Bonjour ^^

Pardon pour l'attente, j'ai été atteinte d'une petite flemmingite aiguë et j'ai dû modifier plusieurs fois la structure du chap ^^

Mais bon pour me faire pardonner, ce chapitre est long.

C'est le plus long jusqu'à maintenant d'ailleurs.

J'espère que vous ne serez pas trop ensevelis et qu'il vous plaira un peu tout de même.

Beaucoup moins poétique que le précédent mdr

Merci énormément pour vos reviews ! Je vous adore *w*

Bonne lecture !

Eith :

Toujours ! Modestie est le deuxième prénom de Gabriel XD

Vouiiiii tiens un gros gâteau pour toi et un câlin en prime *w* Moi aussi je t'aiiiiime ma fidèle revieweuse *w*

Quel diabolisme XD Quel calcul XD Ça marche si tu me laisses un comm à chaque fois ;P

Merci pour ta review *w**w**w*

Ignis:

XD Je suis contente que le duo te plaise x)

Pour le bisou pas encore, mais il viendra ;D D'autant plus qu'ils vont être en froid dans le prochain chap xd

Merci pour ton petit mot :-D


Chapitre V

Petits problèmes vestimentaires

Ou finalement il aurait vraiment mieux valu rester couché


Entrepôt, Douglas,Wyoming –

La fraîcheur de l'air nocturne ne dérange pas la femme qui marche seule sur le parking désert. Ses cheveux blonds ornés de lourdes boucles sont assombris par la nuit environnante, la pâleur de sa peau n'en ressort que plus dans les ténèbres. Que fait une femme en ce lieu mal famé à une heure pareille ? C'est ce que l'on pourrait se demander. Mais il n'y a personne pour se le demander.

Elle est là, pourtant. Si petite. Si fragile. Sa mince silhouette se faufile entre les carrosseries de voitures qui miroitent sous la lumière crue et morte des rares lampadaires. Le froide ne semble pas déranger la demoiselle, malgré la jupe qui dévoile ses fines jambes. Aussi frêles que des allumettes. Son pas est rapide. Sûr. Les escarpins roses bonbon crissent sur le gravier. De loin, peut être, pourrait-on la prendre pour une jeune femme délicate, au vu de son ossature fluette. Si fluette qu'un rien pourrait la briser.

Et pourtant.

Sa démarche d'impératrice ne paraît pas cohérente avec son apparence physique. Sa présence vous écrase comme le vulgaire insecte que vous êtes.

Vous ne la briserez pas.

Jamais.

C'est elle qui vous brisera.

La volonté immense qui l'habite déborde. Irradie dans son regard d'acier. Ce n'est pas le genre de personne que l'on contredit. C'est le genre de personne qui exige au lieu de demander. Parce que tout lui est dû. Parce qu'elle a le pouvoir de vous faire frissonner de peur rien que par la froideur de son visage. Parce qu'elle peut vous détruire en un claquement de doigts si l'envie lui en prend.

Elle s'arrête brusquement. Chuchote quelques mots dans la brise. Elle lève une main et effleure l'air d'un geste léger. Sous les points de pression une multitude de petites étincelles se propagent et un rideau mouvant d'arabesques bleutées se révèle. Le voile protecteur englobe un ensemble d'immenses hangars qui n'étaient pourtant pas là auparavant.

Sans perdre de temps, elle sort un couteau de son tailleur ajusté et entaille son maigre bras blanc. Elle fait couler quelques gouttes pourprées sur le sol. Le bleuté vire au grenat puis reprend sa couleur saphir. Le nexus frémit. Il la reconnaît. Désormais libre de passer la protection sans carboniser les atomes de son vaisseau, elle se rend au premier entrepôt.


Sitôt arrivée, elle appelle son assistant d'une voix tranchante.

« Sariel. »

Celui ci se matérialise à ses côtés. Il s'incline en un salut respectueux.

« Mebahiah. »

« Je suis venue voir comment se déroule les expériences en cours. »

« Bien entendu. »

Mebahiah se dirige d'un pas aussi sec que son ton, vers une rangée de cages. Elle s'arrête devant une prison translucide où flotte un tourbillon brumeux de lumière.

«Compte-rendu de l'expérience numéro vingt-quatre. »

Sariel répond aussitôt.

« Comme prévue, la grâce extraite du corps de son ange survit sans problème. Mais -il désigne la cage voisine, vide- si le vaisseau est tué après l'extraction, la grâce meurt. »

« Ainsi, même quand l'ange est déchu, il est encore relié à sa grâce. Voilà qui ne va pas nous faciliter la tâche pour les prochains rituels. »

« En effet, l'hôte ou plutôt l'ex ange, doit impérativement rester en vie même une fois la grâce retirée. »

« J'ai donc bien fait de ne pas tuer Gabriel. Cela aurait compromis toute la suite des opérations. Sa grâce nous est vitale. »

Sariel hoche la tête. Silencieux, il suit la Principauté qui déambule vers le deuxième entrepôt. Petit assistant bien sage. Bien propre sur lui dans son costume noir.

Mebahiah s'immobilise devant des cages plus grandes et renforcées d'une double paroi. Dans ce hangar là, il n'y a pas des grâces en suspension sous « verre ». Dans ce hangar là, il y a des hommes. Une immense unité de stockage en quelque sorte. Elle s'engage dans l'une des rangées du véritable labyrinthe qui s'offre à ses yeux. Des relents de sang, de sueur et de peur empoisonnent l'air. Sans se préoccuper des gémissements et des suppliques qui naissant à son passage elle arpente les rangs, jetant de temps à autre un rapide regard méprisant pour les cobayes ratés.

Ce sont des spécimens masculins et féminins de toutes ethnies. Capturés aux quatre coins du globe pour ne pas attirer l'attention. Blonds, bruns, roux, châtains. Un seul dénominateur commun : ils sont tous dans la force de l'âge. Certains sont devenus fous et hurlent à la mort des propos incohérents. D'autres sont emmurés dans un silence total, repliant leurs membres saturés de blafardes serrés contre leur poitrine. D'autres se lamentent jour et nuit, sans discontinuer. Très bruyants ces insectes. Mais la majorité d'entre eux n'ont pas encore servi de sujet-test. Ils sont là en prévision des essais à venir.

Finalement elle s'arrête devant les dernières tentatives pour faire entrer une grâce à l'intérieur d'un réceptacle humain qui n'est pas le sien. Elle tapote la paroi pour attirer l'attention de la forme allongée à l'intérieur de la prison transparente.

Une paire d'yeux noirs s'ouvrent d'un coup.

Un visage se tourne vers l'ange qui l'observe.

Le visage d'une jeune femme asiatique. A peine dix huit ans. Le visage aurait pu être beau. Il l'avait été autrefois. Mais il est couvert de cloques. La peau est mise à vif. Écarlate. En lambeaux. Toute la joue gauche n'est qu'un amas dégoulinant de substance irisée. La front et la tempe gauche sont piquées de petites flaques identiques, semblable à du mercure liquide ou du fer en fusion. La matière gluante n'est pas apposée sur la peau maltraitée. Elle remplace la peau par endroit.

La jeune femme lève une main parsemée de boursouflures dont deux des doigts et le poignet dégoulinent de cette même consistance que son visage. Un gémissement s'échappe des lèvres tremblantes de la jeune fille. Et c'est bien la seule chose qui peut encore s'échapper en ce lieu. Son regard paniqué luit par intermittence d'une lueur argentée.

« Qu'est ce que...pourquoi ? Je...j'ai ... »

Les larmes qui roulent sur ses joues s'abîment dans la matière nacrée. Sa voix s'étrangle sous le bouillonnement intérieur qui emplit son être d'une douleur atroce.

Mabahiah la regarde avec un visage inexpressif. Qu'est ce qu'un humain ? Rien de plus qu'une vermine sans intérêt. Sa seule utilité : il fait un excellent moyen de transport et un non moins excellent cobaye de laboratoire. Un peu comme les rats, mais de plus grande taille. L'ange laisse planer une expression contrariée en commentant froidement.

« Encore un échec. Les humains n'arrivent décidément pas à contenir une grâce de manière correcte sans laisser leur enveloppe corporelle craquer. »

Sariel acquiesce avec un dédain non dissimulé.

«Les humains sont tous des parasites ineptes et stupides. Ce corps avait l'air de mieux tenir que les autres mais depuis deux heures terrestres la situation s'est dégradée jusqu'au stade actuel. »

Il désigne la jeune asiatique affalée en forme tremblotante avec dégoût. Jeune asiatique dont l'œil droit commence à fondre. La Principauté aussi rigide qu'une statue, ne laisse rien filtrer de sa déception.

« Je vois. Pour le prochain vous injecterez la grâce de manière très lente. »

Après tout elle s'y attendait. On ne peut pas compter sur les humains si fragiles, ou seulement pour les exploiter et les manipuler à travers leurs pathétiques faiblesses. Ses choses misérables qu'ils appellent sentiments. Pour le reste...ce ne sont rien de plus que des pantins de chair articulés.

Les tests effectués jusqu'à maintenant ne sont que la phase préliminaire des recherches. Mebahiah est convaincue que le résultat ne sera pas à la hauteur de ses espérances, mais il faut essayer tout de même, ne laisser aucune piste de côté. Elle est consciencieuse.

« Les prochains Dévoreuses sont prêtes pour le deuxième rituel ? »

« Elles seront à maturité dans quatre heures environ. Vous pensez avoir suffisamment récupéré? » se risque à demander Sariel, le visage de son vaisseau soigneusement baissé vers le sol.

La réponse de Mebahiah claque avec colère.

« Bien évidement. »

Elle déteste être prise au défaut. Elle se doit d'être parfaite.

C'est elle la tête de proue de la révolution. Le leader. Et le leader ne doit jamais montrer ses défaillances. Elle serre les lèvres en une mince ligne rose. Elle n'est pas défaillante. Elle est un ange. Et par cela même elle est parfaite. Oui. Elle est parfaite. Elle a certes dû s'isoler et se couper de tout pendant un laps de temps conséquent, afin que sa grâce ébranlée retrouve sa pleine et entière vitalité. Mais c'est chose faite désormais.

Elle est prête.

Elle est parfaite.


– QG des Winchester, Lebanon, Kansas –

Sam s'extirpe de son lit, il est sept heures.

Fermer les yeux ne le fera pas replonger dans le sommeil. Son horloge biologique s'obstine à lui refuser ce plaisir, alors que pour le moment rien ne presse. Il n'a pas de chasse sur le feu ni de danger de mort imminent. A sa connaissance, le monde n'est exceptionnellement pas sur le point d'être détruit ou dominé par une bande de poulets mégalomaniaques ou par le gang rival des trouducs sadiquement votre. Rien de tout cela. Enfin il y a menace, mais elle n'est pas encore confirmée.

Impossible de dormir plus. C'est comme ça. Il ne prend pas la peine de s'habiller tout de suite, conservant son T-shirt et son boxer. En pilote automatique, il se dirige vers la salle de bain pour rafraîchir son visage à grandes éclaboussures d'eau froide. Histoire de laver les dernières traces de sommeil.

En se dirigeant à la cuisine, il trouve Gabriel vautré sur un canapé du salon. Plongé en plein rêve et la tête rejetée en arrière, il prend toute la place, bras et jambes écartés en croix. Un léger ronflement s'échappe de sa bouche grande ouverte. Égoïste en toutes choses, songe Sam, agacé de voir Gabriel roupiller comme un bienheureux sur SON canapé attitré au lieu de celui de Dean.

Évidement.

Tout pour l'emmerder.

Sans chercher spécialement à le réveiller, ni à le laisser, Sam choisit de faire comme d'habitude sans se soucier de l'homme endormi. Il expédie son petit déjeuner en vitesse. Le déchu est toujours dans les limbes quand le chasseur retraverse le salon pour accéder aux toilettes. Et dire que Gabriel lui avait fait tout un cirque avec ses « J'arrive pas à dormir » la veille.

Sam ouvre la porte des toilettes.

Cri étranglé. Il inspire un bon coup.

Ok. Ok. On se calme.

Non, on ne se calme pas. Il se croit où ce stupide blondinet de mes deux ? Il hurle de toute la puissance de ses poumons: « Gabrieeeel ! »

Celui ci bondit, réveillé en sursaut. Il lâche un « Quoiiii ?! » d'une vois pâteuse. La nuque complètement bloquée et courbaturé de partout, il s'aperçoit avec surprise et confusion qu'il a réussi à s'endormir. Il ne s'en est même pas rendu compte. Mais c'est bien la dernière fois qu'il pique un somme sur ce canapé !

Il force un instant pour essayer de se rouler en boule mais les douleurs musculaires qui roulent dans l'ensemble de son dos, sans parler de ses blessures, le font changer d'avis en moins de deux secondes. Les petites joies du corps humain. Il se laisse retomber en grinçant des dents.

« Viens ici tout de suite ! » entend encore Gabriel.

Et puis quoi encore ? Il est blessé ne l'oublions pas. Il est limité dans ses mouvements. Et surtout il n'a pas envie de se bouger. Il se repelotonne contre le sofa moelleux, bien décidé à se rendormir. Sam va finir par se lasser. Tellement bruyant.

Mais Sam ne se lasse pas. Il arrive à grands pas. Se plante devant Gabriel, le dominant de son imposante stature. Le déchu ouvre finalement un œil vireux et lui offre un sourire innocent.

« Oui mon petit chou à la crème ? Un problème ? »

Sam plisse les yeux avec sévérité.

« On peut dire ça comme ça. »

Sans lui donner le temps d'émerger, il attrape Gabriel par le col et le traîne jusqu'aux toilettes. Impossible de se défaire d'une telle poigne. Sauf en mordant mais le chasseur risque d'être encore plus en colère et le cerveau de Gabriel patauge dans un état trop sirupeux pour un attentat suicide. Samuel le lâche dans le couloir et ouvre la porte de la petite pièce.

« Alors ? » exige-t-il.

Gabriel contemple les lieux quelque secondes. Il cligne plusieurs fois pour retrouver une vision normale, au lieu de ce satané flou ambiance mauvais réveil qui se superpose devant ses yeux.

« Alors quoi ? »

« Y a rien qui te choque ? »

Ohoh, Sam réclame déjà une mise en jambes. Mais Gabriel n'a pas besoin d'échauffement pour balancer de joyeux compliments, le sarcasme est dans sa nature.

« Ta coupe de cheveux ? Enfin coupe c'est un bien grand mot. Mon pauvre ami comment as-tu pu laisser une choucroute pareille pousser sur ton crâne ? C'est pire qu'un paillasson et franchement je vois pas ce que m'empêche de m'essuyer les pieds dessus. »

«Où t'as vu qu'on était amis ? Je ne vois pas ce qui m'empêche de te noyer dans la cuvette. » réplique froidement le Winchester.

« Quelle agressivité dès le matin. On comprend pourquoi tu n'as pas de petite femme à toi. Pas si facile sans doute d'en trouver une assez aveugle pour sortir avec serpillière man, l'homme de la situation pour faire briller le parquet et toutes autres surfaces. »

Sam ignore le commentaire à double sens, tachant de ne pas faire barboter le blond dans les toilettes jusqu'à ce que mort s'en suive. Castiel risque de lui faire payer. Dommage. Il pointe du doigt l'amoncellement de papier dans le coin gauche. Le visage fermé. Gabriel a bêtement gâché tout le pack de papier neuf.

« Ah tu parles de ça ? Rien de choquant, ça égaye les lieux un peu de rose non ? »

« Tu te fiches de moi ? »

Gabriel baille à s'en décrocher la mâchoire.

« Hum, non. Peut être que t'as ta chance avec les femmes désespérées et les adeptes de cockers. »

Perdant patience, Sam donne un coup de poing sur la porte qui tremble sur ses gonds. Gabriel rectifie donc, avec cet air insupportablement innocent.

« Tu n'aimes pas le rose alors ? »

Bon sang ! Sam ne tiendra jamais jusqu'au retour de Dean. Il est tellement énervant ce débile, merde. Et il prend un malin plaisir à jouer avec ses nerfs, vu son petit sourire satisfait. Grrrr.

« Gabriel ! Range-moi ton bordel illico ! »

L'ancien ange s'étire en grimaçant, les muscles raides et endoloris. Le séjour sur le canapé n'était pas vraiment pas une bonne chose.

« Pourquoi ranger ? Quelle perte de temps. Ne pas ranger t'obliges à être inventif. Il faut développer sa créativité, vous en avez bien besoin vous autres les chasseurs de vous mettre un peu à l'art décoratif. Réveillez vos âmes d'artistes ! C'est d'un triste par ici. Il faut repenser une toute nouvelle conception de l'espace. Vois le bon côté des choses, ça ferait de jolies guirlandes. »

Sam repasse en mode menaces-fatales.

« Tu tiens vraiment à finir tes jours étranglé par du papier toilette ? Figures-toi que mon hobby préféré c'est la peinture abstraite sur mur. Mes meilleures toiles s'appellent « Nature morte » et « Déconstruction anatomique brute. » »

Un nouveau bâillement retarde la réponse de Gabriel, mais elle arrive tout de même.

« Ouhh que d'amour dans l'air, franchement un réveil comme ça t'abuses. Mais j'aime quand tu fais ton bourrin. » ricane vertement l'ex archange.

« Ouais c'est ça, mec. Continue de me taper sur le système et je refais la déco avec ta bouillie organique. »

« A ta place je ne prendrais que les tripes, Sammy, c'est plus facile à étaler. »

La voix du plus jeune chute de quelques degrés encore.

« C'est Sam. Je suis sûr que Crowley serait ravi de t'avoir sous la main pour développer son « âme d'artiste », il a déjà un peu de pratique en la matière. Lui aussi explore de nouvelles conceptions avant-gardistes très créatives. »

Le « Sammy » apparemment fait son petit effet, note Gabriel qui prend effectivement un certain bonheur -pour ne pas dire un bonheur certain -à pousser Sam à bout. Gabriel n'a d'ailleurs aucune idée de qui peut bien être ce fameux Crowley qu'on lui ressert à tout bout de champs, mais il n'a pas l'air d'être un riant personnage.

Mais Sam se secoue, il ne doit pas laisser voir à cet enfoiré qu'il lui met les nerfs en pelote. Il s'adosse contre le mur.

« Range. » exige-t-il.

« Pas un s'il te plaît ? Alors que tu m'a tiré du lit comme le gorille sans savoir vivre que tu es ? J'espère que tu as honte. »

« Range. »

« Je fais comment ? »

« Tu ré-enroules le papier autour des cylindres un carton. »

« Tous ? »

« A ton avis Einstein ? »

Gabriel compte rapidement les tubes perdus dans le fatras des rubans roses.

« Mais y en a douze ! »

« Ouais. Douze. Estime-toi heureux, j'ai pas pris le lot de vingt-quatre. »

« Quelle chance. » ironise le blond.

Sam ne décolle pas de son poste d'observation histoire de vérifier que Gabriel ne bâcle pas le travail. Il est obligé de lui faire recommencer quand celui ci tente de truander en douce. Au bout d'un moment, Gabriel s'assoit avec difficulté sur le sol. Sam aperçoit les sutures s'étirer sur la peau à travers les trous du jean, mais Gabriel ne bronche pas. Le chasseur se sent un peu coupable de lui imposer ça alors qu'il y a quelques heures à peine il se tordait de fièvre dans une baignoire pleine de glaçons.

Sans parler de sa grâce.

Mais non. Il l'a bien cherché après tout. Il n'avait qu'à pas faire mumuse avec les rouleaux. Mais Sam va devoir lui trouver d'autres vêtements. Dans son état se balader avec des loques n'est vraiment pas l'idéal pour éviter l'infection.

Toujours assis sur le sol, Gabriel continue son labeur.

«Et dire que j'étais un archange et voilà que je me retrouve avec un ours barbare en train d'enrouler du papier dans des chiottes. Déchéance ultime. On dirait le début d'une mauvaise blague. »

Le travailleur acharné continue son discours sans même s'apercevoir que son auditoire s'est éclipsé au niveau du huitième cylindre quand il aborde le sujet de l'esclavage. Il disserte toujours quand Sam revient, cette fois sur les pauvres petits ouvriers thaïlandais et chinois payés au noir dont il comprend désormais toutes les souffrances. Que ne faut-il pas entendre, songe Sam, une pile d'affaires dans les bras. Il reste là. A regarder les dernières feuilles trouver leur place autour du douzième carton.

Gabriel lève les bras en signe de victoire quand il aligne le dernier cylindre avec les autres. Sam sourit légèrement.

« Je ne pensais pas que tu tiendrais jusqu'au bout. » lui avoue-t-il.

« Qu'est-ce que tu crois ? Je suis génial. »

« N'en fait pas trop non plus. » grogne le chasseur.

C'est alors que Gabriel remarque, consterné, la pile de linges amenée par Sam.

« Ah non ! Je viens de me farcir cette corvée indigne de moi, pas question que je joue encore à Cendrillon. Nada. Finito. Capishe ? »

« Il y a un lavomatic en ville, tu sais. C'est pour t'habiller, idiot. »

« Oh. »

Sam lui tend un bras pour l'aider à se hisser sur ses pieds, n'ayant pas le cœur et le voir se tortiller vainement sur le sol. Gabriel agrippe le bras offert et se voit remis sur ses jambes en moins de temps qu'il ne faut pour le dire.

« Pratique. » commente-il.

Le petit frère winchester qui n'a de petit que l'ordre de naissance, le soutient pour aller dans une chambre. Il pose les affaires sur le lit sans prêter le moindre crédit à la grimace de Gabriel.

« Je vais devoir enfiler vos vieilles frusques rapiécées ? »

« Sauf si tu veux te balader en caleçon. »

Sam rajoute, taquin. « Mais je n'ai pas pris mes vêtements. Ils sont à Dean. Plus adaptés à ta petite taille. »

L'agacement qu'il ressent à se coltiner l'ancien archange est largement compensé quand il voit son expression vexée. Il sort de la pièce, tout sourire.

« Préviens moi quand tu auras terminé. Je suis impatient de voir le résultat. »


Sam examine Gabriel revêtu de pieds en cape d'un vieux jean appartenant à Dean et d'un T-shirt AC/DC délavé.

« C'est bien – dit-il – c'est même très bien. »

Un tic déforme le coin de sa bouche. Gabriel gronde.

« Je t'assure ça te va très bien. »

« Sans blague. »

Sam essaye vaguement de contrôler ses zygomatiques.

« Si si. »

Il pouffe, tâchant de garder son sérieux.

« Tu te fiches de qui ? » s'indigne Gabriel.

Sam éclate de rire.

« De toi ! Tu ressembles à ... absolument...à rien en fait... » parvient-il à articuler entre deux pouffements.

C'est impayable. Il n'arrive plus à s'arrêter.

Gêné, Gabriel brandit son index avec l'intention de faire taire Sam, mais se faisant il lâche un pan du jean qui s'affaisse sur sa hanche gauche. L'hilarité de Sam redouble tandis que Gabriel rattrape le coin fugueur et remonte le pantalon avec un visage sombre, obligé de tenir les bords à deux mains et de les remonter jusqu'au nombril. Même ainsi les jambes de pantalon ne laissent pas dépasser le bout de ses orteils et ses cuisses paraissent avoir doublées de volume. Sans parler du T-shirt bien trop large, qui flotte sur son torse comme le drapeau national un jour de grand vent.

Pitoyable.

Gabriel ne s'est jamais senti aussi ridicule de toute sa vie. Avec bonté Sam lui tend une ceinture, secoué par sa crise de rire qui n'en finit pas. Gabriel le soupçonne d'évacuer le stress de sa dispute avec Dean de cette façon. Avec force gloussements, Sam lui montre comment la mettre et Gabriel parachève le tout en retroussant le jean pour dégager ses pieds.

Sam se pince les lèvres et se recule pour admirer le résultat improbable. La ceinture serrée au maximum à la taille donne un aspect de grosse meringue bouffante au pantalon. Sans oublier les revers qui montent à mi-tibia.

« Magnifique – sa voix est tellement forcée que le mot ressemble plus à un croassement qu'autre chose – Placé sous une soufflerie ou dans la vitrine de Michelin, on n'y verra que du feu. »

Gabriel le foudroie du regard.

« Je veux des vêtements sur mesure. Autres que ces machins loqueteux ! »

Sam reprend difficilement son souffle peinant à ne pas rire de nouveau quand l'archange s'essaye à faire quelques pas, trébuchant sur les revers trop longs comme un ivrogne après avoir sifflé le contenu d'une barrique. Discrètement, Sam prend une photo. C'est du pur dossier. A garder en cas de besoin, pour un chantage par exemple.


« Hé l'armoire à glace, tu vas où ? » demande Gabriel en voyant que le chasseur enfile un manteau, clés en mains.

« T'acheter des fringues Ducon. »

« Je veux venir, gorille ! Je refuse de me retrouver avec des T-shirt nazes ou de vieux groupes de rock ! »

« Alors que tu mets un quart d'heure pour traverser le salon ? Même pas en rêve. »

Et voilà comment Gabriel se trouve abandonné dans le bunker.

Seul.

Et contrarié.

Contrarié parce qu'il est ankylosé. Depuis qu'il est humain, c'est bien simple, il ne ressent qu'une seule chose : la douleur et l'inconfort. Adieu la cotonneuse et douillette ignorance inhérente à la condition d'ange. Contrarié aussi, parce qu'il a faim et que Sam a rangé tout ce qu'il a utilisé pour son propre petit déj. Tsssssss. Sale primate égoïste.

Et le voilà obligé de s'abaisser à sortir un mug, une assiette et une cuillère d'un placard. Il pose les ustensiles sur la table basse et s'avachit sur le même canapé qui lui a servi de lit. Comme s'il allait s'asseoir à table comme un gentil môme bien sage. Peuh. Au contraire, il va se faire un immense plaisir de mettre des miettes et des taches partout. Même s'il aime bien ce canapé en fait. Ultra moelleux.

Il s'apprête donc à manger quand il réalise que deux problèmes majeurs se présentent à lui.

1) Le mug et l'assiette sont posés sur la table basse donc hors de sa portée.

2) Le mug et l'assiette sont vides.

De quoi entraver sérieusement son projet. Il tend douloureusement un bras vers le dit mug. Il étire sa main au maximum, cherchant à attraper l'objet, mais en vain. Trop court. Ou plutôt non. Ce n'est pas la faute de la longueur de son bras. C'est la vaisselle qui est trop loin. D'abord !

Par habitude et dépit, il claque des doigts. Mais il ne se passe rien. Absolument rien. Pas de dématérialisation. Pas de nourriture qui apparaît par enchantement. Le mug toujours sur la table et toujours vide lui fait de l'oeil. On dirait qu'il se moque même. Gabriel lui lance un regard meurtrier.

« Fait pas le malin, sale imitation de bas étage made in Hong Kong. »

La frustration gronde sa colère dans la poitrine de Gabriel. La colère. Une vague brûlante qui monte. Il serre les poings. Au bout de vingt minutes intensives de regards noirs fusillant à l'encontre de la tasse qui s'obstine à ne pas voler en éclats, l'archange qui n'en est plus un, finit par se lever et aller vers la cuisine. Il aimerait tellement se zapper directement. Mais non, il doit marcher.

Et chaque pas est une humiliation de plus. Chaque pas lui rappelle ce qu'il a perdu. Parce que qu'il sent les plaies tirailler sa peau. Et il met un temps infini pour parcourir quelques malheureux mètres. Sam n'a pas tord il lui faut presque un quart d'heure, pense-t-il, un rictus amer sur le visage.

Il ouvre le frigo. Qu'est ce qu'il pourrait bien manger ? Et puis il s'ennuie. Il s'ennuie terriblement. Être humain est terriblement ennuyeux. Terriblement intenable.

Un sourire mauvais étire ses lèvres. Il sait ce qu'il va faire. Et Sam ne va pas aimer du tout. Mais tant pis, il en crève d'envie.

Ça va être fun.


Sam circule entre les rayons du magasin, les bras ballants. En fait ça fait bien dix minutes qu'il est en arrêt devant les jeans. Il n'a aucune idée de la taille de Gabriel...

Il se dirige vers les étales spéciales minus-nabots-nains de jardins & co et finit par en prendre quelques uns au hasard. Et puis merde hein. Il ne va pas non plus se creuser la tête indéfiniment pour ce débile imbuvable que Dean lui a si charitablement collé dans les basques sans lui demander son avis. Si l'ange déplumé n'est pas content il n'aura qu'à revenir quand il sera capable d'avancer plus vite qu'une mémé de quatre vingts deux ans affublée d'une canne à ventouse.

Il examine une chemise quand un cri strident vrille ses oreilles. Un cri purement féminin. Mu par son instinct qui réagit au quart de tour, Sam se précipite vers la source du boucan une seconde avant que tout le reste du magasin ne l'imite.


En un discret bruissement Castiel se matérialise ….en face d'un mur.

A exactement deux centimètres.

Perplexe il fronce les sourcils. Il voulait arriver dans la boutique alors pourquoi est-il face à un m- Un hurlement strident coupe net ses réflexions. Un monstre quelconque doté d'une capacité diabolique à étourdir par le son. L'ange se retourne, prêt à en découdre, prêt à se battre. Son épée glisse dans sa paume, il s'apprête à dégainer l'arme de sa manche à toute vitesse.

Il se fige.

Reste sans voix.

Une femme dénudée le regarde avec des grands yeux furieux.

Une veste plaquée à la va vite contre son corps dissimule mal le fait qu'elle ne porte rien d'autre que ses sous vêtements. Il y a un instant de flottement.

Déboussolé, Castiel ne sait plus où se mettre.

« Pardonnez mon intrusion, je- »

La prise de parole brise l'espèce de contemplation bovine dans lequel ils étaient l'un et l'autre plongés.

« Sortez ! » Hurle soudain la demoiselle en détresse de tout la puissance de ses poumons.

« C'est un accident je vous prie de m'excus- »

La femme passe en mode ultra son et bombarde Castiel avec tout ce qui lui passe sous la main. Principalement le contenu de son sac.

« Espèce de sale pervers ! »

Castiel esquive le tube de rouge à lèvres, les clés, le fond de teint et d'autre choses non identifiées qui s'écrasent contre le miroir.

« Je ...je suis confus vraiment ...je- »

Puis le sac lui même.

« Dégagez ! TOUT DE SUITE ! »

Castiel trébuche en reculant sous les coups de soutien gorge acharnés et se prend les pieds dans le rideau de la cabine. Il passe à travers et tombe à la renverse dans le magasin. Une petite troupe de clients l'observe, massés en demi cercle devant la cabine. Une vocifération rageuse se fait entendre.

« Ça ne se passera pas comme ça ! »

Le rideau s'ouvre sèchement, la femme sort. Une furie au regard fou. Ses cheveux partent dans toutes les directions, telle Méduse elle même et sa coiffe de serpents. Castiel se relève, comprenant qu'il n'est pas de taille face à un tel adversaire il prend la fuite.

« Ah non ! Déjà que j'ai passé une journée de merde, je vais pas me laisser faire ! » râle la femme.

Elle se lance à sa poursuite en clamant des insultes.

« Espèce de gros porc, tu ne vas pas t'en tirer ! »

L'ange essaye vainement de résonner la femme qui écume de colère.

« C'est une erreur madame, je vous assure que je n'ai jamais voulu heurter votre pudeur et - »

Elle s'étrangle d'indignation.

« Heurter ma pudeur ?! Heurter ma pudeur ?! Tu vas voir ce que je vais heurter moi ! Voyeur dégueulasse ! Petit vicieux ! Sale connard libidineux !»

Une chaussure à talon passe à quelques centimètres de sa tête. Sans demander son reste, l'ange en trench se glisse entre les rayons, pourchassé par la folle qui brandit un escarpin en braillant « Sécurité ! Sécurité ! » Folle qui, dans la précipitation fait profiter de ses sous-vêtements à tous les passants. Ironie, pense Castiel, détalant toujours. Au détour d'un virage il entre en collision avec un client.

« Excusez-moi, monsi...Sam ! »

« Castiel ?! Qu'est ce que tu fais là ? »

L'ange saisit l'humain par le bras et s'accroupit dans une allée, forçant Sam à faire de même.

« Qu'est ce que ? »

« Chut » fait l'ange en plaquant un index sur ses lèvres.

Sam chuchote.

« Pourquoi est-ce qu'on est au milieu des jupes ? »

Castiel répond sur le même ton.

« Une femme assez courroucée m'a pris en chasse avec une paire de chaussures... »

« Quoi ! » s'exclame Sam

« Chhhhhuuut. Elle pourrait nous entendre » Castiel jette un œil hors de leur cachette et se colle brusquement contre les habits.

La femme arrive dans leur direction. Le magasin n'est pas très grand. Castiel pose ses doigts sur le bras de Sam, s'appétant à les zapper tout deux quand une main tapote leurs épaules respectives. Ils sursautent de concert et sans réfléchir se lèvent. Le visage granitique d'un agent de sécurité les accueille.

« Bonsoir messieurs. Alors on s'amuse bien la tête dans les effets féminins ? Vous voulez un peu d'aide peut être ? »

«Tout ceci est une regrettable et fâcheuse méprise. C'est une erreur, il faut croire notre bonne foi. » avance Castiel avec sa franchise à toute épreuve.

Pressentant très fortement que l'intervention de Castiel ne va pas leur être d'une grande aide, Sam formule rapidement un mensonge.

« Tout à fait, mon ami a eu un petit malaise. »

Sam plaque un sourire faux sur ses lèvres, conscient que c'est l'un des mensonges les plus douteux qu'il ait jamais dit. L'agent les toise, puis interpelle la femme en sous vêtements qui furette un peu plus loin :

«Madame ! Je crois que je les ai ! Deux types louches et suspects qui se cachent dans le rayon jupes ! Ils ont des têtes de pervers ! »

« Oui ! – s'exclame la cliente – C'était le mec avec l'imper de Columbo ! Je le reconnais. »

L'agent grassouillet ricane.

« Tiens tiens. En toute bonne foi, hein ? »

Sam soupire intérieurement. Mais pourquoi est-ce que l'ange s'obstine à porter ce trench-coat ? Les joues écarlates et les cheveux en bataille, la cliente exulte d'une voix cassée.

« Surtout faites les enfermer ! Vous m'entendez ? Faites les enfermer ! »

Castiel à beau répéter "C'est une erreur", ils se font reconduire à la porte du magasin: « Et ne remettez plus les pieds ici ! » Dépité Sam s'adosse à un mur.

« Qu'y a-t-il ? » l'interroge Castiel.

« Je devais acheter des vêtements pour ton cher frère mais on s'est fait virer avant. »

« Oh. »

Il disparaît, laissant Sam seul sur le trottoir. Bon sang, qu'il déteste cette manie de se zapper sans avertissement ! Foutus anges ! Et foutu Gabriel qui va lui pondre une pendule parce que Sam n'a rien acheté. Sérieux !

Et puis hop, une poignée de secondes plus tard Castiel réparait avec une poche en main.

« Voilà » dit-il, aussi neutre que d'habitude.

Sam ouvre la poche et y trouve une paire de jeans et trois chemises. Il sourit. Sans prévenir d'avantage, Castiel les téléporte dans la voiture. Une nausée tord l'estomac du chasseur, dont le sourire a disparu aussi vite que le transport vitesse angélique. C'est à dire vraiment très très vite.

« Caaaastiel. Tu pourrais prévenir ! » se plaint-il sitôt assis derrière le volant de la voiture.

« Dean me le répète sans arrêt. »

« Ouais, ben écoutes-le mec ! Dean ne dit pas que des conneries. »

Castiel hausse un sourcil. Sam lève les yeux au ciel et spécifie.

« Il en dit beaucoup, mais disons que ça lui arrive parfois de ne pas en dire. »

Castiel sourit légèrement.

« Qu'est ce que tu faisais dans ce magasin ? » demande Sam.

« Je te cherchais. »

« Mais...comment tu as su où j'étais ? »

« Je suis passé au bunker et Gabriel m'a informé. Je suis donc allé voir dans le magasin le proche du souterrain. Suite à une petite imprécision j'ai atterri dans une cabine d'essayage. »

« Je vois. »

Sam ne peut empêcher un sourire venir effleurer ses lèvres...il faut absolument qu'il raconte ça à Dean ! Castiel continue, faisant mine de pas avoir remarqué.

« Je n'ai rien trouvé. »

« Sur cette Principauté tu veux dire ? »

« Oui. Je n'ai pas réussi à remonter jusqu'à elle. Elle a dissimulé ses traces. »

« Tu as informé Dean ?»

« Non, pas encore puisque je suis censé aller avec lui sur une enquête, j'ai pensé que je devais te prévenir. »

Sam donne une tape amicale sur l'épaule de l'ange et répond sur le ton de la plaisanterie.

« T'as raison, faut informer le cerveau en premier. Peut être que nous pourrions tout simplement l'invoquer ?»

Castiel secoue la tête.

« Non. Elle est plus puissante que moi, je ne pourrais pas vous protéger contre elle. Seul Gabriel pourrait la contrer mais... »

« ….. mais elle lui a ôté ses pouvoirs. » parachève le chasseur.

« C'est cependant une option à étudier... tu devrais faire des recherches dans la bibliothèque des Hommes de Lettres, quelque chose pourrait nous être utile. Ils pourraient avoir consigné des enchantements ou des invocations concernant les anges. »

« Ouais, j'y pensais justement. »

« C'est une possibilité qui peut se révéler intéressante...et puis, ça occupera Gabriel. Je rejoins Dean. » conclut Castiel en se volatilisant derechef.

« Att- merde ! »

Sam frappe le tableau de bord en pestant contre les manies angéliques à la con. Le cadet Winchester met le contact et démarre la voiture. Voiture qu'il loue depuis quelques temps, puisque bien sûr jamais son frère ne se séparerait de son bébé chéri.

Il faudrait qu'il l'appelle d'ailleurs. Mais pour dire la vérité, il n'ose pas trop. Si Dean n'a pas décoléré, la conversation va devenir très rapidement houleuse et Sam n'a pas envie d'une énième dispute à propos de « son année de congé sabbatique ». D'un autre côté Sam s'inquiète pour son frère. Sur quoi porte l'affaire donnée par Garth ? Il ne le sait même pas. Quand il sera au bunker, il appellera Dean.

Il part se garer sur le parking du supermarché le plus proche et complète les achats déjà effectués par une brosse à dent, du dentifrice, gel douche, rasoir, sous vêtements...etc. Bref. Tout ce dont un homme normal a besoin dans sa petite vie quotidienne. Sans oublier...le gâteau au chocolat.

Autant essayer de ne pas empirer les rapports déjà assez tendus avec l'ancien ange, histoire que l'un ne tente pas de supprimer l'autre dans les prochaines quarante-huit heures. Autant essayer, car après tout Sam va l'avoir sur le dos encore un bout de temps, de toute évidence. Et ce n'est pas comme si le retour de Dean -quand il rentrera- avait la moindre chance d'améliorer l'ambiance. Donc, oui, il se trimbale le gâteau au chocolat.

Sa mission effectuée, il s'engage sur la route qui mène au bunker et dissimule soigneusement le véhicule à l'abri des regards. Il sort les emplettes du coffre et verrouille les portières. Mais alors qu'il avance vers l'entrée du souterrain, une odeur âcre lui monte aux narines.

Une odeur qui hante encore ses cauchemars parfois.

Une odeur imprégnée dans son passé.

Une odeur de fumée.

Putain de merde ! Il court jusqu'à apercevoir un panache gris s'échapper de la porte blindée ouverte. Merde ! Le feu vient de l'intérieur. Il se rue vers l'entrée.

« Gabriel ! Gabriel ! »

Il est où ce con là ? Quand même pas resté l'intérieur ? Il pénètre dans le bunker, plaquant le T-shirt sur son nez, toussotant et crachotant. Il ne voit plus rien, la colonne de fumerolles fouette son visage. La fumée irrite sa gorge comme du papier de verre. Fait larmoyer ses yeux.

« Gabriel ?! » appelle-t-il encore, la voix obstruée de l'amer goût d'incendie.


Et voilà ^^

Qu'en avez-vous pensé ? Quelles sont vos impressions ? Un petit commentaire ?

Comme vous vous en doutez, notre petit Gaby vient de faire une bonne grosse connerie que Sam ne va pas aimer du tout ^^

Les relations ne seront donc pas au beau fixe dans le prochain chapitre xd Mais il faut bien que ça soit un peu chaotique, sinon trop facile lol