un grand merci à tous ceux qui suivent cette histoire ou la lisent simplement, ça me fait déjà un immense plaisir !

Donc. j''ai failli me lancer dans une description du chapitre qui va suivre et dire le pourquoi du comment MAIS j'ai tout effacé parce que ça se fait pas de dire ce qui s'y passe, ou même de le laisser sous-entendre. Motus et bouche cousue ! bonne lecture...

(bon, j'espère que le début est pas trop affreux…)


Chapitre deux:

Romilda, des fleurs blanches dans ses cheveux bruns, l'une d'entre elles piquée juste au-dessus de son oreille droite, éclata d'un rire frais. Cela fit s'élever un nuage de papillons multicolore qui lui caressèrent le rosé de ses joues avant de disparaitre au loin dans les hauteurs. Romilda leva ses yeux aussi bleus que le ciel vers les nuages blancs et gonflés qui y flottaient paresseusement. Un sourire se dessina sur son visage, et elle rit à gorge déployée une fois encore.

- Harry... chuchotait-elle d'un air rêveur et confident.

Elle se cacha derrière un buisson, ses grands yeux bleu pénétrant soudain posés sur lui. Puis avec un gloussement mélodieux comme un grelot elle sortit de sa cachette, et pieds nus s'éloigna gracieusement de lui.

-Je te veux Harry, pour toujours... susurra-t-elle contre son oreille.

Le garçon frissonna.

- HARRY ! cria une voix masculine.

Harry rouvrit brusquement les yeux, et se retrouva face au visage de Malefoy, très proche de lui. Il était beau, tellement beau que Harry en eut le souffle coupé. Mais ses yeux accusateurs dirigés sur lui s'écarquillèrent soudain d'horreur. Son visage était maintenant léché par les flammes. Harry sentit leur chaleur sur sa peau. Elles naquirent au bas de son corps et l'encerclèrent avant que Harry n'ait seulement le temps de bouger. Malefoy restait immobile. Alors qu'il se faisait consumer par le feu. Une odeur de chair brûlée tétanisa Harry. Il aurait voulu crier, lui hurler de se débattre, mais il n'arriva pas à parler. Il n'arrivait à produire aucun son, il était horrifié et ne pouvait rien faire.

Les ongles crochus de Romilda s'enfoncèrent lentement dans son épaule, jusqu'à lui faire mal. Son rire était devenu cruel.

- Tout ça c'est de ta faute, Harry !

Ses yeux étaient exorbités, de sa langue pointue elle se lécha les babines rouges.

- TA FAUTE ! cria-t-elle en le poussant de toutes ses forces.

Les brins de l'herbe douce où Romilda avait couru pieds nus s'allongèrent et comme des lianes s'enroulèrent fermement autour de sa cheville. Harry tomba, mais avec une lenteur vertigineuse. Sa chute était interminable. Son cri était maintenant si fort qu'il lui faisait mal aux tympans, l'écho résonnait et il explosa les vitres des fenêtres de Poudlard.

Il heurta un tapis de feuilles mortes. D'immenses arbres le surplombaient et au lieu de la cendre il sentit une agréable odeur de sous-bois. Il roula sur le coté. Malefoy se trouvait soudain sur lui, le poids de son corps sur le sien. Harry posa par réflexe ses mains sur ses épaules et il se rendit compte qu'il était nu. L'atmosphère devint d'un coup beaucoup plus chaude...

- Que... ?

Malefoy traçait une série de baisers dans son cou, et il le fit taire en l'embrassant. D'une façon incroyablement langoureuse. Harry gémit et les fit instinctivement échanger de position, pour se retrouver sur Malefoy qui se laissa faire et même enroula ses jambes autour de lui. Ils étaient tous les deux excités.

- Toi aussi tu as toujours voulu ça, hein Potter ? dit Malefoy haletant, entre deux baisers.

Harry, humilié, le supplia de se taire, et ils reprirent là où ils en étaient. Malefoy tentait de faire retirer son pantalon à Harry, qui ne demandait qu'à l'y aider au plus vite.

Mais soudain, sans raison apparente, ses bras retombèrent de chaque côté de son corps. Harry plaqua encore plusieurs fois ses lèvres contre les siennes, mais Malefoy ne bougeait plus. Harry s'écarta, et réalisa que ses lèvres, chaudes et humides l'instant d'avant, étaient froides et gercées. Il s'écarta avec un bond d'horreur et vit les yeux de Malefoy grands ouverts et sans expression. Il était mort.

- NOOOON !

Le rire infernal de Romilda emplissait l'air partout autour de lui. Harry se boucha les oreilles.

- TA FAUTE HARRY POTTER !

Les yeux noyés de larmes, Harry vit une plaie béante sur le ventre de Malefoy, la même qu'il lui avait faite lors de leur sixième année, il était maculé de sang. Harry regarda ses mains : elles étaient couvertes de sang elles aussi.

Le rire de Romilda était assourdissant.

Pourquoi... pourquoi ?

...

- AH !

Harry venait de se réveiller en sursaut, trempé de sueur.

- Hmm, hein ? Quoi ? Ca va vieux ?

Ron, se retournant dans son lit dans un froissement de draps, avait parlé d'une voix ensommeillée et à moitié étouffée par l'oreiller. Harry avait encore le coeur qui battait à toute vitesse, et une horrible envie de vomir. Mais il réussit à retrouver un calme relatif, pour simplement dire à son ami qu'il avait fait un mauvais rêve. Celui-ci se rendormit sur-le-champ.

Harry s'appliqua pendant un moment à retrouver une respiration normale, puis il se rallongea sur le dos. Il mit ses lunettes et regarda l'heure à sa montre en tendant son bras au-dessus de son visage. 4h20.

Merde !

Dans la confusion du sommeil Harry reposa sa montre, enleva ses lunettes puis posa la tête sur son oreiller en fermant résolument les yeux, bien décidé à se rendormir et à ne pas perdre deux précieuses heures de sommeil alors qu'ils étaient en pleine semaine de cours. Mais c'était cause perdue. Il était parfaitement éveillé à présent. Les images de son rêve horrible continuaient d'apparaitre dans sa tête, lui retournant à chaque fois l'estomac. Harry se leva donc, en râlant silencieusement, et chancela dans le noir pour atteindre les escaliers et descendre dans la salle commune des Griffondors.

Le feu était totalement éteint. Il se laissa tomber dans le gros sofa placé devant l'âtre, car il restait l'endroit le plus chaud de la pièce. Il trouva par chance une couverture roulée en boule à côté de lui. Se foutant parfaitement de la personne qui avait du l'oublier là il s'emmitoufla dedans, les jambes ramenées contre son torse et ses pieds nus glacés sur le canapé en cuir abîmé.

Il tenta bien de ne pas réfléchir, mais il se trouva à décortiquer les événements de cette dernière semaine. Encore.

Harry se rappelait de tout. Il avait repris conscience à l'infirmerie, dans un état proche de la panique à cause d'un cauchemar où Romilda l'avait ligoté tout nu au milieu d'un couloir désert et s'était absentée en disant qu'elle allait chercher "sa boîte à jouets coquins". Harry aimerait beaucoup en rire comme le fait allègrement Ron lorsqu'il commet l'erreur de lui raconter, mais la vérité est qu'une terreur irrationnelle le prend à chacune des apparitions de la Serdaigle, dans ses rêves ou dans la vraie vie.

Ils étaient par ailleurs étranges ces temps-ci, ses rêves. Rarement plaisants.

Lorsqu'ils n'étaient pas érotiques...

Harry regarda la fumée s'échappant encore des cendres.

L'infirmière l'avait immédiatement rassuré. Elle lui avait dit qu'il avait été retrouvé sur le seuil de l'infirmerie, inconscient, et qu'elle avait rapidement identifié son cas comme celui d'une personne qui s'était pris un Stupéfix bien senti en pleine poire.

Mrs Pomfresh était connue pour rarement se laisser impressioner, et rester avant tout professionnelle. Elle lui avait sur-le-champ prodigué ses meilleurs soins avant de courir alerter la Directrice que l'Elu s'était manifestement fait agresser, au sein même de l'école !

Il faut s'imaginer ensuite quel joyeux charivari cela a été. Harry se souvient de la visite brève et autoritaire de McGonaggal, qui après s'être assurée qu'il allait bien avait refoulé toute inquiétude maternelle et lui avait ordonné de lui raconter ce qui s'était passé. Non, il ne se souvenait de rien, avait dit Harry. En était-il vraiment sûr ? Oui, car quel intérêt aurait-il à cacher quoique ce soit ? La Directrice soudain beaucoup moins amicale que d'habitude l'avait regardé de ses yeux perçants. Elle ne savait que trop bien la tendance de Harry à jouer les "Héros" dès que quelque chose clochait à Poudlard. Harry avait soutenu son regard ce qui avait semblé durer de longues secondes.

Puis elle avait tourné les talons, lui souhaitant quand même un bon rétablissement. S'était ensuivie une visite de aurores dépêchés pour une enquête que Harry trouvait ridicule. Mais cela ne l'excompta pas d'un interrogatoire dans les règles, afin de mettre la main sur son agresseur. Harry était persuadé que Mc Gonagall avait fait ça pour le punir de ne rien lui avoir dit.

Ou se souvenait-il être allé en dernier ?

Vers la tour des Serdaigles... (il y avait ici comme preuve une bonne vingtaine de témoins qui juraient avoir entendu Harry marmonner cela en marchant).

Pourquoi la Tour des serdaigles ?

Harry devait trouver son amie Luna Lovegood.

Luna était-elle sa petite amie ? Avait-elle par rancune amoureuse une raison de lui en vouloir et de souhaiter qu'il lui arrive du mal ?

Nooon, avait répliqué Harry exaspéré. Le château fut fouillé de fond en comble par pas moins de dix aurores, pour tenter de découvrir un éventuel passage ou le Mangemort aurait pu s'introduire, car après avoir harcelé cette pauvre Luna de questions dont plus de la moitié portait sur la nature exacte de sa relation avec Harry, les aurores en avaient de suite conclu qu'il s'agissait de l'oeuvre d'un mangemort en fuite.

Harry subit aussi tout une batterie de tests pour vérifier qu'aucun poison à retardement ne lui avait été fait avaler, ou qu'on ne lui avait pas lancé d'enchantement. Au sifflement impressioné de Ron quand ses amis venaient le voir et qu'ils découvraient quel désordre était devenu l'infirmerie, s'ajoutait la voix pleine de bon sens de Hermione, qui s'estimait satisfaite des mesures prises par MacGonagall étant donné "le sérieux de la situation".

Harry ferma les yeux de fatigue en la réentendant lui rabâcher pour la centième fois avec inquiétude "ca aurait pu être grave Harry !Que tu le veuilles ou non tu n'es pas un élève comme un autre !".

A aucun moment, malgré qu'il soit majeur, le sauveur du Monde Magique et le premier concerné de l'histoire, Harry n'avait eu son mot à dire. Ce qui était incroyablement frustrant. "Il ne s'agit pas seulement de vous, Monsieur Potter, lui avait rappelé la chef des aurores avec autorité. S'il devait vous arriver malheur la sécurité entière de l'école serait menacée". Même Hermione avait à ce stade était forcée de reconnaitre que la situation devenait un peu hors-contrôle. Que Harry se soit pris un Stupéfix sorti de nulle part ne signifiait pas que le retour du seigneur des tenebres était imminent. Celui-ci ne reviendrait pas. Point.

Naturellement, comme la piste du mangemort ne donnait rien, les Serpentards avaient très vite été montrés du doigt. N'étaient-ils pas les plus soupçonnables ? Pour la première fois Harry avait fini par se sentir inquiété par l'enquête, lorsqu'un aurore débutant et un peu trop enthousiaste avait suggéré qu'on leur confisque à tous leur baguette pour les soumettre à des analyses. Ainsi on verrait quels derniers sorts ils avaient utilisé. Ils n'étudiaient pas les sorts de désarmement en ce moment, un Stupéfix ne passerait forcément pas inaperçu.

Harry s'était agité nerveusement sur son lit d'infirmerie, où une aide-soignante était actuellement en train de le passer à un scan méticuleux grâce à sa baguette. Comme elle était costauds elle l'entravait de tout mouvement. Dieu soit loué des protestations s'étaient rapidement élevées de tous les côtés : elles accusaient cette idée de discriminatoire et allant à l'encontre de tous les messages de tolérance et de pardon dont le nouveau Ministère en place se parait. Harry, impuissant, avait prié intérieurement que ces voix soient écoutées, alors que le large faisceau violet du scan se déplacait sur sa tête où il lui chatouilla le visage.

Ca n'était passé qu'à un cheveu, mais finalement l'idée fut abandonnée. Harry ne souffrait apparemment d'aucun mal (il avait fallu pas moins d'une semaine pour les convaincre malgré un Harry de plus en plus récalcitrant qui devait garder sa mâchoire serrée pour ne pas tous leur dire d'aller se faire f…!) et après avoir un court moment envisagé d'inspecter la baguette de la totalité des étudiants de Poudlard il apparut vite évident que l'idée n'était pas réalisable. Ils avaient de toute façon d'autres chats à fouetter que des chamailleries entre collégiens, avait déclaré vertement la chef des aurores Alicia Geldof, après une semaine infructueuse où elle avait fini par comprendre que ce n'était pas ici qu'elle récolterait la gloire et le prestige d'avoir coffré le responsable d'une tentative d'assasinat sur la personne de l'élue.

L'équipe était donc repartie aussi vite qu'elle s'était installée. Laissant derrière elle une infirmerie soudain calme mais toute crottée par des traces boueuses de chaussures, dues à la pluie battante qui avait duré toute la semaine. Harry avait décidé de choisir le moment approprié avant de demander à Mrs Pomfresh s'il pouvait enfin retrouver son lit normal.

Il ne devait surtout pas demander à McGonagall. Celle-ci était revenue plusieurs fois, demandant encore à Harry s'il ne se souvenait de rien. Mais Harry était têtu, il avait tenu bon. Et hors de question de lui offrir satisfaction en la suppliant de le laisser sortir d'ici.

Il lui manquait cruellement son lit, après avoir passé plusieurs jours dans celui trop étroit de l'infirmerie. A son grand étonnement, Pomfresh, en train de remettre de l'ordre dans ses placard "pillés" par les médecins et aides-soignantes s'étant succédés, se tourna vers lui en s'exclamant d'un air soulagé que Grand Dieu! oui, il le pouvait.

Harry avait donc enfin pu retrouver son dortoir, et Seamus Finnigan avait décidé qu'il fallait fêter ça en piochant dans sa réserve personnelle de bièraubeurre, qu'il planquait sous une latte du planchet sous son lit. Harry avait passé une bonne soirée, il avait retrouvé ses amis...

Mais il lui restait un problème.

Cela faisait trois jours qu'il évitait avec le plus grand soin Malefoy.

Il évitait sa présence dans une même pièce. Evitait son regard, son contact même. Harry n'aurait pas cru devoir aussi y être obligé, faire attention à ne carrément pas le toucher, mais lors de l'entrée dans la salle d'histoire de la Magie, ce cours où tout le monde se bousculait au moment d'entrer pour ne pas se retrouver au premier rang, il avait lors d'une seconde, une malheureuse seconde où son coeur avait battu jusque dans ses oreilles, malencontreusement touché le bras du Serpentard, tout d'un coup si proche de lui.

Harry voulait qu'il sorte de sa vie.

Il avait alors failli enfreindre par réflexe le deuxième impératif, celui de ne pas croiser son regard, qui avait cherché à trouver le sien.

Il gardait trop le souvenir de la façon dont ses yeux gris l'avaient regardé, ce moment où il avait été tête en bas.

Une percée dans le troupeau d'élèves se poussant pour rentrer lui permit de le dépasser à temps. Il s'était senti honteux toute l'heure qui avait suivi, sans qu'il ne sache vraiment pourquoi. Il n'avait pas à se sentir coupable. Malefoy n'avait peut-être aucune dette envers lui, mais lui non plus n'en avait pas, se disait Harry. S'il choisissait d'éviter Malefoy c'était son choix, et l'autre n'avait qu'à le respecter.

Et puis de toute façon, il était bien trop perdu pour lui dire quoique ce soit. Rien que de le voir en chair et en os devant lui était très… perturbant.

Ses yeux commençaient de nouveau à picoter.

Harry se remit sur ses pieds, puis parcourut la distance le séparant de son lit en chassant toute réflexion qui concernait Malefoy. Il s'écroula dans son lit et s'endormit presque immédiatement.


Nda:

si si je vous jure que ce sera pas trop long ! quatre chapitres en tout, merci d'avoir lu! n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, vos joies vos espoirs vos doutes et mécontentements… zoubi !