Merci pour vos reviews 3 ce chapitre est un peu plus court, mais j'espère qu'il ne vous décevra pas !
Mathieu tomba sur le sol humide du cachot. Les mains et les pieds liés, il put malgré tout voir son agresseur au blason de la patate sacré, qui l'avait balancé sans douceur.
-Je ne vous dirais rien !
En réponse il reçut un coup de pied dans le ventre, il gémit de douleur. Et... se mit à rire.
-C'est tout que t'as ?!
Il avait vécu pire... bien pire. Ce monde de cendres et de morts n'étaient que souffrance, dans un tel monde, un coup de pied, c'était une simple piqure de moustique.
Ce simple garde de la religion du féculent allait de nouveau le frapper, quand une main sur son épaule l'arrêta. L'encadrement de la porte ne laissait voir qu'une manche rouge.
-Laisse-le-moi.
Il avait déjà entendu cette voix. Oh oui, peu avant la guerre... C'était la voix d'un barbare.
Le soldat se décala, et dans la lumière laissa place à une forme rouge et de longs cheveux. D'un claquement de doigt, celle-ci fit apparaitre du feu dans de sa main, éclairant son visage.
-Salut c'est...
-Bob Lennon ? le coupa Mathieu.
Le pyrobarbare n'eut pas l'air d'apprécier qu'on interrompre sa présentation et... fronça les sourcils.
-Ouste, dit-il au garde qui s'éclipsa aussitôt, la réputation pyromane de Bob le précéder.
Mathieu attendit que l'autre soit parti pour reprendre la parole :
-C'est Links qui t'a envoyé me sauver les miches ? Parce que je sais pas comment mec mais ils savent bloquer mes personnalités !
-Mhh, normal, moi qui leur ai dit.
Mathieu resta bouchée bée un instant. Il avait comprit ?
-Tu les as rejoins ! finit par comprendre le jeune homme. Tu nous trahis !
-Notre cause était perdue de toute façon.
-Non ! Antoine il... !
-Antoine est ?
Mathieu resta silencieux. Non. C'est ce que voulait juste savoir ce traitre...
-Antoine est... est mort. Je... J'ai voulu le sauver puis...
Ses talents de comédien l'aidèrent pour une fois. Mais à vrai dire, il n'y avait pas que ça... Mathieu ignorait si son camarade était vraiment arrivé dans l'autre monde. Peut-être qu'il était vraiment... non. C'était leur dernier espoir, il devait y croire. Il ne se sacrifiait pas pour rien. Mais Bob n'était pas dupe... il le força à se lever, le tenant par sa chemise.
-Tu mens. Dis-moi où il est.
-Je ne te le dirais jamais ! Sale traitre ! Tu connais notre cause ! Et tu connais ces gens, ils ont tué nos familles !
-Je n'avais pas le choix.
-On a toujours le choix.
-Non. Cette fois c'est différent. Ils ont eu Gabriel.
Mathieu perçut enfin la tristesse désespéré dans les yeux de ce pyromane... c'était donc pour ça. Il n'avait que pour son partenaire que Bob les aurait trahi. Mathieu arrivait presque à le comprendre... presque.
-On a tous perdu un proche ! Leurs sacrifices n'auront pas été vain si tu me laisses sortir ! Ensemble, avec les autres, on peut libérer ce monde !
Bob eut l'air d'y réfléchir sérieusement... mais c'était peine perdue. Pour une raison :
-Je ne veux pas d'un monde sans Fanta.
À ce surnom, il le laissa tomber à terre, reprenant son attitude de marbre.
-Si je ne te fais pas parler ils le tueront... Son ancien allié se pencha pour être à sa hauteur. Alors je te le demande une dernière fois : où est Antoine ?
Mathieu lui cracha ce qui lui restait de salive.
-Tu l'auras voulu.
Ouvrant sa paume enflammée, Bob dirigea sa main jusqu'à son cou...
Le cri de Mathieu se fit entendre dans toute la prison.0
C'était sa maison. À l'identique. Sauf que la sienne avait brûlé, il y a de cela des années... et il avait uniquement survécu parce qu'il n'y était pas, à ce moment là. Il apprit ensuite que la guerre avait été déclarée, entre deux opposants religieux sortis de nulle part.
Et dans ce carnage, de maisons et d'appartements brûlés, il avait réussi à trouver Mathieu.
Ou c'était plutôt qui l'avait retrouvé... car, si ça n'avait été que lui, il aurait préférer être dans cette maison. Où tout son monde, et sa seule famille, était devenu de la cendre.
C'est ce qui était arrivé à tout les survivants, il n'existait plus vraiment de famille de sang... juste des clans qui essayaient de survivre. Certains étaient devenus des rebelles, comme le leur, qui se battait contre ces soldats religieux.
Quand ceux-ci ne s'entre-tuaient pas, la sainte pelle et la patate sacré se combattaient toujours savoir à qui ce monde en ruine appartiendrait.
C'était tellement absurde, quand on y pensait. Dire que ce monde-ci ne connaissait rien de tout ça... et pourtant, il était si semblable au sien. Qu'est-ce que cet univers avait de plus ? Ou de moins ? Quelle était la différence qui avait sauvé ces gens ? Et qui, eux, les avaient condamnés.
Peut-être que c'était à cause de cette personne, ce sauveur... lui-même. Cet autre Antoine Daniel. Il devait être vraiment spécial, pour pouvoir changer le destin du monde.
Il ne lui restait qu'à frapper à cette porte. Sa porte. Et pas vraiment la sienne... Il n'allait pas s'arrêter là, alors qu'il était si près. Un coup rapide contre le bois, et Daniel attendit que l'autre lui ouvre. Ça risquait sans doute de lui faire un choc... mais pas autant que celui qu'il eut.
-Antoine ?
Cette voix, il ne l'entendait plus qu'en rêve. Pas en vrai... mais il aurait dû y penser.
Un monde où la guerre n'avait été jamais arrivée, un monde où une pelle et une patate étaient juste un objet et un féculent. Un monde où l'incendie de sa maison n'avait jamais eu lieu.
C'était un monde où sa mère était vivante.
Sa mère l'avait élevé seul, et son père était parti trop tôt pour qu'il s'en souvienne. Elle avait été sa seule famille, le symbole de pourquoi il se battait.
Et pourtant, elle était là. Juste là.
-Antoine ? Tout va bien mon chéri ?
Il la regarda dans les yeux. Non. Il ne devait pas craquer, cette femme n'était pas sa mère, bien qu'elle y ressemblait. C'était la mère d'un autre Antoine. Pourtant, pourtant... il avait tellement envie de se blottir contre elle, de lui dire tant de choses, qu'il ne pouvait pas.
« J'ai tué des gens maman, si tu savais, c'étaient pas des gens sympa, mais des gens, que j'ai tué, est-ce que tu m'aimes encore ? »
Mais non, c'était impossible. Sa mère à lui n'était plus depuis longtemps... Il devait mentir, à contre cœur.
-Je suis sorti un peu... me vider la tête.
Il rentra rapidement, espérant que cette femme ne remarque pas ses larmes qui menaçaient de tomber de ses yeux. Il n'avait jamais su être aussi insensible que Mathieu. Ce qui était pourtant capitale, dans leur monde.
Sans attendre, et n'osant pas recroiser le regard de ce « fantôme », qui lui parlait encore, quelque chose sur ses habits « bizarres », il prit l'escalier, là où c'était trouvé sa chambre. Et où elle se trouvait toujours pour cet Antoine.
Tout était comme son souvenir. À croire qu'il avait simplement remonté le temps... Mais non, ça aurait été trop simple. Aller dans le passé pour empêcher la guerre aurait annulé pourquoi il était parti au départ. Ces foutus paradoxes.
Ses doigts se posèrent sur la poignée. Tout ce voyage pour se retrouver soi-même... mais qu'est-ce qu'il allait dire à cet Antoine ?
Daniel n'eut pas le temps d'y réfléchir plus, que la porte devant lui s'ouvrit d'elle-même.
-Maman qui c'étai... ?
Daniel fut presque aussi surprit que son double. Il n'était pas que ressemblant, c'était vraiment comme se regarder dans un miroir. Ce qui ne dura pas très longtemps, puisque son double eut la bonne idée de s'évanouir.
Quelque part, c'était compréhensible.
