Bonjour !
Pardon pour le retard, mais les vacances vous savez ce que c'est ^^
Le prochain risque fort de l'être aussi (je pars quelques jours) mais j'essaierai de vous le poster (et de vous l'écrire) avant mon tit voyage à Londres le 13. Pas dit que j'y arrive, mais j'essaierai XD
Merci beaucoup pour vos commentaires, particulièrement à celles (j'imagine xd) qui en laissent régulièrement *w* vous êtes géniales, merci de votre soutien ! Je vous aime ;D
Merci évidement aussi à celles qui en postent moins régulièrement ^^
eith:
Je vois que cet enroulage de PQ a été douloureux XD ( expérience personnelle j'en suis convaincue !) Dis moi tout, as-tu des syndromes de stress post-traumatique après cette épreuve ? mdr Aha Cass' XD Ouais le pire c'est que ça pourrait vraiment lui arriver mon dieu je donnerai cher pour voir ça n'empêche !
Désolée de casser tes rêves mais tu peux ranger ton mode choupi au fond de la cave XD Quoique...Meb qui glisse sur la peau de banane...quelle fin pleine de classe XD J'adhère ! (mais non ce se passera pas comme ça. Pleure pas je sais c'est dur xd) Elle va encore survivre un moment ma petite Meb, pour ton plus grand bonheur ! (mais si mais si XD) J'espère que t'es championne d'apnée, je ne veux pas avoir ta mort sur la conscience. Et qui me laissera des reviews après, qui XD
Yeah merci beaucoup pour tes compliments, moi j'adoooooore tes commentaires ils sont super motivants ;P Ne t'arrête pas surtout et tu peux divaguer autant que tu veux !
Pour répondre à ta review sur La croisée des solitudes (je peux pas y répondre ailleurs donc ce sera ici lol): C'est quand même trop fort je trouve que tu aimes mes deux fictions (ton ex préférée et ta préférée ? vraiment ? *o* *o*) sans savoir que c'était moi l'auteur des deux XDD Et après on croit pas aux coïncidences XD Je suis très contente que tu m'es laissé un tit mot là dessus, merci beaucouuuuup !
Chapitre VI
Coups de gueule et coups de poings
– Entrepôt, Douglas,Wyoming –
L'énochien tourbillonne ses accords cisaillants.
Tour à tour faucilles. Ou brise légère.
Trancheurs de monde et ruisseau chantant.
Les réalités s'emboîtent et se démantèlent au rythme imprimé par le rituel. S'attirent et se repoussent dans cette valse faite de mots. Les sonorités ne sont qu'une succession de chocs terribles pour l'invocatrice. Chocs de titans répercutés jusqu'aux tréfonds de ses os. Car il s'agit bien là de faire plier le réel et le temps. De faire fusionner le passé et le présent.
De guérir un destin brisé.
Mebahiah halète, les ongles enfoncés dans le tissu rose de son tailleur. Ses frères et sœurs la soutiennent, comme la première fois. Et comme la première fois, leurs grâces guident la sienne.
Elle est aveugle au tumulte que ses mots déchaînent. Aveugle aux objets balayés par le souffle immense qui enfle dans la pièce et fouette son visage. Aveugle à ses partisans qui tremblent d'épuisement. Sourde à tout et à tous. Sauf à elle même. Sauf à ces mots qu'elle doit prononcer. Prononcer de manière rigoureusement parfaite.
La moindre erreur et c'est la fin. La moindre erreur et c'est la mort.
Le plongeon dans le gouffre
Elle le sent. Tout proche. Si proche.
Le précipice.
A pieds joints face à l'abîme. Elle est sur le fil. Funambule et équilibriste au milieu du mille-feuilles des possibilités qui se superposent. Et la glaçante mort avance. Chaque syllabe un peu plus proche.
Le rituel est un vampire. Un trou noir. Vorace il aspire toujours plus. Encore et encore. Agitant de soubresauts épuisés le corps de la Principauté. C'est son énergie vitale qui la déserte alors que les clauses du sortilège se verrouillent. Toute sa puissance absorbée dans un froid mortel. Pour autant elle ne s'arrête pas. Ne plie pas.
Et enfin, elle plaque la dernière phrase de l'invocation. Son vaisseau s'affaisse d'un coup quand la syllabe finale tombe.
Sans prêter attention à certains de ses anges évanouis par la violence de l'invocation, elle écarte les cheveux plaqués sur ses joues exsangues et perlées de sueur. Elle fait face à l'arrivant. Au second ange ramené à la vie.
« Bonsoir Raphaël. »
Soutenue par Sariel, son assistant, Mehabhiah quitte le hangar. La satisfaction fait éclore un discret sourire sur son visage rigide. Derrière elle flotte un globe nébuleux et mouvant, nervuré d'aveuglantes turbulences.
Il se rajoute au premier globe déjà en place dans le dispositif. Les deux orbes ondoyantes scintillent de tout leur éclat. Chacune des orbes dans l'une des quatre prisons positionnées aux points cardinaux d'un cercle incantatoire bien plus imposant. La grâce de Gabriel à l'Ouest. La grâce de Raphaël à l'Est. Elles envoient de lumineuses vagues de pouvoir s'échouer contre les vitres de leurs cages respectives. En vain.
La porte se referme derrière la Principauté. Encore deux autres rituels et ce sera bon. Plus que deux autres grâces. Et son idéal plus grand que les mots pourra marcher sur le monde. Et son nouveau Dieu pourra naître. Ô elle a tellement hâte. Tellement hâte.
Sariel grince des dents.
Il déteste ça. Il déteste devoir faire ça. Mais il n'a pas le choix.
Méhiel le regarde avec cet air horrifié.
Méhiel ne veut pas les rejoindre.
Méhiel ne comprend pas.
L'assistant essaye une dernière fois de convaincre son vis à vis.
«Méhiel, ne vois-tu pas ? Tout ceci va changer le Paradis. Notre cher Paradis qui se meurt. Ne le vois-tu pas qui s'effondre chaque seconde un peu plus ? Ne vois-tu pas à quel point il est corrompu, malade. Ne vois-tu pas qu'il agonise ? Nous pouvons le reconstruire, nous pouvons lui redonner sa pureté. Joins-toi à nous. »
« Je suis d'accord, mon frère notre Paradis est terriblement fragilisé– répond Méhiel – mais ceci n'est pas la solution ! Jamais je ne pendrais part à une telle aberration. Jamais. Tu t'es égaré. Tu es en train de te perdre. »
Une lame d'argent accroche brièvement la lumière. Se fiche dans la gorge de Méhiel.
« Non. C'est toi qui vient de perdre. » susurre Sariel.
Il appuie sur la garde de l'épée, seul un gargouillis étranglé lui répond. Un flash immaculé noie le visage de Méhiel. Sa silhouette dévorée par un éclair blanc.
Avant que la grâce ne meurt en même temps que son hôte, Sariel la recueille dans un flacon. Bien sûr elle va mourir cette grâce puisque son ange n'est plus. Mais Sariel va pouvoir continuer ses expériences avec pendant quelques heures. La matière du flacon retarde la dégradation mais ne la stoppe pas.
Il accorde un dernier regard désolé pour son frère aux ailes calcinées et part. Méhiel a fait son choix. Sariel le sien. Et puis, il fallait bien que les grâces utilisées pour peaufiner les Dévoreuses viennent de quelque part. Il faut bien que les grâces implantées dans les corps humains viennent de quelque part. Elles viennent de là. De ceux qui refusent. De ceux qui s'opposent.
Le sacrifice est le prix de la révolution.
Même si cela signifie le sacrifice des siens.
Mebahiah soupire. Injecter plus lentement la grâce dans le corps de l'humain n'a rien donné. La peau du cobaye 57 commence à se fissurer, mettant à jour la grâce qui s'agite dessous. De minuscules craquelures se forment ici et là sur l'épiderme.
Le fonctionnement des grâces a toujours été extrêmement complexe. Les anges eux-même en ignorent toutes les subtilités. Pourquoi choisir cet humain là plutôt qu'un autre ? Avant de commencer les expérience , Mebahiah savait pertinemment que les humains lambda ne sont pas capables de retenir une grâce en leur sein, d'ailleurs existe-t-il même un ange qui ne sache pas cela ?
A partir des données collectées pendant les expériences, elle voulait trouver la bonne combinaison physique. Ensuite elle aurait cherché parmi les vaisseaux celui qui collerait le plus aux critères établis. Ce qu'elle voulait c'était sélectionner le parfait corps. Ou plutôt le corps parfait. Le corps capable d'accueillir et de contenir le nouveau Dieu.
Pour cela, elle a donc observé si certains humains tenaient plus longtemps que d'autres en portant une grâce et si oui, pourquoi. La couleur des yeux, la couleur des cheveux, la couleur de la peau, le sexe, la forme du nez, les propriétés du sang, les anomalies et particularités génétiques, l'âge, les prédisposions, l'état des organes etc...tous les différents gênes et allèles passés au crible. Observer, donc. Et compiler toutes les propriétés offrant apparemment une plus grande résistance que les autres.
Afin de trouver LE corps.
Après les essais sur toutes les populations et toutes les nationalités, elle en est venue à la conclusion que les caractéristiques physiques des hôtes ne comptent pas. Ou très peu. D'abord prime la compatibilité des deux esprits, après seulement suit la génétique. Aucune particularité génétique et aucun gêne spécifique n'a pu empêcher l'altération des chairs.
Il n'y a pas de différence de résistance entre les populations quelles qu'elles soient. Les corps craquent tous au bout du même temps d'exposition, rien ne ralentit le processus. Malheureusement.
La Principauté va donc devoir trouver un autre moyen pour savoir avec certitude quel vaisseau conviendra le mieux pour le nouveau Seigneur. Il est donc temps de passer à l'étude des véhicules proprement dits. De ces si humains spéciaux. Ceux avec une force mentale hors norme.
– QG des Winchester, Lebanon, Kansas –
La fumée emplit ses narines. Sature et obstrue son champs visuel. Tout a sombré dans un flou de mouvement teinté d'un gris bien trop dense. Sam n'arrive pas à voir grand chose.
Ses yeux trempés de larmes qui ne coulent pas.
Malgré les émanations compactes qui tapissent sa bouche d'amertume et s'immiscent dans ses poumons, il hurle encore.
« Gabriel ! »
Une quinte de toux le saisit et écorche le prénom. L'odeur âpre et piquante part à l'assaut de gorge. Nœud de serpents qui glissent le long de son œsophage. Toutes écailles hérissées. La peur l'étouffe aussi sûrement que les vapeurs toxiques qu'il inhale.
Il agite les bras dans un effort vain de dissiper la masse brumeuse. Il remonte à contre courant, toussant tant et plus. L'atmosphère est à couper au couteau. Il suffoque mais peu importe. Il doit trouver Gabriel ! Il ne peut pas le laisser là dedans. Ses yeux presque aveugles fouillent à travers les torsades épaisses qui asphyxient l'air.
« Gabriel ! »
Il progresse encore au son d'un craquement qui devient de plus en plus proche. La panique lui bouffe les entrailles.
C'est un craquement de flammes.
Au travers les rideaux obstruants de l'incendie il finit par distinguer confusément un amas jaune irradiant de chaleur.
« Bordel mais t'es où ?! Réponds ! »
Une voix parfaitement calme s'élève.
« Ah Sam. Inutile de crier comme ça mon grand. Écarte-toi sur la gauche. »
Interloqué par le ton, Sam s'exécute.
« Encore. Continue. » l'exhorte Gabriel.
Sam effectue des pas de côté. Et d'un coup il n'y a plus de fumée. Ou presque plus. Juste une légère brume grisée. Rien à voir avec le panache irrespirable. Sam se fige soudainement. Peinant à croire la scène sous son nez.
Gabriel se tient tranquillement assis par terre. Il semble sourire en dépit du masque à gaz qui lui couvre une bonne partie du visage. Il lève une main en guise de salut.
« Yo. »
Son autre main est occupée à tenir un pique plongé dans les flammes. Une pile de journaux, de magazines et de papier siège à sa gauche. Réserve de carburant pour le feu crépitant à même le carrelage.
C'est un feu de camp.
De toute évidence.
Les yeux rougis et larmoyants de Sam s'agrandissent. Gabriel ôte le masque, dégageant son visage. Ce dernier sort ensuite le pique à brochette du foyer et l'agite vers Sam avec toute l'innocence du monde.
« Un marshmallow ? »
La friandise caramélisée et fumante généreusement offerte est l'étincelle. L'étincelle dans la fuite de gaz. Dans les veines du chasseur, l'adrénaline s'électrise.
Sam explose.
« Un marshmallow ?! Mais tu te fous de moi ! »
Sans se démonter, Gabriel montre un plat posé à sa droite.
« Nan nan, sers-toi, j'en ai fait plein. »
Il se lève et tend le plat en question vers Sam.
« C'est super bon, les marshmallows ! T'en veux ? »
Une veine palpite dans le cou du Winchester qui ne se gêne pas pour lui dire ce qu'il en pense.
« Mais t'es complètement inconscient ou quoi ?! Espèce de tordu débile ! » s'écrit le chasseur.
« Roooh allez quoi ! Tu veux pas goûter, t'es sûr ? – il en enfourne trois dans sa bouche – Tu chais pas ch'que tu rates. »
Le ton de Sam monte d'un cran alors qu'il crache sa colère.
« Tu sais où tu peux te les carrer tes marshmallows DE MERDE !»
« Même pas un petit pour la route ? Sûr ? Ceci est votre dernier mot Meredith ? *» interroge Gabriel avec une sombre satisfaction à observer le visage bouillonnant de rage de son vis à vis.
Avec violence, Sam envoie s'écraser le plat de friandises au sol. Le plat éclate projetant son contenu en tous sens. Le cerveau de Sam s'enraille. Un voile rouge se dépose devant ses iris. Il crie dans se soucier de sa voix éraillée et cassée par la fumée. Il crie sa fureur. Son angoisse aussi.
« La ferme ! Tu la FERME ! Tu aurais pu tous nous faire tuer, connard ! Quel genre de sombre crétin fait des feux de camp à l'intérieur ? T'as la moindre idée des documents inestimables que t'aurais pu réduire en fumée ?! T'aurais pu brûler tout le bâtiment et toi avec ! Mais non t'es qu'un égoïste ! Un putain d'égoïste narcissique ! »
Sa poitrine se soulève en saccades. Et la colère monte encore. Se concentre dans son poing. Démange ses phalanges et les titille de ce besoin impérieux.
Le besoin de se déchaîner.
« T'es qu'un gamin pourri gâté qui pense qu'à bouffer ! Va te faire foutre et crève dans un incendie ou d'une crise de foie si ça te fait tant plaisir ! Mais crève ailleurs ! »
Gabriel proteste, toute trace de plaisanterie envolée de son visage. Ne reste qu'une expression d'arrogance savamment calculée pour achever de sortir Sam de ses gonds.
« Je maîtrisais parfaitement ce que je faisais. Relax Max. Tout est sous contrôle. » avance Gabriel.
La respiration de Sam se bloque. Cette fois ça y est.
Point de rupture.
La démangeaison dans sa main devient insupportable. Fulgurance irrépressible. Les langues de feu courent dans son bras tout entier. Les doigts de Sam s'ouvrent un instant.
Pour mieux se refermer.
Se verrouiller.
Et sa main se lance en avant, comme de son propre chef. Il assène un monumental coup de poing dans la joue de Gabriel. Le blond ne doit qu'à la poigne du chasseur solidement agrippée à son col pour ne pas basculer en arrière. Sam le plaque contre un mur, le bras durement posé sur sa trachée pour empêcher tout geste intempestif. Il gronde entre ses dents.
« Tout est sous contrôle ? Mon cul ! Tu contrôles rien du tout. Rien. Du tout. »
Son visage n'est qu'à quelques centimètres de celui de Gabriel où une jolie trace rouge s'épanouit déjà. Les lèvres de Gabriel s'étirent en un rictus, un goût métallique occupe sa bouche.
« Ah tu crois ça ? » ricane le plus petit.
Sam resserre sa prise et plonge son regard dans les deux prunelles dorées. Le feu jette des reflets rougeoyants dans les cheveux châtains du chasseur. Ses traits toujours tendus se découpent sèchement. Baignés d'ombre et de lumière par la danse des flammes. Il répond à la provocation d'une voix aux inflexions dures et coupantes.
« Va falloir que tu entres ça dans ton crâne de piaf, Gabriel ! T'es humain maintenant. Humain. Fais-toi une raison ! Si ce feu avait dégénéré t'aurais cramé. Cramé comme un con. »
« Je te remercie, je le sais. »
« Hé ben on dirait pas ! Cesse de faire le crétin décérébrée deux minutes ! T'es dopé à la connerie ou t'as perdu ton cerveau en même temps que ta putain de grâce ? » s'emporte encore Sam.
Gabriel le toise en silence. Indéchiffrable pour le regard furibond du cadet Winchester. Puis il crache sur Sam le sang qu'il a sur la langue. Et il sourit. Un sourire sans joie.
Aux dents teintées de rose.
Provocation. Encore. Sam essuie lentement la salive mélangée de cramoisi. Il considère un instant le sourire aux dents grenadine qui s'élargit encore. Sam craque sa nuque. Fais mine de se détourner. Au dernier moment il change sa trajectoire. Projeté par l'élan acquis son poing vient s'échouer dans le ventre de Gabriel. Cette fois ci, il laisse le blond s'affaisser au sol. Plié en deux, les mains plaquées sur l'abdomen.
Le souffle coupé.
Satisfait, Sam s'écarte et attrape un seau qu'il remplit d'eau. D'un geste ample il en lance le contenu sur le feu de camp qui meurt en grésillant.
« Bien – dit-il à l'attention de Gabriel qui peine à retrouver sa respiration – Tu recommences ce genre de surprise et je te livre à Crowley dans la minute. Avec un joli ruban autour du cou. »
Et ce ne sont pas des menaces en l'air. Toujours couché par terre, Gabriel voit que Sam est sérieux. Il le voit dans les lignes de tension de son corps.
Dans ses doigts qui se ferment et s'ouvrent alternativement. Dans son torse soulevé par à son expression figée. Ouais. Il est sérieux. Et c'est pour cela que Gabriel ne dit rien quand Sam claque la porte d'entrée sur un tonitruant « J'me casse d'ici ! »
Quand le chasseur est parti, Gabriel laisse retomber sa tête contre le sol. Le froid fait du bien à sa joue lancinante. Sans parler de son ventre. Il n'a pas envie de se lever. Pas tout de suite. Il ramène ses genoux vers sa poitrine, pour diminuer la brûlure au creux de son estomac. Mais ce n'est pas comme si Gabriel n'a pas sciemment essayé d'énerver le Winchester.
Oh que oui, il l'a voulu. Il l'a cherché. En toute connaissance de cause. Et les coups qui chauffent sa joue et son estomac ne sont pas grand chose. Faire craquer Sam. L'asticoter sans cesse. Le pousser à bout, toujours un peu plus. C'est le pied. De le voir se mettre en une colère noire. De le faire écumer de rage.
Il ne sait pas bien pourquoi, mais c'est le pied.
La saveur métallique du sang n'est vraiment pas le truc de Gabriel. A cela s'ajoute bientôt une sensation de soif assez tenaillante. Il se lève péniblement et se dirige vers le frigo d'une démarche courbée d'ancêtre ayant passé la date limite de péremption. Mais il y va. Et excédé par la lenteur du déplacement, il lève la main s'apprêtant à...
Il se fixe.
Laisse retomber sa main inutile.
Les mauvaises habitudes ont la vie dure.
Il continue à mettre un pas devant l'autre. Quand il touche au but, il a l'impression d'avoir couru un marathon. Enfin, sans doute que courir un marathon doit donner cette impression. Il ouvre la machine réfrigérante. Pffff y a que des bières là dedans, pas grand chose de plus fort. Comment ça se fait ? Oh c'est parce que Dean n'est pas là. Sans doute. Ou alors il y a un deuxième frigo quelque part mais il n'a pas la force de se balader et encore moins de fouiller les placards. Il a pas envie d'une bière maintenant.
Par dépit, il se saisit d'une bouteille de jus de raisin et la porte à sa bouche. C'est sucré. C'est frais. C'est parfait. Après quelques gorgées il va s'asseoir dans son canapé pour être plus à l'aise. Lentement, pas à pas. Bon sang c'est tellement énervant de prendre autant de temps pour tout.
En passant devant l'entrée il aperçoit les sacs que Sam a laissé tomber tout à l'heure. Curieux, il s'en approche. Un dentifrice et une brosse à dent gisent non loin du premier sac, suivit d'un gel douche, d'un rasoir, d'un... de globalement tout le nécessaire de toilette masculin. Un coin de jean dépasse du second.
Il réalise que Sam est effectivement parti lui prendre des vêtements. Et sans doute le reste des achats est aussi pour lui. Il ne sait pas quoi en penser. Pourquoi Sam ferait-il quelque chose d'un temps soit peu gentil pour lui ? Gabriel est pourtant insupportable (et volontairement) depuis le début. Alors pourquoi ?
Quelque chose remue dans son abdomen.
C'est assez indéfinissable. En tout cas ce n'est certainement pas un soupçon de culpabilité pour son comportement. Non. Certainement pas.
Jamais.
En donnant un léger coup de pied dedans pour mettre à jour la totalité du contenu des deux premiers sacs, il sent que quelque chose ne va pas. Le T shirt ridicule dont il est affublé le gêne. Il lui colle à la peau. Aux alentours du nombril. Pas normal. Il est censé être deux fois trop grand ce chiffon informe.
Gabriel baisse les yeux.
Une tâche vermeille s'étale sur le tissu.
Il jure entre ses dents. Ce crétin de Gigantor a fait sauter des points. Comme un bulldozer dans un champs de coquelicots. Sam Winchester, entreprise de démolition bonjour. C'était ça le truc bizarre qu'il sentait dans son ventre. C'était les points. Pas un sentiment encombrant comme la culpabilité. Ouais. C'était les points. Rien d'autre.
« Connard. » dit-il.
Il va lui payer ça. Serrant la bouteille de jus de raisin contre lui, il avance jusqu'au salon.
Le jus de raisin c'est bien collant. C'est bien voyant. C'est parfait. Il en verse une généreuse dose sur l'ordinateur de Sam. Alors qu'il s'apprête à visser le bouchon, il suspend son geste et hausse les épaules. Finalement il vide toute la bouteille. On ne sait jamais.
Définitivement c'est le pied d'emmerder Sam. De le foutre en rogne.
Il ne sait toujours bien pourquoi.
Mais c'est le pied.
Sam s'arrête brusquement sur un bas côté, le moteur proteste mais il s'en fout. Il coupe le contact et arrache littéralement les clés. Il reste immobile une poignée de secondes. Et donne un violent coup sur le volant.
« Putain ! »
Il sort du véhicule en claquant la portière. Il n'est même pas allé en ville. Trop énervé pour ça. Et ce n'est pas comme si les pauvres bars du coin avaient un quelconque attrait. Il se sent mieux isolé, sur cette route de forêt. Résolu de se défouler ici plutôt que dans le bunker. Là où personne ne l'entendra jurer tout son soûl contre l'autre bouffon qui commence sérieusement à les lui casser ! Et version haché menu/fine poudre s'il vous plaît !
Il fait pas dans la dentelle le gugus là. Un feu à l'intérieur, le summum de la bêtise, merde ! Ex-archange, tu parles ! Ou sinon c'est franchement pas étonnant que le monde court à sa perte avec une telle bande de brêles à plumes aux commandes. Brêles dont Gabriel est sans nul doute aucun le casse-noix en chef suprême !
Sam se frotte énergiquement les cheveux. Raaaah. Le seul fait d'y penser l'agace encore plus. Le pire c'est qu'il s'est retenu de trop frapper, parce que le comique bidon est blessé. Comment Sam a-t-il pu garder ça à l'esprit, alors qu'il était à deux doigts de l'étriper proprement ? Lui même n'en a aucune idée. Il le regrette même, tiens. Il aurait dû se défouler à fond sur le nain de jardin avec option paille sur la tête, au moins Sam serait calme à l'heure qu'il est. Il pose le front contre le tronc d'un arbre.
Son poing s'écrase contre l'écorce.
Une fois.
Puis deux. Puis trois.
Déjà douloureuses de leur rencontre avec la mâchoire de Gabriel (même ses os sont exaspérants, au moins aussi durs et récalcitrants que lui), les bases des métacarpe et des jointures se mettent à saignoter sous les impacts. Mais le son produit par le tronc lui fait du bien. La peau s'écorche un peu plus à chaque fois. Tant pis.
Peu à peu la colère retombe. En partie seulement. Il sort son portable et après un temps d'hésitation sélectionne Dean dans le répertoire. C'était ce qu'il voulait faire n'est ce pas, avant de voir toute cette fichue fumée s'échapper de... Ne pas y penser. Ne pas y penser. Il passe une main sur son front.
Son autre main, celle qui tient le portable, tremble légèrement. Conséquence de se passer les nerfs sur un arbre. Dean décroche rapidement.
« Hey, Sammy. »
« Salut, Dean. »
L'aîné comprend tout de suite que quelque chose ne va pas. Une certaine inflexion dans le ton de son cadet.
« Gabriel te tape sur le système ? » demande-t-il à tout hasard.
« Sans blague ! C'est l'ange le plus con de toute la création ! »
« C'était. » corrige Dean en pouffant.
« Ouais. On s'en fout, mec. C'est toujours lui le plus con, même s'il est plus dans le peloton. »
Sam entend quelqu'un parler dans le lointain et son frère répondre de manière indistincte. Puis le plus âgé parle de nouveau dans le mobile.
« Il a branlé quoi l'angelot diabolique ? »
« T'es avec Cass ' ? » demande Sam.
« Yep. »
Le contraire aurait étonné Sam.
« Tu te souviens quand tu disais que Gabriel serait capable de provoquer un incendie et une inondation coup sur coup pour me persuader de rester à Lebanon ? »
Un grognement de son aîné lui parvient à travers l'appareil puis un juron dans la foulée quand ce dernier comprend.
« Oh putain, mec ! – répond ce dernier en bondissant sur sa chaise – Me dis pas qu'il l'a fait ?! »
Sam se racle la gorge.
« Disons que l'incendie n'est pas passé loin. Cet enfoiré n'a rien trouvé de mieux qu'un feu dans le salon pour faire griller des marshmallows... »
« Quoi ?! – s'exclame Dean – Et... ça a marché ? »
« Deeeeean. » soupire Sam avec une profonde exaspération.
« Je veux dire... ah le fils de pute ! »
Sam lève les yeux en ciel. Tellement crédible.
« Dean ! »
« Ok ok. C'est vraiment débile je sais. Il aurait pas dû. Passe le moi je vais lui dire ma façon de penser à ce trouduc ! »
« Je me suis barré. Sérieux mec, j'en peux plus. Je le supporte plus. Il est imbuvable.»
« Sammy fait pas ta gonzesse ! Ça fait quoi...deux jours ? »
« Toi tu l'aurais étripé dès les deux premières heures ! »
« Samantha, t'es censée être la plus patiente. Alors soit patiente. C'est qu'un mauvais moment à passer voilà. »
Sam renifle avec découragement.
« Allez Barbie, ou je serais obligé de t'acheter une robe. » ricane Dean.
« Ta gueule, Jerk. »
« J'aime mieux ça, Bitch. »
Le cadet soupire.
« J'aimerai bien t'y voir tiens. Il me sort trop par les yeux, je vais jamais tenir. »
Dean part d'un petit rire.
« Je te donne l'autorisation de l'étriper et de l'abandonner dans une ruelle sombre. De mon côté y a aucun soucis ma poule. Et – il s'interrompt brusquement – Castiel, inutile de me regarder comme ça. C'est la faute de ton frère qui n'arrête pas de casser les couilles de …..Cass' rends moi le portable ! Mais ! Cass' rends ! Rends j'ai dit ! Castiel ! Veux-tu – Mais enfin - »
Une flopée de « bam », « paf » et autres bruits sourds divers et variés obligent Sam à éloigner son oreille de l'écran sous peine de devenir à moitié sourd. Au bout de quelques instants de ce qu'il semble être un bataille acharnée, la voix d'un ange bien connue s'élève dans le haut parleur.
« Sam ? »
« Ah – sourit celui ci, un brin étonné – Castiel 1, Dean 0. Battu à plates contours. Et ça vient donner des leçons après, j'vous jure. »
« Je t'entends toujours – siffle l'intéressé – j'ai juste laissé Castiel gagner. Chuis pas un saint, mais presque. »
« Ouais c'est ça – se moque Sam, follement convaincu – je suis sûr que les filles que t'as plaqué ne sont pas du même avis. »
« Sam – intime Castiel d'un ton neutre, cassant quelque peu l'ambiance – tu n'y arrives vraiment pas avec Gabriel ? »
« Non. Il est totalement intenable. Et puis franchement, est-ce qu'il est pas un peu hyperactif sur les bords ? »
L'ange adopte un ton songeur.
« C'est étrange, j'aurais pensé que l'entente serait plutôt cordiale entre vous deux. »
Sam fronce les sourcils, perplexe et pas certain du tout de vouloir entendre la suite.
« Qu'est ce que tu veux dire par là? »
« Vous vous ressemblez sur certains points - »
L'ange est coupé par les exclamations outrées de Dean.
« Dis pas n'importe quoi ! T'as craqué Castiel ! Sammy n'a rien à voir avec ce fils de pute détraqué par le sucre ! »
Castiel fait réédition face aux protestations et rend le portable au chasseur pendant que le cadet Winchester achève le propos de son grand frère.
« J'en reviens pas que tu me compares à ce résidu d'archange ! Gabriel est tellement insupportable que... »
Sam s'interrompt. Une pensée vient de lui effleurer l'esprit. Une pensée fragile, pas encore assez consistante. Il faut qu'il lui laisse le temps de se développer. Il détourne donc la conversation vers autre chose. Permettant à la pensée de grandir dans un recoin. Comme ces plantes qui préfèrent l'obscurité.
Il fait dériver la conversation sur l'affaire donnée par Garth. Une histoire assez banale et sans grand intérêt à en croire Dean, mais Sam note avec une pointe de tristesse que son frère semble aller mieux maintenant qu'en sa présence. Ouais, Dean semble vraiment être mieux. Un peu. Mais un peu c'est déjà beaucoup.
Sam apprend qu'ils sont arrivés sur les lieux depuis une paire d'heures environ, Dean ayant catégoriquement refusé d'emprunter la « angel airlines ». Ils devraient en avoir terminé rapidement, mais bon. Dean et les pronostiques... Les deux frères évitent soigneusement de ramener le Purgatoire sur le tapis, Amélia et tous sujets en rapport avec leur dispute, selon l'ancestrale technique d'évitement familiale qui a fait largement ses preuves par le passé.
Mais le non-dit plane lourdement. Un corbeau aux ailes plombées au dessus de leurs têtes. Il se devine. Il se sent. Il est là. Indéniablement là. Malgré tous les efforts qu'ils font, l'un comme l'autre pour adopter un air léger. Les plaisanteries sonnent un peu trop forcées.
Il est là. Le malaise.
Ils font mine de ne pas s'en rendre compte.
Quand Sam raccroche, sa colère est presque entièrement tombée. Ne laisse qu'un agacement profond envers Gabriel qui s'échine à lui pourrir la vie. Mais il a peut être une théorie à ce sujet.
Gabrie grogne de douleur. Le chiffon avec lequel il comprime les points pour arrêter le flux sanguin est déjà taché de vermillon.
On dirait une rose sur la neige.
Une belle rose amarante.
Il pensait que la compression des plaies ferait un mal de chien. Et au début ça a été le cas. Un vrai foutu mal de chien. Mais maintenant, c'est un peu engourdi. Il arrive quand Sam pour le recoudre ? Il compte se faire attendre comme madame qui se pomponne pendant « encore cinq minutes » ? Une éternité est déjà passée, il est où Gigantor ?
Gabriel sait que se lever et se balader dans le bunker est tout sauf raisonnable. Mais hé, depuis quand est-il raisonnable ? Et puis, quoi, il s'ennuie. Alors il se rend dans l'entrée, où les sacs abandonnés sur le sol sont toujours là. Il y va, pas pour les ranger bien sûr, on aurait tout vu. Non simplement parce qu'il est curieux.
Il est curieux du contenu du troisième sac. Il n'a aucune autre occupation, puisque sa distraction principale a fichu le camp. Et s'il se vide de son sang, autant que ce soit pour satisfaire un vice. Pas un bien méchant vice que la curiosité, certes. Mais il a beau chercher, aucune nana en tenue légère dans le secteur. D'ailleurs...si on lui laissait le choix, il y aurait bien plus qu'une demoiselle... Mais rien à l'horizon pffff.
Quelle plaie !
Sa bouche se plisse. Ahaha il est trop fort.
Il pose un genou à terre et ouvre le paquet d'une main. L'autre maintenant le chiffon en place. Enfin chiffon...c'est un T-shirt de Sam. C'était. Genou à terre, donc, pour ne pas réveiller un peu plus la zone sensible, il tâte le sac.
On dirait qu'il y a une boite assez allongée à l'intérieur. Une boîte en plastique souple vu le bruit. Il la sort de la poche. Un large sourire illumine son visage. Un vrai sourire. Il caresse le plastique avec légèreté. C'est un gâteau. Un magnifique. Alléchant. Appétissant.
Un magnifique gâteau au chocolat !
Se sentant soudain un âme de chevalier, il déclame d'une voix de stentor.
« Ô ma douce et gente dame. Me voici à genoux devant vous, tel le valeureux prince ensanglanté vainqueur du terrible dragon qui hante vos cauchemars ! Je vais vous délivrer de la sinistre prison de plastique dans laquelle votre mère vous a enfermé, jalouse de la splendide et rayonnante beauté qui est la vôtre. »
Sur ces entre-faits, il ouvre l'emballage sur lequel est collé une étiquette bien visible de la marque Bonne Maman.** Gabriel imite d'un ton de fausset le gâteau qui parle.
«Ô Roméo ! Roméo ! Pourquoi es-tu Roméo ? »
« Tu peux m'appeler Gabriel, chérie. »
«Ô Gabriel ! Gabriel ! Pourquoi es-tu Gab- »
« Oh ça va, ça va. On a compris le topo Juju, tu n'as pas beaucoup de répertoire pour un gâteau qui parle. »
Mélangeant joyeusement les styles, Gabriel continue sur sa lancée, contrefaisant encore sa voix.
« Ô Gabriel, que tu as de beaux yeux. »
« Ouais je sais merci. Tu me flattes, trésor. »
«Ô Gabriel, que tu as de belles lèvres. »
« C'est pour mieux savourer ton arôme fort en chocolat. »
«Ô Gabriel, que tu as de belles dents. »
Il gronde de manière théâtrale.
« C'est pour mieux te manger, mon enfant !»
Content de lui, il porte religieusement le gâteau au chocolat sur la table de la cuisine. Veillant à ne pas le faire tomber malgré sa démarche claudicante. Surtout pas. Il ne se le pardonnerait jamais.
La tête penchée sur la pâtisserie, il en caresse les courbes du regard. Suivant les arrondis avec minutie. C'est son premier gâteau en tant qu'humain. Un petit frisson d'expectative picote sa nuque. Il dévore la pâtisserie des yeux, humant son parfum avec délice.
« Ne sois pas triste quand ce sera fini, baby – souffle-t-il au dessert – t'es le rêve de toute ma vie !»
Mais alors qu'il s'apprête à couper l'œuvre comestible qui lui fait de l'œil, la sensation revient. Pas n'importe laquelle. LA sensation. La même que tout à l'heure. Une piqûre désagréable dans le creux du ventre.
Non non non !
Il ne va pas laisser la culpabilité mettre fin à la fête. Et ce n'est pas demain la veille qu'il s'achètera une conscience. Ah ….mais force est de constater qu'il est mort parce que les Winchester...Mais ça n'a rien à voir.
C'est son gâteau ! Son gâteau !
Le gâteau que Sam est allé chercher spécialement pour lui, lui souffle -justement- sa conscience. Et pendant ce temps Gabriel a failli mettre le feu. Comme les vêtements et le reste : Sam est allé les chercher spécialement pour lui. Sam qui a recousu ses plaies. Mais aussi Sam qui les a ré-ouvertes, objecte-il mentalement. Et Gabriel a bousillé son ordinateur. Et Gabriel a fait l'andouille tant et plus.
Gabriel détourne les yeux. Se concentre sur le gâteau.
Il lève le couteau, bien décidé à se régaler.
Après plusieurs heures nécessaire à la reprise de son self contrôle malmené, Sam retourne au sous sol des Hommes de Lettres à l'intérieur, il trébuche sur un appareil étrange. Un très vieux ventilateur. Un des premiers du genre sans doute. Ok. Très bien. Mais qu'est ce que ça fout là ? Dans l'entrée ? Et pourquoi y a encore d'autres ?
Le chasseur ferme les yeux et inspire profondément. Ne pas s'énerver. Il a décidé que cette fois il garderait son calme. En effet, il y a toute une ligne de ventilateurs de part et d'autre du vestibule et ça continue dans le couloir. Continue dans le salon.
Oh. Voilà pourquoi Sam s'est pris autant de fumée dessus pour un si petit feu. Voilà pourquoi la porte d'entrée était ouverte. Gabriel a mis en place un système pour évacuer les vapeurs dehors. Pas si bête. D'ailleurs il est où celui là ?
Le Winchester aperçoit le sommet d'une tête blonde qui dépasse du sofa. Ben tiens. Encore sur le canapé de Sam. Faudrait qu'il lui dise d'aller squatter l'autre. Tch. Sam se place devant Gabriel vautré comme un pacha. Celui ci l'accueille sans la moindre trace de repentir pour son acte pyromane.
« Hé ben ! Pas trop tôt, quelle attente ! Y avait la queue aux toilettes ? Je te signale que je suis en train de me vider de mon sang par ta faute. Répare-moi Sasquatch. »
Sam hausse un sourcil. Gabriel roule des yeux et écarte ses bras croisés, révélant un tissu sanguinolant.
« Oh. J'ai fait péter tes points. » réalise calmement Sam.
« Exact. – répond Gabriel, un demi sourire mutin aux lèvres – J'ai nommé Samuel, délicat comme une patte de mammouth dans une pantoufle de verre, Cendrillon crie au meurtre. Applaudissements pour le pachyderme des temps modernes s'ilvousplaitmerci. »
Sam soupire, nullement atteint par l'attaque.
« Tu veux que je te recouse, non ?
« Yep. C'est ta faute après tout.»
« Ma faute ? » s'étrangle Sam.
« Bon d'accord. Pas vraiment. » admet Gabriel.
« Ouais. Sans blague. Bon laisse moi regarder alors. »
L'ancien archange est surpris. Le comportement de son vis à vis est étrange. Pourquoi n'est-il plus en colère ? Pourquoi ne l'engueule-t-il pas plus ?
Sam écarte le tissu posé sur l'abdomen de Gabriel et remonte le T-shirt.
«C'est quoi ce travail de sagouin ? – s'exclame Sam – T'as essayé de recoudre les fils tout seul ? » demande-t-il, soupçonneux.
« T'arrivais pas, fallait bien que je me débrouille. »
« C'est malin je vais devoir tout refaire maintenant. »
Gabriel grimace. Il regarde faire le chasseur en silence, tandis que celui ci retire les fils grossièrement implantés par Gabriel. Mais il faut dire à sa décharge qu'il n'est pas chose pratique et aisée de faire de la couture sur son propre ventre. Gabriel observe en silence les doigts de Sam en action, serrant les dents pour ne pas gémir. Une aiguille dans la peau c'est pas le top pour la forme. Sam a presque terminé. Il ne lui reste plus qu'à remettre des sutures neuves et ce sera bon.
Mais Gabriel n'en a pas terminé, lui.
« Je ne comprends pas. – finit-il par dire – Je me passe très bien de tes coups de poings et autres, ne va pas croire le contraire mais je suis étonné. Je m'attendais à plus de cris, plus de sermons. Je ne m'en plains pas mais c'est bizarre. »
« Parce que je sais pourquoi tu fais ça. » dit Sam, concentré sur son aiguille.
« Pour...Pourquoi je fais quoi ? Aie, vas -y doucement ! »
« Je sais pourquoi tu te comportes de cette manière. Je veux dire, tu es un chieur, ok. C'est dans ta nature, n'oublions pas que tu es un Trickster mais... »
« Mais quoi ? » demande Gabriel, trop brusquement pour que ce soit honnête.
« Mais t'en fait trop. C'est excessif, même pour toi. On dirait que tu le fais exprès en fait. Exprès de m'énerver. »
Gabriel vrille son regard doré brusquement sérieux dans le regard gris qui le scanne avec attention.
« C'est toi qu'en fait trop Scooby. Mais c'est dans ta nature n'oublions pas ton côté ombrageux-le-poids-du-monde-repose-sur-mes-épaules . » raille l'ex ange sur la défensive.
Sam retient un sourire. La réaction de Gabriel confirme ce qu'il pense.
« Ah non ? Faut que j'énumère tout ce que t'as réussi à faire en seulement deux jours ? Tes...exploits ? »
Il entame la dernière suture. Gabriel laisse échapper un grognement tandis que Sam tricote une dernière fois ses chairs. Il fait cependant un geste désinvolte pour minimiser les dires du chasseur.
« Saaaaam, Sam, Sam. On t'as déjà dit que tu pensais trop ? »
Sam coupe le fil et désinfecte le tout.
« Voilà terminé. Je suis sûr de moi. Je sais pourquoi tu te comportes comme ça. »
Gabriel lui adresse un regard mauvais. Sam sourit en retour.
« Je sais. Je sais pourquoi. » répète-t-il.
Un petit tournant s'amorce dans la relation entre Sam et Gab (pas LE tournant mais ça progresse xd) Vous le verrez au prochain ^^
Un petit mot pour m'informer de votre ressenti ? Allez, soyez gentils c'était mon anniversaire la semaine dernière *w*
Hey, vous avez vu pas de cliffhanger cette fois ;)
* Pourquoi Meredith ? C'est aux US donc exit Jean Pierre, je me suis donc "amusée" à chercher le nom de la présentatrice de l'émission "Qui veut gagner des millions" ("Who wants to be a millionaire"), il s'agit de Meredith Vieira. Vous êtes ravi de l'apprendre XD
** La marque Bonne Maman existe vraiment aux US ^^ (selon Google)
