La suite :3 j'espère ne pas vous avoir fait trop attendre (bon oui une dizaine de jours chut) et je n'aime pas trop la deuxième partie… toujours merci pour vos reviews, en espérant que ce chapitre ne vous décevra pas :3
Les portes des cachots se succédaient, et parfois, Bob entendait une voix, une plainte, un appel à l'aide. Il avait apprit à l'ignorer. On ne pouvait pas survivre ici sans fermer les yeux sur certaines choses.
Il s'arrêta devant une porte. En bois, rien de particulier. Mais elle semblait avoir le don d'empêcher les personnalités de ce Mathieu de se manifester. Tant mieux.
Mais cependant, son plan avait changé.
Il entra dans un grincement, la silhouette au fond de cette prison donnait peine à voir. Attachée par des menottes de fer au mur, ses vêtements étaient déchirés par endroit, laissant voir sa peau, parsemé de brûlures. En forme de main.
Son œuvre.
-Salut Mathieu, fit-il d'une voix presque... sympathique.
Son ancien collègue leva la tête... Il y avait de la haine dans ses yeux bleus. S'il avait été libre, Bob serait mort sur le champ.
Mais il ne l'était pas, libre.
-Les gardes m'ont dit que tu ne parlais toujours pas... c'est dommage. Vraiment dommage.
Le pyromane s'approcha, s'agenouillant pour être à sa hauteur, et lui offrit un sourire.
-Je suis pas méchant comme gars, assura Bob, ça me fait pas plaisir de te faire souffrir... si tu parlais...
Aucun mot. Mathieu semblait essayer de le tuer rien qu'avec le regard.
-Donc j'ai dû leur dire, ton petit secret. Personne n'a jamais su comment tu pouvais te sortir de ces prisons aussi facilement... mais tu me l'as dis.
Le regard de Mathieu changea, ce n'était plus de la haine, mais de la peur.
-N'est-ce pas, l'immortel ?
-Je ne suis pas..., voulut protester le prisonnier d'une voix faible.
-Chut chut. N'oublie pas que j'ai une parfaite mémoire audible ! Je me souviens de tout ce que tu as dis.
Le pyrobarbare changea de voix, imitant celle de Mathieu :
-Mes personnalités sont une partie de moi, tant qu'une vit je ne peux pas mourir. Bob racla sa gorge, reprenant sa voix normale : je vais te faire plaisir, et les libérer. Et on ne te tortura plus, non... Je dirais aux gardes d'enfermer tes personnalités, et de les tuer. Et d'attendre qu'elles reviennent à la vie, pour les tuer encore. Encore et encore.
Mathieu tremblait maintenant. Tenant vainement de l'atteindre.
-Je ne fais pas ça pour le plaisir vraiment ! Mais ça peut être une expérience amusante non ?
Il se releva, n'écoutant pas les menaces de mort de Mathieu, et repéra son chapeau près de lui, que Bob mit sur sa tête.
-Tu permets ? Tu n'en auras plus besoin, de toute façon.
Le pyromane se dirigea vers la sortie et appuya quelques boutons sur le mur.
Les doubles du jeune homme apparurent un par un, et furent amenés chacun dans une prison par un garde.
Mathieu les regardait partir comme... désolé ?
-Tu ne peux t'en prendre qu'à toi, rajouta un peu plus Bob, il aurait suffi que tu me dises où se trouvait ton « Daniel ».
Il ferma la porte, entendant déjà les cris du schizophrène. Ça faisait sans doute mal, de sentir au fond de soi un bout de son âme se faire tuer.
Si Mathieu n'avouait pas, il finirait fou. Plus qu'il ne l'était déjà. Il ne serait plus du tout utile.
-Lennon, lui fit soudainement un des gardes, on l'a trouvé.
Le membre de la patate sacrée l'informa un peu plus. La machine que Mathieu avait volé venait d'être utilisé... machine qui avait été fabriqué par l'un des leurs. Possédant évidemment un moyen de la repérer dès qu'elle utilisait.
Daniel était finalement très stupide. C'était presque décevant.
-J'ai besoin d'une minute et j'arrive, imposa le pyromane.
Avant de partir il avait quelque chose à faire. Ou quelqu'un à voir, exactement.
Son cachot à lui n'était pas loin. Il le connaissait par cœur à présent. Dès que Bob avait apprit pour sa capture, il était parti à sa cherche. Contre les avis du reste de « clan ». C'était son partenaire, et sans lui il n'était rien.
-Gaby ?
Il n'avait même pas droit d'ouvrir sa cellule. Les gardes se méfiaient toujours. Bob attendit un instant, avant de voir du mouvement dans la petite "fenêtre" à barreau de la porte.
Il entendit un murmure, son vrai prénom. Bob Lennon n'était évidemment pas son nom, mais seul Fanta connaissait le vrai. En tout cas, c'était la seule personne... vivante.
-tout ça sera bientôt fini Gabriel, dit l'homme en rouge, dès que j'aurai éliminé Daniel ils nous laisseront partir.
Rien que de voir le visage mal en point de son ami lui donnait envie de tuer n'importe qui. Alors peu importe si ci c'était cette personne était un ancien ami.
-Tu devrais me laisser mourir, souffla sa voix faible.
Bob resta silencieux. Essayant de garder toujours sa carapace de pyrobarbare.
-Si tu meurs, je meurs, je suis l'épée, tu es le socle, je ne te laisserai pas ici.
Il était allé chercher son ami de si loin, quand la guerre avait commencé il pensait ne jamais revoir Fanta un jour. Si ce dernier n'avait pas été en France à ce moment là lui aussi... ils avaient perdu leur famille, comme tout le monde. C'était sa seule personne qui lui restait. Et il ne la perdrait pas. Foi de pyrobarbare.
Même si ça signifiait commettre un meurtre.
Son chapeau reposait encore à ses pieds. Mais Daniel ne devait faire aucune geste. Sous aucun prétexte. L'avenir de leur monde dépendait de lui, il était le protecteur d'Antoine. Ce double, que Bob venait d'accuser d'être leur ennemi. Le créateur de cette guerre.
Une personne seule ne pouvait pas créer une guerre... c'était impossible. Antoine était le sauveur ! Leur espoir. Le dernier.
-C'est équitable, faisait la voix de Bob, dont il visait toujours la tête avec son arme, l'autre Antoine contre ton Mathieu.
Il se sentait craquer. Il ne pouvait pas... Mathieu lui aurait dit de trouver une échappatoire, mais il n'y en avait pas. Même s'il tuait Bob, les gardes derrière lui se feraient un plaisir de le tuer. Et son double de l'autre univers serait à leur merci.
Ça ne pouvait pas se finir comme ça... non !
Il approcha son doigt de la détente.
-Mathieu m'a promit de ne pas mourir.
-Il y a des sorts pires que la mort, répliqua le pyromane, comme s'il les avait expérimentés.
Peut-être que Bob lui mentait, peut-être que Mathieu était déjà mort... et sacrifiait son double ne servirait donc à rien. Mais peut-être que Mathieu était vivant... Matt...
-Décide toi vite, le menaça le pyromane, enflammant ses mains.
Son sang-froid s'était envolé. Il n'arrivait plus à réfléchir. Putain de point faible. Ne jamais aimer quelqu'un, jamais !
-Je ne... voulut dire Daniel.
-Trop tard, dit juste Bob, de son sourire sadique.
Il lui envoya une boule de feu. Ce n'était évidemment pas un feu ordinaire, puisqu'il était comme une tête chercheuse. Qui ne le lâcherait pas, tant qu'il ne serait pas mort.
Autrement dit, il l'était, déjà mort.
Pardon, s'entendit penser Daniel.
Mais la boule de feu fut interrompue en plein chemin, par une autre... qui venait de derrière lui. Sans que ni lui ni Bob n'eurent le temps de comprendre, une lueur arriva, comme des flammes mais avait une teinte plus orangée, et engloba le pyromane et les soldats.
Qui disparurent aussitôt.
Daniel n'arrivait pas en croire ses yeux... il venait d'échapper à la mort. C'était un miracle ?
Se tournant vers Antoine, il resta muet de surprise. Et comprit.
Là, assit contre le mur fissuré, son double regardait ses mains, dont émanaient la même couleur orange.
-Qu'est-ce que tu m'as fait ? lui demanda calmement Antoine, mais dont les yeux paniqués le trahissaient.
Il ne répondit pas. Il n'avait pas la réponse, à quoi bon ? Daniel retrouva sa froideur, et obligea Antoine à se lever. Mais ne lui posa aucune question.
S'il était leur sauveur, ce n'était pas pour rien n'est-ce pas ? Ils avaient maintenant un avantage.
-Tu as un Mathieu aussi dans ton univers n'est-ce pas ?
Son double hocha juste la tête.
-Et tu ferais tout s'il était en danger ?
-Bien sûr mais...
Il n'attendit pas et entraina Antoine par le bras. Direction : la « maison ». Les autres du clan de Mathieu, ses amis, l'aideraient à le sauver.
À moins qu'ils aient changé de camp, comme Bob... il prenait un gros risque. Mais restait dans cet endroit si accessible en était un plus gros.
Il n'avait pas vraiment le choix. Et puis, il avait Antoine. Le sauveur.
Et, le tenant derrière lui, Daniel ne remarqua pas que sous chacun endroit où son double posait les pieds... de l'herbe poussait.
