et ça avait fonctionné, pour quelques temps, mais à la fin ça avait empiré sa solitude – être si proche, et pourtant si loin des autres. Finalement, il avait revêtu la carapace qu'il avait appris à fortifier avec l'âge et il avait décidé que sa santé mentale ne pouvait pas endurer plus, il avait décidé de retourner dans le monde qu'il avait laissé derrière lui et de mettre un terme à son exil. Même s'ils le tuaient pour ses crimes passés, ou s'ils l'envoyaient à Azkaban – la mort serait presque un acte de bonté, et il perdrait l'esprit d'une façon ou d'une autre si cela continuait, alors les Détraqueurs pouvaient bien lui prendre la vie. C'était ça ou le suicide, et il avait conclu que la petite chance de revenir à une sorte de familiarité dans son propre monde devait en valoir le risque. Il pouvait toujours se tuer plus tard si les choses ne se passaient pas comme prévu.
Ce n'était pas comme si c'était vraiment un plan, il devait l'admettre. Il avait simplement trouvé un endroit davantage exposé et où l'on pouvait retrouver sa trace plus facilement, afin d'y stationner sa caravane. Puis il avait commencé à se promener dans le Londres moldu avec la vague idée que tôt ou tard quelqu'un le reconnaîtrait, ou penserait qu'il l'avait fait, et creuserait l'idée. C'était juste de la pure malchance que la personne qui l'ait découvert était un membre du Trio d'Or, mais c'était toujours mieux que Potter ou Weasley qui lui auraient tout de suite jeté un sortilège.
Peut-être qu'il n'aurait pas dû lui mentir. D'un autre côté, il ne lui avait techniquement pas menti : tous les symptômes qu'il avait décrits étaient vrais, ainsi que les attaques. Il n'avait simplement pas corrigé sa supposition quant à la gravité de la chose. Et il avait besoin d'un laboratoire pour créer un traitement. Il aurait peut-être pu y avoir un autre moyen… mais il n'en avait pas eu vent. Pourquoi quelqu'un l'aurait-il aidé de son plein gré ? Il n'avait jamais prévu de dire la pure et simple vérité à celui qui le reconnaîtrait. Personne n'aurait cru qu'il voulait seulement rentrer chez lui, et personne n'aurait été consentant pour l'aider à cela.
Elle avait surpassé tous ses rêves les plus fous. Elle ne lui avait pas seulement trouvé une place dans le monde magique, elle lui avait apporté un logement, et plus que ça, elle lui avait montré un avant-goût d'amitié. Se retournant, il regarda le château qui était visible sous les arbres. Elle avait raison, il lui devait beaucoup, mais pas pour les raisons auxquelles elle pensait. Il n'y avait aucun moyen pour qu'il rembourse sa dette. Elle l'avait aidé à revenir à la seule maison qu'il avait réellement connue, et elle avait fait tout cela pour un mensonge.
Il n'était pas sûr de savoir pourquoi il avait essayé de s'excuser. Pour des années de cruauté envers une fille effrayée, peut-être, ou des années à en tourmenter d'autres comme elle. Pour un dernier mensonge parmi des milliers d'autres. Pour l'erreur qu'il avait faite il y a tant d'années, qui avait fait d'un nourrisson une cible et qui avait eu pour résultat d'empirer la guerre. Pour tous ses échecs, tous ses défauts.
Il y a trop de choses pour lesquelles je dois m'excuser. Ce ne sera jamais assez.
Il ne sentit rien quand il commença à pleurer. Même quand les larmes gelèrent sur ses joues, il ne le réalisa pas. Il allait mal depuis si longtemps qu'il ne pouvait plus dire à quel moment la peine était devenue trop difficile à supporter.
Hermione avait passé le reste de la journée dans une imposante fureur, en déchargeant ses sentiments dans une longue lettre colérique pour Luna qu'elle regretta dès lors qu'elle l'eût envoyée. Peu importe combien elle pouvait lui en vouloir, elle pouvait comprendre son raisonnement, et elle avait vu la peine sur son visage quand il l'avait quittée. Finalement, après un torrent de pleurs qui la laissa épuisée, elle s'était pelotonnée avec Pattenrond pour regarder la Carte des Maraudeurs. Il n'était pas revenu au château quand elle s'endormit enfin aux petites heures du matin.
Quand elle se réveilla le dimanche elle vérifia encore la Carte et apprit qu'il était enfin de retour. Dans la salle des professeurs plutôt que dans ses appartements, ce qui était surprenant. Pattenrond lui donna un regard plein de reproches quand elle se leva, et il sauta avec légèreté sur son bureau pour donner des coups de patte à un parchemin argenté qui se révéla être la réponse de Luna.
Es-tu en colère contre lui, ou contre toi-même ?
« Tais-toi, Serdaigle. » Marmonna-t-elle avec résignation, se sentant un peu honteuse ce matin. Elle gribouilla un mot d'excuse, prit une douche et se sentit davantage elle-même quand elle entra dans la salle des professeurs et s'installa avec une pile de devoirs à corriger.
Severus avait un air épouvantable, remarqua-t-elle les quelques fois où elle se risqua à lui lancer un regard. Son visage était pale et tiré, et ses yeux étaient injectés de sang et mornes. Il était apparemment plongé dans un journal, mais cela ne lui prit pas longtemps pour qu'elle se rende compte qu'il n'avait encore tourné aucune page. Il ne lui fallut pas longtemps non plus pour qu'elle le surprenne en train de lui jeter des coups d'œil gênés. Il se sentait clairement aussi mal à l'aise qu'elle par rapport à leur dispute, et cela la fit se sentir mieux d'une manière perverse. S'ils voulaient tous les deux réparer les torts, il pourrait y avoir une issue.
Cette après-midi-là, ils étaient seuls dans la salle des professeurs. Se faisant une tasse de café, Hermione s'arrêta et le considéra, débâtant intérieurement pour savoir si elle devait faire le premier pas ou non. Elle doutait qu'il le fasse. Elle trouva son regard attiré par le col de sa robe, et pendant un moment elle ne put comprendre pourquoi, jusqu'à ce qu'elle voie la ligne du cordon noué apparent sous ses vêtements. Il portait le collier qu'elle lui avait offert pour son anniversaire. Se recomposant rapidement une expression neutre, elle lui versa également une tasse de café et la déposa à côté de lui alors qu'elle retournait s'assoir, sans dire un mot. Elle pouvait sentir ses yeux sur elle, bien que quand elle le dévisagea il fixait de nouveau le journal.
Quand sa voix brisa le silence un peu plus tard, cela la fit sursauter. « Je crois que vous souhaitiez voir quelques secrets de Poudlard. » Dit-il doucement, en ne la regardant pas. « Si vous êtes libre quand vous aurez fini de corriger vos copies, nous pourrions peut-être commencer… » C'était une offre de paix, en quelque sorte, même si ce n'était pas une excuse, et elle la saisit.
« J'aimerais bien, Severus. »
Fidèle à sa promesse, il commença à lui montrer une partie de Poudlard dont elle ignorait l'existence. C'était presque comme s'il y avait un passage secret dans chaque mur, bien plus que ce que les Maraudeurs ou les jumeaux Weasley n'avaient jamais découvert. Il y avait des pièces cachées partout, et qui dissimulaient des lieux qui ressemblaient plus à des cavités d'espion qu'autre chose. Il parut amusé quand elle lui dit ça.
« Naturellement. Ne vous êtes-vous jamais demandé comment Dumbledore semblait toujours savoir tout ce qui se passait ? »
Elle fit une grimace. « Espionner est une explication prosaïque. Ça enlève tout le mystère. »
« Comme je l'ai dit auparavant, la plupart des choses perdent de leur mystère quand on y regarde de plus près. »
« Certaines choses sont tout de même vraiment aussi romantiques qu'elle paraissent l'être. » Le défia-t-elle paresseusement, sans y croire vraiment elle-même mais appréciant toutefois la dispute. Il était tard un jeudi soir et ils étaient dans son salon à la chaleur du feu tandis qu'une tempête faisait rage dehors.
« Comme quoi ? »
« Votre salle de bain. » Suggéra-t-elle impulsivement, se rappelant vivement à quel point elle avait été abasourdie la première fois qu'elle l'avait vue. La décadence pure de la pièce était surprenante.
« J'ai bien peur que non. » Dit-il d'une voix traînante. « Encore pour des raisons pratiques. Il y a des fois où j'étais trop méchamment blessé pour être capable de grimper et de sortir d'une baignoire normale. Elle est donc en contrebas, et noire parce que parfois la lumière me faisait mal aux yeux et parce qu'on ne voyait pas bien le sang. Et elle est en marbre parce que le marbre reste froid facilement, c'est une des façons de contrer les effets du Doloris. Horace a choisi de ne pas la changer, et cela ne me dérange pas. J'ai seulement utilisé la douche ces jours-ci de toute façon. »
« Un autre mythe de ruiné. » Observa Hermione plaintivement. « Et moi qui pensait que vous aviez un côté plus doux. » Elle ne serait pas capable de considérer la pièce de la même manière maintenant, se l'imaginant seul et blessé.
« Mes excuses pour avoir détruit vos illusions. »
« Vraiment, Severus, vous êtes affreusement doué pour avoir l'air sincère pour un si gros mensonge. » Lui dit-elle sèchement, et elle vit une lueur d'amusement dans ses yeux pour toute réponse. « En parlant d'impressions romantiques… »
« Ce que nous n'étions pas en train de faire. »
« Je l'étais. Ne m'interrompez pas. J'essaye de vous donner un avertissement. »
« A propos de quoi ? »
« C'est la Saint Valentin, lundi. »
« Et… ? »
« Minerva est bien pire que ne l'était Albus. »
Quelque chose comme de l'horreur traversa son visage. « Vous ne pouvez pas être sérieuse. Cette femme est aussi sentimentale que… Et bien, que je le suis. Elle débattait de cela chaque année avec Dumbledore. Elle avait vraiment presque étranglé Lockhart après ce qu'il avait fait. » Frissonna-t-il au souvenir et il ajouta : « Elle aurait dû faire la queue. »
« Je suis surprise que vous l'ayez laissé survivre à l'année. » Acquiesça-t-elle, en se rappelant de l'expression absolument meurtrière qu'avait eue le maître des Potions ce matin-là alors que Lockhart babillait sur les potions d'amour.
Il leva un sourcil, en souriant sarcastiquement. « Peut-être que je ne voulais simplement pas faire pleurer autant d'adolescentes en même temps. » Suggéra-t-il ostensiblement. « En y incluant vous-même, je crois me rappeler. »
Hermione se sentit rougir. « Je ne m'étais pas rendue compte que vous saviez… »
« C'était assez difficile de passer à côté. » Dit-il sèchement. « Si vous insistez pour dessiner des cœurs sur votre table, il n'est pas sage d'oublier que vous les avez laissés sur votre bureau pendant un cours où le professeur marche en regardant les bureaux de ses élèves. Dans tous les cas, Lockhart babillait toujours à propos de tous les gens qui lui avaient envoyés des cartes de Saint-Valentin. La seule raison pour laquelle je ne lui ai pas lancé de sortilège de silence – ou quelque chose de pire – est que Dumbledore m'avait fait promettre de n'utiliser de magie contre lui en aucun cas. »
« Et à propos du Club du Duel ? » Demanda-t-elle, désireuse d'abandonner le sujet de ses amourettes d'adolescente. J'avais douze ans ! Enfin, treize.
Il eut un sourire en coin et se pencha en arrière dans son fauteuil. « Une fois qu'il eut demandé de l'aide, Dumbledore décida un peu inconsidérément que ce serait amusant de me forcer à le faire, et il m'offrit gracieusement de remplir cette tâche. Lockhart aurait dû m'être reconnaissant d'avoir choisi plutôt de l'humilier que de l'ensorceler. »
Oui, il aurait dû l'être, décida Hermione. Ça avait été un choc de voir cette facette de Severus : dépourvu de ses robes tourbillonnantes, il était mince, puissant et dangereux. Elle était seulement une fille à cette époque, mais seize ans plus tard elle voyait pourtant toujours un sorcier qui pouvait harmoniser ses réflexes lors d'un duel. Ça lui avait fait définitivement impression.
« Qu'est-il arrivé à McGonagall pour qu'elle change d'avis ? » Interrogea-t-il en retournant au premier sujet.
« Sans mentir, je pense que c'est parce qu'Albus lui manque. » Répondit-elle, un peu incertaine. Elle s'était toujours posé des questions sur ces deux là.
Il grogna. « Peut-être. »
« Y avait-il quelque chose entre eux ? »
« Non. » Il parut soudainement amusé, comme si c'était une plaisanterie privée. « On va dire… Qu'elle n'était pas précisément son type… »
Hermione plissa les yeux. Elle arrivait de mieux en mieux à lire l'état d'esprit de son compagnon, et son expression montrait qu'il y avait beaucoup plus que ce qu'il disait. « Est-ce que quelqu'un d'autre était plus de son type ? »
« Personne que vous ne connaissiez. Personne que je ne connaisse non plus, soit dit en passant. C'était bien avant que je n'arrive à Poudlard. Pas que je pense que ça aurait pu faire une différence, s'il avait rencontré quelqu'un qui lui plaisait. Il ne l'a simplement jamais fait, de ce que j'en sais. »
« Vous parlez encore par énigmes, Severus. »
« J'aime bien vous contrarier. » Répondit-il avec un visage honnête.
« Vous êtes très bon à ça. » Ronchonna-t-elle. « Allez-vous me le dire ? »
Il hésita, en y réfléchissant apparemment très fort. Finalement il exhala et ferma les yeux. « Franchement je suis surpris que personne n'ai jamais deviné. » Marmonna-t-il. « Une fois que je l'ai découvert, cela m'a parut si évident que je ne pouvais pas imaginer comment j'avais pu le manquer. »
« Severus. » Cassa-t-elle, exaspérée. « Dites-le moi ou ne me dites rien, mais arrêtez de faire des allusions. »
« Bien. » Répondit-il, de l'amusement dans sa voix. « Puisque vous le demandez si gentiment… Dumbledore était homosexuel. »
Hermione le fixa pendant un long moment. « Comment l'avez-vous su ? » Réussit-elle à dire d'une voix rauque.
« Les entraînements en Occlumencie. » Répondit-il sardoniquement, ses yeux toujours fermés. « Je l'ai appris par moi-même, mais une fois que je suis devenu son espion il me testait de temps à autre, et occasionnellement je voyais plus que ce qu'il ne souhaitait que je voie. »
« Et… Vous êtes sûr ? »
« Oh, oui. Il était aussi tordu qu'une cuillère de trois francs six sous. » Dit-il presque joyeusement.
« Quelle charmante expression. » Marmonna-t-elle.
« Ça ne devrait pas être surprenant à ce point… Avez-vous déjà vu un hétérosexuel porter quelque chose de violet avec des paillettes ? » Demanda-t-il légèrement, en ouvrant ses yeux. « De plus, la bisexualité est beaucoup plus fréquente dans le monde magique que parmi les moldus, et l'homosexualité aussi par conséquent. »
Son esprit emprunta immédiatement une nouvelle voie déplaisante, et dans une aversion passionnée elle demanda avec difficulté : « Êtes-vous… » Oh, mon Dieu. Je viens juste de demander à Severus Rogue s'il oscille entre les deux bords. Je ne savais pas que j'avais le désir de mourir.
Son expression se rembrunit, mais il ne semblait pas pour autant être en colère, et il lui répondit même, en choisissant ses mots avec délicatesse et soin. « Je l'ai été, dans le passé, mais… pas de mon plein gré. »
Elle envisagea ce fait et ne se sentit pas bien. Il l'avait laissé entendre auparavant, une fois ou deux, en insinuant que certaines punissions parmi les Mangemorts pouvaient être sexuelles, non-consenties et violentes, mais il ne l'avait jamais dit si ouvertement et n'avait clairement pas voulu le faire maintenant non plus. « Je suis désolée. Je n'aurais pas dû demander. Ce ne sont pas mes affaires de toute façon. »
« C'est moi qui ait amené le sujet. » Répondit-il. Elle pouvait voir le soulagement dans ses yeux quand elle ne posa pas plus de questions, ce qui amena une autre question.
« Pourquoi répondez-vous quand je vous pose des questions personnelles, Severus ? Vous n'avez pas envie, de façon évidente, de parler de choses comme ça, alors pourquoi ne refusez-vous pas simplement ? Vous aviez toujours l'habitude de le faire. »
Près à répondre, il hésita et fronça les sourcils, ses yeux noirs devenant distants. Il répondit enfin très lentement : « Je ne sais pas. » Rien ne pouvait le trahir dans ses mots, son ton, son expression ou son langage corporel, mais Hermione était soudainement certaine qu'il mentait.
Ils survécurent tous les deux à la Saint Valentin et s'en préservèrent plus ou moins bien. Minerva semblait un peu plus s'être contenue cette année. Hermione n'était pas sûre de la manière dont réagirait Severus, puisqu'il avait refusé de quitter les donjons de la journée entière. Elle remarqua, quand elle fit un saut pour une visite, que ses appartements étaient dénués de la suspicieuse et vague nuance rosée qui teignait le reste des murs du château pendant la journée, mais il se mit à rire lorsqu'elle lui demanda de l'enlever également de ses murs dans ses appartements. C'était agréable de le voir rire, pensa-elle, mais elle n'était pas plus le genre de personne à aimer le rose que lui – bon, d'accord, ce n'était peut-être pas si grave.
Un changement de météo vers la fin février marqua le début du Quidditch pour l'année. A l'éternel désespoir de Harry et Ron, elle n'avait jamais appris à particulièrement apprécier le sport. Ça la prit par surprise quand elle chercha refuge dans les appartements de Severus et le trouva en train de se préparer pour aller dehors voir le match.
« Les Serpentards jouent. » Signala-t-il en réponse à son regard interrogateur. « En tant que Directeur de Maison, je dois être présent. »
« Horace ne s'embêtait jamais avec ça. »
« C'est pourquoi je dois être là. » Répondit-il calmement, en attrapant ses gants. « Est-ce que vous venez ? »
« Je ferais peut-être mieux de venir. » Décida-t-elle, en se transfigurant précipitamment pour avoir des vêtements plus adaptés à l'extérieur et le suivre dehors. Alors qu'ils cheminaient prudemment vers le terrain – le fait qu'il boitait semblait s'empirer avec ce froid –, elle demanda : « Alors vous ne suivez pas le Quidditch pour le plaisir ? »
« Non. Je peux y jouer – j'ai arbitré un mach pendant votre première année, si vous vous souvenez bien – mais je n'ai jamais été fanatique. »
« Avez-vous déjà joué pour Serpentard ? »
Ses lèvres s'incurvèrent en un étroit sourire dépourvu d'humour. « Non. »
Ce sourire signifiait qu'il y avait plus à dire de cette histoire que ce qu'elle savait. « Pourquoi pas ? »
« Parce qu'inexplicablement il y eu un étrange incident quand j'eus l'occasion de faire un essai pour l'équipe. » Répondit-il d'un ton ennuyé. « Quand je me suis réveillé à l'infirmerie un jour et demie plus tard le crâne fendu, j'ai décidé que le sport n'était pas pour moi. »
Frissonnant légèrement, Hermione traita cette information, essayant de trouver la signification cachée derrière ses mots. Parler à Severus était un peu comme parler un langage étranger, on devait vraiment se concentrer. « … Les Maraudeurs ? » Conclut-elle finalement, le considérant d'un air malheureux.
« C'est presque certain. Naturellement, aucune preuve de méfait n'avait été trouvée – peut-être parce que personne n'en avait en réalité cherché. » Il haussa une épaule. « Honnêtement, j'avais seulement fait un essai pour tenter d'améliorer ma réputation auprès de ma Maison. Je n'ai jamais été particulièrement tracassé de ne pas avoir fait parti de l'équipe, et je n'avais pas les moyens pour me procurer un balai décent de toute façon. »
En orientant la conversation sur autre chose que ce sujet délicat alors qu'ils prenaient leur siège dans la section des professeurs, elle demanda : « Vous jouiez à quelle position ? »
« Poursuiveur. » Répondit-il d'un ton absent. Il semblait penser à autre chose. Hermione ne pouvait pas vraiment réfléchir à autre chose à demander, elle se rappelait à peine de ce qu'était un Poursuiveur. Dans tous les cas, les silences avec Severus étaient en général très paisibles ces jours-ci, et peu importe ce pourquoi il broyait du noir, ça ne semblait pas le rendre trop dépressif ni colérique. Elle le laissa donc à ses pensées et tenta de suivre le match.
Le commentateur n'était clairement pas de taille par rapport à Luna Lovegood, et n'était pas non plus sur un pied d'égalité avec Lee Jordan, mais elle arrivait à suivre ce qu'il se passait. Serdaigle battit Serpentard, comme prévu, mais il y avait seulement dix points de différence et Severus paraissait raisonnablement content du résultat.
« Puis-je vous féliciter, Professeur Granger ? » Murmura-t-il tandis qu'ils retournaient en marchant vers le château.
Elle fronça les sourcils. « Pour quoi ? »
« Vous n'avez mis le feu à personne. »
Hermione le regarda brusquement. Il était apparemment concentré sur sa jambe traîtresse, son visage prudemment vierge de toute émotion, mais il y avait une once d'humour dans ses yeux noirs. « Vous saviez que c'était moi depuis tout ce temps ? »
« Pas tout à fait. » Concéda-t-il, en souriant tristement. « Je vous ai vue utiliser le même feu avant, pour vous tenir au chaud. Je l'ai vaguement reconnu et j'ai finalement fait le rapprochement. »
« Vous n'avez rien dit. »
« Je n'avais pas de preuve, et je doute énormément que quelqu'un aurait souhaité vous punir pour cela – vous récompenser, peut-être que oui. Dans tous les cas, j'ai compris pourquoi vous l'avez fait – vous croyiez que vous sauviez la vie de Potter. Je suppose que vous l'avez fait de façon détournée puisque vous avez aussi bien brisé la concentration de Quirrell que la mienne. »
« C'est une attitude très indulgente de votre part… »
Il grogna et contourna un passage particulièrement délicat du chemin en faisant attention à sa jambe en mauvais état. « Avec toutes les autres choses pour lesquelles je devais m'inquiéter, une brûlure mineure et une robe roussie étaient le moindre de mes problèmes. Je n'ai pas considéré qu'il vaille la peine de s'étendre sur cela. »
« Et une fois de plus vous avez réussi à dégonfler mon égo. Je ne pourrai garder aucun sentiment d'amour-propre si je continue à vous parler. »
« Il faudrait bien davantage que mes faibles efforts pour entailler votre confiance en vous, Hermione, j'en suis sûr. » Répondit-il sèchement comme ils entraient dans le château. « Vous avez parcouru bien du chemin depuis l'élève effrayée de onze ans qui était assez stupide pour se faire quasiment tuer par un troll, parce qu'elle pleurait dans les toilettes par rapport à ce que pensait un garçon débile d'elle. »
Elle secoua sa tête dans une triste stupéfaction, se gardant bien de lui demander comment il avait eu des informations sur l'incident. « Vous savez mieux détourner un compliment en insulte que n'importe quel Serpentard que j'ai rencontré, Severus. »
« Merci. » Répondit-il en faisant une courbette moqueuse alors qu'il se détournait vers les donjons.
NOTE DE L'AUTEUR : Les choses se passent bien. Le chapitre suivant peut ne pas arriver avant Dimanche, je n'en suis pas encore sûre.
