Chapitre 5, déjà ! J'espère que la suite ne vous décevra pas, comme d'habitude… et qu'elle vous plaira. Vos reviews sont toujours adorables, merci :3 et cet fic a dépassé les 1 000 vus ! je suppose que ça veut dire qu'elle vous plait x) bon, désolé ce chapitre est un peu plus court !

Bonne lecture !

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Antoine n'en pouvait plus. Ses pieds lui faisaient mal. Et il attendait toujours de se réveiller. Mais les décors autour de lui étaient bien trop... réalistes. Des maisons détruites, le béton et la poussière sous ses pieds, cet air épais, étouffant. Il se racla la gorge.
-J'ai soif.
Daniel, comme son double de ce monde voulait qu'il l'appelle, se retourna vers lui. Toujours son air froid et insensible sur le visage.
-On ne peut pas s'arrêter, c'est trop dangereux.
Antoine s'en doutait bien, il n'était stupide.
-Mais je vais crever de soif.
-Les autres auront sûrement à boire, avance plus vite.
Avant qu'il ait pu poser une question sur ces "autres", Daniel reprit son chemin, sans même un regard en arrière. Ça aurait été tellement facile de s'enfuir, mais pour où ?
Son double était le seul à pouvoir le ramener d'où il venait.
Mais Antoine commençait à vraiment avoir soif. Il rêvait juste d'une gourde, avec de l'eau bien fraiche.
Sa main se fit soudainement plus lourde. Il la regarda et dévisagea... la gourde auquel il avait pensé. Rapidement il l'ouvrit et y bu. L'eau était si bonne, comme il l'avait imaginé.
-Tu en veux ? proposa-t-il à son guide.
-D'où tu sors ça ? se méfia Daniel.
À vrai dire, Antoine aurait aimé y répondre.
-Je sais pas... j'y ai pensé, et c'est apparu.
Son double resta silencieux, ayant l'air de réfléchir.
-Arrête de penser.
Et Daniel le laissa sur cette phrase. Phrase qui... ne voulait rien dire ? Comment pouvait-on arrêter de penser ? Quand on était dans un autre monde que le sien.
Ils traversèrent ce paysage dévasté pendant de longues minutes, qui devinrent bientôt des heures. Et Antoine commençait à avoir vraiment faim, quand son double l'arrêta d'un geste.
-On y est, lui dit Daniel.
C'était une simple ouverture, qui menait dans un couloir sombre. Qui n'inspirait pas vraiment confiance.
-Cet endroit est piégé, lui précisa Daniel, marche où je marche, si tu ne veux pas mourir.
Son regard marron, son propre regard, semblait bien sombre derrière ces lunettes cassés. Daniel était sérieux. Et Antoine n'avait pas spécialement envie de mourir.
Dans ce couloir ils ne pouvaient pas voir grand chose, mais son double semblait connaitre le chemin par cœur. Il posa son pied dans un coin, puis dans un autre coin, jusqu'à se mettre à marcher, prudemment. Le créateur de what the cut le suivit, mimant ses pas.
Il ne lui fallut pas longtemps pour comprendre le pourquoi de ce manège : le sol était truffé de... mines. Antoine se figea.
-Ne t'arrête surtout pas ! fit Daniel, sans même se retourner.
-On est pas dans un putain de jeux vidéos !
-Je ne sais pas de quoi tu parles Antoine, mais si tu veux un jour revenir dans ton monde il faut continuer.
Sa voix était presque... douce ? Il l'appelait même par son prénom. Qui était aussi le sien... cette situation lui était toujours étrange. Cet homme avait l'air tellement différent de lui qu'il oubliait que Daniel et lui étaient la même personne.
Qu'est-ce qui avait pu arriver à cet Antoine là ? Pour qu'il devienne ainsi ?
Question stupide, il n'avait qu'à voir dans quel monde Daniel vivait.
-D'accord, céda-t-il, mais je ne suis pas un sauveur...
-ça je peux le confirmer, intervint une voix devant eux.
Antoine et Daniel tournèrent la tête comme un seul homme -ce qui était le cas, en fait- et virent le possesseur de la voix, au bout du couloir.
Mais rien qu'à la voix, Antoine l'avait déjà reconnu. C'était le double de son collègue et ami de youtube, Linksthesun.
Ou autrement dit, Alexis.

Links observa ces deux silhouettes, l'une derrière l'autre. C'était donc vrai. Il y avait bien un deuxième « Daniel ».
-Alex, l'appela le premier Daniel, qu'est-ce que tu fous ?
-Je suis désolé, mais je ne peux pas te laisser faire entrer un ennemi chez nous.
-Quel ennemi ?
Il regarda derrière l'épaule de son ami, Daniel eut l'air de comprendre. Bien que ce dernier ne pouvait pas se retourner, un geste trop brusque et les mines autour d'eux se déclenchaient. Et Links le savait bien, puisque c'était lui, qui les avait placé là.
-Ce n'est pas un ennemi ! défendit son collègue d'infortune. C'est notre sauveur, celui que tu m'as envoyé chercher !
-Je m'excuse vraiment Dan, j'en étais aussi sûr que toi. Mais quand je t'aurais montré ce qu'on trouvait les Greniers...
-Je m'en fous ! explosa Daniel, ce qui était assez compréhensible. J'ai menacé ma vie, Mathieu est peut-être mort, tu peux pas me dire ça ! Je...
Un bip l'arrêta dans sa tirade. Un bip que tout deux connaissaient, le bruit d'une mort imminente.
On venait de marcher sur une mine.
-Antoine ?
Links l'appelait par son vrai nom, s'inquiétant pour lui. Ça restait quand même son ami.
-Alex je connais cet endroit par cœur, répliqua sèchement son camarade, je...
Daniel réalisa en même temps que lui, non, ils n'étaient pas seuls, il y avait un visiteur, silencieux depuis plusieurs minutes.
-Je vais mourir ? demanda timidement la voix de l'autre Antoine.
-Ne bouge pas, lui dit Daniel.
-Je vais mourir !
-Ne panique pas ! essaya-t-il de le calmer.
Links avait l'impression de voir et l'entendre la même personne se parler. L'Antoine de l'autre monde ressemblait à celui que Daniel était, avant, avant tout ça.
Mais il ne faisait que lui ressembler. Car son ami Daniel, lui, n'avait pas créé une guerre.
-Laisse-le, finit-il par dire.
-Quoi ?
Daniel le fixa, toujours sans bouger. Il avait très bien comprit, mais Links se répéta :
-Laisse-le.
-Je ne peux le laisser ! C'est notre seul espoir.
L'expression de Daniel qu'il apercevait malgré l'obscurité du couloir était... la perte de l'espoir ? C'est bien ce qu'il était en train de se passer. Ils perdaient leur dernier espoir.
Daniel chuchota quelque chose, qu'il n'entendit pas mais qu'il réussit à comprendre : Mathieu.
Évidemment. Ce n'était pas pour l'autre Antoine que son camarade était atristé, mais pour Mathieu. Sans un « sauveur », leur ami commun ne sortirait jamais de sa prison. Vivant, en tout cas.
Daniel s'avança, évitant toutes les mines, et finit par le rejoindre, dans la « zone sûre ». Puis, ils se regardèrent tout ceux celui qui restait, l'Autre, qui avait l'air terrifié. Et il avait de quoi.
La mine était juste mesurée pour tuer une personne, sans aucune chance de survivre.
-Pitié, s'il vous plais...
Sa voix suppliante faillit l'avoir. Ce deuxième Antoine était autant bon comédien que le premier.
-Tu as tué nos familles, lui rappela Links, des milliers de gens. À cause de toi.
-J'ai rien fait du tout ! se défendit Antoine qui avait l'air perdu (vraiment bon comédien). Je connaissais pas cet endroit avant ce matin !
-Tu as bien créé le culte de la sainte pelle et la patate sacré ? lui demanda Links, connaissant déjà la réponse.
-Hein ?
Le double de Daniel avait toujours l'air aussi perdu.
-Bas... oui. Mais...
À cet aveu, Daniel partit derrière lui, vers leur « maison ». Links resta encore un instant, avant de le suivre.
-C'était qu'une vidéo putain ! s'énerva Antoine. Une putain de... !
Un autre bip se déclencha. Antoine avait bougé... son regard s'horrifia, et n'eut que le réflexe de fermer les autres. Il ne vit même pas sa vie passait devant ses yeux, comme dans les films.
3 secondes, 6, 9, 12... rien. Rien ne se passa. Il rouvrit les yeux. La mine n'avait pas marché ! Miracle !
Aussitôt, Antoine s'engouffra dans la suite du couloir sombre. Sans remarquer qu'il déclenchait d'autres mines... qui n'explosèrent pas non plus.