Chapitre 17

Je rappelle que le début de l'histoire est à cette adresse pour les intéressés:

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NOTE DE L'AUTEUR : C'est un chapitre compliqué. Prêtez-y attention. Le prochain sera également très important.


« Nous ouvrons une querelle entre le présent et le passé

Nous sacrifions seulement le futur c'est l'amertume qui dure… »

- Mike & The Mechanics, 'The Living Years'.


La semaine suivante, elle le regarda retrouver son équilibre. Son sommeil devint plus simple et son humeur moins noire. Il ne s'était pas disputé avec elle, même pour plaisanter, et il faisait preuve d'un comportement raisonnable. Elle rit quand elle le trouva en train d'essayer de calmer Pattenrond par une corruption sans complexe, qu'il déploya sous la forme de harengs fumé frais. Le voir redevenir l'homme qu'elle connaissait faisait qu'elle supportait mieux sa propre mauvaise humeur, qui arriverait en même temps que le mois de novembre.

Vers la fin du mois, ses cauchemars refirent surface. Hermione prétendait qu'il n'y avait rien, malgré le fait de savoir qu'il savait bigrement bien ce que signifiait cette période de l'année. Et il lui permit de faire semblant pendant un moment, feignant de dormir quand elle se réveillait au milieu de la nuit en prétendant ne pas remarquer sa fatigue croissante. Elle n'avait pas manqué le fait qu'il avait les ingrédients pour la Potion Sans Rêves, étalés sur un banc dans le coin de son laboratoire, mais il n'avait pas présumé la préparer, donc elle ne dit rien.

Finalement, une nuit, elle se réveilla en pleurs de l'un de ses pires rêves – pas d'horreurs, rien qui ne la fasse crier, mais seulement de la douleur, du chagrin et une petite voix qui gémissait que ce n'était pas de sa faute – et elle réalisa que Severus ne faisait plus semblant. Il était à demi assis et l'avait rapproché dans ses bras. Il parlait très doucement et lui avait apparemment parlé pendant très longtemps avant qu'elle ne se réveille.

« …tort, Hermione, tous avaient tort. Je sais que tous ceux qui savent ce que tu as fait à tes parents en étaient horrifiés, mais il n'y a pas de honte à vouloir protéger ton entourage. Tu n'as pas dû être la seule à avoir pris une décision aussi drastique. Ce qui les a horrifiés, c'est que tu l'ais si bien fait, que tu sois si forte. Ils ont peur de toi. Tes parents étaient effrayés parce qu'ils ne comprenaient pas. Tous les Nés-Moldus allaient finir par endurer les mêmes choses, et c'est juste malheureux que les circonstances dans ce cas-là aient été si extrêmes. Damnant quod non intellegunt. Les gens condamnent ce qu'ils ne comprennent pas. Tu leur as sauvé la vie en faisant cela, n'en doute jamais. Tes parents étaient des cibles. Je le sais. Je ne pense pas que j'aurais pu les protéger – je ne sais même pas si j'aurais essayé. Tu avais raison de faire ce que tu as fait, et si personne d'autre n'a la présence d'esprit de le voir, c'est leur problème et pas le tien. Tu avais raison, et ils avaient tort… »

Il continua à parler doucement, se répétant parfois, d'un profond grognement venant de l'obscurité, et elle ferma les yeux contre ses larmes. Elle écouta les calmes affirmations et justifications jusqu'à ce que finalement ses sanglots diminuent et qu'elle puisse respirer de nouveau. « J'aimerais que tout le monde soit aussi intelligent que toi. » Dit-elle d'une petite voix, tremblante.

Severus cessa subitement de parler, apparemment surpris qu'elle soit éveillée, et après un moment il répondit doucement : « Le monde serait un endroit terrifiant s'ils l'étaient tous. »

Elle renifla sans aucune élégance, tenta un sourire et essaya de sécher ses yeux, mais elle ne semblait pas pouvoir s'arrêter de pleurer. De longs doigts essuyèrent gentiment ses larmes en lissant tendrement la peau sous ses yeux. Le geste doux était en contraste avec sa voix, alors qu'il commenta sèchement : « Tu n'es pas vraiment séduisante quand tu pleures. »

« Je sais. » Répondit-elle, en riant presque tandis qu'elle acceptait le tissu qu'il lui tendait, et qu'elle s'asseyait pour se moucher. « Ca rend la situation encore pire. »

Il souffla, exaspéré. « Ne commence pas encore avec tes non-sens. Tu es adorable, bien plus que tu ne le crois. Quand tu n'as pas les yeux bouffis, couverts de taches, et brûlants… » Ajouta-t-il avec une once de moquerie, en repoussant gentiment ses cheveux humides de son visage.

« Attention, le Serpentard. » Essaya-t-elle, alors que ses larmes se tarissaient enfin. « C'était tout proche d'un compliment. »

« En fait, c'était un compliment. Tes émotions semblent affecter ta compréhension. » Dit-il d'une voix traînante avant d'envelopper ses bras autour d'elle pour l'allonger contre sa poitrine, et lui appliquer un doux baiser sur la tempe.

« Merci. Bâtard. » Hermione se blottit contre son corps chaud, ferma les yeux alors que sa tête lui faisait mal. « J'ai eu vraiment raison ? » Demanda-t-elle doucement.

« Oui. » Répondit-il instantanément. Après un moment, il ajouta un peu sèchement : « Bien que je suppose que tu dois considérer qui te dit ça. » Il posa sa joue contre ses cheveux. « Les questions morales n'ont jamais de réponses simples, comme oui ou non, Hermione, et ce n'est jamais la même situation. Je ne connais pas toutes les circonstances et je ne sais pas ce que tu pensais avant que tu ne décides de faire ce que tu as fait. Mais tu avais seulement leur bien-être en tête, et je peux t'assurer avec certitude qu'ils seraient morts avant six mois si tu n'avais pas fait ça. L'Ordre n'avait pas les ressources nécessaires pour protéger tout le monde, comme tu le sais. Je crois que tu as bien fait. »

« Alors pourquoi je me sens toujours aussi mal ? »

« La trahison fait toujours cet effet. » Répondit calmement Severus, avec émotion. Il le savait mieux que quiconque. « Et la route pour l'Enfer est pavée de bonnes intentions. Ce que tu as fait pourrait être la première marche d'un long chemin très sombre, en effet. C'est pourquoi beaucoup de gens en ont peur. »

« Mais pas toi ? » Demanda-t-elle avec hésitation.

Il secoua doucement la tête et embrassa ses cheveux. « Non. Si quelqu'un peut résister aux tentations de l'obscurité, c'est toi. Sans toi, Potter aurait été perdu, tu sais. Il en était très proche. Facilis descensus Averno;la descente aux Enfers est facile. Mais je te connais, Hermione. Jamais tu n'aurais fait quelque chose sans avoir réfléchi à toutes les conséquences possibles, jamais tu n'aurais fait quelque chose pour de mauvaises raisons, et jamais tu n'aurais fait un choix non avisé. De tous les destins qui t'attendent, l'obscurité n'est pas l'un d'entre eux. »

« Je pourrais te faire la même chose. »

Cela le fit rire ouvertement. « Ne sois pas ridicule. Ni le Seigneur des Ténèbres, ni Dumbledore ne pouvaient briser mes boucliers. Bien que tu sois talentueuse et que tu n'aies vraiment aucun doute en t'exerçant, tu n'es pas une menace pour moi, du moins pas avec les sortilèges de Legilimencie ou de mémoire. Et je ne viens pas de dire que tu n'aurais pas fait une telle chose ? Si tu ne cesses pas de proférer des non-sens, je vais devoir t'administrer une potion. »

« J'ai le droit de m'inquiéter. »

« Pas à propos de ça, non, parce que c'est tout à fait ridicule et je te l'interdis. »

Un petit sourire poussa sur ses lèvres. « Vraiment ? »

« Oui. » Dit-il fermement. « Maintenant, dors. »

Elle se pelotonna docilement encore plus serrée contre lui et ferma les yeux, mais le sommeil ne viendrait pas. Et elle pouvait dire de part le contact de son corps et le rythme de sa respiration qu'il était bien éveillé et qu'il n'essayait même pas de dormir. Lentement, elle commença à caresser sa poitrine nue avec le bout de ses doigts, les yeux fermés, en suivant les cicatrices sur les muscles, le long de l'os et jusqu'aux poils. Quand elle titilla l'un de ses tétons avec l'arrondi de son pouce, il parla d'une voix basse.

« Tu ne vas pas dormir maintenant, n'est-ce pas ? »

« Je ne veux pas dormir, pas quand je me sens comme ça. » Lui dit-elle honnêtement. « Fais-moi me sentir mieux, Severus, s'il te plaît. »

« Tu es ébranlée... »

« Oui, et je ne veux pas l'être. » Elle le regarda et tendit le bras pour caresser son visage, en sentant sa barbe de trois jours râper légèrement sous ses doigts alors qu'elle retraçait sa mâchoire. « Tu me fais l'amour ? » Demanda-t-elle doucement. Il ne répondit pas, mais quand elle éloigna la main, il bougea et roula sur le côté, pour s'appuyer sur un coude alors qu'il la rapprochait proche de lui en l'embrassant gentiment. C'était ce dont elle avait vraiment besoin, réalisa Hermione tandis qu'elle lui rendait son baiser. En fait, peu importe si Severus l'aimait ou pas, il pouvait certainement le lui faire sentir, et à ce moment elle voulait désespérément se sentir aimée.

Il était tendre comme elle ne l'avait jamais vu être, il semblait avoir reconnu son besoin sans qu'elle ait dû en dire un mot, et il passa un long moment à explorer lentement chaque parcelle de sa peau avec sa bouche et ses doigts. Ce n'était même pas ouvertement sexuel en premier lieu, juste lent, doux et rassurant, alors qu'il caressait sa peau et plantait de doux baisers sur son corps. Petit à petit, son touché changea, bien qu'elle aurait du mal à expliquer exactement en quoi il changea, et devint moins rassurant tandis que ses besoins s'intensifiaient. Elle commença à se languir de lui, elle trembla et soupira son nom quand sa bouche trouva ses seins et quand il commença à téter et taquiner ses tétons.

Toujours en bougeant lentement, Severus traça son chemin de baisers jusqu'à son estomac pour enterrer ses cheveux noirs entre ses cuisses, en persistant un peu dans la taquinerie, avant que ses actes deviennent plus certains et délibérés. Alors que sa langue la léchait et la sondait, elle emmêla ses doigts à ses cheveux et s'abandonna aux sensations que sa talentueuse bouche lui procurait, comme il parvenait avec succès à lui balayer toute pensée cohérente.

Sa bouche avait son goût quand il l'embrassa de nouveau, c'est-à-dire sucrée et musquée, et ça se mélangeait avec sa propre senteur. Elle l'embrassa en retour avec toute la passion qu'elle pouvait rassembler, tandis que de son poids il la pressait gentiment contre les oreillers. Quand il s'arrêta pour la regarder, elle savait par la lueur dans ses cheveux que si elle le disait, il cesserait tout et se dégagerait. Lui ayant apporté du plaisir, il ignorerait le sien, au moins pour cette nuit. Elle bougea ses hanches pour se presser plus fermement contre lui, enroula ses jambes autour de sa taille, et glissa ses mains sur la peau de son dos bardée de cicatrices pour s'accrocher à ses épaules, puis il l'embrassa encore et entra en elle.

Même maintenant, ses mouvements étaient presque douloureusement lents et gentils, mais pas moins intenses pour autant. Hermione se laissa aller et s'abandonna au rythme chaloupé de son corps en regardant la noire et infinie profondeur de ses yeux tandis qu'il bougeait au-dessus d'elle. Elle s'abandonna à lui comme jamais elle ne l'avait fait auparavant, et au milieu de sa libération, elle l'entendit soupirer son nom alors qu'il venait.


Pendant un week-end misérablement orageux à la mi-novembre, Hermione essaya de noter des devoirs, mais elle était gênée par Severus, qui arpentait la pièce en grommelant. Finalement, elle soupira et laissa tomber le travail, pour le regarder. « Severus, qu'est-ce que tu fais, et y aurait-il moyen que tu fasses ça ailleurs ? »

Il leva les yeux et sourcilla, puis ricana de façon apparemment automatique : « Au cas où tu l'aurais oublié, ce sont mes appartements. » Il marcha jusqu'à là où elle était assise. « Je suis en train d'essayer de retravailler mes protections. »

« Pourquoi ? » Demanda-t-elle, curieuse.

« Parce que je n'ai plus envie de m'embêter avec des mots de passe, et parce qu'ils ne sont pas extrêmement fiables. » Expliqua-t-il. « Je veux installer des protections qui empêchent certaines personnes d'entrer, plutôt que d'utiliser des mots de passe. »

« Je ne pensais pas que c'était possible à l'intérieur de Poudlard. Ah, attends – tu peux triompher des sorts de sécurité, n'est-ce pas ? J'avais oublié ça. »

Il sourit d'un air suffisant. « C'est quelque peu négligent de ta part. »

« Oh, s'il te plaît. Ce n'est pas comme si ça me dérangeait que tu entres dans mes appartements quand tu veux – je t'assure qu'il n'y a rien parmi mes possessions que tu n'as jamais vu. » Répondit-elle sèchement. « Ou vas-tu me confesser que tu t'y es glissé furtivement cette année pour passer en revue mon tiroir de sous-vêtements, ou autre chose ? »

« Ne sois pas absurde. » Répliqua-t-il avec dédain, et une lueur d'amusement dans les yeux.

« Et donc, est-ce difficile de refaire les protections ? »

« Non, mais je n'ai jamais expérimenté ce genre de chose auparavant, donc ça va prendre un peu de temps. Je n'avais pas réalisé que je parlais à voix haute. » Ajouta-t-il, de sa manière bien à lui de s'excuser sans vraiment le faire.

« Tu le faisais. En latin, en plus. Tu es la seule personne que je connaisse qui puisse le parler, en fait – toi et le président Barlet dans 'A la maison blanche'. »*

« Humph. » Répondit-il distraitement, en traversant la salle vers l'une de ses étagères pour commencer à feuilleter un volume. « Etant donné que la plupart des sortilèges sont soit en latin soit en une variante du latin, je n'ai jamais compris pourquoi personne d'autre ne semblait prendre la peine de l'apprendre. Un sortilège est bien plus simple si tu sais ce qu'il signifie en réalité, ainsi que ce qu'il fait, et cette langue est précieuse si tu souhaites créer un sort. »

« J'ai toujours recherché les traductions des nouveaux sorts. J'ai envisagé une fois d'apprendre cette langue, mais je me suis embourbée dans toute la grammaire et j'ai abandonné. » Confessa Hermione. « Je suis loin d'être une linguiste, mais tu parles beaucoup de langues, non ? »

« Quelques unes, oui. » Répondit-il d'un air absent, en scrutant rapidement les pages. « En ayant voyagé si longtemps, j'en ai saisi beaucoup. Je ne les parle cependant pas couramment pour la plupart. Ah, nous y voilà... » Son attention s'estompa, il se concentrait sur sa lecture, et elle lui fit une grimace alors qu'elle retournait à ses devoirs – elle et Severus se ressemblaient vraiment de bien des façons.

Environ une heure plus tard, il leva la tête de là où il travaillait, près de la porte, en repoussant ses cheveux de son visage. Hermione l'avait regardé pendant qu'elle travaillait, mais il n'y avait pas grand-chose à voir. Il avait donné des petits coups de baguette magique sur la porte et murmuré dans ce qui semblait être du latin, en traçant une forme compliquée autour du montant, mais s'il y avait eu un quelconque effet, elle ne pouvait pas le voir. « Je pense que nous y sommes. »

« Oui ? » Demanda-t-elle avec intérêt, en laissant tomber sa plume pour marcher vers lui.

« Je pense que oui. » Il se redressa avec raideur, fit rouler ses épaules, avant de taper la porte de sa baguette. « Revelio. » Des runes rougeoyantes apparurent le long du montant de la porte, en scintillant d'une faible lumière bleue. Severus étudia les résultats d'un œil critique avant de placer le bout de sa baguette dans le trou de serrure, et les runes scintillèrent encore avant de devenir vertes.

« Des protections à la façon Serpentard ? » Interrogea-t-elle avec un rictus.

« Impertinente. » Murmura-t-il. « Non. » Les runes s'atténuèrent jusqu'à ce qu'elles soient presque blanches, puis elles se rafraîchir de nouveau en bleu. Il écarta sa baguette, puis la glissa dans sa ceinture. « Si tu me prêtes ta baguette un moment, je pourrais m'assurer que les protections te reconnaissent. »

« Et qu'est-ce qu'elles feront à ceux qu'elles ne reconnaîtront pas ? » Demanda-t-elle, sceptique, en lui tendant sa baguette. Il sourit d'un air suffisant, mais sa réponse se perdit quand il prit sa baguette. Ses yeux s'ouvrirent en grand et il jura, en la laissant tomber précipitamment, pour la regarder d'un air parfaitement choqué.

« Que s'est-il passé ? Demanda Hermione, surprise. « Tout va bien ? »

« Oui. » Répondit-il, distant, en fixant toujours la baguette alors qu'il pliait ses doigts. « C'était... inattendu. »

« Ca t'a fait mal ? » Interrogea-t-elle, en se rappelant les fois où elle avait pris la baguette de quelqu'un d'autre – quelques unes d'entre elles n'avaient pas bien réagi.

« Non. Non, ça... ça n'a pas fait mal. » Il semblait toujours un peu choqué. Il déglutit et fronça les sourcils avec circonspection vers la mince longueur de bois de vigne, avant de s'abaisser très précautionneusement pour la toucher de nouveau. Il frissonna tandis que ses doigts se refermaient sur elle, mais il se redressa et la maintint fermement. « Étrange... »

« Qu'est-ce qui est étrange ? » Demanda-t-elle avec exaspération. « Que s'est-il passé ? »

« Je ne sais pas. » Claqua-t-il en retour. Il contracta le poing avec prudence, ferma à moitié les yeux et frissonna encore. « Je peux essayer un sort ? » Demanda-t-il.

« Fais donc. »

Il regarda autour de lui et ramassa sa tasse de café du matin. « Aguamenti. »

Hermione observa, complètement confuse. Le sort semblait avoir fonctionner normalement, la tasse était maintenant pleine d'eau légèrement colorée au café, mais Severus fronçait les sourcils et il marmonna : « Evanesco. »

« Quand tu veux, pour m'expliquer. » Dit-elle sarcastiquement.

« Mes excuses. Je... Je ne suis pas sûr de ce qu'il s'est passé. C'est presque comme si... elle me reconnaissait. »

« Ma baguette magique te reconnaît ? »

« Dans un sens, mais pas de la façon à laquelle je me serais attendu. Elle ne fonctionne pas correctement pour moi, je peux sentir qu'elle n'est pas compatible, mais... il y a quelque chose. Une sorte de... Je ne peux pas le décrire précisément. Un consentement, peut-être ? »

« C'est bizarre. C'est déjà arrivé par le passé ? »

« Non. Une fois encore, je n'ai pas pris l'habitude de tenir les baguettes d'autres personnes. » Répondit-il d'un air absent, en fronçant toujours les sourcils vers la baguette. « Es-tu prête à faire une expérience ? »

« Severus, rappelles-toi à qui tu parles. » Rit-elle, et il leva les yeux avec un petit sourire.

« Bien sûr, quel insouciant je fais. »

« Quelle sorte d'expérience avais-tu en tête ? »

Il posa avec précaution sa baguette sur la table et sortit la sienne, en la plaçant près d'elle. « De quoi est faite ta baguette ? »

« Bois de vigne et plume de phénix. »

Il fronça les sourcils. « Je pensais qu'il y avait du cœur de dragon. »

« C'était mon ancienne baguette. Les Malefoys l'ont brisé quand les Rafleurs nous ont capturés dans la guerre. Ma nouvelle baguette est toujours faite de bois de vigne, mais avec un noyau différent – Mr Ollivander trouvait ça très intéressant. »

« Il avait raison. Bien, voilà pour ma théorie. »

« Quelle théorie ? »

« Ma baguette est faite de cœur de dragon. Je me demandais si elles partageaient le même noyau, mais apparemment non. » Il haussa les épaules. « Prends ma baguette, s'il te plaît. Je ne pense pas que ça fera mal. La tienne ne m'a pas fait mal... »

« ...Mais il est probable que la tienne soit plus agressive que la mienne, si c'est le bon mot. » Finit-elle ironiquement. « Ça ne peut pas être pire que la baguette de Bellatrix. J'ai eu l'impression qu'elle me mordait la première fois que je l'ai touchée. Je devais l'utiliser après que nous nous soyons échappés. » Ajouta-t-elle, et il acquiesça.

« Je sais. Je vous surveillais de près tous les trois, quand je le pouvais. C'était dans mes intérêts, après tout, puisque si vous aviez échoué j'aurais dû achever la tâche. » Il sourit de façon désagréable. « Elle était drôlement furieuse que tu lui ais volé sa baguette. A un moment donné, elle avait vraiment de l'écume à la bouche. Tout comme lorsqu'elle apprit que tu t'étais faite passer pour elle afin d'entrer dans son caveau... » Il gloussa doucement. « Elle n'est pas passé loin de la crise. Je pouvais à peine rester sérieux. Ce n'était pas la stratégie que j'aurais utilisé, mais c'était... inspiré. »

« Je suis absolument dévastée à la pensée que j'aurais pu contrarier la chienne folle. » Répondit Hermione, impassible, et il gloussa encore avant de faire un geste vague vers la baguette sur le bureau. « Ta baguette est en sorbier, n'est-ce pas ? » Demanda-t-elle.

« Oui, de ce qu'ils appellent du 'sorbier aérien' – un épiphyte qui pousse sur un autre arbre. Sur un tremble dans ce cas, il me semble. »

Plus curieuse qu'effrayée, elle s'avança et prit la fine longueur de bois noir, et haleta brusquement au contact. C'était presque comme un choc, mais comme il l'avait dit, ça ne faisait pas mal. En fait... Elle leva ses sourcils alors qu'elle réalisait seulement maintenant à quel point ça ne faisait pas mal, en frissonnant à son tour. « Hum. Bon. C'est définitivement... intéressant. »

« En effet. »

C'était définitivement une certaine forme de reconnaissance, mais rien qu'elle ne connaissait. Quand ses deux baguettes l'avaient choisie, elle avait senti de la chaleur et presque un sentiment de bienvenue, une connexion. Là, c'était différent. Un consentement, l'avait appelé Severus, et elle était d'accord. Elle pouvait presque sentir sa magie sous le bout de ses doigts, plus obscure et froide que la sienne. C'était une sensation très curieuse, mais certainement pas désagréable. Plutôt l'opposé, en fait, et elle sentit son cœur battre plus vite. Elle ramassa la tasse de café, maintenant vide, la laissa tomber au sol, et pointa sa baguette à lui sur le désordre. « Reparo. » Non, la baguette n'était définitivement pas compatible. Elle fonctionnait, mais pas sans heurt. C'était comme une rancune en suspend, et elle étouffa un rire. « C'est vraiment ta baguette. J'ai l'impression qu'elle me ménage presque. »

Il grogna doucement. « La tienne me faisait le même effet. »

Elle la posa avec précaution. « Qu'est-ce que ça veut dire ? »

« Je n'en ai aucune idée. » Admit-il. « Je n'en sais pas beaucoup à propos des baguettes. Peu de gens en savent quelque chose. »

Il sembla tout d'un coup se rappeler de ce qui avait déclenché tout ça, et reprit précautionneusement sa baguette pour se tourner vers la porte et poser le bout dans la serrure. Les runes scintillèrent de nouveau en vert, tournèrent au blanc avant de se refroidir en bleu. Il lui redonna sa baguette, récupéra la sienne et donna un petit coup sur le montant. Les runes s'obscurcirent et s'évanouirent lentement jusqu'à ce qu'il n'y ait plus une trace de protection sur la porte.

« Est-ce que Ollivander savait ? » Demanda-t-elle, et elle vit par la lueur dans ses yeux qu'il ne voulait vraiment pas en parler au fabricant de baguettes.

« Peut-être. » Répondit-il avec réticence.

« Oh, ne fais pas cette tête. J'irai à la bibliothèque plus tard pour voir ce que je peux trouver. »

« Ah, oui. En temps de crise, ou d'ennui, Hermione Granger doit aller à la bibliothèque. » Dit-il d'une voix traînante.

« On dirait Ron – ou plutôt une version de Ron plus éloquente, en quelque sorte. »

« Ne m'insulte pas. »


La bibliothèque n'apporta rien, alors Hermione choisit de demander à Minerva, dans la silencieuse salle des professeurs :

« Avez-vous des connaissances sur les baguettes magiques et leurs origines ? »

« Pourquoi demandez-vous cela ? » S'enquit Minerva.

« Et bien, quelque chose d'étrange se passa, l'autre jour, quand j'ai touché la baguette magique de quelqu'un d'autre... » Expliqua-t-elle avec prudence, sans plus de détails.

Minerva sourit subitement. « Ce 'quelqu'un d'autre' ne serait pas ce mystérieux sorcier plus âgé ? »

« Comment – Neville ! »

« Ce n'était pas de sa faute. Je suis douée pour dénicher les secrets des gens – bien qu'il n'en savait pas assez pour révéler quoique ce soit. Vous êtes déloyalement secrète, ma chère. » Dit la Directrice dans un reproche.

Hermione lui donna sa meilleure imitation du rictus de Severus. « Je sais. » Elle pouvait voir la réaction de Severus, qui était assis discrètement dans son coin habituel, trouvant apparemment la conversation vaguement amusante, et elle était vraiment contente de lui avoir déjà dit qu'elle avait parlé de lui avec ses amis. Elle ne voulait pas imaginer l'explosion qui aurait résulté s'il avait appris par accident. Il avait trouvé la situation comique, à son grand soulagement, et avait approuvé ses méthodes de Serpentard.

« En l'occurrence, oui, c'était la sienne. Ma baguette fit également la même chose quand il la toucha. Est-ce que c'est important ? »

« Est-ce que vos baguettes sont jumelles ? » Suggéra Minerva.

« Non, nous y avons pensé. Elles sont faites de bois différents, et ont des noyaux différents. »

« Et vous dites que ce n'était pas de la compatibilité... »

« Non. Nous pouvons utiliser la baguette de l'autre, mais elles ne fonctionnent pas correctement. Notre magie est trop différente. »

« Êtes-vous habiles dans les mêmes domaines ? »

« Non. Il n'y a quasiment aucun chevauchement dans nos domaines d'habileté. » Ils en avaient déjà discuté en tant que théorie possible. Les forces principales de Hermione étaient les Sortilèges, la Métamorphose, l'Arithmancie et quelques sorts de Soin – la plupart contre les maladies et la souffrance – ce qui étaient les domaines où Severus était moins bon. Ses propres compétences étaient plus agressives – des sorts de malédiction, la Défense, la magie noire, l'Occlumancie et la Legilimancie, et bien sûr les Potions. Et ses facultés dans les sorts de soins étaient presque exclusivement restreintes aux plaies. Il y avait chevauchement seulement en Sortilèges et sorts de Soin, et ces matières semblaient même être séparées distinctement entre eux. Elle lui dit tout cela.

« C'est intéressant. » Dit Minerva pensivement. « Ceci explique peut-être cela... Sa baguette a pu vous reconnaître parce que vous possédez exactement ce dont il manque, et vice versa, comme si vous étiez deux moitiés d'un tout. »

« Stupide sentimentalité. » Grogna Severus avec dédain. Hermione suspecta cependant qu'il était presque aussi étonné qu'elle par cette théorie, spécialement venant de Minerva McGonagall, qui, comme il l'avait dit une fois, était l'une des personnes les moins sentimentales qu'ils connaissaient à eux deux.

« Alors, que pensez-vous que ce soit ? » Le défia Minerva. « Vous avez sans doute une théorie, probablement une de celles qui nous couvrira de honte. »

Il haussa les épaules d'un air indifférent. « Ce n'était peut-être qu'une pure coïncidence. Je n'ai pas envie de perdre mon temps à spéculer quand je n'ai aucun intérêt dans le résultat. »

« Ignorez-le, Hermione. Merlin sait, c'est ce que nous faisons tous. D'un point de vue magique, vous deux êtes des opposés complets ? »

« A ma connaissance, oui. » Répondit-elle d'un ton gêné, car trop consciente de la façon dont le reste de l'école faisait de son mieux pour ignorer Severus quand c'était possible. « Manifestement, nous ne nous sommes pas assis pour anayser nos diplômes ou autre, mais dans tout ce que nous avons rencontré, nous semblions être à l'opposé. »

« C'est peut-être juste parce que vous êtes un couple. » Suggéra Minerva. « Si les Patronus peuvent changer à cause d'un amour non réciproque, il n'y a pas de raison pour que des baguettes ne reconnaissent pas le vrai amour. »

« Comme c'est touchant. » Ricana Severus de son coin. « Je pourrais en vomir. » Hermione soupçonna que la référence au Patronus avait pu ébranler son sang-froid. Une fois encore, étant donné qu'aucun d'eux n'avait mentionné d'amour de quelque façon, ce n'était pas vraiment le bon moment pour en discuter.

« Arrêtez ça, Severus. » Lui dit-elle agressivement. « Vous, parmi tous, devriez savoir que l'amour a du pouvoir. »

Il y eut un silence de mort. Les yeux de Severus étaient plus froids que Hermione ne les avait jamais vus. Un muscle eut un mouvement convulsif sous l'un de ses yeux, mais son expression resta vide. Minerva paraissait un peu secouée par ce qu'elle avait dit, et bien qu'elle essaya d'affronter son regard colérique, elle fut forcée de regarder ailleurs. Finalement, il parla, d'une voix saccadée et dure. « Tout ce que disait Dumbledore n'était pas parole d'évangile. Aussi étonnant que cela puisse paraître, il avait souvent tort. »

« Vous essayez de démentir le fait que ce soit l'amour qui a sauvé Harry ? » Demanda la Directrice, incrédule. « Alors même que vous en avez été témoin ? »

« Je n'en ai pas été 'témoin'. » Grogna-t-il. « Dans aucune de toutes les occasions auxquelles vous pensez. J'avais autre chose à faire. »

« Ne soyez pas si pédant. Vous savez ce que je veux dire. Je n'arrive pas à croire que vous en débattiez. »

« J'aimerais pouvoir dire que je n'arrive pas à croire que vous l'acceptiez si aveuglement, mais ce serait un mensonge. Je peux facilement croire à ça, venant de vous. Vous n'avez jamais cessé de réfléchir tous vous avez seulement accepté avec insouciance les fantaisies flamboyantes de Dumbledore. »

« Vous ne pouvez pas justifier ça. »

« Ah bon ? » Demanda-t-il, avec une étrange lueur dans les yeux. « Alors, considérez ce point. Le Seigneur des Ténèbres était personnellement responsable de centaines de morts. Ses suivants tuèrent bien plus. En dehors de ces innombrables victimes, croyez-vous vraiment que Lily Potter était la seule à se sacrifier en essayant de sauver ses proches ? Même moi je n'ai jamais cru qu'elle ait pu être aussi sainte. Beaucoup moururent, passivement et de bonne grâce, dans l'espoir de donner du temps à leur famille pour s'échapper. Cette conduite n'a sauvé personne d'autre du sortilège de Mort. Quoi qu'ait sauvé le précieux Potter, ce n'était pas l'amour de sa mère. » Ricana-t-il, avec tout le mépris malicieux que pouvait contenir sa voix – il était imposant.

Hermione tenta de ne pas le regarder bouche bée. Ça ne lui avait jamais effleuré l'esprit. Il avait raison. Elle avait naïvement accepté les explications de Dumbledore. C'était également incroyablement surprenant que Severus parle de cela devant d'autres personnes. Même à elle, il mentionnait rarement Lily, que ce soit par son nom ou de façon indirecte. Minerva semblait tout autant stupéfaite. En quelques phrases brèves, Severus avait juste perverti l'une des plus inébranlables croyances de l'Ordre.

« Alors qu'est-ce que c'était ? » Demanda Hermione faiblement, à la fois parce qu'elle voulait connaître la réponse mais aussi pour essayer de désamorcer une situation potentiellement très tendue. « Pourquoi le sortilège de Mort n'a pas fonctionné ? Vous devez avoir une théorie. »

Severus prit une grande inspiration, en essayant visiblement de retrouver le contrôle après sa colère.

« Il n'y a aucune façon de le prouver. »

« Allez-y quand même... »

« Les Sortilèges Impardonnables fonctionnent grâce à l'intention autant que le pouvoir. » Dit-il brusquement. « Dire les mots ne suffit pas. Vous ne pouvez pas lancer le Sortilège de la Mort efficacement à moins que ne souhaitiez vraiment que cette personne meure, et une grande partie de cette réussite doit nécessairement impliquer les raisons pour lesquelles vous voulez tuer ces gens. Le Seigneur des Ténèbres souhaitait tuer Potter parce qu'il avait peur de lui et qu'il le voyait comme un rival – 'Il le marquera comme son égal.' Au moment où il lança le sort, il considérait le garçon comme quelqu'un qui le valait, et c'était sans doute la seule fois qu'il le fit. Peut-être que c'est une explication, en quelque sorte. Ou il se pourrait que les planètes fussent toutes alignées, ou que cette chienne capricieuse de Destinée ait montré patte blanche. » Ajouta-t-il d'un ton sarcastique. « Comment pourrais-je le savoir ? »

« Dumbledore disait que le Seigneur des Ténèbres ne pouvait pas toucher Harry, à cause de cet amour. » Dit lentement Hermione. « Est-ce que c'était également faux ? »

« Non, ceci devait être vrai. Le Seigneur des Ténèbres évitait tout contact avec quiconque, la plupart du temps. Il était si inhumain à ce moment-là, que c'est possible que toute émotion pure aurait pu lui causer du tort. Il n'y a aucun moyen pour en être sûr. »

« Alors comment expliquez-vous ce que Harry a fait à la bataille finale, quand son sacrifice nous protégea tous ? » Aboya Minerva en le défiant. Elle semblait l'avoir pris comme un affront personnel.

Severus tourna un regard incendiaire vers elle. « Comment suis-je supposé savoir ? Je n'ai aucune idée de ce qu'il a fait ou de ce qu'il n'a pas fait. J'étais occupé à tenter de ne pas me vider de mon sang, à ce moment-là. » Cracha-t-il. « Et malheureusement, j'ai raté le grand final parce que mon cœur recommençait juste à battre ! » Il s'était levé à présent, la fureur imprégnant chaque ligne de son corps, et le pouvoir qui émanait de sa présence semblait remplir la pièce, qui parut soudainement plus obscure et froide qu'auparavant.

« C'est de votre faute si vous étiez là-bas ! » Lui cria après la Directrice, avec un accent grossis par la fureur. « Vous avez choisi ce destin quand vous vous êtes agenouillé devant Voldemort ! Les traîtres n'ont que ce qu'ils méritent, Rogue ! »

De la magie pure et incertaine craqua dans l'air. Les yeux de Severus étaient dangereusement vides. Il ne paraissait plus lui-même, il y avait seulement de la douleur glaciale et brutale, et de la colère aveugle. La lueur dans ses yeux n'était même pas humaine.

« Comment osez-vous, Minerva ? » Glapit quelqu'un. « S'il n'y avait pas eu Severus, nous serions tous morts, ou nous souhaiterions l'être. Sans lui, tout aurait été perdu. Même Harry l'a admit. Il nous a tous sauvé, et tout ce qu'il a obtenu en retour c'est d'être mondialement détesté. Ce n'est pas un traître ! Il a choisit de mourir pour nous, et c'est comme ça que nous le remercions. »

A ce moment-là, Hermione se rendit compte que cette voix était la sienne, et elle cessa précipitamment de parler. Minerva la fixait, tout comme Severus, qui au moins avait l'air sain d'esprit à présent – quoi qu'extrêmement choqué.

« Bien dit, ma chère. » Remarqua une nouvelle voix, ce qui amena leurs yeux sur un portrait accroché au mur. Hermione reconnut l'une des anciennes directrices. Derrière elle se tenaient d'autres dirigeants de Poudlard, jusqu'à ce qu'ils soient tous serrés dans la peinture.

« Dilys. » Dit calmement Severus.

La femme secoua la tête. « Ne me 'Dilyssez' pas, Severus Rogue, » gronda-t-elle. « Une année entière et un semestre que vous n'être pas venu, et vous ne nous dites rien. »

« Elle s'est constamment plainte de vos mauvaises manières. » Dit d'une voix traînante une voix masculine familière, et Phineus Nigellus Black s'avança devant la foule. « Je vois que vous êtes toujours aussi populaire. »

« L'arrogance des Serpentard l'exige. » Répondit Severus avec un sourire particulièrement de travers. « Severus... » Les autres portraits traînèrent les pieds pour libérer un chemin à l'orateur, et Albus Dumbledore se tint au coin du cadre, baissant le regard vers le jeune sorcier. « Mon garçon... C'est si bon de vous revoir. »

Severus déglutit, et son masque circonspect en trembla un peu. « Directeur. » Concéda-t-il d'une voix légèrement rude.

« Dilys a raison de faire des réprimandes. » Remarqua Dumbledore, ses yeux scintillant toujours. « Vous auriez dû venir nous voir. Le fait de vous avoir perdu était terrible, et nous sommes soulagés au-delà de toute mesure d'entendre que vous avez survécu. »

« Alors vous êtes les seuls. » Murmura-t-il, mais son cœur ne semblait pas y être. Hermione pouvait voir ses doutes.

« Ce sont des sottises. » Lui aboya Dilys. « Cette formidable femme semble être disposée à entendre raison, au moins. C'est bon de voir quelqu'un qui veut bien admettre ce qui est vrai. »

« Bonne après-midi, Miss Granger. » La salua Phineas, d'un ton étonnement doux.

« C'est une attitude inhabituellement civique, venant de vous. » Répondit-elle avec suspicion, en regardant le portrait de côté. Un des autres anciens Directeurs ricana.

« Peut-être que Phineas se rappelle de ce qui s'est passé la dernière fois qu'il vous a insulté à l'oreille de Severus. » Suggéra Dumbledore joyeusement, en souriant doucement. « Trois semaines, je pense que le sortilège de silence avait tenu ce temps-là. »

Minerva reprit finalement le contrôle de sa langue. « Assez. » Dit-elle, quelque peu essoufflée. « Je demande que vous n'interfériez pas. »

« Oh, arrêtez ça. » Dit Dilys en roulant des yeux. « Miss Granger avait absolument raison, et vous le savez. Fichez-lui la paix. Vous n'avez pas idée de ce qu'il a traversé. Arrêtez de provoquer le garçon et laissez-le partir. »

« Dilys. Attention à vous. » La voix de Severus sonnait plus amusé qu'autre chose, et il semblait être revenu à lui – en apparence, au moins.

« 'Garçon' ? » Questionna Hermione malicieusement. « Il a presque cinquante ans. »

« Et j'avais cent quatre-vingt sept ans quand je suis morte. » Lui renvoya Dilys en souriant.

« De plus, nous avons vu Severus pour la première fois en tant que gamin tout maigre de onze ans, devant le Directeur pour une réprimande – la première parmi tant d'autres, j'ajouterai. »

« Cessez d'essayer de l'embarrasser, Dilys. » Dit légèrement Dumbledore. « Vous savez que ça ne marche jamais. Elle a raison, cependant, Minerva – Hermione a raison, vous le savez. Laissez le passé là où il est. Ces deux là ont sans doute mieux à faire que de vous regarder passer votre colère en y donnant le meilleur de vous-même, et j'espérais vous parler, de toute manière. Severus, nous espérons vous voir bientôt, pour entendre tout ce qui vous est arrivé. Pas d'excuse. Bonsoir, Hermione. »

Peu après, ils se trouvèrent tous les deux dehors, dans le couloir, un peu choqués par tout ce qui venait de se passer. Hermione s'adossa contre le mur et prit plusieurs inspirations profondes avant de demander faiblement : « Ils se sont montrés juste pour te défendre, n'est-ce pas ? »

« Probablement, bien qu'ils aient pu intervenir pour protéger McGonagall – ils sont ensorcelés pour l'aider elle, en tant que Directrice actuelle, après tout, et j'étais sur le point de lui jeter un sort. Leurs efforts auraient été de toute façon inutiles, vu que tu étais là. » Répondit-il calmement, paraissant un peu chamboulé, et des émotions compliquées vacillaient dans ses yeux. « Tu as vraiment l'air d'une harpie quand tu es en colère. » Ajouta-t-il en souriant un peu.

« Ca m'a prit par surprise. » Admit-elle. « Mais Minerva était allée trop loin. Beaucoup trop loin. »

« Non, pas du tout. » Répondit-il avec lassitude.

« Si, mais je ne vais pas perdre ma salive à en débattre avec toi. » Lui dit-elle légèrement, en sachant qu'elle ne le convaincrait jamais. « Tu penses que Albus sait, ou qu'il était simplement lui-même, c'est-à-dire agaçant et énigmatique ? »

« Tes déductions sont aussi bonnes que les miennes, mais j'imagine qu'il suspecte plutôt quelque chose. Ils ont tous essayé de garder un œil sur moi, depuis mon retour. Je suis sûr qu'ils ont remarqué le temps que l'on passait ensemble. Aucun d'eux ne dira rien, je te l'assure. » Il avait l'air... presque tendre, curieusement. A passer la majorité de l'année virtuellement barricadé dans son bureau afin d'essayer d'éviter tous les gens qui le détestaient, avec seulement les portraits de ses prédécesseurs morts pour l'encourager et le supporter, cela l'avait évidemment mené à créer une étrange sorte d'amitié avec eux.

« Tu as vraiment mis au silence Phineas pendant trois semaines ? »

« Oui. »

« Qu'est-ce qu'il – ah, attends... Peu importe. Je pense que je peux deviner comment il m'a appelée. » Ceci explique cela. Severus avait toujours détesté le terme Sang-de-Bourbe, et il avait de bonnes raisons de le faire.

« Est-ce que Dilys te parle toujours comme ça ? »

« Oui. » Dit-il sèchement. « Elle l'a toujours fait. Son portrait s'intéressa à moi à partir du moment où il devint évident que j'allais être un visiteur régulier au bureau du Directeur. Elle passe aussi beaucoup de temps dans l'aile de l'hôpital, où j'étais également un visiteur fréquent. »

« Tu as donc ton fan club personnel ? »

Il pouffa de rire. « Apparemment, oui. Quelle chance. »

« Tout va bien ? » Lui demanda-t-elle plus doucement, et elle le vit considérer s'il devait mentir ou pas, avant qu'il ne hausse finalement les épaules. Cette rage précédente, absolue et pas tout à fait saine, se cachait toujours dans ses yeux.

« Je pense que oui. »

« Allez. Je vais faire à manger ce soir. Tu mérites une pause. »


*The West Wing (A la Maison Blanche) est une série télévisée américaine.

NOTE DE L'AUTEUR : J'ai un fanart pour vous, une courtoisie de RaShelli ! rashelli dot deviantart dot com /#/d39o9q2 Admirez ce fanart. Admirez-le, j'ai dit.

NOTE DE LA TRADUCTRICE : Je crois que le lien ne fonctionne plus... Désolée pour le retard, mais il y a tellement de choses à faire dans une vie!