Et 2 semaines plus tard le retour ! Ce chapitre est beaucoup plus long parce que... parce que si je coupais la deuxième partie faisait beaucoup plus courte ^^'
Enfin bref, un jour j'arriverai à répondre aux reviews. Mais ça se résumerait pour vous tous et toutes : merci :3
Et j'espère que vous ne serez pas déçus… surtout que vous allez connaître les derniers membres de la « dream-team-de-l-apocalypse ».
Maintenant je me tais et bonne lecture !
(et il est déconseillé de tuer l'auteure)
Il courait. C'était devenu une seconde nature, de courir. Courir pour vivre. Mais son souffle se faisait plus court, il n'allait plus tenir très longtemps. Et ce soldat se rapprochait...
Il avait bien vu son emblème : celui d'une pelle. Si les représentants des patates aimaient capturer et torturer ses prisonniers, ceux de la pelle n'avaient pas cette "clémence" : ils tuaient. Tous. Aux enfants jusqu'aux vieillards... mais il n'y en avait plus tellement de vieillards. Et ni d'enfants d'ailleurs.
Il arriva dans un couloir plus étroit, il y était presque. Bientôt la délivrance. Bientôt le soldat tomberait dans son piège.
Arrivant à un croisement, il tourna à gauche et se plaquant contre le mur. Il ferma les yeux et serra le médiator qu'il avait autour du cou. Ça devait marcher.
L'instant d'après, l'explosion se déclencha, assez petite pour ne pas l'atteindre, mais assez puissante pour tuer une personne.
Il attendit. Silence. Il quitta le mur et constata que sa mine avait bien marché. Ce soldat était dans un sale état... et même si Links n'aimait pas particulièrement tuer quelqu'un, il n'avait pas le choix. C'était pour leur survie, et protéger le lieu de réunion de leur petit clan, cet endroit qui était devenu une maison pour lui.
Elle n'avait rien de très spécial, c'était juste une grande salle derrière une porte bois. Ils avaient des couchettes, une table des chaises et des étagères... et aucune fenêtre. Il avait trouvé un peu par hasard cet « cave », ressemblant à un abri antiatomique. C'était peu près les premiers bombardements, les saintes pelles avaient essayé de reprendre la Bretagne aux patates sacrées. Links s'était enfui avec sa famille, ses frères, ses parents... et si ceux-ci avaient décidé de rester à la campagne, où les deux occupants avaient moins de pouvoirs, Links avait continué le chemin. Ayant rencontré deux autres comparses sur leur route, qui l'avaient convaincu de les suivre.
Depuis, il n'avait plus vu sa famille. Mais il arrivait malgré tout à leur parler via une vieille radio. Mais le moins possible, toute forme de communication était devenue risquée.
-Mathieu ? appela-t-il en entrant dans la fameuse « maison ».
Il referma la porte derrière lui. Silence. Mauvais signe. Son ami revenait toujours le soir dans l'abri... s'il n'était pas là, c'est qu'il lui était arrivé quelque chose.
Ce n'était pas la première fois. Il avait déjà retrouvé Mathieu couvert de sang, blessé... et dire que ça allait. Et sa dernière mission avait particulièrement été difficile.
Trouver « la machine ». Cette fameuse machine, qui pouvait transporter n'importe qui dans un autre monde. Celui où était cet « élu ».
Bien sûr, Mathieu s'était porté volontaire, mais lui et leur deux chefs lui avaient bien expliqué : une seule personne pouvait le faire, et c'était Daniel.
Antoine, en vérité. Ce dernier étant condamné à l'errance, dû aux deux armées qui le traquaient. Il venait cependant ici quelquefois, chercher des provisions, mais ne restait jamais la nuit. « Trop risqué »
Quand Mathieu avait donc apprit que son plus vieil ami était celui qui devait partir, il s'était aussitôt lancer à sa recherche.
Links n'avait jamais vu une telle dévotion, si Mathieu devait sacrifier sa vie, il le ferait pour Daniel. Il ignorait d'ailleurs comment ils s'étaient connus, ou comment ils s'étaient retrouvés lorsque la guerre avait commencé.
Ceci restait un mystère.
Il entendit un bruit qui l'alerta. La porte. Seuls les membres du groupe savaient comment se rendre ici en évitant les mines et autres pièges... son espoir renaquit quelques secondes.
-Mathieu !
Mais ce n'était pas lui. C'étaient leurs chefs. Deux êtres massives, portant des tuniques aussi recousus et poussiéreuses que les siennes. Quoique l'un avec son t-shirt style Hawaï et l'autre style métal se distinguait bien de ses propres habits.
Autrement dit, Fred et Seb.
À leur sac, ils rapportaient des trouvailles, essentiellement de la nourriture.
-Mathieu n'est pas revenu, dit Links sans salutation.
Ce fut Fred, celui avec le t-shirt hawaïen qui parla :
-Tant pis pour lui ! Pour nous les p'tits Lu !
Plaisanterie... mais il n'était pas d'humeur à rire.
-Il lui arrivait quelque chose, je connaissais sa zone de cherche, je pourrais peut-être...
-non.
Juste un « non », pas d'argumentation possible. Bien sûr s'ils avaient survécu aussi longtemps c'était bien grâce à eux... c'étaient ces deux là qu'il avait croisé sur les routes bretonnes, et l'avaient convaincu de monter sur la capitale. Pensant trouver ensemble une solution à cette guerre absurde...
-Au moins savoir s'il est vivant !
-Il est vivant.
C'était une affirmation.
-Comment... ?
-Pas de question. Il connaissait les risques, s'il est en prison...
-en prison ? Mais il faut le sortir de là ! C'est notre ami !
-Impossible.
-Grenier...
C'était leur surnom, à tout les deux. Ils avaient tous des surnoms, évidemment Linksthesun n'était pas son vrai nom c'était...
-Alexis. On ne peut plus rien pour lui.
-Il a raison, rajouta l'autre Grenier Seb, on est trop près du but.
Tout disant ces mots, il sortit du sac un vieil engin qu'il déposa sur la table. Un ordinateur... Links n'en avait pas vu depuis des années. Sachant qu'il n'aurait pas les réponses à ses questions, il ne fit qu'observer Seb allumer la machine. Qui démarra, par il ne sait quel miracle.
Après un petit moment, les deux Grenier s'écartèrent pour lui montrer ce qu'ils avaient trouvé : la réponse.
C'était une simple page web. Mais d'un site qu'il ne connaissait pas : « youtube ». D'ailleurs comment avaient-ils fait pour avoir internet ici... ?
Toujours dans le silence, Seb lança une vidéo, et le duo attendit ses réactions. Qui ne tarda pas, au bout des 20 minutes de cette fameuse vidéo.
Tout s'expliquait. Comment c'était possible, il l'ignorait, mais les dates correspondaient. Tout correspondait.
L'origine de la religion de la sainte pelle et de la patate sacrée, pourquoi elles étaient apparues aussi soudainement... et la raison de leur chasse pour retrouver Daniel.
Antoine Daniel n'était pas leur sauveur, celui qui mettrait à la guerre.
C'était celui qui l'avait créé.
Antoine avait fait un rêve. Il était sorti de sa chambre et était tombé nez à nez avec son double, cosplayé en Visiteur du Futur. La suite il ne s'en souvenait pas. Mais il fallait vraiment qu'il arrête de se coucher aussi tard, ça lui faisait imaginer des trucs bizarres.
-Salut.
Le youtubeur ouvrit grands les yeux en entendant cette voix... sa propre voix.
-Putain c'est quoi ce bordel... ?
Se redressant dans son lit, il resta figer devant cette vision : Sa version clochard était toujours là ! Debout il le regardait. Antoine pensa qu'il devait encore dormir...
-On m'appelle Daniel, et je viens d'un autre monde. Et non ce n'est pas un rêve.
Là ça devenait vraiment très étrange. Cet autre lui lisait dans ses pensées aussi... ?
-Et je ne lis pas dans ta tête, répliqua son double, je suis juste toi. Mais d'un monde parallèle.
OK, ce rêve commençait à devenir vraiment n'importe quoi...
-Je peux me réveiller là c'est bon ?
-Non, il avait un ton particulièrement sérieux, tu dois venir avec moi. Et sauver mon monde.
Le youtubeur resta quelques secondes à l'observer... puis soupira et se recoucha.
-je ne te laisse pas le choix.
Antoine ignora totalement sa menace sous cette phrase, et ferma les yeux. Bientôt il allait se réveiller, ce n'était qu'un rêve bizarre.
Pourtant, quand l'Antoine version clochard posa sa main sur son bras, il se sentit... disparaître. Pas comme quand on sort d'un rêve. Non, une sensation inconnue, comme un picotement dans tout le corps.
La seconde d'après, son oreiller et son matelas furent remplacés par un sol froid, et sale.
-What ?! Putain de rêve !
Il se leva, l'autre Antoine était toujours là. Le youtubeur fronça les sourcils. Et suivit le regard de Daniel vers une fenêtre. Ou ce qu'il avait dû être une fenêtre, et était maintenant un trou béant sur l'extérieur.
Il resta sans voix.
Le paysage était celui de la fin du monde. Tel qu'il l'aurait imaginé. Le ciel gris, tout les bâtiments détruits, et ce silence... ce silence pesant, l'absence de millions d'humains qui auraient dû être là. Mais qui ne l'étaient plus.
Comprenant que tout ceci était réel, que tant de gens devaient être morts, il sentit des larmes coulaient sur ses joues.
-Bienvenue dans mon monde.
Il ne pouvait pas supporter ça.
-Ramène-moi chez moi !
-Je ne peux pas.
-Pourquoi ?! s'énerva Antoine.
-Parce que tu es la seule personne qui peut nous sauver.
On aurait dit le début d'un épisode de sa série télé préféré. Il avait toujours aimé la Science-fiction... mais s'il y a « fiction » dans le mot, c'était bien pour une raison !
Tout ceci était tellement... impossible.
-Il faut qu'on parte, dit Daniel ignorant son désarroi, nous nous sommes pas à l'abri ici. Ils...
Des bruits de pas arrivaient, des voix... sans qu'Antoine n'ait pu comprendre, son double le poussa dans un coin, le faisant tomber à terre. Daniel se plaça devant lui, sortant une arme de sa poche.
-Ne prononce jamais ton nom.
Et c'est la seule chose que l'Antoine ce monde pu lui dire avant qu'une attroupement ne s'engloutisse dans la petite salle. Ils étaient au moins une dizaine. Et portaient tous des tenues identiques, avec un blason représentant... une patate ?
Les hommes se stoppèrent, fixant Daniel et son arme. Mais un du groupe s'avança, ignorant totalement la menace.
-Notre roi est ici.
Son regard se posa sur Antoine. Il se sentir frémir. Ces yeux, qui le regardaient, avaient l'air d'avoir perdu toute humanité.
-Ce n'est pas lui ! Le créateur de vos religions n'a jamais existé !
-Nous savons qui tu es, Daniel. Nous connaissons ton visage maintenant, tu ne nous échapperas plus.
Antoine vit l'arme de son double tremblait. Il perdait son sang froid.
-S'il le faut je mourais.
-Même pour ton ami Mathieu ?
-Mathieu ? prononcèrent les deux Antoine à l'unisson, inquiets.
L'homme parut ravi de l'effet qu'il avait provoqué sur eux. Aussi souriant que le reste de son groupe.
-Il est entre la vie et la mort, si tu nous livres le roi...
-Vous mentez ! répliqua Daniel reprenant de l'assurance. Mathieu ne se serait jamais fait prendre !
-Tututu, prononça une voix, c'est parce que tu me connais pas assez bien, Antoine.
Une forme sortit du lot, une forme rouge. Et une nouvelle fois les deux Antoine parlèrent d'une même voix :
-Bob ?!
Effectivement, c'est bien le pyrobarbare de youtube qu'Antoine connaissait. Mais un peu différent... sa veste rouge était sale et déchirée à certains endroits, et il avait quelques cicatrices sur le visage.
-Je devrais dire les Antoine, haha ! rectifia-t-il un de ses fameux rire, avant de reprendre une mine plus grave. Maintenant sois gentil entre potes Daniel, livre moi l'autre Antoine.
La réponse de Daniel ne tarda pas : il repointa son arme sur le crâne de Bob.
-Non. Je ne sais pas ce qu'ils t'ont fait Bob, mais tu peux crever.
-Si tu savais qui était vraiment cet Antoine c'est lui que tu voudrais voir mourir.
-Je sais qui il est, affirma-t-il.
-Notre sauveur ? devina Bob. Naaan ! Il n'y a pas de sauveur Daniel, on est tous dans cette merde. Live or dead ! Aller donne le nous, et je pourrais arrêter de torturer ton petit Mathieu.
-C'est un mensonge, Mathieu ne se serait jamais capturer, il...
Mais Daniel ne termina jamais sa phrase. Le pyromane venait de jeter un objet plus qu'explicite à ses pieds : un chapeau. Un chapeau troué et usé, tâché de sang.
Et même Antoine, qui ne venait pas de ce monde, le reconnut.
C'était celui de Mathieu.
