Nda :

Leçon du jour : on n'ignore pas impunément Draco Malefoy, ou alors on le regrette. bonne lecture i


Chapitre 3 :

Harry monta quatre à quatre les escaliers menant à son dortoir. Ignorant toute autre chose autour de lui il donna un coup de pied inutile mais libérateur dans son bureau, avant de s'asseoir sur son lit en fulminant. Rapidement, il se releva et se mit à faire les cent pas dans la chambre comme un lion en cage.

Il était furieux. Une colère démesurée et impossible à contrôler.

Il prit conscience du coin de l'oeil que la flamme du chandelier s'était mise à vaciller dangereusement, et que Coquecigrue, qui venait parfois rendre visite à Ron, hululait d'un air alarmé depuis le haut de la commode.

Il s'allongea de tout son long sur le lit. Cachant son visage avec ses mains, Harry s'efforça de se calmer pour ne pas que sa magie dégénère.

Il n'y arrivait pas.

Ayant soudain une idée il se releva brusquement et alla à son bureau. Il attrapa la première plume qui lui tomba sous la main. Il prit du papier en froissant au passage la pauvre pile et trempa la pointe dans le pot d'encre. Harry se concentra, fit vraiment tout son possible pour se calmer en oubliant qu'il en avait toujours été incapable dans ces moments-là.

Dans sa tête, le sang bouillonnait. Il n'arrivait pas à seulement former une phrase cohérente.

Ecrire... lui écrire... oui mais quoi ?

Harry poussa un gémissement d'impuissance et son front heurta le plat du bureau. Il resta dans cette position.

Il fallait pourtant qu'il lui dise quelque chose. Qu'il le fasse réagir. Harry avait l'impression qu'il avait tout rêvé et qu'il était devenu cinglé au point de se raconter ses propres histoires auxquelles il finissait par croire dur comme fer.

Pourquoi Malefoy l'ignorait-il ? Rien, absolument rien dans son comportement ne laissait sous-entendre qu'il s'était passé quelque chose d'inhabituel entre eux, et cela rendait tout simplement Harry dingue.

Ses rêves érotiques avec Malefoy, ils ne s'étaient pas arrêtés. Ils survenaient presque chaque nuit à présent et Harry était même déçu, alors que ça devrait être le contraire, lorsqu'il se réveillait le lendemain et qu'il n'en avait eu aucun…

Dans ses rêves au moins, Malefoy ne l'ignorait pas.

Harry se sentait profondément mal, ses propres questions revenaient trop fréquemment dans sa tête et il se sentait obligé de les approfondir pour tenter d'y répondre. En effet, même si Harry n'avait pas le même acharnement qu'Hermione, il aimait comprendre un minimum.

Il ne savait pas pourquoi il pensait à ça, au sexe. Avec lui. A tel point que ça en frôlait l'obsession.

Il se doutait qu'il avait toujours été légèrement obsédé par l'ennemi que représentait Malefoy au cours de sa scolarité, bien qu'il l'ait nié de nombreuses fois. Avec du recul, Harry était presque enclin à comprendre pourquoi certaines personnes l'avaient perçu pour ce que ce n'était pas, en sixième année. Ca pouvait, lorsqu'on ne connaissait pas toute l'histoire, qui était que Malefoy s'était vraiment averé coupable de tentative de meurtre. Harry n'avait pas été parano.

Oui, Harry avait méprisé et détesté Malefoy, à raison, car trop d'idéaux les séparaient et parce que l'autre prenait un malin plaisir à le provoquer. Il était mauvais avec trop de personnes, Harry en avait conscience. Il était légitime qu'il le déteste. Et pourtant maintenant… Il ne savait plus où il en était.

Harry secoua la tête et reprit sa plume. Il ne savait pas exactement ce qu'il voulait dire, mais il fallait qu'il le dise.

Cela faisait deux semaines que cette situation durait. Harry fit mentalement le compte dans sa tête, et réalisa que ca faisait exactement vingt jours qu'il avait été retrouvé inconscient sur le seuil de l'infirmerie. Vingt jours que Malefoy et lui s'étaient... embrassés. Harry se trouva agacé contre lui-même lorsqu'il se sentit irrésistiblement rougir jusqu'à la racine de ses cheveux.

Finalement Harry lâcha sa plume, résigné. Après un moment à fixer le vide il se leva, et tout en réfléchissant il marcha lentement jusqu'à la fenêtre, pour appuyer son front contre le carreau.

C'était long, vingt jours. Harry ne comprenait pas cet état de manque dans lequel il était. Lors d'un instant de déprime, Harry se demanda si Draco avait déjà pu tout oublier, s'il ne considérait plus ça comme important et avait déjà trouvé quelqu'un d'autre...

Il ne savait pas ce qu'il devait ressentir.

La porte de leur chambre s'ouvrit.

- Harry ? Tu viens manger ?

Harry haussa les épaules.

- Pas faim, marmonna-t-il au bout d'un moment.

Ron resta sidéré quelques secondes avant de retrouver la parole :

- T'es sur ? Qu'est-ce qui t'arrive ?

- Je te dis que j'ai pas faim, Ron.

- Est-ce que ça aurait un rapport avec ce qui s'est passé il y a un peu plus de deux semaines... ?

Harry tourna enfin la tête vers lui, n'en revenant pas :

- Quoi ?

- Oh allez Harry la fais pas à moi, on sent bien avec Hermione qui s'est passé quelque chose que tu veux pas nous raconter.

- Oh, et vous en parlez souvent dans mon dos de ça ? répliqua Harry énervé.

- Non, évidemment que non, mais...

Il eut l'air d'hésiter.

- Eh bien vas-y, je t'en prie, dis-moi le fond de ta pensée, dit Harry qui ressentait une colère froide contre lui.

- T'es d'une humeur de chien ces derniers temps, finit-il par lâcher.

- Je peux savoir ce qui te fait dire ça ?

- C'est tout juste si t'as lâché un mot aujourd'hui.

- Ron ? T'as trouvé Harry ?

Hermione fit irruption dans la chambre, et s'arrêta à côté de Ron.

- Quelque chose ne va pas ? demanda-t-elle en les regardant.

Harry se dit qu'ils avaient trop souvent été face à cette situation.

- Non, dit-il avant que Ron ne puisse parler. Tout va pour le mieux... dans le meilleur des mondes.

Hermione fronça les sourcils.

- Harry, si tu...

- Je vais descendre manger, la coupa Harry. Mais il faut que je règle un dernier truc avant.

Ron et Hermione le regardèrent d'un air étonné.

- Seul, répéta-t-il.

Ron eut l'air offensé. Il voulut parler mais Hermione lui attrapa simplement le bras et le tira hors de la pièce. La porte claqua fortement derrière eux.

Harry resta un moment immobile, à essayer d'étouffer la mauvaise conscience qui l'envahit soudain. Comprenant qu'elle ne partirait pas avant un moment il laissa tomber et revint s'asseoir à son bureau. Pour au moins revenir au véritable sujet de sa colère.

Il prit, posément, une feuille de parchemin. Et encore une fois trempa sa plume dans l'encrier. Puis il écrivit, sans réfléchir mais toujours avec lenteur, la première chose qui lui était venue à l'esprit :

« Faut qu'on parle. H. »

Il déchira le haut de la feuille, et roula le petit bout de papier.

Etait-ce le fait d'envoyer un mot secret à Malefoy qui le faisait se sentir si ridicule, ou le fait d'être aussi abominablement stressé de sa réaction ? Il resta un moment et immobile, avant de se ressaisir et de décider que quoiqu'il se soit passé entre eux, il était de toute façon légitime et parfaitement compréhensible qu'il demande à voir Malefoy en privé. Après tout, il lui avait lancé un Stupéfix ; cela réclamait un minimum d'explications.

Il s'activa donc soudain, prit sa cape chaude pour se rendre à la volière et sortit de la chambre dont il claqua sans ménagement la porte à son tour.


Lorsque Harry revint dans la Grande Salle pour prendre son repas, il était trempé jusqu'à l'os. La pluie tombait drue dehors, et il se rendit rapidement compte que le ciel factice n'arborait aucune étoile, car elles étaient toutes masquées par les nuages de ce temps pourri. Il tenta d'un peu sécher ses cheveux à l'aide de sa cape (toute aussi mouillée) puis soupirant passa la pas de la porte. Il ignora, grâce à la force de l'habitude, les quelques têtes qui avait dû automatiquement se tourner vers sa personne et chercha Ron et Hermione du regard. Les apercevant il s'apprêtait à les rejoindre lorsqu'on lui barra soudain le passage.

Le premier élément frappant était ce parfum de bonbon acidulé, particulièrement écoeurant. Puis Harry baissa le regard, qui tomba sur des cheveux blonds décolorés, une taille de soutien-gorge telle qu'on avait du mal à en détacher les yeux, et des yeux alourdis de mascara noirs.

La gamine avait 13ans.

- Salut Harry ! s'exclama-t-elle, sure d'elle.

- Salut Harryy !

- Je... oui, salut.

Les copines de celle qui avait parlé la première pouffèrent entre elles.

- Je me présente, même si tu as du déjà entendre parler de moi, mon nom est Jessica !

Harry pensa si fort le « je m'en fous royalement » qu'il faillit le dire à voix haute.

Mais ce ne fut pas le cas.

- Alors, dit Jessica soudain excitée. Tu peux venir demain soir ?

Harry prit un air perplexe :

- Demain soir... ?

- A ma fête bien sûr ! Harry, il faut absooolument que tu viennes, ca va être le feu ! Kevin a réussi à ramener du Whisky Pur feu de chez Rosemerta, on va se bourrer la gueule, ça va être é-norme !

Harry était rendu très mal à l'aise par la façon dont elle le dévorait du regard, comme s'il était le prochain chewing-gum qu'elle allait engouffrer dans sa bouche pour mâchouiller avec excitation comme elle le faisait présentement avec l'un d'entre eux.

- Tu es en quelle classe déjà ? demanda-t-il en se grattant la tête.

- Poufsouffle, troisième année, dit-elle en mettant sa main sur la hanche. T'inquiète Harrynouchet si des deuxième année tentent de s'incruster on saura les dégager.

Elle lui fit un clin d'oeil.

- Ne m'appelle... plus jamais comme ça.

- Si tu veux, dit-elle en haussant les épaules.

Ses copines derrière elle ne perdaient pas une miette de l'échange.

Jessica se rapprocha soudain de Harry, qui se sentit cerné par son odeur sucrée.

- Que les choses soient claires Harry, si tu viens...

Sa bouche tartinée de gloss se rapprocha de son oreille.

- … je te fais une pipe, susurra-t-elle.

Puis, s'écartant avec un grand sourire :

- A plus Harry, et bon appétit !

Elle repartit retrouver le banc de sa maison, accompagnée de sa horde de copines.

Harry secoua la tête en choisissant d'y effacer toute trace de cette conversation et rejoignit enfin Ron et Hermione.

Celle-ci se jeta immédiatement sur lui.

- Harry, est-ce que ces sottes gamines prébubères ont laissé entendre la présence d'alcool ou toute autre substance illicite lors d'une soirée complètement interdite à Poudlard ? demanda-t-elle avec le plus grand sérieux.

- Euh, non, pas que je sache, fit Harry évasif.

Hermione jura et se mura dans un silence contrarié.

- Elle sort d'où cette fille d'ailleurs ? leur demanda-t-il en mettant une cuisse de poulet dans son assiette.

Il espérait sincèrement qu'ils ne lui en voulaient pas. Harry n'avait cessé de se sentir coupable tout le chemin jusqu'à la volière.

- Son nom est Jessica Anderson. Cette fille est le diable en personne.

- Elle a pas l'air si méchante que ça... dit Ron d'un ton hésitant.

A la protestation de douleur qui s'ensuivit Hermione avait du lui filer un coup de pied sous la table.

- Aïeu, tu pourrais me faire part de ton mécontentement verbalement aussi tu sais, râla Ron.

- Elle a 13 ans Ron, à peine 13 ans. J'ose à peine imaginer l'enfance détraquée qu'elle a du avoir.

- Dans ce cas-là on devrait plutôt la plaindre que la détester.

- Voldemort aussi a eu une enfance difficile. Elle a été impliquée dans d'innombrables d'histoires de harcèlement contre les plus faibles. Ils s'amusent à se lancer toutes sortes de défis lors de ces soirées où l'alcool coule à flot, et certains d'entre eux se finissent affreusement mal...

- Comment ça se fait que tu sois au courant de tout ça ? lui lança Harry.

Hermione eut un sourire de côté.

- J'ai simplement des sources.

Ron regardait pensivement la table des Poufsoufles.

- Je ne sais même pas si le fait qu'elle semble à son âge avoir plus d'expérience sexuelle que moi devrait plus me dégouter pour moi ou pour elle, dit-il avec franchise.

Harry éclata de rire tandis que Hermione restait silencieuse, manifestement mal à l'aise. Si Ron n'avait été là Harry en aurait bien profité pour la rassurer et lui dire qu'il était sans l'ombre d'une hésitation bien plus en retard qu'eux deux, mais étant donné ce qui s'était passé avec Ginny et le malaise qui existait encore entre elle et lui, il ne préférait pas. Moins Ron en saurait et mieux ce serait, il était encore trop sensible sur le sujet.

Ron et Hermione s'étaient lancés dans une conversation à laquelle Harry ne participa pas.

Il finit enfin par céder à la tentation brûlante de jeter un regard à la table des Serpentards.

Un poids tomba dans le ventre de Harry quand il vit que Malefoy ne l'ignorait plus. Non. Il le fixait en toute impudence. Comme s'il était devenu aveugle à tout ce qu'il se passait d'autre autour de lui. Il n'y avait plus que Harry qui comptait. Celui-ci se força à soutenir son regard.

La colère qu'il avait ressentie tout à l'heure l'aida à ignorer rouge qu'il sentit lui monter aux joues. Il ne s'était jamais laissé intimider par Malefoy jusqu'à présent, et il n'était pas question qu'il commence.

- Tu ne nous fais plus la gueule alors, si j'ai bien compris ? demanda Ron la bouche pleine.

Merde. Harry fut obligé de regarder son ami, assis face à lui.

- Non... je suis vraiment désolé de vous avoir mal parlé tout à l'heure, s'excusa-t-il en les regardant tous les deux. Je suis fatigué je pense.

- C'est ce temps pourri qui nous met tous sur les nerfs, accepta Ron en haussant les épaules.

Harry ne savait pas s'il était sincère ou s'il faisait semblant, mais dans tous les cas il lui en fut reconnaissant.

- Mais souviens-toi Harry, que s'il y a quoique ce soit que tu veux nous confier, nous sommes là, dit Hermione en se penchant vers lui.

A la façon dont elle le regarda longuement dans les yeux, Harry comprit qu'elle voulait qu'il sache qu'il pourrait toujours la retrouver plus tard, s'il voulait lui parler de quelque chose sans le partager avec Ron. Pendant une demi-seconde, Harry envisagea cette possibilité, avant de la repousser sur-le-champs. Ce serait comme si le monde devenait plus fou qu'il ne l'était déjà, s'il le racontait à un ami proche. Harry ne voulait même pas imaginer leur réaction. Il fallait d'abord qu'il démêle cette histoire au clair lui-même.

- D'accord, dit-il en baissant les yeux sur son assiette, parce que la regarder en face devenait soudain extrêmement difficile.

Hermione acquiesça en silence puis très rapidement revint sur les atrocités commises par Jessica Anderson et sa bande de copines.

Harry releva très prudemment son regard sur le Serpentard, et reçut un coup au cœur lorsqu'il vit qu'il était toujours en train de le regarder. Harry articula silencieusement « quoi ? ». L'autre répondit par un haussement de sourcil, et ses yeux regardèrent dans une autre direction. Harry mit un temps à comprendre qu'il regardait Jessica Anderson. Lorsque Harry fronça les sourcils en se demandant où il voulait en venir Drago haussa un autre sourcil interrogateur.

oh.

Harry avait compris. Harry considéra ses options. Il fit rapidement son choix. Tout en sachant que c'était mesquin et très... serpentard, il fit un très léger haussement d'épaule, qui pouvait être interprété comme un tic par les personnes l'entourant mais qui pour le garçon en train de le guetter ne pouvait que vouloir dire : « oui, tu as vu juste... et alors ? ».

La réaction n'attendit pas. Harry avait fait exprès de revenir à ses patates sautées en train de refroidir et d'éviter toute nouvelle tentative de communication silencieuse. C'est alors que retentit dans la grande Salle le bruit de verre brisé. Comme tous les autres élèves Harry se tourna vers la source du bruit. Les éclats de verre avaient été projetés jusque sous son pied. Malefoy se tenait debout, fulminant. Ce n'était pas la première fois que Harry le voyait en colère contre lui, mais cela avait rarement été aussi... intense. Cela ne dura qu'une fraction de seconde cependant. Très vite après Malefoy ferma son visage à toute expression. Il se contenta de sortir sa baguette de sa poche et jeta un Reparo sur le verre qu'il avait lancé à terre de toutes ses forces. Les gens s'étaient déjà remis à parler lorsqu'il sortit de la salle d'un pas raide. Après tout, il ne s'agissait que de Malefoy.

qu'est-ce que je viens de faire ?

Harry dut combattre le besoin urgent de se lever pour lui courir après et réparer le malentendu... Ok, la blague qu'il venait de faire.

- Quelle mouche le pique à celui-là ?

- Il a un comportement étrange depuis le début de l'année.

C'est bon, se dit Harry, il allait arriver dans sa chambre et voir que Hedwige lui avait apporté un message, son message.

Et alors, ils pourraient discuter.

Harry se rassura complètement en se disant qu'au moins il venait de lui donner une raison suffisante de ne pas refuser d'entrevue. Il était presque sûr que Malefoy l'aurait ignoré sinon.

- Pourquoi tu souris Harry ? lui demanda Hermione.

- Oh, pour rien, répondit-il, le cœur soudain allégé, comme il ne l'avait plus été depuis vingt jours.


Nda :

un grand merci à tous ceux qui lisent encore ! :)

Pour l'inspiration du personnage de Jessica, elle vient de Skins saison 6, quelques uns reconnaîtront peut-être. Une petite minute de silence siouplé pour cette jeunesse en perdition.

Le dernier chapitre est déjà écrit, je pense que ce sera le plus intéressant avec le premier so don't worry! la parlotte est terminée ! (ouais bon je me suis emportée quoi…) bisous !