Bonsoir, ou bonjour tout dépend de comment on voit les choses ^^

Hé oui, il y a des gens bizarres qui postent des chapitres à des heures pareilles !

*lève les bras en signe de victoire*

Mais bon, je viens de le finir et tant que je suis dans ma lancée. La flemme de le poster demain (ou tout à l'heure, encore une fois tout est relatif)

Je vous présente mes excuses de ne pas avoir répondu à vos commentaires avant, mais comme je l'ai précisé je n'étais pas chez moi quelques jours.

Par un pur miracle j'ai réussi à terminer ce chapitre AVANT de partir à Londres *w*

Je ne sais toujours pas comment j'ai fait pour écrire tout ça en trois jours, mais je l'ai fait xd

Ce chapitre est un brin plus court que le dernier (mais franchement pas de beaucoup)

Encore merci pour vos reviews !

Accrochez vous, je crois que la première partie est un peu...délicate XD Dites moi si la fameuse explication parait incompréhensible !

Eith: (Ou Tata Eith ? ;P)

Rahh j'aurais tellement aimé te prévenir (ça t'aurais évité de te ronger les sangs comme ça TT) mais je n'en avais pas la possibilité sauf dans ce chapitre...donc voilà je te le dis maintenant (puisque de toute évidence tu ne le savais pas), les reviews des personnes qui ne sont pas inscrites sur le site ne se postent pas directement. C'est l'auteur qui doit les autoriser à apparaitre. Et comme je n'étais pas chez moi, forcément...pas pu autorisé le passage tout de suite XD

Donc ça va faire pareil pour le chapitre qui suit, ne t'inquiètes pas si ton comm met quelques jours à arriver XD Ce sera normal.

J'espère que tu te sens un peu mieux maintenant et tu as pu digérer le "méga vent de la mort qui tue", je compatis -_-

Oho chef d'oeuvre, ma chère vous être trop bonne je ne sais plus où me mettre XD (et j'en reste bouche bée O.O)

Je t'emmène dans ma valise par liaison télépathique XD Ça fait très longtemps que je veux y aller aussi *w*

Merciiiiii pour mon anniv *w*

XDDD la peur du papier toilette XD C'est violent XD Ça me fait penser à des phobies bizarres comme l'appertophobie

(peur des ouvre-boîte),l' hippopotomonstrosesquippedaliophobie (peur des mots trop longs, là je dis lol), l'anatidaephobia (peur que quelque part, d'une façon ou d'une autre, un canard vous observe) ou la peur des nains de jardin à brouette (Nanopabulophobie, ma préférée) XDDD tout ça pour dire, bienvenue à l'asile mdr (t'inquiètes j'y suis aussi)

Mais disserte donc , vas-y lâche toi :D

Oho une groupie Luci ^^ plutôt rare, mais c'est un perso intéressant c'est vrai ^^ paradoxalement je l'aime bien aussi (il est trop classe quoi !)

XD C'est vrai que ce serait marrant que les Winchester se coltinent les 4 devenus humains XD

Ahah je vais (encore) casser tes espoirs mais dommage pour toi, Meb ne finira pas ses jours écharpée par Luci et Michou (quoique ça satisferait bien mes envies de meurtres envers ce personnage...mais ça n'arrivera pas xd)

XDD Mais en fait tu me piste sur FF net sans même le savoir, ma parole XD Regarde les noms des auteurs, nunuche ;p (rooh mais tu sais que je t'aime 3) Je suis super contente que tu aimes ce que j'écris en tout cas *w**w*w*w*

Heureusement que tu as corrigé ton infamant "pot de fleur" XD avoue que le titre original est un peu plus classe XD

Allons-y Alonzo ! (Dr Whooooooo, sooo fantastic !)

Le crossover est en stand by pour le moment, envoie moi un mp (ou laisse moi ton adresse mail par mp) si tu veux plus de précisions sur le pourquoi du comment (sinon déjà que cette réponse s'éternise ça va être encore pire xd)

Ahah oui Gaby a pété un boulonnnnn (pardon petit reste de Monstre & compagnie) avec son feu d'intérieur je sais *souris de toutes ses dents* donc oui, il a bien mérité l'énervement de Sam qui a vu deux personnes très chères cramer dans un incendie. XD Rassure toi, mon but est aussi de mettre Gab et Sam dans le même lit *w* Je crains que l'explication du comportement de Gab casse encore tes illusions, i'm sorry, it's not love (non non ne me tue pas xd)

Oui la cage est scellée, mais Meb n'a pas dit son dernier mot niark niark ^^

J'ai a peu près fait le tour de tes 5 reviews (pfiou) et oui j'avoue que j'appartiens peut être un peu au club des sadiqument votre, mais rien qu'un peu *smile* Je suis contente que mon trip gâteau au chocolat t'ai plu XD

Pour conclure, merci pour ta persévérance ! et merci pour tes reviews géniales et pleines de compliments !

Gros bisous et...geronimo xd (tu aimes les cookies heiiin, bon à savoir pour ma prochaine tentative de chantage !)


Chapitre VII

Grand déballage


Gabriel laisse échapper un grognement tandis que Sam tricote une dernière fois ses chairs. Il fait cependant un geste désinvolte pour minimiser les dires du chasseur.

« Saaaaam, Sam, Sam. On t'a déjà dit que tu pensais trop ? »

Sam coupe le fil et désinfecte le tout.

« Voilà terminé. Je suis sûr de moi. Je sais pourquoi tu te comportes comme ça. »

Gabriel lui adresse un regard mauvais. Sam sourit en retour.

« Je sais. Je sais pourquoi. » répète-t-il.

Sam note avec intérêt la tension dans les muscles de Gabriel. Il est définitivement sur la bonne voie, ses derniers petits doutes balayés par la réaction du blessé.

Conscient d'être observé, et conscient du fait qu'il ne maîtrise pas totalement les attitudes de son corps, Gabriel fait diversion. Il baisse son T-shirt avec une expression goguenarde et réplique.

« Tttt, mon petit Sam. Moi je sais pourquoi tu ne t'énerves pas. »

Sam l'interroge silencieusement. Gabriel s'explique, une lueur maligne brille dans son regard topaze.

« Tu m'as bousillé le ventre dans l'unique but de pouvoir me recoudre après. »

Curieux de savoir ce que l'ex Trickster a bien pu inventer comme ineptie à dormir debout, Sam demande :

« Et pourquoi je ferais ça ? »

Gabriel adopte un sourire railleur.

« Ça semble évident. »

Il se redresse un peu, une main plaquée sur le nombril pour diminuer la douleur et se rapproche de Sam assis à côté. Se rapproche encore. Encore. Sam ne bronche pas.

L'ancien archange s'arrête à une dizaine de centimètres du visage de son recouseur personnel. De son index, il dessine des petits ronds dans l'air devant les yeux de Sam. Ce dernier met un point d'honneur à ne pas suivre les mouvements. Et là, Gabriel lui assène une pichenette sur le front.

« Tu ne pouvais tout simplement pas résister à l'attrait de mon magnifique corps ! – s'exclame-t-il – Alala c'est un peu tordu comme technique mais qui sait quelles perversions se cachent derrière ce visage sérieux hum ? Mais je ne t'en veux pas, j'ai été un dieu après tout, mon sex apeal est légendaire. » raille Gabriel.

Sam réussit l'exploit de pouffer et de lever les yeux au plafond en même temps. Amusé malgré lui. Il répond du tac-au-tac.

« Bien sûr bien sûr. Je ne doute pas que tu sois un spécialiste dans le rayon perversion, et désolé de te décevoir mais ton sex apeal ne semble pas si légendaire. Sinon pas trop de problèmes d'égo, ça va ? » ironise le chasseur.

« Bah écoute, ça va pas mal. Mais si tu veux que je fasse tomber le haut, la prochaine fois dis-le juste et épargne moi le coup de poing. J'ai pas de ventre de rechange et à force de l'abîmer hein... »

Sam sourit légèrement, pas démonté le moins du monde.

« Je dois dire que tu es plutôt doué en Trickster, par contre. » dit-il.

« Que me vaut ce compliment ? Et je ne suis pas « plutôt doué », ne m'insulte pas, je suis –Gabriel se reprend – j'étais le meilleur. »

« C'est assez dangereux de bavarder avec toi, mais tu ne m'auras pas. » continue le chasseur.

Gabriel lui tourne une bouille innocente.

« Je ne vois pas de quoi tu parles. Es-tu en train de nier le violent désir irrépressible que tu éprouves à mon égard ? »

« En bloc. Je parle de ta tentative de détourner la conversation, tentative dont les allusions graveleuses font parties. »

Le sourire moqueur de l'ancien ange se fane. Diversion découverte. Décidément, Sam ne lâche pas l'affaire. D'ailleurs, le chasseur repart à l'attaque. Le visage grave.

« Inutile d'esquiver, Gabriel. Je sais que tu ne veux pas entendre ce que je vais dire. Mais je vais le dire quand même. »

Gabriel renifle avec dédain, se laissant retomber en arrière dans le dossier du canapé. Sa voix farceuse quelques instants auparavant tourne à l'acide. Acide citrique. Son regard s'aiguise.

« Ah oui ? Mais je t'en prie, Sam, dis-moi tout. Dis-moi la soit-disante raison de mon comportement siiiii excessif. Voyons voir ce que le microscopique bourbier marécageux qui te sers à bien mauvais titre de cerveau nous a pondu. Dis-le, que je me fasse un plaisir de te démontrer par A plus B combien tu as entièrement et complètement tort. Dis voir ce que tu sais avec autant de certitude. »

Sam reste parfaitement calme.

« En fait, c'est Castiel qui m'a mis sur la voie. » commence le chasseur.

Gabriel secoue la tête et ne se départit pas de son attitude sarcastique pour répondre.

« Castiel n'arrête pas de me vendre ces temps ci. Déjà pour ma – il baisse les yeux – pour ma grâce il a fait le même coup. »

Attitude sarcastique qui est sa défense dans la situation présente, le Winchester s'en rend parfaitement compte.

Un voile de tristesse passe sur le visage de Sam. Gabriel embraye sur la suite :

« Oh et puis arrête de me regarder avec tes yeux de cocker battu, ça me fout les nerfs. Si je te jette un os, tu iras le chercher ? Histoire que j'ai la paix deux minutes ? »

Sam s'apprêtant à rétorquer quelque chose, ouvre la bouche. La referme. Sans le moindre son. Ce sont des questions rhétoriques, réalise-t-il. Gabriel s'obstine à faire la sourde oreille et à monologuer pour détourner le sujet. C'est parler simplement pour parler. Parler pour noyer Sam sous le flot de ses mots. Parler pour faire taire Sam. Pour ne pas entendre.

Mais Sam ne va pas se laisser faire. Il doit dire ce qu'il sait. Il doit le dire. Et il gagnera. Toute simplement parce que malgré tous les efforts que l'on peut mettre pour ne pas entendre quelque chose de blessant ou de désagréable, on l'entend toujours. Toujours.

Le chasseur place donc son grain de sel, sans prêter crédit à Gabriel qui de son côté file la comparaison du Winchester avec le genre canin dans des termes aussi élogieux que « teckel miteux » ou « paillasson graisseux monté sur pattes ». Le cadet Winchester déroule le fil de son raisonnement, songeur.

« J'étais tellement énervé contre ton foutage de merde congénital que j'ai fini par appeler Dean. Castiel est intervenu en disant que toi et moi « on se ressemblait sur certains points » et j'ai pas mal cogité là dessus, tu sais. Passé l'indignation première. »

Le cadet Winchester ne loupe pas le rictus outragé, pourtant infime, de son vis à vis à la mention des paroles de Castiel.

« Oui j'ai réagis comme toi. » acquiesce Sam.

C'est un faux dialogue de sourds, car en vérité Gabriel n'en perd pas une miette. Il refuse de se l'avouer mais Gabriel n'arrive pas à couvrir aussi bien la voix du chasseur qu'il l'aurait voulu.

Elle transperce sa tête.

Et puis il sent le regard de Sam sur lui. Qui ne le lâche pas d'une semelle. Insistant. Alors, plongé dans la contemplation d'un accoudoir, il se venge dans les qualificatifs ridicules, préférant disserter d'une voix forte sur le côté « scoobynours et stupide toutou chienchien à mémère gambadant » de Sam ou de le rabaisser avec des « Winchy-Winchy donne la papatte. » que de montrer qu'il ne peut s'empêcher d'écouter.

Sam poursuit. Lentement. Imperturbable.

« Et puis j'y ai réfléchis. C'est pour ça, tu vois, que je suis parti aussi longtemps. Je ne sais pas vraiment ce que Castiel voulait dire à ce moment là puisqu'il a été interrompu juste après. – Sam note que le débit insultant de Gabriel se ralentit considérablement – J'ai d'abord cru que c'était à cause de nos familles. Nous sommes un peu estampillés moutons noirs. Mais je sentais que ce n'était pas ça. Et puis en y pensant, j'ai simplement su que c'était autre chose. »

Sam marque une pause. Gabriel aussi. Il cesse de mitrailler visuellement l'accoudoir et regarde maintenant le grand chasseur.

« Je sais pour quelle raison on se ressemble. Je sais pourquoi tu te comportes comme ça. Je sais ce que tu ressens. » insiste Sam pour obliger Gabriel à parler.

Et ça fonctionne. Un rictus amer sur les traits, Gabriel crache ses mots comme d'autres le venin.

« Vraiment ? Tu sais ? Tu es un archange récemment déchu peut être ?! »

« Non. » reconnaît Sam.

Gabriel perd son calme, sa voix monte en crescendo.

« Alors comment oses-tu prétendre savoir ce que je ressens ? Comment pourrais-tu seulement concevoir ce que ça fait ! »

Ce que Gabriel a essayé d'ensevelir, de cacher remonte à la surface. C'est une tornade intérieure de sentiments brûlants. Un ouragan aux souffles contraires.

Les barrières se rompent. Les vannes s'ouvrent. Et le flux tempétueux se déverse dans son corps. Gabriel ne se rend même pas compte qu'il se lève d'un bond.

Il ne sent plus ses sutures.

Il ne sent que le cyclone qui rugit à l'intérieur.

Le cœur tailladé par les rafales d'émotions violentes. Qui ne demandent qu'à sortir. Et qui n'en sont que plus fortes d'avoir été retenues.

« Tu te compares à moi, mais qu'y a-t-il de comparable ? J'existe depuis des millénaires. J'ai vu la terre alors qu'elle n'était qu'un caillou brûlant. Je l'ai vu changer, se transformer. J'ai vu la naissance de la vie. Cette première petite perle de lumière qui s'est propagé comme une flamme sur un lac d'alcool. J'ai vu, Sam. J'ai vu. J'ai vu l'humanité se mettre debout. Apprendre à penser. J'ai vu la progression de ces petits bonshommes de boue. Du ciel à la grotte. De la grotte à la cabane. De la cabane à la cathédrâle. De la cathédrâle au building. Du bâton à l'épée. De l'épée à la mitraillette. Je vous ai regardé vous aimer et vous haïr. Répéter vos erreurs, encore et toujours. Vous entretuer dans de grotesques boucheries inutiles, baignant la terre de votre propre sang. J'ai rencontré des rois, des empereurs, des philosophes, des génies. J'ai vu des civilisations et des cultures naitre et s'effondrer. Les unes après les autres. Toutes poussières. Toutes soumises au cycle impitoyable du temps qui les fait mourir. Qui vous fait mourir. J'étais là. A chaque seconde. A chaque instant, j'étais là. J'ai toujours été là. Depuis le tout début. Et toi tu es quoi, Sam ? Et toi tu es quoi ? Un simple petit humain. Minable ! Misérable ! Tu n'es rien par rapport à moi ! Tu n'est rien ! Une punaise dans le caniveau de la création ! Une vulgaire et insignifiante punaise. Un lambeau de détritus. »

Le chasseur se lève à son tour, mais s'oblige à ne pas protester malgré l'insulte. Il prend sur lui, se répétant mentalement sa promesse de ne pas s'énerver. Il sait que Gabriel doit impérativement vider son sac maintenant. Sam riposte d'un ton neutre, sans aucune trace d'animosité ni de brusquerie.

« Tu es comme moi désormais. Tu es devenu un simple, petit, minable et misérable humain.»

« Je le sais ! » hurle le plus petit.

Ses mèches bondes bataillantes contre ses joues. Les prunelles topazes flambantes de colère. Sam l'invite à poursuivre. A se libérer.

« Pourtant de tous les anges, je pensais que tu serais peut être celui qui accepterait le mieux la déchéance. Tu aimes les humains non ? »

« Mais ce n'est pas pour autant que je voulais être l'un d'entre vous ! Tu n'as pas idée de la foutue transition que c'est ! C'est passer du tout à l'insignifiant comme ça ! – Il claque des doigts – Je déteste être humain. Je déteste ça bordel ! Mon infinité de possibilités réduite à néant, au profit de quoi ? Laisse-moi rire ! »

Sam ne dit rien.

« Tu oses dire que tu me comprends, c'est une blague ! Tu es d'une prétention extraordinaire ! – aboie-il avec une grimace de dégoût – Tu penses tout savoir avec ta foutue psycho de comptoir. Avec tes « je sais », « je sais », « je sais » ! Je vais te les faire bouffer un par un moi ! Tu ne sais rien, tu n'es qu'un primate ! Un insecte !»

Gabriel se rapproche de son interlocuteur silencieux, les lèvres retroussées en un rictus.

« Tu es tout simplement incapable d'imaginer ! Mon corps n'est qu'une prison de chair. Je peux plus rien faire. Adieu les univers alternatifs ! Adieu les tours de Trickter ! Adieu la angel airlines ! Je ne peux même plus voler, bordel ! Je suis privé de tout ! Si je n'ai plus mes pouvoirs que me reste-t-il ? Des balafres sanguinolentes ? Mes yeux pour pleurer? Car c'est de ça dont il s'agit ! Comment pourrais-tu me comprendre, ce que j'ai perdu passe bien au dessus de tes désolantes capacités intellectuelles ! »

Le ton de Gabriel change brusquement. Il avance encore d'un pas, susurrant entre ses dents. D'une certaine manière c'est pire que tous ses cris.

C'est tellement pire.

« Mais ça, à la limite ce n'est pas le plus douloureux. Tu n'as juste aucun moyen de te représenter ce que c'est de perdre sa grâce. Car tu n'es pas un ange. On me l'a volé. On m'a arraché une partie de moi même. Une partie de ce que je suis. La souffrance que...non...tu ne peux pas. Comment tu pourrais. »

Un ricanement amer ponctue la question qui n'appelle aucune réponse. Les émotions de l'ancien archange sont attisées par la sérénité du cadet Winchester. Derrière son calme apparent, Sam a mal. Mal pour Gabriel.

Mal en voyant toute la douleur qui s'exprime dans cette voix basse faussement posée. Dans ces yeux mordorés soudainement vides. Ces yeux qui le poignardent jusqu'au plus profond de lui même.

Qui lui vomissent sa propre souffrance au visage.

Le Winchester pose ses mains sur les épaules de Gabriel.

« Si. Je sais ce que ça fait. » Dit-il simplement avec une infinie douceur.

La tristesse danse dans les iris grises du chasseur. Ulcéré, Gabriel tente de se dégager mais Sam ressert sa prise.

« Tais-toi. » crache le blond

« C'est la vérité. »

Le regard délicatement empathique et le visage compréhensif de Sam insupporte Gabriel au plus haut point.

« Tais-toi ! – hurle-t-il – me regarde pas comme ça ! J'veux pas de ta pitié ! Évidement que tu n'en sais rien. Menteur !»

Sam est plus paisible que jamais, alors qu'il avoue en un murmure :

« Ce n'est pas de la pitié. C'est de la compassion. Quand Castiel m'a sorti de la cage, il m'a remonté sans mon âme. Alors ce que tu ressens, je le sais. »

« Menteur. – répète Gabriel en détournant un visage assassin – Menteur. »

Sam imprime une légère secousse sur les épaules de son interlocuteur.

« Gabriel. Regarde-moi. Regarde-moi. »

Nouvelle secousse.

« Regarde-moi. S'il te plaît. »

L'ancien ange daigne accéder à sa demande. Mais des mèches de cheveux tombent devant son nez, dissimulant l'expression de Gabriel. Sam recommence.

« Regarde-moi dans les yeux, et traite-moi encore de menteur. » exige-t-il.

Gabriel fouille les traits de Sam avec minutie à la recherche du moindre signe d'hypocrisie de sa part. Ce dernier veut le convaincre, alors il raconte encore.

« Quand Castiel m'a ramené de la cage de Lucifer, il ne m'a pas ramené en entier. Il a laissé un bout dans la fosse. »

Gabriel reste impassible, en attente de la suite.

« J'ai passé une année entière sans mon âme. Dean a conclu un marché avec la Mort pour me la rendre. La Mort l'a fait et elle a bâti un mur dans ma tête pour bloquer l'accès aux souvenirs de qu'il s'est passé dans la cage. Mon âme était …complètement estropiée. Irrémédiablement abîmée. Tes frères se sont joyeusement passés les nerfs dessus. Tellement joyeusement que me souvenir m'aurait rendu fou. »

Un frisson dévale la colonne de Sam. Les mots sortent étonnamment facilement. Plus qu'avec son frère. Peut être parce que Gabriel est à même de comprendre. Et Gabriel voit la sincérité du chasseur. Il la voit avec la clarté de l'é la voit dans l'ombre hantée qui habite les yeux de Sam. Qui les dévore.

Comment ne pas la voir ?

Sam lâche les épaules de l'ancien ange en abordant le reste. Il passe cependant sous silence le rôle de Castiel.

« Mais le mur est tombé...et je me suis rappelé – sa voix se casse – de tout. Et j'ai bien failli perdre la tête à ce moment là. La seule solution a été de recoller les morceaux de mon âme. Et... – il déglutit – Et je l'ai fait, mec. Je l'ai fait. Ça a été... – nouveau frisson – ...au delà des mots. »

Gabriel dissimule sa surprise sous une moue neutre. Comment Sam-a-t-il trouvé assez de force ?

Le chasseur parle toujours, il ne peut pas s'arrêter. Plus maintenant.

« J'ai accepté chaque part de moi. Une à une. Chaque différent Sam. Et ça n'a pas été facile de tous les intégrer. De tous les rassembler. Tous. Même les pires. Parce qu'ils sont moi. Au même titre que les autres, même si je voulais penser le contraire – il ferme les paupière un instant – C'était atroce. Je ne pourrais même pas le décrire, putain. Rien ne paraît assez puissant pour cela. »

Au moment où Sam prononce ces terme, ils savent l'un et l'autre qu'ils ont la même définition du mot « atroce. » Assurément un tel acte provoquerait une douleur sans commune mesure. Une douleur semblable à la mienne, réalise Gabriel. Mais Sam n'a pas terminé.

L'empathie irradie ses yeux de chasseur comme le soleil brille dans la pluie.

« Le dire rend les choses tellement plus fades que ce qu'elles sont en réalité, mais je vais essayer. Ce n'est pas comme perdre un bras ou perdre une jambe. C'est se perdre sois-même. Perdre ce qui fait de nous ce que nous sommes. Et pire, perdre notre propre perception de nous mêmes. Tu te sens mutilé sans retour en arrière. Écartelé dans ton essence la plus intrinsèque. Déchiré à une profondeur même que tes atomes souffrent. Déchiré à un point tel que jamais, jamais, tu ne l'aurais cru possible. Tu as l'impression de ne plus être toi. De ne plus être complet. »

C'est ça. Tout à fait ça.

Le chasseur ne s'arrête pas de parler. Achevant Gabriel chaque seconde un peu plus.

« Oui, je ne suis pas un ange et encore moins un archange. Oui je ne sais pas quel effet ça fait de se trouver soudainement humain. Mais quand je n'avais plus mon âme, je n'étais même pas humain, tu sais. – Sam se tait une poignée de secondes – J'ai perdu mon âme. Tu as perdu ta grâce. Alors ce n'est pas tout à fait pareil, mais c'est approchant, non ? Je pense donc une petite idée de la raison pour laquelle tu te comportes aussi étrangement depuis ton retour à la vie. Ou des raisons. »

« Dis-moi pourquoi. » dit Gabriel, la voix dure. Mettant Sam au défi de le percer à jour.

Sam sourit tristement.

« Tu passes tes nerfs sur moi parce que tu ne peux les passer sur personne d'autre. La vérité c'est que tu crèves de rage. Contre cette Mebahiah mais surtout contre toi-même. Tu es furieux de n'avoir rien pu faire pour l'en empêcher alors que ta puissance est censée être plus grande que la sienne. Tu te punis et tu me punis en essayant de me faire sortir de mes gonds. Ça te soulage de déverser ta colère sur moi. Je suis ton exutoire. Ton punching-ball. Et c'est auto-destructeur tout à la fois, car tu sais que je ne me laisserai pas faire si tu vas trop loin. Et que je répliquerai. C'est à double tranchant et c'est pour ça que tu le fais. »

La voix de Sam se fait la plus douce possible.

« Je suis ta distraction aussi, la distraction qu'il te faut pour tenir à distance la culpabilité qui te ronge. Et je m'y connais dans ce domaine là, crois moi. Tu culpabilises à mort que Mebahiah puisse créer un nouveau Dieu, ou je ne sais trop quoi à cause de toi. Tu es complètement frustré d'être humain. Tu te sens pathétiquement faible et inutile maintenant que tu n'as plus le pouvoir d'arrêter ses projets. Tu as l'impression de n'être qu'une caricature de celui que tu étais et ça te démolis. Et j'imagine que tu t'ennuie aussi, ce qui n'arrange rien.»

Gabriel avale sa salive en un geste purement humain qui le déprime en son for intérieur. Le gamin n'a pas tord. Dur à avaler mais c'est comme ça. C'est affreusement difficile de se voir dévoiler de cette manière. A voix haute. C'est difficile à admettre. Très vexant aussi. Et encore plus quand c'est un môme d'à peine quelques décennies qui vous déballe vos contradictions en pleine face.

L'ancien archange redresse le menton en avant, frondeur et agressif.

« Et même si c'était le cas ? J'ai pas choisi d'être humain, merde ! Si tu me sers ton blabla comme quoi ce n'est pas ma faute etc, je connais la chanson. Ce genre de discours n'aide pas. Je sais que c'est pas ma faute ! »

« Et c'est la mienne peut être ? Je te signale que je n'ai jamais voulu t'avoir dans les pattes ! Alors cesse de te passer ta colère sur moi, j'ai rien demandé ! »

« Moi non plus ! »

« Je sais ! Donc arrête ! Ce n'est pas un cauchemar duquel tu vas te réveiller ! Les choses ne redeviendront jamais comme avant. Et personne ne te consolera comme un enfant qui a peur du noir. C'est la réalité. La réalité. Tu es humain maintenant, imprime ça dans ton crâne ! Tu. Es. Humain. – martèle Sam – Me casser les couilles ne fera pas revenir ta grâce au galop. Aussi dur que cela puisse paraître. »

Gabriel baisse les yeux, toute la tension accumulée dans la pièce se dégonfle brusquement quand il finit par avouer un

« Je sais. » différent des autres.

« Tu le feras plus ? » insiste Sam.

Gabriel pince les lèvres.

« Non. »

Sam inspire un grand coup. Les choses sont mises à plat. C'était long mais nécessaire. Le Winchester sait par expérience que tout garder pour soi dans ces situations là, n'est vraiment pas bon. Ça empoisonne tout. Lentement mais sûrement, Gabriel était en train d'imploser à petit feu.

Une bombe à retardement. Qui gagne en force pour chaque seconde retenue.

Sam a été obligé de parler de la perte de son âme pour forcer Gabriel à l'écouter. A s'ouvrir. Le jeu en valait la chandelle. Ça a marché. Et c'est tout ce qui compte. Peu importe le froid qui lui glace le cœur quand il repense à cette période. Peu importe qu'il ait toujours les bras hérissés de chair de poule. C'était ça, où l'un d'entre eux aurait sans doute fini par tuer l'autre, ricane-t-il pour lui même.

Après la longue, très longue conversation, le silence règne. Aussi nuageux que de l'ouate. Cotonneux et duveteux, il absorbe leurs blessures respectives. C'est un baume apaisant.

Un filet d'eau fraîche sur une brûlure.

Ce n'est pas un silence aérien. Mais il n'est pas lourd non plus. Pas gênant. Pas dérangeant. C'est un silence pensif. Silence que l'un ni l'autre n'osent briser. Ou ne veulent briser. Gabriel finit par le faire pourtant, après avoir prit le temps dont il avait besoin.

« J'essaierai de ne plus le faire. Mais je serai toujours chiant, ça ne changera jamais. »

« Yep. Mais c'est pas pareil. Tu seras « normalement chiant ». » dit Sam.

Gabriel fait semblant d'être ennuyé.

« Plus d'excuses pour faire griller des marshmallows alors ? »

Sam se fait ferme.

« Non. Plus d'excuses. »

Il passe une main dans ses cheveux châtains pour les dégager de son front.

« Gabriel, je pense que ce ne serait pas une mauvaise idée que tu me montres l'évolution de tes blessures tant qu'on y est. »

« Tant qu'on y est ? »

« Tant que le désinfectant est à portée de main. » spécifie Sam en désignant l'objet sus-nommé sur la table basse.

« Oh. »

Gabriel retourne sur le canapé. Sam s'assoit sur la table basse et fait le tour des blessures sans dire quoique ce soit. A l'image de Gabriel resté étonnamment sérieux. Plongé dans ses pensées.

Gabriel constate que bizarrement, il se sent plus apaisé. Plus léger. D'une bien étrange manière parler avec Sam l'a aidé. Beaucoup plus que de l'emmerder, contrairement à ce qu'il pensait. Il n'a jamais été aussi bien depuis son retour d'entre les morts, en fait. Enfin, si le mot "bien" peut vraiment s'appliquer dans son état. Ce n'est pas la joie. Loin de là.

Mais c'est un mieux. Un petit mieux.

Les minutes passent tandis que les doigts chauds de Sam effleure sa peau ici, un muscle là. Sam arrose les plaies de quelques gouttes de désinfectant, mais elles sont propres et saines pour le moment.

« Elles guérissent normalement. »

« Trop lentement à mon goût » rechigne le blessé.

Les minutes s'égrainent encore. Un sourire en coin paraît sur les lèvres de Gabriel. Il laisse échapper un petit rire. Sa bonne humeur retrouvée. Chassez le naturel...

« Aha je savais que tu ne pouvais pas résister à mon corps d'athlète ! Si je voulais faire un mauvais jeu de mots, je dirais même qu'il a été sculpté par les anges. »

Il pouffe tout seul, plutôt fier de lui. Un léger sourire naît sur le bouche de Sam qui riposte narquoisement:

« Ciel, je suis découvert. »

« Hey, mais je rêve où tu continues dans la famille « mauvais jeu de mots et blagues carambar » ?! » S'exclame l'ancien ange, ravi.

Pour toute réponse, le sourire de Sam s'agrandit. Les plaisanteries et vacheries diverses sont toujours les mêmes, mais quelque chose a changé depuis tout à l'heure. L'atmosphère a changé. De manière très infime. A la limite du perceptible. C'est tout récent, tout nouveau.

Tout fragile.

Aussi fragile qu'une bulle de savon. Ou qu'un flocon de neige. C'est grâce à la conversation qu'ils viennent d'avoir. Grâce à l'abcès qui a été crevé.

Ils s'en rendent à peine compte eux mêmes.


Gabriel se penche et désigne la main du chasseur en fronçant les sourcils.

« T'as quoi sur la main ? »

« T'occupes. Je nettoierai ça plus tard. »

« Tu t'es fait ça comment ? » insiste Gabriel

« Une rencontre avec un arbre. Après ton ...exploit de petit scout. L'arbre a gagné. » conclut Sam

« Tu agresses de pauvres végétaux innocents, maintenant ? »

Sam ignore la pique, mais Gabriel comprend sans peine que Sam s'est défoulé sur le dit végétal.

« Allez tourne toi, je m'occupe de panser ton dos » fait le chasseur.

« Pffff. »

« Allez. » l'exhorte Sam.

« Pfffff. En plus tu pourrais être honnête, franchement. Au point où on en est rendu. »

« Mm ? »

« Les coups de poings...c'était à cause de ta dispute avec Dean, pas vrai ? »

Sam hausse les épaules.

« Oui. »

C'est la vérité après tout. En partie.

« Ah ! Je le savais. »

« Mais ils étaient aussi pour toi ces coups, t'inquiètes. C'est mauvais pour ta santé de m'énerver autant, c'est moi qui te le dis. »

« J'avais compris. » bougonne Gabriel.

Et je hais les incendies jusque dans mes tripes, pense Sam, mais cela il ne le dit pas.

A la place il râle un peu :

« Tu comptes te tourner ou pas ? Je ne veux pas rester là jusqu'à Noël prochain. »

« Pffffffffffff. » souffle Gabriel en se mettant finalement sur le ventre, de manière très très précautionneuse.


« Hey, Sammy ? » appelle Gabriel, le nez dans l'accoudoir.

« C'est Sam. » rectifie ce dernier en remplaçant les anciens bandages par des neufs.

« Mon petit doigt me dit que tu ne vas pas apprécier du tout, mais je tiens à faire valoir que ce tragique événement a eu lieu avant notre réconciliation ô combien touchante. »

Bon Dieu, qu'est ce qu'il a encore fait ?

« Ouuii ? »

« Je tiens à préciser également que que je te l'avoue uniquement parce que je sais que tu le découvriras tôt ou tard. »

« Ouiiiiiiii ? » appuie-Sam, qui commence franchement à avoir peur d'entendre la suite.

Gabriel se racle la gorge et se jette à l'eau.

« Herm. Il se pourrait que par un malencontreux hasard et par un geste tout aussi malencontreux que – il prend une grande inspiration – labouteilledejusderaisinsoittombéesurtonordinateur . »

« QUOIIIII ! »


« Sam ! Mais Sam, enfin ! Puisque je t'ai dis que c'était avant notre merveilleuse et bouleversante réconciliation ! Tu ne voudrais pas gâcher les prémices d'une belle amitié à cause de quelques gouttes violettes accidentellement atterri sur un pc, nan ? »

« Accidentellement ?! TU TE FICHES DE MOI ! » s'étrangle Sam en marchant à grandes enjambées vers la sortie du bunker.

«Un peu, c'est vrai. – Gabriel se rattrape tant bien que mal (mal surtout) – Mais c'était avant ! Avant quoi ! Le passé c'est le passé, c'est bien ce qu'on dit. »

« Sam ? »

« Sam ! »

CLAC.

La porte se verrouille derrière le chasseur enragé qui déboule jusqu'à la voiture et met le moteur en marche. Le véhicule démarre en trombe dans la nuit tombée depuis peu. Vrombissant comme un frelon furieux. Les pneus crissent leur agonie contre l'asphalte.

Et les phares éclatent l'obscurité. Explosent la tranquillité de la nuit en mille fragments de soie.


Subway Restaurant, Burns, Oregon –

Dean se frotte les mains avec une gourmandise non dissimulée en voyant arriver son énorme sandwich débordant d'un mélange de tomates, bœuf haché, bacon, pepperoni, oignons et sauce épicée. Il empoigne le sub gargantuesque et croque une bouchée avec un enthousiasme qui frôle l'indécence. Un léger sourire de passage s'invite sur le visage de Castiel à cette vision.

Plongé dans une étrange fascination, Castiel ne parvient pas à détacher ses yeux de la bouche du chasseur en pleine mastication. Les muscles des mâchoires qui roulent sous la peau bronzée. Le bout d'une langue rose qui vient de temps à autre caresser les lèvres pleines quand un peu de sauce ose s'y déposer par inadvertance. Et surtout cette expression de ravissement enfantine que seule la nourriture parvient encore à faire éclore sur le visage de Dean.

Un faible gémissement de contentement échappe au chasseur. Une étincelle joyeuse papillonne dans les yeux verts, hypnotisant l'ange.

« Mmm chais trop bon Cash. T'es chur que tu ne veux pas goûter ? »

Castiel, aussi raide qu'une planche de bois sur la banquette décline poliment l'offre d'un geste de la tête.

« Non merci, Dean. Tu sais bien que je n'ai pas besoin de manger. »

S'attendant à cette réponse, le Winchester hausse les épaules et mord encore dans le sandwich.

« Tu chais pas che que tu rates. Mais tu seras ob-li-gé de goûter les cookies, je te laisse pas le choix !» conclut-il.

L'ange ne relève pas, observant la gorge de son interlocuteur. Les mouvements réguliers de la pomme d'Adam. Les tendons qui saillent et ressortent avant de se fondre dans l'épiderme mat. Dessinant un fin réseau mouvant jusqu'aux clavicules. L'ange s'arrache à sa contemplation passive quand Dean hausse un sourcil interrogatif et demande :

« Cheque 'u fichque vectes znieux lazer ? 'Ai une tacheou queqchoz cha tur l' tchirt ? »

Castiel incline la tête sur le côté, perplexe.

« Je suis désolé, je n'ai pas compris ce que tu veux dire. Où y a-t-il des vieux armés de laser ? »

Dean roule des yeux et avale sa bouchée.

« Hrmmm. Je disais « Qu'est ce que tu fiches avec tes yeux laser, j'ai une tache ou quelque chose comme ça sur le T-Shirt ? » »

« Oh. Non. Le textile de tes vêtements est intacte, même si la dose de sauce dans ce sandwich me semble supérieure de 15% à la dose standard habituelle. »

« C'est pour ça que c'est bon. – clin d'œil – aucune tache aha, c'est que l'on appelle le talent ! » s'exclame Dean.

« En quoi cela relève-t-il d'une quelconque habilité de manger un sandwich ? C'est avant tout subvenir aux besoins vitaux de ton organisme. »

Dean sourit. On ne refera pas Castiel.

« Ouaip, peut être mais ce n'est pas si facile de manger un de ces trucs de manière élégante et classe ! Je suis un maître en la manière, admire ! Tout ceci est le résultat d'une longue expérience.»

Castiel sert les lèvres, se retenant de justesse de dire que la façon dont Dean se sustente n'a absolument rien d'élégant ni de classe. Et ne l'a jamais été. Sauf si parler en mangeant est soudainement entré dans les codes de politesses, mais dans ses souvenirs ce n'est pas le cas. Mais d'un autre côté, si Dean mangeait d'une autre manière, ce ne serait plus vraiment Dean. Et ça Castiel n'arrive tout simplement pas à l'imaginer. Ne le veut pas. Peut être.

Le chasseur attrape sa canette de bière et reprend la parole.

« Bref. Pour s'introduire dans la maison de James Northon, tu penses qu'on devrait faire comment ? Déguisement ou effraction ? »

Il incline la tête en arrière pour avaler une rasade de boisson.

« Comme tu le sens. » répond l'ange qui s'en fiche éperdument.

Toute son attention accaparée par des murmures que lui seul peut entendre. Et ce que les murmures disent ne lui plaît pas du tout. Il écoute distraitement le chasseur parler stratégie puis ensuite discourir sur les fabuleux cookies extra moelleux qu'il est en train d'engloutir. L'ange ponctue tout juste le blabla de Dean d'un ou deux « Oui. » ou « Hum. » de temps à autre. Le chasseur finit par en avoir assez.

« Cas ! Allô la terre ! Tu m'écoutes ou merde ? »

« Pardon, je t'écoute. » affirme l'ange.

Dean grogne.

« Tch ! Genre ! Je viens de dire que j'allais t'expédier frapper à la porte de Northon en pom-pom girl avec escarpins, perruque blonde et boa violet et tu as répondu que tu étais d'accord. Alors te fous pas de ma gueule ! T'as pas écouté un mot, ouais !»

Castiel réagit du bout des lèvre, ses yeux trop bleus perdus dans le vague.

« Il se peut en effet que j'ai entendu le mot « perruque blonde » à un moment, mais je ne l'ai rattaché à aucun contexte précis. » avoue-t-il.

« Ça ne va pas ? » demande Dean devant la mine assombrie et préoccupée de son vis à vis.

« Je ne sais pas. Il se passe des choses Là Haut. Ça s'accélère. Je crois que nous avons moins de temps que je ne le pensais. »

« Un appel sur ta bat-phone ? A propos de ce truc de nouveau Dieu ? Je croyais que la nana...Meb-machin était introuvable. »

« Mebahiah est revenue, je pense. »

Dean brandit un cookie à moitié entamé.

« Ouais, voilà ! Mebahiah ! Tu parles d'un nom de mer- »

Castiel disparaît brusquement, laissant le chasseur en plan avec son biscuit en l'air.

« Ah putain, tu fais ch- ! » Dean s'interrompt brusquement quand les clients de la table voisine se tournent vers lui.

Il est dans un lieu public, c'est vrai. Et à gueuler tout seul comme un con, il passe juste pour un attardé mental. Tsssssssss. Il adresse un sourire tout ce qu'il y a de plus faux à ses voisins de tables pour qu'ils retournent s'occuper de leurs fesses. Il vide ensuite le contenu de son assiette en silence. Parfaitement calme en apparence. Si ce n'est que les cookies sont terminés avec une certaine hargne.


Castiel se matérialise à l'endroit indiqué par Reiyel dans le message télépathique. Reiyel l'attend, dissimulé derrière un coin de mur. Ses cheveux roux éclatants ternis par la faible luminosité. Le piercing à son arcade gauche jette un bref éclair dans la pénombre.

« Castiel. » le salue l'ange dont les tatouages tranchent sur sa peau pâle.

« Reiyel. »

L'homme aux cheveux de feu s'approche du brun, entamant le dialogue d'une voix chuchotante pour ne pas être entendu par une oreille indiscrète.

« Méhiel a été retrouvé mort. Mort à cause d'une de nos lames. Et ce n'est pas le seul. Une vingtaine d'autres disparations m'ont été rapporté. Qui sait s'il n'y en a pas plus. Cette situation me rappelle bien trop désagréablement ce qu'il s'est passé avec Raphaël. »

Ce que craignait Castiel a commencé.

« Je sais qui est derrière tout ça. C'est Mebahiah. Elle recrute ses partisans, comme Raphaël l'avait fait. Ou comme moi. » affirme-t-il en baissant le menton.

« Une nouvelle guerre. Mais en souterrain cette fois. Elle procède de manière insidieuse, j'ai mis un temps fou à m'apercevoir que nos frères et sœurs ne répondaient plus à l'appel. » rajoute Reyiel.

Castiel acquiesce. Il explique ce qu'il sait des projets de la Principauté.

« Nous devons l'arrêter, Castiel. Quel qu'en soit le coût. Si elle réussit, les répercussions seront dramatiques.»

La détermination durcit les traits des deux anges.

« Il faut essayer d'en savoir plus. Je vais essayer de parler avec elle. Pendant ce temps, contacte autant d'anges que tu peux pour les mettre en garde. » dit Castiel.

« Je le ferai. » confirme Reyiel.

Le visage d'une extrême gravité, Castiel met un terme à la conversation.

« Contacte-moi le plus vite possible, si cette situation empire... »

L'homme roux hoche la tête avec vigueur.

« Nous ne la laisserons pas empirer. Sois prudent. »

Toutefois dès que Castiel disparaît, une autre présence emplit l'espace. Pressentant le danger, Reyiel essaye de se soustraire à l'aura, mais trop tard. Son confrère est déjà là. A la seconde où Reyiel aperçoit le visage du nouveau venu, il sait qu'il est perdu. Car le nouveau venu s'appelle Sariel.

Sariel, l'assistant de Mebahiah.


« Je refuse. – clame Reyiel à la proposition de l'assistant – je refuse de toutes mes forces ! »

Sariel soupire.

« Je m'en doutais. Toujours fidèle à toi même. Toujours aussi têtu. »

« Et toi toujours aussi servile envers ta patronne à ce que je vois. »

« Je vais avoir le plaisir de te tuer. » dit Sariel.

« Tu sais aussi bien que moi que ta puissance ne peut se mesurer à la mienne. »

« Exact. – sourit l'assistant – Mais je ne suis pas venu seul. »

A ces mots, cinq autres anges se posent à ses côtés.

Le roux recule.

Le sourire de Sariel s'élargit.


Voilà ^^

Je ne sais vraiment pas si la première partie du chapitre est crédible (je parle de la grosse discussion S/G), j'avoue que j'aurais aimé la peaufiner un peu plus mais c'était ça ou je ne postais pas le chap avant mon départ.

Donc n'hésitez vraiment pas à me dire ce que vous en pensez, si ça parait cohérent ou totalement à côté de la plaque ! Je ne suis vraiment pas sûre de moi sur ce coup.

Vous connaitrez le sort réservé au gâteau dans le prochain chap !

Suite à de petits séquelles psychologiques dû à la couleur du tailleur de Mebahiah qui rappelait trop Ombrage à certaines (et parce que je suis dans un élan de bonté) Mebahiah se verra donc désormais affublée d'un ravissant tailleur turquoise/bleu canard bien pétant.

(Oui Orange Sanguine, ceci est pour toi XD)

Je ne sais pas quand le prochain chap arrivera mais je ferai évidement au plus vite ^^

A bientôt j'espère *.* Et London power XD