Chapitre 16

Je rappelle que le début de l'histoire est à cette adresse pour les intéressés:

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NOTE DE L'AUTEUR POUR CE CHAPITRE : Il y a un peu de tout dans celui-là.


« Le courage est une émanation du cœur, et c'en est une importante. Mais la peur en est une de l'âme. » - Robert Frost.


« Tu es en retard. » L'accusa Neville en lui tendant un verre, quand elle arriva finalement aux Trois Balais. « Où étais-tu ? »

« Désolée, je crois que j'ai perdu la notion du temps. » Dit-elle d'un ton d'excuse, en essayant de sonner juste.

Elle échoua. Un fou rire se répandit autour de la table, et George déclara avec un air triomphant : « Je le savais ! A moi l'argent, Harry. »

« Quoi ? » Demanda Hermione, un peu perplexe, tandis que Harry cédait avec générosité quelques gallions.

Il s'avérait que ses chers amis avaient fait des paris depuis la dernière fois qu'ils l'avaient vue, avant que le début du trimestre ne commence, sur le fait qu'elle fréquentait quelqu'un – apparemment ça se voyait, bien que sa rougeur en dise assez, voire plus.

« Allez, dis-nous tout. » Dit Ginny en l'encourageant avec un autre verre.

Hermione se mordit la lèvre, et son esprit s'activa alors qu'elle se demandait quoi dire. D'un côté, son histoire avec Severus n'était l'affaire de personne. D'un autre côté, ces gens étaient des amis, et il n'y avait aucune malice dans leurs questions. Et elle était contente car ce serait bien de partager un peu de son bonheur. Comment Severus aurait fait dans cette situation ? S'interrogea-t-elle, et elle sourit subitement. Il aurait dit la vérité, de sorte que personne ne puisse deviner l'identité de la personne. C'était l'heure d'être une Serpentard.

« Et bien, je ne vais certainement pas tout vous dire. » Dit-elle, souriante, en prenant une gorgée. « Je ne vais même pas vous dire son nom, pas encore. Mais oui, il y a quelqu'un. »

« Depuis combien de temps êtes-vous ensemble ? »

« On se connaît depuis longtemps, mais nous avions perdu contact. L'année dernière, nous nous sommes vus de nouveau, par accident, et on a parlé. Nous sommes seulement ensemble depuis quelques mois, cependant. »

« Est-ce l'ami mystérieux qui t'a offert ta bague ? »

« Oui. » Admit Hermione, bien trop consciente du regard de Luna qui devint beaucoup moins vague, et Ginny rit.

« Je le savais ! Alors, à quoi ressemble-t-il ? S'il sait à propos de ton Patronus, ce doit être un sorcier. Est-il Né-moldu aussi ? »

« C'est un Sang-Mêlé. »

« Il est allé à Poudlard ? »

« Oui c'est pourquoi je ne vous dis pas son nom. »

« Dans quelle maison ? »

« Je ne dirai pas ça non plus. Pas Gryffondor, en tous cas. »

« Serdaigle. » Dirent immédiatement plusieurs voix, et Hermione sourit seulement, sans confirmer ni démentir, alors qu'elle combattait une envie soudaine de rire bêtement. Il était tellement tentant de tout leur dire, juste pour voir leurs têtes, mais Severus la tuerait – si eux ne le tuaient pas avant pour cela.

« Est-ce quelqu'un de notre année ? » Demanda Neville.

« Non, il est plus vieux. Beaucoup plus vieux, en fait… »

« De combien ? »

Hermione hésita. Intérieurement, elle savait que comparé à la durée totale d'une vie d'un sorcier ou d'une sorcière, deux décades n'était qu'une petite différence, mais une part d'elle pensait toujours comme une moldue. « De vingt ans. » Admit-elle.

« Cinquante ? Bah, il est à peine plus vieux qu'un adolescent. » Déclara George, le plus vieux de l'assistance, dans l'amusement général.

« Et est-ce qu'il est grand, beau et ténébreux ? » Demanda Harry, taquin.

Hermione étouffa un rire, et acquiesça en souriant. « Oui en fait ! Bon, il est grand, même s'il ne l'est pas autant que vous, les grandes perches, mais il a des cheveux et des yeux noirs, au moins. Il n'est pas beau de façon conventionnelle, mais je trouve qu'il l'est, bien que je doute que l'un d'entre vous serait d'accord avec moi. Je doute qu'il ne le soit non plus, en passant. »

« Est-ce qu'il te fait chavirer ? »

Elle perdit presque complètement tous ses moyens à ce moment-là, en essayant d'imaginer la réaction de Severus s'il avait entendu cette question. « Hum, non, pas vraiment ! Ecoute, ce n'est pas l'histoire d'amour du siècle. Je ne sais même pas où on va… »

« Tu dis ça, mais ton sourire dit le contraire. » Lui dit Ginny. « Tu es affreusement déloyale, Hermione. Tu ne nous donnes aucun détail. »

« Et bien, qu'est-ce que tu veux savoir ? »

« Qu'est-ce qu'il aime ? »

Hermione considéra la question. « Il est très intelligent. » Dit-elle finalement, lentement, en réfléchissant à ses mots tandis qu'elle parlait. « Brillant, vraiment, si le sujet l'intéresse. Il est calme. Il a tendance à être renfermé. Il a des opinions très marquées et un peu de tempérament – on a eut des disputes assez mémorables. Il apprécie la musique… Il parle le latin… Il peut être vraiment lunatique et passionné parfois, et il n'est pas toujours facile à comprendre, il y a des jours où il est impossible de vivre avec… »

« Il a l'air merveilleux. » Dit Neville d'un ton sarcastique, et pour le punir, on l'envoya chercher la prochaine tournée.

« Je sais, mais en fait, il l'est. » Dit- Hermione quand il revint, en prenant son verre. « Parce que, pour tous les jours où il est hargneux et où il boude, il y a un jour où il me regarde et où il sait exactement ce dont j'ai besoin – ne ris pas comme ça, Ginny, c'est perturbant. » Ajouta-t-elle avec un rire nerveux étouffé. « Je ne veux pas dire… ça. Je parle de choses comme – comme savoir quand je suis énervée sans que j'ai besoin de dire ou faire quelque chose, ou savoir quand il a fait quelque chose qui me met en colère, ou juste être d'une oreille attentive. Et quand il veut l'être, il est incroyablement gentil et attentionné. Je ne sais pas comment décrire ça autrement. Il… Il est ce dont j'ai besoin, en ce moment. »

« Bon, c'est sûr qu'il semble te rendre heureuse, ce qui est merveilleux à voir. » Lui dit sincèrement Ginny. « Est-ce que tu l'aimes ? »

« Je ne sais pas. Ce n'est que le début, et je ne veux pas me précipiter et risquer de le faire partir. »

« Il est du genre à partir si ça devient sérieux ? » Demanda Neville.

« Je ne sais pas. Je ne pense pas, mais je ne veux pas tenter ma chance. C'est compliqué… nous avons tous les deux des problèmes à gérer. Il a… un passé. On y travaille. »

« Est-ce que tu penses qu'il t'aime ? »

« Je ne sais pas non plus. Il n'est pas démonstratif – je pense que, d'une façon qui est la sienne, il a peur de faire une erreur. On fait les choses doucement. Aucun d'entre nous n'est pressé. Si ça nous emmène quelque part, ça se fera. Mais je suis heureuse. »

« Etait-il dans la guerre ? » Demanda Harry très légèrement. Ils savaient tous que la question voulait dire plus qu'il n'y paraissait.

« Oui. » Acquiesça Hermione d'un ton aussi doux.

« C'est quelqu'un de l'Ordre ? » Demanda George, en allégeant l'ambiance. « Je le savais ! C'est Mondingus Fletcher, n'est-ce pas ? »

« Ne sois pas si dégoûtant ! » Protesta Hermione, en riant malgré elle. « Mondingus est beaucoup plus vieux que ça, et presque aussi intelligent qu'un Véracrasse ! Et non, il n'était pas dans l'Ordre. » Ce n'était pas, techniquement parlant, un mensonge. Severus n'avait jamais été formellement accepté dans leurs rangs, et il avait davantage prêté serment à Dumbledore qu'à l'Ordre. C'était un détail technique, mais elle était prête à s'en servir pour se cacher derrière.

« Mais il a vu ce qu'il s'est passé ? »

« Beaucoup. Ca ne lui a pas rendu service. C'est l'une des raisons pour lesquelles c'est un peu compliqué. Comme je l'ai dit, on y travaille. »

« Est-ce que tu le voies souvent ? » Demanda Ginny. « Ce doit être difficile, avec toi à Poudlard tout le temps. »

« Il est aussi allé à Poudlard, il comprend. Et je le vois plus souvent que tu ne pourrais le penser. » Répondit Hermione, et elle était consciente que Luna essayait de ne pas s'étrangler avec sa boisson. A en juger par son sourire, la Serdaigle appréciait le jeu. Et à en juger par le regard qui remplaçait l'habituel air rêveur, Hermione allait avoir beaucoup de choses à lui expliquer plus tard.

« Je suis contente que Ron ne soit pas là. » Commenta joyeusement George. « Je ne veux même pas imaginer comment il aurait boudé. »

« Je vais lui faire une remontrance demain. » Dit Ginny en secouant la tête. « Il devrait être là. »

« Tout va bien. » Dit Hermione en souriant un peu avec nostalgie. « S'il doit travailler, il doit travailler. Oui, je sais qu'il aurait probablement pu faire en sorte de venir, mais… Nous n'avons pas grand-chose à nous dire ces jours-ci, et je ne veux pas me disputer avec quiconque, ce soir. C'est mon anniversaire, et j'en profite avec mes amis. »

« Et tu as un grand, sombre et plus ou moins beau sorcier qui t'attend pour la suite ? »

« Oui, Hermione, dis-nous. Comment est-il ? » Demanda Ginny avec enthousiasme.

« Tu lui as déjà demandé. » Dit Harry, et il rougit quand tout le monde rigola. « Ah, oui. Ca. »

« C'est personnel. » Rétorqua Hermione, mais elle pouvait sentir le rouge monter à ses joues, et elle rougit encore plus lorsque ses amis rirent. « Bon, très bien. Il est merveilleux. Maintenant ça suffit. »

« Oui, stop s'il-vous-plait. » Acquiesça Harry avec précipitation, semblant presque aussi embarrassé qu'elle.

Neville vint à leur rescousse. « Passons à la question la plus importante : que pense Pattenrond de lui ? Nous savons tous que c'est ce qui compte le plus ! »

Hermione rit. « En fait, Patt' l'adore. »

« Ohoh, ça doit être sérieux ! » Cria George, en faisant un large sourire.


Dans les commodités, Luna l'accula. « Pourquoi est-ce que tu ne m'as rien dit ? »

« Tu était au Portugal, occupée à chasser des monstres. »

« Oh. D'accord. » Concéda gaiement la Serdaigle. « Pourquoi ne me l'as-tu pas dit après, alors ? »

« Parce que… oh, pour plein de raisons. Parce que je ne pouvais pas croire que c'était réel. Parce que je ne voulais en parler à personne pendant que c'était encore si nouveau. Parce que je n'ai jamais aimé parler de ma vie privée. Et parce que je sais qu'il ne voudrait pas que quelqu'un sache. Tu es la seule personne qui en sait assez pour le deviner, et je te fais confiance, tu ne le diras à personne, mais… Oh, je ne sais pas, Luna. J'ai toujours pensé te le dire un jour ou un autre, mais ce n'était jamais le moment. Et je disais la vérité, je ne sais pas où ça va nous mener. Il y a tellement de problèmes… »

« Tu es très douée pour les résoudre. » Dit Luna légèrement. « Je ne suis pas offensée. »

« Tu n'es même pas surprise, n'est-ce pas ? Tu savais que ça allait se passer ? »

« Pas vraiment. Je me rappelle avoir pensé, après que nous ayons un peu parlé de lui, que vous deux aviez de nombreux points communs et que vous pourriez vous apporter beaucoup de choses, mais je ne pense pas m'être attendue à ce que ça se fasse, pas si tôt tout du moins. »

« Oui, ça a été un peu soudain. » Admit Hermione ironiquement.

« Ginny a raison, cependant. Je ne t'ai jamais vue aussi heureuse. Et je suis contente pour toi. Pour vous deux. »

Hermione cligna des yeux, au bord des larmes. « Merci, Luna ! »

Elles s'étreignirent, avant que la voix de George ne casse l'ambiance alors qu'il criait derrière la porte : « Allez, la fille avec un an en plus, c'est l'heure du champagne ! »


Les donjons étaient dans l'obscurité tandis qu'elle avançait en titubant dans ses appartements. De toutes les nuits, c'est celle-là qu'il choisit soudainement pour aller au lit à une heure normale, pensa confusément Hermione, en ouvrant la porte de sa chambre et en s'y engouffrant – en ayant eu la bonne idée d'enlever ses chaussures dans le salon pour faire moins de bruit. Etant donné qu'elle était entrée, ce n'était pas possible qu'elle bouge avec la moindre discrétion, alors elle fut un peu surprise que Severus soit toujours endormi tandis qu'elle atteignait le lit. Il y avait juste assez de lumière qui filtrait à travers la chambre pour qu'elle voie son visage, reposé. Pas de signes de larmes ce soir – soit parce qu'il n'avait pas encore atteint ce stade, soit parce qu'il y était déjà passé. Elle avait compris que cela arrivait presque toutes les nuits. En perdant pratiquement son équilibre par deux fois, elle enleva ses vêtements, et le regarda pendant tout ce temps.

Il ne se réveilla même pas quand elle glissa dans le lit derrière lui pour se presser contre la courbe chaude de son dos, ce qui n'était pas normal. Comme à son habitude – du moins quand elle n'était pas là – il portait un bas de survêtement décoloré comme pyjama, et pas de t-shirt. Appuyant sa joue contre son dos, elle embrassa gentiment l'une de ses pires cicatrices, sur le plat de son épaule, en enroulant un bras autour de sa poitrine et en laissant traîner ses doigts sur son estomac.

Severus remua. « Hermione ? » Marmonna-t-il d'un ton ensommeillé, et elle étouffa un rire.

« Qui d'autre ça pourrait être ? »

« Hum. Bonne nuit ? »

« Oui, vraiment. C'était drôle. Tu aurais dû être là. »

« Pour faire quoi ? »

« J'aurais bien aimé. Tu m'as manqué. »

« Tu es seulement partie pendant quelques heures. » Pointa-t-il, en réprimant un bâillement.

« C'était trop long. » Insista-t-elle, sa main glissant sous l'élastique de son pantalon.

« Tu es ivre. »

« Probablement. » Acquiesça-t-elle joyeusement en le caressant. « Est-ce que c'est important ? »

« Ca pourrait l'être au matin. »

« Alors occupes t'en y demain matin. » Lui dit-elle, en embrassant encore son dos, alors qu'elle le prenait en mains, et qu'elle le sentait répondre en dépit de tout. « C'est mon anniversaire. »

« Il est plus de minuit. C'était hier ton anniversaire. »

« Je m'en fiche. » Elle l'entendit inspirer pour en débattre, et elle posa promptement sa main libre sur sa bouche. Elle sentit ses lèvres bouger contre sa paume, avant que sa langue ne touche brusquement sa peau. Surprise, elle commença à retirer sa main, et il attrapa son poignet, tournant sa tête un peu. Il attira les doigts à sa bouche, pour qu'il les suce ensuite doucement, dans sa bouche chaude et humide.

Il durcit rapidement dans sa main, et sa peau était incroyablement douce, contrastant complètement avec la longueur qu'elle refermait. Elle se concentra plus intensément en le touchant, sentant les veines et les stries – oui, et les cicatrices – sous ses doigts, alors que c'était la première fois qu'elle faisait cela. Quand elle effleura le bout de sa longueur et qu'elle taquina gentiment le prépuce, il arrêta de sucer ses doigts et grogna, s'arquant le dos contre elle. Elle retira son autre main de sa bouche, retraçant ses lèvres avant de caresser la peau meurtrie de son dos en le faisant frissonner. Elle fit de nouveau descendre son autre main le long de sa hampe, lentement, et il écarta un peu ses jambes pour lui permettre de tenir tendrement ses testicules dans sa paume.

Hermione embrassa doucement le côté de son cou et le sentit frissonner. Elle savait que ce n'était pas qu'un frisson de plaisir. Il était étonnement vulnérable à ce moment-là. La confiance qu'il lui montrait en ne faisant aucun geste pour se détacher était presque impensable. Couplé à sa soumission volontaire, plus tôt dans la journée, ce n'était rien de moins qu'un miracle, et elle se demanda brièvement ce que ça lui coûtait de faire ça.

Avec ses doigts toujours humides, elle parcouru un chemin sur sa gorge, sentant son pouls s'agiter sous le bout de ses doigts, avant qu'elle ne caresse la délicate structure de sa trachée et trouve les cicatrices du serpent. Il déglutit, et elle pressa doucement son érection de son autre main pour le distraire, le faisant encore frissonner. Ils pouvaient imaginer tous les deux les dégâts qu'elle était capable de faire dans cette position, avant qu'il ne puisse la stopper, et elle se sentit bizarrement émue en étant confrontée à cette preuve de confiance en elle, si fragile qu'elle soit, surtout par rapport à ce qu'il avait vécu par le passé.

Sachant que ça le rendait mal-à-l'aise, elle le lâcha et s'écarta, permettant à Severus de rouler sur le côté et de la regarder. Ses yeux brillaient d'une étrange lueur de soulagement et en même temps de déception qu'elle se soit arrêtée. Cela la fit sourire, tandis qu'elle entrait dans le cercle de ses bras, en lui laissant le contrôle une fois de plus. Après un baiser somme toute assez intense, il se détacha pour prendre sa respiration, et demanda : « Tu n'es pas aussi ivre que tu le laisses paraître, n'est-ce pas ? »

Elle lui fit un large sourire. « Tu m'a déjà vu ivre – tu m'as déjà possédée ivre. Qu'est-ce que tu crois ? »

« Sorcière. » Murmura-t-il, comme si ça ne le gênait pas trop qu'elle l'ait trompé.

« Tu n'es pas en position de te plaindre. Tu es la personne ayant le sommeil le plus léger que j'ai connue, et peut-être que je ne suis pas complètement ivre mais je ne suis définitivement pas assez sobre pour me déplacer en silence, et tout ça sans parler de toutes tes mesures de sécurité. Tu t'es réveillé au moment où je suis entrée dans la classe de Potions, n'est-ce pas ? »

Sa seule réponse fut de l'embrasser encore, ce qui lui donnait une réponse assez claire de toute façon. Elle rigola doucement et l'aida à enlever son pantalon alors qu'il se tortillait, et se demanda par amusement s'il avait même dormi tout court, et si la seule raison qu'il avait eue d'aller au lit fut qu'elle lui avait suggéré qu'il pouvait l'attendre. Puis, la question n'importa plus, car ses doigts avaient glissé entre ses jambes, sa bouche s'était refermée sur son mamelon et la chaleur qui montait rapidement les étouffait complètement.

Quand il entra finalement en elle, il était clair que les taquineries avaient été un peu trop longues pour eux deux. Ses mouvements étaient rapides et durs, sa respiration lourde, et elle n'en menait pas large non plus alors qu'elle se tortillait sous lui et qu'elle se cramponnait à ses fesses pour le pousser encore plus profondément, plus fort, tout en le mordant au cou et aux épaules. Il trembla et tourna la tête pour attraper ses lèvres, l'embrassant presque douloureusement avant de grogner contre ses lèves : « Pas le cou. »

« Désolée. » Tenta-t-elle d'haleter, en réalisant tardivement qu'il avait de très bonnes raisons de ne pas apprécier d'être mordu au cou, même par jeu. Ignorant l'excuse, il l'embrassa de nouveau, et s'enfonça en elle encore. Son rythme devenait plus erratique et elle pouvait dire en écoutant son souffle qu'il était proche de la délivrance.

Il déplaça le poids de son corps, et elle se rendit compte après un moment qu'il essayait de libérer une de ses mains afin de la toucher. Mais sa jambe droite ne pouvait pas le supporter dans cette position, et il avait besoin de ses deux bras pour soutenir son corps au-dessus du sien. Il émit un bruit de frustration et elle arqua son bassin, resserrant ses muscles autour de lui. « Ce n'est pas grave. » Dit-elle à bout de souffle. « Je viens presque… »

« Presque… » Répondit-il faiblement, en haletant et en fermant les yeux. Il se mordit la lèvre et trembla sous l'effort, alors qu'il repoussait l'inévitable. Elle emmêla une main dans ses yeux, et amena sa tête vers le bas pour l'embrasser, en suçant gentiment sa lèvre inférieur, juste là où il s'était mordu. Elle le sentit bouger des hanches pour s'enfoncer en elle, durement et rapidement.

« Oh, mon Dieu, Severus. » Grogna-t-elle, en mettant fin au baiser et en ramenant en arrière sa tête, afin de se concentrer sur le brasier qui grandissait rapidement en elle. Le fait qu'elle dise son nom s'avéra être de trop pour lui. Il gémit doucement, du plus profond de sa gorge, et frissonna convulsivement avant que son corps ne se raidisse et qu'il crie en venant. Elle ne pouvait dire s'il y avait eut des mots dans ce son incohérent, mais son orgasme déclencha sa propre libération, et tout se dissolu dans le brouillard de plaisir qui suivit.


La vie revint à une routine confortable, les semaines filaient dans une étrange parodie de vie de famille. Quand elle n'avait pas cours, elle lisait ou travaillait silencieusement dans ses quartiers à lui, elle notait des devoirs, rédigeait des sujets d'examens et planifiait son futur programme. Il enseignait la plupart du temps, et passait ses quelques moments libres soit à faire des papiers, soit dans le laboratoire à préparer aussi bien des potions pour l'infirmerie que pour son propre stock. Ils pouvaient se voir vraiment le soir, quand ils s'asseyaient confortablement côte à côte sur le canapé devant le feu, et qu'ils lisaient ou parlaient avant qu'elle ne passe la nuit dans son lit.

Un matin, Hermione examinait son courrier quand une lettre la fit défaillir. « Bordel ! »

« Quoi ? » Demanda-t-il d'un ton absent, en boutonnant sa chemise alors qu'il se préparait pour la journée – son premier cours était dans moins d'une heure.

« Elle est de mon propriétaire. Il a encore augmenté mon loyer. »

« Tu paies un loyer toute l'année ? » Interrogea-t-il en se tournant vers elle. « Tu vis ici toute l'année, excepté deux mois. »

« C'est pourquoi il continue à augmenter le loyer. Il veut que je m'en aille. » Répondit-elle sourdement.

« Alors pars. Tu n'as pas besoin d'autre endroit jusqu'à fin juin, et cela semble être un gaspillage inutile d'argent de payer pour quelque chose que tu n'utilises pas. »

« Et qu'est-ce que je ferai en juin ? Je ne trouverai jamais autre chose pendant la période scolaire. »

Severus hésita avant de se retourner et d'essayer d'avoir l'air occupé en enfilant la ceinture de son pantalon, sans la regarder, tandis qu'il répondit d'un ton prudemment neutre : « Tu as passé la plupart de ton temps dans la caravane, l'été dernier. »

Elle se figea, et regarda son dos. Il ne peut pas vouloir dire ce à quoi je pense… Elle essaya de garder une voix qui ne tremblait pas et répondit lentement : « C'est vrai… »

Il haussa les épaules, toujours sans la regarder. « Et bien, la logique voudrait que tu choisisses la solution la plus évidente. » Dit-il, avec une indifférence magistralement étalée, en fermant sa ceinture.

« Et ça ne te dérange pas ? »

« Tu avais sans doute l'intention d'y être souvent de toute façon. J'avais envie de faire le tri dans mes affaires un de ces jours. Il y aura de la place. » Le silence un peu gênant qui s'ensuivit fut brisé par Pattenrond, qui avança pour s'assoir aux pieds de Severus, et miauler en regardant le sorcier. Celui-ci baissa les yeux vers le chat et leva un sourcil. « Je pourrais même me persuader de mettre un rabat pour chat sur la porte. » Ajouta-t-il aigrement.

Elle essaya de ne pas rire de la remarque, et traversa la pièce pour se tenir devant lui et toucher son visage. « Et je ne serai pas dans ton passage ? »

Il roula des yeux. « Non, tu seras bien trop dans mon passage. Sans ta présence agaçante, j'aurais pu participer à de délirantes fêtes avec tous mes nombreux amis, mais puisque tu seras une réfugiée permanente, au lieu de demi-permanente, ma vie telle qu'elle est maintenant va prendre fin. »

« Tu fais juste un peu trop dans le sarcasme, Severus. »

« Et tu en fais trop quant à ce problème. Si je m'y opposais, je ne t'en aurais pas offert la possibilité – ou penses-tu que je fais cela uniquement par bon cœur ? » Demanda-t-il avec beaucoup d'ironie, baissant les yeux vers elle. « Mon double de clés est dans le tiroir le plus haut de mon bureau. Ce weekend, je devrais commencer à ranger mes affaires. »

« Merci. » Dit-elle doucement.

« J'ai un cours à donner. » Répondit-il platement, en se dirigeant vers la porte – elle aurait pu être agacée par son départ soudain, sauf que deux choses l'en empêchèrent. La première, c'était que pendant qu'il se retournait, elle avait vu un éclair de soulagement et presque un sourire dans ses yeux. La deuxième, ce fut ses mains qui effleurèrent brièvement les siennes.


Vers la fin octobre, elle remarqua que son humeur changea, et pas pour le meilleur. Il était remarquablement plus irritable et tranchant, et ses vieilles habitudes endormies ressortaient. Il dormait rarement plus d'une heure ou deux d'affilée, et elle se réveillait fréquemment en le voyant absent. Elle se lovait alors contre Pattenrond et la carte des Maraudeurs pour le regarder rôder avec agitation dans le château. Quand il était de meilleure humeur, ce qui était rare, il s'excusait – à sa manière, sans dire en aucune façon explicitement qu'il était désolé, mais tout en essayant de communiquer cette impression – mais ce n'était pas facile de faire avec.

Ils se disputaient plus souvent. Hermione comprenait les raisons de sa mauvaise humeur et essayait de ne pas répondre quand il l'embêtait, mais cela l'amenait seulement à en faire encore plus, et il se repliait sur quelque raillerie vicieuse, qui lui rappelait le passé.

« Il essaye délibérément de susciter des disputes. » Se plaignit-elle à Luna, le week-end précédant Halloween. « Je sais qu'il est contrarié, mais ça n'aide pas, et ça fait mal. Il commence vraiment à être malveillant. »

Luna inclina pensivement la tête avant d'adresser à Hermione son regard le plus incertain et rêveur, et elle répondit vaguement : « Avec qui d'autre peut-il se disputer ? »

« Quoi ? » Demanda Hermione d'un air ahuri.

« Il ne va pas s'assoir et discuter de ses sentiments. Tu le sais ça. Les querelles sont sûres. S'il est en colère, il ne souffre pas. Combien connais-tu de personnes qui s'en prennent aux autres quand ils se sentent vulnérables ? Et tu es la seule en qui il ait confiance. Il ne peut se disputer avec personne d'autre sans révéler à quel point il souffre. »

Elle y pensa pendant longtemps. D'une manière détournée et perverse, cela faisait sens. Cela semblait coller avec la logique qu'avait Severus. En se remémorant certaines de leurs disputes les plus récentes, elle soupira. « Et, bien sûr, il s'emploie tellement à se haïr lui-même en ce moment qu'il essaye de m'écarter de lui, pour se donner une nouvelle raison d'être misérable. Je suis persuadée qu'il ne pense pas mériter d'être heureux. »

« Non, probablement pas. » Acquiesça Luna doucement. « Va-t-il loin, quand il se dispute avec toi ? »

Elle savait ce que son amie lui demandait vraiment, et elle secoua la tête. « Il n'en est pas à ce point, pas encore. Il est malveillant et désagréable, mais ce n'est pas vraiment intime. Je ne crois pas qu'il aille si loin. Il sait que je pourrais le blesser autant, sinon plus. Tu as raison, il veut juste… Je ne sais pas, une distraction, ou se punir. Ou les deux, probablement. Pas que ça rende les choses plus agréables. »

« Il ira mieux dès qu'Halloween sera passé. » Dit la Serdaigle, d'un ton encourageant. Elle sourit joyeusement. « Et j'espère que tu pourras le faire se sentir coupable d'avoir été si horrible. Ca a l'air toujours amusant quand j'entends les gens parler de situations comme ça. »

Hermione étouffa un rire. « Ce n'est pas si drôle que ça. Harry devient boudeur dans ces cas-là, et Ron a toujours l'air d'un épagneul abattu. Je n'ai pas encore essayé avec Severus, mais je suis certaine qu'il se rendrait compte de ce que je ferais, et il serait soit en colère contre moi, soit il se fermerait et redeviendrait froid et distant. De plus, je suis sûre que ce serait amplement suffisant pour qu'il se sente coupable… Je ne veux pas jouer à ce genre de jeu avec lui. »

« Bon, alors, je pense que tout ce que tu peux faire est attendre. Tu pourrais essayer de te défendre s'il te donne une ouverture, afin que tu puisses transformer ça en l'une de vos stupides querelles qu'aucun de vous ne veut vraiment, et tout ça en deviendrait ridicule. Ou tu peux juste le laisser faire. Il s'en est sorti seul toutes ces années. Je doute qu'il soit à l'aise de se montrer à toi dans ces conditions. »

« Peut-être. Merci, Luna. J'avais juste besoin d'en parler un peu. »

« Va et parles lui. Vous irez mieux tous les deux. »


Finalement, elle partit sur le second conseil de Luna, et le laissa faire. Avec surprise, Pattenrond avait suivi son exemple – en fait, il l'avait battue à son propre jeu. Au milieu d'une dispute, le demi-Kneazle siffla pour attirer son attention, puis donna à Severus un superbe regard de réprobation absolue et sortit.

« Peut-être que c'est la meilleure solution. » Dit Hermione calmement, alors que la queue de Pattenrond disparaissait au coin de la porte. « Je ne pense pas que le fait que nous soyons tous les deux là si souvent aide, alors que ça ne va pas. Je te vois demain ? »

« Si c'est ce que tu veux. » Répondit-il catégoriquement, n'ayant plus l'air en colère. Il était revenu à une expression vide et sans émotion, celle qu'elle détestait tellement.

« Je veux faire en sorte de t'aider à te sentir mieux, Severus, et là je ne fais qu'empirer les choses. Donc je vais me retirer pendant un petit moment, pour te laisser trouver de nouveau ton équilibre et décider de ce que tu veux. Mais je n'ai pas l'intention de rester de côté longtemps, alors fais tout pour être rapidement dans ton assiette : je veux voir l'homme, pas le masque. »

Avant même qu'elle ne quitte ses quartiers, elle entendit la porte de son laboratoire claquer si fort que le sol trembla, et elle tressaillit. J'espère que je fais le bon choix.

Severus l'évita après cela. Elle aurait pu le prendre contre elle, sauf qu'il évitait tout le monde, avec encore plus d'insistance que d'habitude. Quand il n'enseignait pas, il passait son temps à se terrer dans son laboratoire, de ce qu'elle pouvait en dire, et il ne voulait clairement pas de compagnie. Il n'avait pas changé le mot de passe de ses quartiers, mais elle savait quel serait son accueil et elle resta sur ses positions. C'était à lui de faire le prochain geste, cette fois.

Il vint à la fête d'Halloween, naturellement. Il n'aurait pas voulu révéler ses sentiments en demandant à être dispensé, mais il passa le repas entier à jouer avec sa nourriture et à garder ses yeux fixés sur son assiette. En le regardant du coin de l'œil, elle étudia la tension de ses épaules voûtées et remarqua la façon dont il penchait la tête pour s'assurer que ses cheveux – qui avaient besoin d'être lavés, d'après leur aspect – cachent autant que possible son visage, et elle savait qu'il souffrait terriblement. Elle doutait également qu'il ait dormi les deux nuits dernières. Une fois de plus, elle n'avait pas dormi non plus beaucoup. Il lui manquait.

Cette nuit, Hermione se réveilla en sachant que quelque chose avait changé, et une sorte d'instinct lui dit d'attendre et de garder ses yeux fermés. Elle tendit les oreilles en essayant d'entendre un son inattendu, mais il n'y avait rien, à part l'impression tenace qu'elle n'était pas seule. Pattenrond était dehors, en train de chasser, et ce n'était pas la présence d'un animal de toute façon. Elle savait exactement qui c'était. Il y avait seulement deux personnes à Poudlard qui pouvaient entrer dans ses appartements sans sa permission, et seule l'une d'elles ne se serait pas annoncé.

« Severus, qu'est-ce que tu fais ? » Demanda-t-elle avec lassitude. « Je pensais que tu voulais être seul. »

Le silence devint plus oppressif. Elle écouta le faible tic-tac de son réveil, compta les secondes, et il se passa trois minutes et demie avant qu'il y ait une réponse.

« C'est ce que j'ai fait. » Dit-il finalement, d'une toute petite voix.

Elle ouvrit les yeux, sourcilla, pour permettre à ses yeux de s'accommoder au noir presque complet. Il y avait juste assez de lumière lunaire qui filtrait autour de ses rideaux pour lui laisser voir la zone de noirceur plus profonde, près de la porte. « Depuis combien de temps tu es là ? »

Il y eut un autre silence tendu, bien qu'il ne soit pas aussi long que le premier. « …Je ne sais pas. » Admit-il, mal à l'aise.

Plutôt que d'utiliser un sortilège d'éclairage, elle agita sa baguette vers la fenêtre, et ouvrit les rideaux juste assez pour permettre qu'un peu plus de lumière naturelle rentre dans la chambre. A présent, elle pouvait le voir plus clairement. Il était appuyé contre le mur et regardait le sol. Elle s'assit et le regarda jusqu'à ce que cela devienne évident qu'il n'allait pas la regarder ni parler de nouveau. « Pourquoi es-tu ici ? » Demanda-t-elle finalement, et sans ménagement.

Severus bougea avec gêne, et quand il répondit, sa voix était hésitante et triste comme jamais elle ne l'avait entendu. « Je voulais me… m'excuser. » Elle pensa à lui demander pourquoi, mais décida qu'il aurait été mesquin et méchant de le lui faire dire. Peut-être qu'il le méritait, mais ce n'était pas entièrement de sa faute, et il essayait à présent de se racheter. Puisqu'elle ne lui répondit pas, il bougea légèrement sa tête, et elle vit la lueur dans ses yeux, qu'il cachait derrière le rideau de ses cheveux, tandis qu'il la regardait, avant de ramener son regard vers le plancher. « Je suis désolé, Hermione. »

C'était tentant de l'ignorer, pour le lui jeter à la face, et peut-être qu'il le méritait, mais Hermione savait qu'elle ne pouvait pas être aussi cruelle. Elle supposa qu'ils pensaient tous les deux à Lily, qui avait rejeté ses excuses il y a si longtemps, en dépit de ses meilleurs efforts pour expliquer qu'il n'avait pas voulu dire ça, qu'il avait été blessé et humilié. Si elle lui faisait la même chose maintenant… Elle ne pouvait même pas imaginer à quel point cela le blesserait.

« Tu devrais l'être. » Lui dit-elle calmement. « Tu as vraiment été un bâtard, récemment. »

« Je sais. » L'entendit-elle encaisser. « Je n'ai pas d'excuses. » Dit-il calmement, d'une voix déformée. « J'ai juste… Je suis désolé. » Il eut l'air véritablement contrarié, et il leva une main à son visage pendant un moment, avant de la laisser retomber sur son flanc. « Je ne suis pas bon à ça. » Ajouta-t-il, sans espoir.

« Aux excuses ? Non, tu ne l'es pas. » Lui dit-elle franchement, et il tressaillit.

« Non, pas ça. A… Ca. Nous. S'il y a un « nous ». Je ne sais pas… comment agir en public. Je n'ai pas… pas vécu avec quelqu'un depuis mon adolescence. Quand je suis seul, personne ne porte attention à ce que je dis ou fais, peu importe ce que je ressens puisqu'il n'y a que moi. J'avais l'habitude. Mais – quand tu es là, ça – ça rend les choses confuses, parce que je ne sais plus ce qui se passe et tout est moins certain. Je ne sais pas ce que je suis censé pensé ou ressentir, et je déteste Halloween, et aucune de mes méthodes habituelles pour y faire face n'ont fonctionné, et je me suis vu – être un bâtard, et c'est comme si il n'y avait aucun moyen pour que j'arrête parce que de toute façon ça allait se passer parce que c'est ce que je suis. J'ai toujours foutu en l'air tout ce que j'ai fait. Et ce n'est pas… Ce n'est pas ce que je voulais dire, bordel. »

« Tu n'es pas ivre, n'est-ce pas ? » Demanda-t-elle avant qu'elle ne puisse s'en empêcher. C'était si inhabituel de la part de Severus que tout ce à quoi elle pouvait penser était le Nouvel An passé et le résumé décousu, inarticulé et douloureux de sa vie.

Il émit un son choqué, qui était peut-être un rire amer. « Non. » Après un long moment, il soupira, défait. « Je vais partir. Je ne fais qu'empirer les choses. Je ne sais même pas ce que j'essaye de dire. »

« Et bien, comme ça on est deux. » Répondit Hermione fermement, touchée malgré elle par son combat intérieur évident. Il tentait tant bien que mal d'expliquer ce qu'il ressentait, alors qu'il ne se connaissait pas lui-même, et apparemment, quand il était question de relations, il était encore moins expérimenté qu'elle. Elle essaya de lui répondre du mieux qu'elle put, en contenant sa colère. « Il n'y a pas de règles, Severus. Il n'y a rien que tu devrais penser, ou ressentir. Et même s'il y avait un modèle préfabriqué… Nous ne sommes pas vraiment des gens conventionnels, aucun de nous. Qu'importe ce que c'est, je suis aussi perturbée. Je sais que tu détestes Halloween. Je sais pourquoi, je connais au moins la plus grosse raison. Je ne fais même pas cas du fait que tu t'en prennes à moi, parque que je suis là et qu'il n'y a personne d'autre. Ce que je n'apprécie pas c'est que tu fasses comme si tu devais être si détestable et froid, car d'une certaine façon c'est ce qu'on attend de toi. Tu essayes de te punir, et tu essayes de m'éloigner parce que tu te sens plus en sécurité dans ton isolation. C'est de la lâcheté, ce n'est pas juste pour moi, et pas non plus pour toi. »

Son utilisation du mot lâche avait été délibérée. Elle avait vu dans les souvenirs de Harry la nuit où Dumbledore mourut, et elle avait vu comment il avait réagi à l'insulte. Elle savait que cela restait l'un de ses détonateurs. Son corps entier tressauta, sa respiration s'arrêta, mais elle n'était pas prête face à sa réaction. Elle s'était attendue à de la rage, de la furie, peut-être à une once de violence, et sa baguette était prête. Ce à quoi elle ne s'attendait pas de sa part, c'était qu'il dise très doucement, d'une voix choquée : « S'il te plaît, ne fais pas ça. »

« Ne fais pas quoi ? »

« N'utilise pas… ça contre moi. S'il te plaît. »

« Je ne comprends pas. » Dit-elle lentement.

Il y eut un long silence. Quand Severus parla de nouveau, sa voix était incroyablement plate, bien qu'un peu rauque et dure. « Les gens ont utilisé mes émotions contre moi, même avant que tu ne sois née. Je ne peux plus le supporter, particulièrement venant de toi. Tu me connais mieux que quiconque – tu sais tout ce dont tu as besoin pour me briser une fois pour toutes. Je suis un – un lâche. Je suis effrayé par une partie de mes pensées, parce que je ne peux pas les contrôler, je ne sais pas ce que je fais, bordel, et je ne serai pas capable d'arrêter ça quand tout volera en morceaux. Et ça se fera, parce que je suis trop – brisé. Je n'ai pas ça en moi – je ne peux pas être ce que tu… ce que tu mérites. »

Les larmes lui piquaient les coins des yeux. « Oh, Severus. » Dit-elle doucement, sortant du lit pour marcher vers lui. Elle écarta ses cheveux de son visage et essaya de faire en sorte qu'il la regarde. « Je continue à te dire que tu es un bien meilleur homme que tu ne penses l'être. Et même si tu ne l'étais pas, ça n'aurait aucune importance. Je ne veux pas d'un hypothétique homme parfait – même s'il existait, je mourrais d'ennui au bout d'un mois. Une amie m'a dit une fois que j'avais besoin de quelqu'un avec qui je pouvais me disputer, quelqu'un qui peut me tenir tête, quelqu'un qui peut me défier. Elle avait raison. J'ai besoin de quelqu'un de compliqué, quelqu'un d'intelligent et courageux, – d'un salaud narquois. » Ajouta-t-elle, en souriant malgré elle. « Ca m'effraie aussi, mais… d'une bonne manière, je pense. Tu n'es pas brisé, pas complètement. Un peu blessé, peut-être, mais tout comme moi. Si ça doit voler en éclats, nous les recollerons juste ensemble. »

Il avait fermé les yeux pour ne pas avoir à la regarder, mais quelques unes des dures lignes de son visage s'étaient un peu adoucies. « Juste comme ça, je suppose. »

« Parmi tous mes autres projets, oui. » Dit-elle d'une façon désinvolte.

Le coin de sa bouche tressauta, et il ouvrit enfin les yeux. C'était difficile de lire son expression dans la lumière diffuse, mais il s'était légèrement relaxé. « Insupportable Gryffondor. » Murmura-t-il, avec une faible note de questionnement rempli d'espoir dans sa voix.

« Bâtard obstiné. » Lui renvoya-t-elle la balle. Il sourit alors, bien que des traces de tristesse restent dans son expression. Se hissant sur la pointe des pieds, elle l'embrassa gentiment sur les lèvres. « Viens au lit, Severus. Nous avons tous les deux besoin de sommeil. Je suis surprise que tu n'aies pas tué d'étudiants cette semaine. »

Il la suivit docilement et en silence, enleva son pantalon et attendit qu'elle glisse sous les couvertures, puis elle bougea pour le laisser se glisser à son tour à côté d'elle. Elle se tourna vers lui, enroula ses bras autour de lui et le tint proche, et après un moment il tourna sa tête vers son cou et s'installa dans son étreinte sans rien dire. Elle ferma les yeux et savoura la chaleur familière de son corps, son odeur qui lui avait beaucoup manqué, et bientôt elle s'endormit.


NOTE DE L'AUTEUR : Hum…

NOTE DE LA TRADUCTRICE : Désolée, j'avais perdu mes fichiers, j'étais découragée pour ré-écrire la fin de ce chapitre… merci pour vos précieux encouragements qui m'ont redonné motivation et force !